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  • Des cadavres stockés à l’air libre aux portes cassées : à #plouvara, l’État dresse le constat d’une #usine d’équarrissage en difficulté
    https://splann.org/secanim-plouvara-dysfonctionnements

    Les fortes chaleurs n’expliquent pas seules la pestilence qui se dégage de l’usine d’équarrissage de Plouvara, près de Saint-Brieuc (22). Le 21 août, au terme d’un été cauchemardesque pour les riverains, l’État a sommé l’entreprise #secanim de rétablir en urgence son outil de production dans un état de marche normal. L’article Des cadavres stockés à l’air libre aux portes cassées : à Plouvara, l’État dresse le constat d’une usine d’équarrissage en difficulté est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Industrie_agroalimentaire #Pollutions #Santé_publique #agroindustrie #animaux #Côtes_d'Armor #DDPP #élevage #élevage_bovin #élevage_intensif #elevage_porcin #équarrissage #groupe_rethmann #groupe_sarda #Guy_Le_Gal #icpe #industrie #inspection #mauvaises_odeurs #mise_en_demeure #mortalité #multinationale #nuisances_olfactives #odour_live #Philippe_Le_Méhauté #plerneuf #ploufragan #préfecture #puanteur #saint_brieuc #saint-brandan #saint-donan #volaille

    • Equarrissage, crises sanitaires et canicules : attention danger - Pleinchamp
      article du 09/05/2024
      https://www.pleinchamp.com/actualite/equarrissage-crises-sanitaires-et-canicules-attention-danger


      Depuis la réforme de 2009, l’équarrissage des cadavres d’animaux d’élevage est géré́ sur un mode privé par les filières à travers des associations dites ATM (pour animaux trouvés morts) et public via le Service public de l’équarrissage
      Crédit photo : R. Lecocq

      Un rapport du CGAAER pointe un risque d’« embolie » des services d’équarrissage en cas de crise et invite l’Etat et les parties prenantes à définir une stratégie partagée de gestion des mortalités en élevage et de l’équarrissage, de nature à anticiper les crises, en explorant plusieurs solutions alternatives.

      Imaginons une situation de crise, totalement fictive, générée par une épidémie de peste porcine africaine (PPA) en Bretagne, où la détection d’un foyer dans un périmètre de 10 km contenant 150 élevages de 200 truies conduirait à devoir traiter jusqu’à 400 t/jour d’animaux : il n’en faudrait pas plus pour toucher aux limites des capacités d’équarrissage du territoire métropolitain. C’est l’alerte lancée par une mission du Conseil général de l’agriculture, de l’alimentation, de l’environnement et des espaces ruraux (CGAAER) et consacrée au service public de l’équarrissage, publiée l’an passé.

      En réalité, ce scénario purement fictif a déjà été rattrapé par la réalité par deux fois en 2022, avec le pic épidémique d’Influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) au printemps générant jusqu’à 1400 t/jour de cadavres de volaille, puis les effets de la canicule estivale en Bretagne générant jusqu’à 1500 t/jour de cadavres de volailles là aussi. « Si l’efficience du dispositif peut être qualifiée de bonne en temps de paix, les situations de crise induisent assez rapidement une embolie du système qui affecte aussi bien le service privé que le service public de l’équarrissage, tant ils sont imbriqués », lit-on dans le rapport.

      Service public et privé
      Depuis la réforme de 2009, l’équarrissage des cadavres d’animaux d’élevage est géré́ sur un mode privé par les filières à travers des associations dites ATM (pour animaux trouvés morts) et public via le Service public de l’équarrissage (SPE). Celui-ci concerne les cadavres d’animaux morts en fourrières, refuges, parcs zoologiques, animaux sauvages morts collectés en bord de route, animaux victimes d’inondation, oiseaux sauvages morts de la grippe aviaire, cétacés échoués, pour un total de 4582 tonnes, anecdotique comparativement aux volumes des ATM. En 2021, le service privé de l‘équarrissage a en effet concerné 3,07 millions de tonnes de SPAN (sous-produits animaux), dont 70% relevant de la catégorie C3 (sous-produits d’abattoirs, sous-produits du secteur agroalimentaire, denrées alimentaires déclassées, matières laitières, sang, placenta, cuirs, peaux, phanères, sous-produits des filières œufs, mollusques et crustacés, déchets de cuisine et de table...), 30% des catégories C1 et C2 (cadavres d’animaux d’élevage, Matériels à risques spécifiés (MRS) des abattoirs et ateliers de découpe, sous-produits animaux des boucheries...).

      Concentration du secteur
      Selon le rapport du CGAAER, « l’extrême concentration » du secteur explique pour partie les risques d’embolie en cas de crise. Le service SPE et les marchés ATM sont assurés par quatre entreprises, dont deux « grosses » (Secanim et Atemax) et deux « petites » (Provalt et Sopa, Secanim étant par ailleurs actionnaire à 50% de cette dernière). Elles étaient encore six en 2013. Quant aux usines d’équarrissage, leur nombre est passé en métropole de onze à huit3entre 2015 et 2019 avec la fermeture de trois usines du groupe Saria- Secanim, sans augmentation de la capacité des usines restantes. « Il en résulte une baisse de la capacité nationale de traitement et un allongement significatif des distances et temps de collecte sur certains territoires, notamment en région Sud où la densité d’élevages est particulièrement faible ». La mission du CGAAER s’inquiète par ailleurs de « la question de la fermeture de l’usine Sopa de Cros-de-Montvert (Cantal), évoquée devant elle par un de ses principaux actionnaires (...) Elle doit être analysée avec soin au regard de la couverture territoriale actuelle et des risques de poursuite du mouvement de concentration ».

      Des ATM et filières insuffisamment impliquées dans la gestion de crise
      Le rapport pointe également la responsabilité des associations ATM, au nombre de huit (porc, ruminants volaille de chair, ponte, palmipèdes gras, lapin, équins et gibiers), dont trois (ruminants, porc et volailles de chair) fournissent aux équarrisseurs 95% des tonnages. « Les ATM, ou tout au moins certaines d’entre elles, ont une approche purement comptable de leur mission et ne s’investissent pas réellement dans la gestion de l’équarrissage, alors qu’elles étaient censées se substituer à l’État au terme de la réforme de 2009, relève la mission. Elles ne se sentent en tout état de cause pas concernées par la gestion de crise » . Selon la DGAL, citée dans le rapport, en situation de canicule, lorsque les ATM décident de ne plus prendre en charge les animaux morts, les équarrisseurs se retournent vers l’EEtat. En définitive, les ATM sont des acteurs peu visibles et peu connus, notamment des éleveurs auprès desquels elles ne communiquent pas. Selon un Directeur départemental en charge de la protection des populations (DDPP), nombreux sont les éleveurs qui pensent que la collecte de leurs animaux morts relève toujours du SPE. « Les ATM, on ne les voit jamais et on ne sait même pas comment les contacter. Pour les éleveurs on est toujours au temps du SPE et quand il y a un problème, ils appellent la DDPP et on ne sait pas vers qui les orienter. La plupart ne savent même pas qu’ils paient une cotisation pour l’équarrissage ».

      « La mutualisation, l’énorme force du système »
      Au plan financier justement, le CGAAER pointe « un incontestable effet bénéfique de la mutualisation » et qui fait que le prix payé par l’éleveur au sein d’une filière est le même sur tout le territoire tout en faisant office d’amortisseur entre filières. Selon l’ATM coordinatrice, la mutualisation, « c’est l’énorme force du système ». Le CGAAER reconnaît que l’équarissage, privatisé depuis 2009, est une activité « qui semble économiquement maîtrisée, tout du moins en temps de paix », même si « la situation de quasi-monopole qui prévaut ne parait guère favorable à une baisse des coûts ».

      Le rapport pointe également une faute originelle : le transfert au secteur privé d’une mission de service public ne s’est accompagné d’aucune délégation formalisée à laquelle il serait possible de se référer pour vérifier qu’elle est bien réalisée conformément à des exigences spécifiées de qualité de service.

      Les recommandations du CGAAER
      C’est du reste la première des recommandations du rapport, la deuxième portant sur la nécessité de disposer de données partagées, fiables et accessibles, notamment pour éclairer le volet économique. La mission recommande d’élaborer, sous pilotage de l’Etat et en mobilisant l’ensemble des acteurs, une stratégie partagée sur la gestion des mortalités en élevage et l’équarrissage. Mentionnant des cas rapportés d’intégrateurs de la filière volaille ayant refusé d’accorder à leurs éleveurs l’autorisation de dé-densifier en anticipation de la canicule de l’été 2022, la mission souligne que la meilleure manière d’éviter la saturation des outils de collecte et de traitement, c’est de réduire les mortalités. « Cela est d’autant plus important que l’impact d’une accumulation de cadavres est potentiellement désastreux en termes d’image ».

      La mission réclame un diagnostic du parc industriel de collecte et de traitement afin d’évaluer précisément sa capacité et les marges disponibles en temps de crise. Pour anticiper les crises, elle prône la mise en œuvre de délestages (national ou zonal, inter-entreprises) et de solutions alternatives (maturation aérobie et entreposage de cadavres de porcs, compostage de cadavres de porcs et de volailles, enfouissement, stockage temporaire...). En guise de réflexion complémentaire, la mission s’interroge sur l’opportunité de développer offre assurantielle couvrant les frais liés à la collecte et à l’élimination des cadavres d’animaux morts en élevage, à l’image de ce qui existe en Espagne ou encore en Italie.

    • Réforme du service public de l’équarrissage | Ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire
      27/09/2023
      https://agriculture.gouv.fr/reforme-du-service-public-de-lequarrissage

      Rapport de mission de conseil et d’expertise n°22035
      Avril 2023

      Enjeux
      L’organisation et le fonctionnement de l’activité d’équarrissage, définie comme la collecte et l’élimination des cadavres d’animaux et, plus largement, des sous-produits animaux non destinés à l’alimentation humaine ou à une valorisation « matière », sont, pour des raisons sanitaires, une préoccupation majeure de la puissance publique. Le cadre de l’activité étant stabilisé depuis 2009, le CGAAER a été chargé d’en tirer un bilan compte tenu des éléments de contexte suivants :
      • Le retour de la France au statut de pays à risque négligeable vis-à-vis de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB),
      • La multiplication des aléas climatiques et sanitaires, avec en toile de fond un risque de saturation des outils en situation de crise,
      • L’inflation du prix de la matière première et notamment de l’énergie.

      Méthodologie
      Après une analyse documentaire approfondie, la mission a rencontré une centaine d’interlocuteurs parmi les acteurs concernés et a effectué plusieurs visites de terrain.

      Elle a aussi recueilli des informations sur l’organisation en place dans deux États membres de l’Union européenne : l’Espagne et l’Italie.

      Enfin, en considération des risques potentiels de crises sanitaires, elle a procédé à une analyse à 360 ° de l’équarrissage.

