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  • Les hommes de la rue du Bac : des faits glaçants et un récit à visage découvert – Libération
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/editorial/les-hommes-de-la-rue-du-bac-des-faits-glacants-et-un-recit-a-visage-decou
    https://www.liberation.fr/resizer/uKbwj-6JSGX5Iy4XG_6F-ZEkwc0=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70):focal(1498x1488:1508x1498)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/GHHGOAJDJZGNNGZVG22Z77BBQ4.jpg

    Mais cette histoire a aussi un lieu, le triangle du VIIe arrondissement de Paris où le pouvoir politique, culturel et médiatique régnait dans une totale impunité. « Jusqu’au dernier moment, j’ai pensé ne pas y arriver », nous dit Inès Chatin de son audition, qui fait aujourd’hui partie d’un dossier judiciaire de centaines de pages documentant l’univers pédocriminel de la rue du Bac, dans un somptueux appartement acheté à la famille d’Ormesson par le docteur Jean-François Lemaire, l’homme qui livra entre autres ses enfants adoptifs, dans des séances sordides dont la mise en scène cauchemardesque n’a d’égal que l’infâme sadisme, à l’écrivain Gabriel Matzneff et ses amis. « Si l’adolescent sait qu’il se soumet à des règles condamnées par la société mais qui apportent finalement une certaine jouissance, euh pourquoi pas ? » expliquera froidement le docteur Lemaire à sa fille adoptive, que Matzneff surnommait « ma petite chose exotique ». Eu égard à l’extrême violence des scènes rapportées par Inès Chatin, il a été convenu, avec elle et ses avocats, de ne pas en rapporter certaines à la première personne du singulier. Libération publiera donc dans les jours à venir son récit, et s’appuiera sur le dossier judiciaire, pour raconter ces faits glaçants qui témoignent de la cruauté de ces hommes de pouvoir, et du courage de la femme qui leur a survécu. Et qui parle aujourd’hui.

    #viols_collectifs #pédocriminalité #matzneff #mephitis #germanopratins

    #Jean-François_Lemaire
    #Claude_Imbert
    #Jean-François_Revel
    #académie_française
    #le_point

    • Les hommes de la rue du Bac (1/6) : comment une « bande » pédocriminelle a sévi pendant des années au cœur de Paris
      https://www.liberation.fr/societe/police-justice/les-hommes-de-la-rue-du-bac-16-comment-une-bande-pedocriminelle-a-sevi-pe

      Avertissement
      Cet article fait état de récits de violences sexuelles sur des enfants.

      [...] A minima, tous ces hommes partageaient, selon elle, « une communauté de pensée », fondée sur de pseudo-références gréco-romaines, et prônant l’émancipation sexuelle des enfants par l’adulte. Gabriel Matzneff expose ainsi leur doctrine dans les Passions schismatiques, paru en 1977, et rédigé dans son plus pur style provocateur : « Je crois à la fonction socratique de l’adulte. Les anciens Grecs appelaient l’intelligence hegemonikon, qui signifie le guide. Tel Kim, dans le roman de Kipling, chaque adolescent a besoin de rencontrer un aîné qui soit un éducateur, un guide. Aux mères qui agitent hystériquement contre moi l’épouvantail de la police et de la prison, je rétorque toujours, sans me démonter, que pour avoir initié leur progéniture à une sphère infiniment supérieure au marécage familial, et cela dans tous les ordres, on devrait non me punir, mais me décorer. »

      [...] Il existe au moins une autre victime identifiée de ces hommes : le grand frère d’Inès Chatin, lui aussi adopté via l’organisme la Famille adoptive française (FAF).

      (...) « Quand on était petits, la conséquence de la parole, c’était les coups, pas sur nous mais sur [leur mère]. Si on faisait quelque chose de travers, quoi que ce soit, une mauvaise note à l’école, il y avait des coups sur elle », explique Inès Chatin. Cette dernière s’est donc entraînée à se taire et à rester impassible en toutes circonstances. Pour cela, elle a même inventé une expression : « Pleurer à l’intérieur. »

      https://justpaste.it/7bxta

      #François_Gibault

  • Cory Doctorow : « Facebook, Instagram, X… plus personne n’aime ces plateformes ! » – Libération
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/cory-doctorow-facebook-instagram-x-plus-personne-naime-ces-plateformes-20
    https://www.liberation.fr/resizer/5txWE0Jd5BVIlcGaeobbaCIFoaE=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70):focal(1686x1307:1696x1317)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/JHYQQXJJVRHFBNIYEVA5RRUPJI.jpg

    Les Gafam dominent l’univers numérique parce qu’ils ont pu se constituer en monopoles qui retiennent les utilisateurs captifs, souligne le journaliste canadien. Pour les briser, il faut donner aux gens les moyens de quitter ces plateformes sans renoncer aux services qu’elles fournissent.

    « Si on continue d’utiliser [les entreprises de la tech], c’est parce qu’elles ont tout fait pour nous empêcher de les quitter. » (Fräneck/Libération)
    par Nicolas Celnik
    publié le 22 septembre 2023 à 12h52

    Nos vies sont gouvernées par une poignée de brillants entrepreneurs à la tête de géants du numérique. En tout cas, c’est ce que ces derniers aimeraient nous faire croire. En refermant The Internet Con (Verso, 2023), du journaliste spécialisé dans la tech et écrivain de science-fiction Cory Doctorow, on se demande plutôt : « Et si tous les petits génies de la Silicon Valley n’étaient, en fait, qu’un ramassis de perdants pas franchement originaux ? ». Depuis que Google – actuellement en procès pour sa suprématie sur la recherche en ligne – a lancé son moteur de recherche il y a trente ans, ses créateurs n’ont fait qu’enchaîner les échecs – et ont acheté tous les services qui font aujourd’hui leur fortune.

    Si l’entreprise est un géant, c’est surtout parce qu’elle a triché, enfreint les lois, et bénéficié d’une réglementation favorable à la constitution de monopoles, qui lui a permis de multiplier les fusions-acquisitions pour éliminer ses concurrents. Cette hégémonie permet aux Gafam de fournir un service de moins en moins bonne qualité – Doctorow parle de « merdification » (« shitification »), et on comprend sans mal ce qu’il vise. Pour briser ces monopoles, Doctorow propose de rendre obligatoire l’interopérabilité entre plateformes, qui permettrait d’utiliser leurs services sans subir leurs conditions, et donc de les déserter.

    Vous critiquez dans votre livre la « merdification » de Facebook. X (anciennement Twitter) est-il en train de suivre la même pente, depuis son rachat par Elon Musk ?

    La plupart des choses que je n’aimais pas à propos de Facebook sont en train d’être reproduites sur Twitter. Quand je parle de « merdification », je cible le fait que les plateformes maltraitent leurs utilisateurs. C’est ce qu’il se passe quand une plateforme tient ses deux groupes d’utilisateurs captifs : d’un côté, ses « clients », qui sont les annonceurs publicitaires, dépendent de Facebook pour diffuser leurs publicités ; de l’autre, les clients de ces clients, c’est-à-dire les utilisateurs, dépendent de Facebook pour rester en contact avec leurs amis.

    On le voit avec Facebook, Instagram ou Twitter : ça a été des plateformes agréables pour les utilisateurs, on y voyait l’activité de nos amis ou des choses intéressantes, puis l’algorithme a changé, et tout le contenu qui nous était proposé est devenu des pubs, ce qui a fait la joie des annonceurs, puis la rémunération pour les pubs a chuté, et on s’est rendu compte que presque 100 % des annonces sont vues… par des robots. Résultat : plus personne n’aime ces plateformes.

