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  • Législatives 2024 : face à la possibilité d’un gouvernement RN, la haute fonction publique « au pied du mur » – Libération
    https://www.liberation.fr/societe/police-justice/legislatives-2024-face-au-rn-la-haute-fonction-publique-au-pied-du-mur-20
    https://www.liberation.fr/resizer/alkUvA0IR0wbdPZ96zxciJpgsVk=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/7MFQKEJL7BDRNI34UOQZ7QGQXY.jpg

    « Je suis en fin de carrière. Il me reste un ou deux postes, mais est-ce que j’assumerai d’être nommé Procureur général par un Eric Ciotti rallié au RN devenu ministre de la Justice de Bardella Premier ministre ? Ou je demande à être déchargé de mes fonctions et je deviens avocat général auprès d’une cour d’appel ? Ou encore je reste à mon poste pour défendre l’Etat de droit, et prends la responsabilité de ne pas appliquer les circulaires si je les juge contraire à mes convictions ? On n’imaginait pas qu’on se poserait ces questions si vite, que ce soit sur le plan éthique ou personnel, en termes de carrière. On est tous au pied du mur. »Cette interrogation angoissée émane d’un procureur de la République ayant tenu à garder l’anonymat. Elle est largement partagée parmi la dizaine de hauts fonctionnaires interrogés par Libération. Avec cette question : que feriez-vous si le Rassemblement national arrive au pouvoir, non dans trois ans, mais dans trois semaines, le 7 juillet ?

  • Les hommes de la rue du Bac : des faits glaçants et un récit à visage découvert – Libération
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/editorial/les-hommes-de-la-rue-du-bac-des-faits-glacants-et-un-recit-a-visage-decou
    https://www.liberation.fr/resizer/uKbwj-6JSGX5Iy4XG_6F-ZEkwc0=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70):focal(1498x1488:1508x1498)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/GHHGOAJDJZGNNGZVG22Z77BBQ4.jpg

    Mais cette histoire a aussi un lieu, le triangle du VIIe arrondissement de Paris où le pouvoir politique, culturel et médiatique régnait dans une totale impunité. « Jusqu’au dernier moment, j’ai pensé ne pas y arriver », nous dit Inès Chatin de son audition, qui fait aujourd’hui partie d’un dossier judiciaire de centaines de pages documentant l’univers pédocriminel de la rue du Bac, dans un somptueux appartement acheté à la famille d’Ormesson par le docteur Jean-François Lemaire, l’homme qui livra entre autres ses enfants adoptifs, dans des séances sordides dont la mise en scène cauchemardesque n’a d’égal que l’infâme sadisme, à l’écrivain Gabriel Matzneff et ses amis. « Si l’adolescent sait qu’il se soumet à des règles condamnées par la société mais qui apportent finalement une certaine jouissance, euh pourquoi pas ? » expliquera froidement le docteur Lemaire à sa fille adoptive, que Matzneff surnommait « ma petite chose exotique ». Eu égard à l’extrême violence des scènes rapportées par Inès Chatin, il a été convenu, avec elle et ses avocats, de ne pas en rapporter certaines à la première personne du singulier. Libération publiera donc dans les jours à venir son récit, et s’appuiera sur le dossier judiciaire, pour raconter ces faits glaçants qui témoignent de la cruauté de ces hommes de pouvoir, et du courage de la femme qui leur a survécu. Et qui parle aujourd’hui.

    #viols_collectifs #pédocriminalité #matzneff #mephitis #germanopratins

    #Jean-François_Lemaire
    #Claude_Imbert
    #Jean-François_Revel
    #académie_française
    #le_point

    • Les hommes de la rue du Bac (1/6) : comment une « bande » pédocriminelle a sévi pendant des années au cœur de Paris
      https://www.liberation.fr/societe/police-justice/les-hommes-de-la-rue-du-bac-16-comment-une-bande-pedocriminelle-a-sevi-pe

      Avertissement
      Cet article fait état de récits de violences sexuelles sur des enfants.

      [...] A minima, tous ces hommes partageaient, selon elle, « une communauté de pensée », fondée sur de pseudo-références gréco-romaines, et prônant l’émancipation sexuelle des enfants par l’adulte. Gabriel Matzneff expose ainsi leur doctrine dans les Passions schismatiques, paru en 1977, et rédigé dans son plus pur style provocateur : « Je crois à la fonction socratique de l’adulte. Les anciens Grecs appelaient l’intelligence hegemonikon, qui signifie le guide. Tel Kim, dans le roman de Kipling, chaque adolescent a besoin de rencontrer un aîné qui soit un éducateur, un guide. Aux mères qui agitent hystériquement contre moi l’épouvantail de la police et de la prison, je rétorque toujours, sans me démonter, que pour avoir initié leur progéniture à une sphère infiniment supérieure au marécage familial, et cela dans tous les ordres, on devrait non me punir, mais me décorer. »

      [...] Il existe au moins une autre victime identifiée de ces hommes : le grand frère d’Inès Chatin, lui aussi adopté via l’organisme la Famille adoptive française (FAF).

      (...) « Quand on était petits, la conséquence de la parole, c’était les coups, pas sur nous mais sur [leur mère]. Si on faisait quelque chose de travers, quoi que ce soit, une mauvaise note à l’école, il y avait des coups sur elle », explique Inès Chatin. Cette dernière s’est donc entraînée à se taire et à rester impassible en toutes circonstances. Pour cela, elle a même inventé une expression : « Pleurer à l’intérieur. »

      https://justpaste.it/7bxta

      #François_Gibault

  • Après son licenciement, un ingénieur accuse #Meta d’avoir un « parti pris anti-Palestinien » dans la modération de ses réseaux sociaux – Libération
    https://www.liberation.fr/economie/economie-numerique/un-ingenieur-vire-accuse-meta-davoir-un-parti-pris-anti-palestinien-dans-
    https://www.liberation.fr/resizer/Ft8mULuAETAHpH6iexX16m5v7Ic=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70):focal(498x300:508x310)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/I56FGQA5YZE2XHBQ4OHJPKXYPA.jpg

    Depuis quelque temps, le contenu posté par Motaz Azaiza disparaît mystérieusement sur Instagram. Sur le réseau, le photojournaliste palestinien est suivi par plus de 18 millions de personnes, qui, depuis le début de la guerre à #Gaza, suivent la situation sur place à travers le regard et l’objectif du professionnel. Ou du moins suivaient. Car, avec les caprices algorithmiques de la plateforme, difficile pour le photographe de partager son travail. Ferras Hamad tombe sur le problème à plus de 7 000 km de là, dans les locaux californiens de la maison mère du réseau social, Meta. L’ingénieur, chargé d’examiner les filtres de contenu #Instagram liés aux guerres à Gaza et en Ukraine, enquête. Et découvre que les publications de #Motaz_Azaiza sont incorrectement classées comme « #pornographiques », d’où leur retrait.

    Consciencieux, il fait part de sa découverte à l’entreprise. Et est viré quelques semaines plus tard.

    La justification que lui aurait fournie la société ? Ferras Hamad a enfreint une politique interne interdisant aux employés de travailler sur des problèmes relatifs à des comptes de proches. Problème : l’ingénieur assure n’avoir jamais rencontré Motaz Azaiza de sa vie. Le Palestino-Américain de confession musulmane est né et a grandi aux Etats-Unis. Il n’a d’ailleurs, assure-t-il, jamais mis les pieds à Gaza. Depuis, l’ancien employé monte au créneau. Mardi 4 juin, il a déposé plainte contre la multinationale en l’accusant de discrimination et de faire preuve d’un « parti pris anti-palestinien chronique et systématique ». Et dans sa demande de procès, l’homme, salarié de Meta depuis 2021, partage une longue liste d’accusations.

    Le géant de la tech aurait supprimé les publications de ses employés évoquant la mort de proches à Gaza. Il aurait fait disparaître toutes les mentions à la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien. Y compris dans des groupes internes à son organisation. Il aurait retiré la photo d’une basket Nike Air Jordan « parce qu’elle avait un certain arrangement de couleurs (rouge, vert et blanc : vraisemblablement parce que cela a été associé à un soutien pro-palestinien) », précise la plainte. Ferras Hamad dénonce aussi des enquêtes ouvertes sur l’utilisation de l’émoji du drapeau palestinien, mais pas sur celui d’Israël ou de l’Ukraine. Ou encore la suppression d’une lettre interne rédigée par des employés inquiets quant à la modération des réseaux lorsqu’il s’agissait du peuple de Gaza. Ou plus généralement d’Arabes et de musulmans.