      Résumé
      Les prestations d’équarrissage rémunérées par des crédits publics ou des fonds privés, telles qu’elles résultent de la nouvelle organisation mise en place en 2009, sont globalement assurées de manière satisfaisante en situation normale. A contrario, les situations de crise induisent assez rapidement une embolie du système en raison notamment de la saturation de l’outil industriel, d’un manque d’anticipation dans la mise en place de solutions alternatives, d’un manque d’implication des filières et de la difficulté pour l’État de piloter un dispositif qui repose en grande partie sur des marchés privés.

      Pour sortir de cette impasse, la mission formule plusieurs recommandations, au premier rang desquelles l’élaboration d’une stratégie partagée de la gestion des mortalités en élevage et de l’équarrissage associant l’ensemble des acteurs. La mission indique ce qu’en pourraient être les grandes lignes.

      La mission recommande de poursuivre les efforts tendant à réduire les mortalités exceptionnelles (équipement des élevages en dispositifs de « cooling », ventilation, brumisation, réflexion sur leur densité, travail sur la biosécurité…). Elle préconise que soit sanctuarisée la capacité actuelle de collecte et de traitement qu’il conviendrait en outre d’optimiser par un recours résolu aux délestages entres sites et par l’extension des plages de fonctionnement en situation de crise.

      Pour se prémunir des phénomènes de saturation qui surviennent à l’occasion de circonstances exceptionnelles telles qu’épizootie ou catastrophe naturelle, elle recommande aussi d’anticiper la mise en œuvre de solutions alternatives appropriées, tenant compte à la fois des contraintes techniques, des risques sanitaires et des risques environnementaux.

      Pour illustrer ses propos et alimenter la réflexion, la mission a présenté plusieurs scénarios de crise et à analyser la capacité de réponse des outils et de l’organisation existants.

      le rapport :
      https://agriculture.gouv.fr/telecharger/138092

    • La mission recommande de poursuivre les efforts tendant à réduire les mortalités exceptionnelles (équipement des élevages en dispositifs de « cooling », ventilation, brumisation, réflexion sur leur densité, travail sur la biosécurité…)

      dans le résumé du rapport (avril 2023)…

    • 3.2.2. Quelques scénarios de crise envisageables
      […]
      Canicule comme en 2022 : pic à 1 500 t/j en Bretagne (voir supra) – l’amélioration de la prise en
      compte du risque d’étouffement dans les élevages devrait faire baisser les pics, mais les canicules
      devraient être plus fréquentes et plus sévères aussi la mission fait-elle à ce stade le choix de
      conserver ce scénario,
      […]

      3.2.3. Des solutions à combiner en situation de crise majeure
      Avec 400 t/j de marge (H1), nous pourrions faire face de justesse à la crise PPA mais à aucune des
      deux autres sans mettre en œuvre des solutions alternatives. Il en est de même avec H2 (marge de
      1 100 t/j).

      En revanche H4 (1 900 t/j), dont la faisabilité technique reste à vérifier, permet de faire face à
      chacune des crises individuellement, à la combinaison PPA avec chacune des deux autres prises
      individuellement (de justesse), mais pas à une combinaison des trois, qui ne peut être exclue a priori.

      Pour absorber les tonnages correspondant au cumul des trois scénarios, il faudrait une marge de 3
      300 t/j : il manque donc 1 400 t/j de marge dans le meilleur des cas. Un stockage temporaire sur un
      site dédié coûterait 4.6 M€/j pendant la pointe de crise (les tonnages étant ensuite à reprendre et à
      éliminer), un enfouissement à la ferme 140 000 €/j, un traitement en UIOM ou ISDND 588 000€/j.

      rappel, au 29 juin (la « deuxième canicule » a démarré le 21 juin – seuil d’alerte) et rien qu’en volailles, en Bretagne…
      Canicule : plus de 6 600 tonnes de volailles mortes en Bretagne | Le Télégramme
      https://www.letelegramme.fr/bretagne/canicule-6-600-tonnes-de-volailles-mortes-en-bretagne-7074121.php

      « En Bretagne, en tout, on a plus de 6 600 tonnes de volailles mortes depuis le début de la canicule », nous informe le ministère de l’Agriculture, ce lundi. Selon le cabinet d’Annie Genevard, « ces volumes sont traités progressivement, par enfouissement en site dédié ou à la ferme, et une partie du flux part également dans le circuit classique d’équarrissage ».

    • Face à ce goulet d’étranglement qu’est l’équarrissage, les alternatives ne sont pas assez encouragées.

      « Plus de 300 cadavres » de porcs dans une exploitation en Bretagne : la préfecture prend des mesures contre l’élevage
      https://www.ouest-france.fr/societe/maltraitance-animale/plus-de-300-cadavres-de-porcs-dans-une-exploitation-en-bretagne-la-pref

      Le lundi 10 août 2026, l’association L214 publiait de terribles images d’animaux morts et en décomposition parmi d’autres porcs, vivants, dans un élevage sur deux sites, à Hénon et Saint-Carreuc.

  • Sur l’île de Sein, l’eau potable est coupée chaque nuit de 22 h à 7 h | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/sur-lile-de-sein-leau-potable-est-coupee-chaque-nuit-de-22-h-a-7-h-7100

    Dans un contexte de sécheresse qui accentue les tensions sur la ressource en eau, l’île de Sein, dépendante d’un osmoseur vieillissant, doit faire face à une consommation estivale qui frôle les capacités de production. Pour préserver ses réserves, la commune coupe ainsi la distribution d’eau chaque nuit, de 22 h à 7 h.

  • Le réseau électrique français prépare des canicules plus intenses d’ici 2040 — Connaissance des Énergies
    https://www.connaissancedesenergies.org/afp/le-reseau-electrique-francais-se-rafraichit-en-vue-des-futu

    Les experts jugent le système électrique français apte aux canicules récentes, tout en alertant sur l’ampleur des investissements nécessaires.

    Une tenue globale malgré des coupures locales
    La vague de chaleur de fin juin et début juillet 2026 a provoqué des coupures de courant affectant plusieurs dizaines de milliers de personnes en France. Une nouvelle séquence de fortes températures pourrait intervenir dès la semaine du 6 juillet, après des records qui ont sollicité les réseaux de distribution et de transport.

    Patrice Geoffron, directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières et professeur d’économie à Paris Dauphine, estime que le réseau est resté « assez résilient pendant la canicule ». Il distingue des « perturbations locales » d’un « black-out à l’espagnole dans lequel le système s’effondre », en référence à la panne généralisée qui a touché l’Espagne et le Portugal le 28 avril 2025.

    Les câbles et les lignes aériennes subissent la chaleur
    Enedis, gestionnaire du réseau public de distribution, souligne la vulnérabilité particulière de certains câbles installés entre 1965 et 1981. Dans les villes, les sols goudronnés peuvent atteindre 80°C, ce qui accélère l’usure des câbles souterrains lorsque la chaleur persiste.

    Nicolas Goldberg, expert énergie chez Colombus Consulting, explique que « de l’usure se crée » sur ces équipements et peut finir par perturber les connexions. Selon lui, « globalement, le réseau est plutôt résilient. On est plutôt bien lotis en France par rapport à d’autres » pays, mais le risque augmente lorsque les épisodes caniculaires « commencent à se répéter à court intervalle ».

    Les lignes aériennes sont également affectées, car la chaleur réduit leur capacité d’acheminement. RTE indique que les câbles peuvent s’allonger et se rapprocher du sol, avec un risque de contact avec des bâtiments, des arbres ou des personnes, ce qui peut entraîner « une coupure automatique de la ligne par mesure de sécurité ».

    Un tiers des lignes aériennes de RTE sont jugées particulièrement sensibles aux fortes températures. Le gestionnaire du réseau électrique de transport affirme toutefois que son infrastructure est conçue pour supporter les vagues de froid comme les fortes vagues de chaleur.

    Des programmes d’adaptation chiffrés en dizaines de milliards
    Enedis prévoit 26 milliards d’euros d’investissements entre 2026 et 2040 pour renforcer la robustesse du réseau de distribution, dont plus de 15 milliards d’euros destinés à l’adaptation au changement climatique. Le gestionnaire indique par ailleurs avoir investi 5,7 milliards d’euros en 2025, dont 750 millions d’euros au titre de son plan d’adaptation climatique.

    RTE prévoit de son côté 24 milliards d’euros d’ici 2040 pour le renouvellement et l’adaptation du réseau de transport. Dans son Schéma décennal de développement du réseau 2025, l’entreprise précise que 23 500 km de lignes et 85 000 pylônes doivent être renouvelés d’ici 2040, avec un objectif de 80% d’infrastructures résilientes à cet horizon.

    Ces investissements doivent répondre à deux contraintes simultanées : l’exposition accrue aux aléas climatiques et la progression des usages électriques. Patrice Geoffron cite notamment les pompes à chaleur, l’électrification des procédés industriels et les data centers, qui ajoutent des besoins de puissance et de continuité d’alimentation.

    Les climatologues attribuent la multiplication des canicules au changement climatique, principalement alimenté par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz. Ces épisodes sont appelés à devenir plus fréquents, plus longs et plus intenses, ce qui déplace la question de la résilience vers des températures pouvant atteindre 45°C, selon Patrice Geoffron.

    Le parc nucléaire reste soumis aux contraintes de refroidissement
    La production électrique est aussi affectée par la chaleur. Les 57 réacteurs nucléaires français doivent être refroidis en permanence, avec des rejets d’eau de refroidissement en mer ou dans les cours d’eau, mais ces rejets sont encadrés lorsque la température des milieux aquatiques dépasse certains seuils.

    Dans ces situations, EDF peut être amené à réduire la puissance de certaines unités, voire à les arrêter temporairement, afin de respecter les règles environnementales. La contrainte touche davantage les centrales dépendantes de cours d’eau soumis à des températures élevées et à des débits réduits.

    La ministre déléguée à l’Énergie Maud Brégeon a déclaré mardi 30 juin à l’Assemblée nationale que le parc nucléaire « a répondu présent depuis plusieurs jours malgré la canicule ». Elle a précisé que trois réacteurs seulement avaient été mis à l’arrêt « pour des raisons de protection environnementale ».

    « Nous sommes restés exportateurs nets pendant l’ensemble de la crise. (...) Et le réseau électrique dans sa globalité a également tenu », a ajouté Maud Brégeon devant les députés.

  • Deux trains entre Paris et la Bretagne supprimés pendant trois jours, la canicule en cause | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/deux-trains-entre-paris-et-brest-supprimes-pendant-trois-jours-la-canic

    Les clients de la SNCF ne pourront pas compter sur les trains n° 7603 et 8629 pendant plusieurs jours. Des défauts matériels dus à la canicule sont en cause.

    Plusieurs voyageurs ont eu une mauvaise surprise en gare ce lundi. Au moins deux trains pour rejoindre l’ouest de la France au départ de Paris ont été supprimés. En cause, la canicule, nous signale la SNCF. Les chaleurs extrêmes ont provoqué des « défauts matériels » et « ont fortement éprouvé le système ferroviaire, dont les trains ».

    « Pas conçus pour de telles chaleurs »
    La SNCF précise que « les matériels roulants ont été mis à rude épreuve au plus fort de la crise. (…) Les matériels qui n’ont pas été conçus pour de telles chaleurs, ont beaucoup souffert et nécessitent maintenant des réparations pour assurer le meilleur niveau de service et de confort ».

