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  • Législatives : la NUPES doit être comptabilisée comme une nuance politique unique
    Décision de justice 7 juin 2022
    https://www.conseil-etat.fr/actualites/legislatives-la-nupes-doit-etre-comptabilisee-comme-une-nuance-politiqu

    Le juge des référés du Conseil d’État enjoint aujourd’hui au ministre de l’Intérieur de prendre en considération la NUPES comme une nuance politique à part entière dans la présentation des résultats qui sera faite des élections législatives des 12 et 19 juin 2022. Il estime en effet que comptabiliser les partis politiques de cette coalition séparément peut porter atteinte à la sincérité de la présentation des résultats électoraux. (...)

    #législatives2022

    • https://www.liberation.fr/politique/legislatives-la-nupes-est-une-nuance-politique-a-part-entiere-tranche-le-

      Les partis politiques membres de la Nupes avaient donc saisi [fin mai] le Conseil d’Etat.

      Pour la plus haute juridiction administrative de France, « l’absence de comptabilisation sous une nuance unique, des suffrages portés sur les candidats de la Nupes, est susceptible de porter atteinte à la sincérité de la présentation des résultats électoraux ».

      En réaction, le ministère de l’Intérieur [qui avait tenté le coup de refuser le création de la nuance Nupes] dit « prendre acte de cette décision » et « procédera à la modification de la grille des nuances afin de créer la nuance Nupes ».

    • Pas de matériel électoral à changer, le refus par le ministrère de l’Intérieur de l’utilisation d’une nuance unique avait pour but de lui permettre de publier les résultats de la NUPES en les éclatant entre ses différentes composantes. Et, donc, d’éviter d’avoir à publier le « gros » pourcentage d’une gauche à peu près unie, plus gros certainement dans beaucoup de cas que celui d’un macronisme sans élan ou ceux d’une droite divisée et d’une extrême-droite éclatée en trois.

      Pure magouille de comm’. Ce que dit le Conseil d’État…

      • [la circulaire] est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation dès lors que l’absence de la nuance « NUPES » altère la lisibilité des résultats du scrutin en ne prenant pas en compte un courant politique majeur, en minorant le résultat de chaque composante politique de l’accord et en confondant dans la nuance « ECO » des formations politiques non représentées dans la coalition…

      qui, en des termes polis, accuse le ministère de tricherie manifeste :

      • [la circulaire] méconnaît le principe d’égalité dès lors qu’elle attribue une nuance politique au groupement représentant la majorité présidentielle mais refuse le même traitement à la coalition « NUPES »

    • le texte de la circulaire

      Le ministre de l’Intérieur
      à
      Mesdames et Messieurs les préfets et hauts-commissaires

      Dans le cadre des élections législatives qui se dérouleront les 12 et 19 juin 2022, vous serez chargés d’attribuer une nuance politique à l’ensemble des candidats aux élections législatives dans les différentes circonscriptions de vos territoires.

      1. Distinction entre étiquette politique et nuance politique
      Le décret n02014-1479 du 9 décembre 2014 relatif à la mise en œuvre de deux traitements automatisés de données à caractère personnel dénommés « Application élection » et « Répertoire national des élus » (ci-après « décret de 2014 »), pris après avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés et après examen du Conseil d’Etat, distingue l’étiquette politique, librement choisie par le candidat, de la nuance politique, attribuée par l’administration.

      Le choix de l’étiquette est laissé à la libre appréciation du candidat. I1 n’existe pas de catégories ni de grilles prédéfinies en la matière. Un candidat peut se déclarer « sans étiquette » ou n’en déclarer aucune. L’étiquette politique reflète les convictions ou engagements personnels du candidat dans le domaine politique et peut différer du parti indiqué au sein du formulaire de rattachement au titre de la campagne audiovisuelle ou au titre de l’aide publique.
      En revanche, vous êtes en charge de l’attribution des nuances aux candidats au regard des critères d’attribution présentés dans cette circulaire et de la grille qui lui est annexée. Cette nuance peut donc différer non seulement de l’étiquette déclarée dans la mesure où cette dernière est librement choisie et formulée, mais aussi du parti de rattachement au titre de la campagne audiovisuelle ou au titre de l’aide publique.

      L’attribution des nuances politiques est un préalable essentiel à l’analyse électorale et à la lisibilité des résultats des élections pour les citoyens. Vous veillerez donc à sélectionner avec soin la nuance que vous attribuerez de manière discrétionnaire à chaque candidat, et ce à partir du faisceau d’indices concordants et objectifs rappelé ci-après.

      https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf/circ?id=45330

      Comme indiqué, la nuance est utilisée dans l’Application élection, qui récupère les résultats des bureaux de vote et les consolide par commune et par circonscription. L’application permet aussi une consolidation nationale qui permet la communication des résultats au niveau des groupements politiques « habituels », c’est ici qu’intervient la nuance politique qui est le nom choisi pour ce critère de regroupement dans l’application. C’est le seul emploi de cette notion de nuance.

      Par ailleurs, le RNE, Répertoire National des Élus, liste la totalité des élus des différentes assemblées. Il comporte une variable étiquette politique déclarative : après chaque élection, la préfecture demande à chaque élu (nouveau ou renouvelé) de lui communiquer l’étiquette qu’il souhaite se voir attribuer.

      https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/repertoire-national-des-elus-1

    • Pas de matériel électoral à changer, le refus par le ministrère de l’Intérieur de l’utilisation d’une nuance unique avait pour but de lui permettre de publier les résultats de la NUPES en les éclatant entre ses différentes composantes.

      Certes, ils ne vont changer le matériel électoral maintenant, sauf que cela s’appelle un #calcul_politique honteux de la part du gouvernement, amha ce n’était pas le but unique du ministère de l’interieur d’affaiblir la NUPES dans la comptabilité des résultats finaux. Car il était assez évident que le Conseil d’Etat donnerait raison à la NUPES. Il n’empêche que rendre le verdict une semaine avant a été préjudiciable à la campagne de la NUPES, ne serait-ce que pour s’inscrire en préfecture comme candidat·e aux législatives ou dans les retours des médias qui s’en sont donnés à cœur joie contre Mélenchon.

    • c’est clair qu’il s’agit d’un calcul politique – on peut même dire franchement – comme l’a fait, à sa façon le Conseil d’État– d’une magouille, mais je me permets d’insister, le seul et unique emploi de la nuance politique se trouve dans l’application électorale.

      Au dépôt de candidature, les candidats déclarent librement une étiquette politique sous laquelle ils font ensuite campagne ; les préfectures n’ont pas leur mot à dire et ne peuvent qu’enregistrer cette déclaration. On peut même être certain que si elles interféraient, sous quelque forme, ce serait immédiatement retoqué par le CE, fournissant, éventuellement, un motif d’annulation ultérieure de l’élection.

      Pour le matériel électoral, c’est facile à vérifier puisque celui-ci est accessible en ligne à condition que les candidats en aient effectué le dépôt en ligne. C’est là :
      https://programme-candidats.interieur.gouv.fr
      l’étiquette NUPES

  • Castaner aux candidats #Renaissance : « N’essayez pas de ressembler à Emmanuel Macron, ça, ça touche au blasphème »

    https://video.twimg.com/amplify_video/1524094770859159553/vid/640x360/JNb_yFEyN6ewXdFn.mp4?tag=14


    Cours de communication de Castaner aux candidats macronistes.
    1er élément de langage : dire que les adversaires « veulent exister, empêcher, bloquer » en opposition à une « majorité d’action ». Cible numéro 1 : La France insoumise

    #LaFabriqueDePlaymobils

    https://www.franceinter.fr/politique/devant-ses-candidats-emmanuel-macron-denigre-l-union-a-gauche-qui-a-choi

    « Vous portez le seul projet véritablement écologique. À l’extrême gauche, vous avez un projet qui ne sait pas s’il est pour ou contre le nucléaire. Ils ne sont d’accord que sur la décroissance », a lancé le président. « Vous êtes le seul projet qui dit la vérité aux Français », « le seul projet crédible de justice sociale », « le seul projet crédible de concorde républicaine ». En s’adressant aux candidats, Emmanuel Macron déclare que « beaucoup à votre gauche comme à droite ont trahi leurs idéaux en acceptant des accords d’appareil ».

    « Vous devez vous battre ! Je compte sur vous ! » À un mois des élections législatives, ce grand raout doit permettre à Emmanuel Macron de mobiliser ses troupes. Au programme : team building, conseils pratiques et photo de famille.

    « Vous allez avoir à faire à un combat de conviction, mais c’est avant tout un combat de mobilisation ! » leur a lancé le chef de l’État. « Il vous reste 33 jours. Il n’y a plus une seconde à perdre. Jour et nuit, vous n’avez qu’un devoir et une responsabilité : aller partout et mobiliser ! Y aller matin, midi, soir et si besoin la nuit ! »

    Emmanuel Macron a appelé les candidats de la maison commune « Ensemble ! » - regroupant notamment LREM, le MoDem, Horizons et Territoires de progrès - a se mobiliser dans toutes les circonscriptions : « Il n’y a aucun territoire perdu, aucun gagné, rien n’est fait ! Durant les 33 jours, avec cette solidité, cette clarté, cette bienveillance, cette humilité, vous devez vous battre ! » Mais la tache ne sera pas facile, avertit le président : « Ce sera plus dur que ça ne l’a jamais été. »

    Macron, le triomphe de la politique de caniveau !

