• Incident sur un réacteur nucléaire EPR dans le sud de la Chine
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/06/14/nucleaire-incident-dans-l-epr-chinois-de-taishan_6084070_3234.html


    Travaux de construction de l’EPR de Taishan, en Chine, lors de la visite du premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, le 8 décembre 2013.
    PETER PARKS / AFP

    Une « fuite » serait apparue récemment dans l’un des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Taishan développée par la France, a révélé, lundi, la chaîne américaine CNN. Les autorités chinoises n’ont pas communiqué sur le sujet.

    C’est un nouveau coup dur pour l’EPR, la dernière génération de centrale nucléaire développée par la filière française. On en ignore encore l’importance, mais une « fuite » s’est récemment produite dans l’un des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Taishan, dans le sud de la Chine, a révélé, lundi 14 juin, la chaîne de télévision américaine CNN. EDF évoque une « augmentation de la concentration de “gaz rares” dans le circuit primaire », qui se trouve dans la double enceinte en béton renfermant la chaudière. Un incident suffisamment sérieux pour susciter l’inquiétude des autorités américaines. De son côté, le gouvernement français a été prévenu jeudi 10 juin, et le ministère des affaires étrangères s’est saisi du dossier, fait-on savoir à Paris.

    C’est la filiale américaine de Framatome (ex-Areva NP) qui a alerté les autorités américaines d’une « menace radiologique imminente », selon des responsables américains et des documents consultés par CNN. L’autorité de sûreté chinoise aurait repoussé les limites acceptables pour la détection des rayonnements à l’extérieur de la centrale pour éviter son arrêt, selon une lettre de Framatome au ministère de l’énergie américain. La centrale EPR chinoise continuait de fonctionner, au grand étonnement d’experts français.

    • A défaut de produire de « l’électricité décarbonnée » proprement, EDF et la Chine font de la #rétention_d'information sur quelques « crayons fuitards » :

      https://www.huffingtonpost.fr/entry/centrale-nucleaire-epr-de-taishan-ce-que-lon-sait-de-la-situation_fr_

      D’après CNN, une possible “fuite” dans la centrale nucléaire de Taishan en Chine aurait conduit Framatome à demander de l’aide aux États-Unis. Pour l’heure, EDF dédramatise.

    • l’analyse de la Criirad :

      "La chaine américaine CNN fait état ce jour d’une « augmentation de la concentration de gaz rares » dans le circuit primaire du réacteur 1 de la centrale EPR de Taishan, premier de ce type à avoir été couplée à un réseau électrique (le 29 juin 2018) et située dans un rayon de 100 à 150 km par rapport aux villes de Canton et de Hongkong.

      La branche américaine de Framatome, filiale du groupe EDF et qui fait partie des entreprises engagées dans la construction et dans l’exploitation du site, aurait alerté les autorités américaine d’une « menace radiologique imminente » il y a déjà plusieurs jours.

      La CRIIRAD rappelle que l’augmentation de la quantité de gaz rares radioactifs dissous dans l’eau du circuit primaire d’un réacteur peut indiquer une dégradation des gaines du combustible. Cette situation doit conduire normalement à l’arrêt du réacteur pour extraire les combustibles défectueux avant que la contamination du circuit primaire ne soit trop importante.

      Il faut également souligner que les gaz rares ne sont pratiquement pas retenus par les dispositifs de filtration des effluents gazeux. D’après CNN, la note de Framatome du 8 juin dernier précise que l’autorité de sûreté chinoise a déjà multiplié par plus de 2 la limite fixée pour les rejets de gaz rares dans l’environnement. Malgré cela, les rejets radioactifs effectués au 30 mai correspondaient déjà à 90% de la limite annuelle. Une nouvelle augmentation de la limite règlementaire serait envisagée.

      En France, les autorisations de rejets de gaz rares radioactifs sont fixées à des niveaux très supérieurs aux rejets effectifs. Dans un tel scénario, une très forte augmentation des rejets radioactifs du réacteur n°1 est probable.

      Cette situation doit être suivie avec vigilance tant sur le plan de la sûreté que de la radioprotection. Priorité doit être donnée à la protection des travailleurs du site et des habitants de cette région.

      A cette occasion, la CRIIRAD rappelle également que le secret pèse toujours sur les informations du réseau de surveillance mis en place dans le cadre du Traité d’Interdiction Complète des Essais Nucléaires (TICEN en français, CTBT en anglais). Il devrait permettre l’accès libre et en continu aux résultats des mesures. Dans le cas présent, il devrait être possible de consulter les données relatives à la station RN22 de Guangzhou, qui est équipée pour la détection des gaz rares."

