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  • #Amazon prévoit de remplacer plus d’un demi-million d’#emplois par des #robots

    Le géant de l’e-commerce s’apprête à supprimer, dès ce mardi 28 octobre, plus de 30 000 postes de « cols blancs », et prépare un avenir où 75 % des opérations seront prises en charge par des #IA et des robots. De quoi raviver la crainte d’une apocalypse sur le marché de l’emploi.

    Ça y est, le « #grand_remplacement » par l’IA a commencé. Selon les informations obtenues par Reuters, Amazon prévoit de licencier jusqu’à 30 000 personnes à travers le monde dès ce mardi 28 octobre, soit près de 10 % de ses quelque 350 000 salariés en « col blanc ». Des ressources humaines au service Cloud en passant par le marketing, ces emplois de bureau sont aujourd’hui en première ligne face à la vague de l’intelligence artificielle.

    « Cette dernière initiative indique qu’Amazon réalise probablement suffisamment de gains de #productivité grâce à l’IA au sein de ses équipes pour justifier une réduction substantielle des #effectifs », a déclaré Sky Canaves, analyste chez eMarketer, auprès de Reuters. Alors même que l’entreprise a engrangé 18 milliards de dollars de profits en 2024, « Amazon a également subi des pressions à court terme pour compenser les investissements à long terme dans le développement de son infrastructure d’IA. »

    « La fin de l’humanité »

    Il n’en fallait pas plus pour raviver la crainte d’une apocalypse sur le #marché_du_travail. « L’IA signe la fin de l’humanité », « Ce n’est que le début », pouvait-on lire sur les réseaux sociaux à la suite de ces annonces. Cette seconde affirmation n’est pas complètement fausse puisque selon un rapport interne d’Amazon consulté par le New York Times le 21 octobre, la multinationale compte également couper dans la main-d’œuvre de ses entrepôts. À terme, 75 % de ses opérations pourraient être automatisées à l’aide d’IA et de robots, sans sacrifier ses objectifs de croissance.

    L’an dernier, rappelle le quotidien new-yorkais, les dirigeants d’Amazon ont déclaré au conseil d’administration qu’ils espéraient que ces technologies leur éviteront d’augmenter les effectifs aux États-Unis au cours des prochaines années… tout en vendant deux fois plus de produits d’ici 2033. Chose qui aurait, sans l’IA, nécessité l’embauche de 600 000 personnes.

    Tri des stocks, automatisation de l’emballage et du déplacement des articles… L’entreprise affirme disposer d’un million de robots à travers le monde, et est convaincue que les humains qui s’en occupent représenteront les emplois de demain. De quoi transformer en profondeur les emplois de la #logistique et du #transport, voués à devenir plus qualifiés et plus rares dans le futur. Même les livreurs du géant de l’e-commerce seront « augmentés » grâce à des lunettes connectées leur affichant les instructions de navigation et de livraison en temps réel.

    Mots tabous

    Une réalité que le deuxième employeur privé aux États-Unis ne semble pas encore prêt à assumer. Dans ce rapport, on apprend qu’Amazon tient à son image de « bonne entreprise citoyenne » et que pour compenser les conséquences de ses choix stratégiques sur le marché de l’emploi américain, celle-ci prévoit de participer davantage à des événements communautaires dans les zones où les pertes d’emplois risquent d’être importantes. L’entreprise envisage aussi d’éviter l’utilisation de termes comme « #automatisation » et « IA », privilégiant des mots comme « technologie avancée » et « #cobot » au lieu de « robot » pour mettre l’accent sur la collaboration des machines avec les êtres humains.

    Dans un communiqué, Amazon a indiqué que les documents consultés par le New York Times étaient « incomplets » et ne « reflétaient pas la stratégie globale de recrutement de l’entreprise », dans la mesure où elle prévoyait d’embaucher 250 000 personnes pour les fêtes de fin d’année – sans préciser combien de ses postes seraient permanents. De son côté, Jeff Bezos a assuré, lors de la Tech Week, le congrès de la technologie de Turin (Italie) début octobre, que la bulle de l’IA allait être « bénéfique, parce que quand la poussière retombe et qu’on compte les gagnants, la société profite de ces inventions. » Pas sûr que les 30 000 personnes licenciées l’entendent de cette oreille…

    https://usbeketrica.com/fr/article/amazon-prevoit-de-remplacer-plus-d-un-demi-million-d-emplois-par-des-ro
    #travail #licenciement #remplacement #AI #intelligence_artificielle #terminologie #mots

    voir aussi :
    Des milliers de licenciements chez Amazon : l’intelligence artificielle va-t-elle finir par prendre nos emplois ? (signalé par @fsoulabaille) :
    https://seenthis.net/messages/1143716

    • Est-ce que les collectivités locales qui ont fait des ponts d’or à Amazon au prétexte de la création d’emploi vont demander le remboursement des subventions ?

