REGARDS

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  • La « misandrie » : une hostilité édentée
    http://www.regards.fr/idees-culture/article/la-misandrie-une-hostilite-edentee

    La frénésie qui entoure la publication des livres d’Alice Coffin et de Pauline Harmange, accusées de nourrir une condamnable « misandrie », témoigne d’une grande fébrilité quant à l’énonciation des luttes antisexistes dans le champ médiatique. Une panique massive dont la disproportion interroge.

    Qu’une femme puisse publiquement envisager une vie où elle choisit de réduire les influences masculines, qu’elle refuse de conditionner la formulation de son engagement au confort des hommes, est vécu comme une inacceptable menace à leur position hégémonique. En réalité, cette panique semée par un discours féministe renouvelé n’est que la traduction de la crainte de perdre une position centrale trop peu questionnée.

    Étiqueter ce discours du label de la « misandrie » comme s’il était possible de dresser un parallèle avec les forces misogynes est intellectuellement inepte. La misogynie est le fruit d’un système structuré contre les femmes, et ses mots font écho à des violences aussi concrètes que documentées. Par conséquent, les discours sexistes s’inscrivent dans un continuum dont l’aboutissement est le féminicide.

    De tous temps, les revendications féministes ont scandalisé la société majoritaire avant de finalement revêtir une apparence acceptable. Dès lors que l’on conteste l’ordre établi, il est impossible de créer le consensus.

    Or, il n’y a pas d’oppression sans pouvoir. Les hommes ne sont pas opprimés du fait de leur genre. La condition masculine n’a jamais été un désavantage qui puisse conduire à un traitement structurellement défavorable. Ni Alice Coffin, ni Pauline Harmange, ni aucune femme ne disposent du pouvoir de produire un rapport de force menaçant au point d’infléchir un système millénaire.

    Albert Memmi parlait de « racisme édenté » pour désigner la possible hostilité que pourraient éprouver des minorités contre des membres du groupe dominant. C’est une haine dépourvue de toute force, car elle est portée par des personnes qui n’ont pas le pouvoir social d’administrer un traitement discriminatoire aux personnes qu’elle vise. Du fait de dynamiques similaires, la prétendue misandrie des féministes n’est en rien comparable au patriarcat qui conditionne l’intégralité des relations sociales actuelles et qui s’insinue dans tous les rapports humains, à tous les niveaux de la société.

    Dans un tel contexte, on ne peut que comprendre que des femmes décident de préserver leurs espaces personnels et mentaux des discours et actes qui sont la caisse de résonnance de la condition subalterne qu’elles dénoncent.

    #misandrie #misogynie #domination_masculine #masculinisme #féminisme #backlash

  • Alice Coffin : « Les lesbiennes sont la plus lourde menace contre le patriarcat »
    https://www.youtube.com/watch?v=jMUB4etKle4

    Alice Coffin est journaliste, militante féministe, activiste au sein du collectif La Barbe, co-fondatrice de l’association des journalistes LGBT, de la Conférence européenne lesbienne ou encore la LIG – Lesbiennes d’intérêt général. Elle vient de publier « Le Génie Lesbien » (Éditions Grasset) et elle est l’invitée de #LaMidinale.

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    Sur les critiques et la violence
    « C’est dur (…). Ce qui marque, ce ne sont pas les attaques, c’est l’inhumanité de certains et je pense notamment à des journalistes. Je ne comprends pas bien la façon d’opérer entre être humains. »
    « Les sujets que j’évoque sont des sujets très durs et je comprends qu’ils fassent réagir parce que ce sont des sujets sur lesquels beaucoup de personnes n’ont pas envie de s’interroger. »
    « Ça serait bien qu’on puisse toutes et tous prendre sur nous et réfléchir deux minutes à la façon dont on agit les uns, les unes avec les autres et avoir une réflexion sur les conséquences que peuvent engendrer nos actes. »
    « Je parle beaucoup de “responsabilités” dans le livre - et notamment de la responsabilité des journalistes et des médias. Ce qui se passe ces derniers jours, c’est une absence totale de responsabilité et un oubli absolu : celui que les journalistes ont beaucoup de pouvoir, notamment celui sur les vies individuelles. »
    « Quand les journalistes choisissent de m’interroger d’une certaine manière, ça a des conséquences sur la façon dont le débat public peut s’organiser et ça a des conséquences sur moi : et pour moi, c’est incompréhensible. »
    « Le temps du combat est infini. C’est ce qui rajoute parfois du désespoir. Je vais mourrir avant que le combat soit gagné. Mais comme le dit ma compagne, Sylvia Casalino, on ne peut pas raisonner en terme de victoire. »
    « On fait face à une montagne gigantesque. »
    « Ce qui me fait tenir, c’est d’être dans l’action avec d’autres militantes. Le fait d’écrire un livre isole un peu et ça concentre les attaques à titre personnel avec des stratégies d’acharnement. »
    « Il n’y a pas de discussion possible. On ne se parle pas. Ça s’appelle une oppression, c’est-à-dire l’impossibilité d’organiser un dialogue et le refus, et presque la compétition, entre des histoires et des vies humaines différentes. »

    Sur la lesbophobie
    « C’est très compliqué pour les femmes hétérosexuelles mais c’est vrai qu’il y a beaucoup de choses qui ont à voir avec le fait que je sois lesbienne. »
    « Ce qui caractérise la lesbophobie, c’est souvent une oppression pas très connue qui n’est pas juste la somme de l’homophobie et du sexisme. Il y a de l’homophobie et du sexisme mais il n’y a pas que ça. C’est un oppression à part entière et c’est pour ça qu’il existe un mot pour la qualifier : lesbophobie. C’est l’invisibilisation qui marque en particulier : le fait de ne même pas autoriser les lesbiennes d’exister. Même le mot lui-même on a du mal à l’employer. »
    « Les lesbiennes constituent la plus grande terreur du patriarcat. »

    Sur Elisabeth Moreno, les contradicteurs et le courage en politique
    « J’espère qu’elle a lu mon livre mais je ne suis pas sûre. »
    « C’est intéressant ce refus, cette incapacité, de voir d’où vient la violence et toujours la renvoyer à celles qui essayent de s’en prémunir et de s’en protéger un peu. C’est ça la force du patriarcat. »
    « Il y a une impunité totale : ça va être dur et long parce que non seulement ils déchainent leurs forces contre les femmes mais en plus ils leur interdisent de pouvoir s’épanouir si on les dénonce. »
    « Ils [Elisabeth Moreno et d’une manière générale, les contradicteurs] n’ont pas compris ce qu’il se passait dans le monde en termes d’oppressions sexistes. Parce que s’ils l’avaient compris ils ne pourraient agir comme ils le font. »
    « Il y a un problème de courage politique. Il y a un problème de pleine lucidité de ce qu’il se passe et il y a un problème de la manière dont on le dit. »
    « Ce matin [sur France Inter], Elisabeth Moreno était au bord de dire que la domination masculine est partout. »

    Sur l’affaire Girard/Mazneff et les élu-es parisiens
    « Il y a de la lâcheté et il y a une frayeur parce qu’il y a une peur en politique. Ils sont terrorisés. »
    « Je découvre qu’ils [les élu-es] sont terrorisés de faire le moindre petite geste, ou de prononcer une parole qui pourrait être réutilisée, interprétée. »
    « Il y a de la part des élus parisiens une forme de lâcheté et une peur qu’on a même essayé de m’inculquer : on m’a dit “fais attention, tu sais Christophe Girard est très puissant”. »

    La suite du VERBATIM à retrouver ici : http://www.regards.fr/la-midinale/art...

