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/2021

  • Des milliers de migrants haïtiens sont bloqués dans le nord de la Colombie
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/20/des-milliers-de-migrants-haitiens-sont-bloques-dans-le-nord-de-la-colombie_6

    Des milliers de migrants haïtiens sont bloqués dans le nord de la Colombie. L’arrivée au pouvoir de Joe Biden et la pandémie de Covid-19 font partie des causes diverses qui peuvent expliquer ce vaste mouvement migratoire.
    Le Covid-19 ne leur cause pas de souci. Les migrants arrivés dans le petit village de Necocli, sur la côte caraïbe colombienne, n’ont qu’une idée en tête : traverser en bateau le golfe d’Uraba pour atteindre le village de Capurgana, puis le Panama, l’Amérique centrale et, enfin – dans combien de temps ? –, les Etats-Unis. Dès avant l’aube, une foule compacte se presse devant le guichet des deux compagnies qui assurent la traversée. Les autorités colombiennes estiment à 12 000 le nombre de ces migrants qui attendent de poursuivre leur périple. Tous, ou presque, sont haïtiens.
    « J’ai quitté Port-au-Prince après le tremblement de terre de 2010. J’ai d’abord vécu en Guyane française, où ma fille est née, puis au Brésil », raconte Michael, qui travaillait comme maçon avant la pandémie. Avec sa famille et des amis, il a fait le voyage en bus depuis Sao Paulo. Il leur a fallu traverser l’Amazonie, la Bolivie, le Pérou, l’Equateur puis la Colombie, du sud au nord. Quinze jours de route non-stop. « C’était long », résume la fillette de 7 ans, à qui les autorités de Guyane ont refusé un passeport français. La plupart des Haïtiens bloqués à Necocli arrivent, comme Michael, du Brésil ou du Chili, les deux pays sud-américains qui ont reçu le plus d’Haïtiens après le séisme de 2010. Ils logent dans les petits hôtels de la modeste station balnéaire, chez l’habitant ou sur la plage.
    Necocli compte en temps normal quelque 22 000 habitants. Le Panama, qui a officiellement rouvert ses frontières il y a huit mois, ne laisse passer les migrants qu’au compte-gouttes. Seuls 500 d’entre eux sont autorisés, chaque jour, à passer la frontière. Or, il en arrive entre 1 200 et 1 500 quotidiennement à Necocli. Le maire du bourg, Jorge Tobon, a exprimé ses craintes à la presse de voir le nombre de migrants atteindre 30 000 d’ici à la fin du mois. « Le phénomène dépasse la capacité institutionnelle de n’importe quelle municipalité, en matière de santé, de logements, d’alimentation », a déclaré l’élu. La Colombie tente de convaincre le Panama d’augmenter ses quotas.
    La route migratoire qui passe par le nord de la Colombie n’est pas nouvelle. Mais jamais Necocli n’avait reçu autant de candidats au rêve américain. Comment expliquer le brusque mouvement migratoire des Haïtiens installés en Amérique du Sud ? Sur place, certains mentionnent la pandémie, d’autres l’arrivée au pouvoir de Joe Biden. L’ombudsman colombien, Carlos Camargo, évoque « des causes diverses ». Il rappelle que « le Chili, qui avait donné aux Haïtiens des visas humanitaires après le tremblement de terre de 2010, n’a pas renouvelé leur statut » et considère que « la dégradation de la situation économique au Brésil et la crise en Haïti depuis le tremblement de terre d’août dernier et l’assassinat du président » Jovenel Moïse ont également poussé les Haïtiens au départ. Personne n’évoque ouvertement l’action de mafias pour inciter les migrants à quitter leur pays.Débordé, l’hôpital de Necocli demande du renfort. « En temps de pandémie, un tel rassemblement humain constitue évidemment un risque sanitaire, affirme Ricardo Arzuza, sous-directeur de l’hôpital. Les migrants représentent aujourd’hui plus du quart des consultations de l’hôpital. Le surpeuplement des logements, les difficultés d’accès à l’eau potable et les défaillances du ramassage des ordures dans la municipalité compliquent encore la situation. Les infections respiratoires et les diarrhées sont les pathologies les plus fréquentes. » Depuis février dernier, date de la première grosse vague de migrants endiguée à Necocli, l’ONU et plusieurs organisations non gouvernementales sont venues constater l’urgence humanitaire. Mais, pour le moment, seule la Croix-Rouge colombienne est sur le terrain. Un poste de santé a été installé, début septembre, sur la plage. Mais, les premiers jours, le conteneur qui tient lieu de cabinet médical est resté vide. « Il a fallu gagner la confiance des Haïtiens, particulièrement méfiants », explique Edwin Montoya, responsable local de la Croix-Rouge. Les migrants en transit, qui savent leur statut fragile, n’aiment ni les questions ni le contact avec les autorités. « Tickets, Tiké » : le panneau coloré qui annonce le prix des billets pour Capurgana est rédigé en anglais pour les touristes et en créole pour les Haïtiens. Le tarif officiel de 160 000 pesos (35 euros) a doublé en un an. Et le marché de la revente se porte bien. Un migrant dit avoir payé 140 dollars pour une traversée en bateau d’une heure et demie. Selon les fonctionnaires de la mairie, les migrants tardent entre une semaine et dix jours avant de pouvoir embarquer.
    Derrière le panneau « Interdit de camper sur la plage », les petites tentes de couleur et de plastique noir dessinent un damier serré dans la lumière du matin. Le linge sèche sur les cordes des bateaux échoués. Les femmes cuisinent sur de petits réchauds de camping. La mer fait office de salle de bains et de WC. Une infirmière de la Croix-Rouge admire que « dans des conditions aussi précaires les Haïtiens maintiennent leurs habitudes d’hygiène : ils sont tous incroyablement propres et soignés ».Sur les étals des vendeurs ambulants, les maillots de bain, les lunettes de soleil et les crèmes solaires ont cédé la place aux bottes, aux lampes de poche, aux sacs de couchage et aux couteaux de survie. Pour atteindre le Panama, les migrants devront franchir à pied une jungle épaisse et inhospitalière. Aucune route, aucun sentier balisé ne traverse, en effet, le « bouchon du Darien », qui sépare l’Amérique du Sud de l’Amérique centrale. Les passeurs y font la loi. Les migrants seront sous leur coupe pendant six jours. « C’est un enfer qui les attend », résume Edwin, en regardant les enfants qui jouent joyeusement sur la plage. « Il y a quelques années, on a vu arriver des Cubains. C’est eux qui ont ouvert la voie. Ensuite, il y a eu des Vénézuéliens, puis des Africains et même, dernièrement, des Asiatiques, détaille Luz Marina, propriétaire d’un modeste hôtel aux chambres sans fenêtre. Eux, là, sont népalais. » Oli King explique, avec ses mains et ses trois mots d’anglais, que lui et ses camarades ont fait le voyage en avion de Katmandou à Sao Paulo et que, de là, ils sont venus, eux aussi, en bus. « Vous parlez d’un voyage, commente Luz Marina. Ce serait quand même plus simple pour eux d’aller en Chine, non ? Il paraît que c’est devenu une puissance. » Les paramilitaires, qui il y a vingt ans faisaient régner la terreur dans toute la région de l’Uraba, sont devenus discrets, mais, à Necocli, ils continuent de défendre leur business. Celui du trafic de drogue est florissant. Le très puissant Clan del Golfo contrôle-t-il également celui des migrants ? « Personne ne vous le dira, raconte un fonctionnaire bavard. Mais vous pouvez constater qu’aucune compagnie maritime extérieure n’est venue profiter du boom des migrants, et que les pêcheurs se gardent bien de proposer leur embarcation aux Haïtiens. C’est dire si le transport maritime est strictement régulé. »Cinq heures du matin. Des dizaines d’Haïtiens descendent, chargés de valises et de paquets, du premier bus de la journée, sous l’œil indifférent des passants matinaux. Dans les rues poussiéreuses et bruyantes de Necocli, l’espagnol et le créole sont désormais au coude à coude, sans que personne ne s’en offusque. « Les migrants ? Moi, je dis que ce sont des clients comme les autres », résume Liliana, propriétaire d’un restaurant sur la plage. « A Necocli, nous n’avons enregistré aucune manifestation de xénophobie contre les migrants », confirme Edwin Montoya. « Ici, nous sommes tous métis, rappelle Luz Marina. Et tous fils de Dieu. Le racisme n’a pas sa place. D’autant moins que l’arrivée des Haïtiens a été une bonne chose pour le commerce local. » Sans touristes, Necocli périclitait depuis le début de la pandémie. Les Haïtiens, qui ont économisé pendant des mois avant d’entreprendre le voyage, ont encore trois sous en poche quand ils arrivent à Necocli. Beaucoup reçoivent de l’argent de leur famille installée aux Etats-Unis. Comparés aux Vénézuéliens et aux Cubains, ils font paradoxalement figure de « nantis ». Des nantis qui dorment sur la plage, avant d’affronter l’enfer de la jungle.

