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  • Manifestation « La violence et la stupidité ont franchi un cap » : à #Montpellier, des ostréiculteurs mettent feu au portail de « Midi Libre »
    https://www.liberation.fr/environnement/agriculture/la-violence-et-la-stupidite-ont-franchi-un-cap-a-montpellier-des-ostreicu

    Une drôle de conception de la liberté de la presse. Lundi 3 janvier en début de soirée, une cinquantaine d’ostréiculteurs se sont rassemblés devant les locaux de Midi Libre à Saint-Jean-de-Védas, près de Montpellier, rapporte le quotidien de la région Occitanie. La cause de leur colère ? Les éleveurs dénonçaient le traitement fait par le journal de la crise qui a touché les coquillages de l’étang de Thau fin 2025.

    En raison d’une présence trop élevée de norovirus dans la chair des coquillages, virus qui peut entraîner des gastro-entérites, les huîtres et moules produites dans l’étang ont été interdites à la vente par le gouvernement le 30 décembre. Cela ferait suite à des déversements d’eaux usées dans la lagune où les coquillages sont cultivés. Le quotidien s’était fait écho de l’interdiction, du rappel des produits, avait donné la parole à des consommateurs qui pensent être tombés malades après avoir consommé des huîtres tout comme à ceux qui soutiennent les éleveurs.

    • Christian Lehmann avait signalé la contamination dès le 27 décembre :
      https://bsky.app/profile/lehmanndrc.bsky.social/post/3mayfflktak24

      Ne mangez pas d’huîtres de l’étang de Thau. Elles sont contaminées.

      Le SAMU croule sous les appels mais quand cela survient pendant les fêtes, les autorités ne font pas de zèle pour prélèvements et analyse ce qui fait que ce ne sera déclaré officiellement qu’après le 1er janvier

      Je suppose que les ostréiculteurs s’attendaient eux aussi à ce que l’interdiction tombe après le réveillon, et qu’ils ont été très déçus que ça tombe le 30 décembre et que le journal le fasse savoir).

  • Chantier A69 : le parquet de Toulouse requiert une suspension des travaux sur le périmètre non autorisé
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/12/18/chantier-a69-le-parquet-de-toulouse-requiert-une-suspension-des-travaux-sur-

    « Au regard (…) de la gravité des atteintes à l’environnement relevées, le parquet de Toulouse a décidé de saisir hier (mercredi) le juge des libertés et de la détention d’un référé pénal environnemental (…) afin de mettre fin aux agissements incriminés dans un but de préservation de l’environnement », a ajouté le parquet dans un communiqué, annonçant une audience publique vendredi à 10 heures, au palais de justice de Toulouse.

    Le projet devenu emblématique des luttes écologiques s’apprête à rentrer dans sa phase ultime, avec la pose, à partir de janvier, des 500 000 tonnes du revêtement que les deux centrales d’enrobé à chaud, installées en novembre, se préparent à produire.

    #A69 #delga #ecocide

    • DUPLOMB PARTIELLEMENT CENSURÉ : UN PIED DANS LA PORTE ?
      https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/duplomb-partiellement-censure-un-pied-dans-la-porte

      AH BON, IL Y A UNE « CHARTE DE L’ENVIRONNEMENT » DANS LA CONSTITUTION ?

      Jeudi 7 août, le Conseil constitutionnel a censuré la ré-autorisation de l’acétamipride, un néonicotinoïde dont la toxicité sanitaire et environnementale n’est plus à démontrer. La décision s’appuie sur la Charte de l’environnement, intégrée depuis plus de 20 ans à la Constitution et qui prétend que « les choix destinés à répondre aux besoins du présent ne doivent pas compromettre la capacité des générations futures et des autres peuples à satisfaire leurs propres besoins ».

      Cette charte n’a jamais réussi à empêcher la fuite en avant mortifère du complexe agro-industriel. La reculade très partielle de l’Etat est la conséquence directe d’une colère populaire montante face à une intoxication généralisée des corps et des milieux par l’industrie des pesticides. Cette colère s’est traduite ces derniers mois dans le combat de l’association Cancer colère et des autres associations de victimes, dans des actions directes telles que des blocages et intrusions dans des sites de production de pesticides, dans les 2 millions de signatures de la pétition réclamant l’abrogation de la loi Duplomb. Cette dynamique de résistance n’a en rien perdu sa pertinence, et nous devons continuer à oeuvrer à son approfondissement : cette loi, même amputée, constitue toujours une offensive brutale d’un modèle agro-industriel délétère. Même sans acétamipride, le blanc-seing accordé à l’agrandissement des fermes-usines en particulier ne peut que contribuer à toujours plus intensifier le recours à la chimie de synthèse.

  • A69 : tu croyais vraiment que sous macron une décision du tribunal pouvait être autrement que piétinée ?

    Faut juste tenter de rassembler les infos pour comprendre que le chantier de l’A69 repart en toute impunité.

    https://www.sudouest.fr/environnement/autoroute-a-69-la-prefecture-interdit-la-mobilisation-ce-week-end-les-organ

    Fin février, le tribunal administratif de Toulouse a ordonné une interruption des travaux de l’autoroute, estimant qu’il n’y avait pas de raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM) pour justifier les dégâts causés à l’environnement. Cette décision, saluée comme une victoire par les opposants, a donné lieu à plusieurs recours des pro-autoroute : d’un côté devant la justice administrative, de l’autre, par le biais d’une proposition de loi visant à valider rétroactivement les autorisations environnementales du chantier. Celle-ci devrait faire l’objet d’une adoption dans les prochains jours, après un ultime vote dans les deux chambres du parlement.

    « À notre connaissance, c’est la première fois que des élus essaient de contourner une décision de justice (en passant par la voie parlementaire, NDLR) c’est quand même un tournant autoritaire sans précédent que l’on constate autour de cette lutte », a dénoncé Martin. Parallèlement, avant l’examen du dossier au fond prévu à la fin de l’année, la cour administrative d’appel de Toulouse a autorisé fin mai une reprise du chantier, que l’AFP a pu observer timide sur le terrain depuis peu. Cette bataille juridico-politique entre pro et anti se traduit par de fortes tensions locales.

  • Qualité de l’air : les particules ultrafines à proximité du trafic routier empoisonnent la santé des Parisiens – Libération
    https://www.liberation.fr/environnement/pollution/qualite-de-lair-les-particules-ultrafines-a-proximite-du-trafic-routier-e

    Dans la capitale, les niveaux de ces particules de la taille d’un virus, sont deux à trois fois plus élevés sur les grandes artères que dans les quartiers préservés des voitures, alerte un nouveau rapport d’AirParif ce vendredi 20 juin.

    « oué mé fau pa punir les povres qui peuve pa fèr autrement que polluer, yeanamar de l’écologipunitive »

    Nos contemporains sont des crétins.

    • Oui, bien sûr. Par contre pour pouvoir (à peu près) se loger dans l’agglomération parisienne ou toute autre ville, quand tu n’as pas de gros revenus, tu ne peux que choisir des zones à proximité du trafic routier (périph’s grands axes et boulevards). Et à ces endroits-là, tu ne trouves pas seulement des « voitures de pauvres » mais aussi des camions et toutes sortes de véhicules qui font circuler des marchandises ou des personnes liées à des activités professionnelles, artisans indépendants ou salariés d’entreprises de services. Ce matin, dans mon bled, c’étaient les tracteurs (énormes) qui dégradaient fortement la qualité de l’air rendu bien aussi pestilentiel que celui des périph’s urbains.

    • Si les autres #particules fines, les PM10 et PM2.5, sont réglementées, ce n’est pas le cas des ultrafines [#PUF, <0.1 micromètre], qui échappent encore à toute norme. « La directive européenne de 2024 impose leur surveillance, mais sans fixer de seuil à ne pas dépasser », précise Airparif.

      Etude sur les particules ultrafines à Paris
      https://www.airparif.fr/etudes/2025/etude-sur-les-particules-ultrafines-paris-campagnes-de-mesure-hiver-printem

      La comparaison des concentrations en nombre de PUF aux autres villes européennes considérées dans cette étude indique que les niveaux mesurés à #Paris lors des campagnes en 2022 et 2023 sont plus forts que ceux des autres villes pour ces mêmes périodes, à la fois en proximité au trafic routier et en situation de fond.