      #nucléaire #epr

    • pour l’instant je n’ai pas trouvé plus de détails que ça :

      EDF says “the presence of certain noble gases in the primary circuit is a known phenomenon, studied and provided for in the reactor operating procedures,” but did not elaborate on gas levels.
      Later on Monday, a spokesperson for EDF said the increased levels of radiation were caused by a “degradation of the housing of the fuel rods.”
      The spokesperson affirmed that the levels of radioactivity observed at the plant were below the threshold stipulated by the Chinese authorities, adding that the affected housings are the first of three containment barriers between the rods and the atmosphere.
      The spokesperson noted that the risk of a potential leakage in the rod housing was first discussed following a planned refueling outage in October 2020 after initial measurements led to suspicions of a “lack of tightness” in the housings.
      However, the spokesperson stressed that without a full analysis, it is too early to confirm whether a complete shutdown of the reactor is needed, adding that EDF currently has no information regarding the origin of the rod housing degradation.

      https://edition.cnn.com/2021/06/14/politics/china-nuclear-reactor-leak-us-monitoring/index.html

      L’hypothèse d’une rupture de gaine de combustible reste donc à confirmer. Le problème est qu’ici on est en présence de deux couches de pratique du secret et de la langue de bois : la couche des autorités chinoises, et celle de EDF-Framatome, les deux étant assez champions en la matière.

    • Du même article :

      The issue first emerged when Framatome, a French designer and supplier of nuclear equipment and services that was contracted to help construct and operate the Chinese-French plant, reached out to the US Department of Energy late last month informing them of a potential issue at the Chinese nuclear plant.
      The company, mainly owned by EDF, the French utility company, then submitted an operational safety assistance request on June 3, formally asking for a waiver that would allow them to address an urgent safety matter, to the Department of Energy, warning American officials that the nuclear reactor is leaking fission gas.
      The company followed up with DOE on June 8 asking for an expedited review of their request, according to a memo obtained by CNN.
      “The situation is an imminent radiological threat to the site and to the public and Framatome urgently requests permission to transfer technical data and assistance as may be necessary to return the plant to normal operation,” read the June 8 memo from the company’s subject matter expert to the Energy Department.
      Framatome reached out to the US government for assistance, the document indicates, because a Chinese government agency was continuing to increase its limits on the amount of gas that could safely be released from the facility without shutting it down, according to the documents reviewed by CNN.
      When asked by CNN for comment, the Energy Department did not directly address the memo’s claim that China was raising the limits.
      In the June 8 memo, Framatome informed DOE the Chinese safety authority has continued to raise regulatory “off-site dose limits.” It also says the company suspects that limit might be increased again as to keep the leaking reactor running despite safety concerns for the surrounding population.
      “To ensure off-site dose limits are maintained within acceptable bounds to not cause undue harm to the surrounding population, TNPJVC (operator of Taishan-1) is required to comply with an regulatory limit and otherwise shut the reactor down if such a limit is exceeded,” the June 8 memo reads.
      It notes that this limit was established at a level consistent with what is dictated by the French safety authority, but “due to the increasing number of failures,” China’s safety authority, the National Nuclear Safety Administration (NNSA) has since revised the limit to more than double the initial release, “which in turn increases off-site risk to the public and on-site workers.”
      As of May 30, the Taishan reactor had reached 90% of the allegedly revised limit, the memo adds, noting concerns the plant operator may be “petitioning the NNSA to further increase the shutdown limit on an exigent basis in an effort to keep running which in turn would continue to increase the risk to the off-site population and the workers at the plant site.”
      The NNSA is China’s nuclear safety regulatory authority. It oversees the implementation of safety standards at facilities like Taishan.

      De ce que je comprends : Framatome s’est adressée aux états-unis car sa branche US est impliquée dans la construction (et la maintenance ? ou le suivi d’exploitation ?) de Taishan, et que la réglementation US veut que dans une telle situation on doit leur demander l’autorisation de transférer des savoirs technologiques.

      Ce qui inquiète framatome visiblement c’est que les autorités chinoises n’arrêtent pas de relever les seuils de radioactivité acceptables pour éviter d’avoir à arrêter la centrale.

    • Et pendant ce temps là, Le Monde relaie complaisamment la propagande d’EDF :

      https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/06/14/edf-relativise-l-incident-survenu-a-la-centrale-nucleaire-de-taishan-en-chin

      Toujours la même façon de procéder :

      On n’est pas sur une dynamique d’un accident avec fonte du cœur

      Donc vos gueules, bande d’abrutis, tant que ça n’a pas pourri une région entière vous n’avez rien le droit dire.

