• Syndrome du bébé secoué, un scandale français
    https://www.blast-info.fr/articles/2021/syndrome-du-bebe-secoue-un-scandale-francais-v9a8Z06zRfG2Fm_8a9BMnA

    Régulièrement, la presse se fait l’écho d’histoires de nourrissons morts ou handicapés, toutes plus sordides les unes que les autres. Quasi automatiquement, le père, la mère ou la nounou - la dernière personne à avoir tenu l’enfant - se retrouve soupçonnée de l’avoir secoué violemment, dès que des épanchements de sang au cerveau sont constatés. En France, les cas signalés à la justice et les condamnations se multiplient, au point que certains parlent « d’épidémie de bébés secoués ». Si la maltraitance est dans certains cas avérée, il y a aussi et souvent d’autres causes, médicales, qu’on oublie de chercher ou qui sont réfutées. Un récent procès, qui vient de s’achever, illustre cette mécanique infernale.

    Pour la Haute autorité de santé (HAS), l’affaire est entendue. Lorsqu’un nourrisson présente des hémorragies rétiniennes doublées d’hématomes sous-duraux, des saignements autour du cerveau traduisant la rupture des veines ponts, ces vaisseaux sanguins qui drainent le cerveau, le diagnostic est établi : il s’agit d’un secouement violent. Le SBS (syndrome du bébé secoué) est une théorie apparue aux États-Unis dans les années 70. Elle a été importée en France une décennie plus tard, par les équipes du service de neurochirurgie pédiatrique de l’hôpital Necker.

    L’expert tout puissant
    Ce fut une hypothèse, pour la justice c’est aujourd’hui un dogme. La France est un exemple frappant d’un pays où « le culte de l’expertise » atteint des sommets. Jusqu’à l’absurde. Dans l’hexagone, les experts médico-légaux sont nommés par la magistrature. Ignorant tout ce qui relève du domaine médico-scientifique, les juges ne peuvent traduire un suspect devant un tribunal, ou le disculper, qu’à partir de leurs travaux, pierre angulaire de toute la procédure pénale dans les cas de SBS. Résultat, les experts peu à peu se substituent à eux. En dépit des progrès de la recherche scientifique, qui remettent en question leurs diagnostics, ils restent systématiquement sur la même ligne dès qu’un de ces symptômes apparait chez un nouveau-né. Pour les experts, le doute n’est pas permis : le bébé a été secoué.

    La machine infernale est lancée. Plus rien, ou presque, ne l’arrêtera.

      Sans nuances
    Première étape, l’hôpital, où tout commence. Brandissant l’incontournable principe de précaution, l’hôpital veut aller vite. Si un secouement est suspecté, le cas est signalé. Dans la foulée, l’enfant est retiré à ses parents et une enquête est ouverte.

    Dans le guide de bonne pratique https://www.has-sante.fr/jcms/c_2794425/fr/syndrome-du-bebe-secoue-ou-traumatisme-cranien-non-accidentel-par-secoueme qu’elle a rédigé, la Haute autorité de santé affirme qu’il n’existe pas « d’intervalle libre » entre le secouement et les symptômes observés. Logiquement, les experts désignent la dernière personne à avoir été en contact avec l’enfant, seule et sans témoin, avant son hospitalisation. Aussi vite soupçonnée, celle-ci se retrouve systématiquement mise en examen. Présumée coupable, elle doit démontrer son innocence, ce qui est impossible et pénalement absurde. Le verdict est ainsi posé, avant même le procès...


    Une affiche pour une campagne de sensibilisation et de prévention, pour le département de l’Eure.

    Dans ces affaires de suspicion de bébés secoués, on retrouve très souvent les noms de cinq experts judiciaires. Cosignataires des recommandations de la Haute autorité, ces cinq médecins légistes sont mandatés dans une part écrasante des dossiers de ce type, particulièrement les plus dramatiques. Ils appliquent donc dans leurs expertises leurs propres recommandations. Parmi eux, pas de neurologue pédiatre : aucun spécialiste de cette discipline, qui traite des hématomes sous-duraux des nourrissons, n’a pas ailleurs participé aux travaux de la HAS. Conséquence de cette situation, ces experts disposent d’un pouvoir exorbitant. Ils ont entre leurs mains le sort d’un parent, d’une famille, d’une nounou, déjà traumatisés par l’état de santé de l’enfant.

