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  • « Où va-t-on trouver des femmes ? » : à l’approche des municipales, cette parité que les très petites communes bretonnes ne sauraient voir | Le Télégramme
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    Comment les 449 communes bretonnes de moins de 1 000 habitants se préparent-elles au changement de scrutin, qui va les priver du panachage et les contraindre à la parité ? À cinq mois des municipales 2026, les plus grosses s’en félicitent. Les plus petites s’arrachent les cheveux.

    Dans l’équipe municipale de Trézény (22), près de Lannion, on ne parle que de ça : « Mais où va-t-on trouver des candidates ? ». En 2020, la petite commune rurale de 363 habitants avait élu un conseil municipal de neuf hommes et deux femmes. Elle faisait, à ce titre, partie des points noirs repérés par l’association « Elles Aussi », dans une étude sur la place des élues locales en Bretagne. Comme 448 autres communes de moins de 1 000 habitants des quatre départements bretons, la voilà soumise au scrutin de liste paritaire, pour les municipales de mars 2026.

    Terminé, le panachage qui permettait de rayer des noms sur les listes des plus petits bourgs. Et obligatoire désormais, l’alternance homme femme (ou inversement) sur des listes allant de 11 à 15 élus. Le maire sortant, Jean-Louis Prat, ne cache pas son découragement. « Ça nous embête drôlement. Il faut qu’on coure après cinq candidates. Alors qu’on avait déjà huit hommes prêts à repartir et que toutes celles qui s’étaient montrées intéressées, depuis l’été, se sont rétractées, faute souvent de disponibilité. » Le premier adjoint, Alain Richard, lui aussi, soupire : « On ne voit plus d’option. L’État voudrait provoquer la fusion des communes qu’il ne s’y prendrait pas autrement. C’est un abandon ».

    Ça nous embête drôlement. Il faut qu’on court après cinq candidates, alors qu’on avait déjà huit hommes prêts à repartir

    « Elles se sentent moins légitimes »
    À 90 km plus au sud, l’autre - très - petite commune morbihannaise de Sainte-Brigitte, 178 habitants, avoue aussi quelques difficultés. Le maire sortant ne repartant pas, Johan Van Noppen a commencé à constituer une nouvelle liste, cet été. « On a trouvé assez vite les sept premiers noms mais il nous manque encore une femme. On ne désespère pas mais c’est bien petit, ici. Il faut faire preuve de persuasion et de diplomatie : les femmes se sentent souvent, à tort, moins légitimes », constate le sexagénaire.

    Président de l’association des maires ruraux du Morbihan et maire de la commune voisine de Kerfourn, Joël Marivain le confirme : « Les femmes ont beaucoup plus d’humilité mais il faut apprendre à imposer leur présence, surtout aux postes d’adjointes. Il n’y a rien d’insurmontable ! ». À Moncontour (22), 742 habitants, la nouvelle liste déjà montée par le candidat Olivier Pellan a trouvé une parade : partir très tôt pour réunir, en premier, les 15 noms nécessaires, face à la maire sortante, Anne-Gaud Millorit, si elle devait se déclarer. « On travaille depuis un an et demi pour constituer un groupe représentatif et solide. Et, finalement, c’est un homme qu’il nous manque », constate le quinquagénaire.

    Ici, il y a belle lurette que nous avons la parité sans problème. J’ai même des candidatures spontanées. C’est plutôt les hommes qu’il faut aller démarcher !

    Pas partout la question
    Vice-présidente nationale de «  Elles Aussi  » et autrice de l’étude de 2020, Armelle Danet le rappelle : « La Bretagne part de moins loin que d’autres régions en termes de parité. Vous avez aussi des élues qui savent déjà comment aller chercher d’autres femmes ». Exemple à Cléden-Cap-Sizun (912 habitants), où la présidente des maires ruraux du Finistère, Nadine Kersaudy, forte de cinq mandats, valide à plein le changement de mode de scrutin. « Ici, il y a belle lurette que nous avons la parité sans problème. J’ai même des candidatures spontanées. C’est plutôt les hommes qu’il faut aller démarcher ! »

    À Saint-Gilles-Vieux-Marché (22), 350 habitants, le maire, Laurent Bertho, a toujours eu son compte d’élues. Il s’inquiète davantage de la fin du panachage. « Les gens aimaient pouvoir barrer des noms, termine-t-il. J’ai peur que le scrutin de liste ne dissuade certains de venir voter. »

  • 3 350 fûts de déchets radioactifs repérés, certains avec des « fuites, probablement de bitume » : quel bilan pour l’expédition Nodssum ? | Le Télégramme
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    Le robot Ulyx a photographié les fûts, à plus de 4 000 m de profondeur. On voit ici un poisson des abysses et son ombre.
    Photo Flotte océanographique française - Campagne Nodssum

    Les 20 scientifiques partis étudier des fûts de déchets radioactifs dans l’Atlantique sont de retour à Brest. L’expédition a été riche en découvertes, raconte un des chefs de mission.

    L’image, capturée à plus de 4 000 m de profondeur, est saisissante. Des nuances de turquoise occupent l’essentiel du cliché. Au centre, on voit un poisson des abysses, sans doute un grenadier, nager à proximité d’un cylindre gris, marqué par un long séjour dans l’eau. Ce fût contient des déchets radioactifs. Il a été largué entre 1950 et 1990 par la France, la Belgique ou la Grande-Bretagne, à une époque où l’on pensait que les écosystèmes étaient quasi inexistants à ces profondeurs et que l’immensité de l’océan permettrait une grande dilution en cas de fuite.

    Les scientifiques de la mission Nodssum, partis de Brest le 15 juin, de retour ce jeudi, ont exploré une vaste zone située à 600 km des zones françaises, au large de Nantes, à la recherche de ces fûts. « On a été impressionnés par le nombre de fûts que l’on a pu observer et l’ampleur de la zone, témoigne Patrick Chardon, un des chefs de mission. On a cartographié environ 3 350 fûts sur 163 km² (environ 20 fûts par km²). Les rejets ont été massifs. »

    « Fuites de nature inconnue »
    Le robot sous-marin autonome Ulyx, conçu par l’Ifremer, vivait là sa première vraie mission scientifique. Le test est réussi : « Nous avons été surpris par la qualité de ce que nous renvoyait le sonar. On voit parfaitement les fûts avec l’image acoustique, c’est une très belle surprise », s’enthousiasme Patrick Chardon. Les scientifiques ont même pu voir un squelette de baleine.

    La première inspection (« préliminaire et incomplète ») des images des fûts fait état d’un « état de conservation variable, avec des surfaces corrodées et une colonisation par des anémones », écrivent les chercheurs dans une synthèse. Ils ont aussi repéré sur certains fûts des fuites de matière, « de nature inconnue, probablement du bitume ».

    Radioactivité : « aucune anomalie »
    Les scientifiques ont prélevé 345 échantillons de sédiments, 5 000 litres d’eau et capturé 17 grenadiers et 17 amphipodes, des petits crustacés, pour les analyser. « Les outils de mesure de radioprotection indiquent des valeurs du même niveau que le bruit de fond environnemental », lit-on dans la synthèse.

    « On n’a constaté aucune anomalie du point de vue de la radioprotection dans les sédiments, avec les outils que l’on avait à bord, contextualise le spécialiste des effets de la radioactivité sur l’environnement au Laboratoire de physique de Clermont-Auvergne. On sera environ 100 fois plus précis en laboratoire, et il faut préciser qu’on s’est tenu à distance des fûts par principe de précaution. »


    Le robot Ulyx a été inspecté par une équipe de radioprotection après chaque plongée dans la zone de versement de résidus radioactifs.
    Photo Flotte océanographique française - Nodssum Cruise (J. Escartin)

    Une deuxième campagne, en 2026 ou 2027, permettra de faire des prélèvements à proximité immédiate et même au contact des fûts, grâce au robot télé-opéré Victor ou au submersible Nautile. « On a beaucoup de travail devant nous pour analyser les résultats et dimensionner cette campagne », annonce Patrick Chardon. Le scientifique, plus habitué « aux grosses manip’ autour des accélérateurs de particules », vivait sa première mission en mer : « C’était unique, avec une très bonne ambiance à bord. Tout le monde était mobilisé jusque très tard… Le sommeil n’a pas été régulier. » Il n’a « qu’une envie : repartir. Enfin… Après avoir dormi un peu ! »

    • l’article du 10 juin, au départ de la mission
      200 000 futs radioactifs par 4000 mètres de fond…

      « L’idée, c’est de savoir si on a bouleversé l’écosystème… » : une expédition part de Brest à la recherche de fûts de déchets radioactifs | Le Télégramme
      https://www.letelegramme.fr/finistere/brest-29200/lidee-cest-de-savoir-si-on-a-bouleverse-lecosysteme-une-expedition-part


      L’Atalante, navire de la Flotte océanographique française, quitte Brest, dimanche, pour cartographier et étudier des fûts de déchets radioactifs immergés dans l’Atlantique. À l’arrière, l’engin autonome Ulyx.
      Photo Stéphane Lesbats/Ifremer

      Une expédition scientifique quittera Brest, dimanche, pour aller cartographier et étudier des fûts de déchets radioactifs jetés dans l’Atlantique, entre 1950 et 1990. « On part un petit peu dans l’inconnu », lâche un des chercheurs.

      Vingt-et-un scientifiques, de plusieurs nationalités, se lancent à la recherche de fûts de déchets radioactifs dans les abysses à l’aide d’un robot sous-marin. L’histoire commence comme un album de Tintin. Il s’agit d’une vraie expédition scientifique, qui partira de Brest, dimanche 15 juin, pour un mois. La comparaison avec le héros à houppette fait sourire Patrick Chardon, spécialiste des effets de la radioactivité sur l’environnement au Laboratoire de physique de Clermont-Auvergne : « Indiscutablement, il y a un côté aventure… On n’est pas dans les aventures du XIXe siècle mais ça reste quelque chose que je ne pensais jamais vivre dans ma vie de chercheur ».

      « On part un petit peu dans l’inconnu », poursuit le coresponsable de la mission. L’objectif des chercheurs du CNRS est de cartographier et d’étudier une zone où ont été immergés des milliers de fûts remplis de déchets radioactifs. Entre 1950 et 1990, plus de 200 000 fûts ont été jetés dans les abysses de l’Atlantique Nord-Est, à plus de 4 000 mètres de profondeur, par la France, la Belgique et la Grande-Bretagne.

      « Ils peuvent être encore assez radioactifs »
      « Cette solution semblait assez simple, peu onéreuse, contextualise Patrick Chardon. On est loin des côtes, il n’y a pas de volcan, rien qui ne puisse perturber la zone et on pensait - à tort - que les écosystèmes étaient peu développés ou quasiment inexistants à ces profondeurs-là. Et on considérait que l’eau permettrait une grande dilution en cas de fuite. »


      Six fûts ont été retrouvés lors d’une campagne de l’Ifremer et du CEA (Commissariat à l’énergie atomique) en 1984. (Photo Ifremer/Epaulard)
      Ces largages, dénoncés à l’époque par Greenpeace, n’ont fait l’objet ni de cartographie, ni d’inventaire précis. Les scientifiques savent dans quelles zones se trouvent les fûts, mais ignorent où ils sont exactement et ce qu’ils contiennent précisément. « L’objectif est de faire un inventaire des fûts, de pouvoir évaluer leur état, voir s’ils sont éventrés ou non, s’ils sont encore en état de contenir la radioactivité ou pas, expose Patrick Chardon. Ils peuvent être encore assez radioactifs. » Une équipe de radioprotection sera, d’ailleurs, présente à bord pour protéger l’équipage.

      Des sédiments, des eaux, des poissons et des amphipodes, sortes de petites crevettes, vont être prélevés pour être analysés. « Ces prélèvements ne vont pas être faits à proximité immédiate des fûts, par précaution. On va se tenir à une certaine distance pour cette première campagne, vu qu’on travaille relativement à l’aveugle », précise Patrick Chardon. Une deuxième expédition, en 2026 ou 2027, aura pour objectif de faire des prélèvements plus près des amas de fûts, situés à la latitude de Nantes, à environ 600 km des côtes françaises.

      La « première mission » du robot Ulyx de l’Ifremer
      « L’idée, c’est de savoir si on a bouleversé l’écosystème, résume le spécialiste des effets de la radioactivité sur l’environnement. On sait qu’il y a eu la perturbation mécanique de l’impact, quand ils ont coulé. Il y a forcément aussi eu du rayonnement, des éléments radioactifs qui peuvent présenter une certaine affinité avec le vivant. Est-ce que l’écosystème a fait preuve de résilience, a évolué ? Est-ce qu’il a lui aussi agi sur la forme de la radioactivité ? » Les questions sont nombreuses. Les motifs de stress aussi, à quelques heures du départ.


