• In 2 Years of Gaza Genocide, Sunday Shows on NBC, ABC and CNN Have Not Featured a Single Palestinian Guest - In These Times
    https://inthesetimes.com/article/gaza-israel-genocide-media-palestine

    A survey of coverage from Sunday October 8, 2023 to Sunday October 5, 2025 reveals that three of the majorSunday morning news shows, NBC’s Meet the Press, ABC’s This Week With George Stephanopoulos, and CNN’s State of the Union with Jake Tapper and Dana Bash, in dozens of segments discussing Gaza over 315 episodes total, not once did any of the bookers, producers or hosts of these programs see fit to interview a single Palestinian or Palestinian-American. These same outlets did, while covering Gaza, manage to include 55 appearances by U.S government officials and 16 Israeli officials or spokespeople for Israeli captives, including a total of four interviews with Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu.

    If CBS’s Face The Nation is included, the breakdown on appearances is one by a Palestinian guest, 24 by Israeli guests, five by Netanyahu and 84 by U.S. officials.

  • Sur le chagrin et la survie solitaire à Gaza

    Par Yousef Aljamal

    "Le 6 août, vers 3 heures du matin, une frappe aérienne israélienne a touché l’appartement où logeaient ma sœur Somaiya, 35 ans, son mari Anas, 35 ans, et leurs filles Noor, 14 ans, Hoor, 13 ans, et Sham, 9 ans. La frappe a tué toute la famille de ma sœur, à l’exception de Noor, qui a survécu avec une fracture du bras nécessitant une intervention chirurgicale. Lorsque Noor a été admise à l’hôpital le 8 août et transportée d’urgence au bloc opératoire, elle appelait ses parents, disparus à jamais.

    Bien que Noor sache qu’ils avaient été tués lors de la frappe aérienne, elle ne pouvait s’empêcher de les appeler, comme toute enfant ayant besoin de ses parents à ses côtés pendant une opération. Noor est aujourd’hui la seule survivante de sa famille, à se remémorer ses souvenirs avec ses parents et ses sœurs, tous tués par Israël.

    J’avais entendu l’expression « enfant blessé, pas de famille survivante » (WCNSF), introduite à Gaza, mais je n’aurais jamais imaginé que ma propre famille en ferait l’expérience. Les mots ne peuvent décrire la douleur d’être la seule survivante, et Noor exprime son souhait de rejoindre bientôt sa famille.

    Noor m’a raconté qu’une dispute entre enfants la veille lui avait sauvé la vie. Elle dort habituellement à côté de sa sœur, Hoor. Elles étaient très proches en grandissant. Elles jouaient ensemble, allaient à l’école ensemble et ont fréquenté leur glacier préféré ensemble toute leur vie. Le soir du bombardement, cependant, les sœurs ont eu une petite dispute, et Noor a décidé de dormir plus près du rideau de la chambre où dormait leur famille. Pendant que la famille dormait, un missile israélien a visé leur chambre, tuant tout le monde sauf Noor, qui dormait à quelques mètres du lit de ses parents. Le corps de Noor a été projeté dans les airs avec son matelas et a heurté le mur de la salle de bain. Elle a survécu avec de multiples fractures au bras.

    Je me souviens de ma sœur Somaiya, de sa personnalité enjouée et de son amour de la prose. Elle a étudié le journalisme, mais ne l’a jamais exercé. Pendant le génocide de Gaza, elle a rassemblé des enfants de notre quartier et leur a enseigné les langues et les mathématiques.

    Un jour, elle m’a envoyé une photo d’elle en train d’enseigner à ces enfants. Elle avait écrit le mot « ESPOIR » en lettres majuscules sur le tableau blanc. Elle espérait que le génocide prendrait fin et que sa famille survivrait. Dans notre dernier échange de messages, elle écrivait : « Nous sommes toujours de ce monde, espérant recevoir de bonnes nouvelles. » Pourtant, le 6 août, je me suis réveillé pour apprendre la tragique nouvelle de son meurtre et de celui de toute sa famille. (...)

    Anas a été enterré dans la tombe de ma tante, car il n’y avait pas de tombes disponibles à Gaza. Hoor a été enterré avec lui. Sham et Somaiya ont été enterrés dans la tombe de ma sœur Zainab. Zainab a perdu la vie lors du siège israélien de 2007. J’espère que le fait d’enterrer leurs corps auprès de leurs proches leur apportera un peu de réconfort et de paix, dont ils ont été privés de leur vivant. J’aurais aimé que leur vie ne soit pas interrompue par un missile. J’aurais aimé que Hoor et Noor continuent à se disputer pour des jouets et des glaces. J’aurais aimé qu’elles continuent à demander à leur père de conduire plus vite pour que leurs cheveux volent au vent.

    Le monde a laissé ce génocide se produire. Ma famille aurait préféré célébrer la vie de ses proches plutôt que de chérir leur souvenir. Nous ne voulons pas que des rues ou des institutions portent le nom de nos enfants. Nous voulions que Hoor et Sham grandissent et deviennent les jeunes femmes qu’elles rêvaient d’être. Nous voulions voir la liberté et la justice de notre vivant. Après neuf ans de séparation, je voulais revoir ma famille. Je voulais offrir une glace à mes nièces et me remémorer les aventures que j’avais vécues avec ma sœur enfant. (...)

    https://inthesetimes.com/article/on-grief-and-surviving-alone-in-gaza

  • Comment dissimuler un génocide

    Par Alberto Toscano

    "Présenter la politique israélienne de famine à Gaza comme une « crise humanitaire » permet d’échapper aux conséquences morales, politiques, juridiques et économiques qu’aurait la reconnaissance de l’intention génocidaire d’Israël.

    L’argument implicite est qu’on vient seulement de franchir un certain seuil : une guerre juste est devenue injuste, trop de personnes sont mortes, la stratégie ne fonctionne plus, etc. (...)

    Les récentes déclarations sur la famine à Gaza suggèrent également qu’Israël pourrait corriger le tir et répondre à cette crise humanitaire, alors que ses déclarations officielles et ses actions militaires révèlent que l’assujettissement, le déplacement et la destruction du peuple palestinien sont en réalité son objectif principal.

    Le changement de discours chez les alliés d’Israël s’opère alors que les politiques israéliennes montrent que la famine à Gaza n’est pas un accident, mais s’inscrit dans un plan d’expulsion et de réoccupation. Les ministres israéliens et les parlementaires de la coalition demandent au ministère de la Défense de laisser le mouvement de colons d’extrême droite Nachala repérer des emplacements pour de nouvelles constructions dans le nord dévasté de la bande de Gaza. Dans le sud, l’objectif, annoncé en juillet par le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, est de transformer les décombres de Rafah en camp de concentration et de mettre en œuvre ce que Netanyahou a qualifié de « plan de migration volontaire » de Trump (ce que Trump lui-même appelle grossièrement « nettoyer Gaza »). (...)

    Même lorsque les politiciens et les experts américains reconnaissent la nécessité qu’Israël atténue la létalité de son propre siège, ils le font pour nier que la mort et la souffrance SONT la stratégie, que la famine est en fin de compte une politique délibérée – et ce depuis le début. Dans son décret du 9 octobre 2023 d’un « siège complet » de Gaza, le ministre de la Défense de l’époque, Yoav Gallant, avait explicitement déclaré : « Il n’y aura ni électricité, ni nourriture, ni carburant. » En août 2024, le ministre des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich, avait suggéré qu’« il pourrait être juste et moral » pour Israël de « laisser mourir de faim et de soif deux millions de citoyens » à Gaza, tout en déplorant : « Personne au monde ne nous laissera faire ».

    Qualifier la famine de "crise humanitaire" revient à refuser de la reconnaître comme faisant partie de la politique génocidaire d’Israël ; à distinguer la famine des bombardements. Cela revient à ignorer que la Fondation humanitaire pour Gaza n’est pas un système de distribution alimentaire inefficace, mais un piège mortel délibéré ; et que tout ce dispositif s’inscrit dans un projet ouvert de nettoyage ethnique et de réoccupation de la bande de Gaza.

    Le récit "humanitaire" remplit également une fonction cruciale de relations publiques que la droite aime appeler « signal de vertu » : un geste par lequel on reconnaît les effets horribles de la guerre d’Israël – qui suscitent une répulsion généralisée et croissante à travers le monde – tout en occultant les raisons sous-jacentes de sa brutalité.
    L’équivoque de cette reconnaissance tardive des conditions de vie insupportables à Gaza ne témoigne pas seulement du cynisme et de la mauvaise foi de notre classe politique et médiatique : elle préjuge également de toute réponse politique future à la catastrophe elle-même.

    Une « crise humanitaire » semble exiger une meilleure distribution alimentaire ; s’attaquer à une politique de génocide nécessiterait, à tout le moins, le type d’action concertée récemment proposé par le Groupe de La Haye : embargo sur les armes dans les deux sens, sanctions économiques, rupture des relations diplomatiques, mise en œuvre des décisions de justice internationales contre Israël et ses dirigeants. (...)

    Les actions visant à stopper – plutôt qu’à simplement réprimander – Israël pour sa violence systématique contre les Palestiniens sont précisément ce que les fervents défenseurs d’Israël, nouvellement préoccupés par la famine, tentent d’éviter. (...)

    Qualifier la famine croissante à Gaza de crise humanitaire et non d’élément d’un génocide revêt une fonction plus profonde encore : cela permet aux puissances occidentales de poursuivre leur alliance inébranlable avec Israël et leur rejet de tout effort sérieux visant à le tenir responsable de ses actes.

    Les efforts de mauvaise foi (...) pour relancer une « solution à deux États » zombie – alors que les massacres se poursuivent en roule libre et que la Knesset israélienne annonce de nouvelles annexions de terres palestiniennes – en témoignent. L’offre du président français Emmanuel Macron de reconnaître l’État palestinien – sous réserve de sa démilitarisation complète – et la menace insipide du Premier ministre britannique Keir Starmer de faire de même en sont la preuve. (...)