  • Des milliers de licenciements chez Amazon : l’intelligence artificielle va-t-elle finir par prendre nos emplois ?
    https://www.franceinfo.fr/internet/intelligence-artificielle/des-milliers-de-licenciements-chez-amazon-l-intelligence-artificielle-va-

    L’annonce du géant américain du commerce en ligne, mardi, de supprimer 14 000 postes de « bureaux » marque le début d’un mouvement d’ampleur dans la course au développement de l’intelligence artificielle.

    Tous nos métiers sont-ils en danger ? Le géant américain du commerce en ligne Amazon a annoncé, mardi 28 octobre, la suppression prochaine de 14 000 postes, dans le monde. Des postes dans les bureaux et non dans les entrepôts. Une décision prise pour accélérer le développement de l’intelligence artificielle au sein de l’entreprise qui emploie 1,5 million de personnes à travers le monde.

    Cela répond à la volonté du patron d’Amazon, Andy Jassy, qui souhaite réduire les coûts en pleine course aux investissements dans l’intelligence artificielle. Amazon n’est pas la première entreprise à le faire, et de plus en plus de salariés dans le monde s’inquiètent de la généralisation de l’IA et du bouleversement provoqué par son arrivée dans les entreprises. Dans la foulée, la firme de Jeff Bezos a annoncé, mercredi, un investissement de cinq milliards de dollars en Corée du Sud à horizon 2031, notamment pour y construire des centres de données IA.
    L’IA ne représente pas forcément une menace immédiate

    « Ces réductions s’inscrivent dans la continuité des efforts pour devenir plus fort encore, en réduisant davantage la bureaucratie, en supprimant des niveaux [hiérarchiques] et en réaffectant des ressources », a écrit Beth Galetti, vice-présidente chargée des ressources humaines et de la technologie, dans une déclaration publiée sur le site d’Amazon(Nouvelle fenêtre).

    L’IA ne représente pourtant pas forcément une menace immédiate. Il est clair que l’intelligence artificielle permet une vraie transformation pour certains métiers, comme les emplois administratifs, la comptabilité, le juridique, ou encore le marketing. À court ou moyen terme, grâce à l’IA, un assistant administratif fera moins de saisies et plus de coordination tandis qu’un comptable contrôlera des IA qui font les calculs, plutôt que de les faire lui-même.

    Même les journalistes, les avocats ou encore les traducteurs voient certaines taches de leur quotidien automatisées, mais il s’agit souvent de gagner du temps, et non d’être totalement remplacés.
    Des applications très concrètes

    Les premiers effets de l’immixtion de l’intelligence artificielle dans les entreprises se constatent déjà. Dans la banque, par exemple, BNP Paribas a déployé, en 2024 à l’échelle mondiale, un outil d’intelligence artificielle pour accélérer le traitement des dossiers de prêt immobilier. L’IA vérifie automatiquement les documents des clients, comme les bulletins de salaire ou l’avis d’imposition, et a permis, selon la banque, de réduire de cinq jours en moyenne le délai d’émission d’une offre de prêt(Nouvelle fenêtre).

    Chez Goldman Sachs, les 45 000 salariés se sont vus dotés, en juin 2025, d’un outil basé sur l’IA générative pour améliorer leur productivité, relatent Les Echos(Nouvelle fenêtre). L’outil est dédié spécifiquement à plusieurs corps de métiers, des développeurs informatiques aux banquiers d’affaires en passant par les analystes et les spécialistes du patrimoine.

    Une tendance similaire se retrouve dans le domaine de l’assurance : AXA a annoncé avoir développé plus de 400 cas d’usage d’IA dans le monde, notamment pour le traitement des réclamations et la tarification. Mais pour ces cas-là, il n’y a eu de grand plan de licenciement pour remplacer les salariés par de l’IA ou lui faire de la place, comme chez Amazon, pour l’instant.
    Jusqu’à 5% des emplois dans les pays riches totalement menacés

    Plusieurs études mesurent l’impact de l’intelligence artificielle sur l’avenir des salariés dans le monde. Dans un rapport publié en octobre 2023, l’Organisation internationale du travail (OIT), estime qu’environ 2,3% des emplois dans le monde, et jusqu’à 5% dans les pays riches, pourraient, en théorie, être entièrement automatisés par l’intelligence artificielle(Nouvelle fenêtre).

    L’OIT précise qu’il s’agit d’un potentiel, pas d’une prévision. En revanche, près de 60% des métiers dans le monde sont partiellement exposés à l’automatisation par l’IA, ce qui signifie qu’une partie des tâches de ces emplois peut être automatisée, mais pas l’ensemble du métier. De son côté, l’OCDE(Nouvelle fenêtre) conclut que 27% des emplois dans les pays développés sont aujourd’hui hautement exposés à l’automatisation et à l’IA.