    Pensez-vous que le traitement médiatique des frasques d’Elon Musk est pertinent ?

    Il y a beaucoup de spéculations pour savoir si ce que fait Elon Musk à Twitter est un projet idéologique, s’il cherche à gagner de l’argent, ou s’il fait tout bonnement n’importe quoi. Mais je me méfie de toute tentative de kremlinologie avec lui : j’ai l’impression qu’il est très chaotique, qu’il ne fait pas ce qu’il dit et qu’il ne sait pas ce qu’il fait. Je pense qu’il a annoncé qu’il voulait acheter Twitter à moitié pour faire une blague et à moitié pour faire paniquer les marchés, puis qu’il n’avait plus trop le choix, et la bande d’idiots qui l’entoure lui a dit que ce serait une super idée, alors, il l’a fait !

    C’est un bon argument pour demander moins de concentrations des pouvoirs : loin de l’idée que les entreprises qui réussissent sont celles qui ont le plus de talents ou sont les plus innovantes, c’est une preuve de plus qu’elles réussissent simplement parce qu’elles ont réussi à verrouiller le marché pour éliminer la concurrence.

    Prenez Google : il y a trente ans, ses fondateurs ont eu un éclair de génie et ont créé un super moteur de recherche. Depuis, plus rien. Tous les autres projets qu’ils ont montés depuis trente ans ont été des échecs : un service vidéo (Google Vidéos), un réseau social (Google +), un lecteur de flux RSS… A chaque fois, ils se sont plantés. Alors, ils ont acheté un service vidéo (YouTube), un système de management de serveur, des outils de cartographie (Google Maps), de traitement de texte collaboratif (Google Docs), etc.

    Pratiquement, tout ce qui fait leur fortune aujourd’hui, ce n’est pas eux qui l’ont fait. Mais s’ils ont pu bâtir un tel empire, c’est parce que Google dépense près de 20 milliards de dollars chaque année pour être le moteur de recherche par défaut des appareils Apple, Samsung, etc.

    Le problème des géants du Web, ce sont donc, précisément, que ce sont des géants ?

    Malgré tous les défauts de Facebook, il faut bien reconnaître une chose : il y a beaucoup de petites entreprises qui font des choses bien pires. Spiral Toys fabriquait des peluches dotées d’un micro, et a hébergé des enregistrements de conversations d’enfants, parfois très intimes, sur un site accessible par tous. Mais est-ce qu’il vaut mieux faire la pire des crasses à 10 000 personnes, ou des choses un peu moins pires (enfreindre le RGPD, voler et revendre les données personnelles, s’implanter en Irlande pour ne pas payer d’impôts, etc.) à trois milliards de personnes ? L’un des problèmes aujourd’hui n’est pas que les géants du Web ne sont soumis à aucune régulation, c’est qu’on n’a pas la capacité de déployer et de faire respecter ces régulations.

    Si Google ou Facebook ne sont pas des entreprises si innovantes qu’elles le disent, comment expliquez-vous qu’elles aient réuni une telle puissance ?

    Les entreprises du Web se sont constituées en monopoles incontrôlables pour trois raisons. D’abord, il y a, depuis l’époque Reagan (1981-1989), un affaiblissement des lois anti-monopoles, ce qui a permis aux entreprises de multiplier les fusions-acquisitions, d’écarter tous les concurrents potentiels, et de devenir hégémoniques.

    Ensuite, les entreprises de la tech bénéficient d’une plus grande flexibilité pour adapter leurs produits, ce qui leur permet de tirer profit de leur activité de surveillance, mais aussi de s’adapter aux nouvelles réglementations.

    Enfin, elles ont réussi à verrouiller le marché de sorte que tout ce qu’on essaie pour renverser leur pouvoir soit illégal : prenez l’exemple de OG App, qui proposait aux utilisateurs de faire défiler leur fil Instagram par ordre chronologique et sans publicité – Instagram les a attaqués en justice et a fait disparaître l’application. La combinaison de ces trois facteurs est ce qui rend les géants du numérique si problématiques aujourd’hui.

    Vous dites qu’on ne peut pas « réparer les géants du Web ». Pourquoi ?

    Faisons une analogie. Avant l’arrivée des colons, les Indiens de Californie faisaient régulièrement des feux de forêt contrôlés – ils préparaient des corridors, nettoyaient du bois mort, etc. Quand les colons sont arrivés, ils ont décidé qu’il n’y aurait plus aucun incendie en Californie, ils ont donc arrêté la pratique, puis ils ont urbanisé des zones à risque d’incendie. Résultat : la région est régulièrement décimée par des feux incontrôlables. On a dépensé toute notre énergie à rendre la Californie sûre, et cela complique l’exode de populations qui doivent aujourd’hui fuir ces zones qui risquent la destruction.

    Dire à Facebook ou à Twitter : « Vous devez modérer les contenus haineux de vos utilisateurs », cela revient à dire « il n’y aura plus de feux ici ». Et c’est la meilleure manière de se retrouver face à des feux incontrôlables. Il faut plutôt construire des issues de secours à ces plateformes numériques.

    Ces issues de secours prennent, pour vous, la forme de l’interopérabilité. De quoi s’agit-il, et pourquoi cela vous semble-t-il la bonne solution ?

    Si on continue de les utiliser, c’est parce qu’elles ont tout fait, depuis leur création, pour nous empêcher de les quitter : elles augmentent les « coûts à la sortie ». Si vous quittez Facebook, vous avez toutes les chances de ne pas être invité la prochaine fois que vos amis organisent leur anniversaire. Vous n’allez pas sur Facebook parce que vous aimez Facebook : vous y allez parce que vos amis y sont aussi. Si vous pouviez continuer à échanger avec eux grâce à une autre application, peut-être que vous le feriez. Or des mémos internes montrent que les géants du Web le savent, et qu’ils font tout pour qu’il soit impossible d’utiliser ces alternatives.

    L’interopérabilité signifie ici que vous pouvez utiliser un système différent pour accéder à un même registre : par exemple, que vous pouvez échanger des messages avec vos amis qui utilisent l’application Facebook, depuis une autre application de votre choix. Si on forçait les plateformes à accepter l’interopérabilité, cela pourrait donner naissance à une myriade d’applications qui proposeraient des modèles alternatifs, moins centrés sur la surveillance ou l’économie de l’attention. La preuve que ce phénomène se produirait, c’est qu’il s’est déjà produit (pensons une fois encore à OG App) – mais que c’est la Cour suprême des Etats-Unis qui l’a rendu illégal, à la demande d’Instagram !

    En définitive, qui a le pouvoir pour renverser les géants du Web ? Les citoyens, les consommateurs, les législateurs ?

    Le mot « citoyen » me semble très important ici. On se demande souvent : « Que peuvent faire les consommateurs ? ». Mais en tant que consommateurs, nous ne pouvons pas faire grand-chose. Ce n’est pas un problème qui se règle à l’échelle individuelle, mais systémique : c’est un enjeu qui doit être saisi en tant que communauté de citoyens, qui ont le droit de participer à l’élaboration des règles qui dictent la manière dont ils vivent. Obtenir l’interopérabilité et briser les monopoles se fera donc de la même manière que pour tous les autres conflits sociaux : par le vote, par les manifestations, par la politisation et par la législation – c’est le principe de la démocratie.