    Tout cela ignore le caractère systématique de l’anéantissement de Gaza et du nettoyage ethnique de la Cisjordanie par Israël, tout en subordonnant l’autodétermination palestinienne à un principe de sécurité absolue pour Israël, indissociable d’une domination totale et d’une impunité sans fin.(...)

    Il ne s’agit pas d’une catastrophe humanitaire à laquelle il faut répondre par des solutions humanitaires. Il s’agit d’un génocide colonial qui ne peut être stoppé que par une action internationale concertée."

    https://inthesetimes.com/article/centrist-dems-republicans-change-stance-on-gaza-to-hide-genocide

  • Palestine Action : Peace Activists, Not Terrorists
    https://inthesetimes.com/article/palestine-action-terrorism-laws

    British Prime Minister Keir Starmer’s Labour government is marking one year in power by banning direct action group Palestine Action as a terrorist organization. Being a member of the group, or even expressing support verbally, could land you in prison for years.

    Quelle surprise, le type qui a magouillé avec l’ambassade d’Israël à Londres pour se débarasser de Jeremy Corbyn, et sur qui Macron prétendait compter pour reconnaître l’État de Palestine, classe comme terroristes les gens qui luttent contre le génocide en cours à Gaza.

    • Ce qui donne, soit une petite idée de l’intention réelle de notre Manu national quant à reconnaître la Palestine, soit un indice sur son discernement géopolitique (NICE GUY, BUT HE HASN’T GOT IT RIGHT TOO OFTEN disait The DON)

  • Building Bridges and Erasing Jail Debt : Katherine Passley
    https://inthesetimes.com/article/labor-organizer-of-the-year-katherine-passley-beyond-bars

    Comment organiser les plus défavorisés

    1.5.2025 - This article is part of the In These Times Labor Organizer of the Year series. The award honors emerging leaders building worker power across the country. Katherine Passley is one of the three 2025 winners.

    As Covid-19 rampaged through the nation’s jails and prisons, the people locked inside were largely left to fend for themselves. South Florida was no exception. Katherine Passley was frantic to protect her father, who was in his 50s and had been recently arrested. She advocated for the county jail to provide masks, soap and anything she could think of to keep him safe.

    Through that work, Passley also made the acquaintance of Maya Ragsdale, a lawyer who led a coalition of civil rights groups in suing the Miami-Dade jail system for the release of medically vulnerable prisoners.

    “The lawsuit ended up not winning, which is crazy to me, but [Ragsdale] was just like, ​‘Well, lawsuits aren’t the only way to change things,’” Passley says. ​“So I said, ​‘OK, let’s start meeting.’” Ragsdale linked Passley with other women trying to protect their own relatives behind bars, as well as two formerly incarcerated people. ​“And so us eight started meeting on Zoom on Thursdays,” Passley says. ​“We went from eight to 15, then it was 20 — and then we were writing our demands.”

    Katherine Passley braves the Miami heat nearly every day to visit temp workers across the city with Beyond the Bars members. PHOTO BY MELODY TIMOTHEE

    Those demands led to the creation of Beyond the Bars, where Passley and Ragsdale now serve as co-executive directors. Starting with a campaign to make phone calls free (after Covid shut down visiting hours), the group eventually convinced the Miami-Dade County commission to wipe out $10 million in jail fees and more than $100 million in jail debt, alleviating a major financial burden for an estimated 60,000 formerly incarcerated workers and their families annually.

    Beyond the Bars is a member-led worker center for people with criminal records and their families — the first organization of its kind in the country. A current focus is teaching temp workers impacted by the criminal justice system how to advocate for themselves and improve their working conditions. ​“Traditionally, criminalized workers have been deemed ​‘unorganizable,’ trapped in extreme precarity, many with average annual incomes of less than $10,000, and subjected to background checks and employer discrimination that relegate them to the lowest rungs of the labor market,” explains Richard Wallace, founder and director of the Chicago based nonprofit Equity and Transformation, which organizes Black informal workers. ​“Katherine is determined to shatter this false narrative, proving that these workers are not only organizable — they are essential leaders in the labor movement.”

    At the headquarters of Beyond the Bars in Miami, about four dozen people listened as a tall young Afro-Latina woman with a crown of shiny black hair translated in rapid Spanish for a Black man named Terrence. “[There] should be more jobs that go from temp to permanent,” Terrence said, drawing ​“yeahs” and ​“mmhmms.” The translator — Passley — radiated warmth, pausing frequently to crack jokes or flash an encouraging smile to latecomers.

    It was a meeting of the organization’s temporary workers’ organizing committee. ​“Temp work is one of these really insidious ways of giving people labor when they have a record,” Passley explains. According to the U.S. Chamber of Commerce, six out of 10 people with felony convictions are unable to secure employment within four years of their release. Many formerly incarcerated people end up turning to temp agencies, and employers are well aware of how easy it is to exploit those with few options.

    Corporations hire formerly incarcerated workers through temp agencies to avoid taking on liability, Passley explains. ​“You’re doing the exact same thing as a worker that’s hired there permanently, but you can’t be hired permanently just because you have a record.” Once the temp agency takes its cut, ​“You’re making a lot less money.”

    Beyond the Bars began running a daily door-knocking operation to reach temp workers this year. Miami-Dade publicly posts a staggering amount of personal information on every person released from jail, including phone numbers and addresses, so Passley and her team visit everyone released to let them know they’re on this public list, identify whether they’re a temp worker and then invite them to a meeting. People tend to be less than delighted to find out that their personal information has been made so public, but Passley explains it works as ​“a point of agitation for us, because we’re like, ​‘Well, you could do something about it’ by joining Beyond the Bars.”

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    That’s how Terrence and the other attendees ended up in that conference room. As Terrence spoke, an energetic toddler nicknamed Princess chased a friend around, her chubby cheeks breaking into a joyful grin. The meeting was just getting started and already everyone had been given a free plate of tasty Cuban food, dropped off their kids in the childcare room (watched by Passley’s mother), viewed a presentation from a labor lawyer and joined an icebreaker with their seatmates. Miami is a predominantly Spanish speaking city and attendees relaxed once it became clear the meeting was fully bilingual.

    Passley and Ragsdale were nominally in charge, but the tightly knit Beyond the Bars crew shared every task, from dishing up rice and beans to handing out worksheets to scooping up Princess if she veered too far outside safety. According to Passley, that familial vibe is no accident.

    “It’s at the core of what it means for us to organize,” explains Passley, who grew up in an Afro-Dominican household in North Miami. ​“If you speak Spanish, if you speak Creole, we have that for you; the materials are also in all of those languages. If you need it, we’re gonna have childcare. We’re gonna have food. Sometimes that’s the only place that folks can get a good, decent meal. These organizers are our brothers or sisters or cousins, folks that are directly impacted, people that are coming out, people that just want to see their communities be better.”

    Like Passley, all of Beyond the Bars’ eight staffers have had family inside or were incarcerated themselves, and all initially became involved in the organization as members. Among them is Freddy Pierre, a formerly incarcerated, formerly super-shy Beyond the Bars community organizer whose brilliant smile and infectious energy lit up the room. As Passley and Ragsdale walked through a Know Your Rights training, Pierre kept an eye on Princess and the elders and newcomers, offering encouragement and a chair.

    For Passley, who spent four years working with victims at the state’s attorney’s office, identifying with people on the other side was a shift. As a field paralegal on the domestic violence task force, she had been focused on the needs of survivors. ​“Every single time I went to a person’s house, they’d be like, ​‘Yes, this crime was committed, but I don’t want this person to go to jail,’” she recalls. ​“Even though I’m like, ​‘Yo, what they did was F’d up, and you need help,’ they’d say, ​‘Yeah, but they also need help.’”

    It was challenging for Passley to understand, but that perspective changed after her father’s arrest. ​“I think I really had to make that shift within myself, where it was like, ​‘OK, yeah, people are getting arrested for a million reasons,’” she says. ​“Some did it, some didn’t, but all of them need help.”

    Katherine Passley (right) gets ready for daily doorknocking with Beyond the Bars members on April 3. PHOTO BY MELODY TIMOTHEE

    Passley has a bachelor’s in pre-law from Florida Memorial University — the only historically Black college in South Florida — and a. master’s in criminal justice from Florida International University (where she’s working toward a Ph.D. in legal psychology). After her stint at the state’s attorney’s office, she worked at a police department as an administrative specialist. But her education in justice really started earlier, thanks to her father and their church, Columns of Fire in Allapattah, where she has served as education and outreach director since 2013.

    “Growing up, my dad was really active in helping people, like writing affidavits for people when they were going to immigration court,” Passley explains. ​“And our church was always really active in the justice system since I was little. They all spoke Spanish and I was the one in church who spoke English, so even though I was young, nine or 10, I was reading people’s court documents and helping the secretary write things in English. My dad was like, ​‘You’re gonna be a judge,’ and that stuck with me, so I just studied for a legal career.”

    Beyond the Bars was founded from a place of deep personal connection, love and fear for those on the inside, which guided the first campaign. Thanks to the Miami-Dade County Corrections and Rehabilitation Department’s then-practice of charging 14 cents per minute for a phone call, Passley was regularly paying $50 a week just to talk to her dad; others were paying hundreds. Anyone who sought to contact a loved one inside — and anyone in lockup who needed to contact their employer, child’s school or lawyer — had to pay. As Covid raged, Beyond the Bars started pressuring the county to change its policy. In 2021, the group won a significant price reduction—from 14 cents to 4 cents a minute. A year later, they won 90 minutes a day of free calls, although rollout has been delayed, Passley explains, by a contentious multiyear restructuring of the jail system. ​“But we’re not letting up,” she says.