    Le Ouigo 7603 au départ de Paris Montparnasse vers Rennes à 15 h 51 ne roulera pas ce lundi. Il ne roulera pas non plus mardi, mercredi et jeudi. Il ne reprendra du service que lundi 6 juillet. Même chose pour le TGV InOui n° 8629, au départ de Paris Montparnasse, vers Brest, à 16 h 54, qui assurera son trajet de nouveau jeudi 2 juillet.

  • Canicule : plus de 6 600 tonnes de volailles mortes en Bretagne | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/canicule-6-600-tonnes-de-volailles-mortes-en-bretagne-7074121.php

    comme c’est de la production on compte au poids, pas en nombre d’animaux
    si je mets (bon poids, Madame !) 3 kg par tête, ça fait plus de 2 millions (les poussins, ça compte pas)
    je vois, plus de 800 millions de volaille abattues par an, 1% ça fait donc que 8 millions…

    La canicule a décimé les populations de volaille d’élevage en France. Plus de 6 600 tonnes rien qu’en Bretagne, affirme ce lundi le cabinet d’Annie Genevard, ministre de l’Agriculture.

    « En Bretagne, en tout, on a plus de 6 600 tonnes de volailles mortes depuis le début de la canicule », nous informe le ministère de l’Agriculture, ce lundi. Selon le cabinet d’Annie Genevard, « ces volumes sont traités progressivement, par enfouissement en site dédié ou à la ferme, et une partie du flux part également dans le circuit classique d’équarrissage ».

    Cette surmortalité avait, en effet, surchargé ce circuit. À l’échelle nationale, les pertes seraient évaluées à moins de 1 % de la production annuelle du pays.

    • Épisode caniculaire : 561 tonnes de carcasses animales enfouies dans le Finistère | Le Télégramme
      https://www.letelegramme.fr/bretagne/episode-caniculaire-603-tonnes-de-carcasses-animales-enfouies-dans-le-f

      L’épisode climatique inédit de la semaine passée a saturé les filières d’équarrissage, entraînant l’enfouissement de carcasses d’animaux de 208 élevages dans le Finistère.

      Les températures caniculaires enregistrées, la semaine dernière, dans le Finistère ont lourdement touché les élevages et particulièrement les volailles. « C’est un événement climatique d’une intensité inédite auquel s’est ajoutée une panne de courant dans le sud du département, les 23 et 24 juin, confirme Christophe Kirgo, directeur de cabinet du préfet. Il a eu une incidence sur les animaux en rendant difficile la réfrigération et la ventilation, notamment pour les volailles. Les filières d’équarrissage ont été saturées ».

      Lorsqu’il n’a plus été possible de recourir à l’équarrissage, la direction départementale de la protection des populations est entrée en jeu.

      Porcs et volailles
      « Nous avons géré les enfouissements pour appuyer les éleveurs, avec une hydrogéologue afin d’éviter qu’il y ait des incidences sur les nappes phréatiques ». Au total, 208 élevages ont été concernés par la procédure d’enfouissement dérogatoire pour 561 tonnes de carcasses de porcs et de volailles. « Surtout des volailles qui supportent moins bien la chaleur, principalement dans le Finistère sud. 167 enfouissements ont été réalisés et 41 sont en cours d’organisation. Cela reste contraignant pour la profession mais il y a tout un cadre qui s’applique afin d’éviter des impacts sanitaires ».

      Ce lundi, le préfet du Finistère a tenu à remercier « particulièrement l’engagement remarquable des services vétérinaires de la direction départementale de la protection des populations (DDPP), très fortement mobilisés auprès des agricultures durant ces derniers jours ».

      Dans les autres domaines, si les sapeurs-pompiers ont été très sollicités, « pour les secours à personnes, les hôpitaux et les Ehpad, il n’y a pas eu de situations problématiques rencontrées ».

    • Les derniers chiffres nous montrent qu’en Bretagne, l’État a pris en charge l’enfouissement de 4 466 tonnes de volailles et 1 568 tonnes de porcs. Mais l’impact est également fort dans la production végétale. Nous avons, dans certaines régions, des pertes de 30 % sur le maïs, 20 % en arboriculture, jusqu’à 50 % sur certaines productions maraîchères.

      Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire
      https://seenthis.net/messages/1180527

  • Lutte contre les algues vertes en Bretagne : la Cour des comptes appelle l’État et la Région à passer à la vitesse supérieure | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/lutte-contre-les-algues-vertes-en-bretagne-la-cour-des-comptes-appelle-


    La baie de Douarnenez n’est pas épargnée par les échouages massifs d’algues vertes, comme ici, le 19 juin 2025, sur la plage de Trezmalaouen.
    Photo Dimitri L’hours/Le Télégramme

    Dans un nouveau rapport à paraître début juillet, la Cour des comptes épingle l’État et la région Bretagne pour leur lenteur dans la lutte contre les algues vertes. Elle pointe le manque d’application des recommandations et appelle à une intensification des actions.

    Bis repetita. Cinq ans après une première enquête, la Cour des comptes et la chambre régionale des comptes de Bretagne préparent la publication, début juillet, d’un rapport sur l’évaluation de la politique publique en matière de lutte contre la prolifération des algues vertes dans la région. Une sorte de droit de suite alors que, en 2021, les magistrats établissaient déjà 21 recommandations et pistes d’actions pour enrayer un phénomène dû à la concentration excessive de nitrate dans les cours d’eau, liée à l’activité agricole, qui empoisonne particulièrement huit baies dans les Côtes-d’Armor, le Finistère et le Morbihan.

    « Obligations trop limitées »
    Confirmant une information de Ouest-France, ce document, que nous avons pu également consulter dans une forme provisoire, dresse le bilan des actions engagées ces cinq dernières années. Il souligne qu’un tiers des recommandations et solutions émises ont été pleinement appliquées, la moitié partiellement mise en œuvre et 15 % pas du tout suivies d’effets. « Ce suivi révèle que la prolifération des algues vertes demeure prégnante malgré la progression des moyens et des outils consacrés à cette politique. Pour obtenir une réduction significative de ce phénomène, il est essentiel de renforcer et d’intensifier les actions dans plusieurs domaines », alertent la Cour des comptes et la chambre régionale.

    Le flux de nitrates dans les cours d’eau a baissé dans seulement trois des huit baies concernées (Lieue de Grève, La Forêt-Fouesnant et Douarnenez). Sans parler des secteurs vasiers, particulièrement nombreux dans le golfe du Morbihan. L’État a, pourtant, renforcé les moyens, avec un plan quinquennal algues vertes (Plav), passé de 56 à 128,6 millions d’euros, entre 2011-2017 et 2022-2027. Ainsi que ses outils réglementaires, avec de nouvelles obligations pour les exploitations. Mais « celles-ci restent trop limitées pour avoir un effet notable », pointent les magistrats.

    Eco-conditionnalité des aides
    Autre grief adressé aux acteurs publics, « la politique d’évolution du foncier agricole dans ces secteurs sensibles reste inefficace ». En creux, la Cour des comptes appelle les préfets de département à se saisir plus fortement du dossier afin de coordonner les actions. Un exemple parmi d’autres, les services chargés des contrôles n’ont toujours pas accès aux bases de données d’identification animale alors qu’ils sont « indispensables au ciblage des contrôles des exploitations les plus contributrices en azote. »

    La cour et la chambre, qui réitèrent ou formulent huit recommandations dans ce nouveau rapport, constatent aussi la trop faible implication de la filière agroalimentaire dans le Plav. « Elle serait nécessaire pour le développement de nouvelles filières ou de nouvelles exigences de qualité », estiment-elles. Tout comme l’établissement, par l’État, la Région ou l’Agence de l’eau, de règles d’éco-conditionnalité liées à la prévention des fuites d’azote, en contrepartie des aides qu’ils accordent à ce secteur. De quoi animer la prochaine session du conseil régional de Bretagne, les 26 et 27 juin prochains.

  • « Stop à la traque aux pauvres dans le Finistère » : devant le tribunal de Brest, 230 personnes manifestent en soutien aux allocataires du RSA | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/finistere/brest-29200/stop-a-la-traque-aux-pauvres-dans-le-finistere-devant-le-tribunal-de-br

    Des allocataires du #RSA ont porté plainte contre le Département du #Finistère pour #harcèlement. L’audience au tribunal a lieu ce lundi. Une manifestation s’est tenue juste avant.

    https://media.letelegramme.fr/api/v1/images/view/6a30067bcf841ad37c0cdda1/web_golden_xxl/6a30067bcf841ad37c0cdda1.1
    Plus de 200 personnes ont répondu, ce lundi devant le tribunal de Brest, à l’appel à manifester contre la politique RSA du Département du Finistère. (Photo David Cormier/Le Télégramme)

    « Stop à la traque aux pauvres dans le Finistère. » Environ 230 personnes se sont rassemblées ce lundi 15 juin 2026, vers midi, devant le tribunal judiciaire de Brest. Elles répondaient à l’appel à manifester contre la politique du département du Finistère concernant les allocataires du revenu de solidarité active (RSA). Elles estiment que le Département harcèle des allocataires afin qu’ils finissent par renoncer à leurs droits.

    #guerre_aux_pauvres et #paywall

    • « Ce n’est pas à la collectivité de subvenir aux besoins de votre enfant » : au tribunal de Brest, le procès du RSA
      https://www.mediapart.fr/journal/france/160626/ce-n-est-pas-la-collectivite-de-subvenir-aux-besoins-de-votre-enfant-au-tr

      Six #allocataires du #RSA attaquaient en justice le président du département du Finistère pour harcèlement moral institutionnel en raison des #contrôles_intensifs auxquels ils sont soumis. Lundi, le procès s’est transformé en bataille de réquisitoires pour ou contre le revenu de solidarité active et ses conditions d’attribution.

      Brest (Finistère).– « En quoi estimez-vous être harcelé ? » La question formulée par le président du tribunal, Christophe Subts, avec une bonhomie presque naïve revient comme un leitmotiv. Elle revêt une importance cruciale pour les six plaignant·es et va constituer le fil rouge de l’audience qui s’est tenue le 15 juin au tribunal judiciaire de Brest jusque très tard dans la soirée.

      Ces six allocataires du RSA (revenu de solidarité active), ainsi que la CGT et la Confédération paysanne, ont formé une citation directe, une procédure accélérée à l’égard de Maël de Calan, président (divers droite) du conseil départemental, et de son ancien directeur des services chargé de l’emploi, de l’insertion et du logement, Romain Chantelot. Ils s’érigent contre les contrôles « humiliants » diligentés par le département pour les bénéficiaires du RSA dans le Finistère, qui constituent selon eux un « harcèlement moral institutionnel » de la part des deux pilotes de la politique du département en matière sociale.

      Les réponses des allocataires sont livrées la gorge serrée, la voix tremblante et les yeux embués. Tous et toutes racontent la paralysie face à la surenchère administrative de la cellule de contrôle du département. L’impression de ne jamais pouvoir répondre aux demandes, ni même de se faire entendre par leurs interlocuteurs, ces agent·es toujours anonymes, regrettent-ils.