    #Cory_Doctorow #Emmerdification #Interview

  • Assurance chômage : Gabriel Attal finance des baisses d’impôts pour les plus aisés en rognant sur les droits des plus précaires – Libération
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/assurance-chomage-gabriel-attal-finance-des-baisses-dimpots-pour-les-plus

    Avec les annonces de Gabriel Attal durcissant davantage les conditions d’accès à l’assurance chômage, le gouvernement se trompe à nouveau de cible. Il privilégie des décisions budgétaires inéquitables, estime Simon-Pierre Sengayrac, expert en finances publiques [expert associé à la Fondation Jean-Jaurès, professeur de finances publiques à Sciences-Po Paris].

    « Nous ne voulons pas augmenter les impôts donc il faut travailler davantage. » C’est en ces termes que le Premier ministre Gabriel Attal a justifié la nouvelle réforme de l’assurance chômage dimanche dernier. Cette prise de position intervient peu de temps après l’annonce d’un dérapage du déficit public à 5,1 % du PIB en 2023, contre 4,5 % initialement prévus. Dans sa recherche d’économies budgétaires, le gouvernement se trompe de cible en visant une fois de plus l’assurance chômage. En agissant ainsi, le gouvernement donne l’impression, depuis sept ans, de privilégier des décisions budgétaires inéquitables.

    D’un point de vue budgétaire, l’assurance chômage est à l’équilibre, il n’est donc pas justifié de chercher à y faire des économies en priorité. Les comptes de l’Unédic, l’organisme gestionnaire de l’assurance chômage, sont excédentaires depuis 2021, et un excédent est prévu en 2024 à hauteur de 3,8 milliards d’euros (1). Ces résultats sont le fruit des trois réformes précédentes (2018, 2022, 2023) et du dynamisme du marché du travail.

    Ceci n’est par exemple pas le cas du système de retraites, malgré la réforme engagée en 2023. Rappelons que la revalorisation des pensions de retraite de 5,3 % en début d’année 2024 a eu un impact budgétaire de 14 milliards d’euros, au profit d’une population en moyenne plus aisée que les actifs (2). L’annonce d’une quatrième réforme de l’assurance chômage apparaît ainsi en décalage avec les nécessités d’équilibrage budgétaire de notre système de protection sociale.

    Depuis 2017, les réformes fiscales ont surtout creusé les déficits

    Alors que le gouvernement cherche des pistes d’économies pour corriger une trajectoire budgétaire plus dépréciée que prévue en 2023, il est utile de rappeler que ce dérapage est en partie le résultat des baisses d’impôts consenties ces dernières années. Depuis 2017, les réformes fiscales ont conduit à une perte de recettes estimée à près de 60 milliards d’euros par an (3), notamment à travers la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et la baisse de l’impôt sur les sociétés, passé de 33,33 % à 25 %.

    Ces mesures, justifiées à l’origine par leur impact positif anticipé sur l’activité économique, n’ont pas eu les effets escomptés. Comme l’exprime l’expert en finances publiques François Ecalle lors d’une audition récente au Sénat (4), ces baisses d’impôts ont surtout creusé les déficits. Or, c’est pour réduire ces déficits que le gouvernement justifie aujourd’hui des coupes budgétaires dans les politiques de solidarité, comme l’assurance chômage.

    Plus encore, les allégements fiscaux engagés depuis 2017 ont principalement bénéficié aux plus aisés. L’Institut des politiques publiques (IPP) a ainsi mis en évidence que les 1 % des ménages les plus aisés avaient gagné en moyenne quatre fois plus grâce aux baisses d’impôts que les 5 % des ménages les plus modestes (5). Par exemple, la suppression de l’ISF a bénéficié aux 350 000 foyers parmi les plus riches, représentant une perte de 4,5 milliards d’euros par an pour les finances publiques (6).

    De même, les allègements fiscaux sur les revenus du capital ont entraîné un transfert significatif de richesse vers le sommet de la pyramide sociale. En revanche, les classes moyennes et les plus modestes ont surtout pâti des réductions de certaines prestations sociales (allocation logement, indemnités chômage). La réforme de l’assurance chômage s’inscrit dans une continuité de décisions politiques qui privilégient les plus favorisés aux dépens des plus vulnérables.

    Le calcul budgétaire de cette réforme est incertain

    Les effets cumulatifs des réductions de dépenses sociales sur les classes moyennes et populaires et des baisses d’impôts au profit des plus aisés risquent de creuser davantage les inégalités. En restreignant l’accès aux allocations chômage (l’éligibilité serait fixée à huit mois travaillés sur une période de vingt mois), cette réforme va directement toucher les plus précaires, notamment les personnes en fin de contrats à durée déterminée ou en période d’essai.

    Les moins de 25 ans notamment, qui ne sont pas éligibles au RSA, pourraient ainsi se trouver sans emploi et avec très peu de ressources. Au-delà des conséquences sociales potentielles d’une telle réforme, le calcul budgétaire de cette réforme est incertain : les économies générées par la réforme de l’assurance chômage (estimées à 3,6 milliards d’euros) pourraient être compensées par la hausse du recours au RSA. Ceci aurait pour conséquence de fragiliser l’équilibre budgétaire des départements, chargés du versement de cette prestation.

    Le système français d’indemnisation du chômage repose essentiellement sur un principe assurantiel : le chômage est un droit contributif, calculé par rapport à des cotisations versées. Par ses réformes successives, l’Etat fragilise progressivement ce principe fondateur de notre système de protection sociale. Pour corriger ses erreurs de pilotage budgétaire, le gouvernement décide ainsi de poursuivre la fragilisation du tissu social, au détriment de mesures plus justes comme des hausses d’impôts ciblées ou une véritable politique d’efficacité de la dépense publique.

    (1) Prévisions financières de l’Unédic, février 2024.

    (2) Insee, « Portrait social 2023 », novembre 2023.

    (3) Cour des comptes, « Rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques », 2023.

    (4) Mission d’information sur la dégradation des finances publiques depuis 2023, audition conjointe d’économistes, Sénat, 15 mai 2024.

    (5) Effets redistributifs des mesures socio-fiscales du quinquennat 2017-2022 à destination des ménages, Institut des politiques publiques (IPP), mars 2022.

    (6) Comité d’évaluation des réformes de la fiscalité du capital – Rapport final, France Stratégie, octobre 2023.

    #chômeurs #chômage #guerre_aux_pauvres

  • Le patron des Jeunes avec Macron, « au chômage pendant la campagne » avec 2 500 euros par mois
    https://www.politis.fr/articles/2024/05/ambroise-mejean-patron-jeunes-macron-chomage-campagne-europeennes-2-500-euro

    « Mais qu’il est con ! ». Ce cri du cœur d’une huile macroniste s’adresse à Ambroise Méjean. Le président des Jeunes avec Macron (JAM) – qui fait campagne pour Valérie Hayer et la liste de la majorité présidentielle pour les élections européennes où il figure à la 20e place –, fait scandale après la publication d’une vidéo sur Tiktok. Le candidat répondait à une question « Salaire VS métier », une tendance sur le réseau social, qui vise à interroger des passants dans la rue sur leur profession et le montant de leur rémunération.

    https://video.twimg.com/ext_tw_video/1791209423995613184/pu/vid/avc1/664x1280/TjYGWdFSrijJhQhr.mp4

    À l’écran, le président des JAM déclare, avec une certaine candeur, qu’il est « au chômage pendant la période électorale » et touche « à peu près 2 500 euros mensuels », donc des indemnités versées par France Travail. La vidéo a été publiée il y a cinq jours et a depuis été relayée sur le réseau X (ex-Twitter) par @AvecLePS, un compte qui se présente comme « citoyen pour l’union de la gauche et l’union des socialistes ».

