• le message | ou la vie sauvage
    https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/10/07/le-message

    Cependant une lettre envoyée à Lacédémone par Hippocratès, lieutenant de Mindaros, fut interceptée et portée à Athènes. Elle renfermait ces mots : « Bateaux perdus ; Mindaros tué ; hommes ont faim ; ne savons que faire. »

    Xénophon (Helléniques, Livre 1)

  • les limbes | ou la vie sauvage
    https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/08/12/les-limbes
    https://secure.gravatar.com/blavatar/fbff544e751a012cf407fcbfd5e6a699?s=200&ts=1439532746

    et des lumières, de minuscules traits de lumières sur tout le pourtour de la Méditerranée, lumières de l’île de Samos, lumières et habitations de la plage de Chorrillo, Ceuta, lumières de Kafr el-Sheikh, lumières de la Sicile

    #réfugiés #Europe #forteresse #Méditerranée #migrants #migrations #immigration #immigrés

  • les limbes | ou la vie sauvage, via @rezo et @kaparia sur to_eat_hours
    https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/08/12/les-limbes

    Il y aura des #files_d’attente, des combats au couteau, une procession de femmes portant sur le visage de longs masques d’antilope à striures blanches et noires et traversant silencieusement le nord du Mali, une embarcation frêle dérivant au large de Metline, des militaires en guenilles courant derrière un camion dans le désert de Libye comme après un buisson emporté par le vent, des centaines puis des milliers d’hommes sur la mer d’Alboran se retournant l’un vers l’autre et se cherchant des yeux, un mineur afghan, de nom inconnu, marchant seul sur la côte de Jonic, en Calabre, un bateau sans équipage dérivant au large du canal d’Ibiza, des pêcheurs espagnols réparant leurs filets sur la plage de Calp et y voyant soudain apparaître des visages, une barque en flammes au large d’Annaba, des maisons et des champs tout au bord de la #frontière turque, un adolescent #clandestin disparaissant à l’arrière d’un camion, entre Patras et Ancône, des nuées d’enfants sur le port de Patras escaladant les grilles, courant vers les camions, se dispersant, réessayant quelques minutes ou heures plus tard et finissant à bout de ressources par se transformer en oiseaux, un homme d’une cinquantaine d’années et une jeune fille traversant au matin un champ de mines à la frontière gréco-turque et disparaissant eux aussi, devenant fumée, des mains et des regards à travers les grillages du centre pour demandeurs d’asile de Charleroi, Belgique, une tombe de fortune à la frontière grecque, un simple mot tracé sur le carton, “Afghan”, un téléphone cellulaire et le numéro d’un appartement de Tunis composé d’une main tremblante au milieu de la mer, une voix, une file d’attente dans le réfectoire du centre pour #demandeurs_d’asile de Sandholm, Danemark, l’heure de la paye sur le chantier de démolition de navires de Chittagong, Bangladesh, la silhouette de Wadim S., autour de 21 ans, #immigré de Lettonie marchant au bord d’une voie ferrée près de Hambοurg, la silhouette de Maiouad …, garçon de 15 ans traversant pieds nus une autoroute près de Calais, une lettre adressée à Jimmy Mubenga, 46 ans, originaire d’Angola, la silhouette penchée d’une Érythréenne de 22 ans sur la route, entre Tbilissi et Foggia, quelques mots en arabe retrouvés dans la doublure du manteau d’un mineur de nom inconnu, près de Trieste, la notification de refus à la demande d’asile déposée par Osman Rasul, 27 ans, Irakien (Nottingham), un sac de sport retrouvé dans une cellule de la #prison de Langenhagen, un livre ayant appartenu à un homme de pays et de nom inconnus poignardé par un autre demandeur d’asile, à Alves, Suisse, dans un appartement loué par l’Office d’immigration, le portrait souriant d’Abdoulaye …, 20 ans, né en Côte-d’Ivoire, le portrait d’Alan Rasoul Ahmed, Irakien, qui souffrait du mal du pays, “left in limbo ” ce qui signifie en anglais “en prison” et en latin du Moyen-Âge “à la frontière de l’Enfer”, Liverpool, la photographie de Ramahdin …, Afghan de 16 ans, dans une rue de Dunkerque, en route vers l’Angleterre, une photographie d’identité de …,

    #Dimitris_Alexakis

  • des fantômes | ou la vie sauvage
    https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/07/27/des-fantomes
    https://secure.gravatar.com/blavatar/fbff544e751a012cf407fcbfd5e6a699?s=200&ts=1438004816

    Nous avons vécu longtemps dans la compagnie des fantômes et peut-être, par malheur pour nous, sommes-nous les seuls à pouvoir les décrire.

    Négocier avec les fantômes aura sans doute été l’erreur la plus funeste de notre histoire récente ; il nous aura fallu six mois pour comprendre que les fantômes ne négocient jamais mais attendent, plus immobiles et plus silencieux qu’un sphinx, que les enfants soient épuisés.

    Aujourd’hui, nous avons au moins la consolation de pouvoir parler et de dire qui ils sont : nous avons tout perdu.