    #féminisme #femmes #homosexualité #patriarcat #lesbiennes #lesbianisme

    • Pour retrouver l’URL qui fonctionne, je suis tombé sur l’article de Valeurs Actuelles au sujet de son livre. En fait, je ne suis tombé, dans mon moteur de recherche soucieux de la vie privée, que sur des articles de journaux de droite rance. Le comble. Des articles qui te disent qu’Alice Coffin est misandre, qu’elle hait les hommes.

      Cet entretien est passionnant, et on a du mal à trouver la moindre trace de haine dans ses propos.

      Voici l’URL telle que je la retrouve sur le site de Regards.fr
      http://www.regards.fr/la-midinale/article/alice-coffin-les-lesbiennes-sont-la-plus-lourde-menace-contre-le-patriarcat

    • Et aussi :

      Sur son éviction de l’Institut Catholique de Paris
      « Quand je l’ai appris le 4 septembre, je me suis effondrée dans la rue. »
      « Je sais comment cela se passe lorsqu’une institution décide de se positionner contre un individu dans un cadre professionnel. »
      « J’enseigne à la Catho depuis huit ans et là, ils vont me chercher après un été où le combat était contre des violences pédocriminelles… Et c’est l’Eglise qui fait cela ! Le message envoyé est terrible. »
      « J’ai reçu énormément de mails d’étudiants et d’étudiantes de l’Institut Catholique qui m’ont écrit que c’était fou parce que mes cours étaient impartiaux alors qu’ils et elles ont des profs hyper racistes, hyper misogynes, hyper homophobes et que eux, on les laisse dérouler leur argumentaire. »
      « On sait comment les militantes féministes et les militantes lesbiennes finissent : dans le dénuement et la précarité. »
      « Je vais aller devant les prud’hommes [contre l’ICP]. »
      « Ce qui est dommage, c’est que j’aurais adoré discuter avec eux. Parce qu’il y a des choses que je peux comprendre : je suis devenue plus visible, ils reçoivent plein de pressions de donateurs, de parents, de l’archevêque ou que-sais-je ! Mais il faut en parler ! Je ne comprends pas ces méthodes qui consistent à mettre immédiatement la tête sous l’eau. »
      « L’interview avec Sonia Mabrouk ou mon éviction de l’Institut catholique, même combat. La seule chose qui me donne un peu d’espoir, c’est que la chose compliquée, c’est que le piège est de leur côté : leur argumentaire ne tient pas. »
      « Il y a une volonté de ne pas vraiment nous donner la parole parce qu’une féministe, c’est une femme qui dit la vérité sur la vie. »
      « Le message des colleuses féministes, c’est : vous ne voulez pas les entendre dans les micros ou à l’Elysée, et bien on va quand même les inscrire sur tous vos murs pour les voir. »

    • Les médias complices du cyberharcèlement d’Alice Coffin
      https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/151020/les-medias-complices-du-cyberharcelement-dalice-coffin

      Il y a quelques semaines, le nom d’Alice Coffin ne vous disait peut-être rien. Journaliste, militante lesbienne et féministe et élue à la mairie de Paris, son CV suffisait pourtant à justifier qu’on parle de son travail. Depuis, son nom a déferlé sur les réseaux sociaux, noyé dans un flot de propos haineux et lesbophobes. La raison de cette soudaine “notoriété” ? Pas la sortie de son premier ouvrage, Le Génie lesbien (Grasset), mais ses prétendues velléités d’éradication des hommes. Ce sont les médias qui sont à l’origine de ces grotesques accusations.

      Paris Match ouvre le bal, dans un papier daté du 2 octobre, en citant un extrait tronqué du Génie Lesbien (1) : « Il ne suffit pas de nous entraider, il faut, à notre tour, les éliminer. » L’article prend rapidement de l’écho, suite à la revue de presse de Radio Classique, le même jour. Le compte Twitter de la chaîne poste dans un désolant geste simplificateur « Alice Coffin estime qu’il faut “éliminer les hommes” ». S’ensuit un harcèlement massif de la journaliste et militante, présumée meurtrière, voire génocidaire. À noter qu’avant cela, le chef du service portrait de Libération n’avait pas hésité à provoquer sur Twitter une première vague de cyberharcèlement à l’encontre de l’autrice du Génie Lesbien, en la qualifiant d’ « identitaire peu démocrate » et de « Zemmour lesbien », étalant sa lesbophobie décomplexée.

      Alice Coffin génocidaire, vraiment ?

      « Il ne suffit pas de nous entraider, il faut, à notre tour, les éliminer. Les éliminer de nos images, de nos esprits, de nos représentations », aurait été une citation plus honnête de ce passage du livre d’Alice Coffin. Mais bien moins piège à clics, à n’en pas douter, pour Paris Match et Radio Classique. Ces médias à forte audience, comme d’autres, ont préféré susciter l’indignation pour générer de l’engagement, faisant fi de leur devoir d’informer correctement. A-t-on déjà assisté à un procédé aussi malhonnête et paresseux pour un auteur masculin ? Seuls les ouvrages féministes, que cela soit celui d’Alice Coffin ou de Pauline Harmange (Moi les hommes, je les déteste, Éditions du Seuil), semblent avoir le droit à un tel traitement.

      Pour Prenons la Une, l’Association des Journalistes LGBTI et l’association Féministes contre le cyberharcèlement, tronquer de la sorte les propos d’une autrice représente un manquement à la déontologie journalistique. En relayant en masse ces propos tronqués, sans prendre la peine de lire l’ouvrage – ou a minima le passage* – dont ils sont issus, les autres médias n’ont pas fait leur travail de vérification d’information.

      Nous souhaitons pointer la paresse avec laquelle la plupart des chaînes d’information ont fait leur choux gras de l’affaire en reprenant sans recul des poncifs vieux comme le monde servant à dénigrer et décrédibiliser la pensée féministe (les féministes sont hargneuses, laides, folles, détestent les hommes, veulent les éliminer…). Nous nous interrogeons, enfin, sur les positions contradictoires de certains médias. Par son silence complice face aux propos de son éditorialiste, Libération, pourtant signataire de la charte de l’AJL contre l’homophobie, suscite notre incompréhension.

      Ces manquements reviennent à placer une cible sur le front d’une autrice, militante féministe et lesbienne. Un risque que tout professionnel de l’information en 2020 ne peut faire semblant d’ignorer.