    • Et toujours cette question : comment c’est possible, une telle collection de débiles profonds ? À chaque fois, c’est toujours cette sidération : la macronisme attire les pires crétins, mais à un point, c’est proprement invraisemblable. On n’a certes pas les meilleurs des meilleurs dans notre personnel politique en général, mais avec ceux-là on atteint des niveaux…

      D’ailleurs Chapoutot posait encore la question hier :
      https://www.liberation.fr/idees-et-debats/opinions/au-gouvernement-le-nimporte-quoi-permanent-des-bebes-chirac-par-johann-ch

      Immanquablement, la question se pose : pourquoi tant de sottises ? Il y a un problème de compétence voire, tout simplement, de niveau, c’est certain.

    • Ça fait juste des années que je répète ça, le rasoir d’Hanlon, toussa, toussa. Et le gouvernement Macron, c’est de la crème, même au plus haut niveau. Avec Macron, Attal, Darmanin et Le Maire, on a une dream team pour remporter le relais 4x100m des connards suprêmes. C’est même plus des suppôts du capital, juste des crétins finis. Quelque chose de vertigineux. Sans compter qu’il s’agit de complaire à un électorat de plus en plus sénile.

  • IDF chief said to upbraid Netanyahu for failing to lay out postwar strategy for Gaza | The Times of Israel
    https://www.timesofisrael.com/idf-chief-said-to-unbraid-netanyahu-for-failing-to-lay-out-post-war-p

    “We are now operating once again in Jabaliya. As long as there’s no diplomatic process to develop a governing body in the Strip that isn’t Hamas, we’ll have to launch campaigns again and again in other places to dismantle Hamas’s infrastructure,” Halevi was quoted by Channel 13 as saying. “It will be a Sisyphean task.”

    […]

    Hamas has reportedly reasserted significant civil control in a number of areas of the enclave after troops swept through and then left.

  • Elie Barnavi : Les étudiants sont bêtes et Bibi est foutu | Libé | 11.05.24

    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/elie-barnavi-ni-sinwar-ni-netanyahou-nont-interet-a-ce-que-la-guerre-sarr

    Les étudiants [Belges] ont exigé aussi que l’ULB coupe les ponts avec mon alma mater, l’université de Tel-Aviv, et je crois savoir que l’organisme qui regroupe les recteurs francophones de Belgique s’est prononcé en ce sens. L’université de Tel-Aviv est une très grande institution, un bastion libéral. Cela n’a pas de sens ! Se rend-on seulement compte que ce genre de décision est un magnifique cadeau pour Nétanyahou, une preuve de plus pour lui que nous sommes seuls contre tous, droite et gauche réunies face à une meute d’antisémites ? Tout cela est consternant de bêtise et d’ignorance. [...] Mais ce qui se passe à Sciences-Po n’est pas reluisant non plus. [...] Que savent ces jeunes de Paris ou d’ailleurs des souffrances des peuples, des racines de leur conflit, des solutions possibles ? Rien. Et c’est fort commode. Pourquoi se compliquer l’existence avec des nuances, alors que choisir son camp et diaboliser l’autre est tellement simple et satisfaisant ?

    Ok boomer ?

    N’y a-t-il pas un risque qu’Israël reprenne le contrôle total de Gaza ?

    Non, je ne le pense pas. Les Américains ne le veulent pas, l’armée israélienne non plus. En fait, nous sommes coincés dans une espèce d’entre-deux d’où le gouvernement est incapable de nous extraire. Or, Israël est en train de perdre cette guerre. [...] Les Américains ont un plan assez complexe, qui intègre le local, le régional et l’international, mais il est fondé sur une composante palestinienne dont Nétanyahou ne veut pas entendre parler. [...] dès que la guerre va s’arrêter, peut-être même avant, sa coalition se désintégrera. Nétanyahou est pris dans une toile de contradictions insurmontables à la longue.

    Sure.

  • Violette, on t’aime ! Et merci Libé | Libé | 22.04.24

    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/pourquoi-jai-demande-lannulation-de-la-conference-hassan-melenchon-a-luni

    Tribune

    par Violette SPILLEBOUT, députée de la 9e circonscription du Nord (Renaissance)
    publié le 22 avril 2024 à 17h02

    Ils crient, s’offusquent, s’insurgent… C’est la liberté d’expression qu’on assassine ! tonnent-ils avec des accents révolutionnaires, destinés à effrayer leurs partisans et à tétaniser leurs opposants. Pour l’immense majorité des élus LFI et ceux qu’ils bernent, ce principe sacré est le nouveau credo de leurs manœuvres politiques. Peu leur importe de franchir le point Godwin, ce seuil où l’on bascule dans l’excès absolu et le ridicule, dans l’espoir de discréditer ses contradicteurs ou d’étouffer un débat. Sacré ironie n’est-ce pas ? Au nom de leur liberté, nous devrions donc tous la boucler. Telle est la conception de la liberté d’expression de Jean-Luc Mélenchon, de ses affidés et de certains de ses partenaires de la Nupes.

    Les mêmes qui réclament avec fracas l’interdiction de CNews ou autres médias dont les idées les insupportent ; les mêmes qui encouragent parfois leurs militants à perturber les meetings d’adversaires ; les mêmes qui sanctionnent à l’Assemblée nationale des élus de leurs propres partis pour leurs prises de parole dissonantes… Ces tartuffes de la liberté de parole, qui multiplient les procès en sorcellerie, ont pourtant décidé d’exploiter jusqu’à la nausée ce filon, après qu’un de leur sulfureux meeting avec Rima Hassan – sous le coup d’une enquête pour apologie du terrorisme –, ait été annulé dans une université. Celle de Lille en l’occurrence.

    Députée du Nord, je me suis opposée à cette opération d’embrigadement, présentée comme une conférence qui aurait été bien éloignée d’un moment de dialogue apaisé et pluriel. Parce que cette réunion était bel et bien un meeting, en pleine campagne des européennes. C’est précisément ce dont M. Mélenchon s’exaspère. L’un de ses meetings électoraux aurait été empêché. Mais de quelle liberté parle-t-on ?

    Dans une incroyable pirouette, et en totale hypocrisie, LFI prétend être victime de censure. Ce fracas, visant à se victimiser en diabolisant l’adversaire, doit être dénoncé avec force.
    [...]
    Le fracas organisé par LFI, qui, en réalité, a pu tenir librement son meeting à Roubaix, puis son rassemblement à Lille-Moulins, ne doit pas assourdir le débat et occulter les véritables périls démocratiques. La liberté d’expression de LFI n’est aucunement en danger. La liberté d’expression au sein des universités, elle, est bel et bien menacée. A défaut de pluralisme, elles sont le jouet des prosélytes qui rêvent d’y faire régner la terreur intellectuelle.

    Je continuerai de m’opposer de toutes mes forces au noyautage des facultés par toute pensée unique. Précisément, au nom de la liberté d’expression.

    • en français, on dit : « après qu’un de leurs meeting A été annulé »

      me semble avoir lu, par ailleurs, que contrairement à ce que prétend la dame, le meeting n’a pas pu se tenir dans une autre salle.