      Même si l’exploitant a dû « réaliser des rejets atmosphériques » de gaz rares « dans le respect des limites réglementaires définies par l’autorité de sûreté chinoise », ajoute-t-il.

      Ben tiens, et en omettant l’info sue depuis le départ de cette histoire que ce qui a amené Framatome à s’alarmer, c’est que les autorités chinoises relèvent les limites en question pour éviter l’arrêt.

      Quand je serai grand je voudrai être journaliste au Monde, ça a l’air assez peinard comme métier : tu relèves ta boîte mail en provenance d’EDF et tu balances direct, sans filtre.

    • Le journalisme « éco-responsable » et capital-friendly sait mobiliser des sources qui assurent de bonnes rémunérations ainsi que de solides garanties de « durabilité » et de « neutralité » à ses adhérent·es.

    • Ce matin les seules nouvelles qui n’en sont pas vraiment nous viennent de Reuters :
      https://www.reuters.com/world/china/what-happened-chinas-taishan-nuclear-reactor-2021-06-15
      Rien de bien neuf, si ce n’est que la Chine a fini par réagir sur l’air de « Tout va très bien » par l’intermédiaire du porte-parole du ministère des affaires étrangères :

      The regulator did not immediately respond to requests for comment. Foreign ministry spokesman Zhao Lijian told reporters in a regular briefing the plant was fully compliant with all requirements and operating normally.

      En réponse au commentaire évasif d’EDF (en substance : le krypton et le xenon dans le circuit primaire, c’est pas grave, c’est un phénomène connu), un ancien vice-président de la commission à l’énergie atomique du Japon a commenté :

      Under normal operating conditions it is true some gases like krypton and xenon will escape and be detected but in this case the concentrations are much higher, so something is happening

      .
      Source : autre article reuters : https://www.reuters.com/world/china/china-says-radiation-levels-normal-around-taishan-reactor-2021-06-15

      Donc le gars a les chiffres vu ce qu’il affirme.

      L’article mentionne qu’effectivement il pourrait y avoir un problème de rupture de gaine d’un crayon de combustible (un tube en fait, qui contient des pastilles de combustible), ce qui peut arriver, mais qui nécessite normalement un arrêt pour retirer l’assemblage fautif (et non pas juste le crayon fautif contrairement à ce qu’on a lu ça et là, ça c’est pas possible).

      Et il reste ce que Framatome a dit aux autorités US, c’est-à-dire que les seuils maximum de rejets autorisés ont été relevés par l’opérateur pour éviter d’arrêter la tranche. Sur ce front là pas de nouvelle.

      J’aime bien la petite remarque glissée au milieu du premier article Reuters :

      Nuclear experts have generally played down the risks.

      Ah sinon on a l’habituel neuneu probablement formé chez nous, avec une resucée du nuage-qui-s’arrête-aux-frontières : il s’agit, selon l’article Reuters, d’un « scientifique nucléaire chinois installé aux états-unis » :

      Li Ning, a Chinese nuclear scientist based in the United States, told Reuters that CNN was “making a mountain out of a molehill” and that it was unrealistic to expect “zero failure” in the fuel cladding of nuclear projects anywhere in the world.

      Li said the media were “often unwilling to put risks into proper perspective”, which he said had effectively killed off the nuclear industry in the west.

      “Coal fired power plants can emit and discharge more radioactivity than nuclear power plants,” Li said.

      J’en profite pour tagguer : #nucléaire #EPR

    • Inutile d’aller sur CNews pour juger le degré de fake-news quotidiennes à la télévision française. Pujadas est aussi tous les jours sur LCI et il distille des inepties plus grandes que lui. Ce qui n’est pas bien difficile vu qu’il est petit avec le charme d’un pied de chou. Hier, il invitait sur son plateau une ingénieure et enseignante au CNAM pour éclairer ses téléspectateurs sur la fuite radioactive de l’EPR de Taishan, Mme Galichet assure que ce qui sort d’une centrale (déchets nucléaire) est inoffensif et peut retourner à l’état naturel. Et le « pied de chou » de conclure ce tour de table par « nous voilà rassuré par ce brillant exposé sur le fonctionnement d’une centrale nucléaire » le tout en 20 minutes chrono.
      https://twitter.com/24hPujadas/status/1404841034203504647

      Nucléaire – « Je vous rappelle que l’uranium est un minerai, c’est naturel, ça se trouve dans la terre »
      Emmanuelle Galichet – Chercheure en sciences et technologies nucléaires au CNAM

      https://video.twimg.com/amplify_video/1404840879207157767/vid/1024x576/3d_cXZdyA1lDcdjt.mp4?tag=14