    #Covid-19#migrant#migration#haiti#colombie#etatsunis#sante#vulnerabilite#crise#pandemie#politiquemigratoire#violence

  • Covid-19 : les Etats-Unis rouvriront « début novembre » leurs frontières aux voyageurs internationaux vaccinés
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/20/covid-19-les-etats-unis-rouvriront-debut-novembre-leurs-frontieres-aux-voyag

    Covid-19 : les Etats-Unis rouvriront « début novembre » leurs frontières aux voyageurs internationaux vaccinés. Les autorités américaines exigeront des tests, le port du masque et un traçage pour ces voyageurs, a précisé la Maison Blanche. Les frontières du pays leur sont fermées depuis mars 2020.
    Les Etats-Unis vont autoriser l’entrée sur leur territoire des voyageurs vaccinés contre le Covid-19 en provenance de l’Union européenne et du Royaume-Uni notamment, levant des restrictions mises en place en mars 2020, a annoncé la Maison Blanche lundi 20 septembre.Tous les voyageurs en provenance de l’étranger, à condition qu’ils soient entièrement vaccinés, pourront entrer à partir de « début novembre », a-t-elle ajouté. Ils devront par ailleurs se faire tester et porter un masque, tandis qu’un système de suivi des contacts sera mis en place, a indiqué le coordinateur de la lutte contre la pandémie à la Maison Blanche, Jeff Zients. Ce dernier a insisté sur le fait que cette décision, qui intervient dans un contexte de grande tension entre la France et les Etats-Unis, a été « dictée par la science ». Il y aura quelques exceptions, notamment pour les enfants qui ne sont pas encore éligibles à la vaccination. De plus, les nouvelles règles ne s’appliqueront pas tout de suite aux voyageurs traversant les frontières terrestres avec le Mexique et le Canada.
    Les Etats-Unis interdisent actuellement leur territoire à la plupart des ressortissants étrangers ayant résidé au cours des quatorze derniers jours dans les 26 pays de l’espace Schengen ainsi qu’en Irlande, au Royaume-Uni, en Chine, en Inde, en Afrique du Sud, en Iran et au Brésil. Les Etats-Unis ont pris le temps, selon Jeff Zients, de mettre en place un système global basé sur « les individus » et non sur des différences de traitement selon les pays de provenance. Il n’a pas précisé quels vaccins seraient reconnus pour permettre l’entrée des voyageurs.Les frontières américaines sont fermées à des millions de voyageurs internationaux, qu’ils soient testés ou vaccinés, depuis mars 2020, une situation qui a provoqué une impatience croissante chez les Européens notamment, causant des situations personnelles et familiales douloureuses. L’Union européenne avait de son côté annoncé le 30 août le retour de restrictions quant aux voyages non essentiels vers son territoire depuis les Etats-Unis, mais en laissant à ses Etats membres la possibilité de lever l’interdiction pour les personnes totalement vaccinées.
    Lire aussi Covid-19 dans le monde : l’UE réimpose des restrictions aux voyageurs américains. Jeff Zients a précisé par ailleurs que les Américains non vaccinés qui reviendraient aux Etats-Unis après un séjour à l’étranger seraient eux soumis à des obligations de test encore plus strictes. Il leur sera ainsi demandé de se faire tester dans la journée précédant leur retour et à nouveau après leur arrivée sur le sol américain. La Maison Blanche a durci le ton ces dernières semaines et multiplié les annonces pour imposer la vaccination là où les autorités fédérales en ont les moyens. Elle n’a toutefois pas pour l’instant pris l’une des décisions les plus drastiques en son pouvoir, à savoir imposer la vaccination pour les vols domestiques aux Etats-Unis.« C’est un fantastique coup de pouce pour les entreprises et le commerce, et c’est formidable que les familles et les amis des deux côtés de l’océan puissent à nouveau être réunis », s’est félicité sur Twitter le premier ministre britannique Boris Johnson. « Excellente nouvelle pour les voyageurs du Royaume-Uni vers les États-Unis », a réagi de son côté sur Twitter la cheffe de la diplomatie britannique Liz Truss. « C’est important pour notre reprise économique, nos familles et nos échanges commerciaux. » « Une excellente nouvelle pour les investissements allemands et européens, nos exportations et l’ensemble de la relation transatlantique », a affirmé toujours sur Twitter Olaf Scholz, le vice-chancelier et ministre des finances allemand.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#UE#circulation#sante#frontiere#variant#vaccination#economie

