« On peut regretter » la minute de silence pour Quentin Deranque à l’Assemblée, estime sa présidente Yaël Braun-Pivet
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Enfin l’extrême droite française a eu droit à son Schlageter et personne n’annulera la décision unanime des membres de l’assemblée nationale française de consacrer une minute de silence à une crapule.
Mais alors pourquoi Schlageter ? Les nazis avaient deux martyres principaux dont ils cultivaient la mémoire par des journées nationales et parsemaient le paysage de statues et monuments en leur honneur.
L’héro nazi le mieux connu est Horst Wessel, jeune étudiant doué et cultivé, auteur de l’hymne nationale nazie et mort dans une histoire de jalousie à la con à Friedrichshain, arrondissement berlinois rebâtisé Horst-Wessel-Stadt après 1933. C’était l’image sympatique du nazisme populaire.
L’autre figure de proue nazie n’a strictement rien de sympatique. Albert Leo Schlageter était un terroriste qu’un tribunal militaire français a condamné à mort à l’age de 28 ans pour des attentats. L’autre néonazi français remplit toutes le conditions d’un Schlageter. Borné et violent il a succombé aux conséquences de ses actes et pulsions ignobles.
Qu’on tire un trait, qu’on les oublie et qu’on fasse tout pour ne plus jamais tomber dans le piège d’accorder une dignité à ces conglomérations de cellules hideuses.
Récemment on a nivelé les restes de la tombe de Horst Wessel et de son père pasteur pour y faire cesser les réunions néonazies.
▻https://de.wikipedia.org/wiki/Albert_Leo_Schlageter
▻https://de.wikipedia.org/wiki/Horst_Wessel
25.3.2025 par LIBERATION, AFP - Plus d’un mois après l’insigne hommage rendu dans l’enceinte de l’hémicycle au militant néonazi qui disait « vouloir le fascisme », la présidente de l’Assemblée a estimé ce mercredi 25 mars qu’il s’agissait d’une erreur.
« Moi je soutiens Adolf mais chacun son truc », « noirs aux grosses narines et aux lèvres disproportionnées » ; « on ne veut pas vivre avec des Africains, qu’ils soient délinquants ou non ». Simone Veil : une « salope meurtrière ». Et en somme : « On veut le fascisme. » Voilà la logorrhée fasciste, raciste, antisémite et tutti quanti que Quentin Deranque, militant d’extrême droite radicale mort en février après avoir été frappé par plusieurs personnes cagoulées, publiait sur X par l’intermédiaire de trois comptes anonymes exhumés par Mediapart. Quentin Deranque, honoré cinq jours plus tard d’une minute de silence à l’Assemblée nationale.
Plus d’un mois après, voilà la présidente de l’hémicycle, Yaël Braun-Pivet, estimer ce mercredi 25 mars qu’« on peut regretter » cet hommage très exceptionnel. « Lorsqu’on regarde le profil de Quentin Deranque, effectivement, si on avait su à ce moment-là qu’il avait ce profil-là, je pense que probablement que la décision n’aurait pas été la même. Et que nous ne l’aurions pas faite », a déclaré Yaël Braun-Pivet sur Sud Radio, omettant que l’appartenance à la mouvance nationaliste du militant était pourtant fort bien documentée.
Se dédouaner
« Maintenant, ce que nous ne pouvons pas regretter, c’est la condamnation de la violence en politique », a ajouté la présidente de l’Assemblée nationale, rappelant comme pour se dédouaner qu’il s’agissait d’une décision collective après une demande formulée par le président du groupe UDR, Eric Ciotti, un allié du Rassemblement national. « Les onze présidents de groupe ont accepté de faire cette minute de silence », a-t-elle souligné. Début mars, Braun-Pivet s’était dite « choquée » après les révélations Mediapart.
Le meurtre de Quentin Deranque à Lyon, en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan, avait entraîné un déferlement de critiques sur le mouvement d’ultragauche de la Jeune Garde, fondé par le député LFI Raphaël Arnault et dont plusieurs membres sont mis en cause par la justice. Braun-Pivet a redit mercredi ne pas avoir « le pouvoir d’empêcher Raphaël Arnaud de revenir siéger dans l’hémicycle ». « En revanche, je trouve que, à titre personnel, moral, il est difficile de représenter la nation » dans son cas, a-t-elle jugé.