    #Syriza #austérité #Europe #UE #Eurogroupe #Grèce #récession #dette #démocratie #mémorandum #négociations #fiction #spectres #fantômes

    • La disparue d’Egine – Mari-Mai Corbel, DIACRITIK
      http://diacritik.com/2016/01/31/la-disparue-degine/#more-7410

      Captain pleura de joie le soir du 25 janvier 2015. Nous sommes sortis, direction le siège de SYRIZA applaudir le brillant Tsipras qui allait nous sortir des griffes des croque-morts, ces dignitaires de l’Union Européenne et du FMI. Après, nous sommes allés là où Tsipras fit son discours, place de l’Université. C’était la ferveur, et, en même temps, c’était comme quand vous venez de provoquer un monstre horrible. On n’en croyait pas nos yeux et on retenait nos souffles. On était des milliers. Je crois qu’il faisait froid. Je me souviens qu’on se souriait tous, que l’air était plus léger, trop léger. Ça nous montait au cerveau. On n’y croyait pas et on y croyait. Je fus folle de joie de croiser là par hasard Nikos, venu de Paris voter. Après, tous les jours avec Captain, trois heures de #télé, à suivre le #feuilleton de ce qui, après l’accord du 4 février, devint les « négociations avec les institutions »(...)
      ... un photographe-reporter, m’a prédit que l’Union Européenne ferait de la Grèce un « parking à #réfugiés. Un gros délire. Comme par hasard, depuis quelques semaines, on ré-entend des petites phrases lancées depuis Bruxelles ou Berlin, comme quoi, on n’est plus obligé de tout faire pour garder la Grèce dans l’Eurozone. Pendant ce temps-là, Schäuble à Davos vient de traiter #Tsipras d’imbécile devant lui, en se tenant les côtes de rire. L’autre a encore une fois souri poliment ou stupidement. Je me tais. Captain aussi. Hier on a regardé Tsipras fêter sa « victoire » du 25 janvier dernier devant quelques milliers de gens dubitatifs. Captain aime encore un peu Tsipras. Captain n’arrive pas à en croire ses yeux. L’autre jour, il se plante devant moi, tout sourire, légèrement illuminé. Il vient de faire un rêve éveillé, me dit-il, et, dans ce rêve, Tsipras avait un plan secret. Il allait sauver le pays ; on n’avait pas encore tout vu de Tsipras. Tsipras, le #sauveur. Le déni de réalité, le rêve, sont des réactions de survie dans des situations insupportables. Autant laisser Captain rêver. Captain, ces temps derniers, tantôt voit dans Tsipras un futur Papandréou (le père, sorte de Jaurès, à ne pas confondre avec le fils qui signa le premier mémorandum), tantôt un nul doublé d’un arriviste. Ça dépend des jours. Et souvent il dit que ça ne l’intéresse plus, qu’il est juste curieux de voir la fin de l’histoire. Le dénouement du thriller. A un moment ou à un autre, on finira bien par savoir qui est Tsipras. Héros, ordure en cheville avec les intérêts des banquiers ou un nul roulé dans la farine par Schäuble and co ? On arrêtera de se torturer pour essayer de comprendre comment ce fut possible, qu’après le cri du #OXI du 5 juillet 2015, Tsipras ait pu céder à ce point qu’en fait maintenant, presque plus rien n’est possible, tant la politique est totalement discréditée, ici. Captain croit qu’on saura un jour ce qui s’est passé. Je penche pour on ne saura jamais. Je penche pour un gros blanc, un diabolique coup de chiffon. On est dans le blanc. On ne réalise pas ce qu’on nous a fait. On s’est fait baiser, ni plus ni moins. Captain ne peut pas réaliser. Il n’a toujours pas atterri. Ce qu’il y a de certain, c’est que Tsipras s’est coupé du pays. Au début, Tsipras venait encore à Egine. A Egine, il n’a pas de maison mais il était invité par un ami de son père, je crois, un petit tailleur, où il passait ses vacances, adolescent. En fait Egine est devenue dans les années 2010 un repère de #SYRIZA. Plusieurs figures de SYRIZA, des députés, des-qui-allaient-devenir-ministres, avaient des maisons à Egine ou de la famille. Ils venaient discuter là. Tsipras venait encore après sa victoire dans des tavernes et Captain était fou de joie car on y vendait ses vins. Tsipras buvait son vin. On savait ça immédiatement. Tsipras passait et les Egrinètes se passaient l’info. Il y avait aussi Varoufakis et d’autres. Le premier gouvernement Tsipras comportait huit ministres propriétaires d’une maison à Egine. Le magazine du golfe saronique que j’ai conservé avait titré son numéro de février 2015 « LE GOUVERNEMENT D’EGINE… ». Les trois petits points du titre, c’est parce qu’Egine fut pendant la révolution grecque des années 1820-1830 le siège du premier gouvernement indépendant de la Grèce indépendante. Egine, symbole historique dans l’indépendance de la Grèce. L’été, les ministres étaient vus aux terrasses des cafés. Puis, on ne les a plus vus. Mystère et boule de gomme. On n’y comprend rien. »

  • la démocratie aux ordures | ou la vie sauvage
    https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/07/20/la-democratie-aux-ordures
    https://secure.gravatar.com/blavatar/fbff544e751a012cf407fcbfd5e6a699?s=200&ts=1437399532

    Dans un paysage économique ruiné par six années de récession, le gouvernement grec s’apprête à légiférer sur une hausse de la TVA (de 13% à 23%) qui affectera les préparations alimentaires pour enfants, le pain, les pâtes alimentaires, l’eau en bouteille, le courant électrique et le gaz naturel, le sucre, le cacao, la farine, les féculents, le lait, les fleurs, le café, le thé, les épices, les œufs, le vinaigre, les aliments pour animaux, les produits d’élevage, le sel et l’eau de mer, toutes les huiles, hors l’huile d’olive, les préparations à base de céréales, le bois de chauffage, les engrais, les insecticides, les préservatifs, les tampons hygiéniques, les produits pharmaceutiques, les cathéters, les seringues, les appareils orthopédiques, certains accessoires destinés aux personnes handicapées, les tickets de métro et de bus.