  • Manif contre l’extrême droite à Paris : « Mieux vaut un vote qui pue qu’un vote qui tue »

    Des milliers de personnes ont défilé dans toute la France ce samedi pour « dire non à l’extrême droite ». Au sein de la gauche, comme dans le cortège parisien, deux tendances cohabitent : ceux qui iront faire barrage et les abstentionnistes.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/160422/manif-contre-l-extreme-droite-paris-mieux-vaut-un-vote-qui-pue-qu-un-vote-

  • Ça fait toujours bizarre de lire le jeudi dans la bouche d’un député une partie des propos entendus le mardi en conférence de rédaction (moins l’enthousiasme, puisque la défaite était annoncée).

    https://www.monde-diplomatique.fr/audio/Podcast_diplo/2022-01-Episode_22.mp3

    Sur les limites de la stratégie « Terra Nova » qui cible la jeunesse progressiste de centre-ville et les quartiers populaires plutôt que la France des bourgs, la France Périphérique, François Ruffin : « Jusqu’ici, nous ne parvenons pas à muer en espoir la colère des “fâchés pas fachos” » https://www.liberation.fr/politique/francois-ruffin-jusquici-nous-ne-parvenons-pas-a-muer-en-espoir-la-colere

    Dimanche soir, à la tombée des résultats et l’élimination, malgré les 21,95 %, de Jean-Luc Mélenchon, quel a été votre premier sentiment ?

    D’abord de la fierté, la fierté du chemin parcouru. Je me suis dit : l’histoire continue, le fil n’est pas rompu. Parce que, sans Jean-Luc Mélenchon, sans nous avec lui, après les années Hollande, après sa créature Macron, la gauche pourrait être liquidée, enterrée. Nous avons ramassé un drapeau en guenille, et regardez maintenant comme il brille. C’est cette fierté que j’ai éprouvée pendant toute la campagne, avec des milliers de personnes dans les meetings, des dizaines de milliers dans les marches : nous sommes là, debout. L’espoir demeure. En même temps, ce dimanche à 20 h 01, c’est « caramba, encore raté ! » Je ne veux pas qu’on devienne des perdants magnifiques. L’équipe de France de mon enfance, celle de Platini, Giresse, Tigana et compagnie, elle était pleine de panache, comme nous, elle faisait les plus beaux matchs, comme nous, mais à la Coupe du monde de 82, à celle de 86, deux fois elle échoue en demi-finale, et deux fois contre l’Allemagne. Quand est-ce qu’on va jouer la finale ? Quand est-ce qu’on va l’emporter ?

    Comment jugez-vous la campagne de Jean-Luc Mélenchon ?

    Notre campagne, je l’ai trouvée joyeuse, un peu à contre-courant de l’époque. Parce qu’après deux années de Covid, avec la guerre en Ukraine, ils nous veulent comment ? Abattus, déprimés, résignés, « restez chez vous », etc. Contre ça, Jean-Luc est parvenu à apporter de l’énergie. C’est un peu notre Johnny, qui vient redonner « l’envie d’avoir envie ».

    Lorsqu’on observe les cartes, on voit que Mélenchon est fort dans les grandes villes et les quartiers populaires. Mais beaucoup moins dans la France périphérique.

    Au fond, ça montre l’efficacité de la campagne. Parce que Jean-Luc s’adresse aux Outre-mer, il s’y rend plusieurs fois, et il est élu président de la Guadeloupe, de la Réunion, au premier tour ! Jean-Luc veut la jeunesse progressiste de centre-ville, celle des marches pour le climat, il met le paquet, et il les emporte largement avec lui. Jean-Luc veut les quartiers populaires, il se pose comme l’anti-Zemmour, et la gauche retrouve droit de cité dans les cités. Finalement, tous les paris de la campagne sont gagnés. La France périphérique, en revanche, celle des bourgs, n’apparaît pas comme une priorité. Et quand on regarde les statistiques issues des urnes, c’est là-dedans qu’on plonge : le vote Mélenchon fait 24 % en agglomération parisienne [+8 points comparé à 2017, ndlr]. Mais c’est 14 % dans les communes entre 20 000 et 100 000 habitants [-7 points]. Un coup d’œil à une carte du pays suffit : pour La France insoumise, une zone rouge autour de Paris. Le bleu foncé de Le Pen, en revanche, s’étend sur tout le Nord, le Pas-de-Calais, la Picardie, la Champagne, la Lorraine, 42 départements, et pour beaucoup des terres ouvrières. C’est là qu’on perd. Au-delà même de la gauche, ça pose une question sur l’unité du pays, ces fractures politico-géographiques : comment on vit ensemble ? Comment on fait nation, sans se déchirer ?

    Le tableau est comment dans votre circonscription ?

    Il offre quasiment un cas chimiquement pur. Sur Amiens, Mélenchon devance Macron, presque à égalité : le président domine dans le centre-ville, mais on cartonne dans les quartiers populaires, avec plus de 60 %. Sauf que, dès que tu t’éloignes de la métropole, à Flixecourt par exemple, qui est ouvrier pourtant, c’est la cata : Jean-Luc plonge à 15 %, Marine Le Pen grimpe à 44 %. Je le pensais déjà en 2017, je le disais : si on veut gagner, on doit aller chercher cette France-là. Le mouvement des gilets jaunes en a montré l’importance politique, il a rendu visible, audible, cette France si longtemps muette. Et à ma mesure, durant la présidentielle, je me suis efforcé de parler à ces périphéries, avec des réunions publiques à Carbonne, à Rochefort, à Epinal… mettant en avant des caristes, des auxiliaires de vie, des salariés de la sous-traitance. Mais à l’évidence, jusqu’ici, les « fâchés pas fachos » ne se tournent pas vers nous. Nous ne parvenons pas à muer leur colère en espoir.

    Mais Jean-Luc Mélenchon s’est adressé à eux ces dernières semaines…

    Ça réclame un travail de longue haleine. Pour les quartiers populaires, ça fait des mois, voire des années, qu’on leur parle, avec des thématiques où ils se reconnaissent, parfois clivantes, comme la police par exemple. Les campagnes populaires exigent le même effort, et en vérité, peut-être dix fois plus d’efforts, pour dix fois moins de rendement, parce que l’habitat y est éclaté, parce qu’un vote Le Pen s’y est ancré. C’est pour moi un objectif électoral, mais aussi moral : on ne peut pas les abandonner au Rassemblement national. On ne peut pas, par une ruse de l’histoire, laisser triompher la logique de « Terra Nova ». Je ne sais pas si vous vous souvenez ? En 2011, ce think tank proche du Parti socialiste recommandait une stratégie « France de demain », avec « 1. Les diplômés. 2. Les jeunes. 3. Les minorités ». Tandis que, pour les ouvriers-employés : « Le FN se pose en parti des classes populaires, et il sera difficile à contrer. » Sous-entendu, inutile même d’essayer. Nous devons, nous, essayer. C’est un impératif.

    Comment faire pour les convaincre ?

    D’abord, il faut en faire un objectif commun : est-ce que cette analyse, est-ce que ce constat est partagé ? Est-ce qu’on se dit, l’Union populaire, ce sont les quartiers populaires – qu’il faut garder – et les campagnes populaires – qu’il faut conquérir ? On doit d’abord le poser comme une priorité, ensemble. Sinon, il n’y a pas de stratégie possible. Ensuite, je pense qu’il faut écouter les gens, faire quasiment du recueil des doléances. On ne fait pas de politique en extériorité, sans porosité. Et peut-être que des thèmes inattendus surgiront. Je te donne un exemple : le numérique. Les candidats ne s’en sont pas saisis dans la campagne. Et pourtant, quand je fais mon boulot de reporter, on me cause de ça, spontanément, dans les bistrots, dans les mairies : à la CAF, à Pôle Emploi, aux impôts, il n’y a plus de guichets. Les gens doivent passer des heures à enregistrer des mots de passe sur Internet, à scanner leurs documents. Faire son dossier de retraite, avec la Carsat, c’est devenu la croix et la bannière. C’est ressenti comme une douleur par les habitants, ça les met dans un sentiment d’impuissance.

    Cette impuissance donne quoi concrètement ?

    Je vais utiliser des grands mots pour de petites expériences, mais je crois que pour eux, c’est la République qui s’éloigne, ça les met dans une souffrance anthropologique : ils n’échangent plus en humains avec des humains, mais avec des machines. Quand j’en parle dans mes meetings, aussitôt je suis applaudi. Parce que chacun a éprouvé la solitude du « tapez 1 », « appuyez sur la touche étoile ». Remettre des agents pour les gens, comment on fait un numérique humaniste, c’est une question à porter. Une parmi d’autres. Les déplacements, bien sûr. La valeur du travail. Leurs loisirs, à ne pas juger. Mais il y a un style, aussi, peut-être, au-delà des idées. Dans une étude, je lisais que les travailleurs de la seconde ligne ne se sentaient pas représentés. Peut-être que, en plus des mesures – le smic à 1 400 €, la retraite à 60 ans, le blocage des prix –, peut-être qu’on doit davantage les incarner, qu’ils sentent qu’on connaît leur vie, leurs conditions concrètes d’existence, qu’on sache en parler, que les candidats soient à leurs côtés, parmi eux.