      Trois fois plus qu’à Londres par exemple...

  • A Polytechnique, des élèves interrompent la cérémonie de remise de diplômes faute d’avoir pu parler d’écologie sur scène – Libération
    https://www.liberation.fr/environnement/a-polytechnique-des-eleves-interrompent-la-ceremonie-de-remise-de-diplome

    Une dizaine d’étudiants de la prestigieuse école d’ingénieurs a protesté vendredi 13 juin contre le refus de la direction de les laisser évoquer la question environnementale.

    Julien Gossa - Mastodon
    https://social.sciences.re/@juliengossa/114709681292409085

    Polytechnique demande que les étudiants soumettent par écrit leur discours de fin d’année à l’approbation de l’administration.

    Je crois que c’est l’exacte définition de la censure.

    Des textes portants sur l’écologie, le féminisme et les inégalités ont été censurés.

    Les raisons de cette censure sont très intéressantes.

    1er argument « La cérémonie est l’aboutissement d’un parcours exigeant, on veut garder ce moment convivial et porteur d’espoir. Ce n’est en aucun cas une tribune pour donner ses opinions politiques ».

    Ce qui peut signifier deux choses.

    Soit que Polytechnique estime que l’écologie, le féminisme, et l’égalité ne sont pas pas porteurs d’espoir pour l’école, soit que ce sont des opinions que l’école ne partage pas.

    Et elle ne les partage pas au point de ne même pas pouvoir les entendre pendant 3 minutes.

    C’est complètement pété.

    2e argument « cette prise de parole n’était ni constructive ni éclairante »

    Et là par contre, c’est ultra-grave, parce que ça veut dire que Polytechnique n’arrive pas à former des gens capables de bâtir un discours politique constructif et éclairant de 3 minutes.

    Bref, encore un exemple où une alliance académie-bureaucratie n’arrive pas ni à écouter ni à laisser s’exprimer notre jeunesse, y compris donc la crème de la crème de notre système éducatif.

    Chaque fois qu’on fait ça, on se plante, car, le plus souvent, la jeunesse a raison et nous avons tort.

    Et je viens de voir passer de strip de @unpied.bsky.social qui résume pas mal ce qu’on peut penser de cette histoire.

    • Comme beaucoup, nous avons amorcé notre parcours par des éco-gestes individuels, comme devenir végétarien ou se refuser à prendre l’avion. Mais nous nous sommes vite interrogé·es sur notre avenir professionnel. Entre les entreprises pétro-gazières, celles du « luxe durable », les cabinets de conseil en stratégie, les banques, les startups qui font de l’IA une machine à sous, ou même l’industrie de l’armement qui facilite le génocide à Gaza, il est souvent difficile de retrouver chez ces potentiels recruteurs l’intérêt général que l’École prétend défendre. Nous voulions visibiliser comment l’institution ouvre largement ses portes à ces entreprises, pour lesquelles l’aspect environnemental est au mieux un outil marketing, au pire un frein au profit.

      Enfin, nous souhaitions élargir la focale, considérer l’environnement non plus comme un simple problème technique, mais bien comme un enjeu social. Les 1% les plus riches du globe ont généré en 2019 autant d’émissions de carbone que les 66% les plus pauvres. Les multinationales, les banques et les dirigeants politiques occidentaux s’accaparent les ressources et le temps de travail du Sud global. Le tout sans aucun respect pour les droits humains ni l’environnement. Face à l’héritage colonial occidental – auquel plusieurs de nos prédécesseurs ont largement participé –, nous voulions appeler à changer de posture : décentrer son regard et accepter la pluralité ; écouter les premiers concernés ; se battre pour la justice et la dignité.

      https://vert.eco/articles/des-etudiants-a-polytechnique-denoncent-la-censure-de-leur-discours-ecologique

  • A69 : la justice autorise la reprise des travaux malgré l’annulation totale de l’autoroute en première instance – Libération
    https://www.liberation.fr/environnement/pollution/a69-la-justice-autorise-la-reprise-des-travaux-malgre-lannulation-totale-

    Suspendu depuis trois mois, le chantier de l’autoroute Toulouse-Castres est relancé ce mercredi 28 mai par la cour administrative d’appel, sans attendre le procès en appel sur le fond, prévu dans plusieurs mois. Au risque que les travaux soient achevés avant d’être définitivement tranchés.

    Le backlash anti-écolo, comme on te dit dans certains journaux, est toujours aussi à la mode. C’est tout de même épatant comme quoi on te fait croire qu’il est logique qu’il y ait un backlash, du fait que les écolos ont beaucoup trop freiné l’activité économique, et qu’il faut maintenant rattraper le retard pris du fait des extrémistes (écolos, tu l’auras compris, les extrémistes, ce sont toujours les progressistes). Cette distorsion de la réalité est aussi insupportable que toutes les autres, celles qui te disent que tu es antisémite parce que tu es révolté à la vue d’enfants dans les flammes. La lutte contre la vie de nos élites est effarante et insupportable.

  • Festival de Cannes : Jeff Bezos et Lauren Sánchez sont sur un bateau, l’écologie tombe à l’eau – Libération
    https://www.liberation.fr/environnement/pollution/festival-de-cannes-jeff-bezos-et-lauren-sanchez-sont-sur-un-bateau-lecolo

    Les ultrariches ça ose tout, c’est même souvent à ça qu’on les reconnaît.

    Le collectif Yacht CO2 Tracker a recensé 89 navires de plus de 40 m autour de Cannes depuis le début du festival de cinéma. Ces monstres des mers, ultrapolluants, sont de plus en plus gros – Reporterre
    https://reporterre.net/A-Cannes-Jeff-Bezos-et-Bernard-Arnault-jouent-a-qui-a-le-plus-gros-yacht

    C’est l’autre tapis rouge du festival de Cannes. Celui-ci ne se tient pas sur les marches du palais des festivals mais un peu plus loin, en mer. Ce défilé, c’est celui des yachts des #ultrariches venus profiter du début de la saison estivale sur la grande bleue. À l’instar des célébrités devant les photographes sur la Croisette, l’objectif est d’attirer tous les regards, avec le yacht le plus massif et le plus voyant possible.

    https://bsky.app/profile/yachtco2tracker.bsky.social

  • Chantier de l’A69 : les sénateurs votent la reprise des travaux
    https://www.liberation.fr/environnement/chantier-de-la69-les-senateurs-se-penchent-sur-la-proposition-de-loi-pour

    Sans surprise, les sénateurs ont voté une proposition de loi dite « de validation » ce jeudi 15 mai pour contourner la décision du tribunal administratif de Toulouse du 27 février qui avait arrêté le chantier controversé. Le texte doit désormais passer à l’Assemblée.

    • Autoroute A69 : ministres et parlementaires s’unissent pour contourner la justice et relancer le chantier
      https://archive.ph/KjObu

      Après l’adoption au Sénat, sans surprise au vu de l’équilibre des forces au Palais du Luxembourg, la proposition doit être examinée à l’Assemblée nationale le 2 juin. Signe d’un réel soutien de la part des macronistes, les députés EPR, lors d’un vote interne, l’ont placée en tête des textes à programmer lors de la niche parlementaire du groupe. Si Matignon reste prudent – « Il s’agit d’une initiative parlementaire, portée par les parlementaires du territoire, le gouvernement s’en remettra à la sagesse des Assemblées », explique l’entourage du premier ministre –, aucun ministre ne s’est opposé à cette initiative.

      En février, dès la décision du tribunal administratif connue, le ministre des transports, Philippe Tabarot, avait annoncé que l’Etat ferait appel de la décision et demanderait le sursis à exécution afin de permettre la reprise rapide des travaux sur le chantier. Ces deux procédures ont été lancées le 24 mars. L’audience sur le sursis à exécution se déroulera le 21 mai à la cour administrative d’appel de Toulouse.

      ...

      « Les sénateurs et les députés auraient pu au moins attendre l’audience du 21 mai pour savoir si la justice décide que les travaux pourront reprendre ; là, il y a une volonté sans précédent d’empiéter sur le travail des juges et de peser sur une décision en appel, affirme Arnaud Gossement, avocat spécialisé dans le droit de l’environnement. Cela pose, plus largement, la question du respect de l’Etat de droit par les parlementaires soutenus par le gouvernement. »

      Ces fossiles nous rendent marteaux.