    Quand on s’astreint à une lecture attentive des différents rapports qu’ils rédigent, on fait de curieuses découvertes : des éléments de langage communs, des formules répétées, des copiés-collés de leurs propres recommandations, quand ces mêmes experts... ne confondent pas un bébé avec un autre. Sur la base de ces avis, de lourdes peines sont prononcées. Des parents ou des baby-sitters se retrouvent aux assises devant un jury populaire et sont condamnés à des peines de prison pouvant aller de 5 à 15 ans, voire plus. Aux États-Unis, où le SBS a été conceptualisé, cinq personnes soupçonnées d’avoir tué leur bébé attendent actuellement dans le couloir de la mort.

    Qui cherche trouve
    Pourtant, loin de ces certitudes, il y a souvent d’autres causes aux hématomes. Pour les trouver, encore faut-il les chercher. C’est ce qu’a fait un neurologue strasbourgeois : en 2016, le professeur Christian Marescaux, qui exerce au centre hospitalier universitaire (CHU) de la préfecture du Bas-Rhin, est sollicité par un couple. Ces jeunes parents sont dans la tourmente : ils viennent de perdre Lucas, leur enfant de deux mois, et le père, accusé d’avoir secoué son bébé, est incarcéré.

    Après étude du dossier médical, le neurologue découvre une toute autre explication que celle initialement retenue : l’enfant était atteint d’hydrocéphalie externe. Cette accumulation excessive de liquide céphalo-rachidien dans le cerveau provoque l’apparition... d’hématomes sous-duraux et d’hémorragies rétiniennes – deux des éléments associés au syndrome du bébé secoué. Le CHU de Strasbourg, puis le docteur Jean-Sébastien Raul, un des cinq experts du SBS, sont passés à côté. Sans appel, les conclusions de Christian Marescaux emportent finalement la conviction des enquêteurs et le jeune papa accusé à tort est remis en liberté, après être resté plus de trois mois en prison pour rien.

    Je me pose des questions…
    Plus largement, l’intervention du professeur Marescaux a permis de mettre le doigt sur un système qui mérite d’être questionné. Alors qu’il l’entendait dans l’affaire de Strasbourg, un gendarme enquêteur a spontanément eu cette réflexion : « Professeur, vous m’avez convaincu et je me pose des questions sur les nombreux signalements de bébés secoués provenant du CHU de Strasbourg ! » Mais la justice, ce n’est pas nouveau, a du mal à reconnaître ses erreurs : à ce jour, six ans plus tard, elle n’a toujours pas innocenté le jeune papa.


    Images d’un scan de cerveau (©Adikia)

    Après ce précédent, Christian Marescaux a eu l’occasion de confirmer cette impression en travaillant sur d’autres dossiers du même type. Pour, à nouveau, démentir les expertises accusatrices. Parmi ces histoires, celle édifiante de ce couple à qui on avait retiré Luqman, leur enfant… pendant deux ans. Là encore, tout avait démarré au CHU de Strasbourg où les parents étaient venus chercher de l’aide : ils avaient immédiatement été soupçonnés, une fois repérés les fameux hématomes autour du cerveau de l’enfant.

    L’histoire aurait pu rester celle-là mais le Pr Marescaux, sollicité par les parents de Luqman, va vite trouver une autre explication. La cause de ces séquelles ? Un déficit en vitamines K qui compromet la coagulation du sang. Sans lui retirer ses mérites, le neurologue a simplement eu à ouvrir le dossier dans lequel cette information était consignée noir sur blanc de la main d’une biologiste. Sauf que nul ne s’en était soucié… Pire, au début de l’histoire, un autre élément relevant de la simple observation aurait dû au minimum mettre la puce à l’oreille : alors que le bébé se trouvait à l’hôpital en observation, d’autres hématomes étaient spontanément apparus. Pas de quoi faire douter de la thèse des violences parentales et remettre en question le long calvaire infligé à cette famille : mis en examen, les parents seront uniquement autorisés à voir leur fils au travers... d’une cloison en plexiglass.