    Beyond the Bars’ ultimate goal is to spread its message and tactics way beyond Miami-Dade. The group has worked closely with the University of Miami, Rutgers University and Harvard Law School to conduct research into the temp work issue for its forthcoming May 2025 report, ​“Temp Trap: Temporary Jobs, Permanent Struggles for Workers with Criminal Records in South Florida,” as well as with Worth Rises’ #EndTheException campaign, which highlights the need to close the 13th Amendment’s loophole for forced prison labor. Right now, Beyond the Bars is leading a statewide fight to stop HB 6033, which, as Passley explains, would eliminate the few legal protections temp workers have in Florida. They successfully got the bill stalled in committee in April.

    “We’re building a model for how criminal justice organizations can engage in labor fights, not just theoretically (by reframing reentry through the political economy of incarceration), but also narratively and practically— showing that reentry means demanding dignified work, not just any work, and teaching people how to take on corporate targets and campaign with labor where our stakes are shared,” Passley says.

    Passley shares a quick hug with a Beyond the Bars member after a long day of visiting and advocating for formerly incarcerated temp workers. PHOTO BY MELODY TIMOTHEE

    Beyond the Bars also engages with labor organizations, which often ​“don’t understand how community organizing can impact union density [and] don’t know how to organize workers with records (especially those under state supervision),” Passley says.

    Even in the Miami local of the dockworkers’ union — the International Longshoremen’s Association, which has a historically Black membership problems arise, Passley says, as the union doesn’t accept members with certain records, which stops some criminalized workers from applying at all. But ​“you can have a misdemeanor or a low felony and be a dock worker,” Passley says. ​“It’s just the way things are explained.”

    That’s why she’s trying to work on ways to bridge gaps between the labor and criminal justice movements, build education and make space for her members to thrive. When janitorial staff launched a union drive in the building that houses Beyond the Bars, for example, Passley and her coworkers put together a cafecito social to help union organizers with SEIU Local 32BJ get building access.

    “Our focus has been heavily on allyship and we need to bring everyone, whether you’re Black, brown, Hispanic, a poor white person, all people,” she explains. She describes a meeting at which a clash between Latino and Black workers over jobs led the organization to intentionally beef up its political education program. ​“We had to do a lot of education and narrative work around how we’re systemically kept apart, and how the fight is going to take every single one of us,” she says. ​“And the times now call for a mass leadership development of the working class. … This is a revival of the Rainbow Coalition. We need everyone in this fight.”

    That’s why Passley takes the most pride in watching someone like Freddy Pierre develop as a leader. Pierre joined Beyond the Bars during the early days of the jail phone call campaign. He and his wife, Stacy (now training as an organizer with Beyond the Bars herself), had been burdened with paying Pierre’s fines, court fees, child support and other costs upon his release. For them, fighting back alongside other affected people, many of whom Pierre had known inside, felt urgent and necessary. Years later, he now helps other formerly incarcerated folks find their own power — and Passley has been there to offer support every step of the way.

    “I think that’s what I learned to love about myself,” Passley says. ​“It’s allowing other people to shine in space and being able to sit back and see that has been the most rewarding thing for me.”

    She adds, ​“That’s what I hope people do for my dad when he gets out, that they don’t see the record, they just see the power of him as a worker and him as a dad, him as a friend.” After all those years of worrying, Passley is finally preparing to welcome her dad home in August.

    Kim Kelly is a freelance journalist and author based in Philadelphia, PA. She is a labor writer for In These Times, a labor columnist at Teen Vogue and Fast Company, and regularly contributes to many other publications. Her first book, FIGHT LIKE HELL: The Untold History of American Labor, is now available from One Signal/​Simon & Schuster. Follow her on Twitter at @grimkim and subscribe to her newsletter, Salvo, here.

    #USA #organizing #immigration #criminalité #syndicalisme

  • The Authoritarian State in Miniature - Christian Nationalists’ 50-Year Plan to Capture the Country.
    https://inthesetimes.com/article/author-interview-talia-lavin-christian-nationalism-authoritarianism

    Jamais on aurait cru que la religion chrétienne, surtout protestante aurait pu constituer de notre temps une menace pour la civilisation humaine comme à l’époque des croisades. On avait tort. Les fidèles de la devise Deus Vult constituent la menace la plus dangereuse pour la paix et l’avenir du monde humain.

    21.4.2025 by Shane Burley - A conversation with author Talia Lavin

    Not all coups change a country in an instant. Some are a slow-boil process of subversion that nonetheless leaves the institutions they affect unrecognizable. Journalist Talia Lavin has spent her career looking at the violent and bigoted politics of the United States’ rightward turn, and, as she chronicles in her recent book, Wild Faith: How the Christian Right is Taking Over America, the Christian nationalist movement currently remaking U.S. society was one such long revolution.

    From the Christian Right’s early mobilization in the 1970s, as they fought desegregation by embracing private schools and homeschooling, to the culture wars seeking to undo myriad progressive reforms, Lavin finds that most of the movement’s political projects emerged from an authoritarian evangelical culture centered in the home. Through increasingly strict — and sometimes violent — forms of parenting to increasing rigidity around gender and sexuality, Lavin reveals how the localized fiefdoms of evangelical homes serve as a microcosm for what Christian nationalists want to see nationwide, and how the stark cruelty of today’s right-wing politics grew out of abusive family dynamics framed as biblically-mandated ​“tough love.”

    But just as Lavin traces the hyper-local roots of the ​“spiritual war” that made Christian nationalists a decisive factor in Donald Trump’s reactionary counterrevolution, she also explores how that world may have sowed the seeds of its own undoing, as she talks with ​“ex-vangelicals” leaving the movement behind.

    In These Times talked with Lavin about her journey into the Christian nationalist movement and what it tells us about our current political landscape amid the second Trump administration. This interview has been edited for length and clarity.

    SB: What drew you to cover Christian nationalism specifically and what did you encounter once you did?

    TL: A big turning point for me was watching a documentary called The Way Down, about a Christian weight loss church. One episode dealt with child abuse. It was the first time I had really heard about child abuse in the evangelical context and it made a profound impression on me. When they were describing child rearing manuals and specific equipment for corporal punishment, suddenly I knew this can’t be just one congregation. And the question for me was: How does this kind of system develop?

    I reached out to folks online and asked if they were raised in a household with stuff like James Dobson and gurus of Christian child rearing and was horrified by what I encountered. I wrote a series about my initial findings because the response was so intense — people desperate to tell their stories, people who obviously felt their stories hadn’t been told. From there it became a question of how these cultures create totalitarian states in miniature and how that relates to authoritarian politics in general.

    SB: You talk a lot in the book about the culture of abuse in many evangelical homes. What ramifications does this culture have across our social and political spheres?

    TL: If we talk about what tenderizes society to accept authoritarianism, an authoritarian family structure is a huge part of it. This is especially true on the Christian Right, where obedience is considered a chief virtue and the core education on how to be a person. In a democracy, your voice and actions matter, at least nominally. If you grow up in an authoritarian environment, where you’re told your voice and actions don’t matter and that you should be obedient, then these two ideas, authority and democracy, are going to be in conflict.

    If you create an authoritarian state in the home that raises people to expect and empathize with violence, then what you receive is a generation of people who do just that. In many ways, that’s the heart of Trumpism: watching an authoritarian father figure mete out punishment against the wicked.

    This leads to a lot of gleeful malevolence in the MAGA movement and on the Christian Right. Recently, there was a bestselling book called The Sin of Empathy, about how liberals perverted the church by talking about empathy. The idea that empathy is a Trojan horse corrupting Christianity is a major bestseller right now. Mel Gibson and Tucker Carlson separately, a couple of months apart, compared Trump becoming president again to daddy coming home to beat you with a belt, framing that in very positive terms: he’s going to beat some sense into the nation.

    SB: Do these dynamics affect how people are responding to some of the incredibly cruel governmental changes we’re seeing now, from mass layoffs to closing social service programs?

    TL: I think for the perpetrators and those eagerly embracing this destruction, that’s where you’re seeing this authoritarian family influence — where you are forced from a very early age to empathize with your abuser, because if you don’t, you have to answer a lot of very painful questions about your life, your beliefs and the way you were raised.

    But avoiding that questioning means that you go through the world with ​“might makes right” as a positive social value and where the person who is the most flagrantly cruel and authoritarian is the inherently appealing figure.

    SB: You describe some of these communities as composing a ​“society within a society.” How so?

    TL: There is an insular material culture created by evangelicals for evangelicals. People who were not familiar with the Christian Right who read my book asked how they didn’t know these things. It’s because their books weren’t written for you. Their marriage manuals, parenting guides, movies and TV shows and homeschool curricula are by and for evangelical Christians. Their movement has created a parallel and parasitic material culture that puts mainstream culture through a fun house mirror and makes it its own. There are Christian thrillers patterned off secular thrillers. Bibleman is Superman, but with the Bible.

    There is also a broad persecution complex that suggests that not being able to enforce their religion through law and impose it on the general public is a form of persecution. That being forced to experience religious pluralism is a form of persecution. No one embodies this more than Kim Davis, the Kentucky clerk fired after refusing to issue a marriage license to a gay couple and who has been suing ever since. She positioned herself as a martyr and raised all this money for lawsuits and ultimately what she is advocating for is the absolute power, for Christians — and Christians alone — to discriminate, using civil power at will.

    You also have very restrictive and fixed gender norms, with men at the top, women submissive to them and children little better than property. There are definitely female leaders and speakers, but much of the right-wing church has expunged female pastors over the last half-decade.

    Another profound element is the absolute hostility to gay rights and trans rights in particular — the fixity and hierarchy of gender norms and the idea that people who defy the gender of their birth or opt out of the gender binary are an existential threat.

    SB: You write about the private infrastructure evangelicals created, such as the explosion of Christian homeschooling as an alternative to public schools. Does this dynamic affect how they see the gutting of our public services?

    TL: It’s all of a piece. The Christian Right became politically active as a result of school desegregation. They were opening tax-exempt racially segregated Christian schools and the government said they can’t do that, so they said, ​“I guess we’ll start a 50-year plan that will eventually overturn American democracy.” The political origins of this movement are in devaluing and fleeing from public services.