      Les conséquences de la légèreté journalistiques et du cyberharcèlement

      Insultes, diffamations, menaces de mort, de viols… Notre consœur avait déjà été placée sous protection policière cet été et l’est de nouveau depuis la vague de harcèlement du week-end dernier. Le cyberharcèlement, faut-il le rappeler, peut avoir de graves conséquences sur l’intégrité physique et morale de ses victimes. Plus d’un tiers d’entre elles présentent tous les symptômes du syndrome de stress post-traumatique (2).

      Le cyberharcèlement a également des impacts concrets sur la vie professionnelle. C’est le cas pour Alice Coffin qui, après huit ans à enseigner au sein de l’Institut Catholique de Paris, vient de perdre cet emploi. Motif invoqué ? Un « militantisme trop visible ». L’ICP connaissait le travail militant d’Alice Coffin lorsqu’ils l’ont recrutée. Ce n’était pas une nouveauté. La nouveauté, c’est que les sphères de pouvoir s’attaquent à son travail et à sa personne. La moindre des choses venant de son employeur serait de ne pas l’abandonner au moment même où elle a besoin de soutien.

      Les associations signataires de cette tribune proposent depuis plusieurs années que le cyberharcèlement soit reconnu comme un accident du travail, que l’employeur mette à l’abri la personne harcelée et lui propose son soutien moral et juridique.

      Le traitement des questions féministes / lesbiennes par les médias

      Le cyberharcèlement est un délit passible de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende (3). Comme pour tous les délits, le sexisme et la lesbophobie en sont des circonstances aggravantes. Alice Coffin est femme et lesbienne et les attaques qu’elle subit la renvoient directement à cette double identité. 57% des internautes lesbiennes, gays et bi déclarent s’autocensurer en ligne par peur du cyberharcèlement (4).

      Alice Coffin relaye une pensée féministe qui suscite l’intérêt et la curiosité du grand public ces deux dernières années. La crispation des médias français à s’emparer de ces questions, comme ils l’ont démontré dans le traitement de la vague #MeToo et d’autres questions comme l’ouverture de la PMA, est extrêmement inquiétante. Faut-il en conclure que les médias français font encore barrage aux idées féministes, d’autant plus lorsqu’elles sont portées par une femme lesbienne ? La situation actuelle nous pousse à penser que cette pensée militante n’est digne d’intérêt que lorsqu’elle est tamisée de polémiques et de déformations croustillantes.

      Le fait que les médias soient majoritairement détenus et dirigés par des hommes n’est pas étranger à un tel traitement. Le manque de diversité parmi les journalistes occupant des postes à responsabilité est un problème structurel de nos professions, que PLU et l’AJL appellent à faire évoluer.

      Ce traitement médiatique valide malheureusement tout le propos du livre d’Alice Coffin : la façon dont les œuvres féministes sont systématiquement détournées et déformées pour mieux être invalidées reste intacte. Particulièrement quand les autrices remettent en cause les points de vue dominants, donc ceux des hommes blancs et hétérosexuels. Et a fortiori quand celles-ci ont l’audace non seulement de s’en passer, mais en plus d’être lesbiennes.

  • #Covid-19 : mais où est donc passé le « plan massif » pour l’#hôpital promis par Macron ? - regards.fr
    http://www.regards.fr/politique/article/covid-19-mais-ou-est-donc-passe-le-plan-massif-pour-l-hopital-promis-par-mac

    « On se demande où est le plan massif », déplore Agnès Hartemann. Le seul plan consiste à attendre que l’orage passe, sans jamais rien anticiper. Que dire de cet article du Monde où l’on apprend que les données de Santé publique France sont incomplètes, approximatives – sans parler du manque de transparence –, laissant penser que le gouvernement navigue à vue ? « J’ai l’impression qu’ils jouent à la roulette-russe : on prend nos points faibles de la première vague, on aggrave la situation et on verra ce que ça donne pour la deuxième vague », s’exclame Caroline Fiat.

    #austérité

  • ❌ Selon Macron, les problèmes de l’#hôpital ne sont pas liés au manque de moyens mais à l’organisation.

    Le problème, ce sont les conseillers en organisation qui ont organisé le manque de moyens.

    https://twitter.com/Poulin2012/status/1313871136334241799

    Une organisation gérée depuis des années par des cabinets de conseil (McKinsey, Strategy&, BCG, Roland Berger, Parthenon, Bain, Eurogroup etc) qui ont organisé la casse de l’hopital de service public pour en faire un secteur dépendant des logiques marchandes du secteur privé.

    Rassurez-vous, ce sont les mêmes qui gèrent le déconfinement, les tests, et l’organisation du Ségur de la santé.

    La logique de néomanagement public à l’oeuvre dans la santé est responsable de toutes les défaillances actuelles. Ce sont les responsables de la faillite du service public, qui sont toujours à la manœuvre, continuant la logique de restriction budgétaire, de profit et de flux.

    Les gouvernements passent, mais les vrais pilotes de la casse de l’hôpital public restent les mêmes, petit florilège des réformes idiotes pondues par ces grands stratèges.

    2005 : tarification à l’activité pour un alignement faussé avec le privé car le public garde les pathologies les plus lourdes.

    2009 : La loi "Hôpital, Patients, Santé, Territoires" portée par Roselyne Bachelot, "révolution managériale" qui créé les ARS et impose une logique de rationnement.

    2012 : Marisol Touraine lance son « Pacte de confiance pour l’hôpital », qui revient sur les réformes passée en créant plus de confusion.

    2019 : LREM lance #masanté2022, modifiant les statuts des hôpitaux de proximité et en créant le Projet Territorial de Santé (PTS) sans donner plus de moyens aux hôpitaux en faillite

    Avec un déficit de 650 millions d’euros en 2018 contre 470 millions en 2016, les hôpitaux français ont besoin d’argent, pas de consultants en organisation, n’en déplaise au banquier d’affaire qui squatte à l’Élysée depuis 2017.

    Petits exemples de fiches créées pour piloter l’efficience des établissements de santé. C’est indigent. Vous êtes prévenus :

    https://threadreaderapp.com/thread/1313871136334241799.html

    • La coupe est plus que pleine : un Président qui a encensé les soignants et qui, maintenant, « démasque » son idéologie et son mépris en disant qu’ils sont le problème par leur manque d’organisation et un Gouvernement qui poursuit sa quête du Graal, à savoir : privatiser la santé. Appel vidéo pour une prise de conscience avant qu’il ne soit trop tard.

      https://blogs.mediapart.fr/laurent-thines/blog/111020/alerte-privatisation-des-urgences-vers-la-privatisation-globale-de-n

    • Christian Lehmann est écrivain et médecin dans les Yvelines. Pour « Libération », il tient la chronique d’une société suspendue à l’évolution du coronavirus.

      Pendant trente-six ans, j’ai fait de la médecine générale. Depuis le mois de mars, je fais des actes de médecine générale. Comme lorsque je réalise des consultations le dimanche sur un point de garde fixe. Et ça n’a rien à voir. Pendant trente-six ans, chaque consultation s’est inscrite dans un continuum. A l’issue de chacune d’elles, au-delà de la prise en charge de l’affection du moment, j’ai essayé d’assumer le suivi global du patient sur le long terme : programmer des examens complémentaires, archiver des résultats, suivre l’évolution de telle ou telle pathologie, demander un avis spécialisé, réaliser des examens de prévention.