    « Que cache Meta ? »

    Les accusations de l’ingénieur sont loin d’être les premières à viser Meta depuis le début de la guerre. Dans un rapport paru en décembre 2023, l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch taclait le géant des réseaux sociaux pour sa « censure systématique et mondiale » de contenus sur la #Palestine. D’après elle, ne serait-ce que d’octobre à novembre, 1 050 publications publiées par des Palestiniens et leurs partisans ont été évincées. Alors que 1 049 d’entre elles « concernaient des contenus pacifiques » , précise le rapport.

    Aussi, l’ancien candidat à la présidentielle Bernie Sanders ainsi que la sénatrice démocrate Elizabeth Warren exigent de Meta des explications quant à cette éventuelle #censure disproportionnée. Auparavant, rapporte The #Intercept à partir d’une lettre rédigée par la société elle-même, Meta avait admis « avoir supprimé ou marqué comme dérangeant plus de 2 200 000 éléments de contenu en hébreu et en arabe pour violation de nos politiques » dans les neuf jours ayant suivi l’attaque du Hamas, le 7 octobre. L’entreprise a refusé de préciser la part représentée par chaque langue dans ces suppressions. « Si […] la suppression de millions de messages ne discriminait pas les contenus liés aux Palestiniens, alors que cache Meta ? » s’agaçait en mai Elizabeth Warren auprès du magazine d’investigation.

    Contacté par Libération, Meta n’a pour l’heure pas encore pu donner suite à nos demandes.

    […]

  • Cory Doctorow : « Facebook, Instagram, X… plus personne n’aime ces plateformes ! » – Libération
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/cory-doctorow-facebook-instagram-x-plus-personne-naime-ces-plateformes-20
    https://www.liberation.fr/resizer/5txWE0Jd5BVIlcGaeobbaCIFoaE=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70):focal(1686x1307:1696x1317)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/JHYQQXJJVRHFBNIYEVA5RRUPJI.jpg

    Les Gafam dominent l’univers numérique parce qu’ils ont pu se constituer en monopoles qui retiennent les utilisateurs captifs, souligne le journaliste canadien. Pour les briser, il faut donner aux gens les moyens de quitter ces plateformes sans renoncer aux services qu’elles fournissent.

    « Si on continue d’utiliser [les entreprises de la tech], c’est parce qu’elles ont tout fait pour nous empêcher de les quitter. » (Fräneck/Libération)
    par Nicolas Celnik
    publié le 22 septembre 2023 à 12h52

    Nos vies sont gouvernées par une poignée de brillants entrepreneurs à la tête de géants du numérique. En tout cas, c’est ce que ces derniers aimeraient nous faire croire. En refermant The Internet Con (Verso, 2023), du journaliste spécialisé dans la tech et écrivain de science-fiction Cory Doctorow, on se demande plutôt : « Et si tous les petits génies de la Silicon Valley n’étaient, en fait, qu’un ramassis de perdants pas franchement originaux ? ». Depuis que Google – actuellement en procès pour sa suprématie sur la recherche en ligne – a lancé son moteur de recherche il y a trente ans, ses créateurs n’ont fait qu’enchaîner les échecs – et ont acheté tous les services qui font aujourd’hui leur fortune.

    Si l’entreprise est un géant, c’est surtout parce qu’elle a triché, enfreint les lois, et bénéficié d’une réglementation favorable à la constitution de monopoles, qui lui a permis de multiplier les fusions-acquisitions pour éliminer ses concurrents. Cette hégémonie permet aux Gafam de fournir un service de moins en moins bonne qualité – Doctorow parle de « merdification » (« shitification »), et on comprend sans mal ce qu’il vise. Pour briser ces monopoles, Doctorow propose de rendre obligatoire l’interopérabilité entre plateformes, qui permettrait d’utiliser leurs services sans subir leurs conditions, et donc de les déserter.

    Vous critiquez dans votre livre la « merdification » de Facebook. X (anciennement Twitter) est-il en train de suivre la même pente, depuis son rachat par Elon Musk ?

    La plupart des choses que je n’aimais pas à propos de Facebook sont en train d’être reproduites sur Twitter. Quand je parle de « merdification », je cible le fait que les plateformes maltraitent leurs utilisateurs. C’est ce qu’il se passe quand une plateforme tient ses deux groupes d’utilisateurs captifs : d’un côté, ses « clients », qui sont les annonceurs publicitaires, dépendent de Facebook pour diffuser leurs publicités ; de l’autre, les clients de ces clients, c’est-à-dire les utilisateurs, dépendent de Facebook pour rester en contact avec leurs amis.

    On le voit avec Facebook, Instagram ou Twitter : ça a été des plateformes agréables pour les utilisateurs, on y voyait l’activité de nos amis ou des choses intéressantes, puis l’algorithme a changé, et tout le contenu qui nous était proposé est devenu des pubs, ce qui a fait la joie des annonceurs, puis la rémunération pour les pubs a chuté, et on s’est rendu compte que presque 100 % des annonces sont vues… par des robots. Résultat : plus personne n’aime ces plateformes.

    Pensez-vous que le traitement médiatique des frasques d’Elon Musk est pertinent ?

    Il y a beaucoup de spéculations pour savoir si ce que fait Elon Musk à Twitter est un projet idéologique, s’il cherche à gagner de l’argent, ou s’il fait tout bonnement n’importe quoi. Mais je me méfie de toute tentative de kremlinologie avec lui : j’ai l’impression qu’il est très chaotique, qu’il ne fait pas ce qu’il dit et qu’il ne sait pas ce qu’il fait. Je pense qu’il a annoncé qu’il voulait acheter Twitter à moitié pour faire une blague et à moitié pour faire paniquer les marchés, puis qu’il n’avait plus trop le choix, et la bande d’idiots qui l’entoure lui a dit que ce serait une super idée, alors, il l’a fait !

    C’est un bon argument pour demander moins de concentrations des pouvoirs : loin de l’idée que les entreprises qui réussissent sont celles qui ont le plus de talents ou sont les plus innovantes, c’est une preuve de plus qu’elles réussissent simplement parce qu’elles ont réussi à verrouiller le marché pour éliminer la concurrence.

    Prenez Google : il y a trente ans, ses fondateurs ont eu un éclair de génie et ont créé un super moteur de recherche. Depuis, plus rien. Tous les autres projets qu’ils ont montés depuis trente ans ont été des échecs : un service vidéo (Google Vidéos), un réseau social (Google +), un lecteur de flux RSS… A chaque fois, ils se sont plantés. Alors, ils ont acheté un service vidéo (YouTube), un système de management de serveur, des outils de cartographie (Google Maps), de traitement de texte collaboratif (Google Docs), etc.

    Pratiquement, tout ce qui fait leur fortune aujourd’hui, ce n’est pas eux qui l’ont fait. Mais s’ils ont pu bâtir un tel empire, c’est parce que Google dépense près de 20 milliards de dollars chaque année pour être le moteur de recherche par défaut des appareils Apple, Samsung, etc.

    Le problème des géants du Web, ce sont donc, précisément, que ce sont des géants ?

    Malgré tous les défauts de Facebook, il faut bien reconnaître une chose : il y a beaucoup de petites entreprises qui font des choses bien pires. Spiral Toys fabriquait des peluches dotées d’un micro, et a hébergé des enregistrements de conversations d’enfants, parfois très intimes, sur un site accessible par tous. Mais est-ce qu’il vaut mieux faire la pire des crasses à 10 000 personnes, ou des choses un peu moins pires (enfreindre le RGPD, voler et revendre les données personnelles, s’implanter en Irlande pour ne pas payer d’impôts, etc.) à trois milliards de personnes ? L’un des problèmes aujourd’hui n’est pas que les géants du Web ne sont soumis à aucune régulation, c’est qu’on n’a pas la capacité de déployer et de faire respecter ces régulations.

    Si Google ou Facebook ne sont pas des entreprises si innovantes qu’elles le disent, comment expliquez-vous qu’elles aient réuni une telle puissance ?

    Les entreprises du Web se sont constituées en monopoles incontrôlables pour trois raisons. D’abord, il y a, depuis l’époque Reagan (1981-1989), un affaiblissement des lois anti-monopoles, ce qui a permis aux entreprises de multiplier les fusions-acquisitions, d’écarter tous les concurrents potentiels, et de devenir hégémoniques.

