L’armée française fera voler des drones Parrot

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  • L’armée française fera voler des drones Parrot
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    La Direction générale de l’armement a annoncé, lundi 11 janvier, avoir retenu le fabricant français pour lui fournir pendant cinq ans plusieurs centaines de microdrones.

    Le fabricant français Parrot a été désigné par la Direction générale de l’armement (DGA) pour lui fournir pendant cinq ans des microdrones. Ce contrat-cadre, rendu public lundi 11 janvier, va permettre d’équiper les fantassins des trois armes (marine, air et terre) pour leurs missions d’observation ou de reconnaissance.

    Cette commande, qui « s’entend pour plusieurs centaines de systèmes de drones », selon la marque française, porte sur le modèle Anafi USA ainsi que des équipements complémentaires (radiocommandes, notamment). Selon des spécialistes des marchés militaires, un budget autour de 30 millions d’euros sur cinq ans y aurait été affecté.

    Dérivés du drone grand public Anafi, un modèle d’une vingtaine de centimètres d’envergure une fois déplié, les quadricoptères qui seront livrés pèsent 500 grammes, disposent d’une caméra thermique et peuvent voler jour et nuit pendant trente-deux minutes.

    C’est principalement l’armée de terre qui sera la principale utilisatrice de ces appareils qui embarquent un puissant zoom afin de détecter des cibles de taille humaine jusqu’à 2 km de distance avec une précision de 13 cm. Leurs hélices et leur moteur électrique, conçus pour être particulièrement silencieux, les rendent inaudibles à 130 mètres de distance.

    La société parisienne, qui traverse des difficultés importantes depuis deux ans, fournit déjà l’armée suisse et des unités de garde-côtes américaines ou japonaises mais admet que ce type de contrat ne peut devenir une planche de salut.Retour ligne automatique
    Visibilité dans la cybersécurité

    Satisfait et soulagé d’avoir remporté l’appel d’offres de la DGA, Henri Seydoux, président et fondateur du groupe, rappelle cependant que « les marchés publics ne représentent pas l’axe principal » du développement de Parrot : « Nous misons essentiellement sur les secteurs de la surveillance (l’équipement des pompiers, notamment), de l’inspection des infrastructures d’énergie et de communications ainsi que le secteur du bâtiment. »

    Ce contrat pourrait néanmoins faire date. Outre qu’il contribue à donner de la visibilité à la stratégie de l’entreprise – elle a été engagée après le crash du marché des drones de loisir –, il met en évidence sa volonté de se poser comme un fournisseur fiable dans le domaine de la cybersécurité et, surtout, comme une alternative aux produits chinois, hégémoniques dans le secteur.

    Bien que l’Anafi livré aux armées françaises soit fabriqué aux Etats-Unis pour des motifs d’accès au marché local – Parrot espère gagner des appels d’offres sur le continent –, cet appareil a été entièrement développé en France. En outre, insiste le fabricant, « le drone et son application de pilotage fonctionnent sans nécessiter d’accès à Internet », et toutes les données recueillies en vol « sont entièrement placées sous la maîtrise de l’utilisateur, les données étant stockées sur des serveurs sécurisés en Europe ».

    Ce positionnement fait écho aux controverses apparues autour de DJI, le numéro un mondial chinois, blacklisté par les autorités fédérales américaines. Celles-ci le soupçonnent d’entretenir des liens trop étroits avec le régime de Pékin et de laisser fuiter des données sensibles à l’insu des clients étrangers, ce que réfute DJI. Parrot redoute aussi de voir son concurrent asiatique – néanmoins absent de l’appel d’offres lancé par la DGA – venir le concurrencer en France.

    Partie serrée

    En avril 2020, l’appel d’offres lancé par le ministère de l’intérieur pour 650 drones destinés à la gendarmerie, à la police et à la protection civile avait suscité une polémique. La tranche principale – de 1,8 million d’euros, portant sur 565 « drones du quotidien », destinés, entre autres, à des opérations de maintien de l’ordre – avait fait réagir les industriels français, dont Parrot. Ils avaient critiqué un cahier des charges qu’ils jugeaient trop proche du profil technique des quadricoptères chinois et insuffisamment exigeant sur les questions de cybersécurité.

    Aux prises avec une forte dégradation de son activité, aggravée par la situation sanitaire, qui s’est soldée par une perte de 22 millions d’euros au premier semestre 2020 et l’a conduit à réduire ses effectifs, Parrot est passée en 2019 sous le contrôle intégral d’Henri Seydoux au terme d’une offre publique d’achat (OPA). Ce dernier se dit conscient de jouer une partie serrée sur une période qui ne pourra s’éterniser. « Parrot est redevenu une start-up et nous consacrons tous nos fonds propres au développement de nouvelles activités », assure-t-il.

    Jean-Michel Normand

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