    Il ne s’agit pas de « mesures ».

    Comme le remarque la réalisatrice et auteur de théâtre Zoe Mavroudi, qui a justement épinglé le caractère surréaliste de cette liste : « Lorsque les êtres humains n’ont plus la possibilité de subvenir économiquement à leurs besoins, ils meurent. Ce mercredi, ce ne sont pas des “mesures“ qui seront signées mais des condamnations à mort. »

    #Tsipras #Varoufakis #Syriza #austérité #Europe #UE #Eurogroupe #Grèce #Konstantopoulou #Zoe #Mavroudi #récession #dette #démocratie #mémorandum

  • Yanis Varoufakis : Un nouveau Traité de Versailles hante l’Europe | ou la vie sauvage

    https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/07/15/yanis-varoufakis-un-nouveau-traite-de-versailles-hante-leu
    https://secure.gravatar.com/blavatar/fbff544e751a012cf407fcbfd5e6a699?s=200&ts=1436942118

    Cette récente rencontre au sommet ne constitue en effet rien de moins que l’aboutissement d’un coup d’Etat. En 1967, les puissances étrangères avaient eu recours aux tanks pour mettre fin à la démocratie grecque. Lors de l’entretien que j’ai accordé à Philip Adams sur les ondes de la station de radio ABC, je prétendais qu’un autre coup d’État a été orchestré en Grèce, en 2015, par des puissances étrangères qui ont, à la place de tanks, utilisé les banques grecques. En termes économiques, la principale différence est sans doute celle-ci : alors qu’en 1967 la propriété publique de la #Grèce n’était pas visée, les puissances qui se trouvent, en 2015, à l’initiative du coup d’Etat ont exigé que l’ensemble des actifs de l’Etat grec soient placés au service d’une #dette qui ne peut être payée et s’avère par ailleurs insoutenable.

    #Tsipras #Varoufakis #Syriza #austérité #Europe #UE #Eurogroupe

  • l’Europe d’où le peuple est absent | ou la vie sauvage

    https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/07/11/la-ville-dou-le-peuple-est-absent
    https://secure.gravatar.com/blavatar/fbff544e751a012cf407fcbfd5e6a699?s=200&ts=1436630119

    La proposition envoyée avant-hier soir par le gouvernement grec aux Institutions est d’abord un aveu : elle met brutalement au jour l’absence d’une alternative concrète au maintien de la Grèce dans la zone euro, d’un « plan B » qui aurait pu (qui aurait dû) permettre de tenir tête aux créanciers et, en cas de rupture, de financer immédiatement les besoins de l’Etat, de relancer et de réorganiser la production autour des besoins réels, des besoins de la majorité sociale.

    #dette #austérité #oxi #greferendum #Tsipras #Grèce #Syriza #Europe #FMI #BCE #UE #Commission #référendum

  • Alexis Tsipras, discours de Strasbourg
    https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/07/09/alexis-tsipras-discours-de-strasbourg-seance-pleniere-du-p

    Mesdames et messieurs les député(e)s, Je vous remercie de votre invitation ; prendre la parole dans ce haut lieu de la démocratie européenne, m’adresser aux représentants élus des peuples européens à un moment crucial pour mon pays, la Grèce, pour la zone euro et pour l’Union européenne, est pour moi un honneur. Il y a quelques… Source : Ou la vie sauvage

  • « La liberté demande de la vertu et de l’audace » (Alexis Tsipras, 3 juillet 2015) | ou la vie sauvage

    https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/07/04/la-liberte-demande-de-la-vertu-et-de-laudace-alexis-tsipra
    https://secure.gravatar.com/blavatar/fbff544e751a012cf407fcbfd5e6a699?s=200&ts=1435984766

    « Citoyens d’Athènes, hommes et femmes de tous âges qui vous trouvez ici, aujourd’hui, qui submergez la Place de la Constitution, les rues d’Athènes et des autres grandes villes en bravant la montée de la peur orchestrée, la rhétorique de la terreur propagée tous ces derniers jours,
    Citoyens d’Athènes,
    Le peuple grec a maintes fois démontré au cours de son histoire qu’il savait retourner un ultimatum à son expéditeur. Car les ultimatums, parfois, reviennent à l’envoyeur. »

    #dette #austérité #oxi #greferendum #Tsipras #Grèce #Syriza #Europe #FMI #BCE #UE #Commission #référendum

  • « Un référendum pour l’Europe, contre l’austérité » (Alexis Tsipras, 01/07/2015) | ou la vie sauvage
    https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/07/02/un-referendum-pour-leurope-contre-lausterite-alexis-tsipra

    Ceux qui veulent une Europe cramponnée à des logiques autoritaires, à des logiques de non-respect de la démocratie, ceux qui veulent que l’Europe ne soit qu’une union superficielle au sein de laquelle le FMI ferait office de liant ne proposent aucune véritable vision pour l’Europe. Ce sont des hommes politiques sans audace, incapables de penser en Européens.

    À leurs côtés, l’establishment politique grec, après avoir mis le pays en faillite, projette aujourd’hui d’en rejeter la responsabilité sur nous alors que nous nous efforçons d’arrêter cette marche vers la catastrophe.

    Ils rêvent de revenir aux affaires comme s’il ne s’était rien passé. Ils s’y préparaient il y a quelques jours encore, croyant que nous accepterions l’ultimatum, et demandaient publiquement la nomination d’un Premier ministre de paille pour l’appliquer ; ils s’y préparent aujourd’hui alors que nous donnons la parole au peuple.