      #A69 #voiture

  • Aux #Etats-Unis, Trump et Musk déciment à coups de #licenciements la #NOAA, vigie de la #météo et du #climat

    En une semaine, l’Agence d’observation océanique et atmosphérique a perdu 10 % de ses 12 000 employés, licenciés sur fond de croisade antiscience du gouvernement américain. Une manifestation mondiale de chercheurs est prévue le 7 mars.

    Moins de deux mois après le retour de Donald Trump au pouvoir, la liste des atteintes à la science ne cesse de s’allonger aux Etats-Unis. La plus récente est une vague de licenciements sans précédent dans un des temples mondiaux de la connaissance, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique, souvent appelée la NOAA, son acronyme anglais. « Des centaines de scientifiques et d’experts de la NOAA viennent de recevoir la nouvelle que tout travailleur fédéral redoute » , a alerté, jeudi 27 février, le démocrate Jared Huffman, élu de Californie à la chambre des représentants. Les employés visés ont reçu un mail leur intimant de faire leurs cartons avant le soir même. Une annonce brutale, que beaucoup redoutaient depuis plusieurs semaines.

    Cette #purge de scientifiques de haut niveau, chargés notamment des prévisions météo, de la modélisation du climat et de la surveillance des océans , s’inscrit dans le cadre de la cure d’amaigrissement du nombre de fonctionnaires voulu par le nouveau locataire de la Maison Blanche. Début février, selon le Guardian, les équipes des « #cost_killers » autoproclamés du Département de l’efficacité gouvernementale, le #Doge, dirigé par le milliardaire Elon Musk , avaient déjà pénétré de force dans les locaux de la NOAA, en quête d’un accès aux systèmes informatiques. Déjà sous le premier mandat de Trump, l’agence fondée en 1970 par le président républicain Richard Nixon avait dû résister à de multiples pressions, refusant notamment de supprimer le mot « climat » du site Web de l’institution. Mais cette fois-ci, Donald Trump est revenu avec « un marteau-pilon pour détruire les programmes et essayer de se débarrasser des gens », comme l’a confié au site spécialisé « Inside Climate News » Craig McClean, ancien directeur scientifique par intérim de l’agence.

    Une victime idéologique

    Sous prétexte de #coupes_budgétaires, la NOAA est surtout une victime idéologique. La structure se trouvait dans le viseur du « Projet 2025 » rédigé par la fondation Heritage , un cercle de réflexion ultraconservateur très influent outre-Atlantique. Ce plan de gouvernance de 900 pages, que la nouvelle administration climatosceptique semble suivre, décrivait la vigie du climat comme l’un des principaux moteurs de « l’industrie de l’alarmisme climatique » et appelait à son démantèlement.

    L’agence sort de cette purge éclair fortement affaiblie. Lors d’une conférence de presse vendredi 28 février, un de ses anciens administrateurs, Rick Spinrad, a révélé que près de 650 employés avaient été remerciés sans préavis la veille. « Tous les bureaux ont été touchés par ces licenciements aveugles, malavisés et mal informés », a-t-il regretté. Selon le New York Times, les agents concernés étaient en période d’essai. Parmi eux, Sarah Cooley, directrice du programme sur l’acidification des océans, ou encore Zachary Labe, spécialiste de l’atmosphère. « Les personnes à côté desquelles j’étais assis et qui ont été touchées [par les licenciements] travaillent à l’élaboration de certains des modèles les plus haute résolution au monde pour mieux comprendre des phénomènes comme les conditions météorologiques extrêmes », a détaillé l’ancien administrateur à Inside Climate News.

    Si les licenciements concernent essentiellement de jeunes scientifiques, ils n’épargnent pas la catégorie des cadres. Le quotidien américain précise que 500 démissions se sont également ajoutées à ces départs en fin de semaine dernière. Au total, l’agence aurait perdu environ 10 % de ses 12 000 employés.

    « C’est évidemment un tournant, ne serait-ce qu’en raison de l’incroyable violence exercée contre nos collègues qui, jusqu’à présent, considéraient leur travail comme un engagement pour le bien du peuple américain et même de la planète entière », se désole en écho l’écologue Wolfgang Cramer, directeur de recherche au CNRS à Aix-en-Provence et membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Celui qui s’implique aussi, en France, dans le combat du groupe Scientifiques en rébellion, ajoute : « Je ne trouve pas les mots pour exprimer l’ampleur de mes émotions et mes inquiétudes. Même si d’autres pays que les Etats-Unis redoublent d’efforts dans la recherche, l’amputation des ressources intellectuelles et techniques de la recherche américaine nous fera prendre un retard considérable. »

    Le démantèlement partiel de la NOAA aura des conséquences dangereuses et pourrait se retourner contre population américaine et son économie. Ses services chargés d’étudier les ouragans, les tornades, les tsunamis ou les vagues de chaleur ont été amputés, alors que les événements extrêmes se multiplient sous l’effet du changement climatique. Pêcheurs et agriculteurs, par exemple, dépendent de ses précieuses prévisions. L’agence est aussi indispensable à la surveillance et la protection des coraux ou encore à la prévention de la surpêche sur les côtes américaines. Sollicité par l’AFP, un des porte-parole de la NOAA, Theo Stein, a tenté de rassurer : « Nous continuons à fournir des informations météorologiques, des prévisions et des alertes conformément à notre mission de sécurité publique. »

    « La mission factice de Musk met un frein brutal à des programmes vitaux. Les gens à travers le pays dépendent de la NOAA pour des prévisions gratuites et précises, des alertes météorologiques graves et des informations d’urgence », s’est au contraire inquiété l’élu californien Jared Huffman, numéro deux de la commission des ressources naturelles à la Chambre des représentants. Et l’onde de choc menace toute la planète puisque l’institution était jusqu’ici la référence pour la production et l’analyse de données climatiques, utilisées par de nombreux chercheurs étrangers.

    Mais tout n’est peut-être pas perdu. William Alsup, juge d’un tribunal de district américain, a estimé que les ordres ayant déclenché des licenciements massifs de fonctionnaires étaient probablement illégaux et a formé un recours, a rapporté le Washington Post. De son côté, Craig McClean, le directeur scientifique par intérim de la NOAA sous la première administration Trump, a rappelé que les mandats de l’agence pour l’étude du climat provenaient du Congrès et ne pouvaient pas être simplement supprimés sans son aval.

    La résistance s’organise

    Malgré la sidération, des universitaires organisent la résistance. Mi-février, des scientifiques américains ont lancé le mouvement « Stand up for science » pour « défendre la science en tant que bien public et pilier central du progrès social ». La nouvelle administration avait alors déjà commencé son travail de sape dans le domaine de l’environnement en annonçant son retrait de l’accord de Paris sur le climat, en ordonnant aux scientifiques de la NOAA de couper tout contact avec les experts étrangers , en supprimant des pages consacrées au changement climatique et à la biodiversité sur les sites des agences fédérales, en coupant les financements de projets et de bourses mentionnant le mot « climat » ou encore en retirant la délégation américaine du Giec. La recherche dans domaines de la santé , de l’éducation et les programmes promouvant la diversité et l’inclusion ont également subi de lourdes coupes humaines et financières.