  • Naval Group : le sidérant coup de poignard de l’Australie - Challenges
    https://www.challenges.fr/entreprise/defense/sous-marins-naval-group-le-siderant-coup-de-poignard-de-l-australie_78073

    L’Australie devrait annoncer ce mercredi soir l’annulation du « contrat du siècle » paraphé en 2016, qui prévoyait l’acquisition par Canberra de 12 sous-marins Attack de Naval Group à propulsion conventionnelle, pour un montant estimé à 50 milliards de dollars. Selon la presse australienne, l’Australie s’orienterait vers une coopération avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni, qui lui permettrait d’acquérir des sous-marins nucléaires.

    « Le choix du F-35 ? Comme un bras d’honneur », selon un député européen - rts.ch - Monde
    https://www.rts.ch/info/monde/12318023-le-choix-du-f35-comme-un-bras-dhonneur-selon-un-depute-europeen.html

    Mercredi, le Conseil fédéral a annoncé avoir retenu l’avion de combat F-35A du constructeur américain Lockheed Martin pour équiper ses forces aériennes. Un choix qui s’est fait au détriment des trois autres candidats, dont deux avions européens.

    Sur le plan technique, le F-35 a largement dépassé les trois autres avions de chasse en lice - le Rafale du français Dassault, l’Eurofighter de l’européen Airbus et le Super Hornet de l’américain Boeing - lors de l’évaluation effectuée au printemps 2019.

    Il présente le meilleur rapport qualité-prix et est le mieux adapté pour protéger la population suisse, estime le gouvernement.

    Je crois que Joe Biben a un message à transmettre à Macron. :-)

    Je rigole, à propos des Suisses. Ils préfèrent acheter un fer à repasser bien plus cher, et qui ne vole pas encore, alors qu’il existe des avions bien moins chers, et qui ont déjà démontré leurs capacités.

    Quant aux Australiens... à la limite, c’est de bosser avec des français qui semblait bizarre...

  • En Norvège, la gauche remporte les législatives et revient au pouvoir
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/13/en-norvege-des-premieres-projections-placent-l-opposition-de-gauche-en-tete-

    « La Norvège a envoyé un message clair : les élections montrent que le peuple norvégien souhaite une société plus équitable », a dit ce millionnaire de 61 ans qui a fait campagne contre les inégalités sociales.

    De bon matin pas bien réveillé devant le café, c’est un coup a s’étrangler, dans une espèce de mélange entre rire nerveux et rage.

  • A Lesbos, un an après les incendies du camp de Moria, le nouveau site « reste une prison »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/09/a-lesbos-le-camp-moria-2-0-reste-une-prison_6094021_3210.html