      Le robot sous-marin autonome Ulyx va plonger à près de 5 000 mètres de profondeur à la recherche de fûts remplis de déchets radioactifs jetés dans les abysses entre 1950 et 1990.
      Photo Olivier Dugornay/Ifremer

      Jan Opderbecke dirige l’unité des systèmes sous-marins à l’Ifremer. Avec son équipe, il a conçu le robot sous-marin autonome Ulyx, qui plongera à près de 5 000 mètres à la recherche des fûts. « C’est sa première vraie mission scientifique, c’est un outil encore jeune, rappelle Jan Opderbecke. On a très peu de moyens de communication avec lui et, à ces profondeurs, une simple panne d’énergie peut être fatale. Il est conçu pour descendre à ces profondeurs mais il y a forcément une pointe de stress. »

      « Les moyens mis en œuvre sont très coûteux, donc on a une responsabilité, vis-à-vis de la société, de ramener des données et de faire avancer la science, ajoute Javier Escartin, géologue marin au Laboratoire de géologie de l’École normale supérieure. C’est un stress que l’on transmet à toutes les équipes ! » L’enthousiasme se partage aussi : « 

      Dans chaque campagne, il y a cette sensation de partir à l’aventure, assure le coresponsable de la mission. On va dans l’océan profond, qui n’a jamais été exploré, on a beaucoup de questions, on découvre des choses inattendues… Et on revient avec davantage de questions encore ! »

  • Un policier nantais écroué pour le viol d’un garçon de 8 ans | Le Télégramme
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    Le 1er mai 2025, les gendarmes de la brigade de recherches de Rezé (44) placent en garde à vue un policier travaillant au sein du commissariat central, boulevard Waldeck-Rousseau, à Nantes. Ses collègues apprendront, dans un mail compilant les placements en garde à vue en Loire-Atlantique, que ce fonctionnaire, âgé de 45 ans, a été déféré et mis en examen pour viol et agression sexuelle sur mineur de 15 ans. Il aurait abusé, dans un cadre privé, du fils, âgé de 8 ans, d’un ami.

    La nouvelle, révélée par Ouest-France, a fait l’effet d’une bombe parmi les policiers.

    Le mis en cause, qui, selon le procureur, aurait reconnu les faits, avait exercé au sein de la brigade de protection de la famille.
    Une mutation à la brigade des mineurs refusée

    Il avait récemment demandé sa mutation vers la brigade des mineurs. Elle lui avait été refusée, en raison d’un geste indélicat de sa part, aperçu par l’une de ses collègues, et remonté à sa hiérarchie. Il a été placé en détention provisoire, à l’isolement, loin de Nantes.

    « Le dossier a été dépaysé à Rennes et c’est un juge d’instruction de cette juridiction qui en est désormais saisi », précise Antoine Leroy, procureur de la République de Nantes.

  • En Bretagne, près de 70 % des nappes phréatiques en dessous des normales de saison | Le Télégramme
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    Près de 70 % des nappes d’eaux souterraines en Bretagne étaient, fin avril, en dessous des « normales » de saison. Une situation plus fragile qu’en 2024 mais meilleure qu’en 2022, année de sécheresse.

    https://media.letelegramme.fr/api/v1/images/view/6824c9fdcfe7e52b2d0df700/web_golden_xl/6824c9fdcfe7e52b2d0df700.1

  • « Erreur majeure » ou souplesse bienvenue : une proposition de loi examinée au Sénat pour desserrer l’étau du ZAN | Le Télégramme
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    Le Sénat examine la loi Trace ce mercredi. Objectif : assouplir la trajectoire de lutte contre l’artificialisation, au nom de l’activité économique et du logement. Dans le Morbihan, la proposition de loi divise les sénateurs.

    De nombreux élus sont vent debout contre le Zéro artificialisation nette car il va raréfier le foncier disponible pour construire des logements notamment. (Lionel Le Saux/Le Télégramme)
    Haro sur le Zéro artificialisation nette (Zan), ce coup de frein brutal donné par les législateurs, en 2021, à la consommation d’hectares. Ce mardi, le Sénat examine la proposition de loi Trace, qui émane de sénateurs de l’Union centriste (UC) et de Républicains. Dans leur ligne de mire : 2031, date à laquelle les maires doivent avoir baissé leur consommation foncière de moitié par rapport à 2011-2021.

    Supprimer l’effort de 2031
    Nombreux sont les élus qui souhaitent reculer l’échéance, parce que depuis 2021, l’objectif du Zéro artificialisation n’a pas encore percolé la pyramide de tous les documents d’urbanisme. Il est arrivé « sans même qu’on dispose de toutes les données objectives sur la consommation et l’artificialisation » dans les collectivités, rappelle Simon Uzenat, sénateur socialiste du Morbihan. Les promoteurs de la loi Trace proposent de supprimer l’échéance de 2031 tout de go - libre alors aux communes d’atteindre, à leur rythme, le Zan en 2050. Pour Simon Uzenat, « c’est une erreur majeure. On ne parviendra pas à l’atteindre sans fixer des règles claires », même s’il est d’accord pour reculer la date de l’objectif intermédiaire.

    Le sénateur UC du Morbihan, Yves Bleunven, qui soutient la loi Trace, estime que le Zan, en 2050, est faisable sans le premier coup de collier de 2031 : « On a suffisamment d’intelligence collective pour trouver des solutions. 2050, c’est loin. Tirer des plans sur la comète, c’est bien beau, mais il faudra quand même loger les gens ».

    Les débats promettent d’être houleux. « C’est une forme de libéralisme, à l’encontre de ce qu’il convient de faire au regard de l’urgence écologique, dénonce Simon Uzenat. Et la première défense de nos agriculteurs, c’est de protéger la surface agricole utile. »

    Débat sur la définition de l’artificialisation
    La loi Trace propose aussi de remplacer la définition de l’artificialisation - « l‘altération durable de tout ou partie des fonctions écologiques d’un sol », par la simple consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers (Enaf). Dans la loi actuelle, « on vous dit, avant 2031, vous comptez les Enaf, et après, vous allez compter l’artificialisation. Or, la définition de l’artificialisation n’est pas claire, argue Yves Bleunven. Comment compte-t-on une maison avec un pavillon et un jardin ? Certains vous disent que le jardin est totalement artificialisé, d’autres qu’il a son rôle dans l’absorption des eaux, et la biodiversité ».

    Ce changement de définition pourrait ouvrir la porte à une plus forte artificialisation, craint Simon Uzenat, qui tient à ce que le critère de la santé des sols prévale. « Avec la proposition de loi Trace, si sur une parcelle de 1 000 m2, vous avez 200 m2 de construction, et que, demain, vous rajoutez 400 m2 de construction sur cette parcelle, ce ne serait pas de l’artificialisation. Mais si vous prenez sur le champ d’à côté, là, oui, ce serait de l’artificialisation. »

    Un angle mort : le financement du Zan
    Quel modèle économique pour financer le Zan ? La question est la grande absente de la proposition de loi Trace. Recycler des friches, racheter des terrains, démolir et reconstruire… pour les collectivités, la densification est plus coûteuse et, techniquement, compliquée. Yves Bleunven va défendre un amendement pour accorder un droit à construire, d’extension de zones d’activités, aux collectivités qui accepteraient de prendre en charge le désamiantage et la renaturation de bâtiments d’élevage en friche qui constellent les campagnes bretonnes.

    Pour financer le Zan, Simon Uzenat, lui, préconise, avant tout, de « redonner de l’autonomie fiscale aux collectivités », et « des aides publiques beaucoup plus significatives mais corrélées aux objectifs des politiques publiques ».

  • Le tilde du prénom Fañch à nouveau à l’épreuve de la justice, ce jeudi à Lorient | Le Télégramme
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    En hommage à un arrière-grand-père, et parce que tous deux aimaient beaucoup ce prénom, Mélissa Yana et Étienne Pichancourt ont décidé d’appeler leur enfant Fañch. C’était le 17 juin 2023, à Lorient. Le maire lui-même, Fabrice Loher, avait validé l’inscription de ce prénom au tilde si controversé. Trois mois plus tard, dans un courrier adressé aux parents, le procureur de la République de Lorient, Stéphane Kellenberger, leur indiquait ne pouvoir « légalement que procéder à la rectification administrative de l’erreur purement matérielle entachant l’écriture du premier prénom attribué à votre enfant ». Interrogé par nos soins, quelques jours après l’inscription à l’état civil de Fañch, Stéphane Kellenberger nous avait pourtant assuré : « L’orthographe du prénom breton Fañch ne me pose pas de difficulté ». Déterminés à défendre le prénom qu’ils ont choisi, les Lorientais ont décidé de porter l’affaire devant la justice, comme ceux de Fañch Bernard, en 2017, à Quimper, qui a pu finalement garder son tilde.

  • Sur un parking, dans le salon ou en mer : en 2024, ces bébés bretons sont nés dans des circonstances particulières | Le Télégramme
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    aucun rapport avec les fermetures de maternité…

    La Bretagne a connu, en 2024, plusieurs naissances de bébés dans des conditions plutôt particulières. Retour sur quelques exemples marquants.
    […]
    3 À domicile
    « Ce n’était pas du tout prévu ». À Brest, Gaïdig est la maman d’une petite Loeïza, née le 31 janvier, non pas à la maternité… mais dans le salon familial. À la clinique, le travail n’avançait pas. Et au retour à la maison, « j’ai perdu les eaux et tout s’est enchaîné très vite ». Sa mère l’a aidée à accoucher, juste avant l’arrivée des pompiers.

    Autre cas, celui de Shelsy, à Plonévez-du-Faou (29), dans la nuit du 15 au 16 août, là encore née dans le salon, malgré un passage à l’hôpital de Quimper. Ou encore celui, le 1er août, du petit Raphaël, à Tourc’h (29) : avec 25 jours d’avance, Céline a accouché… chez sa propre maman, mais avec le soutien de trois pompiers sur place. « J’étais bien entourée, je n’ai pas eu le temps d’avoir peur. »

    4 Sur des parkings
    À Landévant (56), le 15 février, une Morbihannaise a dû accoucher de sa petite fille dans une ambulance, sur le parking d’un supermarché. Le couple se dirigeait vers l’hôpital de Lorient, mais le bébé était trop pressé. Comme pour ce couple de Quiberon (56), le 18 juillet, qui allait à la maternité, mais a, par manque de temps, tourné en direction du centre de secours. Pour la naissance d’une petite Énora, sur le parking de la caserne des pompiers.

    5 Dans un bateau en mer
    Il s’appelle Bastien, et il est né sur les flots ! Le 27 novembre, une maman a accouché sur le bateau entre Groix et Lorient, plus précisément dans l’ambulance des pompiers située dans le garage. Un concours de circonstances : l’hélicoptère de la Sécurité civile était indisponible et la vedette de la SNSM pouvait appareiller, mais les conditions en mer étaient trop dangereuses pour la maman, sur le point d’accoucher. Le bébé est donc né en mer et a ensuite été pris en charge sur le quai à Lorient, par le Smur.

    6 Déjà des naissances insolites en 2025 !
    Le premier jour de 2025 a déjà apporté son lot de naissances marquantes en Bretagne. Outre cette maman morbihannaise qui a accouché un Premier de l’an… pour la deuxième fois (elle a donné naissance à une petite Blanche), il y a aussi cette « histoire de fou » à Pleumeur-Bodou (22) : la naissance de la petite Lou, née dans une voiture, le jour de l’An, et mise au monde avec l’aide de sa grand-mère, médecin et retraitée depuis la veille.

  • #Keith_Barron : un nouvel Indiana Jones à la recherche d’or en #Bretagne

    En 2023, la #start-up #Breizh_Ressources a discrètement déposé trois #permis_de_recherches #minières concernant 42 communes entre la Bretagne et le #Maine-et-Loire. Officiellement, l’entreprise basée à Lorient espère trouver de l’or et une quarantaine d’autres minerais. Aux manettes, on retrouve un géologue chercheur d’or et une société canadienne immatriculée aux Bermudes.

    – La start-up Breizh Ressources a déposé trois permis exclusifs de recherche minière pour identifier la présence de certains minerais dans les sous-sols, dans un périmètre qui couvre plus de 850 km² et 42 communes, soit l’équivalent de 17 fois la surface de Rennes.
    – Bien que la société soit basée à Lorient, Breizh Ressources est dirigée par le Britannico-Canadien Keith Barron, connu pour avoir découvert l’une des plus grandes mine d’or au monde.
    – Keith Barron est également à la tête de la société #Aurania_Resources basée à Toronto et immatriculée aux #Bermudes, actionnaire unique de Breizh Ressources.

