La Horde – Chouard s’explique, s’enfonce, et renonce

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  • Revendications sociales, confusionnisme, fascisme : toutes les couleurs sont-elles solubles dans le jaune ? [Retour sur la mobilisation des Gilets Jaunes à Bordeaux]
    Posted on 10 janvier 2019 by Pavé Brûlant
    https://pavebrulant.noblogs.org/post/2019/01/10/revendications-sociales-confusionnisme-fascisme-toutes-les-coul

    Une poignée de fascistes a vécu une après-midi bien difficile, samedi dernier, lors de l’acte VIII de la mobilisation des Gilets Jaunes à Bordeaux. Leur expulsion déterminée et collective du cortège constitue une bonne nouvelle, tant il est vrai que le racisme, l’antisémitisme, le sexisme et toutes les autres formes de discrimination ne devraient jamais avoir leur place dans les rues de nos villes. Pour autant, la présence tantôt discrète, tantôt affichée de ces nébuleuses d’ #extrême-droite au sein des Gilets Jaunes n’est sur Bordeaux pas nouvelle.

    C’est pourquoi il va s’agir ici de profiter de cette déroute subie par les fafs bordelais.e.s pour faire le point sur leur présence au sein des cortèges depuis le début du mouvement ; nous proposerons ensuite quelques éléments de réflexion, en lien avec la problématique de l’extrême-droite, sur la nature de la mobilisation des Gilets Jaunes, ses contradictions mais aussi ses potentiels.

    1) identification des fascistes au sein des Gilets Jaunes

    L’identification de celles et ceux qui se sont fait sortir du cortège samedi dernier donne une première idée du profil idéologique des éléments fascistes qui cherchent depuis des semaines à battre le pavé bordelais au sein des Gilets Jaunes.

    Premier constat : ces « lions », comme se plait à les appeler avec emphase la plateforme #cyberfaf Bordeaux Corbeau, ont dû compenser leur faiblesse numérique en réalisant certaines alliances qui, au fond, sont plus que de circonstance : sous le mot d’ordre « la France aux vrais français » (voir la photo en tête d’article) on trouvera donc en première ligne, pêle-mêle, des militants #néo-nazis, des bikers #faf ainsi que des cadres du #rassemblement_national (ex #FN).

    Ainsi Thomas Bégué, ancien secrétaire départemental jeunesse du #Front_National Bordeaux, et fondateur du groupe néo-nazi « Le Menhir » (dont nous parlions ici) :


    Thomas Bégué, avant et après avoir mangé son bol de Lion

    À ses côtés, Arnaud Lagrave, ancien candidat FN aux départementales, gérant de la boîte de sécurité Drakkar, et qui avait fait ses armes comme auxiliaire du DPS (la milice du FN), en protection de l’antisémite #Dieudonné.


    Lagrave réconforte Thomas Begué – on remarque que le cadre du parti de Marine le Pen n’a pas oublié ses gants renforcés


    le jeune Lagrave, tout fier aux côtés de l’antisémite Dieudonné


    Lagrave pose pour le journal Sud-Ouest dans le cadre des départementales 2015

    Autre camarade d’infortunes, « Jean Remy », qui non content d’être batteur dans le groupe de rock anticommuniste Trikard (lequel donne du « sieg heil » et propose des textes antisémites – voir ici ), fait partie du club de bikers fafs Toutatis Clan :


    Jean Rémy, à gauche – la dernière clope du condamné


    moment de complicité entre Jean Rémy et le skinhead néo-nazi Virgile Reyero


    Jean Rémy cherchant à masquer son implication dans le Toutatis Clan – c’est raté !

