Se défendre - Éditions Zones

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  • « A un moment donné, pour ne pas crever, il n’y a pas d’autres choix que l’affrontement » - Bondy Blog
    https://www.bondyblog.fr/politique/a-un-moment-donne-pour-ne-pas-crever-il-ny-a-pas-dautres-choix-que-laffron

    Les formes d’auto-défense mises en place de façon exemplaire par le Black Panther Party for Self-Defense à Oakland à la fin des années 60 ne se sont jamais limitées à se défendre physiquement ou militairement. Cela aurait été sans issue. Car il faut bien comprendre que la violence policière fonctionne selon un double registre : elle expose les personnes à la violence et donc les laisse être sans défense ; or, être sans défense, ça signifie aussi que même si on essaye de se défendre, de toute façon on est démuni parce qu’on sera toujours accusé d’avoir été l’agresseur ou d’avoir commis la première infraction, qui de toute façon justifiera forcément la violence policière en retour.

    #JourJ Le livre d’Elsa Dorlin « Se défendre. Une philosophie de la violence » est en librairie et en ligne par ici : https://t.co/tQrtIEauU8 pic.twitter.com/JJeXWvFUOJ

    — Zones éditions (@Zonesditions) October 12, 2017

    La réflexion du Black Panther Party for Self-Defense a été de promouvoir une forme d’auto-défense totale : l’auto-organisation de la communauté. L’organisation notamment de petits-déjeuners gratuits pour tous les enfants des quartiers, l’organisation de transports scolaires ou publics dans les ghettos ségrégués, l’organisation de cours du soir, de formations pour trouver un emploi, de formations juridiques, la création de dispensaire pour assurer l’accès aux soins ; enfin, une auto-défense intellectuelle avec non seulement l’accès aux livres (et pas à n’importe lesquels) et l’obligation pour les militant.es de lire des auteurs comme Frantz Fanon par exemple.

    Il s’agissait de se réapproprier toute une bibliothèque de pensées critiques pour justement essayer de comprendre que cet acharnement de l’Etat raciste étasunien sur la communauté africaine-américaine, est révélateur de l’articulation entre le capitalisme, l’impérialisme et le patriarcat blanc. Le savoir est une arme.

    En France, je pense que la focalisation, dont les médias mainstream se délectent, sur les images de Villeneuve-la-Garenne, sur les feux d’artifices lancés sur les patrouilles de la BAC, sur l’image vue et revue de la voiture brûlée, produit une opinion publique considérant que banlieue est égal à violence et donc que la répression policière est légitime. Mais ces révoltes, c’est de la résistance à un harcèlement quotidien, à une violence d’Etat, on parle concrètement de personnes qui parce qu’elles sortent dans la rue risquent de se faire tuer.

    Plus encore, ces images viennent invisibiliser, rendre inaudible toute une organisation et toute une auto-défense des quartiers populaires. S’il y a encore de la puissance pour réagir face à la police et à l’assassinat de jeunes des quartiers populaires, c’est bien qu’en amont il y a des formes d’auto-organisation liées au soin, à la survie quotidienne, qui sont là depuis des décennies et qui permettent de