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  • TikTok a-t-il vraiment tué la lecture aux États-Unis ?
    https://actualitte.com/article/133695/programmes/tiktok-a-t-il-vraiment-tue-la-lecture-aux-etats-unis

    En octobre 2024, le vidéaste américain Jared Henderson publiait une vidéo au titre suffisamment définitif pour devenir virale : Why Everyone Stopped Reading (Pourquoi tout le monde a arrêté de lire). Des étudiants incapables de terminer un livre, une école qui aurait abandonné de bonnes méthodes d’apprentissage, le smartphone achevant le travail : en onze minutes, le récit avait la force des explications qui mettent plusieurs inquiétudes dans une seule boîte.

    Publié le :

    04/09/2026 à 17:22

    La vidéo a depuis cumulé près de quatre millions de vues. Deux ans plus tard, Jared Henderson a pourtant ajouté un commentaire sous celle-ci : après avoir continué à travailler sur le sujet, il reconnaît que certaines de ses affirmations étaient erronées ou trop catégoriques et annonce vouloir les corriger.
    Une société saturée de textes

    Le 9 août 2026, il a publié une longue mise au point dans laquelle il réexamine une douzaine d’affirmations formulées dans ses vidéos sur la « crise de la lecture ». Il revient notamment sur plusieurs chiffres très diffusés autour de la literacy américaine - terme qui désigne plus largement que notre « alphabétisation » la capacité à comprendre et utiliser l’écrit.

    Cette mise au point peut être comparé à une enquête de Rose Horowitch publiée cet été dans The Atlantic sur l’entrée supposée des États-Unis dans une ère « post-littéraire ».

    Le constat de Jared Henderson n’est pas que tout va bien, mais que plusieurs problèmes différents ont été regroupés sous une même « crise » : niveau de compréhension, apprentissage de la lecture, recul du livre et difficulté à maintenir son attention sur des textes longs.

    Car les Américains lisent toujours : courriels, messages, réseaux sociaux, sous-titres ou résultats de recherche. Ce qui paraît reculer est plus précis : la lecture longue, volontaire et régulière, particulièrement celle des livres.

    #Lecture #Livres #Edition

  • Charlotte Puiseux, grande penseuse de l’antivalidisme, s’en est allée | Hocine Bouhadjera
    https://actualitte.com/article/133283/auteurs/charlotte-puiseux-grande-penseuse-de-l-antivalidisme-s-en-est-allee

    Philosophe, autrice, ancienne psychologue et militante, Charlotte Puiseux est morte le 9 août 2026, à l’âge de 39 ans. Avec « De chair et de fer », puis « Plutôt vivre ! », elle avait contribué à faire connaître en France les notions de validisme et de culture crip, en mêlant expérience personnelle, philosophie politique et combat collectif. Un nouvel essai, « Le Handicap au prisme queer et crip », doit paraître à titre posthume le 27 août. Source : Actualitté

  • Les coûts de rénovation du site François-Mitterrand de la BnF estimés à 527,6 millions €
    https://actualitte.com/article/132405/bibliotheque/les-couts-de-renovation-du-site-francois-mitterrand-de-la-bnf-estimes-a-

    Rapporteur spécial des crédits de la mission « Médias, livres et audiovisuel », le sénateur Jean-Raymond Hugonet (Essonne, Les Républicains) s’est penché sur la politique immobilière de la Bibliothèque nationale de France. Il relève, une nouvelle fois, le « mur d’investissement » que constitue la rénovation du site François Mitterrand, mais s’interroge également sur l’avenir du site de l’Arsenal, dans le 4e arrondissement parisien.

    Publié le :

    01/07/2026 à 12:28

    Antoine Oury

    D’une valeur brute de 1,49 milliard € au 31 décembre 2024, le patrimoine immobilier de la Bibliothèque nationale de France se classe au 7e rang, parmi les établissements publics nationaux et les opérateurs de l’État. Il compte 7 implantations principales, dont le site François-Mitterrand — Tolbiac (13e arrondissement de Paris, 200.455 m2), le Quadrilatère Richelieu (2e arrondissement, 26.155 m2), la Bibliothèque de l’Arsenal (4e arrondissement, 7706 m2) ou encore le Centre technique de conservation de Bussy-Saint-Georges (11.177 m2).
    Un problème de place

    Aussi imposant soit-il, ce parc immobilier se heurte au gigantisme d’une mission centrale de la BnF, le dépôt légal, qui fait croitre ses collections d’environ 6 kilomètres linéaires par an. Outre la production des éditeurs, l’établissement fait face au développement de l’autoédition, « qui représente désormais environ un quart des livres imprimés entrant par dépôt légal », souligne le sénateur Jean-Raymond Hugonet.

    Pour limiter ces conséquences physiques et matérielles, il recommande « de substituer, lorsque cela est possible, le dépôt d’un fichier numérique au dépôt physique des publications imprimées, en particulier pour l’autoédition et la presse régionale ». A priori, ce dépôt légal numérique est en bonne voie : Florence Philbert, directrice générale des médias et des industries culturelles, indiquait en avril dernier au Sénat que sa mise en œuvre était espérée dès le 1er janvier 2027.

    La construction du centre de conservation d’Amiens doit aussi répondre à cet impératif d’espace. L’ouverture de cet équipement est prévue pour 2026, tandis que son coût est estimé à 116,4 millions €. Le sénateur estime cependant que son financement doit être sécurisé : 3,1 millions € supplémentaires s’ajoutent à la facture, tandis que l’obtention des financements européens n’est pas finalisée et que les recettes liées à des cessions immobilières sont potentiellement surévaluées.
    Éviter d’aller dans le mur (d’investissement)

    Déjà pointé à plusieurs reprises par les parlementaires, notamment par Jean-Raymond Hugonet lui-même, le « mur d’investissement » que représente la rénovation du site François-Mitterrand — Tolbiac reste toujours aussi imposant. D’après le rapport du sénateur, « le site arrive au bout d’un cycle technique » et l’état des installations atteint même « un niveau critique ».
    Tableau extrait du rapport de Jean-Raymond Hugonet
    Tableau extrait du rapport de Jean-Raymond Hugonet

    Citant les outils d’analyse de la BnF pour l’année 2025, il avance que « 25 % des équipements du site sont en état “très critique” et 30 % en état “critique”, soit un taux de criticité de 55 %, incompatible avec la garantie d’un bon fonctionnement ». Dès 2029, 70 % des équipements pourraient présenter des niveaux critiques ou très critiques, « avec possibilité de fermeture partielle ou totale du site ».

    D’après les témoignages recueillis par le sénateur, des pièces sont même « récupérées sur des équipements en panne pour réparer des installations plus stratégiques ». L’état des infrastructures de la BnF et ses besoins budgétaires sont pointés depuis plusieurs années déjà par les syndicats, et l’intersyndicale BnF CGT – SUD annonce d’ailleurs un mouvement de grève, ce vendredi 3 juillet, pour dénoncer des « destructions d’emplois », des « pertes importantes en termes de rémunérations » et des « conditions de travail dégradées ».