    Earlier than that, some of the pre-rumbling that this was going to be a major political force came when church leaders came out against FDR and the New Deal. Their argument has always been that charity should be administered through churches, which means if you are an unwed mother or queer or non-white applying for charity through a white evangelical church, you will face roadblocks.

    It’s a limitation on a publicly-funded safety net that enables people to rebound, grow and contribute in their own way. The trouble with that, if you’re a member of the Christian Right, is you lose this vector of control.

    SB: It seems like the turn towards homeschooling is also about creating more control at home. Now that we’re seeing a major push to destroy the Department of Education, to erase homeschool regulations and to win ​“school choice” — aka, school privatization — do you think this will result in fewer safeguards to protect kids?

    TL: Yes. Homeschooling can enable abuse by removing children from seeing mandated reporters on a regular basis, like a school nurse who might see bruises and ask where they’re coming from, or an English teacher a student could confide in. Isolation is a really important factor in abuse.

    Currently in Utah, there’s a bill that would remove the requirement for homeschooling parents to attest to any criminal background, including child abuse, explicitly enabling people convicted of child abuse to homeschool their kids. That is, of course, a heavily Republican legislature and it’s being boosted by a ton of people within the homeschool community.

    Even for public schools, you’re seeing so much movement on the Right to assert more control, to dominate schools and make them more submissive to parents. Parents demanding control over curricula. Parents controlling how children are referred to in terms of their gender. Kids being disallowed from using nicknames at school. Not to mention book bans.

    SB: For the people you interviewed who left evangelicalism, what challenges did they face as they were entering adulthood or abandoning this isolating environment?

    TL: It’s well documented that people who come out of abusive homes are more likely to either be abused or to abuse. Many of the people I spoke to have been involved in abusive relationships even after leaving this community. They talked about not knowing what a healthy, nurturing love is supposed to look like or feeling like they deserved poor treatment and pain. Some talked about a crippling lack of self-confidence or an inability to make decisions after having spent so long being forced into obedience.

    There isn’t one personality type that breaks away. Some folks were very thoughtful and introspective. Some folks were never going to fit in the model, who were gay, queer or women who couldn’t spend their lives in this very small box. There are many pathways to leaving, but everyone came out with scars and had to spend a lot of time rethinking how to interact with other people and how to think about themselves.

    It’s the path of least resistance to stay. And I say that as someone who did leave a restrictive, high-control faith. I think a lot of people may ask why a Jew wrote this book. But I didn’t just grow up Jewish — I grew up Orthodox. The way I grew up was such that when I talked to former evangelicals, I was not at all weirded out because I had also lived a life dominated by religion. Religion was the school I went to. Religion was what I could eat, what I could wear, who I could date and that was natural to me. And even under the gentle circumstances by which I left that religious community, where I’m not cut off from my family, it was still quite painful and challenging.

    SB: What do you think motivated the former evangelicals you spoke with to share their stories?

    TL: I heard from multiple people that the fact that someone outside their community cared was validating. As a journalist, it’s always significant to be entrusted with someone’s vulnerabilities and traumas.

    But, more broadly, ex-evangelicals have been sounding this warning for a long time. Ex-evangelicals have been some of the clearest voices saying: this is what the Christian Right’s political project is. So many people I spoke to had this very clear understanding: that this is an authoritarian movement that has been gathering power my whole life and I don’t want to live in a country that suddenly has the same home I escaped.

    SB: Do you think the Christian nationalist movement was the decisive factor in moving the country Right?

    TL: Absolutely. I think their chief project has been an aggressive, reactionary, counterrevolutionary movement against the various civil rights movements of the 20th century — women’s rights, gay rights and, above all, civil rights.

    This movement is still a minority, but a loud minority with a lot of power, built quietly, in insular ways. They created these pipelines to power. The so-called ​“Joshua Generation” of former homeschool kids are bulking up Senate staff right now. Some are reactionary senators themselves. It’s a multi-generational project.

    They sensed Trump’s momentum, so tacking with the winds of power, if you’re a movement primarily concerned with power, makes all the sense in the world.

    SB: What role do ex-evangelicals have in the fight against the Christian Right? Is resistance to Christian nationalism coming in part from people who left this movement?

    TL: To some extent. Tim Alberta, who came out of an evangelical background, had an influential book asking what happened to his community. Sarah McCammon’s book The Exvangelicals is about the movement more broadly and her experience in particular. Other ex-vangelicals like Blake Chastain and Chrissy Stroop are out there writing about Christian nationalism and I think these voices are really important to highlight.

    At the same time, the unearned respectability that white evangelicalism has makes it very hard for these critical voices to gain prominence. The people who know Christian nationalism from the inside out are arguably the best equipped to refute it. But there has to be more mainstream education about Christian nationalism for their voices to be taken seriously.

    #USA #trumpisme #droite #christianisme #putsch

  • The New Face of Christian Zionism - In These Times
    https://inthesetimes.com/article/christian-zionism-evangelicals-right-wing-israel-palestine

    The official White House X account posted this photo on Feb. 8, along with the text: “As the Bible says, ‘Blessed are the peacemakers.’ And in that end, I hope my greatest legacy when it’s all finished, will be known as a peacemaker and a unifier.” —President Donald J. Trump

  • ICE arrests Palestinian activist for involvement in Columbia protests
    https://mondoweiss.net/2025/03/ice-arrests-palestinian-student-for-involvement-in-columbia-protests

    On Saturday the Department of Homeland Security (DHS) arrested Mahmoud Khalil, a leader of the Gaza protests on Columbia University’s campus, at his apartment in New York City.

    Khalil, who is Palestinian, is a permanent U.S. resident, but according to his attorney, Amy Greer, U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) agents executed a State Department order to revoke his student visa and green card.

    Khalil was a recent graduate of Columbia’s School of International and Public Affairs and had been a lead negotiator for student activists during the Gaza solidarity encampment in the spring of 2024.

    • https://theintercept.com/2025/03/10/mahmoud-khalil-palestine-columbia-immigration-deport

      So, as of Saturday night, Khalil, a legal permanent resident, is being held without charge at an Immigration and Customs Enforcement, or ICE, detention center. His attorney and his wife — a U.S. citizen who is eight months pregnant — were unable to find Khalil in the sprawling ICE carceral system for over 24 hours.

      On Saturday night, Department of Homeland Security agents descended on Khalil’s apartment, a Columbia University-owned property near the school’s Manhattan campus. Khalil called his attorney, Amy Greer, who spoke with the agents on the phone. First, they reportedly said they were acting on State Department orders to revoke the graduate’s student visa. The attorney told them that Khalil has a green card, which Khalil’s wife produced as proof. Then, according to reports, the agent told Greer that they were revoking Khalil’s green card. The agents threatened Khalil’s pregnant wife with arrest too, and then took her husband away.

      “We will be revoking the visas and/or green cards of Hamas supporters in America so they can be deported,” wrote U.S. Secretary of State Marco Rubio on X on Sunday, linking to The Associated Press’s coverage of Khalil’s arrest.

      There is no going back from this point: President Donald Trump’s administration is trying to deport a man solely for his First Amendment-protected activity, without due process. By all existing legal standards, this is illegal and unconstitutional: a violation of First Amendment protections, and the Fifth Amendment-protected right to due process. If Khalil’s green card is revoked and he is deported, no one can have any confidence in legal and constitutional protections as a line of defense against arbitrary state violence and punishment. Khalil’s arrest marks an extraordinary fascist escalation.

  • Federal Workers Rise up Against Musk, Trump and Drastic Cuts - In These Times
    https://inthesetimes.com/article/federal-workers-rise-up-musk-trump-doge

    Chris Dols was one of hundreds who flooded to the streets of Washington, D.C. this week to protest the shutdown of the Consumer Financial Protection Bureau. The CFPB was one of the few remnants of the 2008 financial crisis that actually aimed to help ordinary people.

    The workers locked out of the agency spoke about their jobs, the value of the work they did, reminding themselves and their audience that federal employees have vital jobs that working Americans rely on.

  • U.S. Jewish Institutions Are Purging Their Staffs of Anti-Zionists
    https://inthesetimes.com/article/anti-zionist-israel-gaza-jewish-institutions

    Fischer is not alone. In These Times interviewed 18 Jewish professionals with 16 different Jewish organizations across the country, all of whom describe being fired, quitting under pressure, or seeing their roles disappear since October 7 for issues surrounding criticism of Israel or support for a permanent cease-fire. These stories are just a snapshot of what appears to be a growing trend across the Jewish professional world. At the time of publication, In These Times was continuing to receive tips about similar cases.

    • En Allemagne tout le monde risque un traitement comparable, pas la peine d’être juif ou de travailler pour ume institution juive. Heureusement le droit du travail protège mieux les employés qu’au États-Unis, mais si tu es free-lance, journaliste, artiste indépendant, employé des églises ou de l’état tu as intérêt à ne pas te prononcer contre la ligne du gouvernement qui défend les positions d’Israel et cela sans réserve ou condition.

      C’est grave car d’un côté nous sommes coincés par l’extrême droite et de l’autre côté par l’état philosemite. La liberté d’expression n’existe plus que pour les gens qui peuvent se la payer.

  • Comment l’Europe sous-traite à l’#Afrique le contrôle des #migrations (1/4) : « #Frontex menace la #dignité_humaine et l’#identité_africaine »

    Pour freiner l’immigration, l’Union européenne étend ses pouvoirs aux pays d’origine des migrants à travers des partenariats avec des pays africains, parfois au mépris des droits humains. Exemple au Sénégal, où le journaliste Andrei Popoviciu a enquêté.

    Cette enquête en quatre épisodes, publiée initialement en anglais dans le magazine américain In These Times (https://inthesetimes.com/article/europe-militarize-africa-senegal-borders-anti-migration-surveillance), a été soutenue par une bourse du Leonard C. Goodman Center for Investigative Reporting.