    • Et sinon, petit tour du propriétaire assez complet chez Mediapart hier soir : https://www.mediapart.fr/journal/france/230424/apologie-du-terrorisme-mathilde-panot-convoquee-derniere-d-une-longue-list

      la conclusion :

      « À titre personnel, je me demande quand je vais être convoquée par la police, vu le peu de bases dont elle dispose pour accuser les uns et les autres. Le seul fait de dire que tout n’a pas commencé le 7 octobre devient de l’apologie du terrorisme » - Anne Tuaillon, présidente de l’Association France-Palestine Solidarité (AFPS).

      et le chapo

      385 signalements pour des propos liés à la guerre au Proche-Orient ont été transmis à la justice entre le 7 octobre et le 31 décembre 2023. Une enquête a été lancée dans presque tous les cas.

    • Important, et pourtant pas commenté publiquement :

      385 signalements […] Une enquête a été lancée dans presque tous les cas.

      Ce qui signifie qu’on a 4 ou 5 personnes « connues », et derrière 380 anonymes qui sont en train de se taper une procédure pour apologie du terrorisme, et ces 380 sont seuls face au système, parce qu’on ne parle que de la poignée de personnalités politiques ou syndicales.

      Et ainsi, même si, comme pour Meurice, les procédures vont s’éteindre pour les vedettes, les 380 derrières risquent d’en prendre plein la gueule dans le silence général. Et le vraie répression sera là (comme pour les Gilets jaunes et les jeunes lors des révoltes des cités).

  • Giorgia Meloni assigne l’historien Luciano Canfora en justice pour diffamation, une aberration
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/giorgia-meloni-assigne-lhistorien-luciano-canfora-en-justice-pour-diffama

    Pour avoir qualifié la Première ministre italienne de « néonazie dans l’âme », le chercheur comparaît devant la justice italienne le 16 avril, alerte un collectif d’une centaine d’intellectuels et de journalistes. La dirigeante met l’Italie en coupe réglée et s’attaque à tous les contre-pouvoirs.
    –—
    A l’heure où les libertés académiques sont menacées partout dans le monde, nous, historiens, philologues, philosophes, éditeurs, journalistes, souhaiterions alerter l’opinion publique sur une affaire extrêmement grave, et qui n’a pourtant jusqu’à présent fait l’objet d’aucun article dans la presse française.

    Le 16 avril prochain aura lieu à Bari un procès sans exemple en Europe depuis 1945. L’historien #Luciano_Canfora, l’un des plus grands intellectuels italiens, est attaqué en #diffamation, à 81 ans, par nulle autre que la cheffe du gouvernement, Giorgia Meloni.

    Voici les faits qui lui sont reprochés : il y a deux ans, lors d’une conférence dans un lycée, Luciano Canfora a qualifié #Giorgia_Meloni de « néonazie dans l’âme ». Il faisait par là allusion au fait que le parti qu’elle dirige, Fratelli d’Italia, trouve ses origines historiques dans la « République de Salò » (1943-1945), sorte de protectorat #nazi gouverné par un #Mussolini Gauleiter du IIIe Reich, et qui fit régner dans l’#Italie du Nord un régime de terreur que les Italiens désignent couramment sous le nom de « nazifascisme ». Cette filiation est incontestable. Et de fait, Fratelli d’Italia arbore toujours la flamme tricolore du Mouvement social italien (MSI), dont le nom reprenait la titulature de #Salò : République sociale italienne (RSI).

    Le fondateur de ce parti, Giorgio Almirante (1914-1988) affirmait encore en 1987 que le fascisme était « le but ultime » (« il traguardo ») de son parti. Ces origines n’ont jamais été reniées par Giorgia Meloni, qui célébrait récemment Giorgio Almirante – rédacteur de la revue raciste et antisémite la Difesa della Razza (de 1938 à 1943), puis chef de cabinet d’un ministre de Salò – comme « un politique et un patriote, un grand homme que nous n’oublierons jamais », ni d’ailleurs par aucun des membres de son parti, à commencer par le président du Sénat, Ignazio La Russa, qui se vante d’avoir chez lui des bustes de Mussolini.

    Tous, systématiquement, refusent de se définir comme antifascistes : c’est comme si, en France, un gouvernement refusait de revendiquer l’héritage de la Résistance. De là des scènes pénibles, comme lorsque Ignazio La Russa, en visite au Mémorial de la Shoah en compagnie d’une rescapée des camps, la sénatrice Liliana Segre, répond aux journalistes qui lui demandaient s’il se sentait, ce jour-là, « antifasciste » : « N’avilissons pas ces occasions. »

    Giorgia Meloni n’a jamais condamné les manifestations néofascistes récentes, notamment celle qui a eu lieu récemment à Rome, Via Acca Larentia, ni les violences néofascistes comme le passage à tabac de lycéens à Florence l’an dernier, et elle s’est même permis – ce qui est une première en Italie – de tancer le président de la République, le très modéré Sergio Mattarella, parce que, conformément à ses fonctions de gardien de la Constitution, il avait protesté contre la violence inouïe avec laquelle la police avait réprimé des manifestations pacifistes d’étudiants à Pise et à Florence.

    Très loin de l’image modérée qu’elle projette sur la scène internationale, Giorgia Meloni est, en réalité, en train de mettre l’Italie en coupe réglée. Elle ne cache nullement son intention de faire évoluer l’Italie vers le modèle illibéral de la Pologne et de la Hongrie. « On pense que c’est inconcevable, mais cela pourrait arriver », déclarait en début d’année Giuliano Amato, ancien Premier ministre et président émérite de la Cour constitutionnelle. Peu après, et comme par hasard, le ministère de la Justice annulait à la dernière minute une présentation de son dernier livre devant les détenus d’une prison… C’est que cette politique comprend un volet culturel fondamental, qui n’épargne même pas un dessin animé comme Peppa Pig (un épisode montrait un jeune ours polaire élevé par un couple de lesbiennes). Il s’agit, comme l’affirmait Gianmarco Mazzi, secrétaire d’Etat à la Culture, de « changer la narration du pays ».

    Tous les contre-pouvoirs possibles sont visés : médias publics, institutions culturelles, animateurs vedettes, journalistes d’investigation, et bien sûr intellectuels. Une émission récente recensait un nombre de procès impressionnant (et la liste n’est pas exhaustive) : le ministre du Développement économique, Adolfo Urso, attaque La Repubblica et Report ; le ministre de la Défense, Guido Crosetto, attaque Domani et Il Giornale ; le Secrétaire d’Etat Giovanbattista Fazzolari attaque Domani, La Stampa et Dagospia.

    La sœur de Giorgia Meloni s’invite à la fête en attaquant en justice un caricaturiste du Fatto Quotidiano. Les deux sœurs se sont même associées pour poursuivre chacune de son côté Brian Molko, le chanteur du groupe britannique Placebo… On apprend maintenant que le ministre de l’Agriculture Francesco Lollobrigida, beau-frère de Giorgia Meloni, poursuit une professeure de philosophie de La Sapienza, Donatella di Cesare, mais aussi le recteur de l’université pour étrangers de Sienne, Tomaso Montanari. « Ils ont la peau délicate », ironise Pier Luigi Bersani (PD).