    Faire comme Ruffin, en somme.

    Donc, pour être majoritaire, il faudrait unir dans le même bloc les quartiers populaires et les campagnes populaires ?

    Le débat est construit, évidemment, pour casser le bloc populaire. Entre jeunes et vieux, entre travailleurs et assistés, entre blancs, Arabes, noirs, et maintenant, même, entre vaccinés et non vaccinés. Ma conviction, mon pari, depuis vingt ans maintenant, c’est que la question sociale peut rassembler. Juste une anecdote. Durant mon mandat, la secrétaire d’Etat aux personnes handicapées, Sophie Cluzel, vient à Amiens. J’insiste, très fort, pour qu’elle rencontre des accompagnantes d’enfants en situation de handicap, et la préfecture accepte. On passe une belle heure d’échanges, et comme je connais par cœur, je me mets en écoute flottante. Je roupille à moitié, quoi. Et là, je me dis : ici, il y a Aline, Sandy, Hayat, Assia. Rien que par les prénoms, on perçoit les origines différentes. Ça fait un moment qu’elles causent, ça fait un an que je les filme, à aucun moment elles n’ont discuté de la nourriture à la cantine, de la taille de leurs vêtements, de leurs prénoms français ou pas. Non, elles ont discuté de leur travail, de comment elles peuvent gagner leur vie, de comment apporter un soutien aux enfants. C’est une parabole, à mon avis. Voilà ce qui les rassemble.

    C’est la stratégie à avoir aux législatives pour gagner un maximum de circonscriptions ?

    Franchement, je ne crois pas qu’une telle logique, inscrite dans le paysage, s’inverse en six semaines de campagne. Vraisemblablement, la France insoumise va se renforcer là où elle est déjà forte : dans l’ancienne banlieue rouge, dans les quartiers populaires des métropoles. C’est après qu’il faudra choisir : que vise-t-on ? Des bastions ? Ou se répandre dans les profondeurs du pays ?

    (…)

  • Un seen pour tout ce qui concerne le risque Le Pen présidente, donc une police Le Pen, une administration Le Pen, des référendums Le Pen. Quand bien même elle devrait cohabiter, avec un Parlement contre elle (tout contre).

    Dans Le Canard de ce 13/04/2022 :

    « Si la nouvelle Assemblée nous est hostile, nous changerons la loi électorale par un référendum organisé dès l’été prochain, puis la présidente dissoudra l’Assemblée… » annonce au « Canard » Gilles Lebreton, professeur de droit public, député européen RN et membre du « conseil stratégique de campagne » de Le Pen.
    La candidate ne prend pas les électeurs en traître : tout ou presque se trouve déjà écrit dans son programme officiel.
    Le projet frontiste de nouvelle loi électorale figure au titre V : il s’agit d’élire les députés à la « proportionnelle intégrale ». Cette idée assez populaire cache une véritable entourloupe. Car la proportionnelle à la sauce lepéniste attribue « une prime majoritaire de 30 % des sièges à la liste arrivée en tête ». À ce tarif-là, il suffit qu’un parti — au hasard, le RN — profite de la dispersion des voix et remporte le scrutin avec 20 % des voix pour disposer de la majorité à l’Assemblée.

    Profiter de la dispersion, c’est ça. Je ne crois pas trop à la réforme constit par référendum, mais ma foi, tout est possible. Et si je me fais l’avocat du diable (ne sachant pas encore si j’irai à CASTORama, comme dit une amie, mais hésitant déjà davantage qu’en 2017), on peut aussi se dire que ce serait une occasion de se regrouper pour faire face. De tester les contre-pouvoirs au sein comme en dehors de l’État. D’éprouver l’antifascisme réel. Sans y croire. Surtout conscient que je ne serais pas le premier à en payer les conséquences.

  • « Si vous doutez que les projets de Macron et ses clones d’allonger le temps de travail des pauvres pour compenser les cadeaux fiscaux aux riches ne reposent que sur un tissu de mensonges, vous devriez lire cet article de Libé. »
    #MacronDehorsDesLePremierTour


    https://twitter.com/realmarcel1/status/1512077709987393555?cxt=HHwWpsCtic-q_fspAAAA
    https://www.liberation.fr/politique/elections/retraites-a-droite-et-a-lextreme-droite-une-reforme-a-lantienne-20220406_

    Sur ce sujet au moins, les choses auront été posées plutôt clairement durant la campagne présidentielle. Il n’y a pas un candidat qui ne se soit pas positionné sur l’âge légal de départ en retraite – aspect auquel est bien souvent réduit un sujet pourtant bien plus vaste. A gauche, Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Arthaud et Philippe Poutou défendent un retour à la retraite à 60 ans. A droite et à l’extrême droite, trois candidats affirment au contraire qu’« il va falloir travailler plus longtemps », et défendent un nouveau report de l’âge légal de départ : de 62 à 64 ans pour Eric Zemmour, jusqu’à 65 ans pour Emmanuel Macron (LREM) et Valérie Pécresse (LR). A les écouter, la nécessité de cette réforme s’imposerait d’elle-même, comme un état de fait. Pourtant, les principaux arguments qu’ils convoquent comme des évidences sont discutables...

  • « Prime Macron » à 6 000 euros : la grossière promesse d’un candidat de droite – Libération
    https://www.liberation.fr/politique/elections/prime-macron-a-6-000-euros-la-grossiere-promesse-dun-candidat-de-droite-2
    https://www.liberation.fr/resizer/2_7qOtiAV7uw2CYUGDP4wY4h4H8=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70):focal(2535x1485:2545x1495)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/GQP2M47ZMZDIBJYXJNGDF64HIA.jpg

    6 000 euros net ? Sacrée somme. Pour un smicard, ça ne représente pas loin de quatre mois et demi de salaire net à temps plein. Autant dire que c’est une petite fortune. Et vous nous dites, Emmanuel Macron, que vous allez lui permettre, à ce smicard, de les toucher dès cet été ? C’est un peu trop beau pour être vrai, non ? De fait, oui, c’est un peu trop beau pour être vrai. Car ces 6 000 euros sont plus que théoriques.

    #paywall

    • Prime reconduite en 2020 et 2021
      Derrière cette déclaration tonitruante, il y a une ligne dans le programme du président-candidat : « Tripler la prime dite “Macron”, sans charges ni impôts. » Officiellement nommé « Prime exceptionnelle de pouvoir d’achat » (Pepa), ce dispositif est né en 2019 pour répondre à la crise sociale mise en lumière par le mouvement des gilets jaunes. A l’époque, il fut permis à tout employeur privé de verser une prime allant jusqu’à mille euros, entièrement défiscalisée et exonérée de cotisations sociales, à ses salariés gagnant moins de trois fois le smic. L’exécutif estimant visiblement avoir trouvé là une martingale pour répondre aux attentes de millions de travailleurs, la prime « Macron » a été reconduite en 2020 et en 2021, mais avec une variante pour la dernière édition : toutes les entreprises sans exception peuvent verser jusqu’à 1 000 euros défiscalisés et désocialisés, mais le plafond est porté à 2 000 euros pour celles disposant d’un accord d’intéressement, pour celles comptant moins de 50 salariés ou pour celles dont la branche a entrepris une revalorisation des fameux travailleurs de la « deuxième ligne ».
      On comprend dès lors pourquoi, si Emmanuel Macron est réélu, la plupart des travailleurs ne verront jamais la couleur des 6 000 euros qu’il a fait miroiter samedi. Pour espérer toucher le jackpot, il faudra non seulement travailler pour une entreprise actuellement concernée par le plafond de 2 000 euros, mais aussi et surtout avoir un employeur qui ait envie de débourser cette somme, même exonérée de toute cotisation. Or, il est permis de douter qu’ils soient nombreux. En février, le ministre des Comptes publics, Olivier Dussopt, a annoncé que la version 2021 avait été versée à « presque quatre millions de salariés » (un sur cinq environ dans le privé), pour un montant moyen de… 506 euros. Soit la moitié du premier plafond. Qui peut imaginer que cette somme sera miraculeusement triplée ? S’il y avait de « l’argent magique », peut-être…
      Outil de négociation salariale
      Il y a, en tout cas, un inévitable effet d’aubaine. Quand bien même le gouvernement précise que la prime « Macron » « ne peut se substituer à une augmentation de rémunération ou à une prime prévue par un accord salarial », dans les faits, bien des entreprises en ont fait un outil de négociation salariale en tant que tel. Dans une étude portant sur l’édition 2019 de la prime, l’Insee soulignait que « les salaires (hors prime exceptionnelle) ont plus faiblement progressé entre le premier trimestre 2018 et le premier trimestre 2019 dans les établissements ayant versé la prime que dans les autres ». Pour l’institut public, « ceci suggère un effet d’aubaine : […] des établissements auraient sans doute versé, sous une forme différente, au moins une partie du montant de cette prime en l’absence de cette mesure ».
      Tout cela n’est pas sans conséquence pour les comptes publics, puisque de vraies hausses de salaires se traduiraient, elles, par de nouvelles recettes sociales et fiscales. C’est pourquoi il s’agit de ne pas se tromper : contrairement à ce que suggère la formulation piégeuse d’Emmanuel Macron (« permettre aux travailleurs… »), sa prime n’est pas une mesure pour les salariés, mais pour les patrons. C’est bien leur langage que parle le président-candidat en évoquant les « charges ». Et c’est toute une défiance envers la protection sociale et la solidarité nationale qu’il alimente aux côtés de ses concurrents de droite et d’extrême droite en faisant croire aux travailleurs que c’est par la faute des cotisations et des impôts que leurs salaires sont trop faibles.