      WIN France le nucléaire au féminin
      http://www.win-france.org/retrouvez-emmanuelle-galichet-laureate-femenergia-2018

      Nous avons posé 3 questions à Mme Emmanuelle Galichet, maître de conférence en Sciences et technologies nucléaire au CNAM, pour comprendre le rapport de la filière nucléaire avec l’innovation, la diversité et comprendre comment transmettre cette culture de l’innovation aux futurs ingénieurs.

      https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/jni-2019-linnovation-dans-le-domaine-du-nucleaire-64464
      Si le projet Cigéo est abandonné, il faudra demander à l’agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra) de réserver une place pour cette dame au fond du trou.

    • https://www.nytimes.com/2021/06/16/business/china-nuclear-reactor.html

      SHANGHAI — The Chinese government said on Wednesday that “about five” of the uranium fuel rods inside a nuclear power plant in southeastern China had been damaged, but added that no radiation had leaked out of reactors at the site.

      Regulators have also reviewed and approved limits on how much radioactive gas is allowed to accumulate in the water at the reactor, China’s National Nuclear Safety Administration said in a statement. Nuclear scientists in the United States and Europe said in interviews this week that a buildup of radioactive gas in the water surrounding the fuel rods, while not uncommon at reactors elsewhere, was often a sign of poor design, manufacturing or management.

      Donc : soit Framatome a fabriqué des éléments combustibles foireux (poor design or manufacturing), soit il les a transportés sans faire gaffe, soit les chinois les ont manutentionnés sans faire gaffe (poor management).

      It is fairly common for a few fuel rods to suffer damage in a nuclear reactor, said Najmedin Meshkati, an engineering professor specializing in nuclear safety at the University of Southern California. But it is less common for radioactive gases to accumulate in the water around the fuel rods to the point that regulators need to review what levels are safe, he said.

      “There is no question that something has happened,” he said, adding that events inside the reactor are unlikely to pose a serious safety threat.

      Mouaip... la dernière phrase relève une fois de plus de l’indécrottable optimisme (ou aveuglement) des spécialistes du nucléaire.

    • Éléments de sûreté nucléaire, Réacteurs à Eau Pressurisée - IRSN ch. 28 : Le combustible : gestions, surveillance et évolutions
      https://www.irsn.fr/FR/Larecherche/publications-documentation/collection-ouvrages-IRSN/Documents/Element%20sûreté%20REP%20chapitre%2028.pdf

      Étude détaillée des problèmes liés à la dégradation des crayons de combustible ; ce que l’on peut savoir de l’incident (présence de gaz rares dans le circuit primaire) a l’air de correspondre fidèlement à ce qui est décrit dans le manuel.

      Par ailleurs, on ne sait pas très bien (on est incapable de savoir…) ce qui se produit précisément dans le crayon lorsque survient un défaut d’étanchéité. Où l’on retrouve la question des seuils dont la fixation est assez arbitraire, mais dont il faut souhaiter qu’ils évoluent à la baisse.

      Le problème majeur rencontré pour la fixation des seuils résulte de la difficulté d’évaluer correctement l’état de la première barrière de confinement au cours d’un cycle de fonctionnement. En effet, il n’existe pas de méthode simple permettant de déterminer, à partir des données aisément accessibles (principalement les mesures de la radioactivité de quelques-uns des principaux produits de fission), l’état des gaines des crayons combustibles, en termes de nombre et de taille des défauts. La radioactivité relâchée par un défaut dépendant de nombreux paramètres inconnus a priori (taille, position, thermohydraulique locale, taux de combustion et puissance du crayon...) et les phénomènes physiques de relâchement des produits de fission étant encore imparfaitement compris, les modèles de « prédiction » des défauts à partir de la radioactivité de l’eau du circuit primaire présentent des incertitudes significatives et le nombre et la taille des défauts ne peuvent être déterminés de façon fiable qu’a posteriori, après arrêt du réacteur et déchargement des assemblages.
      Par ailleurs, au-delà du relâchement direct des produits de fission (notamment gazeux) initialement contenus dans les volumes libres du crayon, les conséquences d’une perte d’étanchéité de la première barrière de confinement peuvent être beaucoup plus importantes.