    Jean-Raymond Hugonet chiffre les besoins financiers, pour la rénovation du site François-Mitterrand – Tolbiac, à 527,6 millions €. Les urgences restent une dette de maintenance accumulée de 88 millions € dès 2025, « à laquelle s’ajouteraient 112 millions d’euros supplémentaires entre 2027 et 2029, soit un besoin cumulé de l’ordre de 200 millions d’euros sur cinq ans ». En 2029 seulement, 77,6 millions € couvriraient les besoins de renouvellement et de gros entretien correctif.

    Or, les moyens alloués sont dérisoires face aux enjeux : la loi de finances 2026 prévoit 23,7 millions € en autorisations d’engagement et 12,8 millions € en crédits de paiement pour le site François-Mitterrand au titre du patrimoine immobilier... Le fonds de roulement de la BnF, pour sa part, n’est plus suffisant et se trouve même « proche de son niveau prudentiel ». Pour le sénateur, il est donc urgent d’élaborer la trajectoire budgétaire pluriannuelle de la rénovation du site François-Mitterrand et de regarder en face les défis à l’horizon...

    Toujours sur le site François-Mitterrand — Tolbiac, il recommande par ailleurs d’adapter les objectifs de réduction de la consommation d’énergie aux spécificités de l’activité de la BnF, en prenant en compte les contraintes liées à la conservation des documents (température et hygrométrie).

    #Maintenance #Service_public #Economie

  • Le webtoon français : une filière en quête de reconnaissance
    https://actualitte.com/article/132060/enquetes/le-webtoon-francais-une-filiere-en-quete-de-reconnaissance

    Protoon, première association professionnelle dédiée au webtoon en France, veut donner une voix collective à une filière encore fragile, mais déjà riche de créateurs, de studios, de plateformes et de lecteurs. Entre succès d’audience, dépendance aux plateformes, précarité des auteurs, manque de données et de reconnaissance institutionnelle, et besoin de formation, récit d’un secteur qui cherche à sortir de l’angle mort pour devenir une véritable industrie culturelle.

    #Edition #Webtoon

  • Une bibliothèque nationale glisse ses archives dans une fiole d’ADN
    https://actualitte.com/article/131740/insolite/une-bibliotheque-nationale-glisse-ses-archives-dans-une-fiole-d-adn

    La Library of Congress déposera dans l’America250 Time Capsule une fiole d’ADN synthétique contenant des copies numériques de trésors patrimoniaux. Le brouillon de Jefferson, des manuscrits, sons et archives passeront dans une mémoire moléculaire programmée pour 2276, à Philadelphie. Une expérience minuscule par son format, immense par les questions qu’elle adressera aux futurs lecteurs.

    Il y aurait plein de choses à dire sur cette expérience... mais un non-dit qui me semble à la fois curieux et inquiétant : si on transfère la mémoire pour seulement 250 ans dans un matériaux qui n’est ni sensible aux changements climatiques, à des impulsions électromagnétiques (genre bombe atomique), à des destructions volontaires ou involontaires ou à des incendies, des inondations... c’est peut être que l’on s’inquiète de l’avenir du monde civilisé actuel, qu’on redoute les guerres et les bouleversements climatiques. Mais dans ce cas, préserver est-il le plus urgent ? Agir contre les forces de la destructivité est certainement plus efficace. Enfin, j’espère...

    #Bibliothèque #Archives #ADN #Mémoire

  • Britannica pillé par ChatGPT : comment Umberto Eco avait prévu ce vertige
    https://actualitte.com/article/131308/enquetes/britannica-pille-par-chatgpt-comment-umberto-eco-avait-prevu-ce-vertige

    Les plaignants soutiennent que les produits fondés sur ChatGPT profitent de ces contenus de référence tout en captant les lecteurs par des synthèses qui se substituent aux visites sur leurs sites. Le grief économique rejoint donc une question intellectuelle : qui rend le savoir vérifiable lorsque l’interface coupe le trajet vers la source ?

    Une encyclopédie ne vaut pas seulement par ses articles, mais par la possibilité de revenir à ceux qui les écrivent, les vérifient, les signent et les révisent. Pour les métiers du livre, la conséquence est concrète : aucune synthèse automatique ne remplace une source identifiable, consultable et responsable.

    #Umberto_Eco #Bibliothèque #Connaissance #Sources_documentaires

  • Les algorithmes et l’IA réduisent les horizons de nos bibliothèques
    https://actualitte.com/article/131069/enquetes/les-algorithmes-et-l-ia-reduisent-les-horizons-de-nos-bibliotheques

    La Commission européenne s’est intéressée à la découvrabilité des œuvres au sein de l’environnement numérique, concept qu’elle explore dans un épais rapport de 300 pages. Une partie dédiée au livre pointe le risque que font courir réseaux sociaux, plateformes de vente et autres algorithmes pour la diversité linguistique et la variété des œuvres et artistes mis en avant.

    Il me semble l’avoir déjà dit, mais l’IAGen de nos milliardaires est un totalitarisme.

  • Marelle | #Police #cursive #libre pour l’enseignement de l’écriture à l’école élémentaire
    https://marelle.forge.apps.education.fr

    Marelle est une police cursive libre pour l’enseignement de l’écriture à l’école élémentaire.La police Marelle est conçue spécifiquement pour l’enseignement de l’écriture cursive à l’école élémentaire, elle a été développée par une équipe d’enseignants et designers spécialisés dans les systèmes d’écriture.

    La police Marelle propose 3 types de variantes  :

    – majuscules bâtons ou cursives
    – avec ou sans lignage Seyes
    – hauteur des ascendantes et descendantes

    Ces variantes peuvent être combinées, pour répondre au mieux aux besoins des enseignants et des élèves.
    Marelle est disponible au téléchargement sous licence libre OFL. Vous pouvez l’utiliser et la diffuser gratuitement.

    #font #typographie

    • Grand #merci !
      C’est très utile pour tous les parents/grand parents/enseignants du francais (avec cédille seulemnt sur les claviers francais, écrit à la main par contre il n’y a pas de problème de codage de caractères) .

      Fable médiatique : Finlande / USA, les écoliers n’apprendront plus à écrire à la main…
      https://seenthis.net/messages/319461

      Je suis POUR l’apprentissage de la calligraphie à l’école. Je suis également pour l’utilisation de tous les outils informatiques à l’école. Il faut par contre faire attention à ne pas détruire/remplacer ses capacités intellectuelles par la confiance dans les robots informatiques.

      voire
      Les chinois oublient comment écrire à cause des SMS
      https://actualitte.com/article/78157/scolarite/les-chinois-oublient-comment-ecrire-a-cause-des-sms

      Inquiétudes gouvernementales

      De son côté, le gouvernement a interrogé les professeurs sur les aptitudes à l’écrit de leurs élèves. 60 % des enseignants ont déclaré avoir noté une baisse des capacités des élèves. Pour faire face au problème, le gouvernement veut les forcer à écrire plus souvent à la main. Une des solutions avancées serait de les obliger à rendre leurs devoirs en version manuscrite. Ce qui aurait aussi l’effet positif de limiter les « copier-coller ».