      Depuis mars, je travaille au jour le jour, sans réelle visibilité. Pendant de nombreuses semaines, les patients ont été confinés chez eux, et pendant plus longtemps encore ils n’ont pu accéder aux soins de seconde ligne chez les spécialistes ou à l’hôpital. Ils rechignaient à se rendre dans les laboratoires d’analyse médicale par crainte des files d’attente et d’une contamination. Les plus âgés dépérissaient. Les examens programmés de longue date, les interventions chirurgicales non urgentes étaient déprogrammées, repoussées, parfois à plusieurs reprises. Et au cabinet, entre la mise en place de téléconsultations pour faire face au flux des demandes et la diminution de nombre de créneaux de consultations présentielles afin d’assurer la sécurité et la décontamination, les délais se sont allongés et ont rendu le suivi plus difficile.

      Depuis mars, j’avais l’impression de gérer l’urgence du moment, mais j’espérais qu’après l’été j’aurais la possibilité de reprendre une activité inscrite dans la durée. C’est la raison pour laquelle pendant la période estivale j’ai refusé de baisser la garde, la raison pour laquelle avec des confrères et consœurs raisonnablement inquiets nous avons milité pour demander la mise en place de mesures dont la finalité était clairement exprimée : « Donnons-nous toutes les chances d’éviter une deuxième vague ! » A chaque intervention, nous avons été taxés d’alarmisme par une bande hétéroclite de négationnistes du Covid. Nous étions des Cassandre, voire des ayatollah, parce que faire l’hélicobite au Hellfest nous semblait prématuré.

      Pourtant nous savions que l’été brasserait les populations sur l’ensemble du territoire, nous pressentions qu’après un printemps de restrictions chacun voudrait enfin souffler et « oublier » un peu le coronavirus. C’est pourquoi, au lieu d’en appeler à la responsabilité individuelle comme si la population devait être traitée comme des enfants incapables, nous avons tenté d’alerter les pouvoirs publics, sur la nécessité de prendre des décisions collectives dont la plus importante fut d’instaurer le port du masque en lieu clos, puis au travail parce qu’Emmanuel Macron avait feint d’imaginer que le virus se comportait différemment dans une supérette que dans un open-space. Il fallut encore revenir à la charge pour l’amener à réduire le délai de la mise en place de cette première mesure, de quinze jours à deux jours. Il fallut batailler encore pour tenter d’obtenir un protocole sanitaire cohérent à l’école, dans l’un des seuls pays au monde où les enfants n’étaient pas vecteurs d’infection avant 11 ans. Il fallut insister encore pour qu’enfin la nécessité d’aérer les lieux clos soit admise et médiatisée.

      La situation actuelle est la résultante de chacun de nos choix collectifs et individuels.

      Les choix d’un exécutif n’ayant pas la crédibilité nécessaire pour prendre des mesures fortes, du fait de ses mensonges originels, du fait de sa gestion calamiteuse de la pénurie, du fait de sa tendance à pointer du doigt la responsabilité des individus sans faire pression sur les employeurs pour privilégier le télétravail. Du fait de la satisfaction béate de ministres fustigeant le comportement négligent de jeunes qu’ils n’hésitent pas à entasser dans des amphithéâtres bondés.

      Les choix de certains médias ayant constamment privilégié des guignols de plateau « rassuristes », ou négationnistes, spécialistes autoproclamés d’une maladie qu’ils n’ont jamais eu à prendre en charge. Un jour, il leur faudra nous expliquer pourquoi un spécialiste de la physiologie du sport et un astrophysicien ont été considérés comme oracles de la fin de l’épidémie, et pourquoi on a continué à les inviter sur les plateaux tandis que les « réa » se remplissaient à nouveau de Covid, que les hôpitaux passaient en plan blanc, que les congés des hospitaliers étaient annulés. Un jour…

      En attendant, le travail a repris, et la situation ne s’est pas améliorée. Elle s’est même dégradée courant septembre parce que là où en mars nous n’avions pas de possibilité de tester les patients, nous nous sommes retrouvés dans une situation pire encore, celle de devoir expliquer aux patients qu’alors que l’exécutif vantait la capacité de tests de la France, en pratique les délais d’obtention de rendez-vous puis de résultats rendaient le testing problématique voire inutile. S’est ajoutée à cela la première vague de rhinoviroses, de nez qui coulent, de fébricules. Covid, pas Covid, tester, pas tester, isoler, pas isoler ? Comment ferons-nous face à la période hivernale dans ces conditions ?

      Aujourd’hui, grâce à l’initiative d’un confrère, nous avons mis en place localement des unités fonctionnelles de prélèvement, permettant à plusieurs petits groupes de médecins de diriger un nombre restreint de patients symptomatiques vers des cabinets infirmiers participants pour obtenir des résultats de PCR en moins de vingt-quatre heures et réussir à isoler les positifs afin de tenter de bloquer les chaînes de contamination.

      La seule bonne nouvelle est que là où les Covid du printemps passaient fréquemment par une phase de gêne respiratoire préoccupante, la majorité des Covid d’automne que je vois sont peu symptomatiques. Je passe plus de temps à gérer avec eux la paperasse administrative qu’à me préoccuper de leur saturation en oxygène. Non pas que le virus ait muté ou soit devenu moins virulent, comme le martelait Didier Raoult dix jours avant d’affirmer exactement le contraire tandis que les hôpitaux de Marseille quémandaient des renforts, mais probablement parce que le respect même imparfait des mesures barrière, le port de masques généralisé, diminue l’inoculum viral dans nombre de contaminations. Mais à la différence de la première vague, l’ensemble du territoire est touché. D’où l’importance en médecine de ne pas uniquement se référer à son expérience personnelle, mais de l’intégrer dans une vision globale, ce dont semblent incapables certains mandarins, apparemment. Je ne vois pas de Covid graves, et pourtant les hôpitaux en sont pleins.

      Nous sommes début octobre, et je ne peux que constater que 2020 aura été une année perdue pour mes patients, en médecine générale. Les programmes de dépistage ont été à l’arrêt de nombreux mois, les examens radiologiques, scanners, IRM, les fibroscopies, ont été stoppés, et il est matériellement impossible de rattraper intégralement ce retard. Il en va de même pour certaines interventions chirurgicales, d’autant que les hôpitaux, tout en ayant conscience de la nécessité de maintenir cette fois-ci l’activité non-Covid, sont confrontés à l’épuisement du personnel et à la fuite des soignants. Les médailles ne suffisent pas, ne suffisent plus. Il n’y a pas de soignants magiques.

      Nous allons vers des semaines très difficiles, avec une vague que nous tentons d’aplatir mais qui va probablement rester sur un plateau élevé du fait du retard de mise en œuvre de mesures plus restrictives, du fait des petits arrangements locaux de politiques chauvins, et de la pusillanimité d’un exécutif qui a un temps été tenté par la théorie de l’immunité collective, alors que comme me le dit un spécialiste de santé publique : « L’immunité collective est un concept de vaccinologie, ça n’a jamais été une stratégie de contrôle épidémique. » Du fait aussi de l’incompétence de certains ministres lunaires, parmi lesquels Jean-Michel « nous sommes préparés à tout » Blanquer, et Frédérique « rien ne nous dit que les contaminations se fassent au sein des universités » Vidal.