      Procédure inédite

      L’enjeu est de taille, et inédit. C’est en effet la première fois qu’une telle procédure vise deux personnes et non pas des institutions, comme c’est le cas lorsqu’une contestation est portée au tribunal administratif. L’avocat des plaignant·es entend s’inscrire dans le prolongement de l’arrêt « France Télécom ». En janvier 2025, la Cour de cassation a consacré dans le droit le #harcèlement_moral_institutionnel en condamnant définitivement l’ancien patron de France Télécom, Didier Lombard, et son ex-numéro deux, Louis-Pierre Wenès, dans l’affaire de la vague de suicides survenue dans les années 2000 chez l’opérateur.
      De par son caractère original, la tentation de faire un procès symbolique était forte. Avant l’audience, près d’une centaine de manifestant·es se sont rassemblé·es devant le tribunal en soutien. Sur le carré d’herbe attenant, ils et elles ont dressé des barnums et installé un barbecue d’où émanaient des effluves de merguez.

      À la barre, Maël de Calan est apparu particulièrement confiant ; les remarques du président, souvent sceptique à l’endroit des plaignant·es, le confortant dans ce sens. Vêtu d’un costume bleu marine, il a pénétré dans l’enceinte du palais de justice en faisant des « V » de la victoire alors que surgissaient des huées de la part des manifestant·es.

      Franck Carpentier, avocat des plaignant·es, a insisté sur le caractère systémique de ces contrôles mis en œuvre par une cellule dédiée au sein du département. Cellule qui a visiblement rempli son office puisque, entre 2023 et 2025, le nombre d’allocataires du RSA dans le Finistère est passé de 18 000 à 13 500, soit une baisse de 25 % contre − 3,4 % au niveau national.

      « L’ordre de grandeur interpelle. Les contrôles sont massifs et exclusifs », estime l’avocat, qui dénonce une « mécanique qui se met en place ». Et de rappeler que le département « doit accompagner » les allocataires du revenu de solidarité et, « le cas échéant », les sanctionner en cas de défaut de mobilisation ; mais « ne doit pas contrôler par le menu les comptes bancaires ».

      Contrôles acharnés

      L’illustration concrète de ces propos est venue de Vianney Begos, demandeur d’emploi de 30 ans. Comme pour chacun·e des plaignant·es, il a dû prouver qu’il ne dissimulait pas de revenus complémentaires, ce que le département affirme. Ainsi, il raconte comment la cellule de contrôle s’est échinée à lui réclamer des documents inexistants, « comme des relevés bancaires sur une année pour une banque dont je n’ai été client que six mois ». Faute de pouvoir les fournir, il a été radié plusieurs mois.

      L’homme a tenté de monter une entreprise de dépannage informatique. Mais elle a périclité, car son handicap l’empêche d’occuper « un travail classique ». Son handicap n’étant pas reconnu comme tel, il ne peut toutefois pas toucher l’allocation aux adultes handicapés. Il a souffert de dépression et a été contraint de retourner vivre chez ses parents, qu’il a aidés dans leur ferme.

      « Mais ne croyez-vous pas qu’il est normal d’être contrôlé si vous touchez le RSA en ayant une entreprise ? », interroge le président. Le plaignant, facilement déstabilisé, réplique que les contrôles ont surtout consisté à vérifier la provenance de « sommes modiques », des virements de ses proches de « 35 ou 80 euros » pour son anniversaire. Et à devoir les justifier par des attestations manuscrites, accompagnées des pièces d’identité des donateurs « alors qu’il y a leur nom » sur les relevés. Rien qui semble choquer le président.

      De fait, l’audience dérive de manière insidieuse sur la légitimité ou non des plaignant·es à percevoir le RSA. Pierre Dauly témoigne à son tour de son parcours. Charpentier (« beau métier », commente [jaloux ?] le président ), il ne peut pas occuper un emploi à temps plein depuis une chute de 7 mètres sur un chantier au début de sa carrière, il y a plus de quinze ans. L’homme anime des ateliers de menuiserie. « Le BTP est un milieu dur, on y pousse à la tâche, explique-t-il. Là, j’ai trouvé une manière de travailler pour me préserver. » Il poursuit : « J’ai des raisons d’être au RSA, je ne suis pas Superman qui peut faire quarante heures par semaine. »

      Des explications qui ne convainquent guère l’avocate des prévenus, Me Stéphanie Zaks. « Vous êtes sur un des métiers les plus en tension du Finistère ! » Elle lui rappelle par ailleurs qu’il ne respecte pas les termes du contrat d’engagement qui contraint les bénéficiaires du RSA à chercher un emploi de manière active.

      Face au président, il exprime d’une voix forte et assurée son expérience face aux contrôleurs de la cellule dédiée. « Je suis tombé sur des gens serviables et d’autres agressifs, voire infects. Je suis désolé, mais certains m’ont jugé avec des valeurs morales sur mes choix de vie. » Et notamment sur le fait qu’il réside au #squat des Roches blanches, situé à Douarnenez.

      Les deux années de contrôle subies l’ont heurté au point que son médecin lui a prescrit des anxiolytiques et des antidépresseurs pour dompter ses crises d’angoisse récurrentes. « Est-ce un contrôle légitime ? », s’enquiert le président. « Je ne suis pas contre le contrôle mais la manière dont il est fait », répond Pierre Dauly. « C’est intrusif, comme peut l’être un contrôle fiscal », enchaîne le président, confirmant que les deux hommes ne parlent pas la même langue. « On n’est pas obligé de prendre les gens de haut ou d’être infantilisant. Vous ne l’avez pas vécu », rétorque le plaignant sans jamais se démonter.

      Pierre Dauly rapporte aussi que les contrôleurs, « qui se prennent pour des espions », n’hésitent pas à mener une enquête sur Internet pour trouver des éléments à charge contre les personnes dont ils gèrent le cas. « Je l’ai mal vécu, j’ai trouvé cela intrusif. » Le président rétorque : « Un trafiquant de stupéfiants, on regarde sur les réseaux s’il arbore des liasses de billets. » « C’est de l’acharnement », reprend le plaignant. Le juge persiste, faussement candide : « L’imagination des fraudeurs peut être impressionnante… »

      Deux visions de la société

      De quoi agacer l’avocat des plaignant·es. « Mes clients sont présentés comme des marginaux, qui font le choix de la paupérisation, qui vivent par l’assistanat, car ils font le choix d’entreprendre pour ne pas être sous le salariat », recadre Me Franck Carpentier.

      Car ce sont bien deux visions du monde qui se sont affrontées tout au long de l’audience qui s’est étirée de 15 heures à plus de 1 heure du matin. Celui dans lequel Maël de Calan et son numéro deux travaillent « douze à quatorze heures par jour », au service, notamment, des bénéficiaires du RSA, dixit leur avocate. Et cet autre monde où les parties civiles n’auraient pas fait les bons choix de vie. Si rien n’a été verbalisé clairement, il y a eu pléthore d’insinuations. Comme le fait que deux des plaignantes soient #diplômées du supérieur et ont choisi une voie jugée plus hasardeuse et moins rentable, celle de l’agriculture.

      Jeanne Degude, exploitante agricole – qui explique ne pas faire du RSA « un projet de vie » –, s’est vu reprocher par le président, puis par l’avocate des deux prévenus, de ne pas réclamer de pension alimentaire au père de son enfant dont elle est séparée. « Ce n’est pas à la collectivité de subvenir aux besoins de votre enfant », tranche le président. Des propos « humiliants », répond la plaignante.
      Cécile Weyer, agricultrice de 39 ans, a dû quant à elle se justifier à propos de sa séparation. L’avocate des prévenus lui a demandé si elle n’aurait pas déclaré sa rupture à tort alors que le nom de son ex figurerait encore sur sa boîte aux lettres. La jeune femme dément en bloc et explique alors que la présomption de conjugalité repose sur le fait qu’elle utilise encore leur compte joint sur lequel elle est à découvert, et qu’elle ne peut donc pas clore.
      Très marquée par la situation, elle confie avoir eu des « pensées suicidaires » face à ces contrôles. « J’ai eu envie d’en finir, je me sentais humiliée. J’ai 39 ans et je dois demander à ma sœur de m’acheter des protections hygiéniques parce que je ne peux pas le faire, détaille-t-elle, la gorge nouée. Je suis suivie par un psychiatre et sous traitement. Cela me tient en vie avec mon entourage… » Là encore, on lui demande pourquoi elle ne s’oriente pas vers un #emploi salarié.

      Le département dénonce un procès politique

      De son côté, Maël de Calan et sa défense n’ont cessé de mobiliser tout le champ lexical du mensonge, de la manipulation. Pour Me Stéphanie Zaks par exemple, ce procès relève du « coup de com’ politique ». Une manœuvre pour affaiblir la loi « pour le plein emploi » qui institue quinze heures de #travail hebdomadaire pour les allocataires du RSA.
      Avec beaucoup de solennité, le président du département assure aussi que ce procès vise à lui nuire sur le plan politique. « Cette citation n’est ni faite ni à faire. Elle a été bâclée dans le contexte des élections municipales pour faire polémique à temps », fait-il valoir. Maël de Calan ne retient pas ses coups et fustige nommément des plaignant·es qui ne sont pas pour lui des « allocataires lambda ».
      Il martèle que quatre plaignant·es seraient des militant·es « d’extrême gauche », un motif de décrédibilisation de leur démarche à ses yeux. Il en veut pour preuve le soutien de certain·es d’entre eux à des candidat·es LFI lors des élections. Il questionne aussi leur appartenance au syndicat agricole classé à gauche, la Confédération paysanne.
      Maël de Calan assure payer le fait d’avoir mis au jour « un système », à savoir la volonté de ces plaignant·es de rester travailleurs et travailleuses indépendantes pour éviter de se plier aux contraintes du salariat – seul horizon enviable selon lui, semble-t-il. Et son avocate n’a cessé d’expliquer que les plaignant·es n’ont pas déclaré d’importantes sommes d’aides familiales et qu’ils ont donc fraudé. Les prévenus évoquent aussi la trentaine de cas évoqués par la CGT en soutien à la plainte, qui, selon le département, cumuleraient « 240 000 euros non déclarés, et 40 000 euros de RSA à rembourser .

      Le tribunal s’est aussi transformé en longue tribune en faveur de la politique de solidarité, d’insertion et d’emploi. Au point que le président s’impatiente alors que les 22 heures approchent : « Il ne reste pas les merguez de la CGT ? Je commence à avoir faim. »

      Les huit témoins cités par les prévenus – dont certains travaillent pour le département – ont tous couvert de louanges la politique menée par Maël de Calan et ses résultats, dont lui-même se gargarise. L’élu se vante notamment d’avoir débloqué une enveloppe de 10 millions sur cinq ans pour sa politique d’insertion, détournant les débats de la question centrale, à savoir le caractère harcelant des contrôles.

      En fin de soirée, le procureur a indiqué s’en « remettre à la sagesse du président », comme la procédure en citation directe le lui permet. Maël de Calan a demandé que la CGT soit condamnée à 10 000 euros de dommages-intérêts pour procédure abusive. Dans la soirée, un communiqué des services de Maël de Calan a été envoyé à la presse pour donner sa vision des débats du jour. Son titre : « Le département démontre l’absence de tout harcèlement, la CGT rend des comptes »_. Le tribunal rendra sa décision le 7 septembre.