     Si quelque chose cloche
    Le professeur Marescaux va trouver un autre élément essentiel expliquant l’apparition des hématomes : dans le dossier médical, il découvre que les parents de l’enfant sont... cousins. Or cette parentèle est justement un facteur déclencheur de maladies génétiques ! Le déficit en vitamine K, D ou E du petit Luqman s’explique par une maladie génétique extrêmement rare, identifiée très tard en raison des accusations portées sur les parents. Ce diagnostic tardif a eu des conséquences graves pour le bébé qui n’a pas reçu le traitement nécessaire, et qui présente aujourd’hui des séquelles.

    Grâce au rapport du neurologue, l’expertise initiale - elle affirmait de toute son autorité qu’il s’agissait « [d’]un exemple flagrant de secouement » - est finalement rejetée, et les parents disculpés. Happy end ? Pas totalement car la juge en charge du dossier, sans doute rétive à une remise en cause de son travail, va prendre une dernière décision aberrante en décidant que le petit Luqman devait être placé… chez ses parents ! Peu importe le caractère ubuesque de la situation, c’est une application stricte de la loi en la matière. 

    A toi, à toi, à toi…
    Comment expliquer que l’hôpital, la justice et les experts – tous - se soient ainsi fourvoyé ? La raison est aussi simple que désespérante à énoncer. Appliquée sans discernement, la thèse du secouement est tout simplement plus confortable pour tout le monde. En réalité, ces affaires dessinent un circuit dans lequel chacun s’engouffre sans jamais regarder si quelque chose cloche : les médecins ont une réponse toute simple (le secouement), alors que les cas qui leur sont soumis sont souvent beaucoup plus complexes ; la police, elle, n’a pas à reconstituer les faits - elle se contente d’obtenir les aveux d’un accusé meurtri, donc vulnérable, par autosuggestion ; et la justice suit aveuglément l’avis de l’expert médico-légal… Résultat, il devient impossible de s’extraire de ce cercle infernal.

    Dans ce schéma, peu importe si l’enfant reste sans soins adaptés, privé de l’amour de ses parents, et si ces mêmes parents, bouleversés par l’état de santé de leur bébé, doivent en plus porter sur leurs épaules une accusation infamante.

     Toutes les informations nécessaires

    En réalité, ces deux affaires de Strasbourg ne sont pas uniques et le Pr Marescaux est devenu le cauchemar des experts qui sévissent dans tous les palais de justice en France. « Mon travail est uniquement basé sur les documents qui me sont fournis, rappelle le neurologue à Blast, on trouve dans les dossiers toutes les informations nécessaires à un diagnostic. Rechercher les causes médicales à l’apparition d’hématomes devrait être la priorité des experts, mais poser comme postulat le secouement de l’enfant empêche toute recherche ultérieure. Et nombre de parents ou de nounous sont ainsi accusés à tort ».


    Le schéma versé par les experts à l’appui de leurs dossiers, quand ils sont saisis par la justice. Il représente un bébé secoué, avec les conséquences sur son cerveau

    Le constat, grave, interpelle. Il mérite vérification. En continuant à enquêter, on s’aperçoit que ces cas de dysfonctionnements ne sont pas isolés. L’histoire d’Alexandre Chacón est emblématique de cette obstination à trouver un coupable à tout prix quand des troubles graves sont relevés chez un bébé. Elle vient de donner lieu à un procès devant la cour d’assises d’appel de Melun, qui confirme tout le chemin qui reste à faire pour que ces affaires soient abordées avec la mesure et le doigté qui conviendraient.

    En octobre 2013, Alexandre Chacón et sa compagne Yoanna s’inquiètent, constatant que leur fils Eitan, âgé d’un mois, est inconfortable et refuse le biberon. Les parents se rendent à l’hôpital Trousseau à Paris, aux urgences pédiatriques, qui suspectent une méningite. Avant d’avoir le résultat d’une ponction lombaire, les médecins mettent immédiatement le bébé sous antibiotiques. Eitan est transféré à Necker pour un scanner cérébral, qui révèle un hématome sous-dural. Les médecins concluent instantanément à un secouement et arrêtent les antibiotiques. Le bébé décèdera douze jours plus tard.