      En catastrophe, un mois trop tard, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, sermonne : « Ceux qui peuvent télétravailler doivent le faire », comme si le salarié avait moyen de prendre cette décision seul. Nous sommes mi-octobre. En tant que soignant de ville, je ne reçois plus aucun équipement de protection. Depuis un mois et demi, les patients atteints de pathologies cardiaques ou respiratoires, et nombre d’autres, sont exclus du dispositif de protection des personnes vulnérables. En prime, je ne peux plus leur prescrire de masques. Olivier Véran ment en affirmant que les médecins peuvent arrêter ces patients, et le gouvernement qui a pris cette décision s’emmure dans le déni. Jean-Michel Blanquer et Jean Castex ont cassé le thermomètre pour ne pas fermer de classes, laissant l’épidémie se propager sous le radar en milieu scolaire. Et le Conseil d’Etat tranche que les prisons n’ont pas à fournir de masques ou de tests aux détenus…

      A l’époque du sida, nous avions fait collectivement le constat que le virus profitait de nos failles, du refoulement sexuel, de la précarité, de l’homophobie, pour diffuser dans la société. Trente-six ans plus tard, rien n’a changé. Et je ne suis plus médecin généraliste, pas au sens où je l’entendais. Je suis juste un des types qui écopent au fond de la cale.

      Christian Lehmann médecin et écrivain

    • pose un grand nombre de questions quant à notre rapport à la réalité.

      Difficile désormais d’entendre ce discours de la part de Mucchielli qui a manipulé et raconté n’importe quoi sur le Covid, en dehors de toute réalité/consensus scientifique (et en dehors de son champ d’expertise). Quand bien même il dirait pour le coup des trucs vrais, pertinents, dans son champ de travail, mais du coup le « notre rapport à la réalité »…

      On paie des gens pour faire de la recherche et on se moque du résultat de leur travail. Voilà.

      Bé oui, voilà. N’est-il pas.

    • Très brièvement, les chiffres de la délinquance sont des indicateurs de l’activité de la police et de la gendarmerie. Orienter ladite activité - ce qui est parfaitement légitime pour un pouvoir politique – oriente la «  mesure de la délinquance  », ce qui n’est pas vraiment ce que l’on attend de la «  mesure scientifique » d’un phénomène.

  • Pulpe fiction dans les quartiers nord de Marseille - regards.fr
    http://www.regards.fr/politique/societe/article/pulpe-fiction-dans-les-quartiers-nord-de-marseille

    À la tête de son propre centre d’#esthétique, Monia Institut, dans le quartier de Saint-Louis depuis douze ans, Monia Dominique confirme l’emballement. « Je dirais que 50% de ma clientèle a déjà fait soit de la médecine esthétique, soit de la #chirurgie », estime la trentenaire. Native de la Savine, une cité du 15e, sa belle-sœur Alexia abonde. « Aujourd’hui, tout le monde veut la bouche de Kylie et les seins de Kim Kardashian ! », sourit l’esthéticienne. À vingt-cinq ans, elle a subi une rhinoplastie, pour affiner un nez qu’elle n’aimait pas. Fluette, elle montre avec dépit sa poitrine menue sous son soutien-gorge push-up rose pastel. Refaire ses seins ? Elle l’envisage : « Après mon premier enfant ».

    Aujourd’hui, la clinique Phénicia revendique près de 40% de clientes issues des quartiers populaires du Nord de la ville. « C’est une clientèle à la recherche de considération. Mais qui, parfois, ne maîtrise pas tous les codes et a, avec la chirurgie, un rapport de consommation immédiate », analyse Isabelle Delaye, directrice de la communication dans l’établissement. Une mode dont les icônes incontestables du moment sont les sœurs Kardashian, brunes incendiaires aux courbes très avantageuses. « Il faut parfois calmer les ardeurs, prolonge le Dr Marinetti. On nous demande beaucoup de bouches agressives à la Nabilla. Ou des seins décrits comme "naturels" mais qui, en fait, ne le sont pas. Les seins bombés vers le haut, comme Kim Kardashian, ça n’existe pas dans la nature ! C’est importé des États-Unis, c’est le surgical look à l’Américaine. »

    À l’influence des séries et de la téléréalité s’ajoute le poids, tout aussi écrasant, de la publicité, des clips, voire de la pornographie. « La téléréalité est, souvent, une mise en compétition des corps, sur un modèle réactionnaire, néolibéral. Une hiérarchie entre ceux censés être beaux et ceux censés être laids… », note Sophie Jéhel, maîtresse de conférence à l’université Paris 8. Basées sur des caricatures de féminité et de masculinité, ces représentations ont un impact énorme. Dans son cabinet du 5e arrondissement, dans le centre-ville marseillais, ce médecin en convient : « Les jeunes femmes arrivent avec sur leurs portables des photos des actrices de la téléréalité à qui elles s’identifient et donc veulent ressembler ». Sonia, vingt-six ans, qui confesse sans mal avoir subi une double mammoplastie, en témoigne. « Nabilla, ça a été un truc énorme, ici. D’un coup, tout le monde a voulu des gros seins et des Louboutin ! », lâche-t-elle en riant.

    @beautefatale

  • Décentraliser n’est pas démocratiser - regards.fr
    http://www.regards.fr/politique/article/decentraliser-n-est-pas-democratiser

    C’est un faux débat par excellence. La ville est devenue le territoire par excellence de l’organisation sociale, et la métropolisation est le pivot de son expansion. Dès lors, revient sur le devant de la scène ce sempiternel débat sur l’obsolescence de l’État national. Si l’État désigne la puissance publique, il ne relève pas d’un seul territoire. La commune ne fait pas moins partie de la sphère étatique que le département, la région, la nation ou les institutions continentales. La question traditionnelle est de savoir comment fonctionne le grand « tout » de l’État : de façon centralisée ou décentralisée. Dans les dernières décennies, la réponse s’est portée vers la seconde hypothèse, ce que l’on peut tenir pour un progrès.

    #décentralisation #urban_matter #planification_urbaine #ville

    • La « participation citoyenne » est le nouveau pont-aux-ânes du gauchisme culturel propre à la petite bourgeoisie intellectuelle qu’incarne parfaitement Regards entre autres. Ces incantations sans lendemain achoppent toujours sur la réalité des processus décisionnels qui associent les opérateurs privés dominants, l’Etat, le politique, et l’immense armée de réserve d’idiots utiles qui aident à faire fonctionner le tout. Essayez un peu de proposer des ruptures qui permettraient d’un finir avec l’opacité desdits processus décisionnels et vous verrez immédiatement se constituer une sainte alliance des « décideurs » bien décidés à interdire au commun des mortels de s’occuper de leurs affaires...