    On notera aussi la présence de certaines têtes qu’on retrouve souvent dans les services d’ordre des rassemblements d’extrême-droite sur Bordeaux, comme celle de cet individu qui ne sort jamais sans sa casquette coquée :


    à gauche, lors de la manif de samedi ; à droite, le trois avril 2018, sur le parvis des droits de l’homme à Bordeaux, en protection du rassemblement du groupuscule islamophobe #Riposte_Laïque – voir ici . À noter, au centre, la présence de Jean Rémy, qui fait donc aussi des piges de sécurité pour payer ses cours de batterie

    Quant à ce triste sire, c’est lui qui porte le gilet « la France aux vrais français », et qui se plaint dans une vidéo tournée lors de l’altercation de la « présence de drapeaux lgbt » dans le cortège (voir ici https://www.facebook.com/karfa.diallo/videos/10218371145408753 à partir de 10s) :

    Au-delà, c’est toute la petite faune brune qui, de près ou de loin, a pointé ces dernières semaines le bout de son museau, certain.e.s pour déployer des banderoles en l’honneur de leur mouvement ou pour faire des photos de groupe, d’autres, plus modestes, pour écluser sur les poteaux leur stock d’autocollants, les moins vaillant.e.s se contentant de défiler sous leur cape bleu-blanc-rouge ou de photographier, pour s’en revendiquer, des actions auxquelles ils et elles ne prennent pas part.

    Ainsi le Toutatis clan, dont nous parlions plus haut, et qui trouve dans les manifs des Gilets Jaunes une alternative à ses soirées tartiflette :

    Dans un autre style, la droite souverainiste de l’ #UPR, formation d’ #Asselineau qui n’hésite pas à verser dans le confusionnisme et les thèses complotistes :


    photo prise à l’entrée du tunnel de Mériadeck, samedi dernier

    De même, le groupuscule royaliste et antisémite #Action_Française (pour plus d’infos, voir ici et ici ), qui vient réchauffer son sang bleu auprès de feux de joie de la place Victoire :

    On s’épargnera la reproduction des autocollants disséminés le long des parcours par le micropuscule #Rébellion / #OSRE (organisation socialiste révolutionnaire européenne) qui a l’art de coffrer son idéologie brune dans une iconographie d’extrême-gauche (voir ici).

    On finira plutôt ce recensement avec deux personnes hautes en couleur qui traînent aussi leurs espadrilles renforcées dans les cortèges bordelais : tout d’abord la néonazie Céline Armagnac (alias Resille Bjornsdö), à l’origine d’une section locale du gang néonazi finlandais « Soldiers of Odin » et très impliquée dans le « Menhir » (voir ici), ensuite François Galvaire, alias « Batdaf », sorte de Norman faf sur youtube et qui a monté l’antenne française du groupe identitaire nationaliste Québécois « La Meute ».

    à gauche, François Galvaire ; à droite, Céline Armagnac. On notera, au centre, la présence de l’inénarrable Thomas Bégué – Photo prise le samedi 1er décembre, place de la Bourse

    Cette présence donne-t-elle pour autant sa couleur au mouvement des Gilets Jaunes ? La situation actuelle est à ce titre extrêmement contradictoire, et les quelques éléments de réflexion qui suivent sont plus à prendre comme une contribution au nécessaire débat que notre milieu a par ailleurs déjà engagé, que comme un jugement de valeur définitif.

    2) Quelques éléments de réflexion sur le mouvement des Gilets Jaunes

    Tout d’abord, on peut faire l’hypothèse que la forme des rassemblements, leur caractère spontané, l’absence de concertation avec la police sur le trajet des manifestations, l’acceptation au moins tacite par une large partie des manifestant.e.s d’une confrontation violente avec la police semblent exprimer une défiance vis-à-vis des méthodes syndicales classiques, autant celles de la CFDT, dont la stratégie de dialogue avec le pouvoir s’est soldée par des années de défaites, que celles des directions syndicales de la CGT avec leur contestation ritualisée et leurs manifs en saute-mouton, elles-mêmes accompagnées de défaites cinglantes.

    De ce point de vue, on peut lire les événements actuels à la lumière de ce qu’il s’est passé lors des manifestations contre la loi travail, avec l’émergence d’un cortège de tête – dont on pourra peut-être dire avec le recul qu’il aura été le précurseur d’une relégitimation populaire de formes d’action directe.