      Encore cette avant-garde chinoise ;-)

      #Chine #écriture

  • Et si lire rendait les Français plus heureux ? Ce que révèlent les études
    https://actualitte.com/article/130380/enquetes/et-si-lire-rendait-les-francais-plus-heureux-ce-que-revelent-les-etudes

    L’enquête Ipsos sur le bonheur en 2026 ne parle presque jamais de livres. Pourtant, en croisant ses résultats avec les travaux sur la lecture-plaisir, un faisceau cohérent apparaît : famille, santé mentale, sentiment de sens, qualité de l’attention, sociabilité. Autant de dimensions que le livre ne mesure pas directement, mais qu’il façonne en profondeur, de l’enfance aux bibliothèques.

    #Lecture #Bonheur #Empathie

    • Le gamin a 5 ans, à tout casser. S’il est capable d’aborder – et d’apprécier – des livres de ce type, il est particulièrement précoce.

      la recherche sur l’image est assez compliquée car elle est très présente mais (presque) jamais créditée correctement…
      (merci Slate)

      au final, voici l’auteur :
      Ben White @unsplash
      https://unsplash.com/fr/@benwhitephotography

      I consider myself a servant of Jesus Christ. I love finding beauty in simple things. I want everything I do to bring honor and glory to God. If you would like to help me out so I can continue bringing you more photos, I’d be grateful!

      la photo est légendée

      boy sitting on bench while holding a book

      https://unsplash.com/fr/photos/boy-sitting-on-bench-while-holding-a-book-4K2lIP0zc_k

      des variantes se trouvent sur iStock (qui le tient lui-même d’une autre banque d’images), légendée
      Plan rapproché d’un enfant surpris avec une bible ouverte sur ses genoux et un arrière-plan flou
      https://www.istockphoto.com/fr/photo/plan-rapproché-dun-enfant-surpris-avec-une-bible-ouverte-sur-ses-genoux

    • petite expérience avec ChatGPT

      quel est l’âge de l’enfant représenté sur la photo ?
      Il est difficile de donner un âge exact juste à partir de la photo, mais l’enfant semble être un jeune enfant, probablement entre 3 et 5 ans.

      peut-on identifier le type de livre qu’il tient entre les mains ?
      On ne peut pas identifier précisément le livre, mais certains indices sont visibles :
      • Il est assez épais, avec du texte dense sur les pages.
      • Il ne semble pas contenir d’illustrations visibles.
      • La mise en page rappelle celle d’un texte structuré en colonnes ou en paragraphes réguliers.
      Cela fait penser à un livre de type religieux (comme une Bible) ou éventuellement à un roman ou un ouvrage pour adultes, plutôt qu’à un livre pour enfants illustré.

      peux-tu identifier la bibliothèque d’images d’où provient la photo ?
      Oui — on peut identifier assez précisément l’origine de cette image.
      Cette photo correspond à une image de banque d’images (stock photo), et elle est notamment disponible sur la plateforme iStock (groupe Getty Images).

      et le lien fourni sur iStock :-)
      (c’est pas comme ça que j’ai trouvé l’auteur…)

    • je suis en train d’expérimenter ce qui marche et… ce qui ne marche pas avec ces LLM, en particulier pour la recherche – tu me connais…

      ici, l’analyse d’image – qu’avait faite @arno – est assez impressionnante, mais la recherche de la source ne marche pas (provient d’une banque d’images -> ah merci, je ne m’en serais pas douté ;-)
      mais ça ne marche pas mieux sur google, aussi bien recherche d’images que par mots-clés, on en a beaucoup trop
      comme je l’ai dit, la solution est de consulter les sites qui l’utilise en espérant tomber sur un qui fait son boulot et crédite proprement les images, y compris issues de banques d’images libres de droit (c’est pas fréquent, merci Slate, bis et il y a des sites où tu vas même pas voir…)

      sur un tout autre sujet, je cherchais qui avait introduit la prime de majorité dans les élections locales, après quelques tentatives sur google ou, directement, sur Légifrance, il m’a suffi d’une seule requête sur ChatGPT pour avoir la réponse.

      Ça date de la loi du 19/11/1982. C’est donc sur une réforme de l’époque Mitterrand/Mauroy/Deferre que repose depuis 40 ans la vie locale. Et personne ne conteste cet héritage.
      Ah ben si ! et c’est tout frais : une loi du 11/08/2025 a abaissé la prime de majorité à 25% pour Paris, Lyon et Marseille, loi ad feminam et hors des usages républicains établis car votées moins d’un an (7 mois) avant les élections dont elle modifiait le déroulement, puisqu’elle visait à donner un coup de pouce à une candidate (à qui ça n’a pas suffi, d’ailleurs)

  • Wikipédia serre la vis : l’IA n’a plus le droit d’écrire les articles
    https://actualitte.com/article/130153/technologie/wikipedia-serre-la-vis-l-ia-n-a-plus-le-droit-d-ecrire-les-articles

    Le vieux rêve d’une machine qui écrirait mieux, plus vite, sans fatigue, se heurte soudain à un mur très ancien : la preuve. En fermant la porte aux textes produits par les grands modèles de langage, Wikipédia ne signe pas seulement un rappel à l’ordre technique. L’encyclopédie rouvre une querelle plus vaste, presque éditoriale : à force de confondre aisance et vérité, le numérique a peut-être fini par prendre le style pour un fait.

  • Allemagne : la stigmatisation de trois librairies de gauche vire à l’affaire d’État

    https://actualitte.com/article/129839/international/allemagne-la-stigmatisation-de-trois-librairies-de-gauche-vire-a-l-affai

    De l’autre côté du Rhin, une récompense saluant chaque année le travail des libraires indépendants, dotée par le ministère de la Culture, suscite un intérêt peu commun. La liste des lauréats publiée en février 2026 aurait en effet été expurgée des noms de trois commerces engagés à gauche. La lutte contre « l’extrémisme » aurait motivé l’action du ministère, qui aurait par ailleurs dissimulé son intervention aux gérants des librairies.
    [...]
    Le ministère de la Culture est aujourd’hui largement mis en cause par les trois libraires. Pour commencer, il leur a fait parvenir, le 10 février dernier, jour de la publication de la liste des lauréats, un message indiquant qu’elles n’avaient « pas été sélectionnée[s] pour recevoir une récompense par le jury indépendant ».

    Une formulation à la fois malheureuse et mensongère, dénonce Jaspar Prigge, avocat de la librairie Zur schwankenden Weltkugel (Berlin). Son collègue Sven Adam, qui représente pour sa part Rote Straße (Göttingen), souligne de son côté que l’affirmation aurait porté atteinte à la réputation du Deutscher Buchhandlungspreis et du ministère dans son ensemble. Pour l’avocate Lea Voigt, engagée aux côtés de The Golden Shop, le message « laisse penser que Weimer et son ministère ont menti pour éviter une réaction publique et un examen par la justice », cite Die Zeit.

  • Partage de PDF à l’université : le Danemark attaque désormais les étudiants
    https://actualitte.com/article/129152/legislation/partage-de-pdf-a-l-universite-le-danemark-attaque-desormais-les-etudiant

    Au Danemark, la lutte contre le piratage de manuels universitaires change d’échelle — et de cibles. L’alliance antipiratage RettighedsAlliancen (The Rights Alliance) annonce, à partir du 1er février 2026, des actions civiles visant des étudiants soupçonnés de partager illégalement des manuels numériques. Le cap affiché tient en une formule : prouver qu’un seul manuel partagé suffit à déclencher un dossier, même quand l’échange circule dans des groupes fermés et entre camarades.