Minute de silence pour un néofasciste : l’Assemblée nationale blanchit l’extrême droite
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18.2.2026 par Daniel Matisa - Les deux chambres parlementaires ont accordé une minute de silence à Quentin Deranque, militant néofasciste, proche des groupes réactionnaires les plus racistes et violents du pays. Une décision dangereuse, qui participe à cautionner la rhétorique victimaire de l’extrême-droite et son opération de blanchiment.
Ce mardi, à 15h, l’ensemble des groupes parlementaires de l’Assemblée nationale, de la gauche à la droite, à l’exception du groupe LIOT, se sont levés pour accorder une minute de silence à Quentin Deranque, militant néofasciste, passé par bon nombre de groupuscules d’extrême droite, des royalistes aux dits « nationalistes révolutionnaires », ouvertement fascistes, antisémites et islamophobes. L’ensemble de la représentation parlementaire a donc rendu hommage à un militant de l’extrême droite la plus violente, qui participait l’année dernière à la manifestation du comité du 9 mai (C9M), ponctuée de saluts nazis, croix celtiques, militants masqués défilant au rythme de tambours inspirés de ceux de jeunesses hitlériennes.
La minute de silence avait été proposée par Éric Ciotti et son groupe UDR, allié du Rassemblement national. Des sources parlementaires indiquaient hier matin que « personne ne s’est opposé » à l’hommage lors de la conférence des présidents des groupes parlementaires. Si le PS, LFI et le PCF ont tenté d’élargir l’hommage à « l’ensemble des personnes qui ont été victimes de violences politiques » lors de la réunion, la réticence du reste des groupes aura suffi à les faire s’aligner sur l’action symbolique réclamée par l’extrême droite.
Pour cette dernière, cet hommage inédit à un des siens est une victoire importante, arrachée à la quasi-unanimité. L’année dernière, la même Assemblée nationale avait tout d’abord refusé de faire une minute de silence à Aboubakar Cissé, tué dans la mosquée où il priait, avant d’être contraint d’honorer la victime de ce terrible meurtre islamophobe. Seule voix discordante, celle du groupe LIOT, dont le député Paul Molac a expliqué en conférence de presse : « il y a bien un crime qui a été commis, pour l’instant j’aimerais en avoir les tenants et les aboutissants avant de savoir si véritablement il faut faire une minute de silence ou pas ».
Une prudence qui ne s’est pas retrouvée à gauche, alors que La France insoumise est la cible d’une offensive initiée par l’extrême droite, reprise au plus haut sommet de l’Etat, visant à criminaliser l’antifascisme et ses soutiens. Dans ce contexte, le député insoumis Antoine Léaument a par exemple qualifier l’hommage de « moment de recueillement important », souhaitant que la minute de silence « soit un moment digne qui permette d’apporter ce soutien de l’Assemblée nationale ». Un alignement intégral avec une décision plus que problématique, prise par l’Assemblée sous la pression de l’extrême-droite.
Alors même que les révélations du Canard Enchaîné ont largement remis en cause la version officielle, en publiant une vidéo inédite où l’on voit la bande néofasciste monter une embuscade à un groupe de militants antifascistes, l’hommage de l’Assemblée nationale vient offrir une victoire politique à l’extrême-droite. A l’heure où le gouvernement et l’extrême droite, main dans la main, construisent un récit autour de la mort de Quentin Deranque pour criminaliser la France insoumise et, plus généralement, la lutte contre l’extrême droite, il faut dénoncer cette politique.
A rebours de tout gage à l’extrême-droite et au régime, l’heure doit être de s’opposer à la campagne en cours de façon claire, en construisant une réponse unifiée du mouvement ouvrier et de l’ensemble des organisations qui s’opposent aux idées réactionnaires. Face aux attaques à venir, celle-ci doit notamment permettre de s’organiser pour défendre le droit de se réunir, de s’organiser et de manifester.
Liste des minutes de silence observées par l’Assemblée nationale française
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