    Cinq jours après l’enterrement de son fils, Alexandre Chacón subit une garde à vue, au cours de laquelle il conteste les faits : il n’a jamais secoué Eitan. Pour expliquer les lésions, les médecins lui avaient parlé d’un geste extrêmement violent et répété. Pourtant, lors de son audition, un enquêteur lui relate hors PV l’histoire d’une basketteuse qui a causé des lésions cérébrales graves à son bébé en le soulevant brusquement de son tapis d’éveil. Le policier demande à Alexandre Chacón si, par hasard, il n’a pas eu un geste analogue. C’est alors que le papa évoque une sortie de lit un peu vive au cours de la nuit, pour lui donner le biberon. L’enquête est terminée : pour la police, Alexandre Chacòn a tué son bébé. Le parquet requiert la détention provisoire.

    Au cours de sa garde à vue, le papa reçoit le soutien d’un avocat commis d’office. Celui-ci plaide sa remise en liberté, sous contrôle judiciaire, et l’obtient. Depuis, Me Grégoire Étrillard n’a plus lâché Alexandre Chacón. Ce sera le premier dossier de ce type pour l’avocat, qui accompagne désormais plus d’une centaine de familles poursuivies pour les mêmes raisons.

    En quête de vérité
    Depuis 2013, Alexandre Chacón s’est transformé en enquêteur de sa propre histoire. Il est devenu papa de deux petites filles. Dans sa quête de vérité sur la mort de son fils, il est bien sûr tombé sur les recommandations de 2011 de la HAS, qui semblent indiquer un consensus absolu sur le SBS. Il a aussi regardé au-delà des frontières françaises et découvert une controverse médico-scientifique qui existe depuis trente ans. Un nom revient souvent : celui de Waney Squier. Cette neuro-pathologiste pédiatrique britannique est une des plus grandes chercheuses au monde sur les mécanismes des maladies du cerveau du nourrisson.

    Alexandre Chacón lui a adressé le dossier d’Eitan et, avec l’aide d’une radio pédiatre américaine, Waney Squier a diagnostiqué une thrombose veineuse cérébrale. Au même moment, en novembre 2016, la haute autorité de santé suédoise publie un rapport consacré au SBS. Contrairement aux affirmations de leurs homologues français, les Suédois concluent qu’il est impossible d’établir avec certitude les diagnostics.

    Poursuivant son enquête, Alexandre Chacón rencontre également Christian Marescaux, qui confirme la thrombose et découvre dans le dossier médical un marqueur infectieux trente fois plus élevé que la norme, la procalcitonine (PCT), que ni les médecins de Necker, ni les experts n’avaient vu. Un de ses confrères, le Pr Echenne, transfère le dossier au plus grand spécialiste mondial de la thrombose veineuse cérébrale du nourrisson : le Pr Guillaume Sébire, neuro-pédiatre à l’université McGill, au Canada.

    La main lourde
    Plutôt qu’un secouement, les professeurs Marescaux et Sébire ont démontré l’existence indiscutable d’une maladie neurologique, à l’origine du décès d’Eitan. En octobre 2019, ils sont venus le dire devant la cour d’assises de Paris, en témoignant au procès d’Alexandre Chacón. Mais les fameux experts français du SBS – sur les cinq qui font la pluie et le mauvais temps dans les tribunaux, trois étaient présents à l’audience - ont refusé d’admettre leur erreur, affirmant d’une même voix à la barre que ce dossier était un « cas d’école du bébé secoué ». L’avocat général Philippe Courroye avait eu la main lourde en demandant 7 ans de prison ferme. Après de brèves délibérations, le jury avait infligé un affront à celui qui s’était rendu célèbre dans l’affaire Bettencourt (1), en acquittant le papa d’Eitan. Dans ses motivations, la cour a reconnu la possibilité d’une maladie neurologique d’origine infectieuse pour expliquer sa mort, tout en soulignant la qualification et l’intégrité des professeurs Marescaux et Sébire, cités par la défense.

    Le Courroye d’appel
    Pour le papa meurtri, le combat n’est pas terminé. En effet, l’avocat général Courroye a fait appel de la décision sans motiver son choix - ce que le droit lui permet. En aurait-il fait une affaire personnelle ? Quoi qu’il en soit, Alexandre Chacòn a dû comparaître à nouveau, du 15 au 19 novembre, devant la cour d’assises de Seine-et-Marne présidée par David Hill. Dans une toute autre atmosphère.