    Ils parlent de coup d’État. Mais une consultation démocratique n’est pas un coup d’État ; le coup d’État serait la mise en place d’un gouvernement imposé.

    #Grèce #Europe

  • Au regard de la situation en Grèce, et à la suite de la rupture des négociations par l’Eurogroupe, Podemos souhaite communiquer ce qui suit | ou la vie sauvage
    https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/06/30/au-regard-de-la-situation-en-grece-et-a-la-suite-de-la-rup
    https://secure.gravatar.com/blavatar/fbff544e751a012cf407fcbfd5e6a699?s=200&ts=1435653006

    Il y a en Europe deux camps opposés : celui de l’austérité et celui de la démocratie, celui du gouvernement du peuple et celui du gouvernement des marchés et de leurs pouvoirs non élus. Nous nous tenons fermement du côté de la démocratie. Nous nous tenons fermement aux côtés du peuple grec.

    #dette #austérité #Grèce #Espagne #Europe #Syriza #Podemos #FMI #BCE #UE #Commission #référendum #démocratie #résistance

  • In view of the situation in Greece, and following the breakdown in the negotiations by the Eurogroup, Podemos wishes to communicate the following

    http://podemos.info/in-view-of-the-situation-in-greece-and-following-the-breakdown-in-the-nego

    In view of the situation in Greece, and following the breakdown in the negotiations by the Eurogroup, Podemos wishes to communicate the following:

    1.- Last Monday, the Greek government presented a proposal to the Eurogroup which included important concessions and was unanimously welcomed by the lenders as being reasonable and viable. In the following days, however, the international creditors led by the IMF did not accept the Greek government’s proposal to tax the wealthiest sectors of society, restructure the debt and launch an investment plan to revive the economy. Instead, they demanded to raise VAT on basic services and food and required further cuts on pensions and wages. In their effort to demonstrate that there is no alternative to austerity, the creditors only seem to accept the money of the poor, and insist on imposing the same logic and measures that led the country into a humanitarian disaster. The Greek economy is asphyxiated. To keep strangling it is the precise opposite of what must be done.

    2.- Facing such blackmail and extortion, the Greek government has reacted to the ultimatum in an exemplary manner: by calling on the people to decide their own future in a democratic and sovereign way. Unlike the Spanish governments of 2011 and 2012, the Greek government has refused to violate the popular mandate derived from the January election. All the attempts at coercing, intimidating and influencing this vote by unelected powers, especially by the European Central Bank -which is willing to suffocate the Greek financial system to influence the outcome of the referendum-, constitute a flagrant and unacceptable violation of the democratic principle. We say that Europe without democracy is not Europe: all democrats should join their voices in denouncing these intolerable interferences and pressures. Democracy is incompatible with letting unelected powers govern and decide for us. It is democracy what is at stake.

    3- With their intransigence, the creditors have demonstrated that they have no interest at all in solving the Greek debt crisis; their aim is rather to subject and overthrow a democratically elected government so as to prove that there is no alternative to the politics of austerity. Their blindness is such that they are willing to put at risk the integrity and the stability of the financial system and the European project itself, exposing them to speculative attacks whose price will ultimately be paid also by the citizens of other countries. We will say it once and again: they will be the ones to blame, they will be responsible for the consequences of this disaster.

    4- Syriza did not create the tremendous economic crisis that affects Greece. It was the governments of New Democracy and PASOK, the friends of our PP and PSOE, who falsified data and accounts, surrendered the sovereignty of the country to the Troika, and handed Syriza an economic and social catastrophe that is necessary and urgent to reverse.

    5.- Many international actors have already distanced themselves from the dogmatism of the creditors. Hundreds of thousands of people across the world have expressed their solidarity with the Greek people in their defense of the democratic principle. We demand that the Spanish Government and the European institutions respect the sovereignty and dignity of the Greek people, and that they consequently guarantee that the referendum takes place in conditions of freedom and complete normality. The democratic will and the fundamental rights of the Greek people, which have been systematically attacked during the long years of austerity, must be respected.

    There are two contradictory fields in Europe: austerity and democracy, the government of the people or the government of the market and its unelected powers. We stand firm on the side of democracy. We stand firm with the Greek people.

    #Grèce #austérité #Espagne #dette #FMI #Commission #UE #Podemos #Europe #démocratie #référendum

  • « Nous n’avons peur que de la peur » (Alexis Tsipras au peuple grec, 28 juin 2015) | ou la vie sauvage

    https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/06/29/nous-navons-peur-que-de-la-peur-alexis-tsipras-au-peuple-g
    https://secure.gravatar.com/blavatar/fbff544e751a012cf407fcbfd5e6a699?s=200&ts=1435537667

    « La décision prise hier par l’Eurogroupe de ne pas accéder à la requête du gouvernement grec, qui lui demandait de prolonger de quelques jours le programme d’assistance de façon à ce que le peuple ait la possibilité de se prononcer par référendum sur l’ultimatum des créanciers, constitue un acte ― sans précédent dans les annales européennes ― remettant directement en cause le droit d’un peuple souverain à effectuer un choix démocratique, le droit suprême et sacré de tout peuple à exprimer son opinion.

    Cette décision a conduit aujourd’hui la Banque Centrale Européenne à ne pas augmenter la liquidité des banques grecques et a contraint la Banque de Grèce à proposer l’activation de mesures de fermeture temporaire des banques et de limitation des retraits bancaires.