  • Macron : spécialiste extrême de l’inversion du réel et du mensonge
    https://ricochets.cc/Macron-specialiste-extreme-de-l-inversion-du-reel-et-du-mensonge.html

    Pour rire (jaune) un peu, examinons les dernières sorties énôôôrmes du macron 2022 : 🐟 MACRON AUSSI FAIT DES POISSONS D’AVRIL 🦞 Trois blagues du président-candidat pour ce 1er jour du mois d’avril. ➡️ Le 🐟 d’avril : Macron dit qu’il « combat avec force » l’extrême droite. La réalité : Macron a appliqué pendant 5 ans les idées de l’extrême droite, fait passer la loi la plus dure depuis la seconde guerre mondiale contre les exilés, déclaré que « Pétain était un grand soldat », fait inscrire Charles Maurras dans le (...) #Les_Articles

    / Autoritarisme, régime policier, démocrature..., #Politique,_divers

    #Autoritarisme,_régime_policier,_démocrature...

  • Leur société et la nôtre | Frédéric Lordon
    https://blog.mondediplo.net/leur-societe-et-la-notre

    « Évidemment ils se sont goinfrés comme des porcs ». « Ils », McKinsey. Le propos est « entendu de la bouche d’un homme au cœur du système ». On ne sait pas qui est l’homme. Mais on sait qui rapporte ses propos. C’est Jean-Dominique Merchet, éditorialiste bizarre, entendre : reconnu par la corporation « éditorialiste » quoique faisant souvent écart à sa ligne d’uniforme imbécillité. Ici la qualité du rapporteur rend plus difficile d’évacuer pour complotisme la véracité du propos rapporté — comme le ferait le premier Gilles Le Gendre venu ou le spécialiste du complotisme de France Inter. On tiendra donc pour raisonnablement assuré que : oui, comme des porcs.

    On le tiendra d’autant plus que la porcherie McKinsey n’est en fait qu’une réalisation particulière de la porcherie générale qui a pour nom présentable « capitalisme néolibéral ». Le capitalisme néolibéral est cette forme d’organisation de la société qui a pour effet de la mettre entièrement à disposition de la jouissance d’une poignée de porcs — rassemblés sous le nom présentable de « le capital ».

    • Choix de société

      À ce moment on repense à 1981, quand les uns anticipaient les chars russes sur la Place de la Concorde, et que les autres prophétisaient le passage des ténèbres à la lumière ou qu’on allait changer la vie. Déjà on parlait de choix entre des « modèles de société ». On connaît la suite. Mais cette suite n’empêche pas que les problèmes se posent en toute généralité. Ceux de la société que nous voulons, notamment. Un choix dont l’acuité d’aujourd’hui est sans commune mesure avec celui d’alors. Car depuis quatre décennies, le cauchemar s’est considérablement précisé. On devra d’ailleurs à Macron de l’avoir porté à un degré de clarté inédit. La porcherie va nous détruire, tous, hormis les partners et les hallucinés de la classe nuisible qui leur servent de base et voudront « y croire » jusqu’au bout du fantasme.

      Quant aux réfractaires, à ceux qui ne veulent ni devoir chanter leur motivation pour quémander leur servitude, ni finir en tourteaux dégraissés, et que la démocratie assistée façon McKinsey n’aura étonnamment pas réussi à convaincre, on connaît déjà le traitement qui leur sera réservé : police toute-puissante, surveillance intrusive, judiciarisation des contestations les plus anodines (2). C’est en ce point précis que, selon une expression si usitée de l’éditorialisme, « les extrêmes se touchent » — mais pas ceux auxquels il réserve usuellement cette jonction : non pas, donc, RN et FI (qui ne peut être qualifiée d’« extrême », et rapprochée de l’autre, que par des individus ayant perdu toute boussole politique), mais l’extrême de la Firme et l’extrême des fascistes, deux sortes de porcs si l’on veut, donc voués à se retrouver, au moins à se compléter. Car, en effet la fascisation de la société est le complémentaire naturel de sa firmisation.

      L’état d’atomisation et de déréliction générales qu’instaure le néolibéralisme crée les conditions idéales pour laisser proliférer les solutions de survie imaginaires de l’identitarisme ; les obsessions racistes, islamophobes notamment, dont a vu combien elles s’exprimaient à haute et intelligible voix dans le gouvernement, repolarisent le débat public le plus loin possible des opérations réelles de la Firme ; et pendant ce temps, la triangulation électorale va bon train.

      En cette matière, les procédés du macronisme auront été à la hauteur de ceux de la startupisation. Donner un grand entretien à Valeurs Actuelles, exprimer bruyamment l’estime en laquelle on tient ce journal, faire savoir qu’on a réconforté Zemmour à qui avaient été dits de vilains mots, s’intéresser à ses vues sur l’immigration, réfléchir ostensiblement aux mérites historiques de Pétain ou de Maurras, laisser faire avec complaisance la construction d’un empire médiatique ouvertement fasciste : toutes ces choses, qui semblent parfaitement contradictoires avec le monde raffiné des chaussures pointues, sont en fait absolument cohérentes avec son projet, si c’est d’une cohérence indirecte — et, bien sûr, vigoureusement déniée. À plus forte raison dans la dernière phase de campagne, quand il est temps de reprendre les postures avantageuses de l’ouverture et de la tolérance. Après avoir fait glisser méthodiquement tout le terrain vers l’extrême droite.

      Pour peu cependant qu’on n’omette pas de voir de quels stabilisateurs politiques réels la Firme se soutient, et que l’Étapital a les chaussures pointues qui baignent dans la merde, on aura une idée plus complète de ce que les mots « choix de société » engagent en 2022. De tous les moyens de leur faire droit, le moyen électoral est peut-être le plus imparfait, parfois même le plus trompeur. Mais, sans pléonasme ni mauvais jeu de mots, un moyen médiocre vaut mieux que pas de moyen du tout.

      Au point où nous en sommes de cette campagne, les choses sont suffisamment décantées. Il reste maintenant : la fasciste, le fascisateur, et un candidat de gauche. Normalement, c’est assez simple.

    • On nous assure une issue inéluctable : un deuxième tour entre la droite et l’extrême droite. Nous devrions alors (ré) élire Macron pour faire barrage au pire.

      Parce qu’aucune élection n’est jamais jouée d’avance.

      Parce que la gauche au second tour est chaque jour un peu plus vraisemblable.

      Parce qu’un autre avenir est possible et qu’il peut s’écrire maintenant.

      Parce que nous refusons qu’on nous confisque l’élection présidentielle et qu’on nous impose un entre-deux tours dont les seules thématiques seraient l’identité, la sécurité et l’immigration.

      Parce que nous souhaitons remettre au cœur de la vie politique un projet de société démocratique, solidaire et écologique, nous prenons la parole ensemble, pour dire que nous voterons pour l’Union Populaire représentée par Jean-Luc Mélenchon, la seule candidature aujourd’hui à même de faire entendre les voix de gauche au second tour et donc de gagner la présidentielle.

      Parce qu’il est urgent aujourd’hui d’agir contre la paupérisation, la précarisation, et l’exclusion des plus vulnérables et de retrouver une société plus juste, égalitaire et solidaire. Parce que la démocratie française a besoin de refonder ses institutions, en garantissant une représentation et une participation de toutes et de tous.

      Parce qu’il est crucial aujourd’hui de rompre avec le productivisme et le consumérisme, de lutter contre la destruction de notre écosystème, de mettre en place une planification écologique concertée et d’apporter des réponses rapides face à l’urgence climatique.

      Parce que depuis cinq ans se poursuit une implacable politique au service des riches et des puissant·es, qui s’est traduite par une dégradation et une marchandisation toujours plus poussée des services publics, par des attaques incessantes contre le droit du travail, la sécurité sociale et l’assurance chômage, les libertés publiques et académiques, mais aussi par l’inaction climatique et écologique. Parce qu’il faut en finir avec ces politiques méprisantes qui morcellent la société et favorisent la concurrence et toutes formes de violences (racistes, homophobes, sexistes, validistes…).