    A Melun, les débats ont débuté dans un climat infiniment plus tendu. Innocenté à Paris en 2019, Alexandre Chacòn a du se présenter à la barre du tribunal dans la peau d’un présumé coupable. Alors qu’ils avaient ignoré en première instance le marqueur infectieux et la thrombose, les experts judiciaires ont fait cette fois de ces deux éléments un facteur de culpabilité, affirmant qu’ils découlaient du secouement ! Une aberration scientifique pourtant, selon un autre expert-judiciaire, extérieur à la HAS celui-là : lors des débats, le Dr Mselati a indiqué revenir sur son diagnostic initial de secouement. Le pédiatre a admis l’hypothèse alternative soutenue par la défense.

    L’exposition de ces divergences méritait à l’évidence discussion. En première instance, le président Philippe Coirre avait autorisé la tenue d’un débat médical contradictoire et serein, afin de rechercher la vérité. Mais à Melun, ni le président des assises ni l’avocat général ne semblaient convaincus par ce nécessaire éclairage. Ainsi, sur les quatre médecins cités par la défense, deux n’ont pas pu témoigner. Pour faire stopper ces témoignages mettant en difficulté l’accusation, le président Hill a sorti l’artillerie lourde : il a menacé de renvoyer le procès (d’une affaire qui traîne déjà depuis 8 ans) en expliquant que les experts, qui n’étaient plus là, devaient être présents pour pouvoir répondre… Au final, tous les témoins autorisés à s’exprimer ont été interrogés presque uniquement sur les déclarations en garde à vue du couple Chacòn.

     Cousue de fil blanc
    La suite était cousue de fil blanc. Dans ses réquisitions, Philippe Courroye a rappelé qu’Anne Laurent-Vannier, présidente du groupe de travail de la HAS sur le syndrome du bébé secoué, était venue en personne défendre ses recommandations. Dès lors, pour l’avocat général, acquitter de nouveau Alexandre Chacòn revenait à condamner les experts. Inacceptable, à ses yeux : « si dans ce dossier la culpabilité n’était pas reconnue, a prévenu le représentant du ministère public, la justice ne passera plus jamais dans les affaires de bébé secoué ».

    Reconnu coupable d’avoir tué son enfant, Alexandre Chacòn a été condamné à 5 ans de prison avec sursis. Dans ses motivations, la Cour d’assises de Seine-et-Marne s’appuie uniquement sur ses déclarations faites en 2013 en garde à vue sans jamais évoquer le moindre argument médical remettant en cause le diagnostic de secouement ou les recommandations de la Haute autorité de santé. Malgré ce coup dur, toujours décidé à ce que son innocence soit définitivement reconnue, Alexandre Chacon a annoncé qu’il se pourvoyait en cassation. Déjà prêt à revivre l’épreuve d’un troisième procès, d’ici quelques années.

    Changer de paradigme
    Sur son chemin de croix, qui s’est pour le moment arrêté à l’étape de Melun, Alexandre Chacón a aussi croisé il y a quelques années la route de Cyrille Rossant. Ce docteur en neurosciences, dont la nounou du premier enfant a été accusée à tort de secouement, préside une association qui regroupe près de 500 familles - toutes dans cette situation, confrontées à une mécanique folle. Depuis 2019, l’association Adikia et Me Grégoire Etrillard ont engagé des recours administratifs pour obtenir l’abrogation des fameuses recommandations de l’autorité administrative indépendante (la HAS). Ils réclament la constitution d’un nouveau groupe de travail, intégrant aussi des professionnels compétents en neurologie pédiatrique. Le dossier est actuellement porté devant la Cour européenne des droits de l’homme.

    Par ailleurs, Adikia a répertorié plus d’une dizaine de pathologies susceptibles de provoquer les mêmes symptômes que ceux du syndrome du bébé secoué. Les violences sur un bébé se manifestent par d’autres traces sur le corps que de simples hématomes au niveau des méninges. A ce jour, la Haute autorité de santé en ignore la plupart. Pour le reste, quelques-unes d’entre elles, elle estime que « cela n’exclut pas la maltraitance surajoutée ».