    Un nouvel épisode d’Indiana Jones se prépare-t-il en Bretagne ? Depuis quelques mois, un individu au profil romanesque a fait irruption dans l’ouest de la France à la recherche d’un trésor perdu. Keith Barron, géologue de nationalités britannique et canadienne résidant en Suisse, a la soixantaine, une barbe grise et des yeux qui pétillent quand il parle d’or. Il est président de la start-up Breizh Ressources, basée à Lorient, spécialisée dans l’#exploration_minière, qui a déposé trois #permis_exclusifs_de_recherches_minières (#PERM) entre juillet et octobre 2023.

    Objectif : réaliser des démarches de #prospection dans un périmètre qui couvre plus de 850 km² et 42 communes situées entre la Bretagne historique et le Maine-et-Loire. La démarche, qui n’a été rendue publique qu’au début de l’année 2024, n’a pas manqué d’intriguer la population locale et les médias.

    Sur le papier, le CV de Keith Barron est hors du commun. En Europe, l’entrepreneur est encore peu connu. Mais il est célèbre dans le milieu minier américain. Dans la presse spécialisée, il est même présenté comme une star : c’est lui qui a découvert l’une des plus grandes mine d’or au monde, en 2006, la Fruta Del Norte, au Sud-Est de l’Équateur.

    L’histoire racontée par le géologue est digne d’un film d’aventure. Tout a commencé en 1998 en Équateur. Selon Keith Barron, cette année-là, il s’installe à Quito, la capitale, pour améliorer son espagnol, après avoir obtenu son diplôme en géologie à l’University of Western Ontario et avoir travaillé en Guyane et au Vénézuéla.

    Il est hébergé par une famille dont le père est professeur d’histoire, spécialiste des toutes premières cartes de la région amazonienne. Partageant son attrait pour les minerais, ce dernier attire l’attention du géologue sur deux sites, anciennement exploités par les conquistadors espagnols et recouverts par la jungle depuis : Sevilla del Oro et Logrono de los Caballeros (au sud de Quito).

    Keith Barron découvre l’une des plus grosses mines d’or au monde

    Le jeune homme se lance alors dans la recherche des cités oubliées, après avoir passé deux mois à étudier des documents dans des bibliothèques aux États-Unis et à Ottawa, au Canada. Une fois sur le terrain, la quête prend un tournant inattendu : Keith Barron et deux collègues trouvent des brèches aurifères dans la Cordillera del Condor (chaîne de montagnes à l’est de la cordillère des Andes, NDLR), située à proximité des deux cités.

    Pendant cinq ans, les trois hommes explorent minutieusement une zone de plus de 90 hectares quand, en mars 2006, ils tombent sur le jackpot : le site de la Fruta Del Norte, riche de 10 millions d’onces d’or (une once équivaut à 31,10 g). Deux ans plus tard, le trio vend la mine à la multinationale Kinross pour 1,2 milliard de dollars canadiens. Le magazine spécialisé The Northern Miner sacre alors Keith Barron et ses deux acolytes « personnalités minières de l’année ». Keith Barron entre dans la légende.

    Voilà pour ce qu’on appelle « le storytelling ». Mais William Sacher, enseignant canadien, chercheur à Quito, en Équateur, et titulaire d’un doctorat en géosciences, met en garde : « C’est un joli narratif qui parle de vieilles cartes, de flair, de chance et d’intuition. C’est un discours destiné aux investisseurs, mais la réalité, selon moi, est bien différente ».

    Pour William Sacher, les géologues spécialisés dans la recherche de minerai ont, avant tout, une démarche pragmatique : « Ils travaillent à l’aide de techniques spécifiques, de relevés scientifiques réalisés dans les sols par des organismes spécialisés (comme le Bureau de recherches géologiques et minières, BRGM, en France) et ils s’appuient sur des consultants expérimentés au niveau local ».

    Certains auraient également d’autres compétences un peu moins avouables : « Ils savent trouver les bonnes personnes pour avoir les bonnes infos et ils savent négocier pour repérer puis accéder aux bons endroits. Dans certains pays, ils peuvent même aller jusqu’à corrompre des fonctionnaires », croit-il savoir.

    Un beau discours destiné à séduire les investisseurs

    La nécessité d’élaborer un beau « storytelling » est liée au secteur dans lequel évolue Aurania Resources. Elle est ce qu’on appelle une « junior » dont le principal objectif est d’explorer les sous-sols à la recherche de minerai. Si elle en trouve, elle cède ensuite un permis d’exploiter, après approbation du ministère des Finances et de l’Industrie, à une « major » dont l’objectif est alors d’extraire le minerai trouvé.

    Dans la chaîne alimentaire du monde minier, les « juniors » sont les entreprises qui prennent le plus de risques financiers : « il faut un sacré alignement des planètes pour que l’endroit exploré puisse devenir, concrètement, une mine », souligne Williams Sacher.

    Les « juniors » font des hypothèses sur le contenu des sols, mais n’ont pas de certitude. Et elles mettront du temps à avoir des données solides : il faut entre trois et six ans pour réaliser des analyses exhaustives. Autant dire un siècle pour les investisseurs.

    C’est pourquoi, comme l’expliquent Brice Laurent et Julien Merlin, respectivement sociologues aux Mines ParisTech et au CNRS, dans leur article L’ingénierie de la promesse : le renouveau minier et la mine responsable : « les incertitudes géologiques ne permettent aux juniors d’estimer précisément les ressources que très tard, ce qui les oblige à réaliser un travail de conviction, reposant à la fois sur des éléments matériels et discursifs […], le travail réalisé par les juniors associe donc étroitement exploration géologique et communication adressée aux investisseurs. »

    Une société basée à Toronto, immatriculée aux Bermudes

    Derrière la belle histoire, il y a la réalité, plus prosaïque. Le siège social d’Aurania Resources est à Toronto, au Canada, mais elle est immatriculée au registre du commerce et des sociétés dans les Bermudes. Son principal actionnaire demeure Keith Barron, qui détient 43 % des actions, aux côtés d’autres investisseurs comme Haywood securities Inc, une société d’investissement canadienne, qui en possède 29 %, ou encore Citibank Canada, une banque canadienne, qui en détient 6 %.

    Son objet est ainsi défini : « l’exploration minière axée sur la sélection, le jalonnement ou l’acquisition de propriétés minières et l’exploration de ces propriétés pour des gisements potentiellement riches en or, cuivre, argent et autres matières premières de valeurs ».

    Son projet phare reste la poursuite du vieux rêve entamé par Keith Barron sur la piste de l’or en Équateur. Nommé « Lost Cities-Cutucu », le projet est composé de 42 permis d’exploitation qui couvrent plus de 2.000 km².

    Les opérations d’exploration en Bretagne représentent une stratégie typique des « juniors », si l’on en croit Brice Laurent et Julien Merlin qui citent le témoignage du président d’une junior interrogé au cours de leur recherche : « multiplier les projets d’exploration permet à la fois de minimiser le risque géologique, mais aussi de convaincre les investisseurs qu’au moins un projet d’exploration aboutira à une découverte valorisable. Une junior qui ne miserait que sur un seul projet ne serait pas perçue comme crédible sur les marchés financiers. »

    Réflexion que confirme Brezih Ressources : « les sociétés juniors fonctionnent sur le même principe que les start-ups, par exemple dans la recherche médicale et le développement de vaccins : elles doivent simultanément attirer des investisseurs privés via l’émission d’actions et mener des travaux de recherche pour éventuellement déboucher sur des découvertes ».

    Le géologue à l’assaut des sous-sols bretons

    Le géologue aux allures d’Indiana Jones a demandé, via la société Breizh Ressources, l’autorisation d’explorer les sous-sols bretons à la recherche d’or et d’une quarantaine d’autres minerais. À ce propos également, Keith Barron déroule une belle histoire. Son intérêt pour la Bretagne aurait été réveillé en juin 2022, quand il apprend que le Muséum national d’histoire naturelle de Paris (MNHN) expose le plus gros échantillon de pépite jamais trouvé en France. Il s’agit d’une pépite d’or de 3,3 kg découverte à Hennebont (56), qui contient 1,1 kg d’or (mêlé à du quartz), acquise par la Banque de France en 2022 et mise en dépôt au musée.

    Il explique que son équipe aurait contacté le musée pour en savoir plus. Celui-ci lui aurait alors appris que Le Journal du Morbihan avait déjà fait mention de cette pépite en juillet 1875 en ces termes : « Des ouvriers étaient occupés à casser des pierres sur le grand chemin qui conduit à Kervignac. Une d’elles, étant plus dure, que les autres, fut jetée de côté par le cantonnier […] le caillou en question, provenant d’une carrière de quartz, contenait un filon d’or d’une assez grande étendue, et qu’un expert aurait estimé, dit-on, valoir plus de cinq cents francs. »

    Puis, toujours selon l’histoire racontée par le géologue, une rencontre achève de le convaincre en juin 2023 de la nécessité de lancer des investigations dans la région. Keith Barron rencontre un exposant (désirant rester anonyme) au salon des minéraux de Sainte-Marie-aux-Mines, en Alsace, qui lui montre un échantillon aux caractéristiques équivalentes à celle du spécimen exposé au Muséum d’histoire naturelle, lui aussi trouvé dans la région d’Hennebont.

    Le géologue n’a plus aucun doute : il faut aller explorer ce sol breton. Vérifications faites par Splann ! auprès des différents acteurs concernés, les éléments concernant les pépites d’or sont véridiques. En revanche, le MNHN déclare ne jamais avoir été contacté par l’équipe de Keith Barron, « au titre de son expertise scientifique ».

    À partir de juin 2023, les démarches sont allées bon train. La société Aurania Resources, dirigée par Keith Barron, a constitué Breizh Ressources en septembre 2023. Son objet est « l’étude géologique, l’exploration des ressources minérales, l’étude et l’exécution de solutions de dépollution, traitement et valorisations d’anciens rejets miniers ».

    Le 21 juillet 2023, alors que Breizh Ressources était encore en cours de constitution, la société a déposé un premier permis d’exploration minière baptisée « Epona », qui concerne les communes de Kervignac, Nostang, Hennebont et Languidic. Puis, un deuxième le 5 octobre 2023, « Bélénos », étendu sur 440 km², deux départements et 18 communes. Et enfin, le 11 octobre 2023, « Taranis », couvrant 360 km², trois départements et 20 communes. À noter que les noms de ces permis font référence à des divinités gauloises de la mythologie celtique.

    Quant aux notices d’impact destinées à évaluer les éventuels dégâts environnementaux causés par ce type de recherches, elles ont été effectuées par le bureau d’ingénierie ENCEM Sud-Est, basé Vénissieux, près de Lyon, entre le 4 et le 19 juillet 2023 pour le dossier Epona et entre le 12 et le 28 juillet pour les dossiers Bélénos et Taranis [lire « Breizh Ressources, la société minière la plus discrète de l’ouest »].

    De son côté, Breizh Ressources relativise cette impression d’urgence en expliquant que ses géologues avaient « identifié depuis longtemps l’intérêt géologique du Massif armoricain » mais que leurs démarches avaient été freinées, jusque-là, par « le manque de volonté politique et la faible prise de conscience de l’importance de relocaliser l’approvisionnement en métaux stratégiques ».
    « Un pays à forte tradition minière »

    L’objet des trois permis de recherche ne se limite pas à l’or. Breizh Ressources a étendu ses investigations à une quarantaine d’autres minerais, dont l’antimoine, l’étain, le titane, le zirconium et le lithium. Selon ces documents, le total des opérations d’exploration s’élève à 1,95 million d’euros pour les deux premières phases de recherches des trois PERM. Et, si les résultats sont concluants, il faudra investir à nouveau pour financer la suite des opérations.

    C’est pourquoi Keith Barron est à la recherche de capitaux frais. Comme il aime le souligner, il s’est personnellement investi dans Aurania Resources : il a prêté 3 millions de dollars canadiens à la société en 2023. Le géologue, qui est régulièrement invité dans des émissions américaines et canadiennes de sites spécialisés ensuite retransmises sur le net, en profite pour tenter de convaincre des investisseurs potentiels.

    Dans ces vidéos, il déroule les éléments de son « storytelling » breton : la fameuse pépite à la taille inédite, les articles de journaux datant du début du siècle ou encore la légende de Jules César qui a fait fortune en Gaule avant de remonter à Rome. Il précise également que les métaux critiques, comme l’antimoine et le nickel, sont majoritairement importés en Europe et que le « vieux continent désire être autosuffisant ».

    Il parle même d’un fonds de 500 millions d’euros mis en place par Emmanuel Macron pour soutenir les investissements dans le secteur. Il s’agit, en effet, d’un fonds dédié aux métaux critiques créé en mai 2023 et l’État y participe via la Caisse des dépôts et consignations.