    Ensuite, les entreprises de la tech bénéficient d’une plus grande flexibilité pour adapter leurs produits, ce qui leur permet de tirer profit de leur activité de surveillance, mais aussi de s’adapter aux nouvelles réglementations.

    Enfin, elles ont réussi à verrouiller le marché de sorte que tout ce qu’on essaie pour renverser leur pouvoir soit illégal : prenez l’exemple de OG App, qui proposait aux utilisateurs de faire défiler leur fil Instagram par ordre chronologique et sans publicité – Instagram les a attaqués en justice et a fait disparaître l’application. La combinaison de ces trois facteurs est ce qui rend les géants du numérique si problématiques aujourd’hui.

    Vous dites qu’on ne peut pas « réparer les géants du Web ». Pourquoi ?

    Faisons une analogie. Avant l’arrivée des colons, les Indiens de Californie faisaient régulièrement des feux de forêt contrôlés – ils préparaient des corridors, nettoyaient du bois mort, etc. Quand les colons sont arrivés, ils ont décidé qu’il n’y aurait plus aucun incendie en Californie, ils ont donc arrêté la pratique, puis ils ont urbanisé des zones à risque d’incendie. Résultat : la région est régulièrement décimée par des feux incontrôlables. On a dépensé toute notre énergie à rendre la Californie sûre, et cela complique l’exode de populations qui doivent aujourd’hui fuir ces zones qui risquent la destruction.

    Dire à Facebook ou à Twitter : « Vous devez modérer les contenus haineux de vos utilisateurs », cela revient à dire « il n’y aura plus de feux ici ». Et c’est la meilleure manière de se retrouver face à des feux incontrôlables. Il faut plutôt construire des issues de secours à ces plateformes numériques.

    Ces issues de secours prennent, pour vous, la forme de l’interopérabilité. De quoi s’agit-il, et pourquoi cela vous semble-t-il la bonne solution ?

    Si on continue de les utiliser, c’est parce qu’elles ont tout fait, depuis leur création, pour nous empêcher de les quitter : elles augmentent les « coûts à la sortie ». Si vous quittez Facebook, vous avez toutes les chances de ne pas être invité la prochaine fois que vos amis organisent leur anniversaire. Vous n’allez pas sur Facebook parce que vous aimez Facebook : vous y allez parce que vos amis y sont aussi. Si vous pouviez continuer à échanger avec eux grâce à une autre application, peut-être que vous le feriez. Or des mémos internes montrent que les géants du Web le savent, et qu’ils font tout pour qu’il soit impossible d’utiliser ces alternatives.

    L’interopérabilité signifie ici que vous pouvez utiliser un système différent pour accéder à un même registre : par exemple, que vous pouvez échanger des messages avec vos amis qui utilisent l’application Facebook, depuis une autre application de votre choix. Si on forçait les plateformes à accepter l’interopérabilité, cela pourrait donner naissance à une myriade d’applications qui proposeraient des modèles alternatifs, moins centrés sur la surveillance ou l’économie de l’attention. La preuve que ce phénomène se produirait, c’est qu’il s’est déjà produit (pensons une fois encore à OG App) – mais que c’est la Cour suprême des Etats-Unis qui l’a rendu illégal, à la demande d’Instagram !

    En définitive, qui a le pouvoir pour renverser les géants du Web ? Les citoyens, les consommateurs, les législateurs ?

    Le mot « citoyen » me semble très important ici. On se demande souvent : « Que peuvent faire les consommateurs ? ». Mais en tant que consommateurs, nous ne pouvons pas faire grand-chose. Ce n’est pas un problème qui se règle à l’échelle individuelle, mais systémique : c’est un enjeu qui doit être saisi en tant que communauté de citoyens, qui ont le droit de participer à l’élaboration des règles qui dictent la manière dont ils vivent. Obtenir l’interopérabilité et briser les monopoles se fera donc de la même manière que pour tous les autres conflits sociaux : par le vote, par les manifestations, par la politisation et par la législation – c’est le principe de la démocratie.

    #Cory_Doctorow #Emmerdification #Interview

  • Émeutes en Nouvelle-Calédonie : « Si on n’approvisionne plus, des gens vont être en grande difficulté et certains vont mourir » - ladepeche.fr
    https://www.ladepeche.fr/2024/05/16/emeutes-en-nouvelle-caledonie-si-on-napprovisionne-plus-des-gens-vont-etre

    La situation sur l’archipel de la Nouvelle-Calédonie est très délicate. Les grandes surfaces sont difficilement alimentées, certaines ont brûlé, d’autres ont été pillées, faisant craindre une pénurie à la population. L’approvisionnement en médicament et la continuité des soins sont également perturbés par les émeutes, les professionnels de la santé tirent la sonnette d’alarme.

    Faudrait en parler aux gens de Gaza. Peut-être que d’un seul coup, on (les commentateurs autorisés de nos grands organes de presse) se rendrait compte de ce qu’ils vivent dans les grandes surfaces gazaouis.

  • Le symbole des mains rouges est cité dans les deux articles de Le Monde aujourd’hui comme signe explicite de l’antisémitisme des manifestants qui dénoncent le génocide à Gaza.

    Dans l’entretien avec Bertrand Badie, qui relativise
    Mobilisation propalestinienne à Sciences Po : « Tout cela peut prendre feu s’il n’y a aucune attitude de dialogue », selon le politiste Bertrand Badie
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/05/04/mobilisation-propalestinienne-a-sciences-po-tout-cela-peut-prendre-feu-s-il-

    En recourant au symbole des « mains rouges », qui rappelle le lynchage de deux réservistes israéliens en Cisjordanie en 2000, sans savoir à quoi il pouvait renvoyer ou en estimant qu’il avait un usage universel, ces étudiants font-ils preuve d’une méconnaissance condamnable ?
    Je ne connais pas l’âme profonde de chacun. Si j’avais trouvé la moindre trace d’antisémitisme lors de mes échanges avec les étudiants du comité Palestine, ils m’auraient entendu et j’aurais quitté l’amphithéâtre. Cela aurait gâché ce qu’il peut y avoir de noble dans leur mobilisation. Il est dangereux de faire des procès d’intention à ces étudiants car, dans le domaine de la politique internationale comme en politique de façon plus générale, tout est subjectif, tout dépend de la manière dont chacun vit les événements et retranscrit sa réaction : je suis convaincu que cette retranscription n’avait aucune visée malveillante. Qui peut se permettre de s’ériger en étalon de ce que doit être un jeune de 20 ans ?

    Ainsi que dans la couverture de l’initiative de dialogue organisée à la Sorbonne par l’UEJF

    Pour Daphné Hubelé, étudiante en arts, « le dialogue est plus que nécessaire quand on voit dans les mobilisations des appels à une “troisième Intifada” [« soulèvement », en arabe] et des manifestants qui arborent des “mains rouges” ». « Il est possible qu’il y ait eu de l’ignorance [au sujet de ce symbole du massacre de deux soldats israéliens, le 12 octobre 2000], mais maintenant que les choses sont dites, ils devraient dénoncer ce symbole », insiste Samuel Lejoyeux [ce dernier est le président de l’UEJF].

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/05/03/mobilisation-etudiante-propalestinienne-une-nouvelle-evacuation-de-sciences-

    Pour le contexte, cf. cet article de Libération où les étudiants de Sciences Po qui avaient effectivement peint leurs mains en rouge expliquent qu’ils ne connaissaient pas la signification de ce symbole, utilisé par ailleurs par des mouvements écologistes comme Extinction Rebellion
    CheckNews
    Pourquoi le symbole des mains rouges, utilisé par des étudiants de Sciences-Po Paris en soutien à la Palestine, fait polémique ?
    https://www.liberation.fr/checknews/pourquoi-le-symbole-des-mains-rouges-utilise-par-des-etudiants-de-science

    De son côté, Hubert Launois, membre du Comité Palestine et étudiant de Sciences-Po, a tenté de se défendre sur le plateau de BFM TV, en fin de journée, face à la députée Renaissance des Hauts-de-Seine Maud Bregeon qui a dénoncé des étudiants au « positionnement douteux », arborant « des slogans et des symboles qui flirtaient avec l’antisionisme et l’antisémitisme ». Réponse de l’étudiant, à propos des mains rouges : « C’est un symbole qui peut être choquant, qui est controversé, ça fait référence à des événements tragiques, effectivement, si ça fait référence à cet événement, alors c’est une dérive antisémite qu’il faut commettre… » Avant de se corriger précipitamment : « Qu’il faut combattre, pardon. »

    Auprès de CheckNews ce dimanche, il précise sa pensée : « Le symbole des mains rouges, c’est un symbole commun pour dénoncer le fait que quelqu’un, ou qu’une institution, a du sang sur les mains. Il signifie qu’on dénonce une complicité de crimes, un laisser-faire, et c’était tout notre propos. Ce symbole est largement utilisé dans les manifestations occidentales, notamment par des militants écolos, ou même à l’ONU, par des diplomates. » Il est vrai qu’on retrouve souvent ce geste lors d’actions pour le climat. Par exemple, il était repris par les Amis de la Terre pour alerter sur la sortie du rapport du Giec, en février 2022. Les mains rouges sont aussi utilisées par des militants du mouvement Black Lives Matter, la même année. Ou encore, dès la période 1998-1999, soit avant le lynchage de Ramallah, par les anti-Pinochet au Chili.

