La production cinématographique a évité une hécatombe en 2020, selon le CNC

/la-production-cinematographique-a-evite

  • La production cinématographique aurait évité une hécatombe en 2020
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/30/la-production-cinematographique-a-evite-une-hecatombe-en-2020-selon-le-cnc_6

    [Résumé de Libé] Parue ce mardi 30, l’étude statistique annuelle du Centre national du #cinéma (#CNC) sur la production tire l’âpre bilan de la crise : chute de 20% de films français agréés en 2020, plongeon de 30% des investissements (l’apport financier de Canal+, principal argentier de la filière, atteint son plus faible niveau depuis 1994 avec 34 films co-financés en moins). S’agissant des coproductions internationales, en recul de 24%, la dégringolade des financements étrangers se chiffre à 54%. Victimes de l’incertitude économique, les productions à gros budget sont particulièrement touchées – les devis à plus de 5 millions d’euros n’ont pas été aussi rares depuis 2000. Au regard du carnage redouté, le CNC note toutefois que les mesures d’aide publique (notamment la majoration des soutiens aux producteurs) ont permis de sauver les meubles.

    • De #Netflix au net flop
      https://www.liberation.fr/culture/cinema/de-netlflix-au-net-flop-20210330_M3YVHZ7G4FBAHNVNAEKX22NXQ4

      Tout ça pour ça. On attendait un scoop, on a eu un mug. On guettait l’annonce de « temps forts » depuis des jours prédits, dramatisés à coup de mailings, de promesses de secret gardé, d’infos de première main enfin divulguées au matin avec lien strictement personnel d’accès en ligne et code d’agent secret, on scrutait les nouvelles de Netflix et son line-up du feu de Dieu au milieu d’un cinéma mondial en panne, on se réjouissait d’avance des souris vandales dansant seules en selle avec de nouveaux « contenus » sur leur plateforme de bon gros gruyère – on vint, on vit, en vain.

      Au lieu d’un projet d’envergure, d’une intuition en tête chercheuse et commerciale, et qui sait même, d’une perspective esthétique, on a eu un grand carton enrubanné et vide, n’était une épaisse garniture de tortillons noirs. Agenda déjà connu (les annonces des prochains films US d’Adam McKay et de Zack Snyder, ou ledit « come-back » en France d’Alexandre Aja avec un film claustrophobe intitulé Oxygène), une carte de visite chiadée tendue sous nos yeux mais d’identité réelle aucune trace, nulle part. Et pour seul vrai bonus, un joli lapsus : en saluant le début de collaboration fructueuse entre le siège hexagonal de la plateforme américaine et la Cinémathèque Française, il fut question de la restauration de ce « chef-d’œuvre du cinéma français, le Abel Gance de Napoléon ». Netflix, morne plaine.

      On espérait un renouvellement, on a eu Dany Boon. On se prenait à croire à une ligne de production sachant évoluer par vases communiquants entre cartons garantis et audaces subséquentes, on a eu Lupin la suite, Van Damme l’éternel retour, Fanny Herrero (madame la vraie créatrice de ce qui se fit de mieux au cours des premières saisons de la série Dix pour cent) pour une série non datée, en plongée dans le stand-up à la française et qui promet de s’intituler Drôle, un remake d’un film coréen (Hard Day) pour un premier film (audace) d’un vieux venu (adieu l’audace), Régis Blondeau, chef op de films aussi réputés que Les Profs 1 puis 2, ou Gaston Lagaffe… et puis rien, désert, paroles vagues, promesses de préfinancements, projections fantômes de copro pour des films sans salles « quoi qu’il en coûte ». Projets ectoplasmes sans existence avant 2022 voire 2023 et formules marketing – mots-clés accumulés : fédérer un public le plus large possible sans se priver d’une grande variété de contenu qui n’oublierait pas la diversité des thématiques fortes telles que LGBTQ+, richesse du cinéma de genre (thriller, action, etc) à la mode nationale. On attendait, allez, un petit parfum de Ciby 2000 en complément du béton, de l’esprit Canal grande époque au lieu de la culture TF1, des signatures d’auteurs pour le prestige, à tout le moins, comme on eu Lynch, Campion, Altman, Almodovar, dans les nineties, et récemment chez sa grande sœur ricaine Fincher, Baumbach, Cuarón ou Scorsese, mais Netflix France, et ses effets d’annonce proche du rien, a fait flop ce matin.

      Non content de n’annoncer que des béton-busters et des têtes d’affiches zéro risque archi-matelassées, Netflix confirme vouloir faire valoir son droit à l’accès aux aides de l’État, au CNC, aux fonds de soutiens et avances producteurs sur recette que le système « vertueux » est censé dédié aux plus fragiles – avec puissance dix de fragilité en nos temps de covid – , aux indépendants, aux audacieux et aux seuls films appelés, un jour ou l’autre, à connaître une vraie sortie, attestée, effective, réelle, en salle. Pas en orbite directe sur la plateforme de nos nuits noires. La trinité Netflix-Dany Boon-CNC serait-elle la panacée avérée, de qui resterait-il à se moquer ? Le torchon brûle, doucettement, à bas bruit mais inexorablement, dans le cinéma devenu Pompéi consumé de ses propres braises. En attendant, la seule vraie et authentique beauté arrive sans crier gare sur Netflix (qui l’a récupéré faute de réouverture donc de sortie en salle), sans effet d’annonce mais sous embargo total d’ici vendredi : Madame Claude de Sylvie Verheyde.