    Avec les licenciements de masse à la NOAA, la mobilisation s’est renforcée et aboutit, ce vendredi 7 mars, à une manifestation mondiale de scientifiques. Un fait rare, voire inédit. « A ma connaissance, il n’y a jamais eu d’attaque globale de ce type de la part d’une grande puissance scientifique,souligne Wolfgang Cramer. Il n’est donc pas surprenant que la communauté scientifique, toutes disciplines confondues, fasse entendre sa voix de cette manière et explique les dangers liés à cette attaque. »

    En France , près de 1 700 personnes ont déjà fait savoir leur intention de participer aux actions prévues, telles que des marches, rassemblements et débats. « Les institutions de recherche, les agences de régulation, les droits civiques et les fondements mêmes de la démocratie sont mis à mal par l’administration Trump », écrivent les organisateurs (l’astrophysicien Olivier Berné, le biologiste Patrick Lemaire et l’historienne Emmanuelle Perez-Tisserant), dans leur appel à la mobilisation. Le danger guette de ce côté-ci de l’Atlantique. « Il est évident que les forces antiscientifiques qui se rassemblent depuis des années autour des partis de droite et d’extrême droite et aussi des médias qui leur sont proches – en France et en Europe – sentent le vent tourner en leur faveur », note Wolfgang Cramer, qui invite à « nous opposer encore plus fermement aux tentatives à peine dissimulées de démanteler nos institutions publiques de recherche et d’enseignement ».

    https://www.liberation.fr/environnement/aux-etats-unis-trump-et-musk-deciment-a-coups-de-licenciements-la-noaa-vi
    #recherche #science #trumpisme #USA

    • NOAA firings hit the birthplace of weather and climate forecasting

      When news of his firing came late last week, Kai-Yuan Cheng, an atmospheric scientist at one of the crown jewels of the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), had one thought in mind: He had 1 hour to tie up his research on severe storm forecasting. “I worked to the last minute of my federal employment,” he says. “I tried my best to wrap up my work before I lost access.”

      Cheng was one of 10 federal workers fired from the Geophysical Fluid Dynamics Laboratory (GFDL), a small but influential research center in Princeton, New Jersey, as part of broader NOAA layoffs announced on 27 February. GFDL, which dates to 1955, produces some of the world’s most highly regarded weather and climate models, relied on for U.S. weather forecasting and projections of global warming. Because several of the fired workers led critical projects, it is now likely that several of the lab’s projects, including its next-generation atmospheric model, will be delayed, along with more accurate predictions of climate at regional scales.

      President Donald Trump’s administration last week fired somewhere between 600 and 900 NOAA staff, targeting “probationary” workers who were new in their jobs or recently promoted. Earlier this week, the American Meteorological Society warned the firings will “cause irreparable harm and have far-reaching consequences for public safety, economic well-being, and the United States’s global leadership.” The firings have been felt all across the agency’s labs, which study everything from pollution in the high upper atmosphere to the traces of global warming now detectable in the deep abyssal ocean.

      At GFDL, a particular concern is the future of its atmospheric model, which chops the atmosphere into thousands of boxes and uses the equations of fluid dynamics to move mass and energy through them, allowing its future to be forecast. The next version, dubbed AM5, has been designed to run at higher resolutions—more boxes—with more frequency, allowing same code developed for long-term climate change to be used for seasonal forecasting of weather as well. These improvements required reworking how the model simulated clouds, rainfall, stratospheric ozone, and gravity waves, among other factors.

      AM5 was scheduled to be finished this year, and was expected to provide the basis for GFDL’s future global climate modeling efforts, which are used worldwide, from insurance companies to United Nations’s reports on climate change. But two scientists core to AM5, including one lead, were both fired last week, sources told Science. Both had worked for many years as contractors before finally being hired. One also had to wait for the long application process for U.S. citizenship to go through. “I gave up my citizenship for this job,” the scientist said, asking not to be named for fear of drawing scrutiny.

      The researcher will likely still do some work for the lab as a volunteer, and they are still hopeful AM5 will be finished, though it is likely to be delayed now. The researcher left their birth country partly because of its authoritarian politics, they added, saying it’s sad and ironic to see similar dynamics taking hold in the U.S.. “I feel somewhat helpless. I want to push back. I want to do something.” For now, they are starting to look at jobs in Europe.

      Cheng also started as a contractor, joining GFDL in 2018 and becoming a mainstay of its experimental SHiELD forecast system, which simulates the globe at resolutions high enough to re-create convection, the updrafts that cause hurricanes, storms, and tornadoes. Knowing that federal employees should, in theory, have better job protections, Cheng hoped to join on a more permanent basis. Finally, 2 months ago, he got his dream job. “My U.S. government journey was quite short,” he says. Cheng is hopeful he did enough that someone can pick his work up—even as he now thinks about embarking on a new job hunt to help support his wife and child.

      Not all of GFDL’s fired scientists had long tenures. One, who declined to be named, was recently hired to help validate the lab’s models using satellite data. Another, Zachary Labe, has been using explainable artificial intelligence, methods that probe the black box of traditional AI models to divine their reasoning, to improve forecasts of heat waves and heavy rainfall. “Improving these forecasts is crucial for public safety,” he says.

      The NOAA firings have also drawn concern from the many private sector institutions that rely on data and forecasts provided by the agency. GFDL, for instance, collaborates with Ai2, the nonprofit founded by Paul Allen, which uses the high-resolution GFDL model to train an AI-powered forecast system that can be run at much lower computing power. But the work is now at risk, says Chris Bretherton, the atmospheric scientist who leads Ai2’s climate modeling. “With the unfettered intentions and actions of the current administration, this tragedy will come quickly and be hard to reverse.”

      Legal challenges could reverse some of the firings, as has now happened at the National Science Foundation, and the Trump administration could backtrack. Just today, it issued new guidelines stating that agencies, not the White House’s Office of Personnel Management, had ultimate say on whether to go through with these firings.

      But Bretherton says it’s dispiriting to see the future leaders of climate research at institutions like GFDL fired indiscriminately, while countries in Asia and Europe are matching or surpassing the U.S. in weather and climate modeling. No amount of clever technology can cover the gap that is forming. “Artificial intelligence,” he says, “cannot compensate for a lack of human intelligence.”

      https://www.science.org/content/article/noaa-firings-hit-birthplace-weather-and-climate-forecasting

  • Est-ce un signal fort comme quoi la justice (enfin, ce qu’il en reste) puisse encore mettre des bâtons dans les roues à toute cette coterie entrepreneuriale et grande pourvoyeuse de corruption ?

    Autoroute A69 : la justice annule l’autorisation environnementale du projet d’autoroute entre Castres et Toulouse, le chantier est arrêté
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/02/27/autoroute-a69-la-justice-administrative-annule-l-arrete-prefectoral-autorisa

    Autoroute A69 : la justice annule l’autorisation environnementale du projet d’autoroute entre Castres et Toulouse, le chantier est arrêté

    La rapporteuse publique avait demandé l’annulation du projet, jugeant les gains espérés de la future autoroute insuffisants par rapport aux atteintes à l’environnement. L’Etat va faire appel, annonce le ministère des transports, dénonçant une situation « ubuesque ».

  • #Relaxe au goût amer pour les #Scientifiques_en_rébellion : « C’est une goutte d’eau dans un océan de défaites »

    Seize personnes, dont cinq #scientifiques, poursuivies pour avoir mené une #action_militante au #Havre en 2023 ont été mises hors de cause par la justice lundi 10 février. Le chercheur #Hugo_Raguet, relaxé, n’arrive pas à y voir une victoire tant le blacklash environnemental n’épargne aucune partie du monde.

    On s’attendait à recueillir une réaction enjouée et une parole revigorée. Lundi 10 ;février, seize personnes, dont cinq scientifiques, poursuivies devant le tribunal correctionnel du ;Havre pour « entrave à la circulation » après avoir mené en ;2023 une action contre la mise en place d’un terminal méthanier de #TotalEnergies dans le port de la ville , ont été mis hors de cause par la justice. « La décision est une relaxe totale », nous a fait savoir par message leur avocate Chloé Chalot. Rare bonne nouvelle ces derniers temps en matière de lutte écologique. Lors de l’audience le 6 ;décembre, Hugo Raguet, 37 ;ans, membre des Scientifiques en rébellion , connus pour leur lutte contre l’inaction climatique et la #désobéissance_civile, avait pris la parole au nom des cinq prévenus faisant partie du collectif. « Nous pensions que les consensus scientifiques seraient correctement relayés dans les médias, éclaireraient les débats publics, et que les décideurs sauraient en tenir compte, mais malgré nos alertes, les décideurs poursuivent la même trajectoire autodestructrice. Ce terminal méthanier en est une illustration évidente. C’est un projet d’un autre temps. »

    En définitive, cet enseignant-chercheur en informatique à l’Institut national des sciences appliquées à Blois, qui avait procédé avec ses camarades au blocage d’un pont mobile tout près du chantier de l’installation portuaire le 12 ;mai 2023, n’est pas condamné pour cette action. Mais le terminal méthanier, lui, a bien fini par être mis en place. Au bout du fil, Hugo Raguet évacue très vite le sentiment de satisfaction liée à la décision judiciaire. Face au « backlash environnemental »en cours ,partout sur la planète « mais également en France », la victoire obtenue devant le tribunal du ;Havre « n’est que symbolique »,exprime-t-il .