      Parce que nous pensons que l’enseignement et la recherche constituent un bien commun et pas un marché au service de quelques-un·es, il faut en finir avec « l’autonomie des universités » et cette gestion managériale qui dégradent dangereusement nos conditions de travail et d’étude. Parce qu’il faut rendre effectif le droit à l’éducation, il faut recruter et investir massivement dans l’enseignement supérieur et la recherche. Nous soutenons un programme où ces idées sont défendues, pour que les mesures de ces dernières années (« Bienvenue en France », Parcoursup, les lois LRU, LPR, Fioraso…) soient abrogées, pour que les libertés académiques soient garanties, pour que la précarisation des étudiant·e·s comme des personnel·les soit combattue et pour que les mots coopération, solidarité et émulation remplacent les mots excellence, sélection et compétitivité.

      Notre société a besoin d’une université libre et ouverte à toutes et tous, où sont produites, discutées et mises en circulation les connaissances dont nous avons besoin pour relever les défis contemporains et faire vivre notre démocratie.

      Nous souhaitons simplement que l’enseignement supérieur et la recherche, au même titre que l’enseignement secondaire et primaire, la justice, l’hôpital et l’ensemble des services publics retrouvent le sens de leurs missions.

      Aujourd’hui, pour ces raisons et bien d’autres, nous pensons nous aussi qu’il est de notre responsabilité individuelle et collective de prendre part à la campagne, modestement, mais de toutes nos forces, pour déjouer le scénario annoncé et remettre les combats de la gauche au centre du débat politique. Parce que chaque voix compte, nous appelons à nous rassembler autour d’un socle commun pour peser ensemble, avec chaque bulletin de vote, pour rendre possible une autre politique, émancipatrice.

      Un autre second tour est possible, un autre monde aussi.

      https://www.nouvelobs.com/bibliobs/20220402.OBS56533/800-universitaires-appellent-a-voter-melenchon.html

    • En 2017, comme de nombreux cadres, tu as été séduit par Emmanuel Macron. Quoi de plus normal ? Il était l’émanation de ton milieu d’experts et de managers. Il semblait raisonnable, moderne, dynamique, il parlait ta langue. Tout le monde autour de toi votait pour lui. Il promettait même le renouveau du politique, la fin des vieux clivages. Tu y as cru. Avec enthousiasme ou pour faire barrage, tu l’as soutenu. Et cinq ans plus tard, peut-être, tu hésites.

      Nous avons le même parcours que toi, nous occupons la même position dans la société. Et pourtant en 2017, notre collectif avait déjà la conviction que Macron élu reconduirait les politiques des gouvernements précédents. En réalité, aussi loin que remontent nos souvenirs, nous n’avons jamais connu d’autre politique, alors que, de crise en crise, nous n’avons assisté qu’à une dégradation de la situation sociale et environnementale. Et, de la fondation Abbé Pierre au GIEC, les rapports se sont empilé, les grèves et marches pour le climat se sont succédé… mais rien n’a changé. Et si ça n’a pas marché, c’est parce qu’on ne serait pas allé assez loin !

      En 2022, nous entendons comme toi le chœur des gens « raisonnables ». Nos proches, nos collègues, parfois un peu déçus, nous enjoignent malgré tout à reconduire Macron. Mais est-il raisonnable de vouloir repousser l’âge de départ en retraite à 65 ans quand le taux de chômage est déjà si élevé chez les seniors ? Est-il raisonnable de s’attaquer au coût des retraites quand toutes les études – y compris celles du très officiel Conseil d’Orientation des Retraites – montrent que l’équilibre économique des régimes de retraite n’est pas menacé ? Est-il raisonnable de stigmatiser les allocataires du RSA et de leur infliger des travaux d’intérêt général comme à des délinquants et comme si c’était un choix de vivre avec si peu ? Est-il raisonnable de vouloir une relance sans limite quand la planète en paie le prix depuis des décennies ?

      En 2022, nous le constatons depuis notre position privilégiée : le projet de Macron consiste à dépecer l’État social pour le vendre étage par étage à des intérêts privés, quoi qu’il en coûte en épuisement des travailleurs, quoi qu’il en coûte en coups de matraques et en restrictions des libertés publiques. Malgré deux ans de crise sanitaire, rien n’a été fait, et rien ne sera fait, pour sortir l’hôpital de sa situation catastrophique et de la mortifère tarification à l’acte. Les services publics continueront d’être étranglés financièrement et stigmatisés, pour mieux être dépecés, et ainsi ouvrir des marchés lucratifs au secteur privé. Après l’énergie ou les transports, ce sont l’Éducation Nationale et l’Université les prochains sur la liste. Que signifie pour un établissement public qu’on va lui accorder de « l’autonomie », de « l’agilité » ? Qu’on va le privatiser. Et que signifie pour un chômeur « être acteur de son parcours » ? Qu’il devra accepter n’importe quel emploi sous-payé. Comment se traduit « simplifier le dialogue social » ? Priver les syndicats de tout moyen d’action.

      Alors, nous cadres sup, refusons cette logique. L’idéologie néolibérale est en faillite. Le système ne tient que par un discours hégémonique trompeur, des médias mainstream complaisants, l’inertie des élites au pouvoir, la violence exercée contre les contestations légitimes, ou encore l’agitation de thèmes identitaires et racistes pour détourner la colère sociale. Et quelques pourboires : les « chèques énergie » et autres primes ponctuelles, pour tenter de mettre un couvercle sur la cocotte-minute.

      Alors cher collègue, chère amie, chère consoeur, cher parent, nous t’invitons à regarder en face le monde dans lequel Macron nous engage. Ce n’est pas le seul monde possible. Il existe des alternatives sur lesquelles des intellectuels travaillent depuis des années, ou que des citoyens expérimentent sur le terrain. Des collectifs amis comme les polytechniciens d’X-Alternative ou le laboratoire d’idées Intérêt général regroupent des personnes qui, comme nous, commencent à faire sécession et apportent leur connaissance du système à cette construction d’alternatives crédibles. Et c’est précisément parce qu’il se nourrit de ces travaux que le programme de la France Insoumise nous semble aujourd’hui le plus cohérent et le plus à même d’affronter les urgences écologiques, sociales et démocratiques. Après 40 ans de ralliement sans condition de la sociale-démocratie au libéralisme, un tel programme, qui met au centre à la fois l’humain et la planète, est aujourd’hui en capacité d’accéder au deuxième tour et d’imposer un débat sur des sujets majeurs : mettre l’économie au service des besoins et non des profits, mettre en place une planification écologique, réduire les inégalités, renforcer nos services publics, etc.

      Comme pour tout programme, il reste des sujets à débattre, des propositions à préciser, les conditions de réalisation face à l’adversité doivent aussi être approfondies. Mais si ce programme s’applique, il y aura justement de nombreuses étapes démocratiques, comme les référendums ou le renforcement du Parlement.

      Mais plus que le programme, c’est peut-être la personne de Jean-Luc Mélenchon qui te retient de franchir le pas ? Il lui arrive de s’emporter c’est vrai. Il n’a pas la retenue, la maîtrise de soi et la componction de mise dans ton milieu feutré. Mais n’oublie pas que le bel Emmanuel, qui lui est si bien mis, à l’élocution si pondérée, n’a cessé de prendre des décisions autoritaires, que dans le calme de ses déclarations se cachaient les lois liberticides et que son beau sourire parvenait difficilement à masquer certains propos méprisants.

      Alors, soyons responsables. Au moment où le capitalisme menace jusqu’à l’existence de la vie même, ne poursuivons pas dans cette voie sous prétexte que le candidat qui porte une proposition de rupture parle trop fort.

      En 2022, être raisonnable c’est changer de direction avant de prendre le mur. Une opportunité se présente, saisissons là, ensemble.

      Les Infiltrés

      https://blogs.mediapart.fr/les-infiltres/blog/010422/nous-cadres-sup-voterons-melenchon

    • « La nuit, le silence, l’obscurité ! Elle permet à chacun comme en lui-même, de cultiver cette part de silence, cette part d’obscurité, sans laquelle il ne jaillit aucune fleur de soi. Voilà ce qu’est la vie, voilà aussi ce qu’est l’harmonie à laquelle nous voulons parvenir socialement. Oui, tout est fait social ! Le bruit, le silence, la nuit, la lumière ! Tout est politique ! »
      https://melenchon.fr/2022/04/03/le-bruit-le-silence-la-nuit-la-lumiere
      #MelenchonToulouse
      https://linsoumission.fr/2022/04/03/frederic-lordon-melenchon

    • « On a mené une campagne joyeuse, la gauche retrouve droit de cité dans les cités. Mais là où on perd, c’est dans la France des bourgs, les terres ouvrières, où s’étend le vote Le Pen. C’est notre prochain défi : conquérir les campagnes populaires. »


      https://www.liberation.fr/politique/francois-ruffin-jusquici-nous-ne-parvenons-pas-a-muer-en-espoir-la-colere

  • Non-recours à l’assurance #chômage : un rapport « censuré » par le gouvernement ? – Libération
    https://www.liberation.fr/politique/elections/non-recours-a-lassurance-chomage-un-rapport-censure-par-le-gouvernement-2
    https://www.liberation.fr/resizer/NCUvxBCj83LWb-xv5w8v3_fE-88=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70):focal(2781x1867:2791x1877)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/5C3J6TEJQVDOBPHQICLXZV44H4.jpg

    La CGT aussi croit que la rétention de l’étude est #politique. Assesseur au sein de l’Unédic pour le compte du syndicat, Denis Gravouil « a du mal à imaginer que la Dares ait fait un truc médiocre ». Dans un communiqué publié lundi, la centrale laisse entendre que le rapport démontrerait que « des centaines de milliers d’allocataires sont lésés ». Selon nos informations, il y serait plus précisément question de 500 000 personnes, ce qui représenterait près d’un tiers des privés d’emplois ayant droit à une allocation. Un taux proche de celui obtenu en 2010 par deux chercheurs, Sylvie Blasco et François Fontaine. Dans leur étude, ils avançaient que sur un échantillon de près de 1 900 demandeurs d’emploi de moins de 50 ans éligibles à l’indemnisation, 39 % de ces individus « ne s’inscriv[ai]ent pas à l’ANPE [ensuite fusionnée avec les Assédic pour donner naissance à Pôle Emploi, ndlr] au cours de leur épisode de chômage, s’empêchant ainsi de percevoir l’allocation ».