    C’est dans ce contexte que Giorgia Meloni a fait condamner le grand écrivain Roberto Saviano à 1 000 euros de dommages en première instance (elle en demandait 75 000) pour avoir osé traiter de « salauds » la Première ministre et son vice-Premier ministre Matteo Salvini suite à la mort d’un bébé sur un bateau de migrants : « Giorgia Meloni me considère comme un ennemi », expliquait l’écrivain. « Sa volonté et celle de ses associés au gouvernement est de m’anéantir. […]. Ils ont traîné en justice la parole, la critique politique. Ils ont contraint des juges à définir le périmètre dans lequel il est possible de critiquer le pouvoir », explique-t-il à Libération.

    Luciano Canfora, qui jouit d’une immense notoriété dans son pays, est donc la prochaine cible. « Un des succès de Giorgia Meloni », faisait observer Federico Fubini, du Corriere della Sera, « c’est qu’elle est parvenue à rendre presque impoli le fait de lui demander ce qu’elle pense du #fascisme  ». C’est précisément cette impolitesse qu’a osé commettre le savant helléniste.

    Nous sommes loin de partager tous les positionnements politiques de Luciano Canfora. Nous n’en sommes que plus libres pour affirmer son droit absolu à les exprimer. Bien plus : c’est notre devoir. Comme le formula si fortement l’un des plus grands juristes du siècle dernier, Oliver Wendell Holmes (1809-1894) : « S’il y a un principe […] qui exige plus impérieusement que tout autre d’être respecté, c’est le principe de la libre-pensée – non pas la liberté de pensée pour ceux qui sont d’accord avec vous, mais la liberté pour la pensée que vous détestez. » Freedom for the Thought That We Hate : ce fut le titre d’un grand livre d’Anthony Lewis. Il devient plus qu’urgent de le traduire.

    Toutes et tous, le mardi 16 avril, nous serons présents en pensée au tribunal de Bari, aux côtés du professeur Luciano Canfora.

    • Le bureau du procureur de Bari, à l’issue de l’audience préliminaire, a confirmé l’ouverture d’un procès, le 7 octobre prochain. « La Première ministre sera très certainement appelée pour témoigner à la barre », a souligné l’avocat de Luciano Canfora auprès de l’agence ANSA.

  • Grandeur langagière de La France insoumise, par Geoffroy de Lagasnerie – Libération
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/opinions/grandeur-langagiere-de-la-france-insoumise-par-geoffroy-de-lagasnerie-202
    https://www.liberation.fr/resizer/w7kgR4zJ18LSTPxMb9CzYEijpfM=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70):focal(2065x3613:2075x3623)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/BGFHMRLGZFAD7AMF5P5YGPNPCE.jpg

    Pour le sociologue et philosophe, l’offensive idéologique contemporaine qui cherche à discréditer LFI vise l’idée même de gauche. Praticien de la confrontation linguistique, le parti de Jean-Luc Mélenchon affirme l’exigence d’un langage politique frontal. Enfin du réel en politique !

    L’Insoumission présente une ITW du sociologue de cette manière sur son compte 𝕏 :
    https://twitter.com/L_insoumission/status/1776189270526484635

    🔴 Tout comprendre aux attaques contre LFI - L’analyse implacable du sociologue Geoffroy de Lagasnerie

    Pas un jour ne passe sans que les positions de Jean-Luc Mélenchon et de la France insoumise soient la cible d’attaques, de salissures, de déformations par de nombreux médias et personnalités politiques. Les « excès », les « ambiguïtés » et autres formules du même calibre inondent les médias, et marquent une campagne d’injure systématique qui a par ailleurs pris une intensité inédite depuis le 7 octobre et l’appel au cessez-le-feu du leader insoumis.

    Le philosophe Geoffroy de Lagasnerie analyse avec brio la signification de ces attaques et commentaires fielleux permanents. Dans une récente tribune intitulée « Grandeur langagière de la France insoumise », ce praticien de la confrontation linguistique analyse la signification de l’offensive médiatico-politique qui cherche à discréditer LFI, et par là même à discréditer l’idée même de gauche explique le philosophe. Dans un entretien publié sur la chaine « Nouvelles Pensées critiques » ce jeudi 04 avril, le philosophe poursuit la même analyse : « Quand on se définit du côté des forces progressistes. c’est important de ne rien céder sur le soutien à LFI. Les attaques contre LFI et JLM traduisent une guerre contre la gauche » explique t-il, en soulignant que la radicalité est « la propriété essentielle de la gauche ». Partout où ce langage de confrontation disparait, la gauche disparait elle aussi. Tel est l’enjeu expliqué par le sociologue. De la confrontation nait la conscience. Et de cette conscience nait l’alternative de rupture avec l’ordre capitaliste.

    Découvrez l’entretien complet sur la page Youtube de Nouvelle pensée critique ⤵️

    L’ITW sur Youtube (que je compte regardécouter) :
    https://www.youtube.com/watch?v=FIQc7poe0as

  • Quatremer remet en place la CIJ | Libé | 24.03.24

    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/opinions/la-qualification-de-genocide-a-gaza-une-accusation-de-trop-20240324_KIQO7

    j’en suis resté bibi. Et Libé accepte de publier ça...

    par Jean Quatremer
    publié le 24 mars 2024 à 20h31

    Le Hamas, à défaut de remporter la guerre sur le terrain, est en passe de l’emporter sur le plan idéologique en imposant son récit sur un prétendu génocide qui serait en cours à Gaza. C’est vrai dans le « Sud global », c’est vrai au sein d’une partie de la gauche occidentale et française. Ainsi, vendredi, à Riom (Puy-de-Dôme), Jean-Luc Mélenchon, le patron de LFI, a dénoncé, encore une fois, la « politique méthodique et organisée de génocide » qui serait en cours. L’horreur de ce qui s’y passe est indiscutable. La nécessité que cela cesse au plus vite évidente. Mais la qualification de génocide, est, elle, hautement contestable. Il ne s’agit pas de nier la gravité de la situation mais l’utilisation de ce terme, qui a un sens juridique précis, vise à délégitimer Israël, dont l’existence est en grande partie fondée sur la Shoah – qui a causé la mort d’environ 6 millions de Juifs d’Europe entre 1939 et 1945 – en l’accusant d’une barbarie équivalente à celle des nazis. Le piège dans lequel tombe une partie des opinions publiques et des Etats qui font leur ce récit est terrifiant, car le Hamas ne veut pas seulement en terminer avec un régime politique, mais veut l’anéantissement d’un pays et de sa population.

    Le Hamas il est un peu à la ramasse, s’il veut anéantir Israël.

