• La collection Raya Dunayevskaya
    https://bataillesocialiste.wordpress.com/2015/08/19/la-collection-raya-dunayevskaya

    Lorsque Raya Dunayevskaya fit don de ses archives à l’Université d’Etat de Wayne, elle demanda à organiser elle-même sa collection et à ce que l’accès en soit ouvert à tous. Le nouveau site http://rayadunayevskaya.org présente désormais en ligne cette collection, pendant que le site du journal qu’elle avait fondé, News & Letters, a mis en ligne ses 60 ans d’archives.

    Cette collection, avec plus de 17.000 pages, constitue une ressource de premier ordre. On y trouve, par exemple, des correspondances avec Natalia Trotsky, Jean Malaquais, Maximilen Rubel, Castoriadis, Marcuse, Onorato Damen et G. Munis.

    #histoire

  • Lettre d’Anton Ciliga sur la répression politique en URSS (1935)
    https://bataillesocialiste.wordpress.com/2015/08/16/lettre-danton-ciliga-sur-la-repression-politique-en-ur

    Vous attendez de moi que je vous présente un rapport concis sur ma situation, sur les bolcheviks-léninistes russes, sur les isolateurs et les camps tout à la fois. Dans ces circonstances, des informations rapides sont nécessaires, je tenterai de vous répondre le mieux possible lorsque je le pourrai, même si cela se fera aux dépens d’une vision globale. J’espère être en mesure de combler ultérieurement les lacunes qui figurent dans ces informations.

    #histoire #URSS

  • La transition dans le soi-disant « Dictionnaire critique du marxisme » (Rubel, 1984)
    https://bataillesocialiste.wordpress.com/2015/07/23/la-transition-dans-le-soi-disant-dictionnaire-critique

    Qui nierait que l’appareil de parti et d’Etat bolchevique a jeté la Russie essentiellement paysanne et agricole et sporadiquement prolétarienne et industrielle, sous les « fourches caudines » de l’accumulation du capital dans ses formes classiques, et sans respecter les libertés démocratiques conquises par les Etats bourgeois depuis 1789 ? Qui oserait douter que le « socialisme » institué par décret et la « collectivisation » décrétée a pris l’allure d’un « génocide » faisant perdre au peuple russe la « chance » d’une transition directe vers le socialisme ? Et si cette « chance » a pris en février 1917 l’aspect des « soviets », c’est encore Lénine et son parti qui ont tout fait pour que le peuple russe ne puisse y trouver le point de départ de sa régénération sociale. Accusé de capituler devant la bourgeoisie et « ses suppôts intellectuels petit-bourgeois », Lénine ne cachait pas qu’il préférait le capitalisme d’Etat à toute autre forme de socialisation. Ses critiques ne comprenaient rien au « caractère de la transition du capitalisme au socialisme », étant donné que le pouvoir soviétique n’avait rien à craindre du capitalisme d’Etat, le pouvoir des ouvriers et des pauvres étant assuré. En fait, « tant que la révolution tarde encore à ‘éclore’ en Allemagne, notre devoir est de nous mettre à l’école du capitalisme d’Etat des Allemands, de nous appliquer de toutes nos forces à l’assimiler, de ne pas ménager les procédés dictatoriaux pour l’implanter en Russie encore plus vite que ne l’a fait Pierre Ier pour les mœurs occidentales, sans reculer devant l’emploi de méthodes barbares contre la barbarie » (Lénine, « Sur l’infantilisme de gauche…« , Pravda, mai 1918).

    #histoire #Russie #URSS

  • Y a-t-il un « autre » mouvement ouvrier ? (Mattick, 1975)
    https://bataillesocialiste.wordpress.com/2015/06/16/y-a-t-il-un-autre-mouvement-ouvrier-mattick-1975

    La parution récente d’une traduction partielle de l’ouvrage de K. H. Roth, « L’autre mouvement ouvrier », nous offre l’occasion de faire connaître aussi aux lecteurs français le compte-rendu que Paul Mattick fit de ce livre en 1975.