    Il prévient cependant que les démarches en France ne sont pas si faciles : « C’est un peu une black box (boîte noire, NDRL), il y a beaucoup de bureaucratie. Cela prend du temps mais nous travaillons avec les autorités. Les sous-sols sont la propriété de l’État, donc il faut une licence, ou quelque chose comme ça, pour extraire. »

    Tout en se montrant optimiste quant à l’issue des demandes : « C’est un pays qui a une longue histoire minière. Et puis partout, on a besoin d’emplois, non ? » In fine, on se demande si l’homme n’espère pas réitérer son exploit et gagner une deuxième fois le jackpot comme il l’a fait en Équateur lorsqu’il lâche « I am trying to do it again » dans un cri du cœur.

    Les vidéos et l’histoire d’Aurania Resources mettent beaucoup en avant Keith Barron. C’est lui qui a signé les documents officiels du PERM et qui s’est exprimé publiquement en un premier temps auprès des investisseurs. Mais il est entouré d’une équipe dont deux hommes sont particulièrement actifs en France : Jean-Paul Pallier et Stefan Ansermet.

    Le premier est d’origine bretonne, diplômé à l’Université de Brest et a débuté sa carrière au BRGM en Guyane en 1995 avant de rejoindre Aurania Resources en 2009. Le deuxième est conseiller spécial et a été l’un des fondateurs de l’entreprise. Ce sont eux qui portent les projets d’Aurania Resources en France via Breizh Ressources : ce sont les interlocuteurs des collectivités locales concernées par les trois PERM et des associations sur le terrain [lire notre second volet].

    Fin 2024, Jean-Paul Pallier est même apparu dans la presse au travers d’un article titré : « Breizh Ressources est une start-up qui ne gagne pas d’argent ».

    Les deux collaborateurs de Keith Barron ont également fait parler d’eux récemment en Corse où Aurania Resources a créé une entité au même profil que Breizh Ressources, #Corsica_Ressources : elle est implantée au niveau local, mais a, comme principal actionnaire, Keith Barron. Là-bas, l’équipe est intéressée par le nickel présent dans les galets et le gravier de deux plages du #Cap_Corse.

    On ne sait pas ce que va trouver le géologue dans les sous-sols français. Mais une chose est sûre : il est parti en quête de #minerai, d’aventures et de gloire.

    https://splann.org/enquete/intoxication-miniere-en-bretagne/keith-barron-recherche-or-bretagne
    #extractivisme #Canada #Corse #France

    • De l’or en Bretagne ? Les sous-sols du massif armoricain suscitent la convoitise d’une société minière canadienne | Le Télégramme
      https://www.letelegramme.fr/bretagne/de-lor-en-bretagne-les-sous-sols-du-massif-armoricain-suscitent-la-conv

      Le projet a de quoi faire rêver ou inquiéter. Un groupe canadien souhaite pouvoir explorer le sous-sol breton afin d’y trouver de l’or, entre autres métaux stratégiques. Trois demandes ont été déposées, sur lesquelles Bercy pourrait se prononcer d’ici à la fin de l’année.

      Le sous-sol breton attise les convoitises. Or, cuivre, étain, zinc, antimoine, terres rares… Près de dix ans après l’abandon des projets Variscan, le massif armoricain est dans le viseur de Breizh ressources, une société lorientaise qui souhaite sonder les richesses souterraines à la recherche de métaux précieux pour de nombreuses technologies de pointe. Pour pouvoir conduire ses travaux, cette filiale du canadien Aurania a déposé, en 2023, trois demandes de permis exclusif de recherche. « Les dossiers sont en cours d’instruction », indique Guillaume Mamias, responsable environnement et relations institutionnelles chez Breizh ressources.

      Baptisé Taranis, le dossier le plus conséquent vise une zone de 360 km² sur 20 communes, de Ruffiac (56) à Guémené-Penfao (44) en passant par le nord de Redon (35). Le deuxième dossier, Belenos, cible, quant à lui, 441 km² et 18 communes en Loire-Atlantique et dans le Maine-et-Loire, tandis que le dernier, Epona, s’intéresse à une surface de 51 km² sur quatre communes à l’est de Lorient (Hennebont, Languidic, Nostang et Kervignac).


      Les Fougerêts, dans le Morbihan, fait partie de la zone couverte par le dossier Taranis.
      Nicolas Créach

      L’or d’abord ?
      Dans ses dossiers soumis aux services de l’État, Breizh ressources s’intéresse à une vingtaine de métaux critiques. « Mais si on regarde bien, on parle 35 à 40 fois d’or et très peu du reste… », pointe Jean Baranger, membre du collectif de riverains Stop Taranis. S’il est convaincu que le précieux métal est le principal objectif, c’est parce que, sous l’effet de la hausse de la demande, son cours s’est envolé. « Il était à 45 000 euros le kilo en 2022, on parle du double aujourd’hui. »

      Le métal doré est, par ailleurs, au cœur des interventions du président d’Aurania, Keith Barron. Connu pour avoir découvert une mine d’or en Équateur, dans les années 2000, l’homme en est convaincu : « Il y a une ou plusieurs sources d’or en ancienne Gaule dont on a perdu la trace », lance-t-il en 2023, lors d’un symposium.

      Si nous n’étions intéressés que par l’or, nous serions allés dans le Limousin ou au Canada.

      Breizh ressources l’assure toutefois : ses recherches seront bien « polymétalliques ». Certes, l’or permettrait de solvabiliser le projet mais « c’est plus une boussole qu’une fin en soi car lorsqu’on en trouve, c’est le signe de la présence potentielle d’autres métaux », explique Guillaume Mamias. Qui ajoute : « Si nous n’étions intéressés que par l’or, nous serions allés dans le Limousin ou au Canada ».


      Dans le Morbihan, un projet de recherche cible quatre communes : Languidic (photo), Hennebont, Nostang et Kervignac.
      Photo Le Télégramme/Nicolas Créach

      Une nouvelle consultation publique
      À l’étude depuis plusieurs mois, les demandes de Breizh ressources ont fait l’objet d’une consultation publique en ligne organisée par les préfectures, entre fin juin et fin juillet 2024. « Les habitants n’ont pas été prévenus. Tout s’est fait dans un contexte chahuté de dissolution de l’Assemblée nationale et de Jeux olympiques », déplore Pauline Pennober, de l’association Eau et rivières de Bretagne. « On a juste reçu un e-mail, un parmi d’autres… En plus, il y avait une erreur dans l’URL de la consultation », se souvient Didier Hurtebize, le maire de Saint-Congard (56), commune concernée par le projet Taranis. Breizh ressources, elle, dit multiplier les rencontres avec les élus afin d’expliquer ses projets.

      Des projets évalués par l’Autorité environnementale, qui a publié son avis et ses recommandations en février 2025. Breizh ressources a eu un mois pour éventuellement modifier ses dossiers et attend désormais une nouvelle consultation. Selon le ministère de l’Industrie et de l’Énergie, celle-ci sera lancée « entre mi-mai et mi-juin ». Bercy pourrait ensuite se prononcer sur les demandes de permis d’ici à la fin de l’année.

      Un territoire minier est un territoire sacrifié.

      Inquiétudes environnementales
      Alors qu’il ne s’agit que de sonder des terrains, la fronde, menée par Eau et rivières, s’organise pour alerter sur les conséquences des mines qui pourraient voir le jour : déchets, pollution, bruit, fortes consommations d’eau et d’énergie. « Un territoire minier est un territoire sacrifié », souligne Pauline Pennober, reprise par la députée LFI de Redon, Mathilde Hignet, dans une intervention à l’Assemblée, début mars.

      Face à ces arguments, Breizh ressources reconnaît que ses activités auront un impact mais souligne que « l’époque des mines à la "Germinal" est révolue » et veut croire en un modèle « responsable ». Tout en rappelant l’importance de la recherche minière pour la souveraineté, dans un contexte de concurrence mondiale acharnée, Guillaume Mamias fait valoir qu’il y a entre 1 et 5 % de chances d’aboutir à une mine et que le processus prend dix à quinze ans minimum. « Un permis de recherche n’est pas la voie royale vers une mine, c’est le début du chemin. »

  • Brest : les discrètes réparations des navires qui livrent le gaz russe à travers le monde
    https://disclose.ngo/fr/article/brest-les-discretes-reparations-des-navires-qui-livrent-le-gaz-russe-a-tra

    Le port de Brest sert de chantier de réparation à des méthaniers qui livrent du gaz russe en Europe et en Asie, d’après l’enquête de Disclose, avec France 3 Bretagne. Ces escales permettent de maintenir à flot des navires qui contribuent à financer la guerre de Vladimir Poutine en Ukraine. Lire l’article

    • « Légal, mais parfaitement immoral » : ces navires au service de la Russie accueillis à Brest | Le Télégramme
      https://www.letelegramme.fr/bretagne/legal-mais-parfaitement-immoral-ces-navires-au-service-de-la-russie-acc


      Prévu pour la navigation dans les glaces, le méthanier Nikolay Urvantsev est arrivé à Brest cet été pour trois semaines de travaux, dans le cadre d’un arrêt technique classique.
      Photo d’archives Le Télégramme

      Il y aurait là un moyen de faire mal à l’économie russe. Mais l’Union européenne n’a pour le moment pas adopté cette possible sanction. Tout est donc parfaitement légal, comme le soulignent au Télégramme la préfecture maritime de l’Atlantique et le secrétariat général à la Mer.

      « Légal, mais parfaitement immoral », glisse, amer, l’un des observateurs impuissants de ce ballet, qui évoque « une logique purement économique ». Et qui relève : « La venue du Shtandart, simple réplique d’une frégate russe du XVIIIe siècle, aux fêtes maritimes de Brest, l’été dernier, avait soulevé une polémique de tous les diables. Des moyens conséquents avaient été engagés pour l’empêcher d’accoster. Là, alors que cela ne relève pas du symbolique et qu’on est même sur du très lourd, pas un mot. Personne ne bronche… »

      Les navires en question viennent en entretien et en réparation à Brest chez un spécialiste mondialement reconnu : les chantiers #Damen. Implantée à Brest depuis 2012, date à laquelle elle a racheté la Société brestoise de réparation navale (Sobrena), la société néerlandaise Damen jouerait, selon plusieurs sources, sa survie avec ces contrats. Localement, Damen génère près de 200 emplois directs et plusieurs centaines d’autres indirects, via les sous-traitants. Sans ces contrats, le port de Brest serait également, toujours selon nos sources, « lourdement impacté »… alors que près d’un milliard d’euros d’investissements vient d’y être annoncé pour les 40 prochaines années.

      En Une

  • Crâne, os sculpté, pointes de flèches… L’île de Béniguet a encore surpris les archéologues bretons | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/crane-os-sculpte-pointes-de-fleches-l-ile-de-beniguet-a-encore-surpris-


    Le haut du crâne était à l’air libre, à proximité du site de fouilles de Béniguet. « Il regardait vers Le Conquet. La pluie et le vent ont fini par l’extraire de la dune. C’est probablement un habitant, enterré il y a 1 300 ans. »
    Le Télégramme/Stéphane Jézéquel

    La campagne estivale de fouilles archéologiques, sur l’île de Béniguet (29), dans l’archipel de Molène, tout au bout de la Bretagne, s’est avérée très fructueuse. Crâne, pointes de flèches ou curieux os sculpté font partie des découvertes du mois d’août.

    Il faut imaginer une vingtaine d’archéologues, partant en mode commando, pendant un mois, sur un îlot au confort plus que sommaire. Un « village » de quelques vieilles maisons en pierre et une dune sanctuarisée sur 70 m2 et exploré depuis quatre années
    .
    Pour cette quatrième campagne de fouille, les archéologues du CNRS et de l’UBO sont allés encore plus loin dans le temps. En continuant à creuser, puisque c’est leur manière de remonter les époques. À cet endroit de Béniguet, la dune est venue coiffer un incroyable mille-feuille de près de 5 mètres de hauteur que les chercheurs découvrent méticuleusement, par strates, afin d’y déceler des traces de vie humaine. L’endroit n’a pas été choisi par hasard.

    Près d’un lieu de sépulture
    Une épaisse couche de coquillages déposés par les populations a permis de conserver des éléments du passé. L’acidité à disparu, le calcaire a figé dans le temps les restes, outils et objets laissés à travers les âges.

    Un lieu de sépulture, découvert sous l’un des bâtiments de l’île, dès les années 50, habritait plusieurs corps, datés, pour les premiers retrouvés, d’entre 600 et 800 ans de notre ère, soit des habitants qui y ont été enterrés il y a environ 1 300 ans.