    Quant à la nature idéologique de ce mouvement des gilets jaunes, on est à la croisée des chemins : d’un côté, la montée en puissance de revendications telles que la restauration de l’ISF ou l’augmentation du SMIC, la détestation grandissante des « forces de l’ordre » suite aux nombreuses violences exercées par ces dernières expriment des désirs et des mots d’ordre contradictoires avec ceux de l’extrême-droite : le Front National, pour ne parler que de lui, se voit de ce point de vue marginalisé, puisqu’il défend pour sa part les intérêts des riches (Marine le Pen ne défend pas l’augmentation du SMIC) et apporte un soutien sans faille à la police (au sein de laquelle il trouve un réservoir conséquent d’électeurs/trices et de sympathisant.e.s). Le début de mobilisation d’autres secteurs durant le mois de décembre (lycéen.ne.s, étudiant.e.s, cheminot.e.s, certaines bases syndicales,…) pourrait peut-être à terme conduire à une véritable convergence des luttes, sur des bases communes.

    Mais d’un autre côté, la défiance largement partagée au sein des Gilets Jaunes vis-à-vis des syndicats, mis dans un même sac avec « ceux d’en haut » nourrit des attitudes réactionnaires, de même qu’à l’égard des fonctionnaires, des cheminot.e.s,… Cette fracture, qui ne recoupe pas leurs intérêts de classe, a été ici largement entretenue pendant des décennies par celles et ceux-là mêmes qui se succèdent au pouvoir, ainsi que par les media dominants.

    Trois autres éléments profitent aux groupuscules d’extrême-droite : premièrement, le caractère apartisan et républicain revendiqué dans les Gilets Jaunes permet aux fachos de se fondre dans la masse, leur chemise brune cachée sous leur gilet jaune, de même que le drapeau bleu-blanc-rouge, porté par beaucoup de gens qui ne sont pas eux-mêmes d’extrême-droite, sert de cache-nez idéal aux « patriotes » et autres « nazis-BBR ». Deuxièmement, la méfiance (pour une large part compréhensible) des Gilets Jaunes à l’égard de toute velléité de structuration du mouvement profite aux fachos, qui peuvent par leur bagou prendre dans certains secteurs un poids important.

    Troisièmement, la revendication grandissante au sein des gilets jaunes du RIC (Réferendum d’Initiative Citoyenne), est symptomatique d’un mouvement manquant cruellement de base de classe malgré la composition sociale de celui-ci. Le citoyennisme et le populisme latent du RIC (des cadres du PCF et de la FI voient d’un bon œil la soumission à un referendum de la question du mariage pour tous, par exemple) doivent nous alerter sur la dangerosité d’une telle revendication. En effet, l’application, dans le système capitaliste actuel, de ce type de processus de consultation du peuple ne serait pas synonyme de démocratie populaire mais au contraire profiterait à nos ennemi-e-s :

    – En s’en remettant aux urnes dans une démarche institutionnelle, plus besoin de manifester, plus besoin de faire grève, plus besoin de lutter.

    – les partis et les organisations institutionnelles s’en donneraient à cœur joie. En effet, ces organisations ayant les moyens de financer des campagnes électorales d’ampleur, elles pourraient profiter du cadre d’un referendum pour surfer sur des thèmes réactionnaires et leur donner de fait une plus grande visibilité – haine des immigré-e-s, des populations racisées, des LGBTI, des femmes, des prétendu.e.s « assisté.e.s » etc., autant de sujets qui constituent un bon terreau pour le fascisme. Sous prétexte qu’il faudrait laisser s’exprimer tout le monde, nous laisserions ainsi libre tribune à celles et ceux qui souhaitent nous opprimer.