    Il ne fait désormais plus aucun doute que cette décision a pour seul et unique objectif de faire pression par la voie du chantage sur la volonté du peuple grec et d’entraver le déroulement régulier du processus de consultation démocratique.

    Ils ne parviendront pas à leurs fins. Ces actes produiront le résultat exactement inverse de celui qui est escompté.

    #dette #austérité #capitalcontrol #Syriza #Tsipras #Grèce #Grexit #bankrun #FMI #UE #Commission #Europe

  • « Pour la souveraineté et la dignité du peuple grec » (Alexis Tsipras, Athènes, samedi 27 juin 2015) | ou la vie sauvage
    https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/06/27/pour-la-souverainete-et-la-dignite-du-peuple-grec-alexis-t
    https://secure.gravatar.com/blavatar/fbff544e751a012cf407fcbfd5e6a699?s=200&ts=1435401092

    Demain, l’Assemblée nationale se réunira en séance plénière extraordinaire afin d’entériner la proposition du Conseil des ministres en vue de la tenue, ce dimanche 5 juillet, d’un référendum à la faveur duquel les citoyens seront appelés à dire s’ils acceptent ou refusent la proposition faite par les Institutions.

    #dette #Syriza #Grèce #austérité #Tsipras #FMI #UE #Commission #référendum

  • Grèce : le coup d’État ne sera pas télévisé | ou la vie sauvage

    https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/06/16/grece-le-coup-detat-ne-sera-pas-televise

    C’est @isskein qui vient de me faire connaitre ce site magnifiauqe que j’ai un peu dégusté ce matin (merci isa de me foutre en retard sur TOUT mes projets). déjà signalé par @kaparia mais tant pis :)

    A suivre avec passion.

    Les rumeurs d’élections distillées depuis deux jours par les créanciers de la Grèce, l’inquiétude pour les « Grecs qui souffrent » exprimée avant-hier sur les ondes d’une radio française par le président de la Commission (qui a bien pris soin d’ajouter que c’était du « peuple » qu’il se souciait, et non de son « gouvernement » ni de son « Parlement »), la récente douche froide de Bruxelles (la délégation hellénique face à des interlocuteurs expliquant qu’ils n’avaient pas mandat pour négocier, l’interruption consécutive de cette réunion au bout de 45 minutes), le report des négociations à la fin juin, la campagne de dénigrement du gouvernement grec orchestrée par le FMI, la Commission européenne et les principaux quotidiens allemands et français (« Die Welt », « Bild », « Le Figaro », « Le Monde »), campagne à laquelle le chef de file des sociaux-démocrates allemands vient d’apporter une lourde pierre et dont l’intensité a manifestement franchi un cap depuis deux ou trois jours ― tout cela, combiné à la fuite des capitaux en cours et à l’effondrement de la Bourse d’Athènes, montre que ce à quoi nous assistons aujourd’hui n’est rien d’autre qu’une tentative de coup d’État financier et politique perpétrée contre le gouvernement grec, un gouvernement élu il y a à peine moins de cinq mois.

    #grèce

  • GRÈCE : LE COUP D’ÉTAT NE SERA PAS TÉLÉVISÉ

    Les rumeurs d’élections distillées depuis deux jours par les créanciers de la Grèce, l’inquiétude pour les « Grecs qui souffrent » exprimée avant-hier sur les ondes d’une radio française par le président de la Commission (qui a bien pris soin d’ajouter que c’était du « peuple » qu’il se souciait, et non de son « gouvernement » ni de son « Parlement »), la récente douche froide de Bruxelles (la délégation hellénique face à des interlocuteurs expliquant qu’ils n’avaient pas mandat pour négocier, l’interruption consécutive de cette réunion au bout de 45 minutes), le report des négociations à la fin juin, la campagne de dénigrement du gouvernement grec orchestrée par le FMI, la Commission européenne et les principaux quotidiens allemands et français (« Die Welt », « Bild », « Le Figaro », « Le Monde »), campagne à laquelle le chef de file des sociaux-démocrates allemands vient d’apporter une lourde pierre et dont l’intensité a manifestement franchi un cap depuis deux ou trois jours ― tout cela, combiné à la fuite des capitaux en cours et à l’effondrement de la Bourse d’Athènes, montre que ce à quoi nous assistons aujourd’hui n’est rien d’autre qu’une tentative de coup d’État financier, économique et politique perpétrée contre le gouvernement grec, un gouvernement élu par le peuple il y a à peine moins de cinq mois.

    L’objectif semble bien être de faire tomber le gouvernement d’Alexis Tsipras en utilisant le levier de la panique bancaire et, en sapant les fondements mêmes de l’économie du pays, de réduire à néant le soutien politique que le peuple grec continue d’apporter à ses représentants.

    Il s’agit d’un coup d’État invisible, sans tanks dans les rues d’Athènes, sans bain de sang, sans images, dans le droit fil de la stratégie insidieuse d’étranglement adoptée par nos « partenaires » dès le 4 février (suspension par la BCE du principal mécanisme de financement des banques grecques), dans le droit fil aussi de la stratégie qui avait conduit ces mêmes partenaires à court-circuiter en 2011 les procédures démocratiques pour placer un banquier et un technocrate (Lukas Papademos, Mario Monti) à la tête des gouvernements grec et italien.

    Une tentative de coup d’État que les peuples de l’Union européenne, et le peuple grec lui-même, sont d’ores et déjà invités à cautionner.