      Et la question se posera de faire appel, si on en croit ce cr.

      edit
      un extrait de Ration
      https://www.liberation.fr/economie/social/harcelement-moral-contre-proces-politique-au-tribunal-le-dialogue-de-sour

      l’avocate de la défense [des responsables départementaux] plonge dans les dossiers, en quête de failles et de mensonges. Elle leur fait aussi confirmer, quand elle en a trouvé un, leur engagement politique, associatif ou syndical.

      Face à Vianney Begos, elle détache ses mots pour dire qu’il a été trouvé des montants « très importants » sur son compte courant : 1 300 euros. Il répond : « C’est le peu de RSA que j’avais mis de côté et des sommes reçues de ma famille. »

      tête à claques veut « étendre la méthode finistérienne au plan national »


      Maël de Calan, président du conseil départemental du Finistère
      Procès du RSA dans le Finistère : « C’est du harcèlement, ça ? »
      https://www.letelegramme.fr/bretagne/proces-du-rsa-a-brest-cest-du-harcelement-ca-7064602.php

      #l'emploi_c'est_la_loi #travailleurs_indépendants #justice #notables_de_l'insertion #loi_pour_le_plein_emploi #plein_emploi

  • « C’est pour purifier l’espace » : du Croisic à Bercy, le sel de Guérande au cœur du retour du sumo en France | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/cest-pour-purifier-lespace-du-croisic-a-bercy-le-sel-de-guerande-au-coe


    Pour les deux jours de tournoi, pas moins de 200 kilos de sel seront donc nécessaires pour respecter ces rituels ancestraux.
    Photo Richard A. Brooks/AFP

    Paris va prendre des airs de Japon ancestral, samedi et dimanche, à l’occasion d’un grand tournoi de sumo, un événement rarissime en dehors du Japon rendu possible grâce à un ingrédient clé : 200 kilos de sel de Guérande acheminés depuis Le Croisic.

    « C’est un élément indispensable. Le tournoi ne peut pas avoir lieu s’il n’y a pas de sel », résume David Rotschild, l’organisateur en chef de l’événement parisien qui devrait faire le plein, pendant deux jours, à l’Accor Arena de Bercy.

    Le sel occupe, en effet, une place centrale dans le sumo, sport de haut niveau qui revêt aussi une dimension sacrée issue de la religion shintoïste.

    De longs rituels rythment ainsi les compétitions. « Lorsque le combattant tape des mains, c’est pour appeler les dieux. Quand il tape des pieds, c’est pour faire fuir les démons. Et le sel, c’est pour purifier l’espace, détaille David Rotschild. Il est là pour éloigner tout ce qui pourrait poser problème : les blessures, les malédictions, ce genre de choses… »

    Avant chaque combat, les lutteurs jettent ainsi une importante poignée de sel sur le dohyo, l’arène de combat de 4,55 mètres de diamètre, dans un geste plus ou moins énergique servant à chasser les mauvais esprits et qui représente souvent l’une des images emblématiques de la discipline.

    Au cours des confrontations, les lutteurs, appelés rikishis, évoluent donc sur un sol argileux recouvert d’une fine couche de sel, balayée de temps en temps par les gyojis (les arbitres) ou les yobidashi (les annonceurs).

    Pour les deux jours de tournoi, pas moins de 200 kilos de sel seront donc nécessaires pour respecter ces rituels ancestraux.

    Lorsqu’ils ont été contactés pour fournir le sel de l’événement, Meredith et Gautier Férard, producteurs de sel au Croisic (Loire-Atlantique), n’ont pas pu s’empêcher de sourire. « C’est vrai que c’est une demande qui n’est pas très habituelle. Mais je me suis dit : « Pourquoi pas ? » », raconte Meredith, fière que ses marais salants de Guérande partent à la rencontre du Japon.

    « Or blanc »
    Pour le tournoi, une première en France depuis 1995, leur entreprise « Les artisans du sel » a eu un cahier des charges à respecter. « Ils ont demandé une teinte quand même relativement blanche et, surtout, une granulométrie très fine pour éviter que ça abîme la peau des pieds », explique-t-elle. « La molécule de chlorure de sodium, telle qu’elle est présente dans la nature, est plutôt cubique. Et s’ils ont des peaux douces avec 200 kg dessus, ça peut faire mal ! »

    Récoltée l’été dernier, la fleur de sel a ensuite été stockée puis séchée, déshumidifiée, tamisée et enfin broyée à la main.

    Si l’utilisation de leur sel pour une compétition de sumo peut paraître insolite, Mérédith rappelle toutefois que le minéral, parfois surnommé « or blanc », revêt une dimension sacrée dans de nombreuses cultures.

  • Le nombre de personnes âgées vivant avec leurs proches a été divisé par trois en vingt ans | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/le-nombre-de-personnes-agees-vivant-avec-leurs-proches-a-ete-divise-par

    Plusieurs générations d’une même famille vivant sous le même toit ? C’est de moins en moins courant. La proportion de personnes âgées qui cohabitent (chez elles, ou chez un enfant) avec leurs proches a fortement reculé entre 1990 et 2021.

    Cohabiter avec un parent âgé ? Ce qui, autrefois, a pu sembler la règle en milieu rural relève désormais de l’exception. La dernière étude consacrée par l’Insee aux modes de vie des Français âgés de plus de 65 ans remonte à 2021. On y apprend que près d’une personne sur dix (9,8 %) appartenant à cette classe d’âge partageait alors le même logement (le sien ou le leur) qu’un ou plusieurs de ses enfants. C’est quatre points de moins qu’en 1990.

    Les Bretons privilégient l’Ehpad
    Allongement de la durée de vie en couple, amélioration de l’état de santé des seniors, désir accru d’indépendance des jeunes comme des « vieux » : le recul de la corésidence avec des proches est plus marqué après 85 ans (24 % en 1990 contre 8 % en 2021). Vivre sous le toit de ses enfants, eux-mêmes parents, devient rare (7 %). Et, à partir de 95 ans, seule une personne sur dix vit avec ses proches. C’était une sur trois en 1990.

    On note des différences territoriales. Cohabiter avec ses anciens, nonagénaires, reste un mode de vie ancré dans les départements d’Outre-mer (29 %) et en Corse (22 %). À l’inverse, en Bretagne, cela se voit de moins en moins (de 4,2 % en Ille-et-Vilaine à 6,6 % dans le Morbihan), les départements de l’Ouest ayant un recours plus fréquent à la vie en Ehpad ou en maison de retraite.

  • Visite d’Emmanuel Macron au Japon : le cas du néonazi breton Boris Le Lay a été évoqué | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/visite-demmanuel-macron-au-japon-le-cas-du-neonazi-breton-boris-le-lay-


    Traque Boris Le Lay
    Photo archives Le Télégramme

    Lors de la visite au Japon d’Emmanuel Macron, il y a quelques jours, la situation de Boris Le Lay, néonazi breton réfugié là-bas, a été abordée entre les autorités françaises et nippones.

    Sécurité, défense, économie, énergie, science, culture, éducation… Les sujets de discussion et de coopération entre la France et le Japon sont nombreux, comme on a pu le constater à l’occasion du déplacement d’Emmanuel Macron au Pays du Soleil levant, du 31 mars au 2 avril dernier. C’est justement ce qui caractérise ce « partenariat d’exception » entre les deux pays, ont vanté le président de la République et la Première ministre Sanae Takaichi, à l’issue de la visite d’État.

    Injures à caractère antisémite, contestation et apologie de crimes contre l’Humanité…
    En matière de sécurité, la question cyber s’est invitée au menu. France et Japon ont notamment prévu d’approfondir les échanges sur la lutte contre les fausses informations et la désinformation. Et justement, en la matière, il y a un dossier qui empoisonne un peu les relations franco japonaises et concerne particulièrement la Bretagne : le cas Boris Le Lay, du nom de ce néonazi originaire du Finistère Sud et réfugié dans la grande banlieue de Tokyo depuis plusieurs années.

    Un homme qui, malgré les mandats de recherche français et internationaux (notice rouge d’Interpol) et ses multiples condamnations pour provocation à la haine, injures à caractère antisémite, contestation et apologie de crimes contre l’Humanité, menace de mort ou encore diffamation, ne peut être interpellé et renvoyé faute d’accord d’extradition. Cette situation agace d’autant plus les victimes de l’ultranationaliste, toujours actif sur internet, que son passeport est arrivé à expiration. Sans parler de son titre de séjour japonais dont la validité devrait s’éteindre cette année.

    Dans ce contexte, le dossier a-t-il été évoqué entre les délégations françaises et japonaises à l’occasion de la visite d’Emmanuel Macron il y a quelques jours ? C’est fort probable. « L’ensemble des sujets de coopération judiciaire a été évoqué », indique-t-on de façon sibylline à l’Élysée, sans vouloir en dire plus. « Le gouvernement suit attentivement la situation de M. Le Lay et met en œuvre tous les leviers pour qu’il réponde de ses actes devant la justice française », complète une source diplomatique.

    Quatre mois de prison ferme pour provocation à la haine
    C’est d’ailleurs le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères qui suit de près le dossier et « veille à ce que le cas de M. Le Lay soit évoqué dans le cadre de notre dialogue bilatéral avec le Japon », ajoute-t-on de même source.

    En attendant, le nom du néonazi âgé de 44 ans et condamné à une vingtaine de reprises, continue de résonner dans les salles d’audience. En décembre dernier, à Quimper, il a écopé, en son absence, de quatre mois de prison ferme par le tribunal correctionnel pour provocation à la haine. Des faits commis en 2018 à l’encontre du maire de la commune d’Elliant (29). Même peine deux mois plus tôt, cette fois-ci prononcée par le tribunal correctionnel de Paris à quatre mois d’emprisonnement pour injures à caractère antisémite après des propos proférés en 2024 sur un site internet à l’encontre de Shannon Seban, conseillère municipale de Rosny-sous-Bois et présidente de Renaissance en Seine-Saint-Denis.

  • « On ne fait pas ça pour rendre la plage jolie mais pour protéger 121 maisons » : à Guissény, 40 000 m3 de plage déplacés pour déjouer la submersion [Vidéo] | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/on-ne-fait-pas-ca-pour-rendre-la-plage-jolie-mais-pour-proteger-121-mai


    Les cônes de sable sont de retour à Gwen Drez, à Guissény. Prélevés dans la plage mitoyenne du Curnic, ils rechargent l’estran et la dune pour éviter la submersion de 121 maisons.

    Les cônes de sable sont de retour à Gwen Drez, à Guissény. Prélevés dans la plage mitoyenne du Curnic, ils rechargent l’estran et la dune pour éviter la submersion de 121 maisons.