    Comment vous sentez-vous, depuis que vous avez appris votre relaxe ; ?

    Je suis soulagé, c’est une évidence, mais cela s’arrête un peu là. D’abord, nous ne savons pas encore pour quel motif le tribunal a pris cette décision. Notre avocate a plaidé au nom de la « liberté d’expression » et de « l’état de nécessité » [principe qui reconnaît « pénalement irresponsable » toute personne qui, « face à un danger actuel ou imminent » et menaçant pour « elle-même, autrui ou un bien », n’a d’autre ressource que d’accomplir un acte défendu par la loi, ndlr],mais nous sommes encore dans le flou, donc c’est difficile de se réjouir outre mesure si finalement, nous avons gagné pour une autre raison. Si le motif de l’état de nécessité est retenu, cela pourrait faire jurisprudence et permettre de protéger les militants écologiques. Mais quand bien même cette décision irait dans ce sens, tout cela ne fait pas le poids face à la réalité du monde ; : nous assistons à un tel recul dans les domaines de la protection de l’environnement, des droits humains, et de la coopération, partout sur la planète et également en France, que c’est difficile de voir autre chose qu’une victoire symbolique.

    Que voulez-vous dire ; ?

    Nous avons gagné devant la justice pour une mobilisation qui était importante et dont je suis fier. Mais c’est une goutte d’eau dans un océan de défaites. Depuis des semaines, je constate avec effroi et une très grande colère que le mouvement pour le climat ne peut rien face au mouvement de fond. La désobéissance civile pour tirer la manche de l’opinion c’est bien, mais on est face à des ennemis beaucoup plus forts que nous. Les extrêmes droites climatosceptiques montent partout dans le monde, il semble qu’aucun des pays riches signataires de l’accord de Paris n’ait jamais eu sérieusement l’intention de le respecter, le Pacte vert européen est remis en question , la situation française est exaspérante car il ne se passe plus rien , ou plutôt, quand il se passe quelque chose cela va dans le mauvais sens… Nous basculons dans un monde dystopique dans un silence grotesque et assourdissant. Aujourd’hui, le sentiment qui me domine, c’est de l’épuisement, de l’écœurement et beaucoup de pessimisme.

    Cette victoire ne vous permet pas de donner du sens à votre engagement et l’envie de continuer ; ?

    Sincèrement, je me demande parfois pourquoi on se bat. Les Scientifiques en rébellion sont un formidable collectif. Je l’ai intégré en ;2022 et il m’a permis d’être en cohérence avec moi-même, d’aligner mes convictions avec mes connaissances scientifiques. Mon activisme m’a mené jusqu’à une garde à vue en Allemagne , je me retrouve dans plusieurs procédures judiciaires mais je ne regrette rien, parce que je sais que j’ai fait de mon mieux, à mon échelle, pour alerter. Ce que je déplore, en revanche, c’est qu’un pourcentage infime de la population s’est engagé avec nous. J’en veux au monde entier. Aux classes politiques, évidemment, les premiers responsables. Mais aussi, à un degré moindre, au reste de la société. Parce que j’ai le sentiment que les gens sont dans un déni quotidien et permanent. Est-ce que c’est parce que les scientifiques ne sont pas encore assez nombreux à sortir de leur laboratoire, pour s’engager dans le monde et prendre leur responsabilité face au chaos ; ? Ce que je sais, c’est que la lutte écologique et sociale, en l’état, ne fonctionne pas.

    Avez-vous l’intention de mettre un terme à votre engagement ; ?

    En ce début ;2025, je ressens une fatigue immense, à la fois physique et morale. J’ai besoin de repos, et d’ailleurs je me suis mis un peu en retrait des Scientifiques en rébellion. Je ne suis pas le seul au sein du collectif à être découragé. Notre organisation internationale a des antennes dans de nombreux pays et je ressens bien une baisse d’énergie globale. C’est difficile après tant d’efforts et d’implication de voir que tout cela n’a servi qu’à peu de choses, finalement. La branche française me semble moins subir cette baisse d’énergie, il y a beaucoup de projets et de débats, mais honnêtement je ne vois pour le moment rien de suffisamment engagé pour changer la tendance générale. A vrai dire, tout le mouvement climat en général semble à bout de souffle, et doit trouver des nouveaux moyens d’engagement, des nouvelles stratégies. Pour que toute la société augmente d’un cran dans son engagement et courbe le dos aux pouvoirs publics.

    https://www.liberation.fr/environnement/relaxe-au-gout-amer-pour-les-scientifiques-en-rebellion-cest-une-goutte-d
    #procès #justice #action_directe #résistance #changement_climatique #climat

    • Le tribunal du Havre reconnait l’#état_de_nécessité pour les militant·es d’#Extinction_Rebellion et Scientifiques en rébellion

      16 activistes climat relaxé·es au nom de « l’état de nécessité » : une victoire qui fait date

      En mai 2023, des activistes des mouvements Scientifiques en rébellion et Extinction Rébellion avaient bloqué une écluse au port du Havre, pour protester contre l’installation d’un nouveau terminal méthanier, qui aggrave la dépendance de la France aux énergies fossiles et augmente les émissions de gaz à effet de serre, alors même que notre pays ne remplit pas ses engagements pour lutter contre le changement climatique pris lors de l’Accord de Paris.

      Le 6 décembre 2024, 16 militant·es ont comparu au tribunal correctionnel du Havre. Le jugement a été rendu en début de semaine : tous et toutes ont été relaxé·es au motif de l’état de nécessité. La juge a donc reconnu que nous n’avons pas d’autre choix, en tant que citoyen·nes et que scientifiques, que de désobéir pour protéger la vie sur terre et que nos actions de désobéissance civile sont proportionnées et nécessaires. Ce jugement est d’une importance particulière dans le contexte actuel de reculs politiques sur la question écologique qui se font au mépris des connaissances scientifiques et en mettant en péril la survie de nos sociétés.

      Le verdict rappelle que « l’état de nécessité peut être défini comme la situation dans laquelle se trouve une personne – ou un groupe de personnes – qui n’a d’autre choix que d’accomplir un acte prohibé pour sauvegarder un intérêt supérieur. Cet état de nécessité se caractérise par un danger actuel ou imminent et une violation de la valeur protégée nécessaire et proportionnée ».

      Il souligne que « la France subit les conséquences du dérèglement climatique provoqué par l’activité humaine. Il ressort également de ce rapport [du GIEC] que la France ne pourra pas atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre qu’elle s’était fixés ». Comme l’avait plaidé la défense, il reconnaît que « la réalité et l’imminence du danger sont avérées ».

      Il en conclut logiquement que « l’entrave à la circulation apparait comme ayant été nécessaire pour attirer l’attention du public et des médias sur la construction du nouveau terminal méthanier en contradiction avec l’objectif général de diminution de recours aux énergies fossiles. Elle apparait également proportionnée face à la menace. »

      C’est la deuxième fois en quelques mois que des membres d’Extinction Rebellion et de Scientifiques en rébellion sont relaxé·es au nom de l’état de nécessité par un tribunal. Le 10 octobre dernier, le Tribunal de Police de Paris avait prononcé le même jugement à l’encontre de militant·es qui avaient réalisé une conférence-occupation au Muséum National d’Histoire Naturelle. Le parquet a fait appel, comme il l’avait fait dans d’autres jugements similaires ces dernières années (par exemple le décrochage des portraits d’Emmanuel Macron à Lyon ou l’action d’Extinction Rebellion dénonçant l’agroindustrie à La Rochelle). Dans le cadre de l’affaire du Havre, il a dix jours pour décider ou non de le faire.