    Publié le :

    08/02/2026 à 09:35

    Nicolas Gary

    Le choix surprend, car la répression s’est longtemps concentrée sur les grands diffuseurs, les plateformes et les réseaux structurés. Désormais, l’Alliance dit vouloir sélectionner des cas « exemplaires » et les porter devant les tribunaux via la poursuite privée prévue par la loi danoise sur le droit d’auteur. Si le tribunal retient l’infraction, l’étudiant peut être condamné à une amende versée à l’État, en plus des coûts liés à la procédure.

    L’organisation revendique un effet dissuasif plutôt qu’une chasse aux individus. Sa directrice, Maria Fredenslund, résume l’intention dans Uniavisen : « Nous ne voulons pas sanctionner des individus, mais provoquer un changement de comportement, pour que les étudiants comprennent que le partage illégal a des conséquences. »
    “Un manuel suffit” : la ligne rouge

    L’enjeu, pour RettighedsAlliancen, consiste à faire basculer la perception d’un geste jugé « banal ». Envoyer un PDF « pour dépanner », déposer un fichier dans un groupe privé, récupérer un chapitre auprès d’un camarade : autant de pratiques décrites comme courantes dans la vie étudiante, et désormais placées au cœur de la riposte.

    Pour documenter ces échanges, l’Alliance évoque une surveillance de communautés en ligne et la constitution de preuves avant toute saisine. Des médias spécialisés, comme TorrentFreak, soulignent un durcissement après des années de campagnes de sensibilisation présentées comme peu efficaces.
    Un problème massif, un marché sous tension

    Cette montée en puissance s’appuie sur un constat chiffré. Uniavisen citait en 2025 une étude de 2024 : plus de la moitié des étudiants danois (54 %) auraient obtenu des manuels illégalement au cours de leurs études, en hausse par rapport à 2022.

    La perception sociale suit : nombre d’étudiants disent savoir que c’est illégal, tout en jugeant la pratique acceptable, notamment face au prix des ouvrages.

    RettighedsAlliancen s’est déjà illustrée dans des dossiers de manuels piratés, par exemple contre une revente de copies illégales ayant conduit à une amende au Danemark en 2023. Le message, déjà, visait à rappeler que la chaîne du livre académique n’échappe pas aux logiques de contrefaçon.
    Un signal envoyé aux campus

    Reste une question politique : jusqu’où pousser la répression sans fracturer la relation entre étudiants, universités et bibliothèques, souvent en première ligne sur l’accès aux ressources. En ciblant des individus et en abaissant le seuil symbolique à « un manuel », l’Alliance assume un avertissement net : la sphère privée étudiante ne constitue plus une zone grise.

    Les premières procédures diront si les tribunaux suivent cette ligne, et si la peur du contentieux remplace, sur les campus danois, l’habitude de « se passer » les fichiers. D’ici là, l’annonce agit déjà comme un marqueur : le partage, même minimal, risque de coûter cher.

    Crédits photo : geralt CC 0

    Par Nicolas Gary
    Contact : ng@actualitte.com

    #Edition #Répression #Connerie #Etudiants #Danemark

  • Scandale Agessa : quand l’État préfère les finances du régime aux droits des artistes
    https://actualitte.com/article/129147/droit-justice/scandale-agessa-quand-l-etat-prefere-les-finances-du-regime-aux-droits-d

    Même lorsqu’un tribunal reconnaît le bien-fondé de la demande d’un auteur âgé, l’organisme fait appel, prolongeant de plusieurs années une procédure déjà éprouvante. « Que signifie faire appel contre un auteur de 85 ans ? interroge un auteur proche du dossier. Espérer que le temps fasse son œuvre ? Que la fatigue, la maladie ou la mort mettent fin au litige ? C’est ignoble. »

  • Lire ensemble : l’Éducation nationale valorise une lecture “partagée”
    https://actualitte.com/article/129076/politique-publique/lire-ensemble-l-education-nationale-valorise-une-lecture-partagee

    Lire ensemble, annonce le livret d’une trentaine de pages mis à disposition par le ministère de l’Éducation nationale. Tout un programme, qui vise à rappeler que, si la lecture s’effectue le plus souvent de manière solitaire, elle reste une activité autant sociale que culturelle, et qu’elle peut et doit susciter des échanges entre les lecteurs et lectrices.

    Alors que plusieurs études font état d’une baisse de la pratique de la lecture chez les jeunes — mais aussi les moins jeunes, comme on a parfois tendance à l’oublier —, ministère de la Culture et ministère de l’Éducation nationale ont proposé les États généraux de la lecture pour la jeunesse, en fin d’année 2025. Un moment de réflexion et de consultation, mené en quelques mois et sans budget dédié, qui a débouché sur une feuille de route décennale, en décembre dernier.

    Cette dernière avançait trois axes principaux, le renforcement des compétences de lecture, l’amélioration de la présence des livres tout au long de la vie, et une systématisation des coopérations entre les professionnels de la jeunesse.

    #Lecture #Education

  • Aux États-Unis, les librairies deviennent des bastions de résistance à l’ICE
    https://actualitte.com/article/128981/international/aux-etats-unis-les-librairies-deviennent-des-bastions-de-resistance-a-l-

    D’autres entreprises aux côtés de l’ICE

    Face à cette résistance des citoyens, des commerces et des lieux culturels locaux, l’opportunisme et le cynisme du capitalisme de masse se déploient sans vergogne. Aux côtés de la police de l’immigration se tient ainsi toute une galaxie d’entreprises, spécialisées dans la surveillance de masse, le traitement des données privées ou encore la reconnaissance faciale.

    Parmi celles-ci, le groupe LexisNexis, multinationale allemande rattachée à l’entité RELX, dont les outils de traitement d’informations sont utilisés pour fouiller et traiter les données publiques et commerciales ensuite utilisées dans des enquêtes. En 2023, une enquête de The Intercept révélait que les données vendues par LexisNexis étaient mises au service d’une technologie visant à prédire les crimes — comme dans la nouvelle Rapport minoritaire (1956) de Philip K. Dick.

    « Notre engagement [auprès de l’ICE] vise à accompagner un usage responsable et éthique des données, en accord avec les lois et réglementations en vigueur, et pour la protection de tous les habitants des États-Unis », a souligné Jennifer Richman, porte-parole de LexisNexis, en réponse aux questions de TechCrunch sur sa collaboration avec l’ICE.

    Sans surprise, les services d’hébergement et de traitement des données de la multinationale Amazon, Amazon Web Services, sont également utilisés par l’ICE. L’Immigrant Defense Project, qui protège les droits des personnes migrantes, dénonce depuis plusieurs mois la signature de contrats avec les services de la police de l’immigration.

    Par ailleurs, quand l’administration Trump a commencé à limiter ou annuler les programmes d’admission de réfugiés à titre humanitaire, Amazon a pleinement collaboré avec les autorités. Certains employés des entrepôts de la firme se sont ainsi vus demander un nouveau permis de travail, à moins d’être placés en congé sans solde, puis licenciés.