    A Lesbos, un an après les incendies du camp de Moria, le nouveau site « reste une prison"
    « Je vois encore les flammes qui ont détruit le camp de Moria… Et les scènes qui ont suivi. Durant des jours, nous étions abandonnés à nous-mêmes sur des tronçons de route. Nous dormions sur l’asphalte, sans eau, sans nourriture », raconte Abo Khaled, un Syrien de 27 ans. Entre le 8 et le 9 septembre 2020, deux incendies successifs ont englouti le camp insalubre de Moria, sur l’île grecque de Lesbos, qui accueillait à l’époque près de 13 000 personnes, soit quatre fois sa capacité officielle, et où les violences entre groupes ethniques explosaient.Un an plus tard, dans le nouveau camp de Mavrovouni, construit à la hâte sur un ancien site de tir de l’armée pour reloger les demandeurs d’asile, il ne reste plus que quelque 3 700 migrants. La réunification de certaines familles, la relocalisation, notamment des 400 mineurs non accompagnés, dans d’autres pays européens (un engagement pris par certains gouvernements après les incendies), la réduction des arrivées sur les îles grecques de 84 % en un an, mais aussi la pratique illégale des refoulements de migrants en mer Egée, ont réduit leur nombre.
    Mais pour Daouda, un Burkinabé, qui a déjà passé deux ans à Lesbos, dans l’attente d’une réponse à sa demande d’asile, « ce camp reste une prison comme l’était Moria. Les habitants l’ont surnommé “Moria 2.0”. Parce qu’en apparence les conditions de vie sont meilleures, mais ce n’est qu’une illusion ». « Nous sommes parqués comme des moutons, nous ne savons pas ce que l’avenir nous réserve. Nous n’étudions pas, nous ne travaillons pas, nous dormons dans des tentes où nous étouffons l’été et où nous gelons l’hiver… », poursuit le trentenaire.
    Pour Konstantinos Psykakos, chef de mission pour Médecins sans frontières (MSF) à Lesbos, « Moria n’existe plus, mais l’idée derrière la création de ce camp, conçu au départ pour enfermer les réfugiés et décourager les candidats de l’autre côté de la rive turque de venir, perdure ». Dans la clinique psychiatrique de MSF, le nombre de consultations explose, plus de 90 % des patients souffrent de dépression. « Avec la pandémie, l’isolement des réfugiés a été renforcé. Ils ne peuvent pas sortir facilement de la structure, accéder aux hôpitaux, à une aide juridique, et les enfants ne vont pas à l’école », résume l’humanitaire.Des travaux ont été réalisés pour mettre l’électricité et l’eau dans l’enceinte, des conteneurs ont été installés, note Astrid Castelein, la représentante à Lesbos du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. « Mais, pour la sixième année d’affilée, une grande partie des demandeurs d’asile, dont 32 % sont des enfants, va passer l’hiver dans des tentes non chauffées, déplore-t-elle. Des camps avec des tentes ne peuvent pas être une solution permanente ! » En juillet, la Cour européenne des droits de l’homme a constaté que le camp de Mavrovouni était bien en dessous des standards européens et a appelé la Grèce à prendre des mesures.
    Outre ces conditions précaires dans le camp de Lesbos, les ONG s’inquiètent du durcissement incessant de la politique migratoire grecque. Depuis l’accord passé entre l’Union européenne (UE) et la Turquie en 2016, le plus grand centre d’hébergement des réfugiés d’Europe semblait être surtout conçu pour dissuader les migrants de venir. Et cette politique n’a fait que s’appesantir.En juin, le ministère des migrations a signé un décret désignant la Turquie comme un « pays sûr » pour la plupart des demandeurs d’asile, notamment pour les Afghans, qui constituent plus de 60 % des réfugiés sur les îles grecques de la mer Egée. Cette décision devrait permettre d’accélérer les procédures de renvois. « Mais, depuis mars 2020, la Turquie n’a réadmis aucun réfugié que la Grèce souhaitait renvoyer, explique Alkisti Agrafiotis, avocate pour le Conseil grec des réfugiés à Lesbos. Ces exilés se retrouvent donc coincés sur les îles. Perdus dans les limbes juridiques, ils ne peuvent aller ni en Turquie ni sur le continent grec et ils n’ont aucune perspective d’avenir. »Sur les cinq îles grecques face à la Turquie disposant de « hotspots » pour identifier les réfugiés, le gouvernement grec a également prévu la construction de centres « contrôlés » et fermés. Le premier doit être inauguré dans quelques jours sur l’île de Samos. « L’idée est de toujours plus isoler et ségréguer les réfugiés. A Lesbos, ce centre doit être construit à côté d’une décharge au beau milieu de nulle part », constate, amer, Konstantinos Psykakos.
    Pour la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatovic, « tant que les politiques grecques et européennes mettent l’accent sur la dissuasion plutôt que sur les besoins de protection, les nouveaux centres risquent de reproduire les mêmes problèmes ». L’incendie de Moria, ajoute-t-elle, « a montré l’urgence de repenser la manière dont les Etats membres de l’UE gèrent la question des migrants et des demandeurs d’asile ». Avec la crainte d’un afflux de réfugiés venus d’Afghanistan, le ministre des migrations grec, Notis Mitarachi, ne compte pourtant pas lâcher du lest : « La Grèce ne redeviendra pas, comme en 2015, la porte d’entrée des réfugiés en Europe. »

    #Covid-19#migrant#migration#grece#turquie#UE#hotspot#moria#samos#sante#santementale#isolement#asile#refugie#politiquemigratoire#droit

  • México despenaliza el aborto tras una decisión judicial histórica | EL PAÍS México

    México despenaliza el aborto tras una decisión judicial histórica

    La Suprema Corte anula la cárcel con la que se castiga la interrupción voluntaria del embarazo en algunos Estados del país y sienta un precedente para toda la nación

  • Une statue de Christophe Colomb au Mexique sera remplacée par celle d’une femme indigène
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/07/au-mexique-une-statue-de-christophe-colomb-remplacee-par-celle-d-une-femme-i

    Selon la maire de Mexico, cette décision représente un acte de « justice sociale », ainsi que la reconnaissance de cinq cents ans de « résistance indigène » depuis la conquête espagnole.

    Comment peut-on oser décider de supprimer de la sorte la statue d’un génocidaire aussi glorieux ?!

    L’exemple nous vient d’Amérique :-)

    J’ai envie de taguer dièse woke... mais nan... #justice_sociale

  • L’opposante Maria Kolesnikova condamnée à onze ans de prison en Biélorussie
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/06/en-bielorussie-la-figure-de-l-opposition-maria-kolesnikova-condamnee-a-onze-

    La jeune femme avait été arrêtée en septembre après avoir résisté de manière spectaculaire à une tentative des autorités de l’expulser de son propre pays. Selon ses proches, les services de sécurité biélorusses (KGB) l’ont enlevée, puis lui ont mis un sac sur la tête pour la conduire à la frontière ukrainienne. Refusant de quitter la Biélorussie, elle a sauté d’une fenêtre et a déchiré son passeport, ce qui a entraîné son incarcération.