    Essence politique
    S’il ne s’agit pas de nier que des faits de violence sur les enfants existent bien - et qu’il est légitime de les condamner -, ces affaires exigent une rigueur et une compétence irréprochables, ce qui n’est pas la règle aujourd’hui. Plutôt que privilégier la recherche de la vérité en orchestrant la confrontation (et les divergences) des avis médicaux, la cour d’assises de Seine-et-Marne a rendu un procès d’essence politique. Cette décision, qui fait le choix délibéré d’un camp contre un autre, est le symptôme d’un système qui marche sur la tête.

    Appliqué de manière aveugle, sans chercher d’autres causes aux symptômes relevés, le principe de précaution et de protection de l’enfant a généré trop de fausses accusations et trop de drames, dans des familles déjà endeuillées. D’autres pays, comme la Suède mais aussi le Canada, ont modifié leur approche. N’est-il pas temps que la France engage à son tour cette évolution, pour mettre un terme à une absurdité judiciaire et médicale dévastatrice ?

    La justice, la dignité et la santé des enfants le justifient pleinement.

  • Qatar Connection : la France, le Qatar et El-Assad, mise au point | Blast, Le souffle de l’info - Site d’information français d’actualités et d’investigation indépendant
    https://www.blast-info.fr/articles/2021/qatar-connection-la-france-le-qatar-et-el-assad-mise-au-point-fd3Wr1wXSLS

    Notre enquête sur l’implication du Qatar et de la France dans la guerre en Syrie a généré des incompréhensions. Explication de texte.

    En publiant vendredi dernier un nouveau volet de la Qatar Connection consacré au plan du Qatar et de la France pour renverser le dictateur Bachar El-Assad en Syrie, nous ne pensions pas déclencher une telle « tempête » sur les réseaux sociaux.

    Pour faire court, nous sommes accusés de vouloir exonérer le dictateur Bachar El-Assad du bain de sang dans lequel il a plongé sa population.

    Evidemment, ce n’était pas notre intention. Nous dévoilions, avec un document émanant du Qatar, un compte-rendu d’une réunion entre le président du conseil des ministres qatari, Sheikh Hamad Bin Jassem Bin Jabr Al-Thani, et Bernard-Henri Lévy, présenté comme le représentant du président de la République Nicolas Sarkozy. Sa lecture fait apparaître les intentions très cyniques des deux pays pour utiliser les massacres de masse perpétrés par les sicaires d’El-Assad pour justifier en retour la militarisation de son opposition et son renversement.

    Tout au long de ce compte-rendu dont nous livrions de longs passages, le Premier des ministres qatari (également ministre des Affaires étrangères en titre) démontre par les propos rapportés qu’il ne se soucie pas de ces massacres en tant que tels. Et ce d’autant qu’il s’agit sur le moment d’écrire le scénario d’une histoire à venir. La protection de la population syrienne n’apparaît jamais comme une préoccupation pour lui. Il s’agit de tirer profit des crimes commis par le dictateur de Damas pour le faire tomber.

    Les crimes commis par Bachar El-Assad excusent-ils le cynisme du Qatar et de la France ? Nous ne le pensons pas. D’autant plus quand on sait comment toute cette histoire s’est poursuivie : l’aide du Qatar (et d’autres pays du Golfe), de la France et des Etats-Unis (opération Timber Sycamore) s’est traduite par la prise de pouvoir au sein de l’opposition syrienne des groupes jihadistes les plus extrémistes - le Front Al-Nosra (filiale locale d’Al Qaeda) et, surtout, Daech.

    Aux crimes commis par Bachar El-Assad ont répondu ceux perpétrés par Daech. En Syrie, en Irak, et un peu partout dans le monde. Y compris le 13 novembre 2015 à Paris.

    L’histoire est toujours écrite par les vainqueurs. En l’occurrence, en Syrie, il n’y a pas de vainqueurs, la guerre est toujours d’actualité. Pour autant, nous devons toute la vérité aux victimes. Notre document y contribue.

    Des fois que...

    #Blast #Syrie #BHL

  • La police est en guerre contre nous | Blast, Le souffle de l’info - Site d’information français d’actualités et d’investigation indépendant
    https://www.blast-info.fr/articles/2021/la-police-est-en-guerre-contre-nous-2loPNNDcQMqyq2GG7wl7FA

    Pierre Douillard-Lefèvre a décortiqué son nouveau livre, « Nous sommes en guerre » (Editions Grévis) et son savoir, qui est grand. Avec lui, blessé par un #LBD en 2007, il avait alors 16 ans, nous avons causé des laboratoires de la peur (quartiers, immigrés, fêtards, supporters), de la « brutalité rhéostatique », du statut des victimes. Puis, à un moment, Pierre a sorti un arsenal de douilles et de grenades usagées. Il a passé en revue les outils du #maintien_de_l’ordre français, dont certaines relèvent de la catégorie des armes de guerre.