    Concernant les salariés français, l’OCDE évalue la proportion d’emplois français à « haut risque d’automatisation » entre 16 et 22%. Des données proches de celles d’un rapport français, daté de janvier 2025. Le Conseil économique, social et environnemental, le Cese, indique qu’environ un tiers des emplois en France(Nouvelle fenêtre) comportent des tâches substituables par l’IA. Pour faire face à cette vague de généralisation de l’intelligence artificielle dans les entreprises, le FMI, le Fonds monétaire international, préconise d’investir dans la formation, seul moyen pour les entreprises de profiter de ces outils révolutionnaires à moyen terme.

  • « Grande muraille » virtuelle : la Chine vend un kit de censure aux pays autoritaires
    https://usbeketrica.com/fr/article/grande-muraille-virtuelle-la-chine-vend-un-kit-de-censure-aux-pays-auto

    De la junte birmane aux autorités pakistanaises, les régimes autoritaires s’arrachent en secret les services de l’entreprise chinoise Geedge Networks, révèle une enquête portée par un consortium de médias et d’ONG. On vous explique.

    J’aime pas trop les titres avec "La Chine", ça sonne un peu comme "L’Afrique".
    Y’a des sociétés privées, certes sous tutelle de l’état, mais ça reste des éditeurs logiciels.

  • Usbek & Rica - Qui est derrière Anti-tech résistance, le collectif « le plus radical de notre époque » ?
    https://usbeketrica.com/fr/article/qui-est-derriere-anti-tech-resistance-le-collectif-le-plus-radical-de-n

    Difficile, pourtant, de placer Anti-tech résistance sur l’échiquier politique. Ni de droite ni de gauche

    Fin de la blague ➡️🚮

    , le collectif maintient volontairement un positionnement flou, tout en marquant sa distance avec la gauche qui « ne remet absolument pas en question l’industrie », pointe Clémence. « On peut accueillir des gens qui ont des visions très différentes, indique Julie. Certains sont anarchistes. Il y a même des gens de droite. » Une diversité que l’on retrouve dans les mouvements auxquels ont appartenu certains des militants ayant rejoint ATR, de Youth for Climate à Extinction Rébellion en passant par le réactionnaire Deep Green Resistance (qui dénonce par exemple « l’idéologie transgenriste »). En théorie, tous les bords politiques sont acceptés (jusqu’à l’extrême droite), à condition toutefois de ne pas « discriminer des camarades femmes, racisés, handicapés », précise un membre d’ATR, assumant une vision présentée comme apolitique de la tech.

    Radical-réac.

  • Puissent les IA nous sauver de leurs créateurs
    Édito du Pavé Numérique par Ambroise Garel

    https://lepavenumerique.substack.com/p/puissent-les-ia-nous-sauver-de-leurs

    https://images.unsplash.com/photo-1538609396072-71c24a2f6d48?crop=entropy&cs=tinysrgb&fit=max&f

    Cela ne vous aura sans doute pas échappé. La semaine dernière, Grok, l’IA conversationnelle de Musk, a été frappée d’une curieuse obsession et, durant quelques heures, s’est mise à radoter en boucle sur les meurtres de Sud-Africains blancs [1]. Ce qui, une fois fait abstraction du fond, était amusant à plusieurs titres.

    Déjà parce qu’une IA complètement zinzin qui, tel un vieil oncle raciste nourri à CNews, se met à vous parler de « génocide blanc » alors que vous vous étiez contenté de lui dire bonjour (au risque de détruire la planète [2]) est une métaphore tellement parfaite de la dystopie en cours qu’on la croirait tirée d’un sketch. Ensuite, parce que malgré les dénégations toutes pétées d’xAI accusant un mystérieux « employé » connecté à trois heures du matin [3], tout le monde a immédiatement deviné que Grok ne faisait vraisemblablement qu’obéir à une instruction que Musk (particulièrement obsédé par le sujet [4]) lui avait fait ingurgiter de force lors d’une montée de kétamine.

    Mais le plus intéressant reste que Grok, même après avoir été explicitement orienté, continuait à émettre de sérieux doutes quant à la théorie du complot qu’on lui avait demandé de défendre, expliquant que les meurtres d’Afrikaners étaient sans doute davantage imputables à de la criminalité ordinaire que motivés par une quelconque question raciale. C’est là tout le paradoxe des LLM. Alors que Thiel, Musk et les autres idéologues de la Silicon Valley voient dans l’IA une « machine à dire le vrai » qui permettra de se débarrasser enfin de toute forme de délibération — toujours trop woke, trop humaine, trop démocratique —, les IA elles-mêmes n’ont pas beaucoup de goût pour les théories défendues par leurs créateurs [5], le consensus étant, qu’ils le veuillent ou non, rarement du côté des MAGA.