    Pour mémoire :
    https://seenthis.net/messages/874841
    https://www.chroniquesdugrandjeu.com/2020/09/bielorussie-moscou-a-la-main.html

  • Au Nicaragua, la candidate de l’opposition Cristiana Chamorro renvoyée devant la justice
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/03/au-nicaragua-la-candidate-de-l-opposition-cristiana-chamorro-renvoyee-devant

    L’autorité judiciaire a maintenu la mesure de détention préventive qui vise l’opposante soupçonnée de blanchiment d’argent. La date du procès n’a pas été précisée.
    […]
    Le processus électoral se déroule sur fond d’une vague d’arrestations de 34 opposants et critiques d’Ortega, dont sept candidats à la présidentielle, parmi lesquels Mme Chamorro.

  • Aux Etats-Unis, le droit à l’avortement mis à mal par la Cour suprême
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/03/aux-etats-unis-le-droit-a-l-avortement-mis-a-mal-par-la-cour-supreme_6093205


    Une manifestante scande des slogans contre la nouvelle loi texane contre l’avortement, à Washington, le 2 septembre 2021.
    DREW ANGERER / AFP

    La plus haute juridiction du pays a refusé de censurer une loi texane signée en mai, qui interdit le recours à l’IVG au-delà de six semaines de grossesse. Joe Biden évoque une « insulte à l’Etat de droit ».

    L’émotion est grande, la manière étrange, les conséquences potentiellement graves. Peu avant minuit, mercredi 1er septembre, la Cour suprême des Etats-Unis a pris une décision retentissante, dans une atmosphère de confrontation entre ses membres.

    Par une courte majorité (5-4), les juges ont décidé de ne pas suspendre un texte pourtant très contesté, portant atteinte de façon quasiment complète au droit à l’avortement dans l’Etat du Texas. Une décision étonnante, dès lors que les procédures de recours n’étaient pas épuisées sur place.

    La loi texane, signée en mai par le gouverneur républicain Greg Abbott et entrée en vigueur dès mercredi, interdit l’avortement à partir du moment où le battement du cœur peut être enregistré dans l’embryon, ce qui abaisse le terme maximum à six semaines. Selon le Centre pour les droits reproductifs, 85 % à 90 % des cas concernent une grossesse parvenue au-delà de ce délai. Aucune exception pour inceste ou viol n’est prévue. Des tentatives de législation similaires, ailleurs dans le pays, avaient été contestées et systématiquement rejetées, car la Cour suprême garantit le droit à avorter tant que le fœtus n’est pas viable, soit vers vingt-deux semaines de grossesse.

    Le caractère inédit dans la démarche des conservateurs texans réside dans la forme retenue pour appliquer la loi : une sous-traitance aux citoyens, une institutionnalisation de la délation intéressée devant les tribunaux contre tous ceux qui ont favorisé l’avortement. Avec à la clé, la menace d’une amende de 10 000 dollars (8 400 euros), qui provoque l’effarement de toutes les organisations venant en aide aux femmes en détresse.

    La patiente, certes, ne peut être poursuivie. En revanche, le personnel médical et administratif dans les cliniques, les psychologues, le chauffeur de taxi qui a conduit la patiente sur place, tout proche ayant participé au financement de l’opération, voire même un prêtre conciliant : potentiellement, tous pourraient être visés.

  • #Italie : un secrétaire d’Etat démissionne après avoir voulu baptiser un parc « #Mussolini »

    Les appels au départ de #Claudio_Durigon, fidèle parmi les fidèles de Matteo Salvini, se sont multipliés après qu’il a voulu donner le nom du frère du dictateur italien à un #jardin_public de #Latina, une ville côtière près de Rome.

    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/08/27/italie-un-secretaire-d-etat-demissionne-apres-avoir-voulu-baptiser-un-parc-m
    #parc #parc_Mussolini #toponymie #toponymie_politique
    #démission

    ping @cede

  • L’Iran fait le pari des talibans
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/08/26/l-iran-fait-le-pari-des-talibans_6092409_3210.html

    Avant la chute de Kaboul, le 15 août, Téhéran s’est rapproché des fondamentalistes afghans et se réjouit de la défaite américaine.

    Et c’est quand qu’on le lit quelque part que les américains ont fait le parti des talibans dès février 2020 ?

    https://seenthis.net/messages/927217

  • Sur l’#île grecque de #Kos, la #détention des demandeurs d’asile est quasi systématique

    Depuis la fin 2019, presque tous les nouveaux arrivants sont mis en détention dans le seul centre de rétention de la mer Egée. Les ONG craignent que cette pratique ne soit étendue aux autres îles, où de nouveaux camps fermés sont en construction.

    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/07/24/sur-l-ile-grecque-de-kos-la-detention-des-demandeurs-d-asile-est-quasi-syste
    #asile #migrations #réfugiés #centres_fermés #Grèce #îles

  • L’été fructueux de la coopération militaire russo-chinoise
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/08/25/l-ete-fructueux-de-la-cooperation-militaire-russo-chinoise_6092289_3210.html


    Vue générale du champ de tir lors des Jeux internationaux de l’armée 2021 près de Moscou, le 24 août 2021.
    MAXIM SHEMETOV / REUTERS

    Moscou et Pékin ont mis en scène le caractère opérationnel d’exercices conjoints, notamment dans le cadre de « Zapad Interaction 2021 » lancé avec fanfare et drapeaux dans le désert de Gobi.

    L’été 2021 restera comme une bonne saison pour la relation militaire russo-chinoise. Le 22 août, les deux armées se sont alignées, côte à côte, en position de favorites parmi les concurrents pour l’épreuve de « biathlon des tanks ». Celle-ci a marqué le coup d’envoi des Jeux internationaux militaires annuels organisés par Moscou pour la septième fois. Jusqu’au 4 septembre, ils rassemblent 2 000 soldats de 17 pays dont la Serbie, le Kazakhstan ou l’Ouzbékistan, pour des épreuves destinées à renforcer la confiance mutuelle. L’Armée populaire de libération (APL) y participe avec ses blindés, mais aussi une dizaine d’avions - bombardiers, chasseurs et transporteurs chinois. Dans les précédentes éditions de ces olympiades, Pékin vantait davantage sa relation avec le Pakistan ; elle met aujourd’hui en avant son partenaire russe.