    Cet été, un nouveau crâne y a été découvert par Yvan Pailler, professeur à l’UBO. Il affleurait à la surface de la dune, parmi un amas coquillier qui en a assuré sa parfaite conservation. Si cette découverte sortait un peu du cadre de recherche, plus lointain, de la fouille, les différents ossements découverts à côté ont fait le bonheur d’une anthropologue venue sur place avec des gendarmes de l’identification criminelle, venus parfaire leurs connaissances.

    Alimentation variée
    Moins spectaculaires, les fragments de pierre taillée, manifestement utilisés comme outils, ont largement plus intéressé nos archéologues et notamment deux pointes de flèches, parfaitement taillées, qui attestant que les habitants continuaient à s’adonner à la chasse. Pince de crabe, patelles, écailles de poisson, petits os d’animaux… Autant de preuves que leur alimentation étaient aussi très variée. « On pense aussi qu’ils travaillaient la terre, c’était en quelque sorte des paysans de la mer », complète Clément Nicolas. Les fouilles de cet été se sont situées à environ quatre mètres de la surface de la dune, pour une activité humaine située entre 2 700 et 2 300 ans avant notre ère (fin du néolithique).

    Un mystérieux os sculpté
    Et parmi les découvertes qui ont galvanisé les deux équipes de 12 personnes sur le mois, la découverte d’un os sculpté d’une dizaine de centimètres a littéralement subjugué les archéologues. Outils ou élément d’ornement ? Aucun objet du genre n’avait encore été retrouvé en Bretagne. L’enquête se poursuit pour expliquer sa forme, évasée à une extrémité et son point d’usure de l’autre. « Plus on creuse la dune, plus on trouve des éléments d’intérêt et notamment des fragments de poteries, de plus gros et de plus en plus intéressants », assurent les archéologues. Les fouilles sur Béniguet sont loin d’être terminées avec encore plusieurs campagnes à venir.

  • De Guingamp à Lannion, la révolte gronde dans les hôpitaux contre le cartel des légumes en conserve | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/de-guingamp-a-lannion-la-revolte-gronde-dans-les-hopitaux-contre-le-car

    Les juges des référés des tribunaux administratifs de Nantes et Rennes ont désavoué une dizaine d’hôpitaux français - parmi lesquels ceux de Noyal-Pontivy (Morbihan), Lannion, Lamballe et Guingamp (Côtes-d’Armor) - qui entendent à présent poursuivre en justice les fabricants et distributeurs de légumes en conserve qui se sont entendus sur les prix, à leur détriment, pendant treize ans.

    Pour rappel, la Commission européenne avait, en septembre 2019 et novembre 2021, épinglé les fabricants Bonduelle, Coroos, D’Aucy et Conserve Italia. Bruxelles avait notamment réclamé 18 millions d’euros au groupe français D’Aucy et 13,6 millions d’euros au Néerlandais Coroos pour s’être entendus sur les prix et le partage du marché européen des légumes en conserve.

    Cette entente leur avait permis de fixer les prix des produits pendant plus de dix ans, à compter de janvier 2000. Les deux premiers groupes sanctionnés avaient en fait été dénoncés en octobre 2013 par leur concurrent Bonduelle - un autre bénéficiaire de l’entente - lui octroyant ainsi l’immunité, alors qu’il risquait 250 millions d’euros d’amende, avait expliqué la Commission européenne dans un communiqué.

    Entre le 1er et le 12 août 2024, treize hôpitaux français, représentés par les deux mêmes avocats parisiens - Mes Sarah Subrémon et Hugo-Bernard Pouillaude - ont donc introduit des recours en urgence devant les juges des référés des tribunaux administratifs de Rennes, Nantes, Dijon et Lille après avoir été informés de ces condamnations par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) du ministère de la Santé.

    Un « risque sérieux de déperdition de preuves »

    Tous réclamaient que les fabricants, les distributeurs et l’administration fiscale leur communiquent les documents déterminant le « périmètre des produits concernés » par cette « entente anti-concurrentielle » : ces données leur sont « indispensables » pour établir « l’existence de la causalité entre l’entente illégale (…) et le préjudice [financier] ».

    Les fabricants de conserves de légumes et les distributeurs sont d’ailleurs « soumis à une durée de conservation légale de dix ans », faisaient-ils valoir, ce qui laisse planer « un risque sérieux de déperdition des preuves » alors qu’une « grande partie des documents demandés a déjà été détruite ».

    Reste que la durée légale de conservation des documents de dix ans est déjà « expirée », font remarquer les juges des référés dans leurs ordonnances respectives : les sociétés ne peuvent donc pas être regardées comme étant en leur « possession ». Même si elles les détenaient encore, elles ne sauraient être « tenues de les communiquer ». De la même manière, l’administration est soumise à une « durée d’utilité administrative » de dix ans : ses services ne peuvent donc davantage être enjoints de les produire. Enfin, et « en tout état de cause », il n’est « pas démontré » que ces documents seraient « indispensables à l’introduction d’un recours indemnitaire ».

  • De Guingamp à Lannion, la révolte gronde dans les hôpitaux contre le cartel des légumes en conserve | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/de-guingamp-a-lannion-la-revolte-gronde-dans-les-hopitaux-contre-le-car


    Les faits remontent aux années 2000. Une dizaine d’hôpitaux français, dont plusieurs bretons, ont décidé de poursuivre les fabricants.
    Photo Lionel Le Saux

    Dans leurs recours contre des distributeurs et fabricants de légumes en conserve, une dizaine d’hôpitaux, dont plusieurs bretons, n’ont pas été suivis par la justice administrative sur la question de la communication de documents.

    Les juges des référés des tribunaux administratifs de Nantes et Rennes ont désavoué une dizaine d’hôpitaux français - parmi lesquels ceux de Noyal-Pontivy (Morbihan), Lannion, Lamballe et Guingamp (Côtes-d’Armor) - qui entendent à présent poursuivre en justice les fabricants et distributeurs de légumes en conserve qui se sont entendus sur les prix, à leur détriment, pendant treize ans.

    Pour rappel, la Commission européenne avait, en septembre 2019 et novembre 2021, épinglé les fabricants Bonduelle, Coroos, D’Aucy et Conserve Italia. Bruxelles avait notamment réclamé 18 millions d’euros au groupe français D’Aucy et 13,6 millions d’euros au Néerlandais Coroos pour s’être entendus sur les prix et le partage du marché européen des légumes en conserve.

    Cette entente leur avait permis de fixer les prix des légumes en conserve pendant plus de dix ans, à compter de janvier 2000. Les deux premiers groupes sanctionnés avaient en fait été dénoncés en octobre 2013 par leur concurrent Bonduelle - un autre bénéficiaire de l’entente - lui octroyant ainsi l’immunité, alors qu’il risquait 250 millions d’amende, avait expliqué la Commission européenne dans un communiqué.

    Entre le 1er et le 12 août 2024, treize hôpitaux français, représentés par les deux mêmes avocats parisiens - Mes Sarah Subrémon et Hugo-Bernard Pouillaude - ont donc introduit des recours en urgence devant les juges des référés des tribunaux administratifs de Rennes, Nantes, Dijon et Lille après avoir été informés de ces condamnations par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) du ministère de la Santé.

    Un « risque sérieux de déperdition de preuves »
    Tous réclamaient que les fabricants, les distributeurs et l’administration fiscale leur communiquent les documents déterminant le « périmètre des produits concernés » par cette « entente anti-concurrentielle » : ces données leur sont « indispensables » pour établir « l’existence de la causalité entre l’entente illégale (…) et le préjudice [financier] ».

    Les fabricants de conserves de légumes et les distributeurs sont d’ailleurs « soumis à une durée de conservation légale de dix ans », faisaient-ils valoir, ce qui laisse planer « un risque sérieux de déperdition des preuves » alors qu’une « grande partie des documents demandés a déjà été détruite ».

    Reste que la durée légale de conservation des documents de dix ans est déjà « expirée », font remarquer les juges des référés dans leurs ordonnances respectives : les sociétés ne peuvent donc pas être regardées comme étant en leur « possession ». Même si elles les détenaient encore, elles ne sauraient être « tenues de les communiquer ». De la même manière, l’administration est soumise à une « durée d’utilité administrative » de dix ans : ses services ne peuvent donc davantage être enjoints de les produire. Enfin, et « en tout état de cause », il n’est « pas démontré » que ces documents seraient « indispensables à l’introduction d’un recours indemnitaire ».

  • Les vieux panneaux Michelin disparaissent du bord des routes | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/les-vieux-panneaux-michelin-disparaissent-du-bord-des-routes-6629338.ph


    Les principaux panneaux qui subsistent sont les plaques murales sur les routes de campagne et les axes secondaires.
    Photo Didier Déniel

    Les vieux panneaux Michelin qui, bien avant le GPS, guidaient les automobilistes, constituent un patrimoine qui tend à disparaître et que des passionnés veulent préserver.

    Les vieux panneaux Michelin de signalétique routière, c’est un peu comme la madeleine de Proust. Quand on en voit un en pleine campagne, on se sent immédiatement transporté, gamin, à l’arrière d’une jolie Dauphine ou d’une rutilante R16. Question de génération. Ces panneaux, pour certains, font partie intégrante de notre patrimoine routier. Pourtant, plus les années passent et plus ils disparaissent au profit de récentes plaques directionnelles au design plus froid.

    Après 1910, les panneaux Michelin ont poussé comme des champignons le long des routes de France. Une raison à cela : ils étaient offerts aux collectivités par le groupe clermontois de pneus Michelin, qui mettait tout en œuvre pour guider, sur les routes de France, les premiers automobilistes. Et pour les inciter à rouler, et, donc, à user des pneus et à en changer. Dans le même registre est né le Guide Michelin, où étaient répertoriées les meilleures tables de l’Hexagone.


    À Pleuven (29) un vieux panneau a été implanté dans un petit jardin public situé au bourg.
    Photo Christian Le Beuze

    Des dizaines de milliers de panneaux installés gratuitement
    De 1910 à 1914, plus de 30 000 panneaux routiers sont ainsi de terre. Et d’autres dizaines de milliers jusqu’en 1971 : plaques directionnelles, touristiques, ou avertissant d’un danger. « Elles étaient fabriquées en lave de Volvic émaillée, précise Philippe de Priester, un passionné des panneaux routiers. La date de fabrication était peinte à la main. Et leur socle était en béton. Autant vous dire qu’en cas de choc, c’était le panneau qui gagnait. C’est une des raisons pour lesquelles ces modèles ont disparu de la circulation et ont été remplacés par des panneaux métalliques plus légers et conçus pour mieux réfléchir la lumière des phares. »

    Les panneaux Michelin ont donc conquis toute la France, sans exception. « La Bretagne était une région très bien dotée, continue le passionné. Particulièrement le Sud-Finistère et le Centre-Bretagne. Les nombreux sites touristiques étaient tous bien indiqués. » Une petite balade en forêt d’Huelgoat (29) suffit pour s’en rendre compte : les principaux sites de balade y sont toujours indiqués et signés Michelin.

    Ce patrimoine routier est surveillé de près par plusieurs associations qui le répertorient et ne veulent pas le voir disparaître des bords des routes. « Si beaucoup de lourds panneaux d’entrée d’agglomération ont été descellés, il reste pas mal de flèches signalétiques adossés aux murs des maisons aux principaux carrefours », poursuit Philippe de Priester, qui enrichit une base de données photographique.


    Un petit parfum d’antan.
    Photo Didier Déniel

    Remettre en valeur ces panneaux
    De temps en temps aussi, ces mordus de signalétique se rapprochent de municipalités pour sauver ce qui peut l’être. Un joli panneau pouvant être déplacé et trôner fièrement dans un jardin public au lieu d’être jeté parmi les gravats d’un service technique. C’est le choix qu’a fait la commune de Pleuven (29). Et c’est plutôt réussi.

    À Lopérec (29), commune des monts d’Arrée, le conseil municipal a aussi fait le choix de conserver un vieux panneau en le déplaçant. Même chose à Tréveneuc (22), où une vieille borne Michelin à quatre côtés - pièce devenue extrêmement rare - a été restaurée puis repositionnée dans le cadre des travaux de rénovation du bourg. « On tente d’intervenir auprès des élus pour qu’ils prennent de telles décisions, explique Iwan Le Clec’h, qui anime un groupe de passionnés de patrimoine routier en Bretagne. Avant que les panneaux ne se retrouvent dans une décharge ou en vente, comme celui qui indiquait le Roc’h Trevezel, dont nous n’avons pas retrouvé la trace. »


    Les anciens panneaux Michelin sont surtout visibles en campagne, comme celui-ci entre Landerneau et Dirinon.
    Photo Didier Déniel


    De vieux panneaux existent toujours dans le bourg de Loperhet (29).
    Photo Didier Déniel

  • Copains comme cochons : élus, éleveurs ou écrivains, qui sont les lobbyistes du porc en #Bretagne ?