    De ce point de vue, il est à noter que cette revendication est assez fortement reprise sur Bordeaux, au point que le 20 décembre dernier, le confusionniste notoire #Etienne_Chouard (pour en savoir plus sur cet homme, voir ici http://lahorde.samizdat.net/2014/12/08/chouard-sexplique-senfonce-et-renonce) était invité par des gilets jaunes pour en faire la présentation et parler de la structuration du mouvement.

    Conclusion

    En tant qu’ #antifascistes, #anticapitalistes, #antisexistes, il est difficile dans ce contexte d’avoir un positionnement clair : certain.e.s se montrent pessimistes, refusant de risquer une alliance objective avec des groupes #fascistes et des individu.e.s exprimant publiquement des propos et des attitudes incompatibles avec ce que nous défendons ; certain.e.s se montrent plus optimistes, défendant l’implication directe au sein de ce mouvement, ne serait-ce que pour virer les fachos et appuyer les dimensions progressistes portées par certains secteurs des #Gilets_Jaunes. En tout état de cause, nos milieux entretiennent des rapports ambigus à l’égard d’un mouvement hétérogène, tant du point de vue de sa composition que de ses revendications, de sorte que beaucoup hésitent encore entre participer pleinement aux manifestations, et y intervenir pour simplement cibler en leur sein les fascistes en parade.

    Quoiqu’il en soit, une révolte populaire est par nature composite, parfois contradictoire – tout l’enjeu est de déterminer quels types de compromis nous sommes prêt.e.s à faire, en fonction des réalités locales et des rapports de forces (avec cette limite, que nous n’accepterons jamais de militer aux côtés de l’extrême-droite).

    Ce qui s’est produit samedi dernier à #Bordeaux constitue à ce titre une étape importante puisque c’est une initiative massive et déterminée qui a été prise pour virer les fascistes. Cette déroute devrait d’ailleurs les faire réfléchir, puisqu’au-delà de leurs mensonges désespérés (cherchant à expliquer la réussite de leur expulsion par le fait que les #antifas les auraient fait passer pour des flics), au-delà de leur tentative de se redorer le blason sur les réseaux sociaux (se fantasmant dans la bataille des Thermopyles), il demeure cette réalité toute simple : samedi dernier, il n’y avait d’un côté que sept personnes, et de l’autre une centaine d’individu.e.s, de tous horizons et sous un même slogan – Bordeaux antifa.

    Il nous semble donc que dans les manifestations à venir, cette expulsion des éléments fascistes devrait être un préalable à tout autre type d’implication dans le mouvement, et qu’il faudrait que toutes les personnes partageant cette conviction continuent de s’organiser en ce sens.

    En tout état de cause, il ne faudrait pas céder à la fétichisation de l’émeute : le romantisme de la barricade, quand il est applaudi à l’arrière par des fafs content.e.s ensuite de s’en revendiquer, ne saurait servir notre combat.


  • Chouard s’explique, s’enfonce, et renonce
    http://lahorde.samizdat.net/2014/12/08/chouard-sexplique-senfonce-et-renonce

    Le vendredi 28 novembre dernier, Etienne Chouard a publié sur son site un article intitulé « que les choses soient claires » dans lequel il revient (longuement) sur les « persécutions » dont il aurait été victime de la part des « antifas » pour avoir à plusieurs reprises relayer des textes ou renvoyer vers des sites liés à l’extrême droite. [&hellip

    #Confusionnistes #confusionnisme #Étienne_Chouard
    http://lahorde.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/12/Soral-parle-de-Chouardl_-Meta-TV-16_06_2014.mp4


  • Étienne Chouard vient de publier aujourd’hui un désaveu pour ses liens vers Soral…

    Pour que les choses soient claires | Blog du Plan C
    http://chouard.org/blog/2014/11/28/pour-que-les-choses-soient-claires

    Dans une vidéo en direct de juin 2014 (1 minute, à partir de 47:54), Soral dit les mots suivants, que je n’avais jamais entendus de lui avant, et qui me choquent tous profondément :

    [Bon, j’ai commencé à transcrire, mais j’ai honte de seulement écrire des trucs pareils… Donc, j’arrête. Je vous laisse lire le lien si ça vous chante.]