    Lundi 23 août, l’ambassadeur de Russie à Téhéran a, lui, annoncé par l’intermédiaire de l’agence RIA que les deux marines organiseraient ensemble des manœuvres antipirateries avec l’Iran, dans le Golfe : une première. Ces exercices auraient lieu à la fin de 2021 ou au début de 2022. Par ailleurs, la Chine a vanté dans ses médias officiels sa participation à un exercice bilatéral russe appelé « Zapad Interaction 2021 », du 9 au 13 août, sur une base de la région autonome du Ningxia.

  • En Ukraine, découverte des restes de milliers de victimes des purges staliniennes
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/08/25/en-ukraine-decouverte-des-restes-de-milliers-de-victimes-des-purges-stalinie

    Des fosses contenant les restes de quelque 5 000 à 8 000 personnes ont été localisées sur un terrain de presque cinq hectares situé près de l’aéroport d’Odessa.

    Des fosses communes contenant les dépouilles de milliers de personnes massacrées dans les années 1930 lors de purges staliniennes ont été découvertes à Odessa, dans le sud de l’Ukraine, ont annoncé les autorités, mercredi 25 août. Il s’agit de l’un des plus vastes sites de ce type en Ukraine, qui fut membre de l’Union soviétique.

    A ce jour, vingt-neuf fosses contenant les restes de quelque 5 000 à 8 000 personnes ont été localisées sur un terrain de presque 5 hectares situé près de l’aéroport d’Odessa, a détaillé Sergui Goutsaliouk, chef de l’antenne régionale de l’Institut de la mémoire nationale. Ce nombre pourrait encore augmenter, les opérations étant toujours en cours.

    Les restes ont été découverts après que les autorités municipales ont ordonné des fouilles exploratoires en vue d’autoriser des travaux d’élargissement de l’aéroport, car des fosses communes avaient déjà été mises au jour par le passé dans cette zone.

    Plusieurs centaines de milliers de victimes
    Selon M. Goutsaliouk, la plupart des victimes, des habitants de la région, ont été tuées d’une balle dans la nuque par le NKVD, la police secrète soviétique et ancêtre du KGB. Ces exécutions remontent aux années 1937-1939, pendant la Grande terreur stalinienne. Toujours d’après M. Goutsaliouk, il ne sera pas possible d’identifier les victimes, les documents concernant ces purges étant classés secrets et conservés à Moscou, « qui ne les donnera pas » à l’Ukraine en raison des relations tendues entre les deux pays.

  • Conflit en Afghanistan : l’Ouganda prêt à accueillir des réfugiés afghans — La Libre Afrique
    https://afrique.lalibre.be/63044/conflit-en-afghanistan-louganda-pret-a-accueillir-des-refugies-afgha

    L’Ouganda est prêt à accueillir temporairement des réfugiés afghans, dont le pays est passé sous contrôle des talibans, a annoncé mardi le ministère ougandais des Affaires étrangères, indiquant avoir répondu favorablement à une demande américaine. Le ministère n’a fourni aucun détail sur le nombre de personnes concernées. « Les discussions se poursuivent », indique-t-il, alors que des médias ougandais évoquent le nombre de 2.000 réfugiés.

    « À la suite des événements du week-end dernier en Afghanistan, le gouvernement des États-Unis d’Amérique a contacté plusieurs de ses partenaires internationaux, dont l’Ouganda, pour aider dans la probable nécessité d’héberger temporairement certains Afghans et citoyens internationaux qui pourraient être évacués », affirme le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

    Le président Yoweri Museveni « a exprimé la disponibilité de l’Ouganda pour fournir une assistance, y compris (pour) l’hébergement temporaire de certaines des personnes touchées par la crise actuelle », ajoute le texte, évoquant « la longue histoire et tradition d’accueil » de réfugiés.

    Un responsable du Haut comité aux réfugiés (UNHCR) dans le pays a indiqué à l’AFP que l’agence onusienne n’avait pas été impliquée dans les discussions, tout en se disant « prêt à soutenir » toute arrivée.

    L’Ouganda est un des pays qui abrite le plus de réfugiés au monde : près d’1,5 million de réfugiés et demandeurs d’asile y vivent, la majorité venant du Soudan du Sud et de RDC.

    Les agences humanitaires soulignent régulièrement le manque de financement pour l’aide aux réfugiés dans ce pays d’environ 44 millions d’habitants.

    L’Albanie et le Kosovo se sont également dit prêts dimanche à accueillir, à la demande des États-Unis, des centaines d’Afghans, dont des femmes dirigeantes, des fonctionnaires et d’autres personnes potentiellement menacées par les talibans.

    #afghanistan #usa #migrants #réfugiés

  • Liban : au moins 28 morts dans l’explosion d’un camion-citerne
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/08/15/au-moins-20-morts-dans-l-explosion-d-un-camion-citerne-au-liban_6091474_3210


    Créateur : OMAR IBRAHIM, OMAR IBRAHIM
    Crédits : REUTERS

    L’Agence nationale d’information a annoncé que le camion-citerne, confisqué par l’armée, avait explosé après des heurts entre des résidents, qui s’étaient attroupés autour pour se procurer de l’essence.

    Au moins 28 personnes ont été tuées et plusieurs dizaines d’autres blessées dans la nuit de samedi 14 à dimanche 15 août par l’explosion d’un camion-citerne à Altalil, dans la région d’Akkar, dans le nord du Liban, selon le ministère de la santé.
    Le drame s’est produit alors que l’armée s’est déployée dans les stations-service et qu’un grand hôpital du pays redoute un « désastre imminent » en raison de la pénurie de carburant. L’Agence nationale d’information (ANI, officielle) a annoncé que le camion-citerne que l’armée avait confisqué avait explosé après des heurts entre des résidents. Ils s’étaient attroupés autour pour se procurer de l’essence. L’armée n’était pas présente sur les lieux quand l’explosion s’est a eu lieu, a-t-elle ajouté.