    Ces peuples doivent aujourd’hui prendre conscience que leurs représentants font aujourd’hui tout ce qui est en leur pouvoir pour renverser, au cœur de l’Europe, un gouvernement démocratiquement élu.

    Dimitris Alexakis, Athènes

    mardi 16 juin 2015

    https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/06/16/grece-le-coup-detat-ne-sera-pas-televise

    #dette #UE #FMI #Grèce #Tsipras #négociations #coup_d'Etat #bank_run #fuite_des_capitaux #krach

  • En #Grèce, la résistance aux politiques d’#austérité ne s’est pas exprimée uniquement dans les rues (émeutes de 2008, mouvement de la place Syntagma, lutte des employées du nettoyage du ministère des Finances, occupation de la radio-télédiffusion publique…) et à l’Assemblée (opposition parlementaire) mais aussi dans des ateliers, des théâtres, des industries occupées, des terrains militaires réquisitionnés et transformés en parcelles de culture, des appartements vides convertis en dispensaires gratuits, en cantines sociales ou en crèches, dans les domaines les plus touchés par les coupes budgétaires : l’éducation, la culture, la santé, l’agriculture et l’alimentation, l’industrie, l’entraide et la préservation des territoires.

    Ces initiatives se sont développées dans les ruines de l’État social, à mi-chemin de l’#autogestion, de l’humanitaire, de la microentreprise et des luttes sociales et politiques ; elles sont très souvent apparues pour répondre à une nécessité de survie mais expriment aussi fréquemment une nécessité d’un autre ordre — continuer à exercer son art, par exemple, dans un environnement professionnel sinistré, comme c’est le cas d’un très grand nombre de troupes théâtrales : continuer à exister socialement, maintenir sa vie.

    Cette page a vocation à collecter et présenter sous forme de liens la documentation disponible en ligne (d’abord en langue française, secondairement en anglais et en grec) concernant ces initiatives. Elle sera régulièrement mise à jour ; vous pouvez y contribuer en envoyant le lien d’un texte ou d’un article à l’adresse suivante : dimitris.alexakis@yahoo.fr.

    https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/06/14/grece-autogestion-et-circuits-de-production-paralleles-res

    #agriculture #culture #autodéfense_sociale #austérité #mouvements #économie #sortir_de_l'économie #argent #monnaie #monnaie_locale #échanges

  • https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/06/12/entre-nos-mains-ces-jours-ci-dans-les-rues-dathenes

    Notre chance, la spécificité de la situation grecque actuelle, ce sont les mouvements sociaux apparus au cours de la période précédente mais aussi les contradictions de Syriza : le fait que ce parti ne constitue pas (encore ?) une forme bureaucratique figée, fossile, définitivement centralisée, le fait qu’il demeure encore poreux aux mouvements sociaux, aux luttes et aux processus collectifs de réponse à la crise et à la réorganisation néo-libérale ― une réorganisation qui s’opère dans le cas de la Grèce par le vide, la table rase et la déstructuration de la production.

    #dette #austérité #Grèce #Syriza #Tsipras #socialisme #luttes #mouvements #autogestion #occupation

    • dernières nouvelles du front ultra-libéral :
      euro|topics
      Revue de presse européenne du 12/06/2015
      À LA UNE
      Le FMI rompt ses négociations avec Athènes
      Le FMI a suspendu jeudi ses négociations avec le gouvernement
      grec à Bruxelles. Un porte-parole a évoqué des différends
      importants et on ignore quand les négociations reprendront.
      Les créanciers ne laisseront pas tomber la Grèce, estiment
      les commentateurs, qui croient toujours à la possibilité d’un
      accord.
      +++ Les Américains ne laisseront pas tomber la Grèce
      Corriere del Ticino - Suisse. En dépit de leurs désaccords,
      Athènes et ses créanciers finiront par trouver une solution,
      car les conséquences d’un Grexit suscitent des craintes trop
      importantes, estime le quotidien libéral Corriere del Ticino :
      « L’inquiétude principale porte sur la solidité de l’Union
      monétaire. Une sortie de la Grèce prouverait que la
      construction européenne n’est pas éternelle. Une autre
      préoccupation, plus importante encore (côté américain
      notamment) concerne les marchés financiers. L’effondrement
      d’Athènes pourrait déclencher une funeste réaction en
      chaîne qui toucherait les titres jugés ’toxiques’ auparavant,
      et qui sont encore plus répandus aujourd’hui qu’à l’époque de
      la crise des subprimes. Ce qui inquiète Washington au fond, ce
      sont les marchés financiers boostés par la manne débloquée
      par les banques centrales, et la pléthore d’instruments
      élaborés par le monde financier. Personne ne risquera une
      faillite de la Grèce. On trouvera une solution temporaire pour
      gagner quelques mois supplémentaires. » (12.06.2015) +++
      http://www.cdt.ch
      +++ Un accord avec la Grèce est encore possible
      The Irish Times - Irlande. Malgré la dégradation des rapports
      entre la Grèce et ses créanciers, le quotidien de
      centre-gauche The Irish Times ne perd pas espoir qu’un
      consensus puisse bientôt être trouvé : « Beaucoup de temps a
      déjà été gaspillé dans les négociations entre la Grèce
      et ses créanciers. La tactique adoptée par le gouvernement
      mené par Syriza a agacé les interlocuteurs, qui déploraient
      le manque de fermeté du gouvernement pour imposer les
      réformes économiques nécessaires. Or toutes les parties
      prenantes devraient désormais avoir compris que tôt ou tard,
      une restructuration des dettes grecques s’impose. Celle-ci ne
      pourra cependant être proposée qu’une fois que la Grèce aura
      présenté un plan de réformes crédible. Ce qui n’a pas encore
      été fait. Elle a rejeté la feuille de route des créanciers
      sans fournir d’alternative assez détaillée pour être
      convaincante. Il faut trouver un moyen de rétablir la
      confiance nécessaire à un accord. » (12.06.2015) +++
      http://www.irishtimes.com…/greece-talks-time-to-strike-a-d…
      +++ Tsipras ne devrait pas changer grand-chose
      Capital - Grèce. Selon les médias, le Premier ministre grec
      Alexis Tsipras a suggéré mercredi une nouvelle prolongation
      du programme d’aide à la Grèce jusqu’au mois de mars 2016.
      Tout continuera ainsi comme avant, déplore le portail libéral
      Capital : « Tsipras a donc demandé la poursuite du mémorandum
      d’austérité mis en œuvre par le gouvernement précédent ;
      un mémorandum qu’il a combattu âprement et qu’il affirmait
      vouloir supprimer par le biais d’une loi. L’extension du
      programme d’aide validée le 20 février [pour quatre mois
      supplémentaires] et l’incertitude inhérente à cette
      décision avaient engendré plusieurs maux : fuite des
      capitaux, retour de la récession, hausse du chômage, attentes
      revues à la baisse dans le secteur du tourisme et incapacité
      à produire un excédent primaire sans mesures
      complémentaires. … En quoi le prolongement du programme
      d’aide de neuf mois supplémentaires devrait-il changer quelque
      chose à ce climat négatif ? » (12.06.2015) +++
      http://www.capital.gr/s…/3031474/dustuxos-nikisate-suntrofoi