    Les analyses de Roth, comme plus généralement celles du courant dit « opéraïste », entendent se situer du point de vue « d’en-bas », celui des travailleurs les plus exploités et les plus opprimés ; ceux dont la résistance entraine le capital à répondre a la fois par la violence ininterrompue, la répression ordinaire et extraordinaire, et le progrès technologique. Elles se proposent donc de mettre en relief les conduites présentes et passées d’un sujet révolutionnaire méconnu ou dénigré ( "l’ouvrier-masse’’), et de restaurer la signification radicale de ses luttes sauvages, spontanées, autonomes, comme de son hostilité à l’idéologie du travail, productiviste et pro-capitaliste, qui anime les courants dominants du marxisme établi. Perspective qui débouche par conséquent sur une critique également radicale des organisations ouvrières traditionnelles, réformistes ou révolutionnaires, et des séparations dont elles vivent : l’économique et le politique, la conscience et l’action, la théorie et la pratique.

    #théorie #opéraïsme #conseillisme #communisme

  • Lénine et sa légende (Mattick, 1935)
    https://bataillesocialiste.wordpress.com/2015/04/10/lenine-et-sa-legende-mattick-1935-2

    Plus le visage embaumé de Lénine jaunit et se parchemine, plus la queue des visiteurs à la porte de son mausolée s’allonge, et moins les gens s’intéressent au véritable personnage et à sa dimension historique. Chaque jour, de nouveaux monuments sont élevés à sa mémoire, des metteurs en scène en font le héros de leurs films, des livres sont écrits à son propos et les pâtissiers russes confectionnent des figurines de pain d’épice à son effigie. Mais les traits flous des Lénine en chocolat égalent bien les histoires inexactes et douteuses qui courent à son sujet. Et bien que l’Institut Lénine publie ses oeuvres complètes, elles ne signifient désormais plus rien en comparaison des légendes fabuleuses qui se sont développées autour de son nom. Dès l’instant où les gens commencèrent à s’intéresser aux boutons de col de Lénine, ils cessèrent d’attacher de l’importance à ses idées. Dès à présent, chacun façonne son propre Lénine, sinon d’après sa propre image, du moins selon ses propres désirs. La légende de Lénine est à la nouvelle Russie ce que la légende napoléonienne est à la France et ce que la légende du roi Frederik est à l’Allemagne. Et, de même qu’il y eut un temps où les gens refusaient de croire à la mort de Napoléon, et où d’autres attendaient la résurrection du roi Frederik, de même il existe encore aujourd’hui en Russie des paysans pour lesquels le » petit père Tsar » n’est pas mort, mais continue de satisfaire son insatiable appétit d’hommages sans cesse réitérés. D’autres font brûler éternellement des veilleuses sous son portrait ; pour ceux-là, il est un saint, un rédempteur qu’il faut prier pour qu’il vous vienne en aide. Pour les millions d’yeux braqués sur ces millions de portraits, Lénine symbolise le Moïse russe, saint George, Ulysse, Hercule, le diable ou le bon dieu. Le culte de Lénine a donné le jour à une nouvelle religion devant laquelle les plus athées des communistes ploient du genou avec empressement – cela simplifie bien la vie à tout point de vue. Lénine leur apparaît comme le père de la République soviétique, l’homme qui permit à la révolution de triompher, le grand chef sans lequel ils n’existeraient pas. La Révolution russe est devenue, non seulement en Russie et dans la légende populaire, mais aussi pour une large fraction de l’intelligentsia marxiste à travers le monde, un évènement mondial si étroitement lié au génie de Lénine, qu’il semblerait que sans lui la révolution – et par là même, l’histoire du monde – aurait pris un tour entièrement différent. L’analyse véritablement objective de la Révolution russe révèlera pourtant immédiatement l’ineptie d’une telle conception.

    #communisme #communisme_de_conseils #histoire #URSS