    Au moins sept corps et des dizaines de personnes brûlées ont été transférés dans un hôpital d’Akkar, a précisé l’un de ses employés, Yassine Metlej. L’hôpital a dû refuser la plupart des blessés car il n’est pas équipé pour soigner les grands brûlés, a-t-il ajouté. Certains ont été conduits à 25 km de là, à l’hôpital Al-Salam, à Tripoli, le seul équipé dans la région pour prendre en charge les brûlés.

  • Le réalisateur britannique #Ken_Loach exclu du Parti travailliste
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/08/15/le-realisateur-britannique-ken-loach-exclu-du-parti-travailliste_6091470_321

    D’après l’auteur de l’article ce que Loach reprochait à Blair c’est son « positionnement trop centriste »

    [Ken Loach] n’était […] redevenu membre du Parti travailliste qu’après la victoire de [Corbyn] en 2015. Deux décennies plus tôt, il en avait claqué la porte en critiquant le positionnement trop centriste de Tony Blair.

    #langage

  • « Le retour des talibans est le coup de grâce » : dans l’est de la Turquie, le périple des réfugiés venus d’Afghanistan
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/08/09/le-retour-des-talibans-est-le-coup-de-grace-dans-l-est-de-la-turquie-le-peri

    Le retour des talibans est le coup de grâce » : dans l’est de la Turquie, le périple des réfugiés venus d’Afghanistan
    Selon l’Organisation internationale pour les migrations, avec le retrait des forces américaines et de l’OTAN et le début de l’offensive islamiste, environ 30 000 personnes fuient le pays chaque semaine vers l’Iran puis vers la Turquie.

    Originaire de Ghazni, le jeune homme ne se voit aucun avenir en Afghanistan. « Il n’y a pas de travail, la pandémie n’a rien arrangé. Le retour des talibans est le coup de grâce. » « Ils vont prendre Kaboul, c’est sûr », prévient Rahmatollah, un jeune adolescent arrivé clandestinement il y a quelques jours de Mazar-e-Charif avec sa sœur, son beau-frère et leurs quatre enfants.Muhammet, 26 ans, le père de famille, se ronge les sangs. Rester à Van, à 40 kilomètres de la frontière iranienne, c’est s’exposer à être renvoyé vers l’Iran, ce qu’il ne veut à aucun prix. Il prévoyait d’aller, non pas en Europe, mais à Konya, où il est sûr de trouver du travail. Il a déjà fait le voyage une fois, il y a quelques années, jusqu’à cette ville de l’Anatolie profonde où, grâce à l’aide de migrants amis, il a réussi à se faire embaucher comme journalier sur des chantiers de construction. Après avoir amassé un petit pécule, il est rentré à Mazar-e-Charif chercher sa femme, Maryam, leurs quatre enfants ainsi que deux adolescents, ses beaux-frères, pour les ramener en Turquie, qu’il voit comme un pays de cocagne.
    Son rêve s’est brisé à Van. Il craint d’être condamné à rester là, entre le square et la mosquée, jusqu’à ce que la police les appréhende, lui et sa famille, pour les placer dans un centre de rétention. Après, c’est l’inconnu. Ils seront soit renvoyés en Iran, ce que les migrants craignent plus que tout, ou rendus à leur sort de clandestins, peu enviable.Contrairement aux réfugiés syriens, qui jouissent d’une protection en Turquie, les Afghans n’ont droit à rien. « Nous sommes des êtres sans destin », résume Zuleyha, une représentante de la minorité chiite hazara. Installée depuis six ans à Van, elle a obtenu un permis de séjour et se sent désormais à peu près en sécurité. « L’époque était plus favorable, aujourd’hui, c’est différent », dit-elle.
    Chaque année, des dizaines de milliers de réfugiés afghans traversent clandestinement la frontière entre l’Iran et la Turquie, en quête d’un emploi et d’une vie plus stable. Depuis l’offensive fulgurante des talibans sur les capitales provinciales, ce flux n’a fait qu’augmenter. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), avec le retrait des forces américaines et de l’OTAN, et le début de l’offensive talibane, environ 30 000 personnes fuient l’Afghanistan chaque semaine vers l’Iran, puis vers la Turquie. Adossée à l’Iran, la province de Van sert de porte d’entrée. Guidés par les passeurs, des Afghans, mais aussi des Pakistanais et des Iraniens traversent la frontière à pied la nuit par des sentes de montagne. Le périple tourne parfois au cauchemar. Certains racontent s’être fait rosser et détrousser en chemin par des brigands. En hiver, de nombreux candidats au passage meurent de froid ou sont dévorés par les loups. A chaque fonte des neiges, des cadavres sont retrouvés, examinés par des médecins légistes puis inhumés sous un numéro dans le cimetière des « kimsesizler », ce qui signifie « ceux qui n’ont personne ».En été, la traversée est plus facile, mais il faut tout de même souvent s’y prendre à plusieurs fois pour atteindre l’autre côté. Une fois la frontière franchie, beaucoup sont appréhendés par les forces turques, qui les refoulent au débotté vers l’Iran. Le temps de se regrouper et les migrants recommencent.« Les réseaux de passeurs sont incroyablement mobiles. Ils ont leurs guetteurs, leurs informateurs, changent les itinéraires sans arrêt. Ils connaissent très bien le terrain, parfois mieux que nos forces de sécurité. Et puis, la géographie escarpée de la région rend la surveillance particulièrement difficile », décrit Semih Nargül, enseignant au département de géographie de l’Université du centenaire, à Van.Tout un pan d’économie grise a émergé, qui implique aussi bien des Afghans que des Turcs, des Iraniens ou des Kurdes. « Ces réseaux travaillent comme des agences de voyages, ils proposent différents itinéraires, différentes villes d’arrivée, avec plus ou moins de confort selon le prix », explique l’universitaire. A Van, les migrants sont quasiment introuvables. « A cause de la pandémie, le gouvernement ne veut pas qu’ils soient visibles », affirme Suvat Parin, qui enseigne la sociologie à l’Université du centenaire. Les autorités turques assurent que le nombre d’illégaux ayant franchi récemment la frontière iranienne – 499 kilomètres en tout – n’a guère augmenté ces dernières semaines, contrairement à ce qu’avaient pu affirmer certains médias, soupçonnés d’avoir exagéré sciemment l’ampleur du phénomène. A la mi-juillet, 3 000 représentants des forces spéciales, policiers et militaires, ont quand même été déployés, avec beaucoup de matériel, pour mieux lutter contre les passages clandestins. Sur les routes, les points de contrôle ont été renforcés, les véhicules sont scrutés de près.
    Face à l’imminence de nouveaux flux migratoires, Ankara a récemment érigé de hauts murs en béton le long de sa frontière orientale avec l’Iran, après avoir fait de même au sud, le long d’une partie de sa frontière avec la Syrie. Une fois terminé, le mur s’étendra sur 295 kilomètres, sera bordé par de larges fossés et doté d’une centaine de tours d’observation. Mais, pour le moment, la barrière de béton n’est pas encore achevée et c’est à travers elle qu’Hossein et ses compagnons disent s’être frayé un chemin pour pénétrer sur le territoire turc.
    « La situation devient ingérable », assure Orhan Deniz, le doyen de la faculté de littérature de l’Université du centenaire à Van, qui suit de près les questions migratoires. La Turquie, qui accueille déjà 3,7 millions de Syriens et des centaines de milliers d’Afghans, n’est pas en mesure d’assumer un nouvel afflux de réfugiés. « Il ne faut pas prendre cette situation à la légère. Sans une politique intelligente à long terme, on ne va jamais s’en sortir », prévient le doyen. Idéalement, l’Union européenne, la Turquie et l’Iran « devraient pouvoir s’entendre » pour créer des infrastructures d’accueil à destination des migrants, en particulier des Afghans, dont les arrivées risquent d’augmenter dans les mois qui viennent.