    À LIRE - Le RN veut instaurer une classification par âge des ouvrages jeunesse

    « Nous soutenons les employés dont les situations ont été bouleversées par les récents changements de la politique migratoire du gouvernement », assurait néanmoins Richard Rocha, porte-parole d’Amazon, auprès de CNBC. « Ces derniers mois, nous avons régulièrement échangé avec les personnes concernées, en nous assurant qu’elles avaient accès à toutes les ressources nécessaires. »

    Des travailleurs et travailleuses du numérique et des nouvelles technologies, notamment de Google, Amazon ou TikTok, ont appelé les PDG de ces entreprises à « demander le départ de l’ICE de nos villes », après la mort de Renee Nicole Good. « Quand Trump a menacé d’envoyer la Garde nationale à San Francisco en octobre dernier, les patrons de l’industrie de la tech ont contacté la Maison-Blanche. Et cela a fonctionné : Trump a renoncé », indiquent les signataires.

    #Tech #Collabos

  • Écriture inclusive et langue française : le Conseil d’État tranche, l’Académie peste
    https://actualitte.com/article/128623/droit-justice/ecriture-inclusive-et-langue-francaise-le-conseil-d-etat-tranche-l-acade

    La querelle autour de l’écriture inclusive a franchi, fin 2023, un seuil supplémentaire. En rejetant un recours dirigé contre l’usage du point médian sur deux plaques commémoratives apposées à l’Hôtel de Ville de Paris, le Conseil d’État a clos un contentieux apparemment mineur, mais lourd de portée symbolique.

    Publié le :

    11/01/2026 à 16:57

    Victor De Sepausy

    Pour rappel, ces plaques mentionnent notamment « les président·e·s du Conseil de Paris » et « les conseiller·e·s de Paris », une graphie contestée par une association estimant qu’elle contrevenait aux règles de la langue française et au principe de clarté des inscriptions publiques.

    Saisi après l’échec du recours devant le tribunal administratif puis la cour administrative d’appel, le Conseil d’État a jugé que l’emploi du point médian ne constituait ni l’usage d’une langue étrangère ni une atteinte manifeste aux exigences légales applicables aux inscriptions officielles.

    Autrement dit : le français, même discuté, reste du français. Une position juridique prudente, presque minimaliste, mais suffisante pour déclencher une réaction immédiate.
    L’Académie monte au créneau

    Quelques jours plus tard, l’Académie française publiait un communiqué d’une rare fermeté. Fidèle à une ligne déjà exprimée à plusieurs reprises depuis 2017, l’institution dénonçait une décision qui, selon elle, fragilise la cohérence de la langue commune.

    « Dans la mesure où l’écriture « inclusive » institue arbitrairement des marqueurs orthographiques — dits « points médians » — contraires à la lisibilité et à l’esprit de notre langue, elle porte une atteinte grave à cette dimension patrimoniale, qui mérite pourtant d’être protégée au même titre que nos monuments et nos paysages », rappelle le texte.

    Et d’ajouter : « Ayant déjà eu l’occasion de faire valoir que cette façon d’écrire nuit à l’apprentissage de notre langue et à son usage national autant qu’international, l’Académie française élève une protestation solennelle contre l’option retenue par cette décision. »

    Ce désaccord n’est pas anodin. Il révèle une fracture entre deux approches : d’un côté, une juridiction administrative qui se prononce sur la légalité d’un usage précis, sans trancher le débat culturel ; de l’autre, une Académie qui se place sur le terrain symbolique, celui de la norme, de la transmission et du long temps de la langue.
    Retour sur une escalade de noms d’oiseaux

    Pour mémoire, l’État avait déjà tenté de fixer une ligne claire. En novembre 2017, une circulaire signée par le Premier ministre de l’époque, Édouard Philippe, interdisait l’usage de l’écriture inclusive… mais uniquement dans les actes administratifs officiels. Le texte rappelait alors un principe grammatical classique : « Dans les textes réglementaires, le masculin est une forme neutre qu’il convient d’utiliser pour les termes susceptibles de s’appliquer aussi bien aux femmes qu’aux hommes ».

    Cette même circulaire introduisait toutefois une nuance souvent oubliée dans le débat public. Dans les procédures de recrutement, précisait-elle, le recours au doublon — « le candidat ou la candidate » — devait être maintenu, précisément « afin de ne pas marquer de préférence de genre ». Une distinction révélatrice : l’écriture inclusive était écartée comme système graphique, mais certaines formes d’attention à l’égalité restaient admises, voire encouragées.

    Saisi à l’époque par des opposants à cette circulaire, le Conseil d’État avait validé la position du gouvernement. La haute juridiction avait estimé que le texte se limitait à rappeler le cadre linguistique existant, en « prescrivant l’usage du masculin comme forme neutre (…) et en proscrivant le recours à l’écriture dite inclusive ». En ce sens, la circulaire ne faisait, selon les juges, que donner instruction aux administrations de respecter « les règles grammaticales et syntaxiques en vigueur dans la rédaction des actes administratifs ».
    Des années de luttes...

    La saisine du Conseil d’État ne surgit pas dans le vide. Depuis plusieurs années, l’écriture inclusive fait l’objet d’arbitrages successifs. En 2021, une circulaire du ministère de l’Éducation nationale a interdit le point médian dans les écoles, collèges et lycées, au nom des difficultés de lecture et d’apprentissage qu’il pourrait engendrer.

    Cette interdiction a été validée par le Conseil d’État en 2024, dans une autre décision, soulignant la marge de manœuvre de l’administration en matière pédagogique.

    À LIRE - Artistique et humanitaire, voici la première police inclusive

    Parallèlement, collectivités territoriales, universités et institutions culturelles ont continué d’expérimenter des formes inclusives, parfois limitées à la féminisation des titres, parfois plus visibles. Les plaques parisiennes s’inscrivent dans ce mouvement diffus, sans valeur réglementaire, mais hautement exposé.
    Une langue, plusieurs champs de bataille

    Ce débat linguistique s’est progressivement déplacé vers l’arène politique. À l’Assemblée nationale, plusieurs initiatives parlementaires ont cherché à proscrire l’écriture inclusive dans les textes officiels, voire dans l’enseignement supérieur. Les arguments reviennent comme un refrain : défense de la clarté, protection des publics fragiles, refus d’une langue perçue comme militante.

    Pour les défenseurs de l’inclusivité, la question dépasse la typographie. Il s’agit de rendre visibles celles et ceux que la grammaire traditionnelle relègue au masculin générique. Une intention que l’Académie conteste sans détour, estimant que la langue française dispose déjà de ressources suffisantes, et que l’ajout de signes graphiques crée plus de confusion que d’égalité.
    À l’Assemblée, une nouvelle offensive politique

    À l’Assemblée nationale, l’écriture inclusive demeure un marqueur idéologique. Une proposition de loi portée par des députés d’extrême droite vise à interdire son usage dans l’enseignement supérieur et la recherche. Les auteurs du texte dénoncent une incohérence : ce qui est prohibé à l’école continuerait d’être toléré à l’université.