  • entre nos mains (ces jours-ci dans les rues d’Athènes)

    {échos d’un débat avec Eric Noiré entamé à l’occasion du discours prononcé par Alexis Tsipras devant l’Assemblée nationale grecque, le 5 juin 2015, débat qui peut être suivi ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/dimitris-alexakis/080615/discours-d-alexis-tsipras-premier-ministre-grec-devant-l-assemblee-n et là : http://blogs.mediapart.fr/blog/dimitris-alexakis/120615/entre-nos-mains-ces-jours-ci-dans-les-rues-d-athenes}

    1
    « trahison », « récupération »

    Le gouvernement grec peut et doit être critiqué par ceux-mêmes qui l’ont porté au pouvoir ― la Présidente de l’Assemblée, Zoé Konstantopoulou, ne s’est pas privée de contester les choix effectués par Alexis Tsipras et Nikos Pappas concernant les nominations à la tête de la radio-télédiffusion publique, ERT, qui recommence ces jours-ci d’émettre sous ce nom, l’organisation de jeunesse de Syriza vient de demander la démission de Yannis Panoussis, ministre de la « Protection du citoyen » ( sic ) et les relations du gouvernement grec avec l’État d’Israël sont fortement contestées au sein du parti au pouvoir ― faire usage de son sens critique, faire entendre sa voix est cependant tout autre chose que de faire une croix sur ce qui demeure comme la seule perspective actuelle, en Grèce, et comme la première tentative européenne de contestation des politiques d’austérité au niveau politique ; l’économiste marxiste et député de Syriza Costas Lapavitsas ne s’y est pas trompé, qui réaffirme l’importance des élections du 25 janvier au début d’un billet récent dans lequel il n’épargne pas, par ailleurs, les propositions adressées aux créanciers par le gouvernement grec (http://costaslapavitsas.blogspot.gr). Parler au stade où nous en sommes de « trahison » ou de « récupération » revient à occulter la véritable guerre à laquelle le gouvernement grec et les classes populaires grecques sont soumis depuis les élections du 25 janvier et la décision prise le 18 février par la BCE de restreindre l’émission des bons du Trésor pour la Grèce.

    2
    « socialisme(s) »

    Si je ne parle pas de « socialisme » mais de « contestation des politiques d’austérité » c’est que je n’oublie pas que Syriza est un parti parlementaire ― le seul en mesure d’ouvrir aujourd’hui en Grèce une brèche dans le mur des politiques néo-libérales ― et que l’événement du 25 janvier demeure essentiellement un événement électoral ― et non, qu’on le veuille ou non, le produit de luttes sociales massives qui seraient parvenues, par exemple, à immobiliser l’économie du pays comme ont pu le faire les grèves de 1936 ou de 1968 en France ― voire à s’emparer des moyens de production, comme le mouvement ouvrier hongrois de 1956. J’écris « qu’on le veuille ou non » pour signaler que cela n’a dans une certaine mesure pas eu lieu ― pas eu lieu avec l’intensité qui permettrait de parler de « processus révolutionnaire ».

    De très nombreuses luttes ont eu lieu au cours de ces dernières années en Grèce, nous avons vécu une longue grève générale et plusieurs tentatives de réquisition ouvrière des moyens de production (Vio.me) et de création de circuits de production parallèles (marchés agricoles sans intermédiaires), mais l’arrivée au pouvoir de Syriza, indissociable de ces mobilisations, doit à mon sens être interprétée à la lumière d’un certain repli et d’une certaine fatigue des mouvements sociaux dans la période qui a immédiatement précédé le scrutin.