      (p. 824)

    • Dossier de L’Usine nouvelle : le chapeau du dossier

      Pourquoi l’incident nucléaire à l’EPR chinois de Taishan secoue tant EDF - Transition écologique et énergétique
      https://www.usinenouvelle.com/article/pourquoi-l-incident-nucleaire-a-l-epr-chinois-de-taishan-secoue-tant-

      La malédiction de l’EPR atteint la Chine. Lundi 14 juin, EDF et sa filiale Framatome ont révélé une augmentation de la concentration de gaz rares dans le circuit primaire d’un réacteur de la centrale nucléaire de Taishan. Si l’anomalie ne semble pas grave pour l’instant, elle soulève des interrogations sur l’éventuelle responsabilité de Framatome et sur l’équilibre des forces dans le partenariat franco-chinois. L’affaire entache aussi l’image d’un site qui fait office de vitrine pour EDF alors qu’il abrite les deux seuls EPR en service à travers le monde.

    • … premier article du dossier :

      « Ce qui est arrivé à Taishan n’est pas qualifié comme un incident de sûreté », souligne Valérie Faudon (Sfen)
      https://www.usinenouvelle.com/article/epr-de-taishan-la-chine-n-attend-pas-que-l-asn-lui-donne-des-lecons-p

      Déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire (Sfen), Valérie Faudon apporte un éclairage technique sur la situation à l’EPR de Taishan (Chine). L’ingénieure revient également sur les aspects géopolitiques de l’affaire et sur la situation de la filière française de l’atome.
      […]
      D’où vient la concentration de gaz rares constatée par EDF ?
      Dans un réacteur nucléaire, les pastilles d’uranium sont disposées dans des crayons de zirconium, le tout dans des assemblages de combustible. Dans un EPR, il y a 64 000 crayons. Ces crayons sont situés dans la cuve, qui est remplie avec de l’eau pressurisée. D’où le nom de réacteur à eau pressurisée. Cette eau circule dans le circuit primaire et elle est analysée périodiquement. Ils ont constaté dans sa composition chimique une augmentation des gaz rares (xénon, crypton…). Lors de la réaction de fission, la molécule d’uranium se coupe en petits morceaux. C’est cela qui libère de l’énergie. Dans ces petits morceaux, il y a des gaz rares. Normalement, ils restent enfermés dans la gaine du combustible et le combustible est déchargé. En France, on parle d’un arrêt de tranche pour maintenance et rechargement du combustible. Cela arrive tous les 12 à 18 mois. Les combustibles sont retirés, on les laisse refroidir dans une piscine et au bout d’un certain temps ils sont transportés à La Hague (Manche) chez Orano et on les laisse encore refroidir dans des piscines avant de les retraiter.
      Dans ce cas précis, le fait qu’il y ait un peu de gaz rares qui soient passés dans l’eau veut dire qu’un certain nombre de crayons ne sont pas complètement étanches. Le ministère chinois de l’Écologie et de l’Environnement a parlé de cinq crayons sur 64 000. D’habitude, dès que le problème d’étanchéité est constaté, l’exploitant surveille d’autant plus l’eau. Les gaz rares y sont dissous, donc ils ne sont pas à l’état gazeux. L’eau est lavée périodiquement avec un petit circuit de filtrage et on vérifie que la concentration n’atteint pas ce qu’on appelle le « seuil de repli ». Ce seuil est fixé entre l’exploitant et l’autorité de sûreté. C’est un niveau de concentration à partir duquel la tranche va être arrêtée. Si on regarde le rapport de l’inspecteur général d’EDF, il y a eu sept assemblages non étanches en France. [Ce nombre correspond à un taux de défaillance de 0,11 %, un résultat salué comme un « bon niveau » par l’inspecteur, ndlr] Pour l’instant, les autorités chinoises disent que les seuils ne sont pas atteints.

    • … et le non-dit majeur actuellement sur le nucléaire (qui commence à devenir criant) le parc est vieillissant et il n’y a rien dans les tuyaux pour le renouveler. En supposant que la filière EPR finisse par marcher en France (tousse, tousse !…) il deviendrait urgent de lancer le renouvellement.

      Quelle place occupe la France dans cette compétition ?
      Nous n’avons pas vocation à avoir le plus grand parc nucléaire mondial. Notre objectif est de décarboner notre économie et d’assurer notre souveraineté. La sécurité d’approvisionnement électrique redevient un enjeu. Il y a quand même eu en 2020 des coupures d’électricité en Californie (États-Unis) durant l’été. En période de canicule, ils n’arrivaient plus à fournir suffisamment d’électricité pour la climatisation, faute de capacités pilotables suffisantes. Il y a eu le même problème au Texas (États-Unis), cette fois lors d’une vague de froid.

