Ah, l’ami Finkielkraut se surpasse, là :

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  • Bourgeoisie et violence sexuelle : « La familia grande », Camille Kouchner
    https://www.frustrationmagazine.fr/familia-grande

    Nous avons lu le livre de Camille Kouchner, victime collatérale de l’inceste de son frère, et ce qu’elle décrit ressemble bien au système de justification et d’impunité propre à une classe sociale. Et si l’inceste survient effectivement dans toutes les familles et tous les milieux sociaux, la bourgeoisie compte en son sein un grand nombre d’hommes dont le prestige, l’arrogance et le pouvoir leur donnent légitimité et protection pour agir de la sorte .

    La liberté est la valeur suprême de la « Familia Grande ». L’été, chacun fait ce qu’il veut, le soir chacun se démerde, on ne « s’emmerde » pas avec les conventions sociales. Le livre ne précise pas si cette maxime s’applique également au personnel de maison, nounous, chauffeurs et cuisinières. Toujours est-il que cette valeur est portée très haut, en particulier en matière de sexualité. Camille Kouchner raconte la détestation revendiquée des normes traditionnelles en matière de fidélité dans le couple et la moquerie envers les témoignages de pudeur. Olivier Duhamel se baigne ainsi nu dans la piscine familiale et incite ses enfants à faire de même.

    Rouler un patin à une enfant de 12 ans ne semble pas non plus poser problème à cette clique de joyeux bourgeois « de gauche ». Chacun s’accommode, dans ces années 80 où tous trahissent leurs idéaux en politique, de rester fidèle à un « esprit soixante-huitard » allégrement dévoyé.

    L’inceste est raconté dans la deuxième moitié du livre. Suite au décès de la mère de son épouse, qui la plonge dans une violente dépression, Olivier Duhamel se rend chaque soir dans la chambre de son fils cadet et a des relations sexuelles avec lui. La suite a été documentée par la presse ces dernières semaines : ces actes prédocriminels restent un secret entre le frère et la sœur pendant des années. C’est lorsque la fratrie voit arriver dans sa vie ses propres enfants que la parole se libère, pour protéger ces enfants nés dans les années 2000, de leur grand-père.

    Avertie, Evelyne Pisier défend son mari. Tout y passe. Après tout, « il n’y a pas eu sodomie, seulement des fellations”. Ou encore l’idée selon laquelle il y aurait eu une authentique complicité sexuelle voire sentimentale entre ce très jeune adolescent et son beau-père quadragénaire au moment des faits.

    Le livre de Camille Kouchner ne met pas simplement le doigt sur le silence des familles, fait relativement universel. Mais sur un libertarisme bourgeois conduisant à effacer toute l’inégalité fondamentale qui structure la relation enfant-adulte et plus encore enfant-parent...

    • Il est pourtant difficile, à la lecture du livre de Camille Kouchner et en ayant connaissance des affaires qui l’ont précédé (l’affaire DSK, l’affaire Polanski, l’affaire Matzneff), de ne pas lier tolérance, impunité et passage à l’acte en matière de violence sexuelle à l’idéologie bourgeoise. S’il est vrai que l’inceste et les violences sexuelles en général se produisent partout, le crime raconté par Camille Kouchner a bien une dimension sociale. Son livre décrit bien un rapport aux enfants cruel parce qu’insensible à l’enfance. Ses protagonistes sont des gens qui ont adhéré et adhèrent encore certainement à cette quête égoïste de liberté ultime, une liberté individuelle qui se fout de celle des autres, et pour qui la notion de consentement semble totalement inconnue. Leur indifférence à la condition dominée des enfants est la même que celle que beaucoup cultivent à l’égard de celle des femmes.

      Ajoutons que le point commun de ces affaires de violence sexuelle bourgeoise c’est que leurs auteurs sont toujours protégés par leur statut. DSK le grand homme politique, qui n’a commis qu’un « troussage de domestique », Roman Polanski le grand réalisateur – il « n’est pas le violeur de l’Essonne » disait Finkielkraut, révélant l’imaginaire bourgeois de la violence sexuelle forcément provinciale et prolétaire. Gabriel Matzneff, le grand écrivain. Olivier Duhamel, l’homme de réseau, président de la Fondation nationale des sciences politiques, c’est-à-dire de l’école où vont toute une partie des jeunes bourgeois. Leur impunité découle de leur statut, qui donnerait de nobles raisons à leur crime, et qui justifierait de petites entorses à la loi. “Séparer l’homme de l’artiste” comme ils aiment dire, ne fonctionne pas avec des professions moins nobles. Comme disait l’humoriste Blanche Gardin, personne ne dirait d’un boulanger violeur, “il faut séparer l’homme du boulanger”.

      Ces crimes sont d’autant plus insupportables que leurs auteurs sont des hommes qui revendiquent une supériorité morale et intellectuelle sur le reste du monde. Il serait temps d’admettre – sans nier la présence de violences sexuelles dans tous les milieux sociaux – qu’il y a des traits spécifiques à celles qui émanent des bourgeois. Eux-mêmes le savent, certainement. Olivier Duhamel a été défendu sur LCI par Alain Finkielkraut, avec les mêmes arguments que pour Polanski (« un adolescent, ce n’est pas la même chose qu’un enfant » a dit ce grand « philosophe »). Et il a choisi pour sa défense la même avocate que Dominique Strauss-Kahn…

      https://seenthis.net/messages/895745#message896325

      L’avancée des mentalités, dans le contexte d’une résistance acharnée des privilèges du patriarcat qu’incarne Finkielkraut, est dûe à la lutte inlassable de tous les acteurs, militants, témoins, chercheurs, politiques, juristes, journalistes… Constater que leur combat n’a pas été vain est rendre hommage à leur courage et à leur opiniâtreté.

    • Il est nul ce texte, opportuniste et sans aucune considération pour son sujet en particulier pour les victimes d’inceste et de violences sexuelles. Comme si l’inceste dans les milieux populaire était un grand respect des enfants et comme si les agresseurs de toutes les classes ne bénéficiaient pas des correctionnalisations et de la bienveillance du systéme policier, judiciaire, du voisinage et protection des familles. Ce texte est en plus fort mal renseigné car il évoque le personnel qui travaillait pour la familla grande sans savoir qu’au moins une jeune femme à été renvoyé après avoir essayé de porté plainte pour tentative de viol. M’étonnerait qu’ils aient oublié de mentionné ceci si iles en avaient eu connaissance.
      ca sent le #mansplanning à chaque ligne.

    • Son livre décrit bien un rapport aux enfants cruel parce qu’insensible à l’enfance. Ses protagonistes sont des gens qui ont adhéré et adhèrent encore certainement à cette quête égoïste de liberté ultime, une liberté individuelle qui se fout de celle des autres, et pour qui la notion de consentement semble totalement inconnue. Leur indifférence à la condition dominée des enfants est la même que celle que beaucoup cultivent à l’égard de celle des femmes.