    L’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large, où la langue devient un terrain d’affrontement politique, au même titre que d’autres sujets sociétaux régulièrement mobilisés dans le débat public.
    Un désaccord appelé à durer

    Entre le Conseil d’État et l’Académie française, le différend n’est donc ni strictement juridique ni purement linguistique. Il met en lumière deux légitimités qui se croisent sans se recouvrir. La première dit le droit, au cas par cas. La seconde prétend dire la norme, sur le temps long.

    Qui tranchera ? Probablement ni l’un ni l’autre, tant la langue, comme souvent, évolue aussi par l’usage… et par la controverse.

    Crédits photo : Dennis Jarvis CC BY SA 2.0

    Par Victor De Sepausy
    Contact : vds@actualitte.com

    #Ecriture_inclusive #Académie #Langue

  • #Écriture_inclusive et langue française : le #Conseil_d’État tranche, l’Académie peste

    La querelle autour de l’écriture inclusive a franchi, fin 2023, un seuil supplémentaire. En rejetant un recours dirigé contre l’usage du point médian sur deux #plaques_commémoratives apposées à l’Hôtel de Ville de Paris, le Conseil d’État a clos un #contentieux apparemment mineur, mais lourd de portée symbolique.

    Pour rappel, ces #plaques mentionnent notamment « les président·e·s du Conseil de Paris » et « les conseiller·e·s de Paris », une graphie contestée par une association estimant qu’elle contrevenait aux règles de la #langue_française et au principe de clarté des inscriptions publiques.

    Saisi après l’échec du #recours devant le #tribunal administratif puis la cour administrative d’appel, le Conseil d’État a jugé que l’emploi du #point_médian ne constituait ni l’usage d’une langue étrangère ni une atteinte manifeste aux exigences légales applicables aux inscriptions officielles.

    Autrement dit : le français, même discuté, reste du français. Une position juridique prudente, presque minimaliste, mais suffisante pour déclencher une réaction immédiate.

    L’Académie monte au créneau

    Quelques jours plus tard, l’#Académie_française publiait un communiqué d’une rare fermeté. Fidèle à une ligne déjà exprimée à plusieurs reprises depuis 2017, l’institution dénonçait une décision qui, selon elle, fragilise la cohérence de la langue commune.

    « Dans la mesure où l’écriture « inclusive » institue arbitrairement des marqueurs orthographiques — dits « points médians » — contraires à la #lisibilité et à l’esprit de notre langue, elle porte une atteinte grave à cette dimension patrimoniale, qui mérite pourtant d’être protégée au même titre que nos monuments et nos paysages », rappelle le texte.

    Et d’ajouter : « Ayant déjà eu l’occasion de faire valoir que cette façon d’écrire nuit à l’apprentissage de notre langue et à son usage national autant qu’international, l’Académie française élève une protestation solennelle contre l’option retenue par cette décision. »

    Ce désaccord n’est pas anodin. Il révèle une fracture entre deux approches : d’un côté, une juridiction administrative qui se prononce sur la #légalité d’un usage précis, sans trancher le #débat_culturel ; de l’autre, une Académie qui se place sur le terrain symbolique, celui de la #norme, de la #transmission et du long temps de la langue.

    Retour sur une escalade de noms d’oiseaux

    Pour mémoire, l’État avait déjà tenté de fixer une ligne claire. En novembre 2017, une circulaire signée par le Premier ministre de l’époque, Édouard Philippe, interdisait l’usage de l’écriture inclusive… mais uniquement dans les actes administratifs officiels. Le texte rappelait alors un principe grammatical classique : « Dans les textes réglementaires, le masculin est une forme neutre qu’il convient d’utiliser pour les termes susceptibles de s’appliquer aussi bien aux femmes qu’aux hommes ».

    Cette même circulaire introduisait toutefois une nuance souvent oubliée dans le débat public. Dans les procédures de recrutement, précisait-elle, le recours au #doublon — « le candidat ou la candidate » — devait être maintenu, précisément « afin de ne pas marquer de préférence de genre ». Une distinction révélatrice : l’écriture inclusive était écartée comme #système_graphique, mais certaines formes d’attention à l’#égalité restaient admises, voire encouragées.

    Saisi à l’époque par des opposants à cette #circulaire, le Conseil d’État avait validé la position du gouvernement. La haute juridiction avait estimé que le texte se limitait à rappeler le cadre linguistique existant, en « prescrivant l’usage du masculin comme forme neutre (…) et en proscrivant le recours à l’écriture dite inclusive ». En ce sens, la circulaire ne faisait, selon les juges, que donner instruction aux administrations de respecter « les règles grammaticales et syntaxiques en vigueur dans la rédaction des actes administratifs ».

    Des années de luttes...

    La saisine du Conseil d’État ne surgit pas dans le vide. Depuis plusieurs années, l’écriture inclusive fait l’objet d’arbitrages successifs. En 2021, une circulaire du ministère de l’Éducation nationale a interdit le point médian dans les écoles, collèges et lycées, au nom des difficultés de lecture et d’apprentissage qu’il pourrait engendrer.

    Cette interdiction a été validée par le Conseil d’État en 2024, dans une autre décision, soulignant la marge de manœuvre de l’administration en matière pédagogique.

    Parallèlement, collectivités territoriales, universités et institutions culturelles ont continué d’expérimenter des formes inclusives, parfois limitées à la féminisation des titres, parfois plus visibles. Les plaques parisiennes s’inscrivent dans ce mouvement diffus, sans valeur réglementaire, mais hautement exposé.

    Une langue, plusieurs champs de bataille

    Ce débat linguistique s’est progressivement déplacé vers l’arène politique. À l’Assemblée nationale, plusieurs initiatives parlementaires ont cherché à proscrire l’écriture inclusive dans les textes officiels, voire dans l’enseignement supérieur. Les arguments reviennent comme un refrain : défense de la clarté, protection des publics fragiles, refus d’une langue perçue comme militante.

    Pour les défenseurs de l’#inclusivité, la question dépasse la #typographie. Il s’agit de rendre visibles celles et ceux que la grammaire traditionnelle relègue au #masculin_générique. Une intention que l’Académie conteste sans détour, estimant que la langue française dispose déjà de ressources suffisantes, et que l’ajout de signes graphiques crée plus de confusion que d’égalité.

    À l’Assemblée, une nouvelle offensive politique

    À l’Assemblée nationale, l’écriture inclusive demeure un marqueur idéologique. Une proposition de loi portée par des députés d’extrême droite vise à interdire son usage dans l’enseignement supérieur et la recherche. Les auteurs du texte dénoncent une incohérence : ce qui est prohibé à l’école continuerait d’être toléré à l’université.

    L’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large, où la langue devient un terrain d’affrontement politique, au même titre que d’autres sujets sociétaux régulièrement mobilisés dans le débat public.

    Un désaccord appelé à durer

    Entre le Conseil d’État et l’Académie française, le différend n’est donc ni strictement juridique ni purement linguistique. Il met en lumière deux légitimités qui se croisent sans se recouvrir. La première dit le droit, au cas par cas. La seconde prétend dire la norme, sur le temps long.

