Critique radicale de la valeur

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    • Avec le bitcoin, nous sommes en fin de compte en présence d’une fausse monnaie qui ne se donne même pas la peine de paraître « vraie ». Si elle peut malgré tout avoir du succès au point d’être aujourd’hui convertible sans problème en dollars ou en euros, cela indique bien que les billets émis par les banques centrales ne valent guère mieux. En fait les monnaies électroniques ne font que pousser à son comble une évolution s’étalant sur plusieurs décennies. Depuis qu’en 1972 on a laissé choir le système de Bretton Woods et avec lui la couverture-or du dollar, même l’argent des banques centrales a de moins en moins à voir avec une richesse réelle. Ces trente dernières années, les actifs financiers dans le monde ont notamment été multipliés par vingt, sans que cet argent soit le moins du monde couvert par des valeurs réelles correspondantes. Il s’agit là d’une conséquence du gigantesque programme de relance (financé par le crédit et rendu possible par la dérégulation néolibérale des marchés financiers) grâce auquel on maintient en fonctionnement l’économie réelle depuis presque quarante ans – un programme bien dans l’esprit de Keynes, à ceci près que des bâilleurs de fonds privés ont pris la place des gouvernements et que l’on est à mille lieues d’une reprise auto-entretenue.