      En France, nous avons vraiment un sujet. Les bilans prévisionnels de RTE montrent que nous allons avoir besoin de beaucoup d’énergies renouvelables mais aussi de renouveler notre socle nucléaire. Si on se rend compte que les autres technologies ne sont pas disponibles, il faudra accélérer la construction du parc nucléaire. La question posée à la filière est : « Êtes-vous en mesure d’accélérer ? » Mais la filière n’a toujours pas la première commande ! [Le gouvernement français étudie un programme de construction six nouveaux EPR mais la décision a été renvoyée au prochain quinquennat qui débutera en 2022, ndlr] Dans la filière de la défense, notamment avec les sous-marins, les industriels ont une visibilité pour vingt ans. Donc ils peuvent s’organiser, maintenir les compétences et leur outil industriel, former des personnes… Une souveraineté industrielle ne se bâtit pas avec du « stop and go ».

    • EPR de Taishan : gaz rares, gaz nobles, gaz radioactifs ou gaz inertes ?
      http://www.fukushima-blog.com/2021/06/epr-de-taishan-gaz-rares-gaz-nobles-gaz-radioactifs-ou-gaz-inertes.h

      L’évènement de la centrale nucléaire de Taishan révélé ce jour par CNN permet de mettre un coup de projecteur sur le rejet de gaz rares dans l’environnement. Tout d’abord, concernant l’industrie atomique, considérez la formulation « gaz inertes » comme étant de la désinformation car les gaz rares issus d’une centrale nucléaire sont tout sauf inertes ! Inerte, cela signifie inactif. Or la radioactivité, c’est de l’activité : les rayons projettent des particules et de l’énergie dans leur environnement.

      Fuite radioactive en Chine : le coup fatal pour le réacteur nucléaire français EPR
      http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article381

      http://www.dissident-media.org/infonucleaire
      GLOSSAIRES des sigles du NUCLEAIRE
      https://www.gazettenucleaire.org/?url=/2017/283.html

    • @simplicissimus Merci pour le complément d’info bien sourcées. Donc effectivement ce qu’il faut retenir c’est qu’ils ont quelques crayons abîmés, et que tu coup du krypton et quelques autres gaz rares parmi les produits de fission se baladent dans le circuit primaire. C’est emmerdant mais ça ne génère pas de rejets extérieurs. Reste à savoir comme je le mentionnais plus haut qui est responsable : Framatome comme fabricant et livreur, ou les chinois comme manutentionnaires et utilisateurs ? Ou encore y a-t-il un souci genre vibration dans la cuve qui provoquerait ce genre de dégât ? (ceci ne sont que pures supputations).

      Je reviens sur l’histoire du renouvellement du parc : si on se place dans la logique nucléariste, effectivement, c’est maintenant qu’il faudrait renouveler le parc. C’est peut-être maintenant aussi qu’il faut repenser globalement l’énergie, tant du point de vue consommation que production (rien n’est plus assommant que l’argument qui veut qu’il faut renouveler à hauteur de la consommation actuelle). Il me semble que les échéances climatiques réclament un débat extrêmement large, sur lequel on s’interroge avant tout sur les baisses de consommation envisageables (en particulier les industries fortement consommatrices).

      Parce que bon, continuer à miser sur une production d’énergie qui : 1) lègue un tas de merde aux générations futures et 2) est certes acceptable tant que les installations fonctionnent bien, a certes un taux d’accident au regard des heures cumulées d’utilisation extrêmement bas, mais est parfaitement innacceptable du fait que quand accident il y a, ça te raye des centaines de km² habitables.

  • France kept classrooms open ’at all costs.’ At a school where 20 pupils lost loved ones, some say the price was too high - CNN
    https://edition.cnn.com/2021/05/04/europe/france-school-deaths-covid-cmd-intl/index.html

    Colleen Brown, who teaches English at Eugene Delacroix to classrooms packed with 30 children, said the restrictions were impossible to implement at the start of the school year. Windows wouldn’t open, she said, some children removed their masks, they lacked cleaning staff and there was hardly any testing for the virus. 
    “France may be exceptional in that they’ve kept the schools open at all costs, but they have not been exceptional in funding the schools so that they can do that safely,” Brown said.
    Despite Brown’s pleas and daily fear of going into the building, she said little was done in terms of protective measures; complaints she and other teachers eventually made to school officials in January fell on deaf ears. 
    CNN contacted the Creteil school board, which oversees Eugene Delacroix, but has not received a response. 
    Education Minister Jean-Michel Blanquer told CNN he acknowledged that the policies put in place were not perfect.

  • New discoveries fundamentally change the picture of human evolution - CNN
    https://edition.cnn.com/2021/03/31/africa/human-evolution-africa-inland-scn/index.html

    (Google Trad)

    On pensait que l’histoire des origines de l’humanité s’était largement déroulée dans une grotte avec vue sur la mer.