    Icham, lui aussi membre du Comité Palestine de Sciences-Po, explique que « plusieurs membres du comité ont milité dans le collectif contre l’inaction climatique Extinction Rebellion, d’où la reprise de ce mode d’action ». Il ajoute auprès de CheckNews que « le 23 avril 2024, les familles des Israéliens otages ont également utilisé ce symbole ». De fait, on retrouve des images de familles d’otages, allongés au sol à Tel-Aviv, les mains peintes en rouge dressées en l’air afin de marquer les deux cents jours depuis l’attaque du Hamas. Dans la presse israélienne, il est indiqué que ces mains rouges représentent le sang. Contacté par CheckNews, un confrère du journal israélien Haaretz dit ignorer si ce geste précis était ou non une référence explicite au lynchage de Ramallah. Néanmoins, une chose est certaine selon lui : « En tant qu’Israélien cette image me rappelle le lynchage. Chaque Israélien s’en souvient. »

    https://www.liberation.fr/resizer/RHl-lQiAoYjo21N9pPbi8rsDOyM=/768x0/filters:format(jpg):quality(70)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/SYPRR7G52JCLHAG74ZVEU5TSSE.jpg
    Attention, l’article signalé sur Seenthis dénonçant l’utilisation d’une image produite par une IA concernait le salut nazi attribué aux militants de Sciences Po, et non l’utilisation, effective, du symbole des mains rouges.
    https://seenthis.net/messages/1051918
    #mains_rouges

  • Une journaliste attaquée par l’extrême droite : la mécanique bien huilée du harcèlement raciste – Libération
    https://www.liberation.fr/politique/une-journaliste-attaquee-par-lextreme-droite-la-mecanique-bien-huilee-du-harcelement-raciste-20240502_NKLZNZ45MRGUDLRM5DNDKI26F4/?redirected=1
    https://www.liberation.fr/resizer/aEETraVdt2i2hQwSRwIQ3bssi1o=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70):focal(2545x1995:2555x2005)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/WZP5ZNBFSZD7TEYRRUWFQE4GVY.jpg

    Relayé par CNews, commenté par un député RN, instrumentalisé par un groupuscule identitaire, un tweet de la journaliste Nassira El Moaddem a déclenché une vague haineuse. Et mis en évidence le « jeu en équipe » de l’extrême droite politique et médiatique.

    Tout part d’un tweet posté par Nassira El Moaddem le 30 avril. (Thomas Samson/AFP)
    par Maxime Macé et Pierre Plottu
    publié le 2 mai 2024 à 16h08
    (mis à jour le 2 mai 2024 à 18h18)

    Des centaines, si ce n’est des milliers de messages sexistes et racistes sur Twitter, Facebook, Instagram et LinkedIn. Des menaces également. Mercredi et ce jeudi 2 mai 2024, la journaliste d’Arrêt sur images (ASI) Nassira El Moaddem a été la cible d’une vague de harcèlement haineux venue de tout l’écosystème de l’extrême droite. Une affaire désormais tristement banale, qui témoigne de l’interconnexion de la fachosphère et d’une mécanique bien huilée où réseaux sociaux, télévision bollorisée et acteurs politiques – dont le Rassemblement national – jouent la même partition.

    Tout part d’un tweet posté par Nassira El Moaddem le 30 avril. La journaliste réagit à un article de RMC Sport : celui-ci évoque un courrier de la Fédération française de football à ses responsables locaux au sujet du port de certains équipements, comme le casque ou les collants, dont l’utilisation par certains joueurs relèverait de motifs religieux « sous prétexte médical ». « Pays de racistes dégénérés. Il n’y a pas d’autres mots. La honte », réagit vertement la journaliste sur X. Le tweet provoque quelques réactions l’invitant à quitter le pays et à « retourner chez elle ». Rien de massif à ce stade, pour une journaliste pourtant suivie par plus de 100 000 comptes sur ce réseau social.
    La « polémique » est de nouveau évoquée à l’antenne

    La chaîne d’extrême droite CNews change tout, en s’emparant du sujet le lendemain, un 1er Mai pourtant chargé en actualité politique et sociale. Le tweet est évoqué dès le matin dans l’émission Morandini Live où le présentateur demande au député RN Julien Odoul de réagir. Ce dernier livre une longue diatribe contre la journaliste d’ASI arguant que « si elle n’est pas contente, elle se casse » soit la reprise, en plus vulgaire, d’un vieux slogan du FN de l’époque de Jean-Marie Le Pen. Le porte-parole lepéniste, connu pour ses « blagues » sur les suicides d’agriculteurs, a également réclamé à Sibyle Veil, présidente de Radio France, de la « suspendre », alors que Nassira El Moaddem ne collabore plus avec France Inter.

    Assez bref, le passage connaît ensuite une seconde vie en ligne, avec sa diffusion sur le compte X de CNews. Là, il provoque immédiatement de nombreuses réactions et cumule plus de 800 000 vues ce jeudi. Des centaines de messages prennent alors pour cible la journaliste : des tweets haineux, sexistes et islamophobes que nous avons choisi de ne pas reproduire ici. CNews tient son buzz. Et ne s’arrête pas en si bon chemin : la « polémique » montée de toutes pièces est de nouveau évoquée à l’antenne à deux reprises. Le soir même lors du talk-show phare de la chaîne l’Heure des pros, animé par Pascal Praud, puis jeudi en début de journée, lors de la version matinale de l’émission. A chaque fois, la journaliste subit les horions de l’ensemble des chroniqueurs. Et le déversement de haine s’intensifie.
    Les fantasmes de « remigration » zemmouriens

    Au point de mettre en rade le compte Twitter de Nassira El Moaddem. « Si on regarde les horaires des messages haineux que je reçois, ils sont majoritairement postés au cours des émissions de CNews pendant laquelle mon cas est évoqué », explique la journaliste à Libé. « J’ai déjà reçu des raids numériques de l’extrême droite mais, dans cette proportion, jamais. Et jamais sur des réseaux comme LinkedIn ou Facebook », précise Nassira El Moaddem.

    Toute la fachosphère s’y est mise. Ce jeudi, ce sont les anti-immigration du collectif identitaire Némésis qui en remettent une couche. Leur présidente, l’influenceuse Alice Cordier, a lancé une cagnotte pour mettre en œuvre l’injonction de Julien Odoul et payer un billet d’avion (aller simple) à Nassira El Moaddem. Comme quoi, les fantasmes de « remigration » zemmouriens sont très partagés. Courageuse mais pas téméraire, Alice Cordier a finalement très vite clos la cagnotte « avant que ça ne se termine au tribunal ». Ne manquait sans doute que le JDD bollorisé qui, jeudi, consacre un article au sujet, largement illustré sur X par une photo de la journaliste et la citation de ses propos. Effet garanti.

    Parachevant une entreprise de mise à l’index, Cyril Hanouna, homme-lige de Vincent Bolloré, s’est fendu le même jour de deux tweets rageurs contre Nassira El Moaddem après que celle-ci a refusé d’aller sur le plateau de TPMP, la livrant à la vindicte de ses presque six millions d’abonnés sur la plateforme. Démonstration que, de ses groupuscules à ses députés en passant par ses médias, l’extrême droite est une grande équipe.

    #Harcèlement #fachosphère #CNews #Racisme

  • Doublement de la franchise sur les soins : c’est l’histoire d’une défaite – Libération
    https://www.liberation.fr/societe/sante/doublement-de-la-franchise-medicale-cest-lhistoire-dune-defaite-20240420_
    https://www.liberation.fr/resizer/dBIG7Ojc46VJU1h3_02EIGcnM9Q=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70):focal(2581x1832:2591x1842)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/73TK7TX2VJHWTPIH3PIS3XMKAY.jpg
    Ni oubli, ni pardon.

