Commentaires de Michel Fernex sur le reportage « Tchernobyl, une histoire naturelle »

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  • Tchernobyl : 30 ans après, les animaux ont investi la zone
    http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/tchernobyl/tchernobyl-30-ans-apres-les-animaux-ont-investi-la-zone_1422335.html

    Trente ans après la catastrophe de Tchernobyl, dans la zone contaminée, la vie sauvage foisonne et les animaux prospèrent. La zone contaminée commence à une trentaine de kilomètres de la centrale de Tchernobyl. À peine enfoncé dans cette zone, une harde d’élans est aperçue. En trois décennies, leur nombre a été multiplié par 10, peut-être plus, personne ne sait vraiment.

    Alors voilà donc ce que de nombreuses personnes ont vu à la TV et dans de nombreux journaux pour les 30 ans de Tchernobyl : les animaux sauvages sont là, donc tout va bien ; c’est la preuve que c’était pas si grave…

    Donc, rappelons que ce sont parce qu’il n’y a plus ou très peu de présence humaine, que la chasse y est interdite aussi, que ces grands animaux prospèrent (et prospèrent moins bien que dans d’autres réserves naturelles non irradiées)…

    http://tempsreel.nouvelobs.com/sciences/20151006.OBS7115/loups-sangliers-elans-tchernobyl-le-paradis-des-animaux.html

    Commentaires sur http://www.cell.com/current-biology/abstract/S0960-9822%2815%2900988-4

    Les radiations sont mauvaises, la présence humaine est pire

    « Il est très probable que le nombre d’animaux sauvages à Tchernobyl est plus important que ce qu’il était avant l’accident », explique Jim Smith.
    Cela ne veut pas dire que les radiations sont bonnes pour la vie sauvage, juste que les effets des habitations humaines, y compris la chasse, l’agriculture et l’exploitation forestière, sont bien pires."

    Pour lui, l’étude montre que « laissées sans contrôle, certaines populations animales vont croître exponentiellement et éventuellement surpeupler une région ». S’il pense que cette étude est « un pas très positif pour la recherche sur les impacts potentiels d’accidents nucléaires sur la santé et l’environnement », il estime aussi qu’il faut davantage de recherches sur le sujet :
    Il n’y a pas de preuve que les animaux de Tchernobyl atteignent les niveaux de croissance de population qui sont fréquemment constatés dans d’autres régions où ils sont protégés de la prédation et de la chasse."

    http://www.sortirdunucleaire.org/Commentaires-de-Michel-Fernex-sur-le-reportage

    (Commentaire sur « Tchernobyl, une histoire naturelle », diffusé la première fois par Arte en juin 2010 et rediffusé le 21 août 2012.)

    il semble judicieux de profiter des recherches scientifiques entreprises autour de Tchernobyl pour mesurer l’impact des radiations sur la faune. En effet, ces animaux sauvages dans un rayon de 30 km autour de Tchernobyl souffrent moins du stress qu’ailleurs, du fait de l’interdiction totale de la chasse depuis 25 ans dans cet espace. Les médias n’ont pas de prise sur les espèces sauvages et les humains ont déserté les 2044 km carrés entourant le réacteur détruit. Dans ce vaste espace protégé, les animaux sont à l’abri des hommes et ne risquent pas de succomber à des accidents de la circulation. Ils ont rapidement appris que la chasse n’y était jamais pratiquée.

    Cette zone d’exclusion fait l’objet d’études dont on parle peu. Ce silence permet à l’AIEA et l’UNSCEAR de rassurer les Nations Unie, suite au « Forum Tchernobyl » de 2006, en rapportant des anecdotes et négligeant ces travaux scientifiques réalisés sur place. Ainsi les gouvernements réunis par l’ONU apprennent que cet espace est devenu un paradis naturel pour les bêtes qui s’y reproduisent allègrement. Les gouvernements semblent ignorer les publications en anglais que les chercheurs sur le terrain à Tchernobyl publient régulièrement dans de bonnes revues anglo-saxonnes.

    […]
    Mais l’AIEA est à nouveau contrainte par ses statuts d’étendre la propagande pro-nucléaire dont elle a la charge, en masquant la souffrance de la faune et en inventant des slogans comme « les animaux se sont rapidement remis du choc radiologique qui a suivi l’explosion de 1986. Ils prospèrent magnifiquement ». L’AIEA ne peut plus se servir de la "radiophobie" dont elle a déjà tellement abusé. Les biologistes constatent que de vastes espaces demeurent impropres à la survie de nombreuses espèces ; seule la permanente recolonisation par des animaux venant de l’extérieur, comme chaque printemps les oiseaux migrateurs ou erratiques, permettent le maintien d’une vie maladive dans ce milieu contaminé.

    L’AIEA, l’agence, la plus haut placée dans la hiérarchie de l’ONU, dépendant directement du Conseil de Sécurité, soutient le lobby de l’atome et doit à tout prix nier la vérité sur les conséquences de Tchernobyl sur la santé de la faune comme sur celle des humains.

    #nucléaire #tchernobyl #faune_sauvage #télévision