  • Le quinquennat de l’humilité !

    « Le député LREM de l’Hérault (4ᵉ circonscription) Jean-François Eliaou justifie que Macron ne débatte pas avec les autres candidats : « La qualité des personnalités en lice ne justifie pas que l’on s’abaisse à discuter avec eux »

    Né à Nice en 1956 et arrivé à Montpellier en 1980, Jean-François Eliaou est professeur à la Faculté de Médecine de Montpellier et médecin chef de service au CHU de Montpellier. Pédiatre de formation, il s’est orienté vers l’Immunologie.

    Très tôt, la politique, au sens de l’intérêt pour la « chose publique », l’a captivé. Le lien entre son métier de médecin et celui d’acteur politique est évident : l’intérêt pour l’autre, s’efforcer d’améliorer son quotidien, afin que, quelque soit son origine, chacun puisse vivre dignement.

    Ce côté humaniste de la politique lui impose, comme citoyen, le devoir de défendre nos valeurs, celles de la République, celles du rassemblement, du progrès social et du renouvellement des pratiques politiciennes et de la classe politique.

    La blague ...
    https://www.liberation.fr/politique/elections/macron-president-chef-de-guerre-candidat-en-chaussons-20220313_7XBA7QQW2V

    Le concept du député en marche : tu ne connais pas son nom jusqu’à ce qu’il sorte une énorme connerie méprisante.

    5 ans de blagues qui parurent une éternité.

  • Bruno Le Maire : "Nous allons provoquer l’effondrement de l’économie russe"
    https://www.bfmtv.com/economie/economie-social/bruno-le-maire-nous-allons-provoquer-l-effondrement-de-l-economie-russe_AN-20

    “Nous allons livrer une guerre économique et financière totale à la Russie.” Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance assure que les sanctions contre la Russie vont toucher le régime en plein coeur. “Le peuple russe en paiera aussi les conséquences”, a ajouté Bruno Le Maire, invité de France Info.

    C’est beau cet enthousiasme pour la « guerre totale » contre « le peuple russe ».

    #comme_en_14

  • Présidentielle : Fabien Roussel propose sa « révolution du travail » – Libération
    https://www.liberation.fr/politique/pcf-fabien-roussel-propose-sa-revolution-du-travail-20220124_4CLAO2QVFRBQ

    On peut décrypter, analyser tous les discours politiques, mais je ne vois pas l’intérêt de souligner l’accent du Nord du candidat, sans doute pas assez BCBG pour la journaliste de Libé...

    Pour financer tout ça, les communistes comptent sur la « création de richesse par le travail » et la réindustrialisation de la France. « Le grand déménagement de la France se poursuit en ce moment même », dénonce Roussel qui veut arrêter cette « saignée ». Ils promettent aussi d’aller chercher « le blé », « le pognon », les « milliards » ( il dit « miyards » ) où il est en triplant l’ISF et en nationalisant les grandes banques et compagnies d’assurance privées.

    #accent_de_chnord #Fabien_Roussel

  • Fiesta loca
    Blanquer était à Ibiza quand il a présenté le protocole de la rentrée de janvier
    https://www.liberation.fr/politique/blanquer-etait-a-ibiza-quand-il-a-presente-le-protocole-de-la-rentree-de-

    Le site d’investigation « Mediapart » révèle ce lundi soir que le ministre de l’Education a donné depuis Ibiza aux Baléares, l’interview controversée au « Parisien » où il annonçait à quelques heures de la rentrée scolaire les nouvelles mesures contre la propagation d’omicron.

    Visiblement, chez les Blanquer, les vacances c’est les vacances ! Et peu importe si la vague du très contagieux variant omicron fait grimper en flèche le nombre de cas quotidiens et créé la panique chez des professeurs ou directeurs d’écoles en attente de protocole pour la rentrée. D’après Mediapart, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer n’est rentré de son séjour à Ibiza que dans la journée du 2 janvier, soit la veille de la rentrée et ce, malgré la situation sanitaire préoccupante. C’est donc, depuis les Baléares, que le locataire de la rue de Grenelle a donné sa très controversée interview au Parisien où il dévoilait le protocole pour les écoles applicable dès le lendemain. Selon le site d’investigation, l’attitude de Blanquer, déjà esseulé au sein du gouvernement mais auquel Emmanuel Macron a renouvelé sa confiance, aurait particulièrement agacé plusieurs de ses collègues ministres.

    C’est peu dire que cette nouvelle révélation devrait – une nouvelle fois – susciter un tollé dans le milieu enseignant. Voilà des semaines que Blanquer est dans la tourmente pour sa gestion de l’épidémie. A la veille de la rentrée, de nombreux syndicats enseignants étaient montés au créneau pour critiquer la fameuse interview au Parisien. Au-delà du timing, – l’interview a été publiée vers 16 heures dimanche après midi, soit à quelques heures de la rentrée – beaucoup s’étaient émus du choix du ministère de préférer communiquer le nouveau protocole dans l’école dans la presse plutôt que lors d’une communication officielle. D’autant que dans un premier temps, l’article était réservé aux seuls abonnés du Parisien.

    Pour l’entourage du ministre, il n’y aurait aucun problème à se trouver à Ibiza à la veille d’une rentrée particulièrement tendue à cause de la crise sanitaire. « Ce n’est pas parce qu’il n’était pas là qu’il n’était pas au travail, qu’il n’était pas connecté et loin de ce qu’il se passait » tente un membre du cabinet de Blanquer à Mediapart. Pour justifier la présentation tardive du nouveau protocole à mettre en place dans les écoles - déjà modifié depuis - le ministère affirme que la version définitive de ce dernier n’a été arrêtée que dans la nuit du samedi 1er janvier au dimanche 2 janvier, au lendemain d’un avis du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) sur la situation sanitaire. « On est obligés d’être dans cette situation pour être au plus près de la réalité » osait Blanquer sur LCI le matin de la rentrée pour justifier sa communication de dernière minute.
    Comme le rappelle le directeur de la rédaction du Parisien, Jean-Michel Salvator, les interviews de ministre dans le journal ne se font « habituellement jamais » en visio. Mais cette fois « Il n’y avait aucune raison de le lui refuser » plaide-t-il pourtant. Au moment de la publication, le journal n’avait pas précisé les modalités de l’entretien. Le choix iconographique s’est d’ailleurs porté pour une photo non datée de Jean-Michel Blanquer dans son bureau, prise dans son bureau en novembre 2021 laissant penser que l’entretien a bien au ministère rue de Grenelle. Et non depuis une maison avec vue sur une sublime plage des Baléares.

    Il ne fait aucun doute que cette révélation de Mediapart devrait fragiliser le ministre déjà en difficulté. Après la communication tardive du nouveau protocole, jugé kafkaïen et inapplicable, l’opposition de tout bord avait appelé Blanquer à démissionner. Tout comme le monde enseignant qui a manifesté en nombre jeudi 12 janvier et obtenu trois simplifications dudit protocole. Dimanche, les syndicats d’enseignants ont d’ailleurs appelé à la tenue d’une nouvelle mobilisation nationale jeudi.

  • « Après Castex qui accusait fort opportunément sa fille de lui avoir filé le COVID, c’est au tour de Nathalie Elimas de convoquer ses enfants pour se défendre de ses accusations de #harcèlement et de #maltraitance sur ses collaborateurs.
    La lâcheté en marche… »
    https://www.lefigaro.fr/politique/accusations-de-harcelement-nathalie-elimas-se-dit-victime-d-une-attaque-d-u

    La secrétaire d’État, qui déplore une « diffamation caractérisée », se dit « sereine » face aux accusations. « Si je savais qui est à l’origine des fuites, je porterais plainte, probablement », assure-t-elle.

    #Nathalie-Elimas, secrétaire d’État chargée de l’Éducation prioritaire, s’est dite lundi 17 janvier « victime d’une attaque d’une grande violence », après la révélation de soupçons de harcèlement et de l’existence d’une enquête administrative sur le fonctionnement de son cabinet.

    « Depuis ce week-end, je suis victime d’une attaque d’une grande violence, à titre personnel. Je pense à mes enfants, qui ont très mal vécu ce week-end lorsqu’ils ont vu leur mère accusée de harcèlement », a-t-elle déclaré, manifestement émue, sur Radio J. C’est « très dur, très violent, la violence est inouïe pour mes enfants, mais sur le fond des choses je suis sereine », a-t-elle affirmé.