    Pierre Douillard-Lefevre, Nous sommes en guerre
    https://editionsgrevis.bigcartel.com/product/precommande-pierre-douillard-lefevre-nous-sommes-en-guerre
    également un long entretien avec Pierre Douillard-Lefèvre dans le dernier CQFD.

  • Qatar Connection : Quand la France et le Qatar programmaient la guerre en Syrie
    05.11.2021 | Thierry Gadault et Bernard Nicolas | Blast,| Blast,
    https://www.blast-info.fr/articles/2021/qatar-connection-quand-la-france-et-le-qatar-programmaient-la-guerre-en-s

    (...) Assad doit donc porter le costume du méchant pour justifier la suite, et sa chute. Entre le bien et le mal, la partition doit être claire - c’est une condition de réussite. Le compte-rendu de cette rencontre laisse par ailleurs entrevoir d’autres cartes, dans le jeu des adversaires du raïs syrien : « La dernière solution pour anéantir Assad, poursuit Sheikh Hamad Bin Jassem Bin Jabr Al-Thani selon le compte-rendu, est de soutenir l’armée libre et les rebelles avec les armes, notamment les armes qualitatives, pour créer un équilibre de dissuasion et leur envoyer du renfort par des combattants et des djihadistes étrangers très expérimentés ; ainsi que par la création de camps militaires dans les pays frontaliers, notamment en Israël, pour entraîner les militants armés et former les volontaires et leur apporter un soutien logistique comme c’est le cas en Turquie, et leur ouvrir des couloirs d’accès en Syrie en toute sécurité. » (...)

    #Syrie #Lybie #Sarkozy #Qatar #BHL

  • Qatar Connection : Quand la France et le Qatar programmaient la guerre en Libye
    04.11.2021 | Thierry Gadault et Bernard Nicolas | Blast,
    https://www.blast-info.fr/articles/2021/qatar-connection-quand-la-france-et-le-qatar-programmaient-la-guerre-en-l

    Pour l’histoire officielle, vendue à l’époque par le gouvernement français et relayée d’un seul homme par les médias, l’affaire est simple : l’entrée en guerre de la France contre le régime du colonel Kadhafi a été autorisée le 17 mars 2011 par le conseil de sécurité de l’ONU, à travers la résolution 1973. Pour mémoire, celle-ci instaurait une zone d’exclusion aérienne destinée à protéger les populations civiles.

    Une décade plus tard, il est possible de reconstituer la mécanique à l’origine de l’engagement militaire de la France en Libye, au moins partiellement. En réalité, depuis quatre mois, Paris se préparait à renverser le chef d’Etat libyen. Bien avant le déclenchement des printemps arabes, qui a servi de paravent à cette opération. C’est une nouvelle révélation de notre saga sur la Qatar Connection.

    #Lybie #Sarkozy #Qatar

  • Sodexo : enquête au coeur du capitalisme français | Blast, Le souffle de l’info - Site d’information français d’actualités et d’investigation indépendant
    https://www.blast-info.fr/articles/2021/sodexo-enquete-au-coeur-du-capitalisme-francais-KCjiNsazSmunEHZgMD1vKg

    L’auteur de « La gloutonne - l’entreprise qui vous restaure et vous dévore » (Le Seuil) est #AuPoste pour causer de son voyage dans le capitalisme le plus pur : la Sodexo, modeste société française qui vise à intervenir dans la vie d’environ un milliard d’êtres humains. Un milliard. Cantines, Ephad, restaus d’entreprise, Lido, Tour de France, les stades, même le Superbowl, et le business des prisons, et encore sa méconnue filiale sur les terrains de guerre : les Sodexo Defense Services.

    un nom lu ou entendu sans n’en rien savoir. J’aime bien l’approche de Jean Songe (qui n’est pas journaliste)
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Sodexo