    Qui tranchera ? Probablement ni l’un ni l’autre, tant la langue, comme souvent, évolue aussi par l’usage… et par la #controverse.

    https://actualitte.com/article/128623/droit-justice/ecriture-inclusive-et-langue-francaise-le-conseil-d-etat-tranche-l-acade
    #justice #langue #français

    • Sauf que dans l’affaire en question, il n’y a pas de points médians : sur les plaques il est écrit « CONSEILLER.E.S » et non « Conseiller·e·s » :

      C’est d’ailleurs dans les motifs du Conseil d’État, avec un paragraphe explicitant justement qu’il ne s’agit pas de « point médian », mais de l’« usage de points de ponctuation », plus loin qualifié de « simple point ». Du coup, rien n’indique que la décision du Conseil d’État aurait été la même s’il s’était agit réellement de points médians.

      4. Il ressort des pièces du dossier, notamment des photographies produites à l’instance, que les plaques commémoratives portant les noms des anciens présidents et présidentes ainsi que des anciens conseillers et conseillères de la Ville de Paris, situées dans l’enceinte de l’hôtel de ville, dans le couloir menant à l’hémicycle et accessibles au public, comportent des intitulés en forme abrégée faisant usage de points de ponctuation, et non de points « médians » comme le soutient l’association requérante, destinés à séparer les termes « président » et « conseiller » de leur terminaison au féminin et au pluriel.

    • La discussion me fatigue. Je suis pour la solution chinoise.
      https://chine.in/mandarin/grammaire/RGLA1

      La question n’existe simplement pas dans la grammaire chinoise qui ne connaît pas de genre.

      Ceci n’empêche pas que depuis les réformes de Deng Xiao Ping et l’ouverture du pays vers le confucianisme et l’Occident les sociétés chinoises connaissent une renaissance de structures patriarcales et des abus de femmes particulièrement dans les régions encore pauvres du pays.

      La comparaison avec les sociétés chinoises (il y en a des dizaines dans le pays même, la disapora chinoise étant toute aussi variée) nous montre que la question et les problèmes à résoudre sont d’ordre économique, politique et social.

      Les querelles linguistiques occidentales ne constituent dans ma perception que des manœuvres de diversion dans la lutte des classes au niveau national puis au niveau des pays en lutte contre l’impérialisme occidental. Excusez le pléonasme s.v.p.

      女人能顶半边天
      Nǚrén néng dǐng bàn biāntiān.
      (Les femmes soutiennent la moitié du ciel.)

      https://ostasieninstitut.com/bibliothek/sprichwoerter-ostasiens/frauen-tragen-die-haelfte-des-himmels-%E5%A5%B3%E4%BA%BA%E8%83%BD%

      Frauen können die Hälfte des Himmels tragen.

      „‚Frauen tragen die Hälfte des Himmels‘ – sagt ein chinesisches Sprichwort.“

      „Die Frauen tragen die Hälfte des Himmels“, lautet einer der berühmtesten Slogans von Máo Zédōng (毛泽东, 1893 – 1976). Dass sie für die gleiche Arbeit aber nur die Hälfte des Lohnes bekommen, der den Männern bezahlt wird – das steht auf einem anderen Blatt.

      Nach einer von der chinesischen Regierung veröffentlichten Studie arbeiten die Frauen im Durchschnitt zwei Stunden länger als die Männer, ihr Einkommen liegt um etwa vierzig Prozent niedriger. Die Hälfte aller Bus- und LKW-Fahrer sind Frauen, der Frauenanteil in den Bereichen Müllabfuhr, Straßenkehren und Steineklopfen (!) wird als sehr hoch bezeichnet.

      Es war vor allem die konfuzianische Tradition, die die Vormachtstellung des Mannes gegenüber der Frau untermauerte. Die Geringschätzung des weiblichen Nachwuchses beruhte vor allem darauf, dass Töchter nach ihrer Heirat nicht mehr zu ihrer Herkunftsfamilie zählten.

      „Wer eine Tochter großzieht“, so ein Sprichwort, „zieht eine Schwiegertochter für andere Leute auf.“ Das war ein Verlustgeschäft, wenn es nicht durch einen entsprechenden Brautpreis entlohnt wurde.

      Verwendung:

      „Frauen tragen die Hälfte des Himmels – sagt ein chinesisches Sprichwort. Tatsächlich zeigen die Reportagen der beiden Pulitzer-Preisträger Nicholas D. Kristof und Sheryl WuDunn, dass arme Frauen oftmals die Hölle ertragen müssen. Die häufigsten Menschenrechtsverletzungen unserer Zeit richten sich gegen Mädchen und Frauen.“

      Vokabeln:
      女 nǚ Frau
      人 rén Mensch
      能 néng können
      顶 dǐng auf dem Kopf tragen (Langzeichen: 頂)
      半 bàn halb
      边 biān Seite, Ecke, Rand (Langzeichen: 邊)

      Conclusion : vous faites comme bien il vous semble, mais n’imposez rien au gens qui s’expriment en écrit ou oralement. Au contraire, défendez la liberté des tous de s’exprimer comme ça leur vient.

      #Chine #langue #femmes #patriarcat

    • @klaus il est dommage que tu induises en erreur toustes tes lecteurices quitte à leur faire rater l’histoire des combats des féminismes chinois sous le prétexte de lutte des classes prioritaire.

      Des féministes chinoises réinventent la langue pour s’attaquer au patriarcat | Radio-Canada
      https://seenthis.net/messages/1150315

      Pour une raison quelconque, un pervers a eu l’idée géniale de faire en sorte que l’idéogramme composé de 3 femmes kan [姦] signifie fornication, malice, séduction, viol, orgie et bruit. C’est l’un des idéogrammes les plus controversés de tous.

    • @touti merci pour le lien vers Radio Canada. Je viens de parcourir l’article (je lirai plus intensément quand je serai moins fatigué) et je trouve que c’est effectivement très intéressant.

      La question que posent les féministes chinoises n’a strictement rien à faire avec notre question d’écriture inclusive qui est à mon avis plutôt une écriture exclusive car elle rend plus difficiles à lire et moins précises les textes sur lequels elle est appliquée. Mais ce ne sont là que ma perception et mes conclusions qui n’ont de l’importance que pour moi.

      Je ne veux pas entrer dans la discussion du pour ou contre de l’écriture inclusive mais te faire remarquer la différence entre la question qui nous concerne au quotidien et le phénomène abordé par les chinoises.

      Elles ont identifié un problème et proposent une solution conséquente suivant une méthode couramment employée dans l’histoire de l’écriture chinoise. C’est donc autre chose que de vouloir imposer une nouvelle approche radicale au fonctionnement et à l’écriture de nos langues.

      La différence systématique et profonde entre l’approche critique de l’écriture chinoise et les modifications dites inclusives imposées aux gens qui ne cherchent qu’à s’exprimer de la manière la plus simple et précise devient évidente quand on fait une comparaison statistique approximative des problèmes.

      Pour le chinois il s’agit de remplacer au de modifier quelques idéogrammes et mots parmi les 106.230 Hanzi (汉字) répertoriés pa le ministère de l’éducation du Taiwan (donc sans manip communiste ;-) ) dont 3000 à 6000 constituent le niveau de connaissance des chinoises et chinois qui ne sont pas des érudits de lettres hanxue (汉学).

      Les corrections proposées par les Chinoises ne changent rien à la grammaire et ne concernent qu’un petit nombre de mots dans les textes.

