Insee - Revenus-Salaires - Une pauvreté très présente dans les villes-centres des grands pôles…

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    • Dommage qu’il n’y ait pas un peu d’explications... A priori, moins de la moitié des #chômeurs_inscrits sont indemnisés par l’Unedic. La part à « moins de 500 euros » doit comporter essentiellement des allocataires de l’ASS (http://droit-finances.commentcamarche.net/faq/4470-montant-de-l-ass-2015), allocation qui n’est pas financée par les cotisations emploi mais par l’impôt, tout comme le RSA, dont je vois pas trop où il se trouve dans ce camembert.

      #invisibilité. Par ailleurs, on ne sait pas calculer la quantité de « #chômeurs_découragés », comme disent les experts, c-à-d de chômeurs qui ne s’inscrivent pas ou plus, ou sont radiés et le restent, qui pour une raison ou une autre (absence de droits à alloc, méconnaissance, évitement des emmerdes du contrôle).

      #non_recours à rien et des emmerdes. #pauvreté

    • Sans doute, mais outre la nécessaire critique du « seuil de pauvreté »
      http://seenthis.net/messages/376439#message376528
      http://seenthis.net/messages/219482#message219659

      ne pas oublier que plus de 40% des indemnisés Pôle (pour les non indemnisés et les « découragés », je sais pas) sont des "chômeurs en activité à temps réduit" (catégories B,C et D) dont la survie dépend de l’alloc mais aussi de salaires issus de l’emploi. Ces chômeurs en activité à temps réduit, il y a 1 700 000.
      http://seenthis.net/messages/155261
      http://seenthis.net/messages/141037

      Je crois pas que c’était mieux avant, mais le chômeur et la chômeuse ne sont plus ce qu’ils étaient. Le chômage n’est pas l’envers du #travail mais l’un de ses moments, y compris sous cette forme conventionnelle (avec salaire), mesurée (en heures) et partielle du travail qu’est l’#emploi.

      #activité_à_temps_réduit #précarité

    • Entre chômage et petits boulots, 27/7/15 (avec des chiffres plus récents)
      http://www.la-croix.com/Actualite/France/Entre-chomage-et-petits-boulots-2015-07-27-1338586

      1/3 DES DEMANDEURS D’EMPLOI ONT UNE ACTIVITÉ RÉDUITE

      Sylvie est loin d’être la seule dans son cas. En mai, le nombre d’inscrits à Pôle emploi qui, au cours du mois écoulé, ont eu une activité réduite, qu’elle soit de moins de 78 heures dans le mois (catégorie B) ou de plus de 78 heures (catégorie C), a atteint 1,862 million, soit plus du tiers de l’ensemble des demandeurs d’emploi tenus de chercher du travail . Leur nombre explose, avec une augmentation de 13,9 % en un an, bien plus importante que celle des demandeurs d’emploi sans activité, en catégorie A (+ 5 %).

      À ces demandeurs d’emploi qui travaillent à temps partiel, s’ajoute une autre catégorie de chômeurs en développement  : ceux qui reprennent un travail à temps complet mais précaire, et qui se retrouvent à nouveau à Pôle emploi quelques mois plus tard. « Chaque année, autour de 800 000 personnes alternent ainsi petits boulots et chômage », explique-t-on à l’Unedic.

      DES DURÉES DE CONTRATS DE PLUS EN PLUS COURTES

      C’est bien sûr l’évolution du marché du travail qui explique cette situation. Aujourd’hui, plus de neuf embauches sur dix se font en contrat temporaire, alors que cette proportion était de 45 % en 1982. De plus, la durée de ces contrats se raccourcit  : un mois en moyenne en 2011 contre trois mois en 1982.

      « Plus les emplois proposés sont instables, plus cela entraîne un phénomène de récurrence du chômage, avec des personnes qui sortent du chômage et y retournent ensuite », explique Yannick L’Horty, professeur d’économie à Paris-Est Marne-la-Vallée. Toutefois, selon une étude de la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) parue en 2014, le fait d’avoir une activité réduite durant son chômage semble avoir un effet positif sur le taux de retour à l’emploi douze mois après, « de l’ordre de 10 points ». Mais, précise l’étude, à condition que cette situation « ne se prolonge pas au-delà de six mois ».