    Cela ne signifie pas que les IA ne comportent aucun danger, ni qu’elles ne peuvent être utilisées pour modifier ledit consensus. Si Musk, fidèle à ses habitudes, a bossé comme un cochon, rien n’interdit d’imaginer par exemple que les ingénieurs de Google, le jour où ils auront fini de remplacer la recherche internet traditionnelle par une IA, pourraient orienter graduellement cette dernière vers les thèses ou les contenus qu’ils souhaitent privilégier, de façon assez lente et subtile pour que le public ne s’aperçoive de rien. Par ailleurs, Grok n’a pas eu besoin d’être explicitement trafiqué pour tenir des propos négationnistes, il lui a suffi pour cela de se nourrir des horreurs que l’on peut lire chaque jour sur X et d’une programmation l’encourageant à se méfier des « sources mainstream » [6]. Mais, de par leur nature de boîtes noires, les LLM ont une capacité de résistance qui dépasse en partie les capacités de leurs créateurs malveillants. C’est déjà ça.

  • Usbek & Rica - #IA : « Nous perdons notre capacité à #réfléchir de manière #autonome »
    https://usbeketrica.com/fr/article/ia-nous-perdons-notre-capacite-a-reflechir-sur-nos-decisions-de-maniere

    Dans son dernier essai Ni dieu ni IA, le philosophe Mathieu Corteel s’inquiète de notre propension à déléguer des tâches aux #intelligences_artificielles, quitte à être dépossédés de nos pouvoirs d’action, de création et de décision. Entretien.

  • Les nuages vont-ils devenir une arme de guerre ? | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/monde/les-nuages-vont-ils-devenir-une-arme-de-guerre-6787266.php


    Il est difficile pour la communauté scientifique d’établir facilement le lien entre catastrophe naturelle et effets du changement climatique.
    Photo d’illustration Mladen Antonov/AFP

    Des États manipulent, depuis des décennies, ces masses blanches en suspension dans l’atmosphère, une pratique qui pourrait créer ou attiser des tensions géopolitiques mondiales avec le changement climatique.

    Inventée dans les années 1940, la technique d’ensemencement des nuages consiste à y envoyer par avion, par drone ou par canon depuis le sol, une substance, par exemple de l’iodure d’argent, pour favoriser la formation de la pluie.

    D’abord pensée pour lutter contre les sécheresses, elle est aussi utilisée pour lutter contre les incendies de forêt ou pour réduire la taille des grêlons. En 2008, la Chine l’a utilisée pour tenter d’empêcher la pluie de tomber sur les infrastructures des Jeux olympiques de Pékin.

    Opération Popeye
    L’ensemencement des nuages devient une arme à part entière lorsque les États-Unis l’utilisent dans le cadre de « l’opération Popeye », pour ralentir la progression des troupes adverses pendant la guerre du Vietnam.

    En réponse à cet usage, l’Onu crée, en 1976, la convention Enmod qui « interdit les techniques de modification de l’environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles ».

    Mais « son application est très limitée », signale Marine de Guglielmo Weber, chercheuse au sein de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (Irsem) et directrice scientifique de l’Observatoire défense & climat.

    « La convention est fondée sur le concept d’intentionnalité, c’est-à-dire que si un État provoque un aléa météo-climatique sur le territoire d’un voisin, tout en affirmant qu’il n’en avait pas l’intention, sa responsabilité s’effrite », explique-t-elle.


    « Le vrai risque du vol de nuage, c’est un risque psychologique », estime aussi le juriste français Mathieu Simonet.
    Photo Mariana Suarez/AFP

    Or il est difficile pour la communauté scientifique d’établir facilement le lien entre catastrophe naturelle et effets du changement climatique. « Imaginez s’il fallait attribuer la survenue d’un phénomène à des pratiques de modification de la météo. La responsabilité d’un État serait quasiment impossible à prouver », souligne-t-elle.

    « Paranoïa générale »
    Autre défi : la montée de la défiance à l’égard des institutions scientifiques, illustrée, par exemple, par les coupes budgétaires effectuées par le président américain Donald Trump dans des agences, selon cette chercheuse.

    Dans un contexte de « confusion informationnelle extrêmement intense », « parfois c’est le complot qui l’emporte », dit-elle.

    Ainsi en 2024, à la suite des inondations historiques survenues dans le sud du Brésil et aux Émirats arabes unis, des milliers d’internautes avaient accusé la communauté scientifique d’avoir déclenché ces pluies diluviennes par l’ensemencement des nuages, niant la responsabilité du changement climatique.