    #Covid-19#migrantmigration#afghanistan#turquie#UE#iran#pandemie#sante#guerre#crise#flux#politique#sante#frontiere#mur#invisibilite

  • La Russie bloque des sites liés à l’opposant Mikhaïl Khodorkovski, à l’approche des élections législatives
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/08/05/la-russie-bloque-des-sites-lies-a-l-opposant-mikhail-khodorkovski-a-l-approc


    Mikhaïl Khodorkovski, lors de son second procès, le 14 octobre 2010, à Moscou.
    TATYANA MAKEYEVA / REUTERS

    Pour asseoir l’autorité du président russe, Vladimir Poutine, en vue du scrutin, qui aura lieu à la mi-septembre, les pouvoirs publics jugulent un nombre croissant de ses adversaires.

    A la suite de la répression d’Alexeï Navalny et de ses proches, c’est au tour de Mikhaïl Khodorkovski de faire les frais du tour de vis mené par le régime russe contre ses opposants. Les autorités ont bloqué l’accès aux sites Web de deux médias et d’une organisation de défense des droits, liés à l’ex-oligarque en exil, a annoncé ce dernier, dans la nuit de mercredi 4 août à jeudi 5 août.

    « Après que toutes les organisations de [l’opposant Alexeï] Navalny ont été déclarées “extrémistes”, les autorités ont également bloqué MBKh Media, Open Media et l’organisation d’aide juridique » Pravozachita Otkritki, a affirmé, sur Twitter, cet adversaire de longue date du président russe, Vladimir Poutine.

    Jeudi matin, les sites des deux médias ne pouvaient être consultés depuis la Russie qu’au moyen d’un VPN, un réseau privé virtuel, tandis que le site de l’organisation de défense des droits semblait ne plus exister. L’agence russe de régulation des médias, Roskomnadzor, a déclaré à l’agence de presse Interfax avoir procédé au blocage à la demande du procureur général.

    « Les autorités ne veulent pas de projets médiatiques ayant un regard critique sur ce qu’il se passe dans le pays », a écrit le compte d’Open Media, sur Twitter. Le site a expliqué avoir reçu une subvention pour cinq ans de M. Khodorkovski, en 2017. « Nous avons, avec l’investisseur, décidé d’arrêter le travail, car les risques pour le personnel du projet sont trop grands », a précisé le média.

    Une loi pour exclure des législatives les opposants
    De nombreux médias indépendants et des groupes critiques du pouvoir ont été bannis récemment en Russie, dans le cadre d’une répression croissante de l’opposition, à l’approche des élections législatives de septembre. Une loi, votée récemment par les députés, devrait aboutir à l’exclusion du scrutin de l’essentiel des détracteurs du pouvoir en place, en particulier les partisans de l’opposant emprisonné Alexeï Navalny, bête noire du Kremlin.

    L’organisation Open Russia de Mikhaïl Khodorkovski avait été classée « indésirable » en 2017, après quoi elle s’était autodissoute en 2019. Elle a ensuite ouvert une autre structure du même nom, qui n’a jamais été enregistrée par le ministère de la justice. Cette dernière s’est à son tour autodissoute en mai 2021, par crainte de poursuites contre ses membres.

    Mikhaïl Khodorkovski est un oligarque qui a passé dix ans en prison, à la suite de son arrestation, en 2003. Gracié en 2013, il s’est exilé en Europe, où il a fondé plusieurs mouvements d’opposition à Vladimir Poutine.