    Par une brûlante journée de février, Cornelia Ernst et sa délégation arrivent au poste-frontière de Rosso. Autour, le marché d’artisanat bouillonne de vie, une épaisse fumée s’élève depuis les camions qui attendent pour passer en Mauritanie, des pirogues hautes en couleur dansent sur le fleuve Sénégal. Mais l’attention se focalise sur une fine mallette noire posée sur une table, face au chef du poste-frontière. Celui-ci l’ouvre fièrement, dévoilant des dizaines de câbles méticuleusement rangés à côté d’une tablette tactile. La délégation en a le souffle coupé.

    Le « Universal Forensics Extraction Device » (UFED) est un outil d’extraction de données capable de récupérer les historiques d’appels, photos, positions GPS et messages WhatsApp de n’importe quel téléphone portable. Fabriqué par la société israélienne Cellebrite, dont il a fait la réputation, l’UFED est commercialisé auprès des services de police du monde entier, notamment du FBI, pour lutter contre le terrorisme et le trafic de drogues. Néanmoins, ces dernières années, le Nigeria et le Bahreïn s’en sont servis pour voler les données de dissidents politiques, de militants des droits humains et de journalistes, suscitant un tollé.

    Toujours est-il qu’aujourd’hui, une de ces machines se trouve au poste-frontière entre Rosso-Sénégal et Rosso-Mauritanie, deux villes du même nom construites de part et d’autre du fleuve qui sépare les deux pays. Rosso est une étape clé sur la route migratoire qui mène jusqu’en Afrique du Nord. Ici, cependant, cette technologie ne sert pas à arrêter les trafiquants de drogue ou les terroristes, mais à suivre les Ouest-Africains qui veulent migrer vers l’Europe. Et cet UFED n’est qu’un outil parmi d’autres du troublant arsenal de technologies de pointe déployé pour contrôler les déplacements dans la région – un arsenal qui est arrivé là, Cornelia Ernst le sait, grâce aux technocrates de l’Union européenne (UE) avec qui elle travaille.

    Cette eurodéputée allemande se trouve ici, avec son homologue néerlandaise Tineke Strik et une équipe d’assistants, pour mener une mission d’enquête en Afrique de l’Ouest. Respectivement membres du Groupe de la gauche (GUE/NGL) et du Groupe des Verts (Verts/ALE) au Parlement européen, les deux femmes font partie d’une petite minorité de députés à s’inquiéter des conséquences de la politique migratoire européenne sur les valeurs fondamentales de l’UE – à savoir les droits humains –, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Europe.

    Le poste-frontière de Rosso fait partie intégrante de la politique migratoire européenne. Il accueille en effet une nouvelle antenne de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT), fruit d’un « partenariat opérationnel conjoint » entre le Sénégal et l’UE visant à former et équiper la police des frontières sénégalaise et à dissuader les migrants de gagner l’Europe avant même qu’ils ne s’en approchent. Grâce à l’argent des contribuables européens, le Sénégal a construit depuis 2018 au moins neuf postes-frontières et quatre antennes régionales de la DNLT. Ces sites sont équipés d’un luxe de technologies de surveillance intrusive : outre la petite mallette noire, ce sont des logiciels d’identification biométrique des empreintes digitales et de reconnaissance faciale, des drones, des serveurs numériques, des lunettes de vision nocturne et bien d’autres choses encore…

    Dans un communiqué, un porte-parole de la Commission européenne affirme pourtant que les antennes régionales de la DNLT ont été créées par le Sénégal et que l’UE se borne à financer les équipements et les formations.

    « Frontex militarise la Méditerranée »

    Cornelia Ernst redoute que ces outils ne portent atteinte aux droits fondamentaux des personnes en déplacement. Les responsables sénégalais, note-t-elle, semblent « très enthousiasmés par les équipements qu’ils reçoivent et par leur utilité pour suivre les personnes ». Cornelia Ernst et Tineke Strik s’inquiètent également de la nouvelle politique, controversée, que mène la Commission européenne depuis l’été 2022 : l’Europe a entamé des négociations avec le Sénégal et la Mauritanie pour qu’ils l’autorisent à envoyer du personnel de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, Frontex, patrouiller aux frontières terrestres et maritimes des deux pays. Objectif avoué : freiner l’immigration africaine.

    Avec un budget de 754 millions d’euros, Frontex est l’agence la mieux dotée financièrement de toute l’UE. Ces cinq dernières années, un certain nombre d’enquêtes – de l’UE, des Nations unies, de journalistes et d’organisations à but non lucratif – ont montré que Frontex a violé les droits et la sécurité des migrants qui traversent la Méditerranée, notamment en aidant les garde-côtes libyens, financés par l’UE, à renvoyer des centaines de milliers de migrants en Libye, un pays dans lequel certains sont détenus, torturés ou exploités comme esclaves sexuels. En 2022, le directeur de l’agence, Fabrice Leggeri, a même été contraint de démissionner à la suite d’une cascade de scandales. Il lui a notamment été reproché d’avoir dissimulé des « pushbacks » : des refoulements illégaux de migrants avant même qu’ils ne puissent déposer une demande d’asile.

    Cela fait longtemps que Frontex est présente de façon informelle au Sénégal, en Mauritanie et dans six autres pays d’Afrique de l’Ouest, contribuant au transfert de données migratoires de ces pays vers l’UE. Mais jamais auparavant l’agence n’avait déployé de gardes permanents à l’extérieur de l’UE. Or à présent, Bruxelles compte bien étendre les activités de Frontex au-delà de son territoire, sur le sol de pays africains souverains, anciennes colonies européennes qui plus est, et ce en l’absence de tout mécanisme de surveillance. Pour couronner le tout, initialement, l’UE avait même envisagé d’accorder l’immunité au personnel de Frontex posté en Afrique de l’Ouest.

    D’évidence, les programmes européens ne sont pas sans poser problème. La veille de leur arrivée à Rosso, Cornelia Ernst et Tineke Strik séjournent à Dakar, où plusieurs groupes de la société civile les mettent en garde. « Frontex menace la dignité humaine et l’identité africaine », martèle Fatou Faye, de la Fondation Rosa Luxemburg, une ONG allemande. « Frontex militarise la Méditerranée », renchérit Saliou Diouf, fondateur de l’association de défense des migrants Boza Fii. Si Frontex poste ses gardes aux frontières africaines, ajoute-t-il, « c’est la fin ».

    Ces programmes s’inscrivent dans une vaste stratégie d’« externalisation des frontières », selon le jargon européen en vigueur. L’idée ? Sous-traiter de plus en plus le contrôle des frontières européennes en créant des partenariats avec des gouvernements africains – autrement dit, étendre les pouvoirs de l’UE aux pays d’origine des migrants. Concrètement, cette stratégie aux multiples facettes consiste à distribuer des équipements de surveillance de pointe, à former les forces de police et à mettre en place des programmes de développement qui prétendent s’attaquer à la racine des migrations.

    Des cobayes pour l’Europe

    En 2016, l’UE a désigné le Sénégal, qui est à la fois un pays d’origine et de transit des migrants, comme l’un de ses cinq principaux pays partenaires pour gérer les migrations africaines. Mais au total, ce sont pas moins de 26 pays africains qui reçoivent de l’argent des contribuables européens pour endiguer les vagues de migration, dans le cadre de 400 projets distincts. Entre 2015 et 2021, l’UE a investi 5 milliards d’euros dans ces projets, 80 % des fonds étant puisés dans les budgets d’aide humanitaire et au développement. Selon des données de la Fondation Heinrich Böll, rien qu’au Sénégal, l’Europe a investi au moins 200 milliards de francs CFA (environ 305 millions d’euros) depuis 2005.

    Ces investissements présentent des risques considérables. Il s’avère que la Commission européenne omet parfois de procéder à des études d’évaluation d’impact sur les droits humains avant de distribuer ses fonds. Or, comme le souligne Tineke Strik, les pays qu’elle finance manquent souvent de garde-fous pour protéger la démocratie et garantir que les technologies et les stratégies de maintien de l’ordre ne seront pas utilisées à mauvais escient. En réalité, avec ces mesures, l’UE mène de dangereuses expériences technico-politiques : elle équipe des gouvernements autoritaires d’outils répressifs qui peuvent être utilisés contre les migrants, mais contre bien d’autres personnes aussi.

    « Si la police dispose de ces technologies pour tracer les migrants, rien ne garantit qu’elle ne s’en servira pas contre d’autres individus, comme des membres de la société civile et des acteurs politiques », explique Ousmane Diallo, chercheur au bureau d’Afrique de l’Ouest d’Amnesty International.

    En 2022, j’ai voulu mesurer l’impact au Sénégal des investissements réalisés par l’UE dans le cadre de sa politique migratoire. Je me suis rendu dans plusieurs villes frontalières, j’ai discuté avec des dizaines de personnes et j’ai consulté des centaines de documents publics ou qui avaient fuité. Cette enquête a mis au jour un complexe réseau d’initiatives qui ne s’attaquent guère aux problèmes qui poussent les gens à émigrer. En revanche, elles portent un rude coup aux droits fondamentaux, à la souveraineté nationale du Sénégal et d’autres pays d’Afrique, ainsi qu’aux économies locales de ces pays, qui sont devenus des cobayes pour l’Europe.

    Des politiques « copiées-collées »

    Depuis la « crise migratoire » de 2015, l’UE déploie une énergie frénétique pour lutter contre l’immigration. A l’époque, plus d’un million de demandeurs d’asile originaires du Moyen-Orient et d’Afrique – fuyant les conflits, la violence et la pauvreté – ont débarqué sur les côtes européennes. Cette « crise migratoire » a provoqué une droitisation de l’Europe. Les leaders populistes surfant sur la peur des populations et présentant l’immigration comme une menace sécuritaire et identitaire, les partis nationalistes et xénophobes en ont fait leurs choux gras.