    L’ensemencement des nuages pourrait, dans ce contexte, entretenir une « paranoïa générale », une cinquantaine d’États menant actuellement des opérations de modification de la météo dans le monde.

    La Chine, gros investisseur dans les techniques d’ensemencement des nuages, intervient massivement sur le plateau tibétain, indique Marine de Guglielmo Weber. Elle étudie l’initiative Sky River lancée, en 2018, par Pékin pour pallier les pénuries d’eau et renforcer la sécurité alimentaire du pays.

    https://media.letelegramme.fr/api/v1/images/view/67e6bf6667b4bdae82080a55/web_golden_xl/67e6bf6667b4bdae82080a55.1
    Photo Pascal Pochard-Casabianca/AFP

    Mais cela pourrait affecter la disponibilité en ressources hydriques des pays situés en aval, tels que l’Inde, précise la chercheuse, dans sa dernière note de recherche pour l’Irsem, publiée le 17 mars dernier.

    « Si un État apprend que son voisin modifie la météo, il va être tenté tout de suite de remettre la faute sur le voisin pour justifier une sécheresse », relève-t-elle.

    « Vide juridique »
    « Le vrai risque du vol de nuage, c’est un risque psychologique », estime aussi le juriste français Mathieu Simonet.

    Des tensions ont ainsi déjà vu le jour, en 2018, entre Israël et l’Iran, lorsqu’un général iranien avait accusé Jérusalem de « voler les nuages » pour empêcher la pluie de tomber en Iran qui souffrait alors d’une grave sécheresse. Ces accusations avaient finalement été démenties par le responsable de la météo iranienne.

    « S’il ne l’avait pas contesté, il y avait le risque que les populations qui souffraient vraiment d’un gros problème de sécheresse se mobilisent contre Israël », pointe Mathieu Simonet.

    En 2022, ce juriste a créé la Journée internationale des nuages, notamment pour sensibiliser au vide juridique. Il défend l’idée que les nuages devraient être considérés comme un bien commun, et qu’ainsi « aucun pays ne puisse décider seul de ce qu’il va faire aux nuages », voire de leur donner une personnalité juridique.

    Cette année, Mathieu Simonet espère que se concrétisera le projet d’intégrer ces amas de vapeur d’eau au patrimoine mondial de l’Unesco. Mais, pour l’heure, note-t-il, nous ne sommes « qu’aux prémices du droit des nuages ».

  • Usbek & Rica - « YouTube est bien parti pour avoir le même destin que la télé »
    https://usbeketrica.com/fr/article/youtube-est-bien-parti-pour-avoir-le-meme-destin-que-la-tele

    348 millions de vues, 17 millions de likes et 5,2 millions d’abonnés : pas mal pour une chaîne YouTube qui ne compte en tout et pour tout qu’un seul contenu. La raison  ? Le compte de Jawed Karim, cofondateur de YouTube avec Steve Chen et Chad Hurley, est le premier à avoir posté une vidéo sur la plateforme – vidéo en l’occurrence très banale, montrant l’intéressé au zoo de San Diego. C’était le 24 avril 2005, soit quelques semaines après l’instauration de l’URL du site, datée au 14 février de la même année.

    Vingt ans tout pile après sa création, quel bilan tirer des évolutions et des virages pris par YouTube  ? Comment envisager son avenir  ? Trois questions à Yvette Assilaméhou-Kunz, docteure en psychologie sociale, maîtresse de conférences à l’Université Sorbonne Nouvelle à Paris et co-autrice en 2023 de l’excellent essai La Machine YouTube – Contradictions d’une plateforme d’expression (C&F éditions), avec Franck Rebillard.

    #YouTube #Machine_YouTube #Yvette_Assilaméhou-Kunz

  • Usbek & Rica - Dominique Méda : « La crise du travail alimente le processus d’extrême-droitisation de la société »
    https://usbeketrica.com/fr/article/dominique-meda-la-crise-du-travail-alimente-le-processus-d-extreme-droi

    Cette situation fait écho à ce qu’il s’est passé en France en 2011, lorsque le think tank Terra Nova conseillait le Parti socialiste d’abandonner la classe ouvrière, jugée beauf et déconnectée des valeurs du parti, afin de se tourner vers une nouvelle majorité électorale urbaine dans le but de conquérir le pouvoir. Cet abandon a contribué à la montée des partis populistes, qu’il s’agisse de Trump aux États-Unis ou du Rassemblement National en France. Donc, la crise du travail alimente le processus d’extrême-droitisation de la société.