    « Tout s’est bien passé dans la bienveillance »

    « Ce qui se passe aujourd’hui ce sont des fuites extrêmement malveillantes, pour me déstabiliser probablement. La diffamation est caractérisée. Si je savais qui est à l’origine des fuites, je porterais plainte, probablement », a déclaré la secrétaire d’État, en poste depuis juillet 2020. « Ce qui se passe, c’est une enquête interne pour observer les ressources humaines du cabinet. Ce n’est pas une enquête judiciaire, ce n’est pas une enquête préalable », a-t-elle fait valoir.

    « Tous les membres de mon cabinet ont été entendus, (...) les secrétaires, les chauffeurs, les conseillers, la ministre », a-t-elle dit, précisant qu’un rapport serait rendu « dans quelques semaines ». « Ce rapport n’a pas vocation à être rendu public. Moi, cela ne me dérangerait pas de le rendre public, je suis assez sereine », a-t-elle ajouté. « Parfois, dans la collaboration, ça dysfonctionne, il est possible qu’on mette un terme à une collaboration. C’est ça, et rien de plus. Tout s’est bien passé dans la bienveillance », a-t-elle assuré.

    Cinq sources ont indiqué à l’AFP samedi que Nathalie Elimas faisait l’objet d’une enquête administrative. Plusieurs de ces sources ont précisé qu’elle se voyait reprocher des faits de « harcèlement » voire de « maltraitance » sur des collaborateurs. Toutes ont préféré garder l’anonymat. Sollicité samedi, le ministère de l’Éducation nationale a confirmé qu’une enquête administrative était en cours « sur le fonctionnement ressources humaines du cabinet de Nathalie Elimas ».

    Quel dommage elle avait si bien défendu la méthode Blanquer et son protocole bien sûr !

    Selon une personne ayant travaillé au sein du cabinet, le harcèlement serait « généralisé ». Une seconde personne a évoqué sa « descente aux enfers », insistant sur les nombreuses « crises de colère » de celle qui était députée du Val-d’Oise jusqu’à son arrivée au gouvernement.

    Au moins trois sources ont aussi souligné qu’un autre des dysfonctionnements sur lequel l’enquête administrative se pencherait serait l’emploi au sein du cabinet d’un très proche de Nathalie Elimas, décrit par l’une de ces sources comme « intouchable ».

    • Encore une ? Eh beh Une épidémie ce gouvernement !

      Des précédents dans la macronie

      Depuis 2017 et l’élection d’Emmanuel Macron, plusieurs cas de harcèlement ont été dévoilés au sein du gouvernement ou chez des parlementaires de la majorité. En juillet 2021, le Monde révélait ainsi le management « brutal » du patron du service d’information du gouvernement (SIG), Michaël Nathan, auprès d’anciens collaborateurs. Une « mission d’audit » avait été lancée par le cabinet du Premier ministre Jean Castex pour éclairer le fonctionnement de cette instance chargée de suivre l’opinion et d’organiser la communication gouvernementale.

      Plusieurs députés de la majorité ont également été visés par des plaintes pour harcèlement. Une longue enquête publiée en mai 2020 par Mediapart révélait que cinq ex-collaborateurs de la députée LREM Laetitia Avia avaient accusé la parlementaire d’humiliations à répétition mais également, captures d’écran à l’appui, de propos racistes, homophobes, sexistes, etc. La députée de Paris avait à l’époque balayé les accusations, en assurant que les messages diffusés étaient « tronqués » et « sortis de leur contexte » et diffusés pour l’attaquer au moment où elle défendait sa proposition de loi sur le cyberharcèlement.

      Benoît Simian, député de Gironde (ex-LREM), est également accusé par son ex-compagne de « harcèlement » depuis leur séparation. Il doit être jugé en correctionnelle le 24 mars. Début janvier, plusieurs anciens assistants parlementaires de la députée LREM Sira Sylla l’ont accusée d’avoir usé de « méthodes abusives ». Elue pour la première fois en 2017, elle aurait travaillé avec pas moins de 17 collaborateurs. Parmi eux, trois ont pris la décision de porter l’affaire aux prud’hommes.

      https://www.liberation.fr/politique/accusee-de-harcelement-la-secretaire-detat-nathalie-elimas-denonce-une-attaque-dune-grande-violence-20220117_Y3UEVZV6BJHFNDXZTETFKD3DWI/&xtor=CS7-51-

    • La secrétaire d’Etat Nathalie Elimas, accusée de harcèlement moral, entretiendrait une relation jugée « toxique » avec l’un des conseillers de son cabinet, révèle Libé, « source d’un profond malaise ». Ils « font des scènes de ménage au ministère », selon un collaborateur.

  • République de mecs
    #MeToo et Macron : grande cause du quinquennat ou cinq ans de « cause toujours » ?
    https://www.liberation.fr/politique/metoo-et-macron-grande-cause-du-quinquennat-ou-cinq-ans-de-cause-toujours
    Article réservé aux abonnés
    Présentée comme une priorité en 2017 et objets de plusieurs mesures lors du quinquennat Macron, les droits des femmes n’ont pourtant pas été au cœur des préoccupations politiques. La défense de ministres accusés d’agressions sexuelles par l’exécutif en témoigne.

    • La « Maison commune » de LREM est paritaire et en même temps pas du tout

      La majorité se gargarise de la parité affichée sur la photo de famille d’Ensemble citoyens lundi soir. Mais le mouvement reste piloté par des hommes, malgré les appels à une gouvernance plus égalitaire.
      https://www.liberation.fr/politique/la-maison-commune-de-lrem-est-paritaire-et-en-meme-temps-pas-du-tout-2021
      La majorité présidentielle a réalisé un véritable exploit, lundi soir, pour le lancement d’Ensemble citoyens, la fameuse « Maison commune » tant attendue : il y avait autant de femmes que d’hommes sur l’estrade pour la photo de famille et presque autant à la tribune. Ce n’était pas gagné, dans une famille politique ultra-dominée par les hommes aux postes à responsabilité, malgré une parité affichée tant à l’Assemblée nationale qu’au gouvernement. On les applaudit bien fort.

      Parmi les oratrices du soir, il y avait donc la numéro 2 de La République en marche, Marie Guévenoux, la secrétaire d’Etat Sarah El Haïry, la députée Christine Hennion, la sénatrice et vice-présidente d’Agir, Fabienne Keller, ainsi que la ministre et coprésidente d’En commun, Barbara Pompili. Cette dernière a fait une intervention remarquée sur des marqueurs de gauche (notamment la fin de vie digne) et fort applaudie pour son appel à « la parité dans la gouvernance de ce mouvement », aujourd’hui piloté à 100% par des hommes : Richard Ferrand (président…

    • #MeToo aux candidat·e·s à la présidentielle : « Qu’allez-vous faire pour que les hommes cessent de violer ? »
      https://www.liberation.fr/idees-et-debats/les-mouvements-metoo-reunis-interpellent-les-candidates-a-la-presidentiel
      Un collectif agrégeant les mouvements nés au sein de différentes professions demande aux candidat·e·s à l’élection présidentielle d’entendre les victimes de harcèlement et de violences sexuelles et d’agir.

      Les signataires de cette tribune soutiennent ou sont investi·e·s dans les mouvements suivants : #MeTooMedias #MusicToo #MeTooPolitique #MeTooInceste #BalanceTonCirque #MeTooEP #MeTooVin #PayeTonTournage #PayeTonPinard #MeTooTheatre #MeTooGay #MeTooESR #PayeTaFac

      Longtemps, nous n’avons pas voulu faire de vague, nous sommes resté·e·s isolé·e·s, nous avions honte, nous avons gardé le silence. Nous avons laissé le doute nous envahir, avant de nous rendre compte que nous étions des dizaines, des centaines, des milliers, à enfin oser dire « moi aussi ». Moi aussi j’ai été harcelé·e, moi aussi j’ai été agressé·e, moi aussi j’ai été violé·e.

      Celles et ceux qui ont courageusement pris la parole peinent encore à être entendu·e·s et cru·e·s. Certaines et certains ont vu leur voix systématiquement remise en question, leur existence mise sous pression, leurs perspectives professionnelles se réduire et des portes définitivement se fermer. Face à ce constat commun à tous les milieux, nous souhaitons aujourd’hui unir nos voix afin qu’elles portent davantage. Pour permettre à d’autres d’oser parler, pour faire en sorte d’être enfin entendu·e·s.
      Interview

      Depuis cinq ans que la parole se propage au prix de risques parfois immenses pour les victimes, peu d’agresseurs ont été inquiétés, quelques-uns ont été promus, presque aucun n’a été condamné. Ils sont les membres respectés de nos familles, de nos entourages, de nos institutions. Et alors que nos souffrances peinent encore à être entendues, certains de nos agresseurs continuent de disposer de leur place de pouvoir, certains trinquent ensemble, s’applaudissent au théâtre, s’invitent dans les médias, se soutiennent et trouvent un soutien plus large encore dans le dénigrement constant de nos paroles, le mépris de nos vécus.