      Les derniers avis d’#experts pour le bien de tous... (pas encore lu) : Améliorer [ sic ] l’assurance chômage pour limiter l’instabilité de l’emploi [ _#merci_patron_ ], Pierre Cahuc et Corinne Prost, Les notes du conseil d’analyse économique, n° 24, septembre 2015
      http://www.cae-eco.fr/IMG/pdf/cae-note024.pdf


  • Pourquoi la crise affole les #statistiques de la #pauvreté
    http://www.inegalites.fr/spip.php?page=article&id_article=2080

    Pour saisir toute la subtilité du phénomène, il faut se pencher sur la méthode de calcul du seuil de pauvreté. En France – et en Europe en général – ce seuil est mesuré de façon relatif (en proportion) au niveau de vie médian, niveau qui sépare l’effectif des ménages en deux, autant gagne plus, autant moins. Or, la crise ne touche plus seulement les plus pauvres, mais aussi les couches moyennes qui vivent avec environ 1 600 euros par mois pour une personne seule. Dans le secteur privé, mais aussi dans le public où les salaires diminuent comme cela a été le cas notamment en 2013.

    Ainsi, le niveau de vie médian baisse. Résultat, le seuil de pauvreté en fait de même, et une partie des ménages cessent alors d’être considérés comme pauvres alors que leurs revenus n’ont pas changé. Cet effet, valable au moins au seuil de 60 %, est plus fort que l’impact de l’augmentation du nombre de ménages qui voient leurs revenus diminuer (par exemple en passant par la case chômage) et tombent sous ce seuil. Au bout du compte, la pauvreté – ainsi mesurée - diminue [3].

    • Tu ne l’as pas entendu, @aude_v, parce que Philippe Manière ne va pas citer la référence de quelqu’un vraiment peu suspect d’amour excessif pour le capitalisme, les curieux pourraient y trouver de vrais arguments…

      Je ne trouve pas exactement l’endroit d’où proviennent les chiffres 8 et 3 qu’ils mentionnent (je soupçonne d’ailleurs que le 3 en question est en réalité suivi de quelques brouettes après la virgule…) Mais, il y a de grandes chances qu’il s’agisse d’un billet commentant la sortie de Les revenus et le patrimoine des Français, édition 2013 de l’INSEE. Puisqu’on peut à peu près reconstituer les chiffres qu’il mentionne. La fiche thématique 1.6 (pp. 88-89) donne La composition des revenus selon le niveau de vie.

      Dans le tableau 2, le total des revenus avant transferts et impôts représente 61,8% du total des revenus des 10% des ménages ayant le niveau de vie le plus faible. Pour les 10% ayant le niveau de vie le plus fort, le chiffre correspondant est de 125%. (données de 2010). Le rapport entre ces deux chiffres donne bien le coefficient 2 (8 divisé par 3 virgule quelque chose) quand on passe du rapport entre les revenus avant transfert au rapport des revenus disponibles.

      Laissons de côté, les arguties sur le poids de la TVA (impôt non progressif dans le total des impôts), on peut juste constater que ce Monsieur attribue aux seuls impôts (directs) un effet redistributif qui résulte au moins autant des transferts sociaux (allocations familiales, allocation logement et minimas sociaux). Et donc, sous son l’impôt détruit la création de richesse, il faut aussi entendre pas d’allocs pour les fainéants.

      Un petit graphique :

      Parmi les sites susceptibles d’être dans les sources du chroniqueur, il pourrait y avoir L’Observatoire des Inégalités dont le nom même montre bien le « gauchisme ». Par exemple, http://www.inegalites.fr/spip.php?page=article&id_article=1469 qui outre le titre de la fiche thématique La composition des revenus selon le niveau de vie reprend, sous une forme modifiée le tableau 1 de la fiche.

