• http://www.desordre.net/bloc/ursula/2014/index.htm

    Allez, je peux bien le dire maintenant. J’ai échoué. J’ai échoué à créer un autre Désordre .

    Ben oui, j’ai essayé, depuis deux ou trois ans maintenant, depuis décembre 2013, de créer un autre site internet, un autre Désordre. Je l’avais appelé Ursula . Pendant un an, de fin 2013 au début 2015, je me suis évertué à accumuler, dans un autre ordre que celui auquel j’avais habitué tout le monde, depuis plus de quinze ans, le Désordre — une forme d’ordre en soi, une forme paradoxale —, tout ce que je pouvais enregistrer d’une manière ou d’une autre, des photographies bien sûr, mais aussi des dessins, des enregistrements sonores, des séquences filmées et des notes et encore des notes.

    J’ai cherché une nouvelle façon de faire, j’ai tâché d’utiliser une forme que j’avais créée pour d’autres, les stagiaires de l’école du doc à Lussas, la fameuse forme Ursula qui sépare les contenus par modes (écrits, sons, images fixes, images animées) et qui les présente aléatoirement à hauteur égale — j’avais repris, en l’adaptant beaucoup, cette forme pour les coulisses de Formes d’une Guerre , à Poitiers, en juin 2011 ( http://www.desordre.net/formes_d_une_guerre_poitiers/ursula/index.htm ), avec @dominique . Et j’ai chargé dans cette table de montage hasardeuse, tout ce que j’ai pu produire de sons, d’images et de textes pendant un peu plus d’un an, et j’ai joué avec Ursula . Cela m’a donné de très beaux bouquets, d’autres moins bons, voire nettement moins bons. Par exemple cela m’a permis de donner une forme qui me plaisait au récit du Jour des innocents ( http://www.desordre.net/bloc/ursula/2014/cinquantaine/index.htm ). Évidemment cela ne s’est pas fait sans l’aide toujours aussi précieuse de @archiloque .

    Début 2015, je n’étais vraiment pas sûr de ce que j’avais produit, hors quelques bouquets épars, dont le Jour des innocents — et d’autres trucs que je garde par devers moi pour le moment, dont Raffut , un roman —, je me suis alors astreint à la même forme, mais une forme journalière, le fameux Février ( http://www.desordre.net/bloc/ursula/2015/index.htm ), ce qui était à peine humain à réaliser — pensez, un son, une vidéo, souvent réalisée en animation, un texte en triptyque, un triptyque de photographies et tous les bonus auxquels je pouvais penser pour une même journée —, d’ailleurs, je ne suis pas parvenu à aller jusqu’au bout, le matériel, comme moi, avons craqué avant.

    Pendant toute l’année 2016, j’avais des choses à digérer parmi lesquels un récit auquel je vais tâcher de donner une forme Ursula aussi, mais indépendante, celui d’ Arthrose, ou comment j’ai bien manqué d’aller dîné au mauvais endroit le mauvais soir, un 13 novembre 2015, par bonheur, je suis fait un mal de chien en trébuchant dans les escaliers de chez mon amie Laurence, alors que nous partions au Petit Cambodge . Mais je voudrais me donner encore du temps pour ce récit. Rien ne presse.

    De même je suis en train d’entamer un tout nouveau projet, un documentaire à propos d’une petite fille, qui enfant, sautait sur les genoux de Céline, cela m’est tombé dessus de façon vraiment imprévisible. Et pour ce projet, je me suis rendu compte que je devrais probablement suivre les bons conseils de Pierre Hanau, à Lussas, à savoir se servir d’Ursula comme l’outil idéal pour concentrer ses matériaux.

    Et du coup, rouvrant les répertoires qui contiennent la moulinette Ursula , je me demande ce que je vais faire d’ Ursula . Sa première forme. Pas très aboutie, brouillonne. Celle sans titre, finalement.

    A part vous la donner à lire, écouter, voir, je ne vois pas ce que je pourrais en faire d’autre. Donc je vous présente Ursula , créature/création à la fois inaboutie et à la fois mystérieuse à mes yeux. Comme si c’était un livre qui comptait autant de récits que de lecteurs — et dont, par endroits, je peux être moi-même un lecteur.

    Vous me direz. Si vous voulez.

    http://www.desordre.net/bloc/ursula/2014/index.htm

    • J’y reviendrai un peu plus tard, je suis accaparée par les accaparements (j’aimerai surtout avancer en fait et ce sujet est infernal) mais j’ai fait un petit tour et j’ai l’impression que mon navigateur Firefox n’aime pas Ursula. Par exemple, en cliquant sur une flèche Sclavis, ça fait rien du tout. Disons que sur lorsque je clique sur une flèche son, ça me propose un autre titre mais pas de son. Mais Firefox n’aime pas non plus la base de données de la FAO et Flash (que je dois toujours remettre à jour à chaque vidéo). Ça ne répond sans doute pas à ta question :)

    • @odilon, merci, cela fait plaisir, il existe donc bien une lecture possible de ce truc. Tant mieux.

      Drôle de sensation, à la fois celle d’un échec, je ne crois pas être parvenu à ce que je voulais faire, et à la fois surprise de constater que cela reste lisible, qu’en quelque sorte c’est un livre qui n’a pas de début, qui n’a pas de fin et qui n’est le même pour personne et pourtant ce qu’on m’en dit semble toujours parler du même livre. Finalement je me demande si cette manière d’échec n’est pas une réussite paradoxale. Du coup avoir le sentiment d’être dépossédé de ce qui serait un succès.

  • http://www.desordre.net/bloc/ursula/2014/cinquantaine/index.htm

    J’ai fait une promesse à un jeune homme, il y a très longtemps. Vingt-cinq ans. J’ai décidé de la tenir.

    Je me suis donc pris en photo, nu, devant un miroir, le jour de mes cinquante ans. J’ai perdu le contact avec ce jeune homme, aussi je ne sais pas ce qu’il penserait du résultat. J’ai décidé de lui écrire une lettre, un peu longue certes, mais que voulez-vous, cela fait vingt-cinq ans jour pour jour que nous nous sommes perdus de vue. Cette lettre s’intitule le Jour des Innocents.