    En ce mois d’avril, comme il l’avait annoncé, le gouvernement a mis en place le doublement de la franchise sur les soins. Aujourd’hui, les assurés paieront de leur poche un euro sur chaque boîte de médicament et chaque acte paramédical, deux euros sur chaque prise de sang et chaque consultation, quatre euros sur chaque transport sanitaire. C’est l’histoire d’une défaite, une défaite parmi tant d’autres dans les luttes sociales. Mais celle-ci a un goût particulièrement amer.

  • TikTok Lite, la version de l’application qui rémunère ses spectateurs, dans le viseur de l’UE et de la France – Libération
    https://www.liberation.fr/economie/economie-numerique/tiktok-lite-la-version-de-lapplication-qui-remunere-ses-spectateurs-dans-le-viseur-de-lue-et-de-la-france-20240418_EYYC2SFT75ADLEWM6NPE2QATEE/?redirected=1
    https://www.liberation.fr/resizer/nL0rbM7qT88kC5mr4quTPEWWj0o=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70):focal(3712x1370:3722x1380)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/RQESD7XPNNCRLLA2VKTML5FS2I.jpg

    Cette demande formelle intervient dans le cadre de la nouvelle législation européenne sur les services numériques (DSA) et concerne « l’impact potentiel du nouveau programme de “récompenses” sur la protection des mineurs et la santé mentale des utilisateurs », notamment « la stimulation potentielle du comportement addictif », a précisé la Commission.

    Discrètement lancé fin mars, TikTok Lite, propriété de l’entreprise chinoise ByteDance, récompense les utilisateurs avec des jetons s’ils se connectent quotidiennement s’ils passent du temps à regarder des vidéos (avec une limite de 60 à 85 min par jour) et s’ils font certaines actions, comme aimer des vidéos ou suivre des créateurs de contenus. Ces pièces sont ensuite échangeables contre des cartes-cadeaux sur des sites partenaires, comme Amazon. Ce principe de « gamification », qui s’appuie sur les mécaniques du jeu, « est un phénomène de création de dépendance connu et problématique », remarque auprès de l’AFP Anne Cordier, professeure en sciences de l’information et de la communication à l’université de Lorraine.

    Le réseau social a rappelé à plusieurs reprises que seules les personnes âgées de 18 ans ou plus pouvaient collecter des points et qu’il appliquait des procédures pour s’assurer de l’âge des utilisateurs. Un selfie avec une pièce d’identité, un selfie vidéo ou une autorisation de carte bancaire est ainsi nécessaire pour convertir les pièces en bons d’achat.

    Mais l’entreprise peine à convaincre. « C’est le top de l’hypocrisie », déplore Anne Cordier. « Ils savent pertinemment que le contournement sera possible ». « L’âge est très compliqué à vérifier. On peut toujours prendre la carte bancaire de ses parents », abonde Maria Mercanti-Guérin, maître de conférences en marketing digital à l’Institut d’administration des entreprises de Paris

    #TikTok #Anne_Cordier #Economie_attention

  • Grandeur langagière de La France insoumise, par Geoffroy de Lagasnerie – Libération
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/opinions/grandeur-langagiere-de-la-france-insoumise-par-geoffroy-de-lagasnerie-202
    https://www.liberation.fr/resizer/w7kgR4zJ18LSTPxMb9CzYEijpfM=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70):focal(2065x3613:2075x3623)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/BGFHMRLGZFAD7AMF5P5YGPNPCE.jpg

    Pour le sociologue et philosophe, l’offensive idéologique contemporaine qui cherche à discréditer LFI vise l’idée même de gauche. Praticien de la confrontation linguistique, le parti de Jean-Luc Mélenchon affirme l’exigence d’un langage politique frontal. Enfin du réel en politique !

    L’Insoumission présente une ITW du sociologue de cette manière sur son compte 𝕏 :
    https://twitter.com/L_insoumission/status/1776189270526484635

    🔴 Tout comprendre aux attaques contre LFI - L’analyse implacable du sociologue Geoffroy de Lagasnerie

    Pas un jour ne passe sans que les positions de Jean-Luc Mélenchon et de la France insoumise soient la cible d’attaques, de salissures, de déformations par de nombreux médias et personnalités politiques. Les « excès », les « ambiguïtés » et autres formules du même calibre inondent les médias, et marquent une campagne d’injure systématique qui a par ailleurs pris une intensité inédite depuis le 7 octobre et l’appel au cessez-le-feu du leader insoumis.

    Le philosophe Geoffroy de Lagasnerie analyse avec brio la signification de ces attaques et commentaires fielleux permanents. Dans une récente tribune intitulée « Grandeur langagière de la France insoumise », ce praticien de la confrontation linguistique analyse la signification de l’offensive médiatico-politique qui cherche à discréditer LFI, et par là même à discréditer l’idée même de gauche explique le philosophe. Dans un entretien publié sur la chaine « Nouvelles Pensées critiques » ce jeudi 04 avril, le philosophe poursuit la même analyse : « Quand on se définit du côté des forces progressistes. c’est important de ne rien céder sur le soutien à LFI. Les attaques contre LFI et JLM traduisent une guerre contre la gauche » explique t-il, en soulignant que la radicalité est « la propriété essentielle de la gauche ». Partout où ce langage de confrontation disparait, la gauche disparait elle aussi. Tel est l’enjeu expliqué par le sociologue. De la confrontation nait la conscience. Et de cette conscience nait l’alternative de rupture avec l’ordre capitaliste.

    Découvrez l’entretien complet sur la page Youtube de Nouvelle pensée critique ⤵️

    L’ITW sur Youtube (que je compte regardécouter) :
    https://www.youtube.com/watch?v=FIQc7poe0as

  • « On était faits pour être ici » : les Hmong, peuple nourricier de la Guyane à l’héritage menacé
    https://www.liberation.fr/environnement/agriculture/on-etait-faits-pour-etre-ici-les-hmong-peuple-nourricier-de-la-guyane-a-l
    https://www.liberation.fr/resizer/350OYDAdIs45do0zfx01HW5qL50=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70):focal(3508x1418:3518x1428)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/JXPJM3BJZ5AGTJ5AHETMPABXQ4.jpg

    En produisant environ 70 % des fruits et légumes du département, l’ethnie originaire d’Asie, installée dans deux villages depuis la fin des années 70, est un pilier de la souveraineté alimentaire de la région. Mais l’agriculture peine à séduire les jeunes générations.

    En Guyane, on vit principalement sur la côte. Un peu au bord des fleuves ou des nombreux cours d’eau. Mais le reste n’est que forêt. Une forêt dense, parfois opaque, primaire. Hostile en somme. A l’exception d’un village. Un irréductible de la jungle amazonienne. Cacao – c’est son nom – ne fait pas partie de ces bourgades boueuses nées de la fièvre de l’or, celles qui déchirent et polluent au mercure ce bout de France en Amérique du Sud. Ici, les Cayennais affluent tous les dimanches pour profiter du marché, dévorer une assiette de porc au caramel ou de canard laqué. Il suffit d’avaler les 80 km de route qui s’enfoncent dans la forêt, et finissent, tournicotant, par prendre un peu de dénivelé. Voici l’un des deux villages hmong, rare point de convergence touristique de Guyane, et véritable grenier de la région.

    Les Hmong sont des nomades du Sud-Est asiatique, originaires du Laos, et un peu des pays alentour. Dans la deuxième partie du XXe siècle, ils se sont alliés aux Français en Indochine et aux Etats-Unis au Vietnam, s’attirant les foudres des régimes communistes qu’ils ont systématiquement combattus. L’arrivée de ceux-ci au pouvoir au Laos, en 1975, les a poussés à l’exil. Sur les 20 000 qui demandent l’asile, la France, redevable, en accueille une partie dans le Gard, et décide d’envoyer un millier d’entre eux en Guyane, entre 1977 et 1988, où les conditions climatiques sont jugées similaires à celles du Laos. Aujourd’hui, ils représentent 2 % de la population, et produisent entre 70 et 80 % des besoins en fruits et légumes de la région, selon la chambre d’agriculture.