    Les premières preuves suggérant que les humains modernes étaient capables d’une pensée symbolique et d’un comportement complexe - l’utilisation de pigments ocres, de peintures et d’objets décoratifs - proviennent de sites côtiers d’Afrique qui remontent à environ 70 000 à 125 000 ans. Ces types d’objets nous donnent un aperçu de l’esprit humain car ils suggèrent une identité partagée.

    Les archéologues avaient supposé que bon nombre des innovations et des compétences qui rendent Homo sapiens unique ont évolué dans des groupes vivant sur la côte avant de se répandre à l’intérieur des terres. Des ressources marines prévisibles comme les mollusques et crustacés et un climat plus indulgent ont peut-être permis à un plus grand nombre d’humains primitifs de ces régions de prospérer. De plus, une alimentation riche en fruits de mer, qui contient des acides gras oméga-3 importants pour la croissance du cerveau, peut également avoir joué un rôle dans l’évolution du cerveau et du comportement humain.

    Cependant, de nouvelles découvertes à 600 kilomètres (environ 370 miles) à l’intérieur des terres dans le sud du désert du Kalahari contredisent ce point de vue, et une nouvelle étude suggère que les premiers humains modernes vivant dans cette région n’étaient pas à la traîne de leurs homologues vivant sur la côte.

    On pense que 22 cristaux de calcite et fragments de coquille d’autruche - trouvés dans le Ga-Mohana Hill North Rockshelter en Afrique du Sud et datés d’il y a environ 105 000 ans - auraient été délibérément collectés et amenés sur le site. Les cristaux n’ont aucune utilité évidente et les chercheurs ont suggéré que les coquilles d’autruche auraient pu être utilisées comme bouteille d’eau.
    "Ils sont vraiment bien formés, blancs et visuellement frappants et beaux. Les cristaux du monde entier sont vraiment importants pour des raisons spirituelles et rituelles à différentes périodes et à différents endroits", a déclaré Jayne Wilkins, paléoarchéologue à l’Australian Research Center for Human. Evolution à l’Université Griffith, Brisbane, Australie, et auteur principal de l’étude publiée mercredi dans la revue Nature.

    « Nous avons vraiment essayé de savoir si les processus naturels pouvaient expliquer comment ils étaient entrés dans les gisements archéologiques, mais il n’y a pas d’explication. Les gens doivent les avoir amenés sur le site.

    Wilkins a déclaré qu’à la lumière de ces découvertes, les idées reliant l’émergence de l’Homo sapiens et les environnements côtiers "devaient être repensées". Elle a suggéré que l’histoire de l’origine des humains était plus complexe, impliquant différents endroits et environnements en Afrique et différents groupes de personnes primitives interagissant les uns avec les autres et contribuant à l’émergence de notre espèce.

    « Auparavant, le Kalahari n’était pas considéré comme une région importante pour comprendre les origines des comportements complexes des Homo sapiens, mais nos travaux le montrent. En fin de compte, cela signifie que les modèles se concentrant sur un seul centre d’origine, comme la côte sud-africaine , sont trop simplistes », a-t-elle déclaré à CNN dans un e-mail.

    Pamela Willoughby, professeure au département d’anthropologie de l’Université de l’Alberta à Edmonton, au Canada, qui n’a pas participé à la recherche, a souscrit à cette évaluation.

    "Les objets qu’ils ont trouvés suggèrent qu’il est temps de revoir la réflexion actuelle sur l’émergence d’innovations culturelles parmi les premières populations humaines", a-t-elle déclaré dans un commentaire publié parallèlement à l’étude.

    Le climat dans le Kalahari il y a 100 000 ans aurait été très différent de celui de l’aride où il se trouve actuellement.

    Les artefacts nouvellement découverts auraient été entre des mains humaines à une époque de pluies accrues. Les chercheurs ont déclaré que la plus grande disponibilité de l’eau aurait pu conduire à une plus grande densité de population, ce qui aurait pu influencer l’origine et la diffusion de comportements innovants.

    Willoughby a déclaré qu’une partie du problème pour démêler l’histoire complexe des origines humaines est que seules quelques régions africaines ont été étudiées en détail.