    Un an après leur premier tour de piste, les pelleteuses et camions-bennes de la société Marc ont repris leur ballet sur le littoral de Guissény. À l’œuvre depuis le 26 mars, ils déposent des monticules de sable hyperphotogéniques au pied de la dune de la plage de Gwen Drez (à l’extrémité de celle du Vougot), après prélèvement dans la plage du Curnic. Une jetée, construite en 1974, sépare les deux étendues. Une construction humaine à la source d’un problème épineux qui surgit aujourd’hui. Depuis 50 ans, elle interrompt la dynamique de déplacement sédimentaire naturelle. Dans des proportions considérables : « Le laboratoire LETG (littoral, environnement, télédétection, géomatique) de l’UBO (université de Bretagne occidentale) a établi qu’au moins 46 000 m3 de sable ont été empêchés de transfert sur la dernière décennie », rapporte Séverine Blain, chargée de mission à la communauté Lesneven-Côtes des Légendes. Faute de cette recharge, l’estran de Gwen Drez a été dégraissé « de plus de 50 000 m3 », et la dune, moins protégée présente une inquiétante brèche percée par les marées et tempêtes.

    Habitations, camping, fermes sous la menace
    Derrière cette barrière de sable dégarnie, 121 maisons, un camping, une dizaine d’entreprises et 50 hectares de terres cultivables encourent un risque de submersion. La destruction de la jetée - qui sert de lieu d’accostage aux bateaux et de retenue des algues vertes - n’ayant jamais été une option, la technique de l’enrochement n’étant plus à la mode en raison de son efficacité contestée contre l’érosion et son coût colossal, la collectivité territoriale du Nord-Finistère a retenu la solution du réensablement.


    Les travaux de rechargement de sable au niveau de la dune de la plage du Vougo a Guisseny.
    Photo Lionel Le Saux

    Déjà de premiers effets positifs
    Une première phase, au printemps 2025, a transféré environ 16 000 m3 de sable. La seconde, en cours, vise 23 000 m3. « La première phase a déjà produit un effet positif sur l’estran. Il a été relevé en moyenne de 50 cm. Ce qui casse la houle. Avant, elle aurait tapé la dune », relève Séverine Blain. Après chaque dépôt de plots de sable, les marées se chargent de les araser et d’en déposer une partie sur la dune. Confiés à la société coopérative du patrimoine naturel Agsel, des aménagements en retrait de la dune canalisent la circulation piétonne (évitant ainsi le piétinement d’un cordon littoral fragile) et sensibilisent, via trois panneaux, sur la nature, les objectifs et le coût (150 000 € subventionnés à 80 % par l’État) de la totalité du chantier.


    23 000 m3 transitent entre la plage du centre nautique jusqu’a Gwen Drez et une partie de la dune cote camping.
    Photo Lionel Le Saux

    « On gagne 10-15 ans sur l’érosion »
    Effort de communication pas inutile tant il fait l’objet de commentaires : « Des gens pensent que l’on fait tout ça pour rendre la plage plus jolie. Mais c’est avant tout pour protéger des vies et de l’activité économique », insiste la chargée de mission. Le côté Shadock de la manœuvre est assumé : « Techniquement, c’est le cas, car on vient chercher du sable pour le déposer (et il finit par repartir). Le but, c’est de gagner 10-15 ans sur l’érosion et de mettre ce temps à profit pour mener une étude de vulnérabilité et d’adaptation du bâti ».

    Dans l’immédiat, le départ des engins de chantier, prévu le 14 avril, signifiera la réouverture de la plage de Gwen Drez au public. Les enfants auront peut-être encore de jolis monticules en réserve de matière aux châteaux de sable. « Mais s’il vous plaît, ne faites pas du toboggan sur la dune ! »

  • Au lendemain des élections municipales 2026, pourquoi ces opposants refusent-ils de siéger ? | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/au-lendemain-des-elections-municipales-2026-pourquoi-ces-opposants-refu

    Certains candidats, battus aux municipales de 2026, annoncent déjà qu’ils ne siégeront pas dans l’opposition. Mauvais perdants ? Pas si simple !

    À Châtillon-sur-Marne (Marne), les habitants vont déjà devoir revoter. Dans cette commune de 600 habitants, située à une trentaine de kilomètres de Reims, les trois élus d’opposition ont démissionné au lendemain des municipales, avant même le conseil d’installation. Résultat : il ne reste que douze conseillers municipaux, alors qu’il en faut au moins treize pour élire le maire. Faute de quorum, l’élection est donc impossible en l’état. Des élections complémentaires seront organisées pour pourvoir les sièges vacants. Une « perte de temps » pour le vainqueur du scrutin, Johann Lapersonne. Une évidence pour le maire sortant, Grégory Sauvage, battu dans les urnes le 15 mars. Pour lui, il n’était pas question de « cautionner les actions ou les décisions » de la nouvelle équipe, explique-t-il au journal L’Union.

    « Regrettable pour la démocratie »
    Pas de situation aussi extrême en Bretagne mais le blues des perdants y est palpable. De Penmarc’h (29) à Lannion (22), en passant par Pont-Scorff (56), de nombreux élus d’opposition ont déjà fait savoir qu’ils ne siégeront pas. Un classique de début de mandat, selon Dominique Cap, maire de Plougastel-Daoulas (29) et président de l’Association des maires du Finistère : « Pour un maire sortant battu, c’est frustrant de se retrouver dans l’opposition. Démissionner permet de laisser la place à un élu plus jeune, qui va s’aguerrir. Il y a aussi ceux qui arrivent directement dans l’opposition et ne s’y sentent pas à leur place. Ils voulaient diriger, mettre en œuvre leurs idées, pas contester. Il faut respecter cela ».

    Mais ces démissions font courir un risque : passer pour un mauvais joueur. « Démissionner après une défaite, c’est une forme de refus du jeu démocratique », assénait, à l’issue des municipales 2020, Joël Le Jeune, alors maire de Trédrez-Locquémeau (22), à la suite de la démission de son principal adversaire. « Je suis contrariée qu’il n’y ait aucun contre-pouvoir. C’est regrettable pour la démocratie », abonde la nouvelle maire de Port-Louis (56), Martine Pasgrimaud, après la défection en bloc de ses opposants. Le sortant, Daniel Martin, réfute l’étiquette de mauvais perdant. « Au contraire, puisque nous allons laisser la nouvelle équipe faire son travail, sans intervenir au conseil, comme nous aurions été amenés à le faire en restant dans la minorité », dit-il.

    « Une influence quasi-nulle »
    « Ces démissions ne sont pas un phénomène nouveau. Quand on a exercé un mandat d’élu d’opposition, on en connaît malheureusement les limites. On sait que l’on aura une influence quasi nulle, tout se jouant au sein de la majorité », observe Yvon Rosconval, coauteur d’un baromètre inédit sur la démocratie locale et lui-même conseiller minoritaire. Avec quatre autres élus, il a recueilli, à la fin du précédent mandat, le témoignage d’un millier d’opposants à travers la France. Conclusion : « Les élus d’opposition perçoivent rarement des indemnités. Ils dépensent en moyenne 365 € par an pour exercer leur mandat. Et seuls 6 % de ceux qui ont répondu à notre enquête se sont vus confier des missions par le maire », souligne-t-il.

    Pour lui, pas de doute, la prime majoritaire, qui donne une avance écrasante au vainqueur des municipales, est le cœur du problème. Dominique Cap relativise : « Je trouve que le système actuel est très bien fait. Quand on voit le bazar à l’Assemblée nationale, en l’absence de majorité, je ne vois pas de raison de changer ».

  • Derrière les chiffres de #maël_de_calan, des allocataires finistériens du #rsa racontent un #coaching contre-productif et décourageant
    https://splann.org/rsa-finistere-coaching

    Lundi 30 mars, Maël de Calan a rendez-vous au tribunal. Cité à comparaître pour « harcèlement moral institutionnel » par la CGT et six bénéficiaires du #revenu de solidarité active (RSA). Nouveau chapitre d’une expérimentation politique controversée, jugée « positive » par le président (apparenté LR) du Département du #finistère, mais « humiliante » et « inutile » par les premiers concernés. L’article Derrière les chiffres de Maël de Calan, des allocataires finistériens du RSA racontent un coaching contre-productif et décourageant est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne.

    #Libertés_et_droits_humains #bimbamjob #chômage #conseil_départemental_du_finistère #emploi #précarité #social #solidarité #speed_dating #travail

  • Un patient était décédé lors d’un essai clinique à Rennes : le laboratoire et un médecin mis en examen pour homicide et blessures involontaires | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/ille-et-vilaine/rennes-35000/un-patient-etait-decede-lors-dun-essai-clinique-a-rennes-le-laboratoire

    Dix ans après le décès d’un patient lors d’un essai clinique à Rennes, le laboratoire portugais Bial et le responsable des essais sont mis en examen pour homicide involontaire et blessures involontaires. L’enquête se poursuit à l’international.

    L’affaire avait fait la une des médias nationaux il y a dix ans. Le 17 janvier 2016, Guillaume Molinet, 49 ans, décédait après avoir participé à un essai clinique à Rennes, au sein du centre de recherche Biotrial. Le Rennais, ainsi que huit autres patients, testait une molécule dont les bénéfices attendus étaient de soulager certains symptômes de la maladie de Parkinson et des douleurs chroniques. Outre la mort de ce patient, le test clinique avait conduit à l’hospitalisation de quatre autres personnes issues de la même cohorte. Un fait rarissime.

    « Des investigations sur commission rogatoire internationale »
    Selon une information de nos confrères de France Info, le pôle santé publique du parquet de Paris a mis en examen le laboratoire portugais Bial, qui a fourni la molécule incriminée lors de l’essai clinique, et le médecin en charge de cet essai. Une information que nous sommes en mesure de confirmer. « L’information judiciaire ouverte par le pôle santé publique du parquet de Paris le 14 juin 2016 porte sur les infractions d’homicide involontaire et blessures involontaires ayant entraîné une incapacité de travail supérieure à trois mois, au préjudice de quatre personnes. Le laboratoire et le responsable des essais ont été mis en examen le 28 juillet 2023 », confirme le parquet de Paris.

    Il apparaît cependant peu probable qu’un procès puisse s’ouvrir rapidement. « Des investigations ont été diligentées sur commission rogatoire internationale dans plusieurs autres pays (Portugal, Italie, Allemagne, Espagne, Royaume-Uni, Suisse, États-Unis), allongeant nécessairement le temps de la procédure, explique le parquet de Paris. L’enquête se poursuit sur commission rogatoire. »

    ouverture de l’information judiciaire, c’était là, https://seenthis.net/messages/499977 , au milieu de plein d’autres billets sur le sujet…

    • « On veut la vérité » : dix ans après la mort de son mari lors d’un essai clinique, elle réclame des réponses | Le Télégramme
      https://www.letelegramme.fr/bretagne/on-veut-la-verite-dix-ans-apres-la-mort-de-son-mari-lors-dun-essai-clin

      Dix ans après le décès d’un patient lors d’un essai clinique à Rennes, sa famille réclame « des réponses ». Le laboratoire portugais Bial et le médecin en charge de l’essai sont mis en examen, mais la procédure judiciaire pourrait durer encore longtemps.