    Alternative salvatrice

    « Nous sommes les harkis d’Asie », résume sobrement Ky Gilles Lau, membre de l’association de sauvegarde de la culture hmong. Agriculteur comme son père, le voici qui range son étal sur la place du marché qui jouxte un grand parking plein qu’une fois par semaine, le dimanche. Il fait partie de la première génération née dans la région, se dit « Guyanais de chez Guyanais », mais plaide pour préserver la culture hmong, son dialecte qu’on entend encore à chaque coin de rue, et transmettre la mémoire de la génération pionnière qu’il voit peu à peu disparaître. « Mon père et mon oncle sont arrivés ici dans les années 70, rembobine-t-il. Ce n’était qu’un camp d’orpaillage, sans route, accessible uniquement en pirogue. Les Français pensaient peut-être qu’on allait disparaître. Mais nos parents ont bâti Cacao à la sueur de leur front. » Ils ont troqué l’exil pour la survie.

    L’une des particularités du peuple hmong, c’est qu’il a toujours voyagé « muni de graines », selon Ky Gilles. Différentes espèces de fruits et légumes que ses parents ont plantées ici, en même temps qu’ils bâtissaient leur village. D’abord incités à cultiver du riz, sans succès, ceux-ci s’adonnent finalement au maraîchage. « Cacao est une cuvette, ce qui rend sa terre plus fertile que d’autres parties de la Guyane », précise le quadragénaire. De quoi survivre dans un premier temps sans trop dépendre de l’aide des militaires français, installés non loin de là. Puis de prospérer, en utilisant parfois des produits chimiques, pour devenir la principale manne agricole d’un territoire qui manque cruellement d’exploitations.

    Cacao et l’autre village hmong – Javouhey, plus à l’ouest – offrent une alternative salvatrice à la Guyane qui importe l’essentiel de ce qu’elle consomme. Ici, la nourriture se paie 40 % plus chère que dans l’Hexagone. Alors toute production locale est bonne à prendre. Surtout à l’heure où l’Etat français ambitionne d’aider son territoire d’outre-mer à atteindre la souveraineté alimentaire à l’horizon 2030. Ce qui nécessiterait, à en croire Emmanuel Macron qui était de passage ici les 25 et 26 mars, de cultiver 20 000 à 30 000 hectares supplémentaires. Le Président n’a pas honoré Cacao de sa présence : il a préféré visiter l’une des rares exploitations créoles à Matoury, dans la banlieue de Cayenne.

    Tourisme et transmission

    Un défi complexe, de l’aveu même des Hmong, qui luttent depuis bientôt cinq décennies contre une météo capricieuse, notamment lorsque la pluie tombe à torrent. Les exploitants qui se lancent se heurtent souvent au manque de foncier, en grande partie détenu par l’Etat, et doivent se contenter du marché guyanais, car il est n’est pas rentable d’exporter leur production vers la métropole, ni vers le Brésil ou le Suriname voisin. Bernadette Heu, 32 ans, constate qu’une bonne moitié des jeunes de sa génération ont quitté le village pour rejoindre Cayenne ou la métropole. « Si vous n’avez pas de terre, il n’y a pas beaucoup d’opportunité ici. » Ky Gilles abonde : « On fait un peu de l’agriculture par défaut, il n’y a pas d’autres débouchés. Donc ceux qui ne trouvent pas de boulot dans les champs s’en vont. »

    Reste tout de même le tourisme. Et ce rendez-vous dominical qui attire toujours plus de monde. « Venir ici, c’est un peu une balade de santé, une évasion. Ça change de Cayenne », raconte Stéphane, un « métro » – né dans l’Hexagone – installé en Guyane depuis trois ans. Il est attablé avec un ami sous un hall ouvert où quelques stands de broderies asiatiques côtoient des cuisines éphémères. Sa voiture est garée dans la rue principale, entre les centaines d’autres visiteurs d’un jour venus respirer l’air moite de la forêt, et faire leurs courses pour la semaine. On vient autant pour les légumes que pour les maisons sur pilotis, où le matériel agricole est stocké au rez-de-chaussée. Voyage asiatique dans une France sud-américaine, symbole du syncrétisme propre à la Guyane. On y avance sous le concert des picolettes, des oiseaux qui chantent depuis leur cage, véritables institutions guyanaises. « C’est aussi une tradition hmong, s’amuse Ky Gilles. Comme quoi on était faits pour être ici. »

    Lorsque la nuit approche, les voitures décampent, et le village retrouve sa torpeur habituelle. Les adolescents, qui semblaient terrés jusque-là pour fuir le brouhaha des étrangers, se retrouvent, les yeux rivés sur leurs téléphones. Leurs parents circulent dans des pick-up rutilants, le bas de caisse débordant d’une terre ocre séchée. Eux vivotent sur des quads. Jason se dit « attaché au village », mais avec son accent moins marqué que celui de son paternel, il rêve de métropole.

    « Nos parents se sont battus pour s’installer ici et, nous, nous risquons de nous battre pour retenir nos propres enfants », résume sans fatalisme Bernadette Heu. Car même si le dialecte hmong tend à se diluer, la vie reste douce à Cacao. D’où l’optimisme de Ky Gilles, qui voit mal son héritage disparaître. « Tant que le village existera, il vivra. » Et l’agriculture de Guyane avec.❞

    #Guyane #Laos #Hmong #GuerreIndochine

  • Eric Sadin, philosophe : « Pas besoin d’être devin pour saisir que quantité d’emplois à haute compétence cognitive vont être broyés par l’IA » – Libération
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/eric-sadin-philosophe-pas-besoin-detre-devin-pour-saisir-que-quantite-dem
    https://www.liberation.fr/resizer/Eg1j8p5Q7EGy0KfSULFuQoln9UU=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/GF3U2ABJOFEXJKVYTEIFIXHFAA.jpg

    L’annonce le 14 mars d’un partenariat entre OpenAI et le Monde n’en finit pas de faire débat. Le journal accepte d’alimenter avec ses articles le moteur de réponse Chat GPT en échange de revenus conséquents : de quoi fiabiliser la machine avec des contenus actualisés « faisant autorité », tout en évitant le pillage sauvage du travail de ses journalistes. Du gagnant-gagnant ? « Cette situation incarne l’aliénation de l’intention journalistique d’éclairer le public, détournée pour nourrir des intelligences artificielles et, ainsi, accroître leurs rôles dans l’espace public », réagissait dans Libération Marius Bertolucci, chercheur en science de gestion et auteur de l’Homme diminué par l’IA (éditions Hermann, octobre 2023), appelant les autres grands médias français à bloquer la machine. Juristes, architectes, experts-comptables, traducteurs professeurs… Dans un entretien, le philosophe Eric Sadin explore

  • Prise en charge des affections longue durée : ce qui se passe depuis Sarkozy est gravissime – Libération
    https://www.liberation.fr/societe/sante/prise-en-charge-des-affections-longue-duree-ce-qui-se-passe-depuis-sarkoz
    https://www.liberation.fr/resizer/4fQQZ9rz3r0YowjSgNoBgjb3AD0=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70):focal(2371x1106:2381x1116)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/IZ7SLVPTYNA2XKRFYHLV6N4EKM.jpg

    « La protection sociale est plus un coût dans la compétitivité internationale qu’un avantage », expliquait l’économiste Eric Le Boucher dans le Figaro en 2006, alors que Nicolas Sarkozy entamait sa longue marche vers la présidentielle, avec son slogan fétiche « Travailler plus pour gagner plus », et parmi les mesures phares de son projet néolibéral la mise en place de franchises sur les soins, au nom de la responsabilisation… des cancéreux, des accidentés du travail, des diabétiques et des insuffisants rénaux. « Y a-t-il une assurance sans franchise ? » demandait-il, goguenard, devant un public conquis. Dix-huit ans plus tard, le travail de sape a bien avancé. Les franchises sur les soins ont été adoptées en 2007, malgré une forte mobilisation et la grève des soins entamée par Bruno-Pascal Chevalier, militant du sida aujourd’hui décédé. Le périmètre des affections de longue durée (ALD) bénéficiant d’une prise en charge à 100 % a été redéfini, à la baisse, avec la sortie de l’hypertension artérielle (HTA) sévère, ce qui a touché des millions de personnes, au motif que la HTA n’était pas une maladie, mais un facteur de risque. Qu’importe la cohérence financière, car évidemment traiter les maladies chroniques dès le départ pour éviter leur aggravation abaisse le coût final pour la collectivité. Qu’importe l’écart d’espérance de

