Traversée interdite : les harragas face à la forteresse Europe

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  • « Partons tous ! » Ces Algériens en fuite vers l’Espagne | Ignacio Cembrero
    https://orientxxi.info/magazine/partons-tous-ces-algeriens-en-fuite-vers-l-espagne,4122

    L’émigration algérienne s’est accélérée ces dernières semaines, signe de la crise profonde de la société et du ras-le-bol de la jeunesse. Elle vise désormais l’Espagne, grâce à des embarcations motorisées extrêmement rapides. Ce nouveau mode de transport traduit le rôle croissant des organisations criminelles dans ce trafic d’êtres humains. Source : Orient XXI

    • « L’accroissement de l’émigration irrégulière s’explique par la ‟mal-vie” [expression utilisée en dialecte algérien], la paupérisation croissante, la gestion chaotique de la pandémie, les restrictions individuelles et collectives et le refus du régime d’engager des réformes qui consacrent les légitimes revendications du Hirak », souligne, de son côté, le chercheur Raouf Farrah. « Des pans entiers de la population ont un profond sentiment d’injustice, de hogra [humiliation], surtout parmi les jeunes », ajoute-t-il. « La harga [émigration clandestine] est alors la seule stratégie d’exit », conclut Farrah.

    • harraga : mot originaire de l’arabe maghrébin ﺣﺮﺍﻗـة ḥarrāga, ḥarrāg, « qui brulent » (les papiers) présent aussi en espagnol sous cette forme ; migrant clandestin qui prend la mer depuis l’Afrique du nord, la Mauritanie, le Sénégal avec des pateras (embarcations de fortunes) pour rejoindre les côtes andalouses, Gibraltar, la Sicile, les Canaries, les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, l’ile de Lampedusa ou encore Malte. Terme très présent dans le vocabulaire journalistique nord-africain.
      https://elharraga.wordpress.com
      Traversée interdite : les harragas face à la forteresse Europe
      https://www.lacimade.org/publication/traversee-interdite-les-harragas-face-a-la-forteresse-europe
      https://www.elwatan.com/regions/ouest/tiaret/tiaret-le-cri-de-detresse-des-familles-de-harraga-04-02-2020

      Dix jours après l’inhumation du jeune Zakaria Ouilem, 28 ans, après que son corps ait été repêché en mer sur les côtes algéroises, beaucoup de familles tiaréties des 19 #harraga – partis tenter la traversée le 16 décembre dernier –, restent sur le qui-vive et viennent de lancer un cri de détresse aux responsables concernés. Plutôt des cris de douleur provenant de proches et de parents de #harragas, dont les corps n’ont pas encore été retrouvés mis à part celui de Zakaria et celui d’une femme qui fait l’objet d’expertise grâce à l’ADN.

    • Les garde-côtes algériens ont repêché dix corps et intercepté près de 500 migrants qui se trouvaient à bord de plusieurs embarcations clandestines au large des côtes algériennes entre les 15 et 19 septembre, selon un récent bilan des autorités.
      https://www.infomigrants.net/fr/post/27483/algerie-10-corps-de-migrants-retrouves-noyes-500-autres-interceptes-en

      Dix corps sans vie et 485 interpellations en mer en cinq jours : c’est un lourd bilan qu’a communiqué le ministère de la Défense algérien, lundi 21 septembre. Les garde-côtes ont arraisonné ces migrants clandestins entre les 15 et 19 septembre derniers, au large des côtes orientales et occidentales de l’Algérie, lors de 42 opérations distinctes, précise le ministère dans un communiqué.

      Malgré la dangerosité de la traversée de la Méditerranée et une loi algérienne prévoyant des peines allant jusqu’à six mois d’emprisonnement pour les clandestins, les candidats à l’exil n’ont jamais été aussi nombreux ces dernières années. Chômage, aspiration à une vie meilleure, violences familiales ou encore mal-logement : les causes du départ sont multiples pour les « harraga » algériens. Ce terme se réfère à la pratique des jeunes clandestins qui brûlent souvent leurs papiers en arrivant à destination, afin d’éviter d’être rapatriés.

      >> À (re)lire : Les Algériens, toujours plus nombreux à arriver en Espagne

      Selon les derniers chiffres de l’agence européenne de contrôle des frontières Frontex, 5 225 Algériens ont emprunté la route de la Méditerranée occidentale et 865 celle de la Méditerranée centrale durant les huit premiers mois de l’année 2020. Mais ces statistiques sont largement sous-estimées, selon certains spécialistes des questions d’immigration clandestine.

      C’est le cas de Kouceila Zerguine, un avocat basé à Annaba, une ville côtière du nord-est de l’Algérie, qui estimait déjà en juin dernier que les chiffres réels du nombre de migrants clandestins doivent être « multipliés par 20 » pour prendre en compte ceux qui ont réussi leur traversée.

      >> À (re)lire : Immigration clandestine : qu’est-ce qui pousse les maghrébins à reprendre la route de l’exil ?

      Lors d’une récente visite de la ministre italienne de l’Intérieur, Luciana Lamorgese, les autorités algériennes ont réaffirmé que leur pays « assume ses responsabilités et prend les décisions qui s’imposent à ce sujet ».