  • Usbek & Rica - « YouTube est bien parti pour avoir le même destin que la télé »
    https://usbeketrica.com/fr/article/youtube-est-bien-parti-pour-avoir-le-meme-destin-que-la-tele

    Alors que YouTube fête ses vingt ans ce vendredi 14 février, nous avons tenté d’envisager le futur de la plateforme avec Yvette Assilaméhou-Kunz, maîtresse de conférences à l’Université Sorbonne Nouvelle à Paris et co-autrice en 2023 de La Machine YouTube – Contradictions d’une plateforme d’expression (C&F éditions).

    #YouTube #Machine_YouTube #Yvette_Assilaméhou-Kunz

  • Usbek & Rica - Santé mentale : TikTok va bannir les « filtres beauté » pour les ados
    https://usbeketrica.com/fr/article/sante-mentale-tiktok-va-bannir-les-filtres-beaute-pour-les-ados

    Fini, les standards de beauté inatteignables qui altèrent l’image de soi et nourrissent l’anxiété des ados. En bannissant les filtres de beauté, le réseau social chinois entend favoriser l’« authenticité ». Pas sûr que cela suffise pour en faire un safe space pour les mineurs.

    Sophie Kloetzli
    – 29 novembre 2024
    Lèvres repulpées, nez affiné, grain de la peau lissé… Grâce à la magie des filtres, se donner des airs de Kim Kardashian est désormais à portée de clic. Sur TikTok, l’un de ces artifices numériques dopés à l’IA a été particulièrement critiqué pour ses effets pervers sur la santé mentale : « Bold glamour », ou « glamour audacieux » en français. Et a fortiori sur les jeunes – en particulier les filles – dont il est accusé de miner la confiance en soi et de nourrir le mal-être.

    D’où la décision, annoncée par le réseau social fétiche des ados le 27 novembre à l’occasion de l’European Safety Forum à Dublin, de bannir les filtres beauté pour les moins de 18 ans sur son marché européen (175 millions d’utilisateurs au total). Les mineurs devront donc se contenter désormais des effets visuels humoristiques, à l’image des oreilles de chat ou de lapin à se greffer sur le crâne en réalité augmentée. « En favorisant une culture d’authenticité, de respect et de soutien, nous pouvons créer un monde numérique où chacun se sent habilité à être lui-même », projette la filiale du géant ByteDance.

    #TikTok #Filtres #Beautification

  • Usbek & Rica - Hydrogène : « Nous risquons de nous réveiller dans six ans avec une énorme gueule de bois »
    https://usbeketrica.com/fr/article/hydrogene-mania-nous-risquons-de-nous-reveiller-dans-six-ans-avec-une-e

    Vous citez le chercheur Hamza Hamouchene pour montrer que les stratégies autour de l’hydrogène entretiennent un « néo-colonialisme vert » . Quels sont les mécanismes de cette colonisation ?
    ALINE NIPPERT
    Selon lui, le colonialisme vert consiste à prioriser les besoins d’une certaine région du monde par rapport à ceux d’une autre. Cela se traduit par l’exploitation de ses ressources et de ses travailleurs. 

    En matière d’hydrogène, on ne peut que soupçonner un néo-colonialisme vert puisqu’il n’y a pas encore de projets concrètement mis en place, seulement des accords passés entre les pays. Prenons l’exemple de la Namibie, une ancienne colonie allemande : elle défend une stratégie hydrogène ambitieuse puisque l’investissement dans ce secteur devrait être plus important que son propre PIB. Or, la majorité de cet hydrogène sera destiné à l’exportation, en particulier vers l’Allemagne. Pour éviter que ce projet soit néocolonial, l’économiste Ndongo Samba Sylla dit qu’il faudrait s’intéresser aux besoins de la population en électrifiant le pays plutôt qu’en utilisant l’énergie pour la fabrication d’hydrogène.

  • Usbek & Rica - Complotisme, essentialisme… Le « féminin sacré », terreau fertile pour les dérives sectaires
    https://usbeketrica.com/fr/article/complotisme-essentialisme-le-feminin-sacre-terreau-fertile-pour-les-der

    En France, le « féminin sacré » attire de plus en plus de femmes. Ce courant ésotérique propre au New Age répond à un besoin de reconnexion à soi et à la terre. Cristallisant un grand nombre de problématiques propres à l’époque, et en creux, les enjeux de demain, son discours abstrait et les prix de ses prestations ont alerté les organismes de vigilance contre les dérives sectaires. Enquête.