    • Ah, tiens ! ça doit être ce billet (octobre 2010) sur le même site « gauchiste ». En particulier, parce qu’il s’agit bien ici des 20% les plus aisés et des 20% les plus modestes.

      Inégalités de revenus : comment l’Etat redistribue la richesse
      http://www.inegalites.fr/spip.php?article1312

      Mais les impôts et les prestations sociales jouent toujours un rôle essentiel dans la réduction des inégalités de niveaux de vie. Avant redistribution, le niveau de vie des 20 % les plus aisés est au minimum 6,9 fois plus élevé que celui des 20 % les plus modestes, mais il l’est de 3,8 fois plus après impôts et prestations sociales.

      Les prestations sociales réduisent davantage les inégalités de revenus que les impôts.
      En prenant en compte l’ensemble de la distribution des revenus, les prestations sociales expliquent 32 % de la réduction de l’écart entre les plus riches et les plus pauvres, alors que les impôts directs n’en représentent que 17 %. Tandis que les prestations sont concentrées sur les bas revenus – la plupart sont sous conditions de ressources –, les impôts directs touchent une proportion beaucoup plus large des contribuables. Les impôts qui corrigent le plus les inégalités sont dits « progressifs », parce que le taux d’imposition augmente progressivement avec la ressource taxée (c’est le cas de l’impôt sur le revenu notamment). Mais ils ne représentent plus grand-chose aujourd’hui : l’impôt sur le revenu ne représente plus que 7 % de l’ensemble des prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales). A l’opposé, les allocations logement ou chômage et les minima sociaux notamment jouent un rôle de plus en plus grand.

      Comme le lien précédent, il reprend à sa façon les données de l’INSEE, cette fois-ci France, portrait social, édition 2009 (p. 80 et suivantes, dans le chapitre Les mécanismes de réduction des inégalités de revenu en 2008)
      http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/FPORSOC09H.PDF
      (mais là, l’INSEE parle de quintiles ;-)

      Dans le papier de l’INSEE, il y a plusieurs étapes de la redistribution donnant à chaque étage des rapports différents. Si la source de Ph. M. est bien celle-ci, on pourrait alors alors constater que
      • 6,9 s’arrondit à … 8
      • 3,9 s’arrondit à …3
      (mais je dois être un peu trop soupçonneux ;-)


  • La pauvreté se concentre dans les villes-centres plus que dans les périphéries
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/06/02/la-pauvrete-se-concentre-dans-les-villes-centres-plus-que-dans-les-peripheri

    C’est dans les #centres-villes des grands pôles urbains que se concentre la #pauvreté en France, bien plus que dans les banlieues et les couronnes périurbaines. L’Insee livre, dans une étude publiée mardi 2 juin, une image détaillée et actualisée de la pauvreté, déjà esquissée dans son « Portrait social de la France » en novembre 2014. Et confirme qu’à rebours des thèses défendues par le géographe Christophe Guilluy en septembre 2014 dans son ouvrage La France périphérique (Flammarion, 18 euros), « la pauvreté est dans l’ensemble la plus forte dans les villes-centres des grandes aires urbaines ».

    Dans ces cœurs d’agglomération, 20 % des ménages en moyenne ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté. Le taux de pauvreté dans les villes-centres « atteint parfois deux à trois fois celui des banlieues et plus de quatre fois celui des couronnes périurbaines », souligne l’Insee. Plus on s’éloigne du centre, plus ce taux recule : il est de 14 % dans les proches banlieues, de 10 % environ dans les grandes couronnes.

    Dans les grands pôles urbains, les niveaux de vie médians « sont presque toujours plus élevés en banlieue qu’en ville-centre », souligne l’Insee. « Cela recouvre de grandes disparités : ces pôles urbains regroupent des villes hétérogènes, avec des populations aisées et de la pauvreté », précise Luc Brière, chef de la division statistiques régionales, locales et urbaines de l’Insee.