    Elle a dit que les archives fossiles en Afrique << indiquent maintenant qu’il ne semble pas y avoir de modèle unique de développement technologique et social au fil du temps. Le lancement d’enquêtes et de fouilles dans des zones moins connues aidera à clarifier ce qui a fait nos ancêtres immédiats. vraiment moderne, à la fois biologiquement et culturellement. "

    • Somebody in the Kalahari Had a Crystal Collection 105,000 Years Ago
      https://www.haaretz.com/archaeology/.premium-somebody-in-the-kalahari-had-a-crystal-collection-105-000-years-ag
      (Google Trad)

      Le professeur Israel Hershkovitz, également de l’Université de Tel Aviv, souligne que tous les premiers sites Homo sapiens en Israël où des preuves de comportements complexes ont été découverts ne se trouvent pas sur la côte, ils sont assez loin de là.

      Les exemples incluent un os d’aigle gravé trouvé à Nesher Ramle qui date d’il y a environ 120 000 ans. Des perles ont été trouvées à Skhul il y a 100 000 ans ; l’enterrement à l’ocre a été identifié à Qafzeh à peu près à la même époque ; les coquilles perforées trouvées dans le nord d’Israël qui peuvent avoir été portées comme boucles d’oreilles ou pendentifs peuvent être aussi vieilles que 160 000 ans, et suggèrent indirectement que les premiers humains avaient craqué le concept de « ficelle » ; et il y a bien plus encore, soulignent Barkai et Hershkovitz.

      De plus, il est évident que les hominins et les humains auraient pu utiliser des choses apparemment non utilitaires pour toutes sortes de raisons, note Barkai.

      « Les cristaux ont été liés à des croyances spirituelles et à des rituels pendant de nombreuses périodes à travers le monde, y compris en Afrique australe de l’âge de pierre », écrivent Wilkins et l’équipe. Ainsi, la collection de cristaux dans l’abri sous-roche et les jolies pierres ailleurs auraient pu avoir une certaine utilité sous la forme d’une signification symbolique que nous ne pouvions pas, des centaines de milliers d’années après l’événement, espérer reconnaître.

  • In Hong Kong, this AI reads children’s emotions as they learn
    https://edition.cnn.com/2021/02/16/tech/emotion-recognition-ai-education-spc-intl-hnk/index.html

    Before the pandemic, Ka Tim Chu, teacher and vice principal of Hong Kong’s True Light College, looked at his students’ faces to gauge how they were responding to classwork. Now, with most of his lessons online, technology is helping Chu to read the room. An AI-powered learning platform monitors his students’ emotions as they study at home. The software, 4 Little Trees, was created by Hong Kong-based startup Find Solution AI. While the use of emotion recognition AI in schools and other settings (...)

    #algorithme #CCTV #biométrie #technologisme #émotions #facial #reconnaissance #COVID-19 #enseignement #santé (...)

    ##santé ##surveillance

  • Analysis: TV providers should not escape scrutiny for distributing disinformation - CNN
    https://edition.cnn.com/2021/01/08/media/tv-providers-disinfo-reliable-sources/index.html

    We regularly discuss what the Big Tech companies have done to poison the public conversation by providing large platforms to bad-faith actors who lie, mislead, and promote conspiracy theories. But what about TV companies that provide platforms to networks such as Newsmax, One America News — and, yes, Fox News?
    Somehow, these companies have escaped scrutiny and entirely dodged this conversation. That should not be the case anymore. After Wednesday’s incident of domestic terrorism on Capitol Hill, it is time TV carriers face questions for lending their platforms to dishonest companies that profit off of disinformation and conspiracy theories. After all, it was the very lies that Fox, Newsmax, and OAN spread that helped prime President Trump’s supporters into not believing the truth: that he lost an honest and fair election.
    Yes, Sean Hannity and Tucker Carlson and Mark Levin and others are responsible for the lies they peddle to their audiences. But the TV companies that beam them into millions of homes around the country also bear some responsibility. And yet we rarely, if ever, talk about them.

  • Pompoko
    https://www.nova-cinema.org/prog/2020/176/carnaval-totaal/article/pompoko

    Isao Takahata, 1994, JP, 35mm, VT FR ,119’

    Pour les tanukis, sorte de ratons-laveurs qui aiment faire la fête, pas besoin de trouver des masques et déguisements pour changer d’aspect, ils ont le pouvoir de se métamorphoser à volonté depuis des temps immémoriaux. Mais leurs jours sont comptés, suite à la destruction de leur forêt par les cités de béton des humains. Les clans se réunissent et préparent la lutte, certains imaginent des actions rusées et farfelues, d’autres préfèrent le chemin d’une violence controversée... Malgré tout, la déforestation continue, obligeant les tanukis à organiser la grande parade fantasmagorique, rassemblant des divinités et monstres mythologiques de toutes sortes... Les questions des résistances, compromis et luttes internes pour le pouvoir traversent le film, autant (...)