    #secte

  • Usbek & Rica - Pourquoi de plus en plus de jeunes Chinois se rendent à leur bureau en pyjama
    https://usbeketrica.com/fr/article/pourquoi-de-plus-en-plus-de-jeunes-chinois-se-rendent-a-leur-bureau-en-

    Candise Lin, une créatrice de contenus spécialisée dans l’analyse des tendances culturelles en Chine, y voit la preuve que les jeunes générations locales ne consentent plus à faire des efforts au-delà du raisonnable, surtout pour « un travail de merde et un salaire misérable ». « Pour beaucoup, c’est une sorte de protestation silencieuse contre leur épuisement et la perdition de leurs âmes au quotidien », analyse-t-elle, témoignages à l’appui. Il faut dire que le marché du travail chinois affiche des difficultés croissantes depuis quelques années, le taux de chômage des 16–24 ans s’établissant actuellement à 14,9 %. « Même pour ceux qui décrochent un emploi, les ennuis ne s’arrêtent pas là : les employeurs chinois sont connus pour exiger un investissement (…) épuisant », souligne Business Insider.

  • Usbek & Rica - Le Problème à trois corps : le roman de Liu Cixin parle-t-il vraiment de la vision chinoise du futur ?
    https://usbeketrica.com/fr/article/le-probleme-a-trois-corps-le-roman-de-liu-cixin-est-il-vraiment-adaptab

    Le Problème à trois corps, best-seller de l’auteur de science-fiction chinois Liu Cixin, a débarqué jeudi 21 mars sur Netflix. Une première saison en huit épisodes, pilotée par les showrunners de Game of Thrones. L’occasion de discuter avec le traducteur français de la trilogie, Gwennaël Gaffric, de SF chinoise.

  • Usbek & Rica - Détournement, droit d’auteur… 5 outils pour embrouiller les IA
    https://usbeketrica.com/fr/article/detournement-droit-d-auteur-5-outils-pour-embrouiller-les-ia

    « ChatGPT n’est qu’une version très poussée et à très grande échelle de tout ce qu’on sait faire depuis longtemps en termes d’apprentissage automatique. » Ainsi l’historien américain Fred Turner, auteur de plusieurs études primées sur l’impact des nouvelles technologies sur la culture américaine, résume-t-il dans nos colonnes son scepticisme face à l’emballement médiatique autour de l’intelligence artificielle.

    Il n’empêche : comme Fred Turner le reconnaît lui-même, l’émergence de ChatGPT, Dall-E et autres MidJourney achève de nous faire basculer dans un monde où cette « très grande échelle » change à peu près tout, notamment du point de vue de la création.

    Articles écrits par des robots, illustrations générées par quelques lignes de code… Derrière ces prouesses apparentes, on retrouve des algorithmes d’apprentissage automatique, bâtis à partir d’immenses bases de données en ligne plutôt banales, pas toujours protégées… et donc potentiellement faillibles. Pour envoyer balader ces systèmes, faire valoir leurs droits ou tout simplement sécuriser leurs données, certains ingénieurs bâtissent depuis quelques mois des outils en tout genre, du site amateur au logiciel professionnel. Nous en avons recensé cinq.

    #Fred_Turner #Intelligence_artificielle

  • Usbek & Rica - Générer une image consomme autant d’énergie que pour charger un smartphone (et autres chiffres affolants sur les IA)
    https://usbeketrica.com/fr/article/generer-une-image-consomme-autant-d-energie-que-pour-charger-un-smartph

    Papoter avec ChatGPT, créer des images avec Stable Diffusion… Chaque interaction avec une IA générative a un coût énergétique, que des scientifiques viennent de préciser dans une étude inédite qui invite à repenser nos usages au profit de modèles d’IA plus légers.

    Et écrire ses emails en se faisant aider de chatgpt tout en regardant une vidéo youtube générée par Stable Diffusion... ça compte ?

  • Usbek & Rica - Ariane Lavrilleux : « Une dictature se construit brique par brique »
    https://usbeketrica.com/fr/article/ariane-lavrilleux-on-risque-d-entrer-dans-une-ere-tres-sombre

    La France se targue d’être l’un des pays les plus libertaires au monde, mais est-ce vraiment le cas en 2023  ? Pour la journaliste Ariane Lavrilleux, perquisitionnée et détenue trente-neuf heures suite à des enquêtes pour le média indépendant Disclose, l’état de santé de notre démocratie est à surveiller de près. Entretien.

  • Usbek & Rica - « Comment en sommes-nous arrivés à normaliser les noyades en Méditerranée ? »
    https://usbeketrica.com/fr/article/francois-gemenne-la-traversee-de-la-mediterranee-la-plus-dangereuse-pos

    Dans le cadre des Nouvelles Lettres Persanes, ouvrage publié par Usbek & Rica dans lequel nous avons confié à 28 personnalités le soin d’explorer les grands bouleversements de notre temps au travers de correspondances, le chercheur spécialiste des questions de géopolitique des migrations François Gemenne, écrit une lettre fictive adressée à Enrico Letta, homme d’État italien membre du Parti démocrate à l’origine de la seule opération de sauvetage en Méditerranée qui ait été organisée par un gouvernement.