  • Témoignage d’un rescapé de la distribution d’aide qui a tourné au drame à Gaza : « Tout le monde s’est précipité pour fuir les balles » – Libération
    https://www.liberation.fr/international/moyen-orient/temoignage-dun-rescape-de-la-distribution-daide-qui-a-tourne-au-drame-a-g
    https://www.liberation.fr/resizer/SrOxKTCW4H7nlCiupVlAdbdjbxU=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/4CZSSE7TJRDVXHFEUITOIEI7JA.jpg

    « C’est à ce moment-là que les tirs ont commencé. Il y avait des snipers et des tanks qui ont commencé à tirer sur les gens qui attendaient l’aide. J’ai commencé à voir les gens tomber autour de moi. J’ai vu un homme se prendre une balle dans la tête. Un autre dans l’abdomen. Un troisième s’est pris une rafale dans les jambes. J’étais abasourdi, je ne comprenais pas ce qu’il se passait. J’avais l’impression qu’on était entourés. S’il y a eu un mouvement de foule, c’est à cause des tirs, parce que les gens ont eu peur. C’est vrai que tout le monde s’est précipité, mais c’était pour fuir les balles. On a essayé de se réfugier dans un bâtiment détruit tout proche avec plusieurs personnes. Ceux qui fuyaient vers la plage, ils ont été visés par les snipers et les tanks. Tout le monde était surpris. On se demandait : “Pourquoi tirent-ils ? Pourquoi est-ce qu’ils nous tuent ?” On était juste là pour la nourriture.

  • Ovidie et Anna Mangeot  : « C’est parce qu’il y a eu #MeToo que certains osent dire leur asexualité » – Libération
    https://www.liberation.fr/lifestyle/intimites/ovidie-et-anna-mangeot-cest-parce-quil-y-a-eu-metoo-que-certains-osent-di
    https://www.liberation.fr/resizer/JV_G5wfL1Er1E5b6UPEK_O6Jtv4=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70):focal(1747x2784:1757x2794)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/ZZQZ2EEHJBHUTPL452EURIWWAY.JPG

    La première, Ovidie, féministe et réalisatrice de documentaire, écrivaine, ancienne travailleuse du sexe, a fait grand bruit en 2023 avec son livre, La chair est triste hélas (ed. Julliard), où elle annonçait être en grève du sexe pour des raisons intimes autant que politiques. La seconde, Anna Mangeot, 25 ans, milite pour la visibilité asexuelle qui rassemble sur ses réseaux sociaux une communauté de plus en plus large. Elle vient de publier Asexuelle (Larousse), où elle raconte son parcours, sa prise de conscience de son absence de désir charnel et la manière dont on peut être en couple sans avoir de relations sexuelles. Ensemble, se rencontrant pour la première fois dans un petit café du XIe arrondissement de Paris, elles confrontent leur parcours inscrit dans un changement sociétal peut-être majeur.

  • Hommage aux victimes : sure (ou « c’est cela, oui ») | Libé / AFP | 05.02.24

    A deux jours de l’hommage aux victimes de l’attaque du 7 octobre menée par le Hamas sur Israël, la présidence a annoncé ce lundi 5 février qu’un « temps mémoriel » sera organisé à l’avenir pour les « victimes françaises des bombardements à Gaza ». Une annonce saluée par la France insoumise.

    « Néanmoins, il est évident que nous devons la même émotion et la même dignité aux victimes françaises des bombardements à Gaza, et cet hommage leur sera rendu dans un autre temps », a ajouté l’Élysée en réponse à un journaliste. Les modalités de ce « temps mémoriel » seront fixées ultérieurement, précise la présidence.

    https://www.liberation.fr/international/moyen-orient/victimes-francaises-a-gaza-lelysee-envisage-aussi-un-temps-memoriel-20240

    « La présidence » prend bien soin de ne dédier son émotion républicaine qu’aux victimes FRANÇAISES, paske les autres, on s’en fout dans la partie des droits de l’homme.

    Sur l’habituel LFI bashing, le texte de l’article est à peine plus fair play que les précédents. Sur la photo d’illustration - qui a attiré mon regard plus que le titre -

    https://www.liberation.fr/resizer/DDOilqRk6QKYr8N-OC6zMrAoLgI=/1024x0/filters:format(jpg):quality(70):focal(2767x2479:2777x2489)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/ZRLKMM7DNBHYPH37NSMCYQ2MBE.jpg

    ils ont quand même réussi à flouter la banderole ; chapeau Libé / AFP.

  • Médias : oui, les ados s’informent aussi – Libération
    https://www.liberation.fr/societe/education/medias-oui-les-ados-sinforment-aussi-20240125_HJX5XG2JJZAVZJMA7TYBGYPCXY
    https://www.liberation.fr/resizer/OJhtZq0rjwwQV_KPLLjesTXgdus=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70):focal(1553x1282:1563x1292)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/K6HXFSP6G5AGBKAVGPSDJLQBFE.jpg

    La nouvelle génération n’a rien de décérébrée. Elle a simplement des habitudes différentes.

    (Elodie Lascar/Libération)
    par Cécile Bourgneuf
    publié le 25 janvier 2024 à 23h56

    Pas de panique, les enfants et les ados ne débranchent pas leurs cerveaux devant les écrans. Leur intelligence n’est pas menacée. Mieux encore, ils sont tout à fait capables de s’informer le nez collé à leurs portables. « Les jeunes ne sont pas des crétins digitaux », tranche Anne Cordier, professeure en sciences de l’information et de la communication à l’université de Lorraine, en référence au livre best-seller du neuroscientifique Pierre Desmurget, pour qui les écrans abrutissent les jeunes. Un discours alarmiste qui inquiète jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. Le 16 janvier, Emmanuel Macron a déclaré vouloir réguler l’accès des mineurs aux écrans, en envisageant même « des interdictions » et « des restrictions ».

    En réalité, « les jeunes s’informent sur les écrans, beaucoup plus qu’on ne le dit, sur des sujets bien plus variés qu’on ne le croit et beaucoup plus sur l’actualité, au sens général du terme, qu’on ne veut l’entendre », rassure Anne Cordier. Se focaliser sur leur temps d’écran n’a aucun sens si on ne s’intéresse pas à ce que les jeunes en font, estime la chercheuse qui en connaît un rayon sur le sujet. Cela fait des années qu’elle étudie leurs usages numériques, en les interrogeant de leur enfance à l’âge adulte. D’abord, « il faut cesser de plaquer nos représentations d’adultes sur ce que sont leurs pratiques d’information, qui sont riches, quotidiennes et beaucoup plus larges que celles qu’on entend ». Les jeunes répondent souvent qu’ils ne s’informent pas, simplement parce qu’ils se sentent jugés sur ce qui les intéresse. Comme si seule l’actualité nationale et internationale était digne d’intérêt. Or, chercher à savoir comment nourrir sa tortue ou faire des constructions Lego sont des sujets très sérieux quand on a neuf ans, rappelle Anne Cordier. « Il y a souvent une bascule à partir de la quatrième avec la projection vers le lycée et l’âge adulte. Là, on s’informe sur l’actualité parce qu’il le faut. Ce qui ne veut pas dire que ce n’est pas par plaisir mais ils ont cette mauvaise conscience de ne pas s’informer assez », rapporte Anne Cordier. Au lycée, nouvelle étape, « on s’informe surtout pour prendre position, pour pouvoir échanger avec les autres ».

    Sans surprise, les jeunes s’informent d’abord sur leurs portables. 70 % des 15-34 ans utilisent quotidiennement les réseaux sociaux pour s’informer – Instagram, TikTok et Snapchat (au collège) en tête de gondole – selon Médiamétrie. « Ils s’informent sur des supports différents de leurs aînés, via les réseaux sociaux, avec un sens de la hiérarchisation des informations. Mais ils utilisent aussi des médias traditionnels liés aux pratiques générationnelles de leurs parents », éclaire Serge Barbet, directeur du centre pour l’éducation aux médias et à l’information (Clemi).

    Le repas du soir devant le JT du 20 heures reste effectivement un rituel très partagé dans de nombreuses familles, notamment dans les milieux populaires. « Les jeunes trouvent ce moment important parce que c’est un moment de partage, de sociabilisation familiale », précise Anne Cordier. C’est ce que décrit Rémi, en terminale dans un lycée à Libourne (Gironde). Avec ses parents, il dîne chaque soir devant BFM ou l’émission Touche pas à mon poste. « Je ne valide pas ce qu’ils regardent mais ce moment me plaît parce qu’on a des discussions animées et j’aime bien débattre avec eux », explique-t-il.