  • Pas touche à Christophe Girard ou l’image violente d’une défense de classe - regards.fr
    http://www.regards.fr/politique/article/pas-touche-a-christophe-girard-ou-l-image-violente-d-une-defense-de-classe

    Raphaëlle Rémy-Leleu et Alice Coffin, élues écologistes au Conseil de Paris, ont dénoncé le choix de Christophe Girard au poste d’adjoint à la culture. Celui-ci a démissionné jeudi mais Anne Hidalgo et l’exécutif parisien n’ont pas voulu en rester là…

    • force est de constater qu’il existe un parallèle entre la bronca de l’exécutif parisien qui a suivi démission de Christophe Girard et la défense organisée des activités pédophiles de Gabriel Matzneff : dans les deux cas, c’est la perpétuation de mécanismes de défense de classe qui est au cœur du problème. L’élite culturelle parisienne avait défendu Gabriel Matzneff comme aujourd’hui l’élite politique tout aussi parisienne défend Christophe Girard. Les intérêts de la nation ou de la lutte des classes ne sont plus au centre de la bataille politique, même à gauche : on défend son camp, comme dirait le préfet Didier Lallement. Point barre

    • pas faux, même si j’ai tendance à penser que la culture du viol c’est aussi ça qui se rebiffe devant nous ou plutôt le bon vieux déni derrière lequel se cache la culture du viol (parce que le mec qui se fait dédicacer des livres par matzneff, belle carrière ou pas, engagement pour la culture ou pas, le mec mérite (au moins) quelques soupçons). Et c’est ça, ce déni, qu’on prend dans la gueule, chaque jours tous les jours, à paris comme ailleurs, chez les bourges comme chez les proles, c’est ça, pour moi, qui est à l’oeuvre, plus que la grille de lecture « une classe qui se défend ». Tout le monde chie dans son froc d’affronter vraiment le sheitan qui les habite.

    • Derrière la démission de Christophe Girard, des repas avec Matzneff payés par la Ville, MARINE TURCHI
      https://www.mediapart.fr/journal/france/270720/derriere-la-demission-de-christophe-girard-des-repas-avec-matzneff-payes-p

      Contrairement à ce qu’ont mis en avant Christophe Girard et la mairie de Paris, l’adjoint à la culture n’a pas démissionné seulement à cause de la manifestation, jeudi 23 juillet, de militantes féministes et d’élu·e·s écologistes. Selon nos informations, les services de la Ville de Paris ont découvert, mercredi puis jeudi dernier, trois notes de frais de repas entre l’élu et l’écrivain Gabriel Matzneff, réglés par la Ville.

      L’une datée du 12 février 2019, portant sur un déjeuner au restaurant le Taxi jaune, pour un montant de 85 euros, que Christophe Girard a fait défrayer en tant qu’adjoint à la culture de la Ville de Paris. Les deux autres remontent à 2016 (un dîner) et 2017 (un déjeuner), lorsqu’il était maire du IVe arrondissement de Paris.

      Selon nos informations, Anne Hidalgo a transmis la première de ces notes au parquet de Paris, via son conseiller juridique. Cet élément a été versé à l’enquête préliminaire en cours pour « viols commis sur mineurs » visant Gabriel Matzneff. Christophe Girard avait été entendu comme témoin dans cette procédure, en mars. L’élu a en effet côtoyé l’écrivain dès les années 1980, lorsqu’il était le proche collaborateur du couturier Yves Saint Laurent. C’est par son entremise que les factures de l’hôtel de Gabriel Matzneff avaient été réglées à l’époque par la société Yves-Saint-Laurent (lire notre enquête).

      Gabriel Matzneff, en février 2019, à la librairie « Les Cahiers de Colette » à Paris (IVe), avec à sa gauche Guillaume de Sardes et à sa droite Christophe Girard (Matzneff a en main le roman historique « Perdre la paix. Keynes 1919 » publié en 2015 par Christophe Girard chez l’éditeur suisse Hélice Hélas). © DR
      Gabriel Matzneff, en février 2019, à la librairie « Les Cahiers de Colette » à Paris (IVe), avec à sa gauche Guillaume de Sardes et à sa droite Christophe Girard (Matzneff a en main le roman historique « Perdre la paix. Keynes 1919 » publié en 2015 par Christophe Girard chez l’éditeur suisse Hélice Hélas). © DR
      Le premier repas, celui de 2019, a été justifié par Christophe Girard auprès des services de la Ville comme un déjeuner dans le cadre de la journée écriture-manuscrit, organisée par la Ville trois mois plus tard, le 15 mai 2019. Les deux autres ont été réglés sur son enveloppe de frais de représentation, pour lequel l’élu bénéficie d’une plus grande autonomie, mais qui fait l’objet d’une déclaration annuelle à la mairie centrale.
      Selon nos informations, la maire de Paris a eu connaissance de la première note de frais mercredi soir 22 juillet, après qu’un agent du bureau de l’appui aux élus – chargé de rembourser les frais – a pris l’initiative de faire une recherche, suite à la résurgence médiatique de l’affaire Matzneff et des demandes de démission de Christophe Girard par le groupe écologiste au conseil de Paris. L’exécutif de la mairie n’avait en effet opéré aucune vérification ou enquête administrative.

      Cette note de frais a été transmise au cabinet d’Anne Hidalgo. Puis le directeur de cabinet de la maire, Frédéric Lenica, et le premier adjoint, Emmanuel Grégoire, ont demandé aux services administratifs de la mairie d’effectuer une vérification plus large.

      Il n’a pas été demandé explicitement à Christophe Girard de démissionner. Mais jeudi, en début d’après-midi, Frédéric Lenica puis Emmanuel Grégoire se sont tour à tour entretenus avec l’élu, en lui expliquant qu’il mettait l’exécutif dans une situation intenable, selon nos informations. « Je les ai vus dans mon bureau pour leur lire le communiqué écrit par moi-même, mon conjoint, mes fils aînés et mon avocate », assure de son côté Christophe Girard.

      Puis deux autres notes de frais ont été découvertes, jeudi en fin d’après-midi – celles datées de 2016 et 2017. Vers 18 heures, l’élu a annoncé sa démission à l’Agence France-Presse.

  • Covid-19 en Amérique latine : « Des coups d’État sont dans le domaine du possible » - regards.fr
    http://www.regards.fr/monde/article/interview-de-pierre-salama-l-amerique-latine-et-la-pandemie