      Il va de soi que quelques nouveaux mots ou idéogrammes dans un texte ne nuiront aucunement à sa lisibilité surtout quand ils introduisent de nouvelles notions intéressantes.

      Puis les féministes sont un groupe indépendant à la différence avec les administrations scolaires et autres qui sanctionnent le non respect de ses décisions linguistiques. On souffre depuis longtemps du gender mainstreaming introduit par la droite politique.

      La modification de la grammaire et de l’ortographe dans les langues indo-européennes apportée par l’écriture inclusive modifie massivement les textes car elle concerne tous les noms qui pourraient théoriquement se référer à autre chose que ce qui est exclusivement masculin. Contrairement à la question des idéogrammes chinois dans nos langues un pourcentage considérable de chaque texte est concerné par la modification des règles grammatticales et othographiques de l’écriture inclusive.

      La discrimination des femmes en Chine (dans quelle Chine, où, quelle partie de cette société immense ?) existe et trouve son expression dans des élements des différentes langues du pays.

      L’argument de la critique des féministes chinoises ne contredit alors pas ce que j’ai dit, car leur critique est d’une qualité différente à tous les égards de l’approche de l’écriture inclusive. Il ne faut pas comparer les pommes et les poire comme on dit chez nous.

      Sur la l’écriture appellée inclusive je n’ai qu’une vague idée de ce qu’elle signifie car la discussion de la question ne fait que commencer.

      Il y a sans doute quelques arguments valables qui justifient les efforts pour rendre nos langues moins élitistes et plus égalitaires. Mais il y a des arguments, surtout dans le domaine idéologique du « gender maistreaming », qui ont été démontrés comme faux ou fallacieux comme par exemple l’idée de l’invisibilation des femmes par le masculin générique.

      Il reste beaucoup de travail à faire. En cent ans on saura mieux comment les modifications linguistiques imposées ex cathedra auront impacté la réalité sociale.

      Moi comme personne qui ne dispose que d’un temps trop limité je ne dois pas perdre de temps avec le réapprentissage de tout ce que je cultive depuis longtemps. Je suis déjà victime de l’énième Rechtschreibreform qui m’oblige à oublier tout ce que j’ai appris á l’école quand je veux publier un texte officiel. Cerise sur le gâteau arrive l’écriture inclusive avec ses mille sous-variantes.

      Si dans ma pratique d’auteur je me mettais à m’intéresser aux subtilités de chaque nouveau règlement je finirais par me taire. La langue bouge au rythme du peuple. Qu’on arrête de lui imposer ce qui l’empêche de s’exprimer et d’être entendu.

      Il est fatiguant de se défendre contre la censure par l’imposition de règles qui coûtent tellement de temps que tu n’a plus la force d’exprimer ce qui est essentiel.

      #écriture

    • @klaus, tu n’as pas le temps de lire les liens que je t’envoie et tu souhaites te conforter dans ton point de vue et ne pas le requestionner. Je me demande pourquoi je me fatiguerai à te faire ouvrir les yeux après thousands of years of #mansplaining #inversion_patriarcale dont tu nous rajoutes une nouvelle strate.
      Tout les arguments que tu cites et que tu dis n’appliquer que de ton ’point de vue’ persistent à maintenir la place privilégiée masculine alors même qu’elles sont réfutées par toutes les études de genre. Tu ne veux pas de nouvelles règles qui bouleverseraient ton petit confort ? quoi de plus faut-il mettre dans la définition du vieux con+servateur ? Je t’invite fortement à suivre le lien #ecriture_inclusive sur seenthis. je ne répondrai plus à tes provocations sexistes archaïques.

    • @klaus

      Mais il y a des arguments, surtout dans le domaine idéologique du « gender maistreaming », qui ont été démontrés comme faux ou fallacieux comme par exemple l’idée de l’invisibilation des femmes par le masculin générique.

      J’ai quand même l’impression d’avoir vu pas mal d’études récentes qui disent précisément l’inverse, quelles sont tes sources ?

  • Écriture inclusive et langue française : le Conseil d’État tranche, l’Académie peste

    La querelle autour de l’écriture inclusive a franchi, fin 2023, un seuil supplémentaire. En rejetant un recours dirigé contre l’usage du point médian sur deux plaques commémoratives apposées à l’Hôtel de Ville de Paris, le Conseil d’État a clos un contentieux apparemment mineur, mais lourd de portée symbolique. 

    Lire l’article de Victor De Sepausy sur le site Les univers du livre

    https://actualitte.com/article/128623/droit-justice/ecriture-inclusive-et-langue-francaise-le-conseil-d-etat-tranche-l-acade

    #langue

  • Ce que le recul de l’écriture manuscrite dit des inquiétudes éducatives
    https://actualitte.com/article/128765/scolarite/ce-que-le-recul-de-l-ecriture-manuscrite-dit-des-inquietudes-educatives

    Dans un contexte marqué par la progression rapide des outils numériques à l’école, la quasi-totalité des personnes interrogées estime que la diminution de l’écriture à la main participe à la baisse du niveau des élèves. Une évolution notable par rapport aux enquêtes précédentes, qui traduit une inquiétude croissante sur les conditions d’apprentissage et la transmission des fondamentaux.

    Derrière ce jugement global se dessine une représentation très claire des bénéfices associés à l’écriture manuscrite. Écrire à la main est perçu comme un levier pour mieux apprendre, structurer sa pensée et renforcer la mémorisation. La créativité n’est pas en reste : pour une large majorité, le geste manuscrit stimule l’imagination et favorise une forme de liberté intellectuelle que le clavier ne remplacerait pas totalement.

    L’écriture à la main s’impose ainsi comme un appui discret mais central, bien au-delà d’une simple habitude culturelle. Un socle, même, sur lequel repose une part essentielle de la construction du savoir.

    #Ecriture #Education

    • Oui mais mes enfants ont bien appris à écrire à la main à la maternelle, et continuent de prendre les cours et de faire les exercices à la main au collège et au lycée.

      Je me demande dans quelle mesure ce n’est pas largement une inquiétude des adultes qui, comme nous, ne sont plus à l’école, et ont une pratique effectivement très limitée de l’écriture manuscrite. Parce qu’à l’école, mes gamins continuent largement à écrire à la main. (Je me souviens de paniques qui annoncent que, dans tel comté américain, on n’apprend plus à écrire à la main, mais je n’ai jamais vu que c’était le cas en France.)

  • “Il faut s’organiser collectivement pour se défendre concrètement”

    La branche Métiers du livre de SUD Culture Solidaires a tenu, vendredi 16 janvier 2026, une conférence de presse à l’annexe de la Bourse du travail de Paris. Ses membres, aux côtés d’autres acteurs engagés du monde du livre, y ont dénoncé la multiplication des attaques d’extrême droite contre les librairies et le climat politique, policier et médiatique qui les rend possibles. Un fait jugé inédit depuis des décennies a été particulièrement souligné : la perquisition, le 7 janvier dernier, de la librairie féministe Violette and Co.

    Lire l’article complet
    https://actualitte.com/article/128766/reportages/il-faut-s-organiser-collectivement-pour-se-defendre-concretement

    #france