    Rémi a aussi ses petites habitudes pour s’informer sur les réseaux sociaux, loin du regard de ses parents. Dès son réveil, il ouvre Instagram et Twitter « pour voir ce qu’il s’y passe, parce que j’aime être au courant du monde qui m’entoure et c’est mieux de connaître les sujets pour en parler avec les autres ». « Les jeunes partagent ces moments avec leurs pairs pour discuter des cinq actus d’Hugo décrypte [une référence chez les ados, encore plus depuis son interview du président en septembre dernier ndlr], de la vidéo du jour de Docteur Nozman, d’une grosse info relayée dans les médias… », décrypte Anne Cordier. Louise, 16 ans, dit se tenir « au courant de ce qui se passe » sur les réseaux sociaux « parce que je vois direct quand un film ou un morceau prend de l’ampleur, vu que ça remonte dans mon fil d’actu », explique-t-elle. Et quand elle a une recherche précise à faire, elle regarde notamment sur le canal TikTok : « Ça me met plein de comptes associés à ma recherche, avec des vidéos par exemple. C’est comme ça que j’ai mieux compris ce qu’est le mouvement LGBT. »

    Contrairement à un autre préjugé, les jeunes ne sont pas plus soumis aux fake news que les autres. « Ce sont les plus de 50 ans qui sont plus poreux aux fausses informations », rappelle Serge Barbet. Les jeunes ont plutôt tendance à douter, parfois trop même. « On a pris l’habitude de leur présenter l’info comme quelque chose de dangereux, comme s’il fallait se méfier de tout, regrette Anne Cordier. Il faut au contraire leur donner envie de s’informer et d’entrer en résonance avec leurs expériences informationnelles quotidiennes, qui sont joyeuses et partagées. »

    #Anne_Cordier #Grandir_informés

  • Taxe sur l’électricité : le pouvoir choisit de plomber tous les Français – Libération
    https://www.liberation.fr/politique/taxe-sur-lelectricite-le-pouvoir-choisit-de-plomber-tous-les-francais-202
    https://www.liberation.fr/resizer/T5m7tn0QM_FuyYaft7nOUYF8lz4=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70):focal(2033x2192:2043x2202)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/X7NVWVJROZHHNHOH6GKJHQFUUY.jpg

    Comme l’a reconnu le directeur des Echos, Dominique Seux, « on ne comprend pas vraiment très bien pourquoi les prix ont autant augmenté ces cinq dernières années », d’autant que sur les marchés les tarifs ont été pratiquement divisés par trois en un an. Un flou et pour tout dire un loup qui rend cette hausse encore plus difficile à digérer.

    • Et un article dit « d’opinion » où on tente de t’expliquer (laborieusement) :
      a) que c’est pas trop la faute à l’Europe mais plutôt à cause des taxes que les factures s’envolent (tout en te remettant une couche de l’incontournable tandem Macron-Le Pen tous deux diplômés es enfumage).

      b) que l’Europe c’est même vachement mieux que si la France était isolée parce que

      Une autre partie de l’augmentation repose sur les coûts inhérents aux réseaux de transport qu’il a fallu à plusieurs reprises réévaluer pour tenir compte des nécessaires investissements dans la maintenance, mais aussi la modernisation de ces infrastructures essentielles.

      #pipotron

      c) qu’il existe un « paradoxe » EDF dans le sens où, même si on oblige l’opérateur historique à brader son électricité aux « concurrents » (libres et non-faussés), le dit opérateur se fait des « cojones » en or massif avec ses exportations et que faudrait pas trop la ramener non plus

      Cependant, il ne faut pas occulter qu’EDF est à la fois un leader de la fourniture d’électricité, mais aussi un très important exportateur. Et s’il perd de l’argent sur les 100 TWh concédés au tarif Arenh, il en gagne sur le reste de sa production, à plus forte raison quand les prix de marché s’envolent ! Par ailleurs, son coût de revient reste très compétitif, du fait notamment de sa rente de nucléaire et hydraulique.
      Au bilan, malgré le paradoxe de l’Arenh, cette situation lui permet de générer des gains importants qui bénéficient à l’État actionnaire... et, d’une manière ou d’une autre, au contribuable. Les mesures de type « bouclier énergétique », par exemple, n’étaient-elles pas indirectement prélevés sur les bénéfices d’EDF ?

      d) que si on veut du renouvelable (qui par définition est « intermittent », « décentralisé » et « difficile à piloter », ben il va falloir repasser à la caisse mais c’est pour « sauver la planète » (surtout la leur, celle du capital fatal et incontournable, faudra vous le dire combien de fois, bordaaayl ?)

      L’évolution des tarifs à l’avenir reflétera donc en partie nos choix politiques concernant l’environnement.

      e) et qu’on aurait dû mieux lire (gros benêts que nous sommes) les petites lignes en bas du contrat et donc

      garder à l’esprit que l’ouverture à la concurrence répondait à d’autres objectifs que la seule baisse des prix.

      Ça s’appelle Julien Pillot et c’est Enseignant-Chercheur en Economie

      https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/electricite-pourquoi-les-tarifs-augmentent-et-devraient-encore-augmenter-9

      En tout cas, on a vu ce que donnait l’efficience des marchés quand, fin 2022, il nous fallait comptabiliser chaque électron passant dans nos câbles en sachant bien que le nucléaire c’était pas vraiment « l’avenir de l’Homme » et que c’était pas sûr d’avoir assez de GNL dans les cuves pour passer l’hiver. N’empêche qu’on était tout de même encouragé à se gausser des Allemands contraints de rallumer leurs vieilles chaudières à charbon.

      Tout ça pour dire qu’on a quand même affaire à une belle bande de #connards

  • David Le Breton : « Avec les smartphones, la conversation est ébranlée pour la première fois dans l’histoire de l’humanité »

    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/david-le-breton-avec-les-smartphones-la-conversation-est-ebranlee-pour-la

    https://www.liberation.fr/resizer/lo4_Tp-uVN_gVvuwB7fbv-_vmuE=/377x0/filters:format(jpg):quality(70):focal(1728x2032:1738x2042)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/WYNQA5HT4NG4ZEBPEGZMCRSHUY.jpg

    Le professeur de sociologie à l’université de Strasbourg décrit la « rupture anthropologique » que le smartphone a créée dans nos vies.

    Comment qualifier la place qu’a prise le smartphone dans nos vies ?
    Il s’agit d’une colonisation totale de la vie quotidienne. Le smartphone a créé une rupture anthropologique dans le rapport à l’autre et à l’espace. Il suffit de regarder le trottoir de n’importe quelle ville du monde pour voir que les individus avancent tirés par leurs smartphones, se cognant les uns contre les autres. Prosternés devant leur écran, les visages disparaissent. Les enfants se retrouvent négligés par des parents happés par leur portable. Nous dormons même avec. Nombre de nos conversations sont interrompues par des interlocuteurs qui ont gardé leur téléphone en main et le consultent sans arrêt, ou le tirent de leur poche à la moindre notification.

    Cela revient à mettre sur pause l’existence de ceux qui nous entourent pour poursuivre une conversation avec des absents. Dans ce monde de la communication, la conversation devient un élément du passé. J’appelle conversation le fait d’être attentif à l’autre, disponible à sa parole, à son visage, dans une réciprocité, là où la communication implique distance et flottement. La conversation est ébranlée pour la première fois dans l’histoire de l’humanité.

    • Une place était à prendre indéniablement. Dans le cas contraire ce ne se serait pas produit. Fuire le regard de l’Autre était déjà là. Pas seulement chez les personnes souffrant de pathologies. Chacun parle de son côté sans écouter l’Autre depuis toujours et pas seulement lorsque les personnes sont bourrées. C’était moins visible c’est tout.

  • Cousins germains : l’angle mort de la lutte contre l’inceste
    https://www.liberation.fr/societe/cousins-germains-langle-mort-de-la-lutte-contre-linceste-20240114_2TTN5OT

    https://www.liberation.fr/resizer/ErK1I8VSUk3uBTSbyxAJsZcDC-8=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/GJAYWBAC45DARIVFYZAJX5AKCA.jpg

    Un Français sur dix a subi des violences sexuelles pendant l’enfance : le chiffre a fait grand bruit après la création de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles (Ciivise), en janvier 2021. Mais malgré les révélations en cours sur ce fléau sociétal, une autre statistique trouve encore peu d’écho : un tiers des victimes d’inceste sont agressées par un mineur. Parfois un autre enfant de la famille, partenaire de jeu régulier (… #paywall)