    Reste que le pic d’immigration en provenance d’Afrique de l’Ouest s’est produit bien avant 2015 : en 2006, plus de 31 700 migrants sont arrivés par bateau aux îles Canaries, un territoire espagnol situé à une centaine de kilomètres du Maroc. Cette vague a pris au dépourvu le gouvernement espagnol, qui s’est lancé dans une opération conjointe avec Frontex, baptisée « Hera », pour patrouiller le long des côtes africaines et intercepter les bateaux en direction de l’Europe.

    Cette opération « Hera », que l’ONG britannique de défense des libertés Statewatch qualifie d’« opaque », marque le premier déploiement de Frontex à l’extérieur du territoire européen. C’est aussi le premier signe d’externalisation des frontières européennes en Afrique depuis la fin du colonialisme au XXe siècle. En 2018, Frontex a quitté le Sénégal, mais la Guardia Civil espagnole y est restée jusqu’à ce jour : pour lutter contre l’immigration illégale, elle patrouille le long des côtes et effectue même des contrôles de passeports dans les aéroports.

    En 2015, en pleine « crise », les fonctionnaires de Bruxelles ont musclé leur stratégie : ils ont décidé de dédier des fonds à la lutte contre l’immigration à la source. Ils ont alors créé le Fonds fiduciaire d’urgence de l’UE pour l’Afrique (EUTF). Officiellement, il s’agit de favoriser la stabilité et de remédier aux causes des migrations et des déplacements irréguliers des populations en Afrique.

    Malgré son nom prometteur, c’est la faute de l’EUTF si la mallette noire se trouve à présent au poste-frontière de Rosso – sans oublier les drones et les lunettes de vision nocturne. Outre ce matériel, le fonds d’urgence sert à envoyer des fonctionnaires et des consultants européens en Afrique, pour convaincre les gouvernements de mettre en place de nouvelles politiques migratoires – des politiques qui, comme me le confie un consultant anonyme de l’EUTF, sont souvent « copiées-collées d’un pays à l’autre », sans considération aucune des particularités nationales de chaque pays. « L’UE force le Sénégal à adopter des politiques qui n’ont rien à voir avec nous », explique la chercheuse sénégalaise Fatou Faye à Cornelia Ernst et Tineke Strik.

    Une mobilité régionale stigmatisée

    Les aides européennes constituent un puissant levier, note Leonie Jegen, chercheuse à l’université d’Amsterdam et spécialiste de l’influence de l’UE sur la politique migratoire sénégalaise. Ces aides, souligne-t-elle, ont poussé le Sénégal à réformer ses institutions et son cadre législatif en suivant des principes européens et en reproduisant des « catégories politiques eurocentrées » qui stigmatisent, voire criminalisent la mobilité régionale. Et ces réformes sont sous-tendues par l’idée que « le progrès et la modernité » sont des choses « apportées de l’extérieur » – idée qui n’est pas sans faire écho au passé colonial.

    Il y a des siècles, pour se partager l’Afrique et mieux piller ses ressources, les empires européens ont dessiné ces mêmes frontières que l’UE est aujourd’hui en train de fortifier. L’Allemagne a alors jeté son dévolu sur de grandes parties de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique de l’Est ; les Pays-Bas ont mis la main sur l’Afrique du Sud ; les Britanniques ont décroché une grande bande de terre s’étendant du nord au sud de la partie orientale du continent ; la France a raflé des territoires allant du Maroc au Congo-Brazzaville, notamment l’actuel Sénégal, qui n’est indépendant que depuis soixante-trois ans.

    L’externalisation actuelle des frontières européennes n’est pas un cas totalement unique. Les trois derniers gouvernements américains ont abreuvé le Mexique de millions de dollars pour empêcher les réfugiés d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud d’atteindre la frontière américaine, et l’administration Biden a annoncé l’ouverture en Amérique latine de centres régionaux où il sera possible de déposer une demande d’asile, étendant ainsi de facto le contrôle de ses frontières à des milliers de kilomètres au-delà de son territoire.

    Cela dit, au chapitre externalisation des frontières, la politique européenne en Afrique est de loin la plus ambitieuse et la mieux financée au monde.

    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/09/06/comment-l-europe-sous-traite-a-l-afrique-le-controle-des-migrations-1-4-fron

    #réfugiés #asile #contrôles_frontaliers #frontières #Sénégal #Rosso #fleuve_Sénégal #Mauritanie #Universal_Forensics_Extraction_Device (#UFED) #données #technologie #Cellebrite #complexe_militaro-industriel #Division_nationale_de_lutte_contre_le_trafic_de_migrants (#DNLT) #politique_migratoire_européenne #UE #EU #Union_européenne #partenariat_opérationnel_conjoint #dissuasion #postes-frontières #surveillance #technologie_de_surveillance #biométrie #identification_biométrie #reconnaissance_faciale #empreintes_digitales #drones #droits_fondamentaux #militarisation_des_frontières #Boza_Fii #externalisation #expériences_technico-politiques #Hera #opération_Hera #mobilité_régionale

    • Comment l’Europe sous-traite à l’Afrique le contrôle des migrations (2/4) : « Nous avons besoin d’aide, pas d’outils sécuritaires »

      Au Sénégal, la création et l’équipement de postes-frontières constituent des éléments clés du partenariat avec l’Union européenne. Une stratégie pas toujours efficace, tandis que les services destinés aux migrants manquent cruellement de financements.

      Par une étouffante journée de mars, j’arrive au poste de contrôle poussiéreux du village sénégalais de #Moussala, à la frontière avec le #Mali. Des dizaines de camions et de motos attendent, en ligne, de traverser ce point de transit majeur. Après avoir demandé pendant des mois, en vain, la permission au gouvernement d’accéder au poste-frontière, j’espère que le chef du poste m’expliquera dans quelle mesure les financements européens influencent leurs opérations. Refusant d’entrer dans les détails, il me confirme que son équipe a récemment reçu de l’Union européenne (UE) des formations et des équipements dont elle se sert régulièrement. Pour preuve, un petit diplôme et un trophée, tous deux estampillés du drapeau européen, trônent sur son bureau.

      La création et l’équipement de postes-frontières comme celui de Moussala constituent des éléments clés du partenariat entre l’UE et l’#Organisation_internationale_pour_les_migrations (#OIM). Outre les technologies de surveillance fournies aux antennes de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT, fruit d’un partenariat entre le Sénégal et l’UE), chaque poste-frontière est équipé de systèmes d’analyse des données migratoires et de systèmes biométriques de reconnaissance faciale et des empreintes digitales.

      Officiellement, l’objectif est de créer ce que les fonctionnaires européens appellent un système africain d’#IBM, à savoir « #Integrated_Border_Management » (en français, « gestion intégrée des frontières »). Dans un communiqué de 2017, le coordinateur du projet de l’OIM au Sénégal déclarait : « La gestion intégrée des frontières est plus qu’un simple concept, c’est une culture. » Il avait semble-t-il en tête un changement idéologique de toute l’Afrique, qui ne manquerait pas selon lui d’embrasser la vision européenne des migrations.

      Technologies de surveillance

      Concrètement, ce système IBM consiste à fusionner les #bases_de_données sénégalaises (qui contiennent des données biométriques sensibles) avec les données d’agences de police internationales (comme #Interpol et #Europol). Le but : permettre aux gouvernements de savoir qui franchit quelle frontière et quand. Un tel système, avertissent les experts, peut vite faciliter les expulsions illégales et autres abus.

      Le risque est tout sauf hypothétique. En 2022, un ancien agent des services espagnols de renseignement déclarait au journal El Confidencial que les autorités de plusieurs pays d’Afrique « utilisent les technologies fournies par l’Espagne pour persécuter et réprimer des groupes d’opposition, des militants et des citoyens critiques envers le pouvoir ». Et d’ajouter que le gouvernement espagnol en avait parfaitement conscience.

      D’après un porte-parole de la Commission européenne, « tous les projets qui touchent à la sécurité et sont financés par l’UE comportent un volet de formation et de renforcement des capacités en matière de droits humains ». Selon cette même personne, l’UE effectue des études d’impact sur les droits humains avant et pendant la mise en œuvre de ces projets. Mais lorsque, il y a quelques mois, l’eurodéputée néerlandaise Tineke Strik a demandé à voir ces études d’impact, trois différents services de la Commission lui ont envoyé des réponses officielles disant qu’ils ne les avaient pas. En outre, selon un de ces services, « il n’existe pas d’obligation réglementaire d’en faire ».

      Au Sénégal, les libertés civiles sont de plus en plus menacées et ces technologies de surveillance risquent d’autant plus d’être utilisées à mauvais escient. Rappelons qu’en 2021, les forces de sécurité sénégalaises ont tué quatorze personnes qui manifestaient contre le gouvernement ; au cours des deux dernières années, plusieurs figures de l’opposition et journalistes sénégalais ont été emprisonnés pour avoir critiqué le gouvernement, abordé des questions politiques sensibles ou avoir « diffusé des fausses nouvelles ». En juin, après qu’Ousmane Sonko, principal opposant au président Macky Sall, a été condamné à deux ans d’emprisonnement pour « corruption de la jeunesse », de vives protestations ont fait 23 morts.

      « Si je n’étais pas policier, je partirais aussi »

      Alors que j’allais renoncer à discuter avec la police locale, à Tambacounda, autre grand point de transit non loin des frontières avec le Mali et la Guinée, un policier de l’immigration en civil a accepté de me parler sous couvert d’anonymat. C’est de la région de #Tambacounda, qui compte parmi les plus pauvres du Sénégal, que proviennent la plupart des candidats à l’immigration. Là-bas, tout le monde, y compris le policier, connaît au moins une personne qui a tenté de mettre les voiles pour l’Europe.

      « Si je n’étais pas policier, je partirais aussi », me confie-t-il par l’entremise d’un interprète, après s’être éloigné à la hâte du poste-frontière. Les investissements de l’UE « n’ont rien changé du tout », poursuit-il, notant qu’il voit régulièrement des personnes en provenance de Guinée passer par le Sénégal et entrer au Mali dans le but de gagner l’Europe.