  • Qatar connection : Benjamin Netanyahu, le très cher ami israélien | Thierry Gadault , Bernard Nicolas , 11.10.2021 , Blast
    https://www.blast-info.fr/articles/2021/qatar-connection-benjamin-netanyahu-le-tres-cher-ami-israelien-MMNuDL-ZSz

    (...) Il y a quelques semaines nous en étions encore là, concentrés sur la partie française du dossier, sujet de nos récentes révélations (que ce soit sur les dessous de l’attribution de la Coupe du monde de football ou sur celles des championnats du monde d’athlétisme). Et puis, dans deux envois successifs, cinq nouveaux documents nous ont été remis. Cinq pièces d’un même puzzle : ainsi composé, celui-ci dessine une hypothèse folle, celle du financement par le Qatar de deux campagnes électorales en… Israël, principalement au profit du parti du Premier ministre en poste à l’époque, Benjamin Netanyahu !

    Si elle se confirme, cette hypothèse est littéralement renversante, tellement elle éclairerait la version officielle d’un jour nouveau. Rappelons, à ce jour, que les deux pays n’ont aucune relation diplomatique, bien que le Qatar soit depuis 2009 le principal banquier de la bande de Gaza et de l’organisation islamiste Hamas, avec l’accord de Tel-Aviv. (...)

    #IsraelQatar

  • Total, le vrai du faux | #Blast, Le souffle de l’info - Site d’information français d’actualités et d’investigation indépendant
    https://www.blast-info.fr/articles/2021/total-le-vrai-du-faux-5TFjs3mcRXu5r5eHiTgwGw

    L’information avait de quoi dérouter : en début de semaine, le groupe français Total annonce le lancement de « Réhabitat », un programme destiné... à rapatrier les animaux perturbés par ses chantiers menés à l’étranger, notamment en Afrique. Derrière cette « actualité » se cache en réalité un groupe d’activistes - #The_Fixers. Car cette sidérante opération de greenwashing était un faux...

    https://thefixersfix.com/fixed/eacop
    https://www.youtube.com/watch?v=Z-Qfckfk3HI


    Total FAIL ! Oil company’s wild bird stunt catastrophe

    Des militants se faisant passer pour la grande compagnie pétrolière #TotalEnergies ont dévoilé RéHabitat, un plan visant à sauver les animaux de leur oléoduc d’Afrique de l’Est en les relocalisant dans des habitats « plus durables » en France.


    #Yes_Men

  • Main arrachée d’un gilet jaune, la justice siffle la gendarmerie | David Dufresne
    https://www.blast-info.fr/articles/2021/main-arrachee-dun-gilet-jaune-la-justice-siffle-la-gendarmerie-jbb-TsWPQo

    Lors d’une manifestation devant l’Assemblée nationale, en 2019, Sebastien Maillet a vu sa main arrachée par une grenade de la gendarmerie. Pour la justice, le lancer de la GLI-F4 n’était ni nécessaire ni proportionné. Il y a faute de l’Etat. Révélation de Blast. Source : Blast

  • Vidéosurveillance intelligente, un danger pour nos libertés ? | Blast - Le souffle de l’info
    https://www.blast-info.fr/articles/2021/videosurveillance-intelligente-un-danger-pour-nos-libertes-c_-mzRNKTXGNfs

    Une centaine de caméras de surveillance, autant d’yeux capables d’analyser les rues, la voirie ou les routes d’une ville. Le logiciel proposé par …

  • The Camp, le station F de Provence-Alpes Côte d’Azur n’a pas jamais décollé. Incroyable de voir le nombre d’entreprises et de collectivités qui ont donné au pot pour un « Super » lieu d’innovation qui n’a jamais défini ses ambitions et qui a promis depuis l’origine un équilibre intenable. Derrière l’innovation, on voit surtout poindre un montage financier trop habituel, qui consiste à séparer le foncier (qui vaudra toujours quelque chose) de l’exploitation selon le schéma si classique : privatiser les bénéfices et socialiser les coûts. https://www.blast-info.fr/articles/2021/the-camp-crash-en-vue-pour-le-phare-de-la-startup-nation--sRduOExR1K99TSF et https://www.blast-info.fr/articles/2021/the-camp-une-vision-mais-laquelle-UOAztCH6QJ6mk20JO53S8w