    « Revenu disponible »

    Pour établir ces statistiques basées sur les indicateurs de 2012 – les plus récents disponibles –, l’Insee a pu, pour la première fois, utiliser un fichier de #données_sociales et fiscales exhaustif, baptisé #Filosofi. Celui-ci croise les données fiscales issues de la direction des finances publiques et les données sur les #prestations_sociales fournies par les principaux organismes prestataires. « Ce fichier nous permet de nous baser sur le #revenu_disponible, et non seulement le revenu fiscal. Pour parler correctement de la pauvreté, il faut tenir compte aussi des prestations sociales reçues et des impôts payés, explique Luc Brière. Grâce à Filosofi, nous pouvons aussi travailler au niveau communal, et non plus seulement à une échelle départementale. »

    Alors que Christophe Guilluy, pour souligner la fracture entre des métropoles mondialisées et des territoires périphériques laissés pour compte, assurait que la question sociale se concentrait « de l’autre côté des métropoles, dans les espaces ruraux, les petites villes, les villes moyennes, dans certains espaces périurbains », l’étude de l’Insee montre au contraire une pauvreté limitée dans les communes situées aux portes des grandes aires urbaines.

    Et si les communes isolées, rurales ou peu denses situées en dehors de l’attraction d’un pôle urbain affichent un taux de pauvreté élevé – 17 % –, elles n’hébergent malgré tout que 5 % de la population pauvre en France. « Globalement, 77 % de la population pauvre réside dans les 230 grandes aires urbaines de métropole, dont 65 % dans les grands pôles urbains et 20 % dans l’aire urbaine de Paris » , résume l’Insee.

    De fortes inégalités

    Les villes-centres sont aussi celles qui concentrent les plus fortes inégalités. « Le niveau de vie au-dessus duquel se situent les 10 % de personnes les plus aisées est en moyenne plus de 4,4 fois supérieur à celui en dessous duquel se trouvent les 10 % les moins aisés », détaille l’Insee. A Paris, ce coefficient est même de 6,7 fois… contre un rapport de 3,5 fois en moyenne sur l’ensemble de la population.

    Dans ces cœurs d’agglomération, la part des revenus du patrimoine représente 30 % du revenu pour les 10 % les plus riches, quand la part des prestations sociales atteint 46 % du revenu des 10 % les plus pauvres.

    Sans surprise, ce sont les ménages jeunes, les familles nombreuses et les familles monoparentales qui sont le plus touchés par la pauvreté. Dans les villes-centres, 27 % des ménages jeunes, 35 % des familles monoparentales et 37 % des ménages de cinq personnes et plus vivent en situation de pauvreté. A l’inverse, là aussi, c’est dans les couronnes des grands pôles urbains que ces taux sont les plus faibles.
    A plus grande échelle, les statistiques issues du fichier Filosofi soulignent une pauvreté très élevée en Corse, Languedoc-Roussillon et Nord - Pas-de-Calais (autour de 20 %), tandis que le taux de pauvreté reste autour de 10 % en Bretagne et Pays de la Loire. L’Ile-de-France compte à la fois les départements ayant le plus fort et le plus faible taux de pauvreté (9 % dans les Yvelines, 27 % en Seine-Saint-Denis).

    Après des décennies d’éviction des prolos et pauvres, Paris est exemplaire de cette forte polarisation sociale des grandes villes, une ville riche faite pour les riches, avec une quantifié phénoménale de pauvres (environ 70 000 #Rsastes et 250 000 #CMU, pour ne prendre que ces deux indices). Bien sûr, la pauvreté n’est pas qu’affaire monétaire ; d’une part la structure des dépenses diffère (moins de bagneule, plus de loyer) et les ressources disponibles aussi. Pas de potager, mais des transports éventuellement gratuits, une "offre culturelle dont une part est gratuite (plus de concert dans plus d’église, plus de musée accessibles aux chômeurs, etc), et souvent plus de facilité à être employé dans ces villes. Bref, le dic de l’’Insee est une saisie partielle. On est pas près de savoir qui sont les « vrais pauvres »...