    3
    passer le relais, reprendre le relais

    L’interprétation du vote en faveur de Syriza comme un vote de délégation faisant fond sur un repli (provisoire ?) des luttes sociales est fortement confirmée par l’absence notable de véritable mobilisation (mais surtout peut-être par la difficulté à imaginer quelles pourraient être les voies d’une telle mobilisation dans la situation du rapport de forces inédit avec les créanciers) dans les mois qui ont suivi les élections et jusqu’à aujourd’hui. On peut imaginer que des mobilisations directement liées à la production, à la réquisition des terres et des moyens de production et répondant aux besoins immédiats (occupation populaire de terrains militaires transformés en « jardins ouvriers » autogérés, par exemple, selon le modèle mis en pratique dans la banlieue de Thessalonique et répondant à la question cruciale de l’autosuffisance alimentaire) auraient été plus efficaces, plus pertinentes dans le contexte de l’arrivée au pouvoir de Syriza que de décréter, par exemple, une grève générale ― dans une économie déjà immobilisée et détruite par les politiques néo-libérales. (Et on pourrait presque dire que la situation qui prévaut depuis quatre ou cinq ans ici, loin d’être une situation de grève générale est à l’inverse une situation de lock-out généralisé et étendu sur une très longue période.) Mais le fait est que, pour le moment, nous n’en sommes pas là et que le « soulèvement populaire », ces jours-ci dans les rues d’Athènes, est plus une invocation sur les affiches d’Antarsya (1) qu’une réalité sociale ou qu’un sentiment partagé.

    Il y a à ce niveau un blocage assez net, un effet de délégation électorale et de sidération (nous sommes en partie devenus les spectateurs de la négociation en cours) qui ne favorise pas la mobilisation ― et en parlant de mobilisation j’entends beaucoup plus des formes de production, d’appropriation de moyens de production et de lieux de vie que les formes souvent encadrées et bureaucratiques de la manifestation et de la grève.

    Le fait que l’espace politique ouvert par Syriza ne puisse pour l’heure être identifié au « socialisme » (singulier de majesté qui devrait être pluralisé et redéfini à partir des expériences de luttes, de production et de vie concrètes qui se sont faites jour au cours de ces dernières années, en Grèce, en France et ailleurs) ne signifie pas pour autant qu’il doive être automatiquement confondu avec le champ social-démocrate (que beaucoup ont évidemment à l’esprit mais dont le schéma aveugle plus d’un observateur ― tellement pressé d’anticiper sur la trahison forcément en préparation qu’il rate les spécificités et les possibilités de la situation présente). Si Syriza n’est pas « le socialisme », il vaut certainement la peine de réfléchir à ce qu’il est à partir du constat de la mort de la social-démocratie ― et sans perdre le sens des possibles. (LE socialisme n’existe pas.)

    4
    « contradictions »

    Notre chance, la spécificité de la situation grecque actuelle, ce sont les mouvements sociaux apparus au cours de la période précédente mais aussi les contradictions de Syriza : le fait que ce parti ne constitue pas (encore ?) une forme bureaucratique figée, fossile, définitivement centralisée, le fait qu’il demeure encore poreux aux mouvements sociaux, aux luttes et aux processus collectifs de réponse à la crise et à la réorganisation néo-libérale ― une réorganisation qui s’opère dans le cas de la Grèce par le vide, la table rase, la déstructuration de la production et une mise au chômage massive.

    Si la réponse apportée à l’ensemble de cette séquence historique (faillite de l’État grec, crise économique, politique des mémorandums, renversement de l’Ancien Régime tenu durant une quarantaine d’années par les deux partis traditionnels et processus de négociation avec les créanciers) demeure « entre les mains » de Syriza et / ou de l’exécutif, on aura alors toutes les raisons de redouter un repositionnement du noyau dur gouvernemental et du parti (concentration des décisions par le « premier cercle » autour du Premier ministre + injonction à la discipline de parti) au centre de l’espace politique, à la faveur d’un accord permettant au pays d’échapper à la faillite, avec l’appui des « classes moyennes » (pour dire vite, car cette catégorie commode demanderait certainement à être redéfinie), comme je l’avais indiqué dans un billet récent (https://oulaviesauvage.wordpress.com/2015/05/19/grece-soyons-pessimistes-demandons-limpossible).

    Si j’écris cela c’est bien sûr qu’il existe déjà plusieurs signes avant-coureurs d’une telle évolution, notamment en ce qui concerne les formes d’exercice de la politique et de l’autorité, les voies de la prise de décision ; les tensions internes autour de la nouvelle direction d’ERT, des déclarations du ministre de la Protection du Citoyen ou d’Israël auxquelles je faisais référence plus haut en sont indicatives. Il existe aussi, heureusement, de nombreux signes contraires, non seulement en provenance de la Plateforme de Gauche mais aussi de la part de la Présidente de l’Assemblée, assez isolée, ou du groupe « 53+ ».

    Syriza n’est pas (encore) un parti classique, soumis à l’exécutif par la discipline de parti et dont le rôle se réduirait à n’être qu’une « chambre d’enregistrement » de décisions prises en haut lieu. Si les luttes sociales continuent à faire défaut, il le deviendra sûrement. La réponse dépend en grande part de la reprise de l’initiative populaire ― plus sur le terrain de la production de richesses (réquisitionner des terrains à cultiver et des structures industrielles, les exploiter à notre intérêt) que sur celui de la protestation politique (manifester contre le gouvernement) ; la réponse aux créanciers n’est pas seulement entre les mains du gouvernement ou du « parti de la gauche radicale » mais entre nos mains.

    Dimitris Alexakis
    https://oulaviesauvage.wordpress.com
    Athènes, vendredi 12 juin 2015

    (1) Antarsya : parti à la gauche de Syriza, partisan de la rupture et de la sortie de l’euro.