    Je ne peux évidemment pas valider une parole pareille, froidement raciste, sexiste, autoritaire. Je n’avais jamais vu Soral parler comme ça. C’est un peu comme un désaveu, parce que je l’ai entendu maintes fois jurer qu’il n’était pas antisémite.

    Alors, je cède, je reconnais que me suis trompé, en publiant un lien sans mise en garde : il y a un risque d’escalade des racismes. Ce mélange de lutte légitime et courageuse contre de redoutables projets de domination (résistance qui m’intéresse toujours et dont je ne me désolidarise pas), avec un sexisme, une homophobie, et maintenant un antisémitisme assumés (qui me hérissent vraiment), ce mélange est toxique. Stop. Et puis, je n’arrive plus à m’occuper de nos ateliers constituants : on nous interpelle sans arrêt sur notre prétendue identification à Soral, et la violence des échanges qui s’en suivent partout me désespère ; j’en ai assez, il faut faire quelque chose pour marquer une différence, une limite : je supprime le lien de mon site vers Soral. Désormais, je ferai le filtre, en évoquant moi-même les auteurs que je trouve utiles, comme Shlomo Sand, Jacob Cohen, Bernard Lazare, Israël Shahak, Gilad Atzmon, Norman Finkelstein, Gideon Levy, Mearsheimer et Walt, Éric Hazan, etc.

    • Je n’ai pas fait l’exégèse de l’auteur et du site signalés : j’ai juste cité le lien déniché, comptant comme d’habitude sur l’intelligence des gens — que je considère comme des adultes — pour distinguer ce qui y est pertinent de ce qui ne l’est pas, ce qui est bon de ce qui est mauvais. Et puis, je suis passé à autre chose, évidemment ; ma vie est une course permanente d’une idée à l’autre.

      puis plus loin :

      Alors, je cède, je reconnais que me suis trompé, en publiant un lien sans mise en garde : il y a un risque d’escalade des racismes. Ce mélange de lutte légitime et courageuse contre de redoutables projets de domination (résistance qui m’intéresse toujours et dont je ne me désolidarise pas), avec un sexisme, une homophobie, et maintenant un antisémitisme assumés (qui me hérissent vraiment), ce mélange est toxique. Stop.

      E. Chouard aurait pu s’économiser tout ce temps et toute cette énergie en étant un peu plus rigoureux. Si avant de mettre un lien vers le site de Soral, il avait utilisé un moteur de recherche, il aurait pu très vite s’apercevoir que le bonhomme laissait derrière lui un sillage malodorant.
      Ah ! Et puis merde, quand on a une conscience politique de classe, on ne va pas s’acoquiner avec ce genre de lascar ... Trop naïf ou trop idéaliste, Étienne Chouard.

    • Ce mélange de lutte légitime et courageuse contre de redoutables projets de domination (résistance qui m’intéresse toujours et dont je ne me désolidarise pas), avec un sexisme, une homophobie, et maintenant un antisémitisme assumés (qui me hérissent vraiment), ce mélange est toxique.

      Je suis pas sûr de comprendre, le #sexisme et l’#homophobie ça passait, mais l’#antisémitisme s’en est trop ?

    • L’antisémitisme de Soral est de notoriété publique depuis un bail. Chouard, en faisant mine de le découvrir aujourd’hui, nous prend pour des buses.
      Soit Chouard est un âne et il ne mérite aucune confiance, soit c’est un lâche menteur et il ne mérite que mépris. Donc pas sûr qu’il retrouve le calme auquel il aspire en recourant à la petite combine de l’aveu outré...

    • Haha excellent le dernier lien @frederic :

      E&R, que je considère comme un portail utile pour comprendre et résister à certains abus de pouvoir terribles

      Non mais. Non.