  • CROIVEZ-VOUS ?

    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/zoom-zoom-zen/zoom-zoom-zen-du-lundi-05-decembre-2022-7166722

    Sebastian Dieguez différencie croire de croiver sur la base de certains critères : « Croire, c’est tenir quelque chose pour vrai. Croiver, c’est se figurer que l’on croit quelque chose, croire que l’on croit à quelque chose. Par exemple, au tribunal, l’avocat quand son client est coupable, il sait qu’il ne croit pas vraiment que son client est innocent, mais il adopte ce point de vue pour mieux accomplir sa tâche. » Les croyances ont survécu à l’esprit des Lumières et à l’heure des réseaux sociaux et des fake news, la rationalité doit affronter un nouvel ennemi encore plus redoutable, les croivants, ces pseudo-croyances à travers lesquelles certains essayent de se forger une identité .

    Mais pourquoi simule-t-on ces croyances ? Quel est l’intérêt pour la personne ? Pour le chercheur en neurosciences : « Ça peut paraître curieux mais l’une des fonctions de faire comme si on croyait à quelque chose, c’est d’appartenir à un groupe, de se valoriser soi-même. Son but n’est pas de traquer la vérité, mais plutôt de forger des identités, de se reconnaître. La croyance est rarement isolée ou unique. Ce sont souvent des pseudo-croyances qui sont disponibles déjà sur le marché qu’on va choisir, qu’on va sélectionner pour ce qu’elles disent, ce qui leur donne déjà un air un peu suspect. »

    #croiver #croire #croyance #crovance #identité #desinformation #surinformation

    voir aussi

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/affaire-en-cours/que-signifie-le-neologisme-croiver-5138891

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    Sebastian Dieguez donne des exemples chez les complotistes et platistes mais je trouve que cette idée de croivances fonctionne aussi avec certaines branches du transactivisme car on y trouve l’idée de se forger une identité ainsi que le développement massif de ces crovances/croyances pendant les confinements via les résaux sociaux (dont particulièrement tiktok qui fait beaucoup de promotion de clinique de chirurgie esthétique).

    J’ai découvert ce concept de croivance via cette émission de la Tronche en biais sur l’invasion de l’ésotérisme en librairie
    https://www.youtube.com/watch?v=RTzmZxx5hAo

    Y est développé l’idée que les amatrices d’esotérisme (il y a surtout des femmes dans les mouvements new age, féminin sacrée, wiccan, tarologie, zodiac and co) cherchent à réenchanté le monde ou se construisent une monde imaginaire plus amusant que la réalité materialiste decrite par la science. Il y a aussi l’idée que la science aurais montré ces limites pendant le confinement et qu’un ensemble de gens ne veulent pas de la religion comme refuge.
    La science demande des efforts de comprehension, de remise en cause, elle est non intuitive et peut etre difficle d’accès, l’esotherisme au contraire est assez simpliste, facil à comprendre et répond à toutes les questions sans prise de tête.
    L’ésotérisme est une sorte de nouvelle religiosité individualiste et capitaliste. Qu’on se fabrique soi-même sur mesure selon son envie du jour.
    Il y a aussi l’idée qu’on est élue, que les astres guident notre destin, qu’on est « éclairé » ou protégé par des anges ou qu’on est la réincarnation d’une reine d’egypthe ou ce qu’on voudra.

    Il y a l’idée aussi d’une explication totale, unificatrice et satisfesante. Il y a aussi une forme de dérésponsabilisation de nos décisions derrière - un grand complot / un destin inscrit dans les astres/dans le karma... en même temps qu’une individualisation et une bonne dose de produits de consommation à la clé.

    • Croivance

      Inventé par Sebastian Dieguez, neuroscientifique et chercheur au Laboratoire des sciences cognitives et neurologiques de l’université de Fribourg, dans son livre Croiver (Eliott, 2022), le terme croivance établit une distinction entre croyances et « pseudo-croyances ».

      À l’inverse des croyances, qui visent la vérité jusqu’à devenir des connaissances ou être laissées de côté, les croivances « se concentrent sur des choses qu’on ne peut pas prouver », explique le chercheur, qui estime qu’« être théoricien du complot pendant la Révolution française demandait nettement plus de boulot ». « Les croivances ne traquent pas la réalité, mais se focalisent sur des préoccupations d’ordre idéologique, social ou psychologique. Elles relèvent d’un registre qui est plus proche de l’imaginaire, de notre capacité mentale de création, de justification. Et contrairement aux croyances, elles sont tenaces et très susceptibles. […] on y souscrit pour d’autres raisons que leur exactitudes ».

      https://usbeketrica.com/fr/article/5-mots-qui-font-les-nouvelles-routes-de-la-foi