La France bat le rappel des touristes européens, mais dépend de l’évolution de la pandémie

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  • La France bat le rappel des touristes européens, mais dépend de l’évolution de la pandémie
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    La France bat le rappel des touristes européens, mais dépend de l’évolution de la pandémie. Contraint par la situation sanitaire, l’Hexagone entre avec retard dans la compétition européenne pour attirer les visiteurs étrangers. Londres sème le doute sur la présence des Britanniques.

    « Nous sommes enfin en train de sortir durablement de cette crise sanitaire. » Les propos optimistes tenus par le premier ministre, Jean Castex, dans Le Parisien du lundi 10 mai, viennent à l’appui des opérateurs et promoteurs du tourisme en France, lesquels tentent de refaire leur retard vis-à-vis de leurs concurrents espagnols ou italiens.(...) Dans un hypothétique monde post-Covid-19, la France vendue aux touristes européens n’est plus le pays de la tour Eiffel, du champagne ou de La Joconde, mais un immense espace vert bordé de lieux de baignade. Un ponton sur le lac, les rives d’un fleuve ou une mer turquoise : Atout France mise sur les mobilités douces – vélo, bateau, kayak –, le « slow tourisme » et la nature. Les visuels destinés à mettre en valeur les treize régions métropolitaines explorent toutes les nuances de bleu et de vert et montrent des familles et des jeunes couples débarrassés de leur masque et profitant d’un espace infini, accompagnés du slogan : « Ce qui compte vraiment ». Cette campagne, pour la première fois coordonnée entre les treize comités régionaux du tourisme, se déploiera d’ici à la fin du mois de mai « sur les marchés où la situation le permet ». Dix pays européens sont ciblés, dont cinq (Belgique, Pays-Bas, Suisse, Allemagne et Grande-Bretagne) concentrent 75 % des efforts. La persistance de la crise sanitaire a contraint la France à attendre la dernière minute pour tenter de séduire les touristes potentiels. Ses principaux concurrents – l’Espagne, l’Italie et la Grèce, notamment – ont pu, grâce à un recul de l’épidémie à l’orée du printemps, rouvrir leurs musées et établissements et se vendre à toute l’Europe, au moment où l’Hexagone était contraint de procéder à un reconfinement, avec des hôpitaux débordés. Les réservations de vols pour l’été en provenance des principaux marchés internationaux révèlent à ce stade une nette désaffection pour la France en comparaison avec l’Espagne. Les recherches sur Internet depuis l’étranger n’ont pas franchement décollé, malgré l’annonce du déconfinement ; les réservations, encore moins. « Le fait d’être en zone rouge, de ne pas être déconfiné, de ne pas avoir rouvert les musées ou Disneyland Paris est un gros souci vis-à-vis de l’étranger », estime Adeline Fiani, directrice du tour-opérateur KTS, qui organise des séjours en France pour le compte de distributeurs belges et britanniques, entre autres. Elle déplore un calme plat en ce qui concerne les réservations et se projette plutôt sur la rentrée de septembre. Toutefois, le retard pris n’est pas rédhibitoire pour le tourisme désintermédié, qui concerne la majorité des visiteurs européens : les réservations de dernière minute pour l’étranger ne sont plus rares, et la France a l’avantage d’être facilement accessible. Les automobilistes belges, néerlandais et suisses avaient ainsi soutenu le tourisme tricolore en août 2020. Les enquêtes d’opinion en Europe signalent une appétence pour les déplacements au sein de l’Union cet été (à condition d’avoir été vacciné), même si le tourisme intérieur devrait encore concerner une part inhabituelle des vacanciers.
    La baisse rapide du taux d’incidence met enfin la France en position de se vendre. En juin, le secrétaire d’Etat au tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, prévoit, comme en 2020, de prêcher la bonne parole auprès des distributeurs et de la presse, afin de déclencher des réservations. (...) D’ici à la fin du mois de juin, l’Hexagone espère aussi pouvoir accueillir les Britanniques, sa première clientèle étrangère. Londres a dressé une première liste, très courte, de pays « verts », où ses citoyens pourront voyager librement. Dans l’Union européenne, seul le Portugal y figure. La prochaine liste doit être établie début juin, et il faudrait un assouplissement draconien des positions britanniques pour que la France y apparaisse.

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