      Au-delà de ça, il n’a toujours pas compris la différence entre accepter la liberté d’expression (y compris en étant capable, dans telle ou telle circonstance, de parler et d’argumenter contre des racistes sans se taper), et le fait de faire de la publicité pour ces gens, en les aidant ainsi à accroître à la fois la quantité de leur public, et leur légitimité auprès de gens qui ne se seraient pas intéressés à eux.

    • http://www.arretsurimages.net/articles/2014-11-29/M6R-Chouard-et-Soral-troublent-le-mouvement-de-Melenchon-id7265

      Sauf qu’aujourd’hui, samedi 29 novembre, le blogueur a publié un nouveau texte, dans lequel il estime qu’avoir retiré le lien vers Egalité et Réconciliation... était finalement une erreur. "Il fallait exprimer — clairement, fortement — mon opposition farouche aux paroles dangereuses, et peut-être corriger le lien en lui ajoutant un commentaire explicite sur le racisme, le non racisme et l’antiracisme ; mais pas supprimer un lien, ce petit lien, avec toute une communauté (geste trop fort, symboliquement)", estime Chouard, rappelant au passage qu’il refuse d’utiliser le "mot « raciste » pour désigner une personne, comme si elle n’allait jamais changer d’avis, comme si sa nature c’était d’être raciste, comme si elle n’était plus humaine, inférieure politiquement". Il regrette, dans son texte d’hier, de s’être "rendu coupable de cet « antiracisme » qui fabrique une race des « racistes », sorte de sous-hommes à combattre en toute matière", et s’estime victime de trop nombreuses pressions.

      Les mots me manquent, sérieusement.

    • J’ai échangé avec lui en 2005, quand il mettait en ligne ses premiers forums. J’ai tâché de lui expliquer ce que c’était que de devoir gérer des « trolls », parce qu’il ne comprenait pas du tout de quoi il s’agissait, de quoi il retournait. Il ne comprenait pas. Il ne comprenait pas comment des gens pouvaient s’en prendre verbalement à d’autres gratuitement. A la façon dont dans ce fil on le traite de girouette, ou dont on l’accuse d’insincérité.
      Il ne sait toujours pas comment gérer cette violence. Il est totalement inéquipé pour cela. Lui en vouloir pour cela... me semble inadéquat. Et continuer à l’agresser toujours plus violemment... est sans intérêt.
      Il a décidé d’affronter le sujet. Et c’est plutôt courageux de sa part. Lui qui n’a toujours pas compris comment reconnaître le troll de l’ami...

    • @biggrizzly Le pauvre amour, obligé de supporter notre « violence ». En revanche, la violence de Soral (contre les juifs, les femmes, les homos...), qui me semble un chouïa d’un autre niveau, elle n’a rien de rédhibitoire à ses yeux, visiblement. Parce que Soral est sympa avec lui ? C’est pitoyable.

      Ce n’est pas de la gentillesse, c’est, au mieux, une bêtise abyssale. Et ça le rend dangereux. Il a le sens politique d’une huître, et encore, j’insulte les huîtres, là. Pour un gars censé incarner la révolution démocratique, C’EST UN PROBLÈME.

    • http://blogs.mediapart.fr/blog/pierrick-le-feuvre/281114/la-fausse-confession-detienne-chouard-la-messe-est-dite

      J’ai écouté, vu, tout vu (il n’y pas que ce passage à être sordide) de cette interview. Et j’ai retranscrit ce qu’Etienne Chouard n’a pas pu faire, tellement cela lui faisait « honte ». Je suis toujours vivant et je ne suis pas mort de honte. Arrêtons la mauvaise mise en scène. Voici les propos de Soral. "...On a vu le petit Elkabach, c’est mon analyse un peu plus raciale-communautaire, qui est le petit sémite sépharade, se soumettre comme une femme à quelqu’un qui représente encore la virilité... aryenne, je dirais, même si elle est slave. Vous voyez, ça, c’est la juste hiérarchie traditionnelle, vous voyez... Quand Poutine ouvre sa gueule, un Elkabach la ferme. Et c’est comme ça que se conçoit un monde qui fonctionne bien. Parce qu’il y en a un qui incarne l’autorité légitime et la virilité, et l’autre qui incarne la place qu’il aurait du garder depuis toujours, la place d’intermédiaire, de courtisan et au mieux de diplomate..."

