Sexualité et handicap mental • Dépasser les bonnes intentions

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    Je recopie ici ma participation au numéro 1163 de la revue Lien Social

    Accompagnement Sexuel
    En France, en 2012, le Comité Consultatif National d’Ethique a rejeté l’accompagnement sexuel dont pourraient bénéficier les personnes en situation de handicap, assimilé à la prostitution.
    La mise en lien entre clients et accompagnants, elle, est considérée comme du proxénétisme et interdite.
    Des associations défendent ce qu’elles considèrent comme un droit, c’est le cas de l’Association Pour la Promotion et l’Accompagnement Sexuel (Appas), fondée par Marcel Nuss, auteur et conférencier, lourdement handicapé. En mars 2015, elle a animé la première formation française sur la question. « Cette formation aide à prendre conscience de ses projections en matière de sexualité, à connaître les contraintes et spécificités des différents handicaps. Elle propose également un travail avec un ostéopathe autour du toucher et des bonnes postures à adopter pour éviter de se faire mal ou de faire mal à la personne accompagnée », détaille Marcel Nuss. Depuis janvier 2014, l’association met aussi gratuitement en lien ceux et celles qui souhaitent bénéficier d’un accompagnement sexuel avec des « accompagnants » sur le territoire français : travailleurs du sexe volontaires, professionnels de la santé ou de l’aide à domicile.
    D’autres, comme le cinéaste Rémi Gendarme, également lourdement handicapé, s’opposent à l’accompagnement sexuel. Il a d’ailleurs consacré un court ouvrage à la question. "L’idée me paraît largement discriminatoire. Les arguments entendus sur le sujet véhiculent les préjugés les plus bas, les plus misérabilistes. Des points de vue à la sauce judéo-chrétienne, comme le « devoir d’humanité, peste-t-il. Ceux qui les utilisent semblent considérer les hommes et les femmes en situation de handicap comme des sous-humains incapables d’accéder à une vie affective et sexuelle. Accepter cette proposition équivaut à admettre que les corps handicapés ne peuvent pas séduire. Le problème est énorme : la misère touche toute la société. Elle impose à chacun des canons de beauté et une sexualité normative. C’est aux professionnels de la santé, aux institutions et aux usagers de se saisir largement de cette question. Il ne s’agirait pas de faire l’autruche en délégant les questions, si nombreuses, de l’intimité en institution, à un service externalisé. »
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