    La Bretagne concentre la majorité de la production porcine de France. Un leadership qu’un conglomérat d’éleveurs, de politiques et d’alliés parfois inattendus compte préserver contre vents et marées. À travers quatre #infographies réalisées en partenariat avec La Revue dessinée, nous montrons les liens qu’entretiennent ces acteurs et les structures qui servent à défendre leurs intérêts. Une #cartographie inédite et pourtant non exhaustive d’un #lobby capable de tordre le bras au gouvernement.

    #Philippe_Bizien, un poids lourd de la filière

    L’enquête publiée par Splann ! en juillet 2022 sur l’extension de la #porcherie #Avel_vor, à #Landunvez (29), met en évidence l’#influence de son gérant sur toute la filière. Propriétaire de l’une des plus grandes exploitations porcines de France, d’où peuvent sortir chaque année jusqu’à 26.000 cochons, Philippe Bizien cumule de nombreuses autres fonctions. Il dirige plusieurs poids lourds de l’#agro-industrie : président de la société #Evel’Up (numéro 2 du porc en France) il est aussi à la tête de différentes structures défendant les intérêts des éleveurs et des méthaniseurs, en Bretagne.

    Ni les recours juridiques contre l’extension d’Avel vor menés par des associations environnementales, gagnés en première instance en 2019 et en appel en 2021, ni la condamnation de Philippe Bizien et de sa société pour #homicide_involontaire en 2022, ni, enfin, l’ouverture d’une #enquête impliquant Avel vor pour #mise_en_danger_de_la_vie_d’autrui par le pôle environnemental du parquet de Brest en 2023, n’ont eu raison de son ascension au sein du lobby du cochon.

    En 2023, il hérite d’une fonction nationale : il devient président de la section porcine de la #Coopération_agricole (anciennement #Coop_de_France), le très puissant syndicat défendant les intérêts des coopératives françaises auprès des pouvoirs publics français et des institutions européennes. Il cumule ainsi cinq mandats – donc cinq indemnités – et bénéficie d’un accès privilégié aux politiques et aux représentants de l’État.

    En janvier 2024, une délégation composée des députés Renaissance #Didier_Le_Gac et #Antoine_Armand, s’est rendue dans l’élevage de Philippe Bizien dans le cadre « d’une mission confiée par #Marc_Fesneau pour ancrer favorablement l’élevage en France », selon les mots de Didier Le Gac. Un soutien réaffirmé par le député Antoine Armand sur le réseau X, faisant fi des polémiques lié à la porcherie landunvezienne « On les suspecte. On les dénigre et parfois on les harcèle. Mais comme ici dans le Finistère, ils et elles nourrissent la France, sont engagés dans la transition écologique et façonnent nos paysages. »

    De puissants relais locaux

    Au-delà des liens de sang qui unissent, jusqu’en 2014, le gérant d’Avel vor au maire de Landunvez, – qui n’est autre que son père – lequel signe les autorisations d’agrandir la porcherie, c’est tout le secteur porcin qui tire les ficelles de la politique locale du pays de Landunvez.

    À la lumière de cet organigramme, les liens entre élus locaux et Evel’Up, la coopérative porcine présidée par Philippe Bizien, sont flagrants.

    À quelques dizaines de kilomètres de Landunvez, la commune de #Saint-Renan est administrée depuis 2014 par #Gilles_Mounier (divers droite), qui était cadre d’Evel’Up jusqu’en en 2021. Il a abandonné ce poste lors de son accès à la vice-présidence du conseil départemental du Finistère, en tant que chargé du développement durable et des territoires. Son épouse est toujours responsable communication au sein d’Evel’Up.

    À #Saint-Renan, les liens entre Evel’Up et la mairie ne datent pas d’hier puisque le prédécesseur de Gilles Mounier au poste de maire, #Bernard_Foricher, était aussi salarié de cette coopérative porcine (qui portait alors le nom de #Pigalys).

    Gilles Mounier n’est pas le seul à être passé de la direction d’Evel’Up à une carrière politique. Un peu plus au nord de Landunvez, la commune de #Kernouës est administrée par #Christophe_Bèle, directeur pendant 20 ans de la coopérative porcine Pigalys, devenue #Aveltis puis… Evel’Up.

    Ces deux soutiens historiques de la puissante filière porcine dans le #Finistère siègent désormais ensemble au sein de la commission locale de l’#eau et du syndicat des eaux du Bas-Léon. Ils occupent ainsi des postes stratégiques pour la gestion de l’eau du pays d’Iroise, à l’heure où le secteur porcin pèse lourd sur la qualité et la quantité d’#eau_potable disponible pour les habitants du territoire.

    La famille élargie

    À l’échelle nationale, le lobby porcin est aussi discret qu’organisé. Parmi ses principaux représentants, on trouve le député Les Républicains (LR) de #Loudéac-Lamballe (22), conseiller régional de Bretagne et vice-président de l’Assemblée nationale jusqu’en 2022, #Marc_Le_Fur. Surnommé le « #député_du_cochon », il s’attaque depuis plusieurs années aux associations qui critiquent l’élevage en déposant en 2022 par exemple, un amendement dit « anti-L214 » visant à « supprimer la réduction d’impôts pour les dons aux associations dont les adhérents sont reconnus coupables d’actes d’intrusion sur les propriétés privées agricoles ».

    Dans sa croisade contre « les normes excessives » il est aidé par #Jacques_Crolais, son ancien attaché parlementaire, directeur de l’#UGPVB (#Union_des_groupements_des_producteurs_de_viande_de_Bretagne) jusqu’en avril 2024, poste qu’il vient de quitter pour prendre la direction… d’Evel’Up.

    Autre député défendant ardemment la filière porcine : #Didier_Le_Gac, député Renaissance de Brest rural (29), dont fait partie la commune de #Landunvez. Il est l’une des chevilles ouvrières de la cellule de gendarmerie dite « #Demeter » créée à la demande de la #FNSEA, ayant pour but « d’identifier et poursuivre les agressions, intrusions et dégradations sur les exploitations agricoles ». Son lancement a été effectué en grande pompe en décembre 2019 à Saint-Renan (29), commune administrée par Gilles Mounier (dont vous retrouverez la figure dans l’organigramme « de puissants relais locaux ») à quelques kilomètres de la porcherie de Philippe Bizien.

    À cette époque-là et jusqu’en 2023, la FNSEA était présidée par #Christiane_Lambert, éleveuse de porcs dans le Maine-et-Loire, aujourd’hui présidente du #Comité_des_organisations_professionnelles_agricoles_de_l’Union_européenne (#Copa-Cogeca) – le plus important syndicat agricole européen.

    Le 14 mars 2024, Christiane Lambert a reçu la médaille d’officier de la Légion d’honneur sous le haut patronage d’#Erik_Orsenna (dont vous retrouverez la figure dans l’organigramme « La famille étendue ») et de l’ex-ministre de l’agriculture #Julien_Denormandie. Tous deux proches de l’association vitrine des grandes entreprises de l’#agroalimentaire, #Agriculteurs_de_Bretagne, ils viennent de cosigner le livre « Nourrir sans dévaster » (Flammarion).

    Une influence nationale

    De Plouvorn à Plonevez-Porzay en passant par Lamballe, Pouldreuzic, Loc-Equiner… Le lobby porcin s’est fait une place de choix dans de nombreuses institutions locales et nationales. De la Vallée des Saints… jusqu’à l’Académie française.

    Une statue de Saint-Alexis a été installée dans la Vallée des Saints en juillet 2022, le lieu, crée par des militants bretons en 2009 sur la commune de Carnoët, dans les Côtes d’Armor, se veut « une Île de Pâques à la bretonne ».

    La sculpture en granit de 4,25 m de haut a été financée conjointement par Le Crédit Agricole du Finistère, la Sica de Saint-Pol-de-Léon – premier groupement français de producteurs de légumes et d’horticulteurs – et la Brittany Ferries, pour rendre hommage à #Alexis_Gourvennec, considéré comme le père de l’agriculture bretonne moderne.

    Il était l’un des plus gros éleveurs porcins français avec 2.000 truies et 48 employés en 1984. Il a occupé la présidence de la Caisse régionale du Crédit Agricole de 1979 à 1998. Connu pour légitimer le recours à la violence en manifestation, l’entrepreneur léonard a contribué à diffuser sur la péninsule une vision ultra-libérale et productiviste de l’agriculture.

    Par-delà cet hommage en granit, les figures bien vivantes présentes dans cet organigramme, continuent de creuser le sillon d’Alexis Gourvennec.

    La filière porcine s’est par ailleurs organisée pour influencer l’opinion publique et laver l’image de l’agriculture bretonne et de ses pollutions. #Agriculteurs_de_Bretagne, association créée par de grandes entreprises de l’agroalimentaire en 2009 après la mort très médiatisée d’un cheval dans les algues vertes à Saint-Michel-en-Grève (22), assure des missions d’accueil d’écoles dans des exploitations de son réseau ainsi que la diffusion du magazine #Le_P’tit_Agri, destiné aux 7-11 ans. Elle tient également des stands lors de grands événements comme les Vieilles Charrues, à Carhaix (29) ou déploie parfois ses couleurs dans des stades, dont celui de Guingamp (22).

    Présidente de ce lobby jusqu’en 2022, #Danielle_Even, éleveuse de porcs dans les Côtes-d’Armor, a été propulsée sur la scène médiatique par l’académicien, businessman et conseiller des présidents Mitterrand et Macron, Erik Orsenna, lequel a invité « sa voisine », en 2013, sur le plateau de l’émission de Michel Drucker « Vivement Dimanche ». « La Bretagne, grâce au porc, sera le nouveau Qatar ! », lance-t-il alors. Depuis, il est présent pour soutenir le lobby à de nombreuses reprises comme lors des remises de légion d’honneur à #André_Sergent, éleveur de porcs et président de la chambre d’agriculture du Finistère, ou à Christiane Lambert, ancienne présidente de la FNSEA et actuelle présidente de la Copa-Cogeca.

    https://splann.org/enquete/les-travers-du-porc/lobby-porc-bretagne

    #élevage #porc #France #infographie #élevage_porcin
    #industrie_agro-alimentaire

  • « Certains ne terminaient plus leurs phrases » : la « plante du diable » à l’origine d’une intoxication massive à Arzal | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/certains-ne-terminaient-plus-leurs-phrases-la-plante-du-diable-a-lorigi

    Jeudi 25 avril 2024, une vingtaine de participants à un stage de cuisine, à Arzal (56), ont été intoxiqués par le datura. Cette plante toxique fait régulièrement l’objet d’alertes.

    « Heureusement on n’a consommé que des petites quantités… » L’organisateur d’un stage de cuisine dans le Morbihan se dit qu’il a peut-être évité le pire. Jeudi 25 avril, à Arzal (Morbihan), une vingtaine de participants ont été intoxiqués par le datura stramonium, surnommée parfois la « plante du diable ».

    • Qu’est-ce que le datura ? | Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
      https://agriculture.gouv.fr/quest-ce-que-le-datura

      Les alcaloïdes contenus dans le datura (atropine et scopolamine principalement) peuvent provoquer un syndrome anticholinergique ou atropinique, qui se manifeste d’abord par des troubles périphériques (dilatation de la pupille et troubles de l’accommodation ; tachycardie, vasodilatation etc..) puis des troubles centraux (agitation, confusion, hallucinations…). Ils peuvent entraîner une intoxication modérée persistant 8 à 12 heures ou une intoxication sévère durant 2 à 3 jours (la dilatation de la pupille étant particulièrement lente à disparaître). Les autres conséquences sont une sécheresse de la bouche prononcée, des troubles de la vue, agitation, confusion, désorientation spatio-temporelle, des paroles incohérentes… De très petites quantités suffisent pour déclencher une intoxication. Les symptômes nécessitent en général une hospitalisation.

  • Les complotistes tissent leur toile en Bretagne | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/france/les-complotistes-tissent-leur-toile-en-bretagne-6572732.php


    Le couple de Landeleau a apposé à l’entrée de sa propriété, une plaque indiquant qu’il héberge le consulat de l’État vivant breton.
    Le Télégramme/Didier Déniel

    Conseil national de transition, État vivant breton, ou encore One Nation : les groupes de conspirationnistes, citoyens souverains, ont fleuri ces dernières années en France et en Bretagne. Une nébuleuse qui dit agir pour l’émancipation des individus et refuse l’autorité de la République.

    Ces dernières semaines, une vidéo montrant un couple qui refusait de se soumettre à un contrôle d’alcoolémie dans le Nord a fait le buzz sur la toile. L’homme et la femme contestaient l’autorité des forces de l’ordre, et plus globalement celle de la République, pour laquelle elles agissaient. Des illuminés, direz-vous. Pas seulement. Car derrière ces postures, ils se nourrissent d’un nouveau mode de pensée, mettant l’individu, et son bien-être, au-dessus des lois et de l’organisation sociétale. Ces groupes se mettent hors-cadre, veillant bien à ne jamais se rapprocher d’un parti politique, d’une institution ou d’une ONG. Un mouvement né dans le sillage des antivax les plus acharnés et de leurs théories conspirationnistes.