      Depuis son indépendance en 1960, le Sénégal est salué comme un modèle de démocratie et de stabilité, tandis que nombre de ses voisins sont en proie aux dissensions politiques et aux coups d’Etat. Quoi qu’il en soit, plus d’un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté et l’absence de perspectives pousse la population à migrer, notamment vers la France et l’Espagne. Aujourd’hui, les envois de fonds de la diaspora représentent près de 10 % du PIB sénégalais. A noter par ailleurs que, le Sénégal étant le pays le plus à l’ouest de l’Afrique, de nombreux Ouest-Africains s’y retrouvent lorsqu’ils fuient les problèmes économiques et les violences des ramifications régionales d’Al-Qaida et de l’Etat islamique (EI), qui ont jusqu’à présent contraint près de 4 millions de personnes à partir de chez elles.

      « L’UE ne peut pas résoudre les problèmes en construisant des murs et en distribuant de l’argent, me dit le policier. Elle pourra financer tout ce qu’elle veut, ce n’est pas comme ça qu’elle mettra fin à l’immigration. » Les sommes qu’elle dépense pour renforcer la police et les frontières, dit-il, ne servent guère plus qu’à acheter des voitures climatisées aux policiers des villes frontalières.

      Pendant ce temps, les services destinés aux personnes expulsées – comme les centres de protection et d’accueil – manquent cruellement de financements. Au poste-frontière de Rosso, des centaines de personnes sont expulsées chaque semaine de Mauritanie. Mbaye Diop travaille avec une poignée de bénévoles du centre que la Croix-Rouge a installé du côté sénégalais pour accueillir ces personnes expulsées : des hommes, des femmes et des enfants qui présentent parfois des blessures aux poignets, causées par des menottes, et ailleurs sur le corps, laissées par les coups de la police mauritanienne. Mais Mbaye Diop n’a pas de ressources pour les aider. L’approche n’est pas du tout la bonne, souffle-t-il : « Nous avons besoin d’aide humanitaire, pas d’outils sécuritaires. »

      La méthode de la carotte

      Pour freiner l’immigration, l’UE teste également la méthode de la carotte : elle propose des subventions aux entreprises locales et des formations professionnelles à ceux qui restent ou rentrent chez eux. La route qui mène à Tambacounda est ponctuée de dizaines et de dizaines de panneaux publicitaires vantant les projets européens.

      Dans la réalité, les offres ne sont pas aussi belles que l’annonce l’UE. Binta Ly, 40 ans, en sait quelque chose. A Tambacounda, elle tient une petite boutique de jus de fruits locaux et d’articles de toilette. Elle a fait une année de droit à l’université, mais le coût de la vie à Dakar l’a contrainte à abandonner ses études et à partir chercher du travail au Maroc. Après avoir vécu sept ans à Casablanca et Marrakech, elle est rentrée au Sénégal, où elle a récemment inauguré son magasin.

      En 2022, Binta Ly a déposé une demande de subvention au Bureau d’accueil, d’orientation et de suivi (BAOS) qui avait ouvert la même année à Tambacounda, au sein de l’antenne locale de l’Agence régionale de développement (ARD). Financés par l’UE, les BAOS proposent des subventions aux petites entreprises sénégalaises dans le but de dissuader la population d’émigrer. Binta Ly ambitionnait d’ouvrir un service d’impression, de copie et de plastification dans sa boutique, idéalement située à côté d’une école primaire. Elle a obtenu une subvention de 500 000 francs CFA (762 euros) – soit un quart du budget qu’elle avait demandé –, mais peu importe, elle était très enthousiaste. Sauf qu’un an plus tard, elle n’avait toujours pas touché un seul franc.

      Dans l’ensemble du Sénégal, les BAOS ont obtenu une enveloppe totale de 1 milliard de francs CFA (1,5 million d’euros) de l’UE pour financer ces subventions. Mais l’antenne de Tambacounda n’a perçu que 60 millions de francs CFA (91 470 euros), explique Abdoul Aziz Tandia, directeur du bureau local de l’ARD. A peine de quoi financer 84 entreprises dans une région de plus d’un demi-million d’habitants. Selon un porte-parole de la Commission européenne, la distribution des subventions a effectivement commencé en avril. Le fait est que Binta Ly a reçu une imprimante et une plastifieuse, mais pas d’ordinateur pour aller avec. « Je suis contente d’avoir ces aides, dit-elle. Le problème, c’est qu’elles mettent très longtemps à venir et que ces retards chamboulent tout mon business plan. »

      Retour « volontaire »

      Abdoul Aziz Tandia admet que les BAOS ne répondent pas à la demande. C’est en partie la faute de la bureaucratie, poursuit-il : Dakar doit approuver l’ensemble des projets et les intermédiaires sont des ONG et des agences étrangères, ce qui signifie que les autorités locales et les bénéficiaires n’exercent aucun contrôle sur ces fonds, alors qu’ils sont les mieux placés pour savoir comment les utiliser. Par ailleurs, reconnaît-il, de nombreuses régions du pays n’ayant accès ni à l’eau propre, ni à l’électricité ni aux soins médicaux, ces microsubventions ne suffisent pas à empêcher les populations d’émigrer. « Sur le moyen et le long termes, ces investissements n’ont pas de sens », juge Abdoul Aziz Tandia.

      Autre exemple : aujourd’hui âgé de 30 ans, Omar Diaw a passé au moins cinq années de sa vie à tenter de rejoindre l’Europe. Traversant les impitoyables déserts du Mali et du Niger, il est parvenu jusqu’en Algérie. Là, à son arrivée, il s’est aussitôt fait expulser vers le Niger, où il n’existe aucun service d’accueil. Il est alors resté coincé des semaines entières dans le désert. Finalement, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) l’a renvoyé en avion au Sénégal, qualifiant son retour de « volontaire ».

      Lorsqu’il est rentré chez lui, à Tambacounda, l’OIM l’a inscrit à une formation de marketing numérique qui devait durer plusieurs semaines et s’accompagner d’une allocation de 30 000 francs CFA (46 euros). Mais il n’a jamais touché l’allocation et la formation qu’il a suivie est quasiment inutile dans sa situation : à Tambacounda, la demande en marketing numérique n’est pas au rendez-vous. Résultat : il a recommencé à mettre de l’argent de côté pour tenter de nouveau de gagner l’Europe.

      https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/09/07/comment-l-europe-sous-traite-a-l-afrique-le-controle-des-migrations-2-4-nous
      #OIM #retour_volontaire

    • Comment l’Europe sous-traite à l’Afrique le contrôle des migrations (3/4) : « Il est presque impossible de comprendre à quoi sert l’argent »

      A coups de centaines de millions d’euros, l’UE finance des projets dans des pays africains pour réduire les migrations. Mais leur impact est difficile à mesurer et leurs effets pervers rarement pris en considération.

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      Au chapitre migrations, rares sont les projets de l’Union européenne (UE) qui semblent adaptés aux réalités africaines. Mais il n’est pas sans risques de le dire tout haut. C’est ce que Boubacar Sèye, chercheur dans le domaine, a appris à ses dépens.

      Né au Sénégal, il vit aujourd’hui en Espagne. Ce migrant a quitté la Côte d’Ivoire, où il travaillait comme professeur de mathématiques, quand les violences ont ravagé le pays au lendemain de l’élection présidentielle de 2000. Après de brefs séjours en France et en Italie, Boubacar Sèye s’est établi en Espagne, où il a fini par obtenir la citoyenneté et fondé une famille avec son épouse espagnole. Choqué par le bilan de la vague de migration aux Canaries en 2006, il a créé l’ONG Horizons sans frontières pour aider les migrants africains en Espagne. Aujourd’hui, il mène des recherches et défend les droits des personnes en déplacement, notamment celles en provenance d’Afrique et plus particulièrement du Sénégal.

      En 2019, Boubacar Sèye s’est procuré un document détaillant comment les fonds des politiques migratoires de l’UE sont dépensés au Sénégal. Il a été sidéré par le montant vertigineux des sommes investies pour juguler l’immigration, alors que des milliers de candidats à l’asile se noient chaque année sur certaines des routes migratoires les plus meurtrières au monde. Lors d’entretiens publiés dans la presse et d’événements publics, il a ouvertement demandé aux autorités sénégalaises d’être plus transparentes sur ce qu’elles avaient fait des centaines de millions d’euros de l’Europe, qualifiant ces projets de véritable échec.

      Puis, au début de l’année 2021, il a été arrêté à l’aéroport de Dakar pour « diffusion de fausses informations ». Il a ensuite passé deux semaines en prison. Sa santé se dégradant rapidement sous l’effet du stress, il a fait une crise cardiaque. « Ce séjour en prison était inhumain, humiliant, et il m’a causé des problèmes de santé qui durent jusqu’à aujourd’hui, s’indigne le chercheur. J’ai juste posé une question : “Où est passé l’argent ?” »

      Ses intuitions n’étaient pas mauvaises. Les financements de la politique anti-immigration de l’UE sont notoirement opaques et difficiles à tracer. Les demandes déposées dans le cadre de la liberté d’information mettent des mois, voire des années à être traitées, alors que la délégation de l’UE au Sénégal, la Commission européenne et les autorités sénégalaises ignorent ou déclinent les demandes d’interviews.

      La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT, fruit d’un partenariat entre le Sénégal et l’UE), la police des frontières, le ministère de l’intérieur et le ministère des affaires étrangères – lesquels ont tous bénéficié des fonds migratoires européens – n’ont pas répondu aux demandes répétées d’entretien pour réaliser cette enquête.
      « Nos rapports doivent être positifs »

      Les rapports d’évaluation de l’UE ne donnent pas de vision complète de l’impact des programmes. A dessein ? Plusieurs consultants qui ont travaillé sur des rapports d’évaluation d’impact non publiés de projets du #Fonds_fiduciaire_d’urgence_de_l’UE_pour_l’Afrique (#EUTF), et qui s’expriment anonymement en raison de leur obligation de confidentialité, tirent la sonnette d’alarme : les effets pervers de plusieurs projets du fonds sont peu pris en considération.

