Halluin : le Heartbeats, première édition et premier bilan

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    La première édition du Heartbeats festival, impulsé par le forum de l’Eurométropole et des salles de concert dont le Grand Mix a fermé ses portes dimanche à 2 heures. Les festivaliers étaient ravis du lieu et de l’ambiance même s’ils n’étaient pas assez nombreux.
    Bonne ambiance durant deux jours mais des festivaliers peu nombreux. Photo Ludovic Maillard VDNPQR

    Ce qu’on a beaucoup aimé

    Le décor. Le port de plaisance d’Halluin a fait l’unanimité. Le site sauvage à deux pas de la Lys a été une découverte pour beaucoup. De plus les organisateurs avaient soigné la mise en scène du festival avec des sièges et chaises longues confectionnées avec des palettes, des restos soigneusement installés dans d’anciens tunnels de tôle. L’option recyclage a renforcé le côté champêtre. Mais surtout ce festival a révélé l’énorme potentiel de ce site transfrontalier. « Ce serait dommage de ne rien y faire. Halluin tient là une véritable pépite », remarquait un peu jaloux un élu d’une ville voisin. Le maire souhaite lancer une délégation de service public avec un impératif : garder le Heartbeats Festival.

    Le timing. Douze groupes étaient à l’affiche pendant deux jours. Ils avaient quarante minutes chacun sur scène et tout s’est déroulé comme sur du papier à musique. Même avec une ouverture tardive des barrières vendredi, même avec un problème de synchronisation du groupe Rocky samedi. Les changements de plateaux ont été efficaces, et samedi le soleil et les chaises longues ont permis aux festivaliers de patienter sereinement.

    La convivialité. Les festivaliers ont été chouchoutés dès leur arrivée avec des parkings bien organisés et pas trop loin du site. Ensuite l’accueil était souriant. Pendant les deux jours, une armée de bénévoles, remarquables à leur tee-shirt orange, a quadrillé le site à la recherche du moindre détritus. Une brigade propreté irréprochable qui a incité les festivaliers à être vertueux… même lorsqu’ils avaient les mains grasses pour avoir mangé des frites bio et excellentes ou des hamburgers délicieux. L’idée d’avoir invité des food trucks a été plébiscitée…

    Ce qu’on a moins aimé

    Le nombre d’entrées. C’est le point noir de cette première édition. Les organisateurs avaient espéré 12 000 personnes sur deux jours. Le vendredi, les festivaliers étaient 4 000 et le samedi 3 000. Le premier jour, le festival a sans doute pâti de l’alerte météo qui l’a contraint à ouvrir ses portes avec une heure de retard. Certains spectateurs, venus de loin, ont peut-être renoncé à faire la route sous l’orage. Le deuxième jour, c’est la Ligue des champions, deuxième audience footballistique après la coupe du Monde, qui a peut-être plombé le festival. Visiblement dEUs et Roisin Murphy n’ont pas fait le poids face au FC Barcelone.

    L’affiche. La concurrence est rude entre les festivals alors que s’annoncent Dour, Wechter et les Nuits secrètes. Le budget des festivaliers n’est pas extensible et certains se sont peut-être dit que dEUS, ils auraient l’occasion de les voir ailleurs. En juillet et août, le groupe belge est à l’affiche cinq fois en Belgique. À Wechter les 25 et 26 juin, on retrouvera Caribou, Roisin Murphy, Years and Years, Magnus, Badbadnotgood et Ibeyi. Consolation : les festivaliers halluinois peuvent se dire qu’ils les ont vus en avant-première. Métronomy aura lui fait la différence. Une seule autre date est programmée en Belgique en juillet. Pour battre de nouveau, le Heartbeats devra peut-être être plus audacieux dans sa programmation. Pas simple en pleine période de festivals… et pour une première édition.

    Le wi-fi. Vous n’avez pas pu suivre le festival en direct et pour cause. Pas de haut débit, une 3 G défaillante et des festivaliers qui cherchaient le bras en l’air une source d’internet avec un téléphone qui oscillait entre le réseau belge et le réseau français. Si Halluin dispose d’un lieu extraordinaire, la ville a encore une fois pâti ce week-end d’un haut début défaillant.
    Pour le Grand Mix, il faut d’abord faire le bilan financier

    Directeur du Grand Mix (coorganisateur de l’événement avec l’Aéronef, De Kreun et la société Super), Boris Colin était, hier sur le site du Heartbeats Festival afin de donner un coup de main... au démontage des chapiteaux. « Le bilan qualitatif est bon, les retours des artistes et des festivaliers sont excellents. De ce point de vue, on est content, l’objectif est atteint, même si il y a plein de choses à améliorer », avance-t-il. Boris Colin est aussi très heureux que la salle tourquennoise ait montré son savoir-faire en terme d’organisation.

    « Pour une première, c’est un bilan positif, notamment au niveau de l’organisation, confirme Ines Mendes, chargée de mission à l’Eurométropole. Les têtes d’affiche étaient de qualité. Le festival existe, le pari est gagné. » L’Eurométropole, dont le Heartbeats Festival est un peu le bébé, entend le pérenniser. « On aimerait une deuxième édition l’an prochain. »

    « On perd de l’argent »

    C’est aussi la volonté de Boris Colin. « Notre souhait n’est pas de faire un one shot ! » Il est toutefois beaucoup trop tôt pour affirmer que le festival sera reconduit en 2016. « Il faut d’abord faire le bilan financier de l’opération et en discuter avec nos partenaires. » Car avec « seulement » 7 500 festivaliers sur les deux soirs alors que les organisateurs en attendaient 10 à 12 000, la première édition du festival ne devrait pas rentrer dans ses frais. « On n’a pas tous les chiffres, mais on perd de l’argent », estime Boris Colin.

    Un coup d’épée dans l’eau ? Ce serait regrettable. Du bon son, un décor bucolique, des burgers saignants, avec le Heartbeats Festival, le Grand Mix semble détenir une recette gagnante. M. T.