  • Eric Sadin, philosophe : « Pas besoin d’être devin pour saisir que quantité d’emplois à haute compétence cognitive vont être broyés par l’IA » – Libération
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/eric-sadin-philosophe-pas-besoin-detre-devin-pour-saisir-que-quantite-dem
    https://www.liberation.fr/resizer/Eg1j8p5Q7EGy0KfSULFuQoln9UU=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/GF3U2ABJOFEXJKVYTEIFIXHFAA.jpg

    L’annonce le 14 mars d’un partenariat entre OpenAI et le Monde n’en finit pas de faire débat. Le journal accepte d’alimenter avec ses articles le moteur de réponse Chat GPT en échange de revenus conséquents : de quoi fiabiliser la machine avec des contenus actualisés « faisant autorité », tout en évitant le pillage sauvage du travail de ses journalistes. Du gagnant-gagnant ? « Cette situation incarne l’aliénation de l’intention journalistique d’éclairer le public, détournée pour nourrir des intelligences artificielles et, ainsi, accroître leurs rôles dans l’espace public », réagissait dans Libération Marius Bertolucci, chercheur en science de gestion et auteur de l’Homme diminué par l’IA (éditions Hermann, octobre 2023), appelant les autres grands médias français à bloquer la machine. Juristes, architectes, experts-comptables, traducteurs professeurs… Dans un entretien, le philosophe Eric Sadin explore

  • Les vrais défis pour l’École sont ailleurs | Stéphane Bonnéry, 31 août 2013
    https://www.contretemps.eu/defis-ecole-inegalites

    Les promoteurs des réformes de l’École au service du capitalisme sont là devant une contradiction : comment conduire 50 % d’une génération à bac+3 tout en dépensant le moins possible ? L’une des réponses esquissées par les décideurs repose sur le couplage qui se dessine entre le lycée et la licence. Sans que cela ne soit jamais dit, le gouvernement prépare le financement de l’augmentation du nombre d’étudiants en licence notamment par la réduction du nombre de lycéens. Il s’agit, avec ce rapprochement du lycée et de la licence, de créer un tuyau dans lequel il y aura le moins de déperditions possibles en cours de route. Un jeune dont les probabilités d’aller jusqu’à la licence sont faibles n’a pas sa place au lycée dans cette vision-là. [...]

    En amont du couple lycée-licence, dans les réformes et projets de réformes précédents, cela n’a jamais été dit, mais le lien entre les choses est trop évident : pour que seuls les jeunes qui ont une chance raisonnable de ne pas sombrer au lycée général dans de telles conditions accèdent à celui-ci, cela suppose de faire le tri en amont du lycée. Et donc de couper le collège du lycée (ce qui revêt pour les décideurs l’avantage annexe d’affaiblir la force de résistance du SNES). Le collège est alors rapproché de l’élémentaire, dans le cadre du socle commun : les uns n’auront que celui-ci pour horizon, qui marquera la sortie de l’École, tandis que les autres se verront enseigner davantage. Cette logique conduit, mécaniquement, à préparer progressivement des classes officiellement de niveaux, et même des établissements de niveaux : les uns établissements du socle, les autres établissements du programme complet.

    • Education : quand l’extrême droite dicte le programme d’Emmanuel Macron | par Jean-Paul Delahaye, le 26 mars 2024
      https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/education-quand-lextreme-droite-dicte-le-programme-demmanuel-macron-20240

      Les groupes constitués au collège vont nécessairement instituer une séparation des contenus et des élèves avant même la fin de la scolarité obligatoire. C’est le think tank Fondapol, ancré à droite, qui a théorisé cette sortie de scolarité commune en 2012. Partant du constat qu’il existe « de terribles contradictions entre le discours homogénéisant de l’école républicaine et les réalités d’une société désormais fragmentée et multiculturelle » il faut, et la proposition a le mérite de la clarté, « organiser la différenciation des programmes pour répondre à la différenciation sociale et culturelle », afin « de mieux assurer l’égalité des chances (sic !) ».

      Cela ressemble tout de même beaucoup aux propos entendus récemment. Les responsables de Fondapol vont plus loin et proposent en conséquence de créer de nouveaux établissements pour les élèves en difficulté, des écoles qu’ils osent appeler en utilisant de façon scandaleuse la terminologie progressiste des années 70, « écoles fondamentales ». Dans ces écoles d’un nouveau genre, les enseignants seraient payés double (ce qui ne coûterait rien, car il y aurait moins de disciplines enseignées), qui se concentreraient sur trois matières : français, mathématiques et éducation physique et sportive, en opposition au « collège général » réservé aux élèves qui vont bien. On n’en est pas encore là mais faut-il s’y préparer ?

      L’Ifrap, think tank ultralibéral, ne disait pas autre chose en 2015 en parlant « d’échec massif » du collège unique : « Par aveuglement et par confusion idéologiques, nous avons collectivement refusé d’admettre qu’à des élèves différents les uns des autres, il ne faut pas, au nom de l’égalité des chances, proposer les mêmes choses (même accommodées à la “sauce” interdisciplinaire ou transdisciplinaire ou artistico-culturelle) mais bien des contenus, des méthodes et des perspectives de formation différenciés. » On retrouve là les propos séparatistes d’Alfred Fouillée à la fin du XIXe siècle qui pouvait déclarer : « Il est douteux qu’à vouloir tout mêler, on puisse tout élever. »

      Le Rassemblement national n’est pas en reste et a fourni au gouvernement des éléments de la boîte à outils destinés à démolir le projet d’école démocratique. Pour le RN, la « baisse constante du niveau » a une cause : le mérite et l’exigence auraient « laissé la place au nivellement par le bas ». Le « bas », si on comprend bien, c’est le peuple, quel mépris… [...]

      La labellisation des manuels scolaires voulue par Gabriel Attal ? C’est une proposition du RN : « Reprendre en main le contenu et les modalités des enseignements. Le détail des programmes et les labels validant les manuels scolaires relèveront du ministre de l’Education nationale. »

      Le diplôme du brevet qui devient un examen d’orientation ? C’est encore une proposition du RN : « Pour redonner au collège une place centrale dans la réussite des élèves, le diplôme national du brevet deviendra donc un examen d’orientation post-3e : en fonction des résultats de l’élève et de ses bulletins scolaires, celui-ci sera orienté vers l’enseignement général et technologique, vers l’enseignement professionnel ou vers l’enseignement des métiers par l’apprentissage. » Notons que le gouvernement va plus loin en décidant que le diplôme du brevet devienne obligatoire pour passer en seconde, quelle qu’elle soit.

      Le port d’un uniforme par les élèves ? C’est toujours le RN : « Port d’un uniforme à l’école primaire et au collège. »

      Finalement, l’extrême droite est déjà à la manœuvre dans le domaine éducatif comme elle l’est sur d’autres sujets.

      En conduisant cette politique de restauration pas très républicaine, les actuels gouvernants disent aux enfants issus des milieux populaires que le collège ne sera jamais pensé pour eux et qu’en conséquence, ils doivent aller voir ailleurs. Pour eux, le collège, qui devrait pourtant être le bien commun de tous les citoyens, n’a pas à s’adapter à tous les élèves. Propriété, de fait, des élites intellectuelles et économiques qui en ont fait un petit lycée général, le collège doit accomplir la mission dans laquelle on l’a enfermé : trier et « orienter » les élèves non conformes.

  • ASMA MHALLA

    Les géants de la tech déploient une vision du monde cohérente, comme dans toute folie

    Dans l’essai « Technopolitique », la chercheuse à l’EHESS analyse la façon dont les grandes entreprises technologiques, avec leurs innovations ultrasophistiquées, redessinent les rapports de pouvoir avec l’Etat. Ce qui rend nécessaire une réponse démocratique.

    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/asma-mhalla-les-geants-de-la-tech-deploient-une-vision-du-monde-coherente

    https://justpaste.it/bpo3a

  • Et la jambe gauche du macronisme ? | Libé | 31.01.24

    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/vincent-martigny-avec-macron-et-attal-on-vit-dans-un-film-de-claude-saute

    Les électeurs macronistes qui se situent à gauche, et qui continuent de se revendiquer comme tels, n’entendent pas du tout les mêmes choses : pour eux, Macron reste un homme d’Etat tempéré au ton plus ou moins social. Il se préoccupe des classes populaires, de la France qui souffre comme des classes moyennes. Il y a dans le discours d’Attal une tentative d’unir la France des perdants de la mondialisation et celle des classes moyennes. Le macronisme envoie des signaux à cette France qui gronde et dont il craint qu’elle ne bascule à l’extrême droite en 2027.