      Au #Niger, par exemple, l’UE a contribué à élaborer une loi qui criminalise presque tous les déplacements, rendant de fait illégale la mobilité dans la région. Alors que le nombre de migrants irréguliers qui empruntent certaines routes migratoires a reculé, les politiques européennes rendent les routes plus dangereuses, augmentent les prix qu’exigent les trafiquants et criminalisent les chauffeurs de bus et les sociétés de transport locales. Conséquence : de nombreuses personnes ont perdu leur travail du jour au lendemain.

      La difficulté à évaluer l’impact de ces projets tient notamment à des problèmes de méthode et à un manque de ressources, mais aussi au simple fait que l’UE ne semble guère s’intéresser à la question. Un consultant d’une société de contrôle et d’évaluation financée par l’UE confie : « Quel est l’impact de ces projets ? Leurs effets pervers ? Nous n’avons pas les moyens de répondre à ces questions. Nous évaluons les projets uniquement à partir des informations fournies par des organisations chargées de leur mise en œuvre. Notre cabinet de conseil ne réalise pas d’évaluation véritablement indépendante. »

      Selon un document interne que j’ai pu me procurer, « rares sont les projets qui nous ont fourni les données nécessaires pour évaluer les progrès accomplis en direction des objectifs généraux de l’EUTF (promouvoir la stabilité et limiter les déplacements forcés et les migrations illégales) ». Selon un autre consultant, seuls les rapports positifs semblent les bienvenus : « Il est implicite que nos rapports doivent être positifs si nous voulons à l’avenir obtenir d’autres projets. »

      En 2018, la Cour des comptes européenne, institution indépendante, a émis des critiques sur l’EUTF : ses procédures de sélection de projets manquent de cohérence et de clarté. De même, une étude commanditée par le Parlement européen qualifie ses procédures d’« opaques ». « Le contrôle du Parlement est malheureusement très limité, ce qui constitue un problème majeur pour contraindre la Commission à rendre des comptes, regrette l’eurodéputée allemande Cornelia Ernst. Même pour une personne très au fait des politiques de l’UE, il est presque impossible de comprendre où va l’argent et à quoi il sert. »

      Le #fonds_d’urgence pour l’Afrique a notamment financé la création d’unités de police des frontières d’élite dans six pays d’Afrique de l’Ouest, et ce dans le but de lutter contre les groupes de djihadistes et les trafics en tous genres. Or ce projet, qui aurait permis de détourner au moins 12 millions d’euros, fait actuellement l’objet d’une enquête pour fraude.
      Aucune étude d’impact sur les droits humains

      En 2020, deux projets de modernisation des #registres_civils du Sénégal et de la Côte d’Ivoire ont suscité de vives inquiétudes des populations. Selon certaines sources, ces projets financés par l’EUTF auraient en effet eu pour objectif de créer des bases de #données_biométriques nationales. Les défenseurs des libertés redoutaient qu’on collecte et stocke les empreintes digitales et images faciales des citoyens des deux pays.

      Quand Ilia Siatitsa, de l’ONG britannique Privacy International, a demandé à la Commission européenne de lui fournir des documents sur ces projets, elle a découvert que celle-ci n’avait réalisé aucune étude d’impact sur les droits humains. En Europe, aucun pays ne possède de base de données comprenant autant d’informations biométriques.

      D’après un porte-parole de la Commission, jamais le fonds d’urgence n’a financé de registre biométrique, et ces deux projets consistent exclusivement à numériser des documents et prévenir les fraudes. Or la dimension biométrique des registres apparaît clairement dans les documents de l’EUTF qu’Ilia Siatitsa s’est procurés : il y est écrit noir sur blanc que le but est de créer « une base de données d’identification biométrique pour la population, connectée à un système d’état civil fiable ».

      Ilia Siatitsa en a déduit que le véritable objectif des deux projets était vraisemblablement de faciliter l’expulsion des migrants africains d’Europe. D’ailleurs, certains documents indiquent explicitement que la base de données ivoirienne doit servir à identifier et expulser les Ivoiriens qui résident illégalement sur le sol européen. L’un d’eux explique même que l’objectif du projet est de « faciliter l’identification des personnes qui sont véritablement de nationalité ivoirienne et l’organisation de leur retour ».

      Quand Cheikh Fall, militant sénégalais pour le droit à la vie privée, a appris l’existence de cette base de données, il s’est tourné vers la Commission de protection des données personnelles (CDP), qui, légalement, aurait dû donner son aval à un tel projet. Mais l’institution sénégalaise n’a été informée de l’existence du projet qu’après que le gouvernement l’a approuvé.

      En novembre 2021, Ilia Siatitsa a déposé une plainte auprès du médiateur de l’UE. En décembre 2022, après une enquête indépendante, le médiateur a rendu ses conclusions : la Commission n’a pas pris en considération l’impact sur la vie privée des populations africaines de ce projet et d’autres projets que finance l’UE dans le cadre de sa politique migratoire.

      Selon plusieurs sources avec lesquelles j’ai discuté, ainsi que la présentation interne du comité de direction du projet – que j’ai pu me procurer –, il apparaît que depuis, le projet a perdu sa composante biométrique. Cela dit, selon Ilia Siatitsa, cette affaire illustre bien le fait que l’UE effectue en Afrique des expériences sur des technologies interdites chez elle.

      https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/09/08/comment-l-europe-sous-traite-a-l-afrique-le-controle-des-migrations-3-4-il-e

  • How Israeli Spyware Endangers Activists Across the Globe - In These Times
    https://inthesetimes.com/article/how-israeli-spyware-endangers-activists

    Israeli surveillance technology is empowering antidemocratic governments to track journalists and human rights activists. Regulation is virtually nonexistent.

  • Google Workers Say the Endless Wait to Unionize Big Tech Is Over

    “You have a union when you say you have a union.”
    https://inthesetimes.com/article/google-workers-alphabet-union-cwa

    The five most valu­able com­pa­nies in Amer­i­ca are all big tech com­pa­nies, and none of them are union­ized. Com­pound­ing this exis­ten­tial chal­lenge for orga­nized labor is the fact that the huge work forces of the com­pa­nies make union­iz­ing them seem an impos­si­bly large task. Now, one union has solved that prob­lem with a rev­o­lu­tion­ary approach: Just start.

    (…)

    Since the 2018 #Google walk­outs protest­ing sex­u­al harass­ment (and the sub­se­quent retal­i­a­tion against its orga­niz­ers), Google has been the most high pro­file hotbed of work­er orga­niz­ing among the big tech com­pa­nies — though all of that orga­niz­ing focused on spe­cif­ic issues as they arose, rather than on form­ing a union. Shaw began attend­ing events that employ­ees set up relat­ed to orga­niz­ing: a lun­cheon, a book club, a lec­ture. Even­tu­al­ly, he con­nect­ed with CWA staff and began actu­al labor orga­niz­ing in earnest. Last June, a group called Googlers Against Racism got more than 1,000 employ­ee sig­na­tures on a Cowork​er​.org peti­tion urg­ing the com­pa­ny to take a num­ber of steps to pro­mote diver­si­ty and end con­tracts with police. That group pro­vid­ed a pool of inter­est­ed activist work­ers that led direct­ly to dis­cus­sions about union­iz­ing, and to recruits for the union. Shaw says that the fir­ing last month of #Timnit_Gebru, an inter­nal crit­ic of the com­pa­ny, was ​“a real­ly big ral­ly­ing moment.”

    #travail #syndicalisme

    • Google is a com­pa­ny of engi­neers, and if there’s one thing engi­neers under­stand, it’s struc­tur­al issues. After the 2018 walk­out, ​“it became clear to me that it wasn’t enough. We weren’t able to move the com­pa­ny the way it need­ed to be moved,” says Auni Ahsan, a soft­ware engi­neer and one of the union’s found­ing mem­bers. ​“We need a struc­ture that we can devel­op that can be resilient.”

  • Is Your Job Bullshit ? #David_Graeber on Capitalism’s Endless Busywork - In These Times
    https://inthesetimes.com/article/capitalism-job-bullshit-david-graeber-busywork-labor

    David Grae­ber had a hypoth­e­sis. The anthro­pol­o­gist grew up work­ing-class in New York, and while his schol­ar­ship gar­nered acco­lades, he’s nev­er felt at home in the world of acad­e­mia. From his time as a pro­fes­sor at Yale (end­ed pre­ma­ture­ly, he believes, due to his anar­chist activism) to his cur­rent gig at the Lon­don School of Eco­nom­ics, he kept run­ning into pro­fes­sion­al man­agers who didn’t seem to do much. Over drinks, some con­fessed they actu­al­ly didn’t do much; they spent a few hours a week work­ing and the rest brows­ing cat memes.

  • Comment lnternet et les réseaux sociaux ont permis de mobiliser les travailleurs de #Walmart
    http://www.multinationales.org/Comment-lnternet-et-les-reseaux

    Aux #États-Unis, mobiliser les employés d’entreprises comme Walmart ou McDonalds pour la défense de leurs droits est un véritable défi, en raison de leur précarité et de la culture anti-syndicale entretenue par les directions. Malgré ces conditions difficiles, les campagnes de défense des #droits_des_travailleurs de la #Grande_distribution ou de la restauration rencontrent un succès croissant dans le pays. L’une de clés de ce succès est un usage innovant de l’internet et des réseaux sociaux pour compenser (...)

    #Actualités

    / États-Unis, Walmart, #Grande_distribution, Grande distribution, #campagne_citoyenne, #syndicats, droits des travailleurs, #liberté_d'expression_et_de_la_presse, #conditions_de_travail, #salaires, #mouvement_social, #Libertés_syndicales, In these (...)

    #In_these_times
    http://inthesetimes.com
    http://forrespect.org
    http://makingchangeatwalmart.org
    http://inthesetimes.com/article/16116/how_walmart_organizers_turned_the_internet_into_a_shop_floor