    En France, ce mouvement a pris une telle ampleur qu’elle fait l’objet d’une surveillance accrue des services de police et de gendarmerie. Le plus répandu serait le Conseil national de transition (CNT), dont le but ultime serait de renverser le gouvernement et de mettre à bas la cinquième République. Selon le CNT, le pouvoir serait entre les mains de politiciens corrompus d’une « cinquième République sans existence constitutionnelle » ayant mis en place des mesures sanitaires pour placer sous contrôle la population. Aujourd’hui le salut passerait par un pouvoir confié à des Français « tirés au sort, qui exerceraient la souveraineté nationale ».


    Le 13 février dernier, le calme du bourg de Landeleau a été troublé par une manifestation lors du conseil municipal.
    Le Télégramme/Didier Déniel

    « La République Française n’a aucune légitimité sur la Bretagne »
    Il n’aura fallu que quelques mois pour que naisse dans notre région, une déclinaison identitaire de ce mouvement baptisée « Conseil national de transition breton » ou encore « État vivant breton ». Selon les têtes pensantes de ces groupes, la France n’aurait aucune légitimité sur la Bretagne, étant donné que les clauses du contrat de mariage entre la duchesse Anne et Louis XII, et les engagements politiques y afférents, n’auraient pas été respectés. De fait, tout Breton serait donc un être indépendant et autonome qui ne serait pas soumis aux lois de la République.

    Dans cette mouvance, un groupe localisé près de Brocéliande est particulièrement actif depuis quelque temps. Selon plusieurs sources, il est intervenu en février dernier dans la commune de Landeleau (29) pour soutenir un couple qui a construit des habitats légers sur son vaste terrain, sans autorisation aucune. L’homme et la femme, installés depuis la crise sanitaire, ont été condamnés à 3 000 euros d’amende et à déconstruire ces habitations avant le 16 avril. Le tout assorti d’une astreinte de 200 euros quotidienne si la décision de justice n’est pas respectée. À ce jour, les constructions sont toujours en place.

    « Le 13 février, une douzaine de personnes qui n’étaient pas de la commune ont perturbé le conseil municipal, raconte le maire, Yvon Coquil. Ils étaient venus contester la décision de justice. Je les ai invités à assister au conseil sans prendre la parole. Ils ont refusé. C’était assez tendu. J’ai dû appeler la gendarmerie. Je ne connaissais pas ces gens. En tout cas, ils étaient extérieurs à la commune. »

    « Parfois des profils inquiétants »
    Soutenu dans un premier temps par des membres du CNT, le couple semble avoir pris fait et cause pour ce mouvement, comme le prouvent certains de ses écrits postés sur les réseaux sociaux. « Nous sommes de l’État vivant breton depuis de nombreux mois déjà. Nous ne sommes plus concernés par le droit et les décisions de la République française Présidence (…) Nous sommes redevenus mandataires de nos personnes juridiques et vivantes. »

    Ces postures inquiètent un spécialiste de ces mouvements interrogé par nos soins « Ces personnes se lavent le cerveau entre elles. Elles sont tellement déconnectées de la réalité qu’elles en ignorent la présence d’autres entités qui relaient les mêmes discours. Elles perdent tout sens critique. Souvent, on a affaire à des idéalistes non-violents. Mais parfois certains profils sont plus inquiétants ».

    • Complotisme : plusieurs affaires devant la justice en Bretagne | Le Télégramme
      https://www.letelegramme.fr/bretagne/complotisme-plusieurs-affaires-devant-la-justice-en-bretagne-6572736.ph

      Le mouvement complotiste et des « Êtres souverains », dont les racines se trouvent aux États-Unis, a pris de l’essor ces dernières années. La Bretagne n’échappe pas à ce phénomène, comme le démontrent ces deux affaires judiciaires.

      La cofondatrice de One Nation condamnée à Saint-Brieuc
      Un des principaux groupes, One Nation, semble avoir de solides liens avec la Bretagne. En effet, il est écrit sur son manifeste, acte fondateur d’une nouvelle nation, que ce texte a été finalisé, le 29 février 2020, « quelque part en Armorique ». On peut y lire que « les gouvernements échouent dans leur mission » et « ne prennent pas soin ni des êtres humains ni de la terre ». La philosophie de ce mouvement vise à bâtir un nouveau monde, en dehors des codes politiques et sociaux habituels. L’être humain « cellule unique et individualisée » est placé au centre de cette démarche. « Il l’emporte sur l’entité légale créée après ma naissance » peut-on lire plus loin.

      One Nation a été cofondée par Alice Martin Pascual, alias Alice Pazalmar. Une jeune femme, vidéaste et créatrice de bijoux, qui vit dans le Lot. En mai 2023, elle a été condamnée par le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc à 1 000 euros d’amende pour diffamation. Ses propos, diffusés sur la toile, visaient l’ex-président du conseil départemental des Côtes-d’Armor, Alain Cadec, et la responsable du service enfance du Département, qu’elle accusait de maltraitance sur enfants. Déjà incarcérée pour une série d’infractions routières, la prévenue avait regretté ses propos, évoquant une période troublée de sa vie durant laquelle elle contestait toute autorité.

      La dérive « sectaire » d’une famille
      Un couple originaire de la région de Concarneau a été condamné le 15 février à Quimper. Il avait déscolarisé son enfant, âgé d’une dizaine d’années, pendant trois ans, à partir de mars 2020. Sans suivi par l’Éducation nationale. Le couple de quinquagénaires, ayant refusé d’être défendu par un avocat, avait tenu des propos déroutants sur l’existence administrative des êtres humains. Selon lui, l’Éducation nationale, qui « formate les esprits », était une entreprise privée qui faisait des bénéfices sur le dos des écoliers. À ce titre, et selon sa logique, il demandait que l’EN soit affiliée au registre du commerce et des sociétés ! Le couple a été condamné à six mois de prison avec sursis et à 200 euros d’amende. Leur fils a été confié aux services sociaux. Le ministère public avait parlé « de dérive sectaire ».

    • Ce n’est pas loin de ...
      https://www.eff.org/cyberspace-independence

      We have no elected government, nor are we likely to have one, so I address you with no greater authority than that with which liberty itself always speaks. I declare the global social space we are building to be naturally independent of the tyrannies you seek to impose on us. You have no moral right to rule us nor do you possess any methods of enforcement we have true reason to fear.

      Merci @arno de nous avoir rappellé dans
      http://www.uzine.net/article60.html
      qu’il n’y a pas que la liberté libertaire individualiste des John Perry Barlow (pourtant je me sens parfois assez Deadhead ...)
      par exemple hhttps://archive.org/details/gd1978-04-16.sbd.cantor.motb.81457.sbeok.flac16/gd1978-04-16d1t12.MOTB.flac

      Chez nous on a les Reichsbürger pour nous amuser.
      https://de.m.wikipedia.org/wiki/Reichsb%C3%BCrgerbewegung
      Wikipedia nous informe que ..

      Reichsbürgerbewegung ist ein Sammelbegriff für eine organisatorisch und ideologisch sehr heterogene Szene aus meist Einzelpersonen, seltener teilweise sektenartigen Klein- und Kleinstgruppen. Gemeinsam ist ihnen, dass sie die Existenz der Bundesrepublik Deutschland als legitimer und souveräner Staat bestreiten sowie seine Repräsentanten und die gesamte deutsche Rechtsordnung fundamental ablehnen. Zu den von sogenannten Reichsbürgern vertretenen Ideologien gehören oft die Ablehnung der Demokratie, Ideologieelemente des Monarchismus, Rechtsextremismus, Geschichtsrevisionismus und teilweise Antisemitismus, Esoterik bzw. Rechtsesoterik oder die Leugnung des Holocausts. Sie teilen eine Haltung der Ablehnung einer offenen und pluralistischen Gesellschaft und weigern sich, unter anderem Steuern und Bußgelder zu zahlen oder Gerichtsbeschlüsse und Verwaltungsentscheidungen zu befolgen.

      C’est assez drôle et ressemble un peu au « Front Populaire de Judée » dans La vie de Brian mais dans un esprit de droite. Comme quoi parfois les crypto-nazis sont assez marrants à cause leur esprit étroit. On n’a pas besoin de grand chose pour s’amuser, pas vrai.

      Dabei berufen sich „klassische“ Reichsbürger darauf, dass ihrer Meinung nach das Deutsche Reich statt der Bundesrepublik weiterhin fortbestehe, entsprechend ihrer Ideologie entweder in den Grenzen des Deutschen Kaiserreichs oder in denen von 1937. Dieses Deutsche Reich werde als Organisation durch eine „kommissarische Reichsregierung“ (KRR) oder Ähnliches vertreten, deren Befugnisse die oft miteinander konkurrierenden Gruppen jeweils für sich beanspruchen.

      L’histoire devient sérieusement drôle quand l’état impérialiste post-nazi arrête les participants d’un complot qui devait rétablir le Deutsches Reich et restituer le droit au seuil allemand aux vrais allemands ariens comme moi. Manque de peau on a perdu notre attestation d’arien d’avant 1945 et pire encore on n’en veut plus rien savoir.

      De toute manière si un jour l’envie me prend de devenir arien officiel, j’irai en Iran ou en Inde après Modi où je me joindrai aux vrais des vrais de n’importe quoi.

      Au Japon aussi il y a des nazis partout ;-)

      Ship of fools
      https://genius.com/The-grateful-dead-ship-of-fools-lyrics
      I won’t slave for beggar’s pay, likewise gold and jewels
      But I would slave to learn the way to sink your ship of fools

      #wtf #nazis

    • Extrait d’un article de l’Obs

      • Qui sont les « citoyens souverains » ?

      Les phrases utilisées par le couple renvoient à l’argumentaire du mouvement antisystème des « citoyens souverains », apparu aux Etats-Unis dans les années 1970. Une mouvance qui s’est exportée dans le monde anglo-saxon et en France, où elle s’est manifestée à travers le mouvement One Nation, cofondé par Alice Pazalmar, explique à l’AFP le spécialiste de l’extrémisme en ligne Tristan Mendès France, qui évoque aussi une « hybridation avec le mouvement covido-complotiste ».

      https://www.nouvelobs.com/societe/20240410.OBS86926/on-ne-contracte-pas-nombre-de-membres-ideologie-qui-sont-les-citoyens-sou

      https://justpaste.it/e0re6

      De là à prétendre que ce genre d’acte de résistance est « payant » ^^

      L’homme sera jugé le 1er octobre à Dunkerque pour refus de se soumettre aux vérifications du véhicule et du conducteur, au contrôle d’alcoolémie et de l’usage de stupéfiants, défaut d’assurance et violences volontaires sur un militaire de la gendarmerie sans incapacité. Pour ces délits, il encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

  • Éolien en mer : la Bretagne dans un océan d’incertitude | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/eolien-en-mer-la-bretagne-dans-un-ocean-dincertitude-6568695.php


    Ministère de l’économie

    L’État a concocté une carte des zones susceptibles d’accueillir des nouveaux parcs d’éoliennes en mer. Combien ? Et à quelles conditions ? Les élus du conseil régional de Bretagne, réunis ce vendredi en session, ont dit tout haut leur frustration.

    La zone, en forme de cerf-volant, s’étend au large des Côtes-d’Armor et du Finistère. Là, à l’horizon de la Bretagne-nord, se trouve le principal site susceptible d’accueillir, d’ici dix ans, les prochains parcs bretons d’éoliennes en mer. S’il était entièrement recouvert de géants d’acier, on pourrait produire jusqu’à 11 GW/h, soit près de la moitié de l’objectif national pour 2030. Mais rassurez-vous, explique-t-on en haut lieu, tel n’est pas le projet. Un ou deux parcs supplémentaires ici - le chiffre évoqué aujourd’hui - seront suffisants pour déclencher bien des tempêtes.

    Ces « zones propices au développement des éoliennes en mer » étaient à l’ordre du jour du conseil régional ce vendredi. Une carte concoctée par l’État et soumis au débat public qui a lieu en ce moment sur toutes les façades maritimes de l’Hexagone. Dans cette affaire, l’avis des élus bretons est donc purement consultatif. D’où la fâcheuse impression que « tout est joué d’avance », s’exclame le député Marc Le Fur, également conseiller régional du groupe droite et centre.