    Pierre Salama. La première catastrophe est effectivement le nombre de décès. Que ce soit au Brésil, au Mexique, au Pérou et maintenant au Chili. Ceci d’autant plus que les chiffres réels sont très supérieurs aux données officielles. Selon le Financial Times lui-même il faudrait les multiplier par 2 ou 3. Tout simplement parce qu’on ne comptabilise pas ceux qui meurent chez eux, notamment et surtout dans les bidonvilles. C’est-à-dire ceux qui n’ont pas accès ou pas facilement accès à la médecine. La discrimination par l’origine sociale de ceux qui sont atteints par la pandémie est particulièrement forte du fait notamment des phénomènes de clusters. Les pauvres sont les premiers atteints par ce type de diffusion de la pandémie. Pas seulement parce qu’ils ont moins accès à la médecine et aux hôpitaux. Mais parce qu’ils ont le plus de comorbidité. Ils sont ceux qui souffrent le plus de malbouffe, d’obésité, de cholestérol, de problèmes cardiaques. Il est plus difficile pour eux de respecter les mesures de précautions recommandées comme se laver les mains, porter un masque, ou respecter les distances sociales. La densité de la population dans les bidonvilles est très grande. L’accès à l’eau courante est limité. Pour les plus pauvres qui vivent dans l’informalité, travailler est une question de survie. Rester confiné et ne pas travailler est une façon de mourir de faim, eux et leur famille. C’est une situation dangereuse. Compte tenu de leur plus grande vulnérabilité, les pauvres sont en attente de réponses immédiates voire miraculeuses. Nombre d’entre eux les trouvent notamment dans les enseignements des églises évangéliques auxquelles leur appartenance est assez massive. Les pauvres ont aussi besoin d’espoir. Il passe par la croyance plutôt que par la raison. Ils peuvent être particulièrement sensibles aux discours d’hommes politiques – souvent d’extrême droite – désignant des boucs émissaires. Par exemple au Brésil, Jair Bolsonaro dénonce tous ceux qui les empêchent d’aller travailler, c’est-à-dire ceux qui proposent le confinement. Ces discours trouvent une résonnance parce qu’ils renvoient à des nécessités vécues. Et effectivement malgré l’ampleur du désastre sanitaire et tous ses propos racistes ou homophobes, Bolsonaro conserve un appui populaire assez important un peu comme Donald Trump aux États Unis. Il conserve un socle de soutien parmi les exclus.

  • APPEL. Décolonisons l’espace public ! - regards.fr
    http://www.regards.fr/idees-culture/article/appel-decolonisons-l-espace-public

    Un mouvement d’ampleur mondiale exige une décolonisation de l’espace public. De l’Afrique du Sud à Paris, de la Colombie à Lille, des USA à Nantes, de la Martinique à Bordeaux, etc., la planète entière voit se développer des mobilisations pour que cessent les valorisations et mises à l’honneur d’esclavagistes, de massacreurs coloniaux et d’idéologues et théoriciens racistes. Honorés par des statues ou des noms de voies publiques et d’écoles, ces symboles de plus de quatre siècles d’esclavage et d’un siècle et demi de colonisation, constituent une véritable insulte au peuple français en général et aux citoyennes et citoyens issus de ces peuples meurtris par l’esclavage et la colonisation. Ce mouvement est une bonne nouvelle pour tous les partisans de l’égalité. Il doit être soutenu et amplifié pour rendre incontournable la décolonisation, non seulement des espaces publics mais aussi des imaginaires collectifs et de l’histoire officielle.

  • Saint-Gratien : la mairie vandalise un terrain de #foot, les jeunes contre-attaquent - regards.fr
    http://www.regards.fr/politique/societe/article/saint-gratien-la-mairie-vandalise-un-terrain-de-foot-les-jeunes-s-organisent

    L’histoire est intimement liée avec celle de la #pandémie du Covid-19 que nous venons de vivre. Profitant du confinement et de toutes les restrictions de libertés que cela comportait, sans prévenir quiconque, la mairie a décidé de détruire le fameux terrain, en catimini, mettant en avant un « devoir de salubrité publique » par peur que les matchs engendrent un cluster. Quant à l’urgence de cette décision, la municipalité la justifie par l’annonce d’un prochain match contre une équipe de Grigny, avec plusieurs centaines de personnes attendues… match qui devait bien avoir lieu, mais à Grigny. Élu d’opposition et président du MoDem 95, Emmanuel Mikael ne comprend pas grand chose à cette décision soudaine, dont il déplore aussi la radicalité : « Pendant le confinement, au nom des contraintes sanitaires et pour éviter une rencontre "sauvage" d’un tournoi de foot, on détruit le terrain ? »

    Ils n’ont mêm pas pris la peine de publier un arrêté municipal, il n’y a même pas eu de vote en conseil, ce que dénonce Emmanuel Mikael qui rappelle que l’affichage public de travaux est un « minimum réglementaire ». « C’est du vandalisme, de la méchanceté gratuite, injustifiable », s’insurge Zaki Diop, 33 ans, fondateur du collectif Saint-Gratien pour tous.

    #démocratie

  • À quelques heures de l’allocution d’Emmanuel Macron – très attendue notamment sur le thème des violences policières et du racisme –, nous publions ici la lettre ouverte au président de la République du sociologue Éric Fassin.

    TRIBUNE. Le régime de la peur - regards.fr
    http://www.regards.fr/idees-culture/article/tribune-le-regime-de-la-peur

    Alors que, partout dans le monde, les mobilisations se multiplient contre le racisme et les violences policières, vous tenez à dire qu’en France « le monde universitaire a été coupable. Il a encouragé l’ethnicisation de la question sociale en pensant que c’était un bon filon. Or, le débouché ne peut être que sécessionniste. Cela revient à casser la République en deux. » Vous désignez des coupables, mais vous n’avez pas l’honnêteté de les nommer, ni le courage d’assumer vos propos, tenus « en privé »… pour être publiés dans Le Monde.

    Je fais partie de ce petit nombre d’universitaires qui étudient « l’intersectionnalité », concept que vous dénoncez sans rien y comprendre. Mais qu’importe votre ignorance ? Votre mépris du travail universitaire, il nous est familier – à l’heure où vous jugez urgent de relancer la LPPR qui s’emploie à démanteler la recherche par une politique du court terme.

    LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR
    >> LPPR : le monde universitaire se mobilise contre la « privatisation progressive de la recherche »

    Ce qui est inquiétant, c’est que vous reprenez la rhétorique d’extrême droite, relayée par des médias comme Le Point qui a cru bon, par exemple, d’accoler mon nom à ceux d’Éric Zemmour et Alain Soral en tête de « ces idéologues qui poussent à la guerre civile » (sic). L’anti-intellectualisme n’est-il pas au cœur du projet néofasciste aujourd’hui incarné par Jair Bolsonaro au Brésil et Donald Trump aux États-Unis ?

    • Monsieur le Président,

      Alors que, partout dans le monde, les mobilisations se multiplient contre le racisme et les violences policières, vous tenez à dire qu’en France « le #monde_universitaire a été coupable. Il a encouragé l’ethnicisation de la question sociale en pensant que c’était un bon filon. Or, le débouché ne peut être que sécessionniste. Cela revient à casser la République en deux. » Vous désignez des coupables, mais vous n’avez pas l’honnêteté de les nommer, ni le courage d’assumer vos propos, tenus « en privé »… pour être publiés dans Le Monde.

      Je fais partie de ce petit nombre d’universitaires qui étudient « l’#intersectionnalité », concept que vous dénoncez sans rien y comprendre. Mais qu’importe votre #ignorance ? Votre #mépris du travail universitaire, il nous est familier – à l’heure où vous jugez urgent de relancer la #LPPR qui s’emploie à démanteler la recherche par une politique du court terme.