      « Cela fait dix ans qu’on attend, c’est dur, mais s’il faut attendre encore dix ans, on le fera, on veut la vérité ». Le visage grave, Florence, la veuve de Guillaume Molinet, ne baisse pas pavillon, même une décennie après. Le 17 janvier 2016, Guillaume Molinet, 49 ans, décédait après avoir participé à un essai clinique à Rennes, au sein du centre d’essais cliniques Biotrial. Le Morbihannais d’origine, ainsi que huit autres patients, testait une molécule dont les bénéfices attendus étaient de soulager certains symptômes de la maladie de Parkinson et des douleurs chroniques. Outre la mort de ce patient, le test clinique avait conduit à l’hospitalisation de quatre autres personnes issues de la même cohorte. Un fait rarissime qui a fait les gros titres de toute la presse.

      Ce lundi 19 janvier 2026, sa veuve était, avec son avocat maître Jean-Christophe Coubris, mais aussi la mère, les enfants et le frère de Guillaume, à Paris pour faire le point sur l’état d’avancement de l’enquête concernant sa mort. Une procédure « extrêmement longue », pointe l’avocat. Mais pas au point mort pour autant.

      « Que les responsables assument »
      Ce lundi matin, le pôle santé publique du parquet de Paris a indiqué avoir mis en examen le laboratoire portugais Bial, qui a fourni la molécule incriminée lors de l’essai clinique, et le médecin en charge de cet essai, confirmant une information de France Info. « L’information judiciaire ouverte par le pôle santé publique du parquet de Paris le 14 juin 2016 porte sur les infractions d’homicide involontaire et blessures involontaires ayant entraîné une incapacité de travail supérieure à trois mois, au préjudice de quatre personnes. Le laboratoire et le responsable des essais ont été mis en examen le 28 juillet 2023 ».

      Dix ans après, ses proches, qui décrivent Guillaume Molinet comme « un personnage attachant », « créatif », « passionné de musique et de peinture » et « avant-gardiste », veulent des réponses. « Il serait bon que les responsables de ces essais thérapeutiques assument leurs responsabilités, c’est notre combat », clame son frère. « Tout a été mis en œuvre pour nous expliquer que Guillaume avait une pathologie au cerveau et au cœur, dénonce maître Coubris, qu’il avait consommé du cannabis et que son état avait pu être la source de son décès. »

      Un rapport d’expertise « accablant » pour Bial
      Des arguments balayés par l’avocat. Pour cela, il s’appuie sur un rapport « établi par sept experts. Il a fallu six ans et des investigations dans huit pays pour aboutir à ses conclusions. » Des conclusions, selon lui, « accablantes » pour le laboratoire portugais. « Tous ses examens sont négatifs aux drogues et il est clairement indiqué que son état n’a rien à voir avec ce qui lui est arrivé. Tout indique que les cinq victimes des essais thérapeutiques de Rennes ont pour origine la prise de cette molécule à des doses démesurées. Il s’avère également qu’on n’a strictement aucune information sur la cible thérapeutique. Nous ne pouvons pas, dans un essai avec des volontaires sains, les exposer à des risques dont on ignore tout. »

      Selon Bial, « la cause sous-jacente demeure inconnue »
      Contacté, Biotrial précise n’avoir « jamais été mis en cause par la justice ». Et l’assure : « Notre seule préoccupation a toujours été de coopérer avec la justice ». Quant à Bial, il affirme à France Info avoir « mené de nombreuses études afin de tenter de déterminer la cause de l’incident. Malheureusement, et malgré des efforts considérables de la part de Bial, des autorités et des chercheurs indépendants, la cause sous-jacente demeure inconnue, soulignant le caractère imprévisible de l’incident ».

      Ces deux mises en examen permettent-elles d’envisager la fin de l’enquête ? Sans doute pas. Suite aux requêtes déposées par la défense, un ou deux ans de procédure pourraient encore être nécessaires. « Nous avons perdu six ans pour une expertise, pointe maître Coubris. Alors je ne peux pas promettre qu’on n’aura pas besoin de se revoir encore dans dix ans ».

  • Comment Brigitte Bardot a épousé les thèses de l’extrême droite
    https://www.nouvelobs.com/politique/20251228.OBS111016/comment-brigitte-bardot-a-epouse-les-theses-de-l-extreme-droite.html

    Récit - Mariée avec un ex-conseiller de Jean-Marie Le Pen, en croisade contre l’abattage rituel des animaux, Brigitte Bardot était en guerre contre l’islam et affichait clairement son soutien à Marine Le Pen.

    Par Maël Thierry
    Publié le 28 décembre 2025 à 13h00

    Avec l’image, pour bien se souvenir.

  • Fâchée avec sa Région, l’île d’Yeu menace de passer sous pavillon breton | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/fachee-avec-sa-region-lile-dyeu-menace-de-passer-sous-pavillon-breton-6

    L’île d’Yeu, en Vendée, est en émoi. Il y a quelques jours, ses 5 000 habitants - 25 000 l’été - ont appris que la région Pays de la Loire ne souhaitait plus verser l’aide de 250 000 euros à la liaison hélico, île - continent. Un dispositif qui permet aux habitants de bénéficier d’un tarif préférentiel. Par provocation, des habitants ont demandé à être rattachés à la Bretagne.

    « Ile d’Yeu abandonnée, la Bretagne viens nous sauver ! » Plusieurs banderoles de ce type ont fleuri, ces derniers jours, sur les quais de Port Joinville, la capitale de l’île d’Yeu. Et mercredi dernier, le drapeau de la région Pays-de-la-Loire a été mis en berne, tandis que le Gwenn ha du était hissé haut au fronton de la mairie. L’île d’Yeu sera-t-elle bientôt annexée par la Bretagne ? « Non, il s’agissait d’une provocation », commente Dominique Grisard, président de l’association Aller et Retour, qui veille au transport île - continent et à la bonne continuité territoriale. « La Bretagne a toujours soutenu fermement ses insulaires. Ce n’est pas le cas chez nous, malheureusement. »

    https://media.letelegramme.fr/api/v1/images/view/694ab96173d3df5a4d0f99f5/web_golden_xl/694ab96173d3df5a4d0f99f5.1

  • Alcool, dépression, éco-anxiété : comment vont les Bretons ? | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/alcool-depression-eco-anxiete-comment-vont-les-bretons-6945839.php

    Le Breton ? Il dit avoir une pêche d’enfer, à en croire le Baromètre de Santé publique France, qui vient d’être révélé. Plus de sept Bretons sur dix ont affirmé, en 2024, être en « très bonne » ou « bonne » santé. De quoi consacrer la Bretagne comme la région de France où l’on se sent le plus en forme.

  • « Où va-t-on trouver des femmes ? » : à l’approche des municipales, cette parité que les très petites communes bretonnes ne sauraient voir | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/ou-va-t-on-trouver-des-femmes-a-lapproche-des-municipales-cette-parite-

    Comment les 449 communes bretonnes de moins de 1 000 habitants se préparent-elles au changement de scrutin, qui va les priver du panachage et les contraindre à la parité ? À cinq mois des municipales 2026, les plus grosses s’en félicitent. Les plus petites s’arrachent les cheveux.

    Dans l’équipe municipale de Trézény (22), près de Lannion, on ne parle que de ça : « Mais où va-t-on trouver des candidates ? ». En 2020, la petite commune rurale de 363 habitants avait élu un conseil municipal de neuf hommes et deux femmes. Elle faisait, à ce titre, partie des points noirs repérés par l’association « Elles Aussi », dans une étude sur la place des élues locales en Bretagne. Comme 448 autres communes de moins de 1 000 habitants des quatre départements bretons, la voilà soumise au scrutin de liste paritaire, pour les municipales de mars 2026.

    Terminé, le panachage qui permettait de rayer des noms sur les listes des plus petits bourgs. Et obligatoire désormais, l’alternance homme femme (ou inversement) sur des listes allant de 11 à 15 élus. Le maire sortant, Jean-Louis Prat, ne cache pas son découragement. « Ça nous embête drôlement. Il faut qu’on coure après cinq candidates. Alors qu’on avait déjà huit hommes prêts à repartir et que toutes celles qui s’étaient montrées intéressées, depuis l’été, se sont rétractées, faute souvent de disponibilité. » Le premier adjoint, Alain Richard, lui aussi, soupire : « On ne voit plus d’option. L’État voudrait provoquer la fusion des communes qu’il ne s’y prendrait pas autrement. C’est un abandon ».

    Ça nous embête drôlement. Il faut qu’on court après cinq candidates, alors qu’on avait déjà huit hommes prêts à repartir

    « Elles se sentent moins légitimes »
    À 90 km plus au sud, l’autre - très - petite commune morbihannaise de Sainte-Brigitte, 178 habitants, avoue aussi quelques difficultés. Le maire sortant ne repartant pas, Johan Van Noppen a commencé à constituer une nouvelle liste, cet été. « On a trouvé assez vite les sept premiers noms mais il nous manque encore une femme. On ne désespère pas mais c’est bien petit, ici. Il faut faire preuve de persuasion et de diplomatie : les femmes se sentent souvent, à tort, moins légitimes », constate le sexagénaire.

    Président de l’association des maires ruraux du Morbihan et maire de la commune voisine de Kerfourn, Joël Marivain le confirme : « Les femmes ont beaucoup plus d’humilité mais il faut apprendre à imposer leur présence, surtout aux postes d’adjointes. Il n’y a rien d’insurmontable ! ». À Moncontour (22), 742 habitants, la nouvelle liste déjà montée par le candidat Olivier Pellan a trouvé une parade : partir très tôt pour réunir, en premier, les 15 noms nécessaires, face à la maire sortante, Anne-Gaud Millorit, si elle devait se déclarer. « On travaille depuis un an et demi pour constituer un groupe représentatif et solide. Et, finalement, c’est un homme qu’il nous manque », constate le quinquagénaire.

    Ici, il y a belle lurette que nous avons la parité sans problème. J’ai même des candidatures spontanées. C’est plutôt les hommes qu’il faut aller démarcher !

    Pas partout la question
    Vice-présidente nationale de «  Elles Aussi  » et autrice de l’étude de 2020, Armelle Danet le rappelle : « La Bretagne part de moins loin que d’autres régions en termes de parité. Vous avez aussi des élues qui savent déjà comment aller chercher d’autres femmes ». Exemple à Cléden-Cap-Sizun (912 habitants), où la présidente des maires ruraux du Finistère, Nadine Kersaudy, forte de cinq mandats, valide à plein le changement de mode de scrutin. « Ici, il y a belle lurette que nous avons la parité sans problème. J’ai même des candidatures spontanées. C’est plutôt les hommes qu’il faut aller démarcher ! »

    À Saint-Gilles-Vieux-Marché (22), 350 habitants, le maire, Laurent Bertho, a toujours eu son compte d’élues. Il s’inquiète davantage de la fin du panachage. « Les gens aimaient pouvoir barrer des noms, termine-t-il. J’ai peur que le scrutin de liste ne dissuade certains de venir voter. »

  • 3 350 fûts de déchets radioactifs repérés, certains avec des « fuites, probablement de bitume » : quel bilan pour l’expédition Nodssum ? | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/3-350-futs-de-dechets-radioactifs-reperes-certains-avec-des-fuites-prob


    Le robot Ulyx a photographié les fûts, à plus de 4 000 m de profondeur. On voit ici un poisson des abysses et son ombre.
    Photo Flotte océanographique française - Campagne Nodssum

    Les 20 scientifiques partis étudier des fûts de déchets radioactifs dans l’Atlantique sont de retour à Brest. L’expédition a été riche en découvertes, raconte un des chefs de mission.