      Pendant les cinq mois où ce lien existait sur son blog, Etienne Chouard continuait de qualifier Soral de « résistant ». Il n’a pas, dans sa longue déclaration d’aujourd’hui, renié cette parole.

      Comme les Chrétiens du temps des templiers, Etienne Chouard se pense en croisade quand il nous dit : "les jeunes gens qui suivent et soutiennent Soral, et qui étaient assez radicalement antidémocrates quand ils m’ont connu, étaient en fait « anti-fausse-démocratie », mais ils ne le savaient pas encore : ils pensaient (comme tout le monde) que l’alternative politique était
      1) capitalisme-libéralisme-« démocratie » (complètement pourri, mafieux, esclavagiste, des millions de morts, à vomir) ou
      2) communisme-socialisme-« démocratie populaire » (complètement pourri, un capitalisme d’État, avec police de la pensée, des camps de travail en Sibérie, des millions de morts, à vomir) ou
      3) fascisme-« non-démocratie » (violent aussi, mais sans corruption — choix terrifiant, selon moi, évidemment)…
      Et puis, voilà qu’ils découvrent, en lisant les livres que je signale (Manin, Hansen, Rousseau, Sintomer, Castoriadis, Guillemin…) un régime alternatif, une quatrième voie"
      Sa voie, sa voix, Celle d’Etienne Chouard.

      Là encore, un aveu terrible. Relisez les lignes au dessus. Les deux premiers, le capitalisme-libéralisme ou le communisme-socialisme : "tous pourris". Le point 3, le fascisme-« non-démocratie » , "violent, mais sans corruption." Entre "tous pourris" et "sans corruption", que choisiriez-vous dans un contexte de violence qui pourrait nous tomber dessus bientôt ? Terrifiant, selon Chouard, évidemment.

      Terrifiant, oui.

      Alors, ce mea-culpa finalement trop, beaucoup trop léger, renforce mes inquiétudes au lieu de me les enlever. Surtout quand je lis la conclusion (Je cite) "Sur l’essentiel : à mon avis, tous ces reproches sont montés en épingle de mauvaise foi par les professionnels de la politique pour entretenir une CONFUSION entre les vrais démocrates et « l’extrême droite » ; confusion qui leur permet de se débarrasser des vrais démocrates à bon compte, sans avoir à argumenter." Qui entretient la confusion sinon Etienne Chouard lui même.

    • @mona : cette incapacité de sa part est consternante, je suis d’accord. S’il ne parvient pas à renoncer à ces liens, c’est parce qu’il s’est politisé sur un certain nombre de sujets fondamentaux par leur intermédiaire. Du coup, l’accuser d’entretenir le confusionnisme inverse la causalité, car c’est lui qui est totalement confus sur ces sujets, et s’il l’entretient ce confusionnisme, c’est bien malgré lui. Il est en quelque sorte aussi consternant qu’un Virenque des Guignols...
      Et là, moi, ce que je trouve consternant, au delà de la faiblesse consternante d’analyse de Chouard, c’est qu’on n’ait pas été capables, nous là, les purs et les sachants à l’endroit, de l’aider à se politiser convenablement, sur ces sujets. Quand parviendrons-nous à expliquer la marche du monde en évacuant toutes les explications racistes et complotistes rances ? Je ne crois pas qu’on y parvienne en pratiquant l’excommunication.

    • @biggrizzly Je vais me gêner, tiens. Cette culpabilisation commence à me fatiguer. Tu as lu les propos retranscrits par @koldobika ? Qu’est-ce qu’il y a à « expliquer », au juste ? S’il n’est pas capable de comprendre en lisant ça que la seule chose à faire, c’est de partir en courant, personne ne peut rien pour lui !