      Ce qui est inquiétant, c’est que vous reprenez la #rhétorique d’#extrême_droite, relayée par des médias comme Le Point qui a cru bon, par exemple, d’accoler mon nom à ceux d’#Eric_Zemmour et #Alain_Soral en tête de « ces idéologues qui poussent à la guerre civile » (sic). L’#anti-intellectualisme n’est-il pas au cœur du projet néofasciste aujourd’hui incarné par Jair Bolsonaro au Brésil et Donald Trump aux États-Unis ?

      C’est pourquoi vos propos contre des universitaires sont le révélateur de toute une #logique_politique. Votre refus d’un #savoir_critique participe en effet d’un double #déni. D’une part, vous voulez empêcher que l’on nomme les #violences_policières. Le 7 mars 2019, en pleine crise des gilets jaunes, vous déclariez ainsi : « Ne parlez pas de répression ou de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un État de droit. » Pour vous, ce qui est intolérable, ce ne sont pas ces morts, ces yeux crevés, ces mutilations ; c’est le fait de les nommer. D’autre part, vous prétendez être « aveugle à la race », alors que vous l’êtes seulement au #racisme (pour reprendre le titre de mon texte de 2006 dans l’ouvrage que j’ai co-dirigé : De la question sociale à la question raciale ?). Dans un cas comme dans l’autre, vous rejetez le mot pour ne pas reconnaître la chose.

      Or il se trouve qu’aujourd’hui, en France, les racistes évitent le plus souvent de parler « des races » (au pluriel) : blanche, noire, juive… À Marion Maréchal, qui « refuse de s’excuser en tant que blanche » (oubliant que ce sont d’abord des Noirs, et non des Blancs, qui ont mis un genou à terre), Marine Le Pen peut ainsi faire la leçon en se drapant dans une rhétorique universaliste : « Se mettre sur un plan racial, c’est tomber dans un double piège. Celui des indigénistes, des racialistes, alors qu’il faut rester sur un plan républicain. C’est aussi tomber dans le piège de l’américanisation, alors que rien ne se construit, en France, en fonction de communautés. » Désormais, ce sont des antiracistes, universitaires ou militants, qui parlent de « la race » (au singulier), pour rendre visible le mécanisme social d’assignation à une place inférieure.

      Votre double déni est aujourd’hui poussé à l’absurde : la #racialisation de la « #question_sociale », elle résulte des #discriminations_raciales, et d’autant plus qu’elles sont cautionnées, voire encouragées par les pouvoirs publics. À défaut de lire les travaux des universitaires, écoutez au moins le Défenseur des droits, dont l’enquête a établi que le risque de contrôle policier est 20 fois plus élevé pour les jeunes hommes arabes ou noirs. Et vous ne pouvez pas ignorer non plus une autre institution de la République : la #justice. En 2015, lorsque la cour d’appel, confirmant la réalité des #contrôles_au_faciès, a condamné la France pour « faute lourde », en vue de se pourvoir en cassation, l’État a dû les justifier : arrêter des étrangers supposerait de contrôler des gens qui… ont l’air étranger. Autrement dit, pour l’État, il y a des Français qui en ont l’apparence, d’autres non. La condamnation définitive date de 2016 : depuis votre élection en 2017, qu’avez-vous fait contre les contrôles au faciès ? Sans parler des sanctions, où sont les récépissés ? En laissant faire, vous encouragez. Vous êtes responsable de ces discriminations, et donc de la racialisation de la société.

      Ce choix de l’#aveuglement dessine une politique visant à faire passer à marche forcée vos réformes néolibérales. En premier lieu, vous jouez sur la peur des électeurs, et surtout des plus âgés, qu’il s’agisse d’immigration ou d’ordre public : avec cette politique qu’on peut dire « insécuritaire », tant elle produit le sentiment d’#insécurité qu’elle prétend combattre, vous faites concurrence à l’extrême droite ; mais c’est elle qui en récoltera les bénéfices, et non vous qui prétendez faire barrage contre elle. Deuxièmement, avec la #répression brutale contre les #mouvements_sociaux, vous tentez d’instiller la #peur ; décourager ainsi de manifester, c’est une #politique_d’intimidation.

      Ce #régime_de_la_peur, il dit d’abord votre peur. Monsieur le Président, vous avez peur de votre jeunesse. Celle-ci n’est pas gagnée par le cynisme désabusé des élites médiatico-politiques, qui finissent par s’accommoder de tout et par accepter n’importe quoi ; elle est prête à se mobiliser pour des causes comme le racisme – quelle que soit sa couleur ou son origine. Mais au lieu d’entendre sa protestation contre la dérive anti-démocratique de votre régime, vous n’y voulez voir qu’un symptôme d’angoisse. Bref, vous tentez de la psychologiser pour mieux la dépolitiser.

      Et ce n’est pas tout. Monsieur le Président, vous avez peur de votre police. C’est que vous en avez besoin pour imposer votre politique. Tout le monde l’a bien compris lorsqu’à la veille des mobilisations contre la réforme des retraites, les forces de l’ordre ont obtenu d’être épargnées : elles conservent leur « régime spécial » pour mieux réprimer dans la rue l’opposition à un projet prétendument universel. Votre peur est incarnée par le ministre de l’Intérieur qui recule à chaque fois que les syndicats de policiers élèvent le ton. Le contraste avec la campagne médiatique lancée par le ministre de l’Éducation contre les professeurs « décrocheurs » est frappante : Christophe Castaner est le ministre des policiers ; à l’évidence, Jean-Michel Blanquer n’est pas celui des enseignants.

      Or les idées d’extrême droite sont aujourd’hui majoritaires parmi les forces de l’ordre. Pour se faire entendre, des policiers n’hésitent pas à participer à des manifestations illégales. Si celles-ci se multiplient, c’est qu’elles ne sont jamais sanctionnées ; sont-elles même interdites ? Ils se sentent en position de force – quitte à endosser la posture de victimes. La ministre de la Justice elle-même s’abstient de condamner des consignes syndicales contraires à la loi : « Non, c’est pas légal ; mais la question n’est pas celle-là ! », s’agace Nicole Belloubet. Au contraire, elle réaffirme avoir « parfaitement confiance dans la #police_républicaine ». Autrement dit, la police est au-dessus des lois. On ne saurait être plus clair. Vous avez peur de la jeunesse, et vous la réprimez ; vous avez peur de la police, et vous capitulez. Votre régime de la peur fait peur pour la #démocratie ; c’est un régime inquiétant.

      Monsieur le Président, dans quelques heures, vous allez prendre la parole ; sans doute aborderez-vous ces questions. Pour ma part, je ne perdrai pourtant pas mon temps à vous écouter. En effet, ce qui m’importe, ce ne sont pas vos discours ; ce sont vos actes. Vous serez jugé sur les choses, et non sur les mots, tant par les électeurs que par l’Histoire. Prenez garde : à force d’acclimater politiquement ses idées et ses pratiques, sous prétexte d’y résister, vous pourriez bien rester comme le fourrier du #néofascisme.

      #Macron #peur #régime_de_la_peur #université #Didier_Fassin #intersectionnalité #culpabilité #France #ethnicisation #tribune #responsabilité

      –-

      voir aussi :
      https://seenthis.net/messages/860428