    L’image, capturée à plus de 4 000 m de profondeur, est saisissante. Des nuances de turquoise occupent l’essentiel du cliché. Au centre, on voit un poisson des abysses, sans doute un grenadier, nager à proximité d’un cylindre gris, marqué par un long séjour dans l’eau. Ce fût contient des déchets radioactifs. Il a été largué entre 1950 et 1990 par la France, la Belgique ou la Grande-Bretagne, à une époque où l’on pensait que les écosystèmes étaient quasi inexistants à ces profondeurs et que l’immensité de l’océan permettrait une grande dilution en cas de fuite.

    Les scientifiques de la mission Nodssum, partis de Brest le 15 juin, de retour ce jeudi, ont exploré une vaste zone située à 600 km des zones françaises, au large de Nantes, à la recherche de ces fûts. « On a été impressionnés par le nombre de fûts que l’on a pu observer et l’ampleur de la zone, témoigne Patrick Chardon, un des chefs de mission. On a cartographié environ 3 350 fûts sur 163 km² (environ 20 fûts par km²). Les rejets ont été massifs. »

    « Fuites de nature inconnue »
    Le robot sous-marin autonome Ulyx, conçu par l’Ifremer, vivait là sa première vraie mission scientifique. Le test est réussi : « Nous avons été surpris par la qualité de ce que nous renvoyait le sonar. On voit parfaitement les fûts avec l’image acoustique, c’est une très belle surprise », s’enthousiasme Patrick Chardon. Les scientifiques ont même pu voir un squelette de baleine.

    La première inspection (« préliminaire et incomplète ») des images des fûts fait état d’un « état de conservation variable, avec des surfaces corrodées et une colonisation par des anémones », écrivent les chercheurs dans une synthèse. Ils ont aussi repéré sur certains fûts des fuites de matière, « de nature inconnue, probablement du bitume ».

    Radioactivité : « aucune anomalie »
    Les scientifiques ont prélevé 345 échantillons de sédiments, 5 000 litres d’eau et capturé 17 grenadiers et 17 amphipodes, des petits crustacés, pour les analyser. « Les outils de mesure de radioprotection indiquent des valeurs du même niveau que le bruit de fond environnemental », lit-on dans la synthèse.

    « On n’a constaté aucune anomalie du point de vue de la radioprotection dans les sédiments, avec les outils que l’on avait à bord, contextualise le spécialiste des effets de la radioactivité sur l’environnement au Laboratoire de physique de Clermont-Auvergne. On sera environ 100 fois plus précis en laboratoire, et il faut préciser qu’on s’est tenu à distance des fûts par principe de précaution. »


    Le robot Ulyx a été inspecté par une équipe de radioprotection après chaque plongée dans la zone de versement de résidus radioactifs.
    Photo Flotte océanographique française - Nodssum Cruise (J. Escartin)

    Une deuxième campagne, en 2026 ou 2027, permettra de faire des prélèvements à proximité immédiate et même au contact des fûts, grâce au robot télé-opéré Victor ou au submersible Nautile. « On a beaucoup de travail devant nous pour analyser les résultats et dimensionner cette campagne », annonce Patrick Chardon. Le scientifique, plus habitué « aux grosses manip’ autour des accélérateurs de particules », vivait sa première mission en mer : « C’était unique, avec une très bonne ambiance à bord. Tout le monde était mobilisé jusque très tard… Le sommeil n’a pas été régulier. » Il n’a « qu’une envie : repartir. Enfin… Après avoir dormi un peu ! »

    • l’article du 10 juin, au départ de la mission
      200 000 futs radioactifs par 4000 mètres de fond…

      « L’idée, c’est de savoir si on a bouleversé l’écosystème… » : une expédition part de Brest à la recherche de fûts de déchets radioactifs | Le Télégramme
      https://www.letelegramme.fr/finistere/brest-29200/lidee-cest-de-savoir-si-on-a-bouleverse-lecosysteme-une-expedition-part


      L’Atalante, navire de la Flotte océanographique française, quitte Brest, dimanche, pour cartographier et étudier des fûts de déchets radioactifs immergés dans l’Atlantique. À l’arrière, l’engin autonome Ulyx.
      Photo Stéphane Lesbats/Ifremer

      Une expédition scientifique quittera Brest, dimanche, pour aller cartographier et étudier des fûts de déchets radioactifs jetés dans l’Atlantique, entre 1950 et 1990. « On part un petit peu dans l’inconnu », lâche un des chercheurs.

      Vingt-et-un scientifiques, de plusieurs nationalités, se lancent à la recherche de fûts de déchets radioactifs dans les abysses à l’aide d’un robot sous-marin. L’histoire commence comme un album de Tintin. Il s’agit d’une vraie expédition scientifique, qui partira de Brest, dimanche 15 juin, pour un mois. La comparaison avec le héros à houppette fait sourire Patrick Chardon, spécialiste des effets de la radioactivité sur l’environnement au Laboratoire de physique de Clermont-Auvergne : « Indiscutablement, il y a un côté aventure… On n’est pas dans les aventures du XIXe siècle mais ça reste quelque chose que je ne pensais jamais vivre dans ma vie de chercheur ».

      « On part un petit peu dans l’inconnu », poursuit le coresponsable de la mission. L’objectif des chercheurs du CNRS est de cartographier et d’étudier une zone où ont été immergés des milliers de fûts remplis de déchets radioactifs. Entre 1950 et 1990, plus de 200 000 fûts ont été jetés dans les abysses de l’Atlantique Nord-Est, à plus de 4 000 mètres de profondeur, par la France, la Belgique et la Grande-Bretagne.

      « Ils peuvent être encore assez radioactifs »
      « Cette solution semblait assez simple, peu onéreuse, contextualise Patrick Chardon. On est loin des côtes, il n’y a pas de volcan, rien qui ne puisse perturber la zone et on pensait - à tort - que les écosystèmes étaient peu développés ou quasiment inexistants à ces profondeurs-là. Et on considérait que l’eau permettrait une grande dilution en cas de fuite. »


      Six fûts ont été retrouvés lors d’une campagne de l’Ifremer et du CEA (Commissariat à l’énergie atomique) en 1984. (Photo Ifremer/Epaulard)
      Ces largages, dénoncés à l’époque par Greenpeace, n’ont fait l’objet ni de cartographie, ni d’inventaire précis. Les scientifiques savent dans quelles zones se trouvent les fûts, mais ignorent où ils sont exactement et ce qu’ils contiennent précisément. « L’objectif est de faire un inventaire des fûts, de pouvoir évaluer leur état, voir s’ils sont éventrés ou non, s’ils sont encore en état de contenir la radioactivité ou pas, expose Patrick Chardon. Ils peuvent être encore assez radioactifs. » Une équipe de radioprotection sera, d’ailleurs, présente à bord pour protéger l’équipage.

      Des sédiments, des eaux, des poissons et des amphipodes, sortes de petites crevettes, vont être prélevés pour être analysés. « Ces prélèvements ne vont pas être faits à proximité immédiate des fûts, par précaution. On va se tenir à une certaine distance pour cette première campagne, vu qu’on travaille relativement à l’aveugle », précise Patrick Chardon. Une deuxième expédition, en 2026 ou 2027, aura pour objectif de faire des prélèvements plus près des amas de fûts, situés à la latitude de Nantes, à environ 600 km des côtes françaises.

      La « première mission » du robot Ulyx de l’Ifremer
      « L’idée, c’est de savoir si on a bouleversé l’écosystème, résume le spécialiste des effets de la radioactivité sur l’environnement. On sait qu’il y a eu la perturbation mécanique de l’impact, quand ils ont coulé. Il y a forcément aussi eu du rayonnement, des éléments radioactifs qui peuvent présenter une certaine affinité avec le vivant. Est-ce que l’écosystème a fait preuve de résilience, a évolué ? Est-ce qu’il a lui aussi agi sur la forme de la radioactivité ? » Les questions sont nombreuses. Les motifs de stress aussi, à quelques heures du départ.


      Le robot sous-marin autonome Ulyx va plonger à près de 5 000 mètres de profondeur à la recherche de fûts remplis de déchets radioactifs jetés dans les abysses entre 1950 et 1990.
      Photo Olivier Dugornay/Ifremer

      Jan Opderbecke dirige l’unité des systèmes sous-marins à l’Ifremer. Avec son équipe, il a conçu le robot sous-marin autonome Ulyx, qui plongera à près de 5 000 mètres à la recherche des fûts. « C’est sa première vraie mission scientifique, c’est un outil encore jeune, rappelle Jan Opderbecke. On a très peu de moyens de communication avec lui et, à ces profondeurs, une simple panne d’énergie peut être fatale. Il est conçu pour descendre à ces profondeurs mais il y a forcément une pointe de stress. »

      « Les moyens mis en œuvre sont très coûteux, donc on a une responsabilité, vis-à-vis de la société, de ramener des données et de faire avancer la science, ajoute Javier Escartin, géologue marin au Laboratoire de géologie de l’École normale supérieure. C’est un stress que l’on transmet à toutes les équipes ! » L’enthousiasme se partage aussi : « 

      Dans chaque campagne, il y a cette sensation de partir à l’aventure, assure le coresponsable de la mission. On va dans l’océan profond, qui n’a jamais été exploré, on a beaucoup de questions, on découvre des choses inattendues… Et on revient avec davantage de questions encore ! »

  • Un policier nantais écroué pour le viol d’un garçon de 8 ans | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/bretagne/un-policier-nantais-ecroue-pour-le-viol-dun-garcon-de-8-ans-6817775.php

    Le 1er mai 2025, les gendarmes de la brigade de recherches de Rezé (44) placent en garde à vue un policier travaillant au sein du commissariat central, boulevard Waldeck-Rousseau, à Nantes. Ses collègues apprendront, dans un mail compilant les placements en garde à vue en Loire-Atlantique, que ce fonctionnaire, âgé de 45 ans, a été déféré et mis en examen pour viol et agression sexuelle sur mineur de 15 ans. Il aurait abusé, dans un cadre privé, du fils, âgé de 8 ans, d’un ami.

    La nouvelle, révélée par Ouest-France, a fait l’effet d’une bombe parmi les policiers.

    Le mis en cause, qui, selon le procureur, aurait reconnu les faits, avait exercé au sein de la brigade de protection de la famille.
    Une mutation à la brigade des mineurs refusée

    Il avait récemment demandé sa mutation vers la brigade des mineurs. Elle lui avait été refusée, en raison d’un geste indélicat de sa part, aperçu par l’une de ses collègues, et remonté à sa hiérarchie. Il a été placé en détention provisoire, à l’isolement, loin de Nantes.

    « Le dossier a été dépaysé à Rennes et c’est un juge d’instruction de cette juridiction qui en est désormais saisi », précise Antoine Leroy, procureur de la République de Nantes.