    La Région pose des conditions
    Malgré les critiques sur la méthode, le président Loïg Chesnais-Girard redit le soutien ancien de la Région au développement des énergies marines renouvelables. Gage, à ses yeux, de la sortie du pétrole et de l’indépendance énergétique de l’Europe. Mais il pose ses conditions. La première : « l’acceptation par les acteurs bretons de la mer ». À commencer par les pêcheurs. « Nous devons conjuguer les éoliennes avec l’activité maritime mais aussi le respect de la biodiversité ».

    Premier point d’achoppement : ni la pêche ni la biodiversité ne figurent dans les critères retenus pour dessiner ces cartes, souligne notamment Ronan Pichon, conseiller régional écologiste. Le Secrétaire général aux affaires régionales, interlocuteur des élus côté État, tente de rassurer. « Le débat avec le monde de la pêche est engagé depuis longtemps. Et il n’est pas question de sacrifier la biodiversité. »

    Les élus bretons réclament aussi de réelles retombées économiques. Et là aussi, le bât blesse, s’alarme l’autonomiste Aziliz Gouez. Aujourd’hui, le prix de l’électricité est prépondérant lorsque l’État choisit les entreprises chargées de l’exploitation des éoliennes. Au détriment d’autres critères, comme le recours au tissu économique local. L’inquiétude est partagée par l’exécutif breton, qui redoute de voir arriver des entreprises, certes mieux-disantes côté prix, mais se fournissant en dehors de l’Europe. Pas vraiment en ligne avec cette « souveraineté énergétique » tant souhaitée par le gouvernement.

    Questions sans réponses
    Autre question : comment raccorder au continent ces futurs parcs éoliens de Bretagne-nord ? À eux seuls, les câbles marins et la mise au niveau des ports coûteront cher. Sans parler des travaux majeurs nécessaires sur le réseau, pas taillé pour transporter autant d’électricité. Qui paiera ? « C’est un sujet important en Bretagne et on progresse », répond le représentant de l’État. « Mais la vraie question est plutôt de savoir si on prend en charge ce coût maintenant ou si on le laisse aux générations futures. La réponse est toute trouvée. »

    Ces interrogations en suspens laissent en tout cas un goût de trop peu à bien des conseillers régionaux. « Comment se prononcer dans ces conditions ? », s’agace Isabelle Le Callennec, la cheffe de fille de la droite. L’affaire, en tout cas, est censée aller vite. Fin du débat public le 26 avril, validation des zones à l’automne 2024 et premiers appels d’offres en 2025. Une rapidité qui laisse songeur Daniel Cueff, vice-président à la mer. « La précipitation peut nous conduire à des erreurs majeures d’appréciation. Mais depuis le temps que la Bretagne sollicite ce déploiement, on ne va pas tergiverser maintenant. »

  • Assurance maladie du Morbihan : une offensive sur les fraudeurs rapporte 4,6 M€ | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/assurance-maladie-du-morbihan-une-offensive-sur-les-fraudeurs-rapporte-
    L’article commence par la présentation du cas d’une salariée dont « l’arnaque » est qualifiée de « perle ».

    […]
    Cette arnaque est l’une des « perles » que l’équipe de contrôle de la CPAM a débusquées en 2023. Une année record dans le Morbihan : l’administration a détecté et stoppé un montant de fraudes de 4,6 M€, contre 2 M € en 2022. Dans le cas de cette assurée, la caisse a récupéré le montant total des IJ versées (12 500 €) et a prononcé une pénalité financière de 4 000 €.

    Portée par une réglementation qui se durcit, la caisse participe à l’offensive nationale contre les arnaques, qui, dans le Morbihan, émanent des assurés dans 63 % des cas. Un chiffre trompeur car ce sont de petits resquilleurs, qui représentent 10 % des sommes détournées.

    Portée par une réglementation qui se durcit, la caisse participe à l’offensive nationale contre les arnaques, qui, dans le Morbihan, émanent des assurés dans 63 % des cas. Un chiffre trompeur car ce sont de petits resquilleurs, qui représentent 10 % des sommes détournées.[…]

    Le gros des fraudes, 90 % des sommes, provient des professionnels, des fournisseurs de services et de matériel médical et des établissements de santé. Depuis trois ans, l’arnaque au 100 % santé a la cote. Des escrocs vendent des prothèses auditives défectueuses, ou fabriquent de fausses ordonnances, pour toucher le remboursement à 100 % de l’Assurance maladie.

    Et un nouveau type de fraude occupe également la caisse du Morbihan : les « kits » clé en main vendus en ligne, principalement pour de faux arrêts de travail. « Ils sont directement proposés sur les réseaux sociaux, regrette Gaspard Lallich. C’est de plus en plus pratiqué, l’accès à la fraude est démocratisé ». Deux nouveaux délits sont créés, cette année, pour cibler ces fournisseurs de kits, dont un « délit de facilitation à la fraude sociale ».

    • c’est bien pour cela que l’offensive (médiatique) se concentre sur les petits resquilleurs

      « On a un meilleur échange de données avec les impôts, le parquet, l’ARS, la gendarmerie, les organismes sociaux, etc. On a aussi des outils prédictifs qui nous permettent de cibler des comportements de consommation de soins ou de prescription atypiques ».

    • Les flics de la CPAM auront une médaille pour avoir parfaitement médiatisé la récupération de 102% du montant des fraudes de la multitude des petits arnaqueurs * qui n’ont que ce qu’ils méritent, il faut sauver notre système de santé.

      En anglais, on parle de low hanging fruits 🍑

      * soit 10% du montant total de la fraude, suggestion de présentation, un crédit vous engage, document non contractuel, ne pas jeter sur la voie publique, le société décline toute responsabilité

    • En guise de diversion aussi, pointer des fraudes exceptionnelles effectuées au bas de l’échelle évite de mettre en lumière l’ordinaire de la fraude issue du coeur du système de santé et des soignants les plus gradés. Comme dans le cas de l’infirmière voyoute mais mégalomane et peu prudente qui vient cacher la forêt des arrangements rémunérateurs effectués au quotidien (labos et autres structures capitalistiques inclus).

      Fraude à l’Assurance-maladie : une infirmière condamnée pour avoir facturé des actes fictifs pour plus de 1,5 million d’euros
      https://www.lemonde.fr/livres/article/2024/04/18/l-esclavage-dans-les-mondes-musulmans-de-m-hamed-oualdi-tordre-le-cou-aux-cl

      #CPAM #santé #fraude

  • Une demande de permis de recherche minière à Hennebont, Kervignac, Languidic et Nostang | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/un-projet-de-permis-de-recherche-miniere-a-hennebont-kervignac-languidi


    (Le Télégramme)

    Une demande de permis exclusif de recherche minière a été présentée, samedi 6 avril, aux conseils municipaux de quatre communes du Morbihan : Hennebont, Kervignac, Languidic et Nostang.

    Les communes d’Hennebont, Nostang, Languidic et Kervignac intéresseraient-elles l’industrie minière ? Une société, Breizh Ressources, a, en tout cas, déposé une demande de permis exclusif de recherche (PER) portant sur plusieurs ressources minérales sur le territoire de ces quatre communes morbihannaises, annonce la préfecture du Morbihan dans un communiqué daté du 6 avril, qui précise que « cette demande a été présentée aux maires de ces quatre communes le 22 février, puis à leurs conseils municipaux réunis ce samedi 6 avril ».

    Des substances pour le numérique et l’électroménager recherchées
    « Il s’agit d’exploration pas d’exploitation », précisent, d’emblée, Michèle Dollé, maire d’Hennebont, et Élodie Le Floch, maire de Kervignac. La préfecture précise : « Le PER ne permet pas d’ouvrir ou d’exploiter une mine mais de connaître le potentiel géologique d’une zone donnée », confirme la préfecture.

    La société Breizh Ressources, fondée par un Suisse, Keith Barron - entrepreneur minier « avec 27 ans d’expérience », peut-on lire sur internet - a engagé la démarche fin 2023. La demande a été nommée « PER Epona » et a une durée de vie de trois ans. Elle « vise un ensemble de substances minérales utilisées pour différents usages, notamment numériques et électroménagers ». Les substances mentionnées dans le PER Epona sont : antimoine, argent, bismuth, cobalt, cuivre, étain, germanium, indium, lithium, molybdène, niobium, or, tantale, tungstène, platine, métaux de la mine de platine, plomb, zinc, terres rares et substances connexes).

    Un projet à évoquer en conseil municipal
    Le PER va maintenant être évoqué lors des conseils municipaux des communes concernées. « Ce n’est pas une obligation mais le préfet du Morbihan trouve légitime que les conseils puissent échanger sur le sujet », explique Michèle Dollé. « Ce n’est pas du tout décisionnaire mais cela permettra au préfet de s’appuyer sur ces observations pour remonter un avis au ministère de l’Économie », complète Élodie Le Floch. C’est le ministre de l’Économie qui se prononcera, ensuite, sur « l’octroi du permis exclusif de recherche Epona, expose la préfecture. À l’issue du PER, qui peut être renouvelé, si les recherches étaient concluantes et que le titulaire souhaitait à l’avenir exploiter les sous-sols étudiés, d’autres procédures intégrant des phases de consultations du public et la prise en compte des enjeux environnementaux seront à réaliser ». La demande sera prochainement soumise à une consultation nationale du public, par voie électronique.

  • Sur les côtes bretonnes, les huîtres menacées par l’acidification des océans | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/sur-les-cotes-bretonnes-les-huitres-menacees-par-lacidification-des-oce

    L’acidification de la mer, conjuguée à d’autres effets du changement climatique, risque de fragiliser les écosystèmes des côtes bretonnes. Notamment les organismes à coquilles.

    Élévation du niveau de la mer et érosion du trait de côte : ces impacts du changement climatique sur notre littoral sont désormais bien identifiés du grand public. On connaît moins, en revanche, le phénomène de l’acidification des océans. Lui aussi pourrait avoir des conséquences importantes, notamment sur les huîtres, les moules ou encore les ormeaux. C’est l’un des enseignements du bilan annuel du Haut conseil breton pour le climat (HCBC), où siègent 20 scientifiques de différentes disciplines.

    La raison est à trouver dans cette particularité des océans : ils absorbent une grande partie du CO2 présent dans l’atmosphère. Sur la dernière décennie, près de 30 % des émissions totales ont été captées au large. Mais le surplus de carbone atmosphérique généré par l’activité humaine modifie, en retour, la chimie des eaux. D’ici à 2100, leur acidité pourrait ainsi augmenter de 30 à 200 %, dans le pire des scénarios. Tout dépendra de la capacité de l’humanité à diminuer ou non ses rejets de dioxyde de carbone.

    Mortalité chez les larves
    « Les conséquences les plus importantes de l’acidification seront probablement observées pour les organismes qui fabriquent leur coquille ou leur squelette à partir [du carbone] présent dans l’eau de mer », détaille le HCBC. Sont avant tout concernés les animaux se déplaçant peu et ayant un cycle de vie long « comme les huîtres plates ou les ormeaux vivants en milieu côtier breton ».

    « Lorsque l’acidité de la mer augmente, ils doivent dépenser plus d’énergie pour fabriquer leur coquille », détaille l’océanographe brestoise Anne-Marie Tréguier, co-présidente du Haut conseil. Au stade de la larve, cela entraîne des déformations importantes et une forte mortalité, notent les chercheurs. Ils constatent aussi des coquilles moins robustes chez l’adulte et, donc, une plus grande vulnérabilité face à leurs prédateurs.

    Ostréiculteurs et conchyliculteurs bretons doivent-ils d’ores et déjà s’inquiéter ? Le HCBC estime probable que le changement climatique impacte la filière. « En 2050, dans un scénario avec beaucoup d’émissions de CO2, l’acidification risque d’apporter un agent stressant supplémentaire pour la filière, qui en subit déjà d’autres, comme la pollution », appuie Sabine Roussel, chercheuse à l’UBO. « Ça ne veut pas dire que tout est compromis, mais ça va encore complexifier les choses. »

    Effet cocktail
    L’acidification n’est pas le seul phénomène à prendre en compte. La hausse de la température moyenne de la mer aura aussi un impact fort, en favorisant notamment l’apparition de maladies. Et cela est vrai pour les huîtres comme pour l’ensemble des écosystèmes marins. Mais, en l’état actuel des connaissances, les scientifiques ne peuvent pas établir avec certitude l’ampleur des conséquences de cet effet cocktail, qui combine une mer à la fois plus chaude et plus acide.

    D’autant que de multiples causes sont aussi à l’œuvre du fait de l’homme, souligne le Haut conseil : surexploitation des ressources, destruction des habitats, espèces invasives, pollution terrestre… « Si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas fortement réduites, une chute drastique de la biodiversité marine risque de se produire », s’alarment les scientifiques. Avant d’en appeler à la réduction de ces « facteurs aggravants » et au renforcement des zones de protection sur nos côtes.