      D’aucuns dénoncent un tribunal populaire, un lynchage médiatique, une inquisition 2.0. D’autres veulent nous faire passer pour des groupuscules radicaux, des hystériques lancé·e·s dans des velléités pusillanimes et revanchardes sur les réseaux sociaux. Tous nous indiquent le chemin de la justice, quand #MeToo est né de la débâcle des institutions judiciaires et policières. Parcours culpabilisants et dissuasifs, exigences démesurées de preuves accablantes, magistrats débordés, enquêtes bâclées et classées, préjugés toxiques, résultats minables. Les condamnations sont l’exception. L’incapacité, la norme. Prenons le consentement. Pour les plus de 15 ans, la loi conçoit le viol en cas de menace, violence, contrainte ou surprise. Hors de ces cas, point de discussion. La loi, comme l’imaginaire collectif, nous accable d’une présomption de consentement archaïque et vivace.

      Si les revendications et témoignages des différents mouvements #MeToo étaient entendus, les mentalités, les lois, les pratiques auraient évolué.

      2 à 3 enfants par classe ne seraient pas victimes d’inceste, et tous les adultes travaillant auprès d’enfants seraient formés à repérer les signaux permettant de détecter ces violences.

      Plus de 100 féminicides n’auraient pas été commis depuis le début de l’année 2021.

      100 % des professionnels en lien avec l’enfance seraient formés sur le sujet.

      100 % des établissements scolaires, des entreprises, des institutions prévoiraient des actions de prévention et disposeraient de lieux d’écoute pour accueillir les victimes.

      90 % des victimes de violences sexuelles n’hésiteraient pas à porter plainte.

      70 % des plaintes pour viol ne seraient pas classées sans suite.

      80 % des victimes ne regretteraient pas d’avoir saisi la justice, le parcours judiciaire ne serait pas vécu comme une violence supplémentaire (1).

      Les victimes de violences sexuelles seraient prises en charge et accompagnées.

      On cesserait de nous accuser de briser des vies ou des carrières pour se focaliser sur l’impunité de nos agresseurs…

      On cesserait de nous accuser de mentir.

      On cesserait de remettre en doute notre parole alors que dans les faits les fausses accusations représentent 2 % à 10 % des cas.

      Au moins 1 milliard d’euros seraient consacrés à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, les moyens de la justice seraient renforcés ainsi que le dispositif de prise en charge des victimes.

      Nos agresseurs cesseraient d’être invités sur les plateaux télé pour se plaindre d’être des victimes, d’être promus, réélus, subventionnés, la culture du viol cesserait d’être véhiculée dans les représentations médiatiques et artistiques, nous sortirions enfin du mythe de la séduction à la française pour admettre que la société française n’a toujours pas compris #MeToo.

      Ce quinquennat est celui d’une grande promesse non tenue concernant la lutte contre les violences sexuelles. Qu’en sera-t-il du suivant ? A quand des engagements fermes, concrets pour apporter des réponses ? N’entendez-vous pas nos voix ? Il est plus que temps que les pratiques changent, que les coupables, les complicités et les complaisances soient sanctionnés, juridiquement, professionnellement et socialement.

      #MeToo est la photographie crue d’inégalités sordides.

      La campagne pour l’élection présidentielle commence. Les mouvements #MeToo réunis interpellent les candidat·e·s et leur posent une simple question : qu’allez-vous faire pour que les hommes cessent de harceler, d’agresser et de violer ?

      (1) Une enquête menée par l’association Mémoire traumatique et victimologie auprès de 1214 victimes donne des résultats accablants : 82 % des victimes ont mal vécu leur dépôt de plaintes, 77 % la procédure judiciaire, 89 % le procès. Citée ici.

      Signataires

      Léane Alestra, créatrice de Mécréantes ; Nora Arbelbide Lete, journaliste ; Manon Aubry, femme politique ; Clémentine Autain, députée de Seine-Saint-Denis ; Lauren Bastide, journaliste ; Karin Bernfeld, autrice ; Andrea Bescond, réalisatrice ; Anne Boistard, créatrice du compte Instagram Balancetonagency ; Claire Bourdille, militante féministe et droits des enfants #NousToutes ; Marylie Breuil, militante féministe #NousToutes ; Louise Brzezowska-Dudek ; Liam Carré ; Margot Cauquil-Gleizes, professeure ; Agathe Charnet ; Marie Coquille-Chambel ; Emmanuelle Dancourt, journaliste ; Aude Darlet, psycho-énergéticienne ; Madeline Da Silva, femme politique ; Clémence de Blasi, journaliste ; Caroline De Haas, militante féministe ; Cécile Delarue, journaliste. Hélène Devynck, journaliste ; Rokhaya Diallo, journaliste et réalisatrice ; Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France ; Elsa Faucillon, députée des Hauts-de-Seine ; Camille Froidevaux-Metterie, philosophe et professeure de science politique ; Ninon Guinel, ancienne collaboratrice d’élu.es ; Fleur Godart, Alice Godart, Séphora Haymann, Jean-Michel Journet, manager d’artistes, cofondateur de @musicTooFrance ; Stéphanie Khayat, journaliste ; Annie Lahmer conseillère régionale ; Rose Lamy, créatrice du compte Instagram « Préparez-vous pour la bagarre » ; Céline Langlois, Julie Ménard, Camille Pascaud, commerciale chez Intersport ; Isabelle Perraud, Sophie Rauszer du Parlement européen ; Florence Rochefort, historienne, chargée de recherche au CNRS ; Laurence Rossignol, sénatrice de l’Oise ; Sandrine Rousseau, femme politique, écologiste ; Eva San Martín, docteure géographie du genre, cadre pédagogique CFTS Là Rouatiere ; Réjane Sénac, politologue, directrice de recherche CNRS au Cevipof ; Fiona Texeire, collaboratrice d’élu·e·s, Marion Tillous, géographe ; Aurélie Trouvé, militante altermondialiste ; Mathilde Viot, Alice Zeniter, écrivaine.

  • Aidons #Libération, qui recherche des oiseaux rares, appel à témoins. A vos messageries !

    Vous êtes de gauche et vous pensez, par conviction ou pour faire barrage à l’extrême droite, voter pour Macron dès le 1er tour ? Votre témoignage nous intéressent. Expliquez-nous à l’adresse suivante : temoignages@libe.fr.

    https://www.liberation.fr/politique/elections/appel-a-temoins-moi-de-gauche-je-suis-pret-a-voter-emmanuel-macron-des-le

    https://www.liberation.fr/resizer/uRxCfX5QFU0Wm7iD-Yy7RBMoGyQ=/800x0/filters:format(jpg):quality(70):focal(2263x1319:2273x1329)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/WIGWUL7C6JCLDAXMAHP6BD23OY.jpg

    Appel à témoins : « Moi, de gauche, je suis prêt à voter Emmanuel Macron dès le 1er tour » - 29 novembre 2021

    « Macron est à droite », « il ne mène pas une politique de gauche »… Affublé par l’opposition de gauche du titre de « Président des riches » dès le début de son quinquennat pour ses réformes fiscales en direction des très aisés, le chef de l’Etat et son évolution sur l’axe gauche-droite de la vie politique française animent depuis près de cinq ans beaucoup de repas de famille et de discussions entre amis.

    A première vue, on se dit que l’électorat d’Emmanuel Macron s’est droitisé. Et c’est un peu le cas : depuis bientôt cinq ans, il a séduit, selon les enquêtes, un bon quart des anciens électeurs de François Fillon, notamment depuis les européennes de 2019, et perdu quelques ex-électeurs socialistes ou écologistes déçus d’un « en même temps » qui penche vers la droite.

    Mais, plus étonnant, plusieurs spécialistes de l’opinion observent aussi que plus d’un tiers de son électorat potentiel se dit « de gauche ». Et que des personnes votant socialistes ou écologistes aux élections locales et ayant voté pour lui en 2017 sont prêtes, pour des raisons de fond ou par crainte (encore) de la droite et de l’extrême droite, à glisser à nouveau un bulletin Macron dès le premier tour du 10 avril prochain.

    Pourquoi cette fidélité alors que le chef de l’Etat durcit son discours et reprend un à un les marqueurs de la droite classique ? Poursuite d’une politique économique de baisse des « charges » des entreprises, pas de hausse du salaire minimum, report annoncé de l’âge de départ en retraite au-delà de 62 ans, contrôle accru des chômeurs, révision des règles de l’assurance chômage, multiplication des lois sur la sécurité, priorité à l’énergie nucléaire, références à Maurras et Pétain et interviews à des magazines d’extrême droite…

    En février, Libération lançait un appel à témoins pour que vous nous racontiez pourquoi, vous, « de gauche », vous ne comptiez plus vous déplacer en cas de nouveau duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen au second tour de la présidentielle de 2022. Cette fois-ci, nous faisons appel à nos lecteurs qui se disent de gauche et comptent déjà voter pour Emmanuel Macron dès le premier tour en 2022. Racontez-nous pour quelles raisons, ce qui vous a plu (et déplu) dans sa politique depuis 2017 et ce qui vous séduit dans la perspective de la prochaine présidentielle.