      Rappel des épisodes précédents

      Le 12 mai 2023, les Scientifiques en rébellion, en coalition avec d’autres mouvements (ANV-COP21, Extinction Rebellion, Stop Eacop et Dernière Rénovation) ont ciblé TotalEnergies et son projet d’installation d’un terminal méthanier flottant au Havre. Ce projet, qui permet d’importer du gaz naturel liquéfié (GNL) par bateau et qui a été mis en service en octobre 2023, va à l’encontre des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre pris par la France, qui nécessitent de stopper immédiatement le développement de toute nouvelle infrastructure fossile. Cette action avait pour objectif de rappeler que le gaz – et en particulier le GNL – n’est en aucun cas une énergie propre ou « de transition », mais bel et bien une énergie fossile qui contribue fortement au réchauffement climatique.

      En parallèle avec deux autres actions, une dizaine de scientifiques en blouses blanches et plusieurs membres des collectifs partenaires avaient bloqué le pont mobile situé sur l’écluse François Ier qui assure le passage du fret maritime, constitué en grande partie de carburant fossile. Certain·es d’entre elles et eux s’étaient pour cela enchaîné·es au pont. Ce pont est particulièrement symbolique, car il est situé à côté du chantier de construction du projet FSRU (Floating Storage and Regasification Unit) visé. Ce navire, amarré en permanence, a pour fonction de recevoir du GNL transbordé depuis des bateaux méthaniers, de le stocker, de le ramener à l’état gazeux et de l’injecter dans le réseau de transport de gaz naturel.

      Le procès des 16 activistes s’est tenu le 6 décembre 2024 au tribunal correctionnel du Havre. Iels étaient poursuivis pour entrave à la circulation des véhicules sur une voie publique. Le procès avait été marqué par les témoignages de Frank Marba, victime climatique aux Philippines et plaignant dans un recours pénal contre TotalEnergies, et de Stéphane Costa, co-président du GIEC normand. Bien que reconnaissant le caractère actuel ou imminent du danger causé par le changement climatique, la procureure avait requis de maintenir l’amende initiale de 200 euros par personne.

      https://scientifiquesenrebellion.fr/textes/presse/le-tribunal-du-havre-reconnait-l-etat-de-necessite

  • Mis en cause par François Bayrou, les agents de l’Office de la biodiversité se mettent en retrait et réclament des « excuses publiques » – Libération
    https://www.liberation.fr/environnement/mis-en-cause-par-francois-bayrou-les-agents-de-loffice-francais-de-la-bio

    Une large intersyndicale appelle ce vendredi 17 janvier les agents de l’OFB à rester dans leurs bureaux, mouvement qui correspond à « une mise en retrait totale » des agents, selon une source interne. Des agents accusés par le Premier ministre d’humilier les agriculteurs lors de leurs contrôles.

    La coupe est pleine. Sous le feu de critiques répétées, y compris gouvernementales, les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) ont décidé, ce vendredi 17 janvier et à l’appel d’une large intersyndicale, de ne plus mettre le nez dehors. Le mot d’ordre signé par la CGT, FO, la FSU, le SNE, l’Unsa et la CGC appelle les agents à « ne plus réaliser aucune mission de police », « ne plus effectuer aucune mission, quelle qu’elle soit, vers le monde agricole », ou encore à « stopper toutes les missions d’appui technique vers les services de l’Etat, les établissements publics et les collectivités territoriales ». De source interne à l’OFB, le mouvement correspond à « une mise en retrait totale » des agents.

    Des agents qui ont peu goûté les derniers mots de François Bayrou, qui a qualifié mardi dans son discours de politique générale de « faute » les contrôles des inspecteurs de l’environnement. « Quand les inspecteurs de la biodiversité viennent inspecter les fossés ou les points d’eau avec une arme à la ceinture dans une ferme déjà mise à cran par la crise, c’est une humiliation, donc une faute », avait dit le Premier ministre.

    « L’OFB et ses personnels sont cloués au pilori par des gouvernements qui sont incapables de répondre à la crise que vivent nombre d’agriculteurs. On ne compte plus les locaux saccagés, les insultes parfois nominatives, les menaces au moyen de tracteurs et même la mise en danger d’un agent par sabotage de son véhicule », dénonce l’intersyndicale dans un communiqué. Laquelle annonce maintenir son mot d’ordre de mise en retrait « jusqu’à ce que le Premier ministre fasse des excuses publiques, reconnaisse la nécessité des missions de l’OFB et soutienne les actions de police de l’environnement ».

    « Nous en avons assez de ce qui se passe depuis plus d’un an et demi »
    La colère est partagée à tous les échelons de l’OFB, qui compte plus de 3 000 agents, dont 1 700 inspecteurs de l’environnement sur le terrain. Ce vendredi matin, la présidente du conseil d’administration de l’OFB, Sylvie Gustave-dit-Duflo, a dit dans un entretien à l’AFP sa « colère ». « Nous en avons assez de ce qui se passe depuis plus d’un an et demi à l’encontre de l’OFB et des agents, développe celle qui est aussi vice-présidente de la région Guadeloupe. Lorsque les agents de l’OFB vont au contact des agriculteurs, c’est pour exercer des missions de contrôle et assurer la qualité des sols, de l’air, de l’eau… Aujourd’hui l’établissement et les agents sont pris à partie parce qu’ils exercent ces missions. Lorsque le Premier ministre prend directement à partie l’OFB sans avoir pris la peine de s’intéresser à nos missions, à ses enjeux, c’est inconcevable, c’est une faute. »

    La présidente du conseil d’administration de l’OFB liste aussi les attaques, concrètes, subies par ses personnels. « En 2023, nos agents ont subi l’incendie du siège de Brest ; depuis 2024 et la crise agricole c’est plus de 55 agressions vis-à-vis de l’établissement et des agents ; on a même eu un agent qui voit sa vie mise en danger parce qu’on lui a déboulonné les pneus de sa voiture », dénonce Sylvie Gustave-dit-Duflo, déplorant « des réactions timides de nos ministères (de tutelle, Agriculture et Environnement). Où est-ce qu’on a déjà vu une police attaquée de la sorte sans que les autorités compétentes prennent sa défense ? »

    Pannier-Runacher appelle à arrêter de mettre « de l’huile sur le feu »
    Ce vendredi toujours, la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a dit regretter que des responsables politiques et syndicaux « mettent de l’huile sur le feu », après les attaques visant l’Office français de la biodiversité (OFB). « Les agents de l’OFB, ce sont les héritiers de nos gardes champêtres et de nos gardes-chasse. Ils font le travail que nous leur demandons, de protection et de police de la chasse et de l’environnement. Rien de plus », a-t-elle déclaré lors d’un déplacement au Guilvinec (Finistère). « Je dépose ou je demande au patron de l’OFB de déposer plainte systématiquement quand il y a des actes de nature pénale qui sont commis à l’encontre des agents et de l’institution », a-t-elle encore dit.

    Mercredi, une réaction sur France Inter d’un agent de l’OFB, membre du Syndicat national des personnels de l’environnement (SNAPE)-FO, après les propos de Bayrou, avait encore un peu plus échauffé les esprits : « On a le sentiment que ce que veulent les agriculteurs, c’est ne plus nous voir dans leurs exploitations. C’est du même ordre que si les dealers demandaient aux policiers de ne plus venir dans les cités. » Une « ignominie », une « comparaison honteuse », a dénoncé Pierrick Horel, président des Jeunes Agriculteurs (JA). « L’OFB doit être purement et simplement supprimé », a appelé le patron des députés LR Laurent Wauquiez.

  • L’EPR de Flamanville a coûté 23,7 milliards d’euros, encore plus cher que prévu selon la Cour des comptes – Libération
    https://www.liberation.fr/environnement/nucleaire/lepr-de-flamanville-a-coute-237-milliards-deuros-encore-plus-cher-que-pre

    Enfin raccordé au réseau fin décembre avec douze ans de retard, l’#EPR de #Flamanville n’en finit plus de voir sa facture flamber. La Cour des Comptes a revu à la hausse ce mardi 14 janvier le coût total du projet de réacteur nucléaire, à 20,4 milliards d’euros, soit 1,3 milliard de plus que son estimation en 2020. « Le coût total à terminaison de Flamanville 3 est plus élevé et atteint 20,4 milliards » en euros de 2015, « soit 23,7 milliards » en euros de 2023, a chiffré la Cour des comptes dans un nouveau rapport consacré à la filière des EPR, le réacteur de nouvelle génération au cœur de la relance du nucléaire en France.