    Vincent Martigny - en interview.

    J’ai mal lu, ou il dit que Macron « craint » que sa jambe gauche ne bascule (elle aussi) à l’extrême droite ? Ça sera la faute à la gauche (macronique) si le FN gagne (enfin) en 2027 ??? « car c’est notre projeeeeet » ?

    • Ce qui l’intéresse [la Macronie], ce sont les classes moyennes, dont le basculement pourrait élire Marine Le Pen.
      [...]
      L’historien Nicolas Rousselier dit que le macronisme ne prétend pas à une vérité générale. Chaque dossier a sa vérité et tant pis si ces vérités se contredisent. Là encore, on peut y voir un héritage giscardien : tout libéral qu’il est, Macron cherche à parler à « la France des deux Français sur trois ». Cette France qui travaille mais est fragilisée par l’inflation, qui craint le déclassement, cette France de « l’angle mort » a-t-il dit un jour. Cet électorat, il le sait, est la clé de l’élection de 2027. S’il cède aux sirènes de l’extrême droite, c’est tout le pays qui basculera.

      ah ben dis donc, la France « des 2 français sur 3 », cette France de « l’angle mort »... Ça fait un sacré angle mort, 2/3.

    • J’en ai un peu marre de ce discours comme quoi ce sont des gueux qui sont fachos.

      Alors que ceux qui aiment ces valeurs, qui œuvrent dans ce sens et déroulent le tapis rouge, ce sont des bourgeois.

      Vu le bourrage de crâne permanent organisé par les médias et les politiques aux mains des bourgeois, je trouve en fait que les gueux sans cesse attaqués et stigmatisés résistent étonnamment bien à la propagande.

      Mieux que les classes moyennes, toujours engluées dans leur suivisme admiratif des valeurs bourgeoises, en fait.

    • Bah les gueux, traditionnellement, c’est plutôt des abstentionnistes, il me semble, non ? Ce faisant, en effet, ils résistent bien à la propagande. Mais je crois pas que Martigny parle des gueux ; il ne les considère même pas, de mémoire.

  • La France vit un tournant de son histoire (rien que ça) | Tribune / Libé | 22.01.24

    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/loi-immigration-les-francais-ne-sont-pas-fachos-20240122_SNPBBTH7RJHJ5DBC

    Louis Maurin, Directeur de l’Observatoire des inégalités

    La France vit un tournant de son histoire. La loi sur l’immigration votée par le Parlement consacre l’emprise du Rassemblement national (RN) dans notre vie politique. Les parlementaires votent presque tous les deux ans une loi sur le sujet, mais jamais ils n’étaient allés aussi loin. La décision du Conseil constitutionnel ne changera rien, le mal est fait.
    [...]
    L’extrême droite a réussi à imposer au sein d’une large partie des élites l’idée que « les Français » rejettent les étrangers, mais aussi que ce serait la raison de son succès dans les [b]urnes. Pour certains élus, en particulier chez Les Républicains (LR), la solution pour se rapprocher du peuple serait de s’aligner sur le discours du RN, en faisant jouer aux étrangers le rôle de bouc émissaire. Cette thèse, alimentée par les sondeurs, a contaminé un univers politique très large, y compris à gauche, et de médias éloignés de l’extrême droite mais qui y croient sincèrement. Nombre de militants et militantes pensent aussi que « les Français veulent moins d’immigrés ».

    De plus en plus fachos ? C’est mal connaître notre société et les valeurs profondes des Français.
    [...]
    quand on s’intéresse aux études qui mesurent l’opinion en profondeur (1). De moins en moins estiment que les immigrés sont trop nombreux. Et encore, ces enquêtes mélangent la part des « tout à fait d’accord » et « plutôt d’accord », deux positions très différentes si on y réfléchit un instant. Ainsi, la part de Français tout à fait d’accord avec l’affirmation « il y a trop d’immigrés est France » est passée, selon Kantar-Sofres, de 28 % en 2014 à 20 % en 2023.

    (1) « Rapport 2022 sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie », de la CNCD, mars 2023, Documentation française.

    • Le drame pour notre démocratie s’est joué au sein d’un petit groupe d’hommes et de femmes au Parlement en quelques jours, avec très peu de débats. Les 349 députés qui ont voté cette loi ont maintenant du temps pour méditer la portée de leur acte. Celui-ci résonnera dans notre histoire comme une atteinte majeure aux valeurs de la République française. Vis-à-vis d’eux-mêmes, de leurs proches et du pays tout entier, ils devront en porter le poids. Qu’ils y réfléchissent maintenant.

  • David Le Breton : « Avec les smartphones, la conversation est ébranlée pour la première fois dans l’histoire de l’humanité »

    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/david-le-breton-avec-les-smartphones-la-conversation-est-ebranlee-pour-la

    https://www.liberation.fr/resizer/lo4_Tp-uVN_gVvuwB7fbv-_vmuE=/377x0/filters:format(jpg):quality(70):focal(1728x2032:1738x2042)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/WYNQA5HT4NG4ZEBPEGZMCRSHUY.jpg

    Le professeur de sociologie à l’université de Strasbourg décrit la « rupture anthropologique » que le smartphone a créée dans nos vies.

    Comment qualifier la place qu’a prise le smartphone dans nos vies ?
    Il s’agit d’une colonisation totale de la vie quotidienne. Le smartphone a créé une rupture anthropologique dans le rapport à l’autre et à l’espace. Il suffit de regarder le trottoir de n’importe quelle ville du monde pour voir que les individus avancent tirés par leurs smartphones, se cognant les uns contre les autres. Prosternés devant leur écran, les visages disparaissent. Les enfants se retrouvent négligés par des parents happés par leur portable. Nous dormons même avec. Nombre de nos conversations sont interrompues par des interlocuteurs qui ont gardé leur téléphone en main et le consultent sans arrêt, ou le tirent de leur poche à la moindre notification.

    Cela revient à mettre sur pause l’existence de ceux qui nous entourent pour poursuivre une conversation avec des absents. Dans ce monde de la communication, la conversation devient un élément du passé. J’appelle conversation le fait d’être attentif à l’autre, disponible à sa parole, à son visage, dans une réciprocité, là où la communication implique distance et flottement. La conversation est ébranlée pour la première fois dans l’histoire de l’humanité.

    • Une place était à prendre indéniablement. Dans le cas contraire ce ne se serait pas produit. Fuire le regard de l’Autre était déjà là. Pas seulement chez les personnes souffrant de pathologies. Chacun parle de son côté sans écouter l’Autre depuis toujours et pas seulement lorsque les personnes sont bourrées. C’était moins visible c’est tout.

  • Tribune : Nous refusons que Sylvain Tesson parraine le Printemps des poètes, par un collectif dont Baptiste Beaulieu, Chloé Delaume, Jean D’Amérique…
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/nous-refusons-que-sylvain-tesson-parraine-le-printemps-des-poetes-par-un-

    Plus de 1200 poétesses, poètes, éditrices et éditeurs, libraires, actrices et acteurs de la scène culturelle française refusent la nomination de Sylvain Tesson, qu’ils considèrent comme une « icône réactionnaire », comme parrain du Printemps des poètes 2024.