    • Ce qui m’étonne beaucoup (et que je trouve inquiétant à vrai dire dans un débat « démocratique ») c’est le ton christique à la fois de ses obscurs « éclaircissements » (« Je suis là tout seul devant mon clavier, et vous êtes des milliers — des milliers ! — à parler, ou à crier »), mais aussi des commentaires (« quel courage ! quelle humilité ! »).

    • @aude_v oui, je me souviens quand je suis tombée sur du Soral par hasard, il y a pas mal de temps et ne pas savoir trop si c’était du lard ou du cochon : il y avait des pépites de vrai gauchisme, avec une critique du système qui paraissait pertinente et en même temps un liant un peu flou et collant qui me mettait mal à l’aise sans que je sache pourquoi... et puis je suis tombée sur une de ses belles saillies sur la place des femmes et j’ai définitivement su que ce mec n’était pas de gauche, mais bien une saloperie du camp d’en face qui, en plus, avançait masqué.

      Manière, ça fait un moment que je pense qu’il y a une convergence des luttes et que cette convergence est non hiérarchique : on ne va pas abattre le capitalisme d’abord et s’occuper du machisme ensuite. C’est du flanc. Tous les systèmes oppresseurs se nourrissent les uns les autres et se combattent en bloc.
      C’est d’ailleurs pour cela que je ne pense pas qu’il puisse exister un réel féminisme de droite et encore moins fasciste : c’est totalement incompatible.

      Donc, tu vois bien comment les manipulateurs d’opinion vont faire semblant d’être anti-ceci ou cela tout en gerbant allègrement sur d’autres catégories. Tu ne peux pas être socialiste (au sens historique du terme) et faire la chasse aux Roms ou te foutre de la gueule des casso’s , ce n’est juste pas possible.

    • l’écrivaine Pascale Fautrier a accusé Judith Bernard de faire rentrer la mouvance soralienne dans le mouvement initié par Jean-Luc Mélenchon. À l’origine de cette attaque : la supposée complaisance de Judith Bernard vis-à-vis d’Étienne Chouard, avec qui elle partage une passion intellectuelle et politique pour le tirage au sort.

      Ça commence à faire beaucoup de ricochets ...

    • Au moment où j’écris ces lignes, Etienne Chouard parle de se mettre en retrait, de ne plus occuper pour l’heure de position publique, de fermer blog, page, et site ; et c’est une très bonne chose. Sa position politique s’est disloquée à ce point d’achoppement des demandes de clarification. C’est donc que cette position n’était soit pas assez réfléchie, soit pas complètement avouable.

      Voilà ...

    • Chouard s’explique, s’enfonce, et renonce
      http://lahorde.samizdat.net/2014/12/08/chouard-sexplique-senfonce-et-renonce

      Quoiqu’en dise Chouard, rares sont celles ou ceux qui le considèrent comme un « fasciste », ou même un soralien, car de toute évidence, il n’est ni l’un ni l’autre : partisans d’une démocratie intégrale, il est aux antipodes de toute forme d’autoritarisme et ou de racisme, et il s’est à plusieurs reprises prononcé sur ces questions. Mais il se trouve que justement, ce n’est pas ce qu’on lui reproche…

      Les problèmes que posent Chouard, d’un point de vue antifasciste, ce sont sa tolérance à l’égard des idées racistes, sexistes, autoritaires ; son ignorance volontaire des groupes actifs, organisés qui portent ces idées ; enfin, son mépris des victimes de ces idées, d’hier et d’aujourd’hui. Cela ne fait pas de lui un « fasciste », évidemment, mais un allié objectif de toutes les structures et individus qui revendiquent de façon plus ou moins assumée une vision inégalitaire du monde présentée comme « naturelle », et la désignation d’ennemis héréditaires à éliminer pour la défendre. C’est ce qui lui est répété depuis le début, et qu’il refuse d’entendre.