  • Cogestion des aires protégées par les ONG et les États en Afrique : une réussite pour réduire la déforestation | INRAE

    https://www.inrae.fr/actualites/cogestion-aires-protegees-ong-etats-afrique-reussite-reduire-deforestation

    Cogestion des aires protégées par les ONG et les États en Afrique : une réussite pour réduire la déforestation

    Communiqué& de presse (INRAE)

    Afin de mieux protéger les écosystèmes et la biodiversité, plusieurs états d’Afrique ont mis en place, depuis 20 ans, des modèles de gestion innovants où les aires protégées sont gérées conjointement par les États et des ONG internationales ou nationales au travers de partenariats pouvant s’inscrire sur plusieurs décennies. Une équipe de recherche internationale, pilotée par INRAE et impliquant l’université du Havre, fait le bilan de ce modèle de gestion conjointe sur 127 partenariats couvrant près de 1 million de kilomètres carrés. Leurs résultats, publiés dans PNAS, montrent qu’en moyenne la déforestation diminue de 55 % dans les aires protégées gérées par ces modèles et jusqu’à 66 % pour les aires les plus menacées.

    article :
    https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2411348121

  • Substances toxiques : pourquoi il faut jeter vos ustensiles de cuisine en plastique noir – Libération
    https://www.liberation.fr/environnement/substances-toxiques-certains-ustensiles-de-cuisine-en-plastique-noir-peuv

    Ils sont nos alliés dans la préparation des repas mais peuvent renfermer des substances indésirables. Selon une étude parue en octobre dans la revue Chemosphere, une partie des ustensiles de cuisine en plastique noir sont potentiellement contaminés par des retardateurs de flamme, utilisés pour rendre les tissus, canapés, véhicules ou encore appareils électroniques moins inflammables. Les auteurs ont analysé 203 articles, dont une centaine d’ustensiles de cuisine, ainsi que des accessoires pour cheveux et des jouets, vendus en ligne ou à Seattle (Etats-Unis) et autour, entre 2020 et 2022. Environ un ustensile sur dix contenait un ou plusieurs retardateurs de flamme bromés, notamment un économe et des spatules en tous genres. Ces composés ne sont pas censés se retrouver directement en contact avec notre alimentation. Mais depuis 2013, plusieurs études ont fait état de contaminations d’ustensiles. Une présence « préoccupante », jugent les auteurs de la nouvelle étude, qui rappellent que « les problèmes de santé liés aux retardateurs de flamme comprennent la cancérogénicité, la perturbation endocrinienne, la neurotoxicité et la toxicité pour la reproduction et le développement ».

    Comment expliquer que ces substances ignifugées se soient retrouvées dans des ustensiles de cuisine ? Parce qu’ils sont fabriqués avec du plastique recyclé provenant d’appareils électroniques qui, eux, avaient été conçus pour résister aux flammes. C’est notamment le cas des téléviseurs et des ordinateurs. « La plupart des boîtiers électroniques sont en plastique noir », expliquent les auteurs de l’étude et « un recyclage mal contrôlé » de ces déchets a mené à « une contamination des articles ménagers » conçus à partir de plastique recyclé. Ils précisent que les ustensiles de cuisine « ne nécessitent pas de retardateur de flamme » et que la présence involontaire de ces substances « entraîne une exposition potentiellement élevée et inutile ».

  • Le 29 octobre 2024, la région de Valencia (Espagne) subit une catastrophe liée à un « orage en V très peu mobile ».

    The scale of the flooding currently unfolding in Valencia, Spain is unfathomable. This is footage from Chiva, where a jaw-dropping 343 mm of rain was recorded in just 4 hours earlier today, between 4:30 PM and 8:30 PM.

    https://video.twimg.com/amplify_video/1851374950826860544/vid/avc1/1080x1440/8vXiOd9nt1GEa9UX.mp4?tag=16

    (Source : https://x.com/WxNB_/status/1851375012688658443)

    Varios muertos y desaparecidos por la DANA. Zonas como Valencia y Albacete, especialmente afectadas #dana

    https://video.twimg.com/amplify_video/1851418883149750272/vid/avc1/1080x1632/wGzYweShNZ7KH-Ju.mp4?tag=16

    (https://x.com/JesusCintora/status/1851419147667701761)

    • Ce fut d’une extrême violence comme le montrent toutes les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. Et on est dans un réchauffement global d’à peine 1,5 °C. Imaginez la suite ...

      Inondations en Espagne hier : au moins 54 morts.
      Pensez à cette image à chaque fois qu’un journaliste ou qu’un membre du gouvernement se plaint des activistes climat qui bloquent la route...


      (https://x.com/BonPote/status/1851576628280799282)

    • Un article de WP sur la Gran Riada de Valencia en 1957, où l’on nous parle du détournement du Rio Turia pour protéger la ville des conséquences d’un nouveau débordement (le Plan Sud).
      https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Grande_inondation_de_1957_de_Valence

      Évidemment, certains ont sauté sur l’occasion en venant te raconter que « ça s’est déjà vu » et que l’évènement du 29 octobre dernier, c’est pas si dramatique que ça. (Un an de pluie en huit heures de temps et on va dépasser les 100 décès sans compter les « disparus »).

      Quelques explication « après coup » d’un météorologue :
      https://threadreaderapp.com/thread/1851653746570235914.html

      Les pluies extrêmes sur #Valence sont associées à une goutte froide qui s’isole vers Gibraltar.
      Cette dynamique n’est pas créée par le changement climatique (même config pour les épisodes similaires du passé -ex : 1957) mais il en amplifie les conséquences (quantité de pluie)
      1/🧵
      Il est faux/réducteur d’attribuer cet événement a une méditerranée +chaude. C’est l’ensemble des océans +chauds en lien avec une atmosphère +chaude qui explique l’excès de vapeur d’eau dans l’atmosphère, véritable réservoir ++ pour les pluies.
      https://video.twimg.com/tweet_video/GbJfsgPW4AAbnl9.mp4


      2/
      C’est donc l’ensemble de l’environnement planétaire qui devient favorable aux pluies extrêmes, ce qui explique que l’ensemble des régions du monde peut être touché par ces coups météo dopés qui frappent ici ou là. Pas forcement d’augmentation en fréquence mais en intensité !

      3/
      La France n’est en aucun cas a l’abri d’un tel événement qui peut frapper sur tout le pourtour méditerranéen. Diminuer les risques impose de réduire immédiatement nos émissions de gaz a effet de serre et de s’adapter en diminuant autant que possible le ruissellement.

      (https://x.com/cassouman40/status/1851653746570235914)

    • Inondations en Espagne : un arbitrage controversé entre [sans] sécurité du public et [ni] intérêts économiques
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/10/31/en-espagne-un-arbitrage-controverse-entre-securite-du-public-et-interets-eco

      Alors que le bilan des terribles crues qui ont frappé le sud-est espagnol ne cesse de s’alourdir, et a atteint, jeudi 31 octobre, les 158 morts, la question de la responsabilité de l’administration mais aussi des entreprises valenciennes hante l’Espagne. Pourquoi la région n’a-t-elle envoyé l’alerte sur les téléphones portables des habitants qu’à 20 heures, mardi 29 octobre, quand beaucoup de gens se trouvaient déjà pris aux pièges dans leur véhicule ? L’Agence espagnole de météorologie (Aemet) avait pourtant décrété l’alerte maximale le matin, dès la première heure.
      Et pourquoi les entreprises n’ont-elles pas renvoyé les salariés chez eux ? « Je veux envoyer un appel à la responsabilité des entreprises. Elles ont l’obligation de protéger la vie des travailleurs », a rappelé la ministre espagnole du travail, Yolanda Diaz (Sumar, gauche), le 30 octobre, ajoutant en direction des salariés qu’ils « n’ont pas à courir de risques ».

      « Les pertes humaines sont les seules choses irréparables »
      Ceux que la région et les entreprises ont pris témoignent d’un manque de confiance dans les prédictions météorologiques et de sensibilité aux phénomènes atmosphériques extrêmes, ce qui n’est pas nouveau. En septembre 2023, la présidente de la région de Madrid, Isabel Diaz Ayuso (Parti populaire, PP, droite), avait utilisé pour la première fois le protocole ES-Alert, capable d’envoyer un message à tous les téléphones des personnes présentes sur une zone à risques grâce à un système de radiofréquence, à l’occasion d’une « goutte froide » qui devait déverser des pluies « exceptionnelles » sur Madrid, selon l’Aemet. Sa décision de demander aux Madrilènes de ne pas se déplacer, sauf nécessité absolue, fut très controversée.

