Isabelle Attard : « L’écologie doit s’inscrire au sein du mouvement révolutionnaire »

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  • BALLAST | Isabelle Attard : « L’écologie doit s’inscrire au sein du mouvement révolutionnaire »
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    Il n’y a rien à attendre des États-nations qui pro­tègent avant tout les inté­rêts capi­ta­listes. Par contre, je peux com­prendre qu’on puisse pré­fé­rer un Barack Obama à un Donald Trump. Mais si, dans la forme, ça n’a évi­dem­ment rien à voir, sur le fond, les dif­fé­rences se situent seule­ment à la marge. Nous en avons eu l’exemple fla­grant der­niè­re­ment lorsque Joe Biden a sug­gé­ré à la police de viser les jambes plu­tôt que le cœur pour réduire les tirs mor­tels. Il n’y a donc jamais de remise en cause glo­bale du sys­tème. Il est tota­le­ment illu­soire de pen­ser qu’il est pos­sible de chan­ger les choses de l’intérieur, notam­ment en appli­quant la « stra­té­gie des petits pas ». Ça ne mène géné­ra­le­ment à rien. Par contre, le concept de « #gra­dua­lisme #révo­lu­tion­naire » d’Errico Malatesta me parle beau­coup plus. S’il rejette l’idée d’un Grand Soir révo­lu­tion­naire, il n’envisage pas, pour autant, de ren­for­cer l’autorité de l’État. Au contraire, l’idée est d’avancer vers l’anarchie en réa­li­sant un tra­vail de sape qui per­met­tra, au terme d’un pro­ces­sus gra­duel, de s’émanciper de cette auto­ri­té. La ren­for­cer est donc un non-sens. Ce qui n’empêche cepen­dant pas de lut­ter pour ses droits.

    #anachisme

    • L’écologie, telle qu’on la connaît sous ses formes électorales depuis les années 1970, a‑t-elle entièrement échoué ?

      Si on résume l’écologie politique, et même la politique plus généralement, à l’idée de conquérir le pouvoir par les élections ou par la participation au gouvernement, alors oui, je pense qu’elle a échoué dans son objectif de transformation sociale et sociétale. Elle a peut-être contribué à une meilleure prise en compte de certains sujets ces dernières années mais elle ne s’est pas donnée les moyens de changer radicalement les choses en se bornant à cette stratégie purement électoraliste. La bonne nouvelle, c’est que l’écologie ne se réduit pas uniquement à ça. Il me paraît évident que les mouvements anti-nucléaires, la lutte pour préserver les terres sur le plateau du Larzac, ou encore la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, ont permis d’apporter des propositions beaucoup plus concrètes, de rendre l’utopie palpable. De mon point de vue, l’écologie doit désormais s’inscrire au sein du mouvement révolutionnaire. Et c’est en lisant le livre de Floréal Romero et Vincent Gerber, Murray Bookchin, pour une écologie sociale et radicale, que je l’ai enfin compris. Le mouvement écologiste a longtemps ignoré le travail de Murray Bookchin qui a été un précurseur dans les années 1960. Aujourd’hui, il est à la mode : tant mieux ! Pour autant, il s’agit de rester vigilant sur la réappropriation qui peut en être faite. Je me réfère souvent à un article de l’un de vos auteurs, Elias Boisjean, qui rappelle qu’« on ne saurait […] enrôler Bookchin sans saisir la cohésion d’ensemble de sa doctrine » et qu’« intégrer un conseil municipal, voire diriger une ville, n’est d’aucun secours si cela ne participe pas d’une transformation globale sans "compromis avec cet ordre social". Donc de la fin du règne capitaliste au profit d’une "société communiste libertaire" ».

      #anarchisme, @monolecte !