      #changement_climatique #climat #inondations #catastrophes_climatiques

    • Illustration de l’#incurie des « autorités » de la région de Valencia (article du 30/10) :
      https://www.vilaweb.cat/noticies/people-trapped-in-a-deadly-trap-the-valencian-governments-negligence-has-si


      People trapped in a deadly trap: The Valencian Government’s Negligence Has Significantly Worsened the Consequences of the Floods

      The disappearance of the President of the Generalitat during the crucial hours of the floods highlights a lack of capacity to manage a catastrophe

      The storm that has ravaged the central regions of the Valencian Country, the most populated strip, is by far the most severe in contemporary times. What was initially announced as a “dana” (the new term for “cold drops” that Valencians are so familiar with) has resulted, thus far, in a provisional toll of 62 dead and dozens still missing. People who cannot locate their loved ones and places where rescue teams are unable to enter even twelve, fourteen, or sixteen hours later. And, for now, material damages are incalculable.

      This dana had been announced, publicized, commented upon, written about, drawn, and explained in a way that seemed almost excessive. Authorities had time to prepare, to activate every possible system to prevent harm to the population. Measures to protect people should have gone beyond school or university closures taken by some local councils.

      But something went wrong to produce such a terrifying provisional figure. Today, even though waters are starting to recede and reveal the landscape of devastation, it’s not yet the aftermath. Today is still “the day.” The “day after” will be when we clarify what happened, why it happened, who made which decisions, and who conveyed which messages.

      In this tragedy, which reeks of diesel mixed with mud, of tears and desperation, there is an implacable chronology. There is a series of political decisions that, read in sequence, give a picture of the lightness with which policies were executed, the lack of political weight of those who make and implement them. They reveal a desolate panorama: the irresponsibility and negligence of those managing public administrations—in this case, President Carlos Mazón (PP).

      The Consell, the Valencian government, took office in July of last year. In November, it abolished the Valencian Emergency Unit. This was part of its electoral program, and Vox, its allies, demanded it loudly. They called it a “chiringuito” (a derogatory term meaning “boondoggle”) of former socialist president Ximo Puig. They stated it this way and even tweeted it—a post that resurfaced when the Campanar building caught fire last February: “The Valencian Emergency Unit, the first agency of Ximo Puig dismantled by Carlos Mazón. The first step in the restructuring of the public business sector announced by the Valencian government.”

      The Consell decided it could do without a global emergency management body, thereby removing a layer of protection for the population.

      Eleven o’clock in the morning of Tuesday was a key moment to perceive the solitude of Valencians facing this catastrophe. At eleven, the spokesperson for the Consell, Ruth Merino, was supposed to hold a press conference to explain the Consell’s decisions. At eleven, the Spanish government’s delegate, Pilar Bernabé, was expected to report on the morning’s developments after a very tough night in Safor and Ribera. And at eleven, the President was scheduled to make statements after attending a sectoral event. The statements overlapped.

      Bernabé explained which roads were closed and a few incidents, but little more. Ruth Merino mentioned the number of schools closed and also listed closed roads, adding little more. President Mazón was more expansive in his statements. Expansive and oddly optimistic, despite media coverage that had already been broadcasting special programming on the human tragedies, stories of people unable to reach work, flooded basements, and the swelling Magre River, which originates in Utiel. Yet he said:

      “As for hydrological alerts, the reservoirs are well below capacity. They are absorbing the incoming water without any issues. There is no hydrological alert for any reservoir so far. So, I’d like to emphasize that the rains are particularly affecting the Magre River, but so far, we have no hydrological alert. This is good news at this hour.”

      And he added: “According to the forecast, the storm is moving towards the Serrania de Cuenca, and consequently, by around six in the evening, the intensity is expected to decrease across the rest of the Valencian Community.”

      After these statements, the president continued his agenda, meeting with various people and taking photos that were disseminated through the communication channels of the presidency. He made no further comments on the floods.

      It was half-past eleven when Mazón made these statements. At 11:45, the Emergency Coordination Center issued a special hydrological alert for the riverside towns along the Magre River. “Alert of increased flow in the Magre River with a record of 350 cubic meters per second. Riversides and towns along the Xúquer River up to the mouth in Cullera are warned.”

      If, when the president spoke, he knew that the Magre River was becoming a danger to the population and did not say so, he committed a highly reprehensible act. If he did not know, it was also serious, as it showed he did not know what he was talking about when he said the reservoirs could contain the water that was already spilling over the riverbed. He called for caution, of course, but conveyed a message of calm that bore no relation to what was actually happening.

      A few hours later, at five in the afternoon, the Xúquer Hydrographic Confederation began to release water from the Forata Reservoir in Yátova. Thus, it ceased its regulatory function, and the Magre River surged towards Algemesí, meeting the Xúquer. It devastated everything in its path. The images circulating on social networks left no doubt that this was a catastrophe of unknown dimensions.

      At the same time, the Poio ravine also filled rapidly, flowing towards the Albufera of Valencia. Disbelieving residents and workers in the metropolitan area of Valencia, where it had barely rained all day, found themselves trapped in a deadly trap. They were in cinemas, shopping for furniture, at work. And there they spent the night. Or they died. The president had spoken of calm at half-past ten in the morning, and he had not been seen since.

      He did not appear again until after half-past nine in the evening. And when he did, he communicated nothing—neither information, nor reassurance, nor encouragement, nor any sense that he had control over the situation. Rather, he admitted that they lacked significant information, that rescue teams couldn’t reach certain places, that communications were indeed down, and that they had no confirmation of fatalities. His statement left the population with an extraordinary sense of vulnerability. The President of the Generalitat appeared, in a corridor, before the microphone of public TV À Punt and the Presidency’s microphone, to say that À Punt was the official broadcaster. Thus, incidentally, he muzzled the press, who could only report what the Generalitat said.

      An Empty Statement

      The president’s silence became an unprecedented cry from people trapped, soaked, lost, and terrified. Testimonies began to emerge from people abandoned on highways, in shopping centers, in a funeral home… People calling 112 and getting no answer. People on rooftops watching firefighters pass by because they couldn’t help them.

      In the middle of this wild, dark, windy, and rainy night, President Mazón appeared again. It was past half-past twelve in the morning. He had donned the red vest of emergency services and spoke of fatalities without specifying a number. As he had done with the Campanar fire, he hid in the darkness to deliver bad news. This time he could not provide an estimated number of fatalities, nor could he give precise information on what was happening. Empty words to say that the Spanish government’s Military Emergency Unit was now working. Nothing more.

      Until this morning, when the count stands at 62 dead, for now. Sixty-two lives cut short in an episode of intense, fierce rain. Perhaps the most severe ever seen in the Valencian Country, yet announced, marked, and warned of.

  • Agnès Pannier-Runacher, nouvelle ministre de la Transition écologique, de l’Energie et du Climat
    https://www.liberation.fr/environnement/agnes-pannier-runacher-nouvelle-ministre-de-la-transition-ecologique-ener

    publié le 21 septembre 2024

    Cette figure de l’aile gauche de la macronie et ancienne ministre de la Transition énergétique succède à Christophe Béchu avec un large portefeuille. Son agenda sera chargé et il lui faudra déterrer nombre de dossiers enlisés.

    L’impression de vivre le jour de la marmotte...

    Conflit d’intérêts : Agnès Pannier-Runacher interdite de dossiers liés à trois sociétés, dont Perenco
    https://www.lesechos.fr/politique-societe/gouvernement/conflit-dinterets-agnes-pannier-runacher-interdite-de-dossiers-lies-a-trois

    Publié le 15 nov. 2022

    Actée dans le Journal Officiel, cette décision vise à prévenir tout conflit d’intérêts avec des sociétés liées de près ou de loin à la ministre de la Transition énergétique. Suite à une enquête du média d’investigation Disclose, celle-ci est visée par une enquête de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.