Mon blog sur l’écologie politique

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  • Le Problème à trois corps du capitalisme
    https://blog.ecologie-politique.eu/?post/Le-Probleme-a-trois-corps-du-capitalisme

    La force du livre de Godin est de montrer que le changement de paradigme en cours et la faillite du néolibéralisme sont des nécessités, plutôt que le résultat de volontés très malignes. Il des airs de déjà-vu, une phase du capitalisme que l’historien de l’économie Arnaud Orain nomme « capitalisme de la finitude ». Godin l’appelle « capitalisme d’État d’urgence », une hybridation accrue entre intérêts de l’État et du capital, la dimension martiale en plus et l’état de droit en moins. Pour préserver le taux de profit, il reste à entrer en guerre pour les ressources et les marchés. À ce capitalisme-là, il n’y a pas d’autre alternative que d’en finir avec le régime d’accumulation car « ce qui gouverne est une force irrésistible qui, si l’on ne rejette pas sa domination, finira par emporter tout sur son passage ». Pour avoir la moindre chance de répondre sérieusement à cette articulation de crises, il faut cesser de naturaliser le capitalisme et envisager son dépassement, pas seulement son aménagement ou la défense de quelques acquis, minuscules victoires qui préservent le principal ou sont vite rattrapées par le problème à trois corps.

    #capitalisme #anti-capitalisme #livre #recension #Romaric_Godin #Aude_Vidal

  • La climatisation pour tou·tes ? - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/?post/La-climatisation-pour-tou-tes

    Et quand il fait trop chaud, je rumine aussi ces questions : pourquoi presque toutes ces voitures ont la clim alors que peu de bus et de métros en sont équipés ? N’est-il pas aberrant d’utiliser de l’énergie pour rafraîchir 1,2 personne par bagnole tandis que des centaines s’entassent dans des wagons étouffants alors que, par civisme ou contrainte, elles utilisent un moyen de déplacement plus vertueux ? Comment peut-on désavantager ainsi les usagèr·es du bus et du RER alors que la dépendance automobile tue autant de gens chaque année, directement ou par la mauvaise qualité de l’air, nous rend si vulnérables à une crise énergétique et a une si grande part dans le changement climatique ?

    #climatisation #écologie #Aude_Vidal

  • Achtsam geht die Welt zugrunde

    (Le monde court à sa perte en pleine conscience)

    La pleine #conscience principe permettant de gérer un quotidien éprouvant avec sérénité et bien-être semble, à première vue, une excellente idée. De nos jours, beaucoup de gens pratiquent par exemple la méditation, le yoga et les techniques de respiration. Pour Kathrin Fischer, cela est compréhensible en tant que pratique personnelle, mais la pleine conscience serait devenue une #idéologie. Celle-ci nous ferait croire que pratiquement tous les problèmes peuvent être résolus individuellement. C’est pourquoi de nombreuses personnes essaient désormais de ne plus changer que leur propre personne et non plus les situations, met en garde l’auteure, podcasteuse et journaliste dans son nouveau livre Achtsam geht die Welt zugrunde (Le monde court à sa perte en pleine conscience).

    DeepL.com

    #Révue #entretiens #livre #méditation

    L’ #interview intégrale en DE ici :
    https://seenthis.net/messages/1172883

  • Quels futurs pour les « alternatives » écolo ?
    https://blog.ecologie-politique.eu/?post/Quels-futurs-pour-les-alternatives-ecolo

    La vision d’un changement de société qui passe par une somme de changements individuels s’expliquerait rationnellement par des mécanismes de diffusion des idées, des modes de vie, un changement de culture fondé sur des exemples désirables. Mais elle puise également ses racines dans une vision un peu magique qui nous vient des sociétés dont l’ontologie procède par analogisme, comme ce fut longtemps le cas dans les sociétés occidentales (voir ici pour une explication rapide des quatre ontologies de l’anthropologue Philippe Descola). Le microcosme résonne avec le macrocosme. Les princes indianisés construisaient des villes au plan régulier pour apporter de l’ordre dans le monde, comme aujourd’hui les jardinier·es en permaculture influencent le macrocosme en cultivant leurs mandala (un petit monde qui représente le plus grand monde, l’échelle varie mais l’objet est au fond le même et en soignant l’un on soigne aussi l’autre). La surestimation de l’influence des comportements individuels sur l’ordre du monde a une très longue histoire.

    […]

    Sans les dénigrer entièrement, l’Atelier paysan a remis les « alternatives » à leur place, celle d’expérimentations, d’exemples du caractère réaliste des propositions écologistes, d’initiatives qui permettent de travailler les retours d’expérience pour renforcer un projet politique. L’éducation populaire, la diffusion des constats et des propositions, la montée en compétences des militant·es comme du plus grand public sont un autre levier pour espérer provoquer un changement social. Le dernier enfin est le rapport de force, les luttes politiques. Les trois leviers se nourrissent l’un de l’autre. Les « alternatives » donnent une idée des futurs désirables, avec l’éducation populaire elles mobilisent les forces de progrès social qui doivent peser dans les luttes.

    #alternatives #écologie #rapport_de_force #Aude_Vidal

  • Ne les appelez plus Ehpad mais Maisons France Autonomie | TV5MONDE - Informations
    https://information.tv5monde.com/science/ne-les-appelez-plus-ehpad-mais-maisons-france-autonomie-281908

    Ces établissements doivent être « des lieux où on a envie de vivre et de travailler » et Maisons France Autonomie est « un label qu’on va travailler d’ici septembre », a indiqué la ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Camille Galliard-Minier, à La Voix du Nord, après deux jours dans le Pas-de-Calais.
    .../...
    Le gouvernement a annoncé le 18 avril le lancement en septembre d’une conférence nationale de l’autonomie, deux mois après le report sine die d’un plan grand âge attendu de longue date, report déploré par une grande partie des professionnels du secteur et jugé « inquiétant » par la Défenseure des droits.

    À défaut d’employer du personnel formé et compétent, on va « travailler le label », parce que _ces établissements doivent être « des lieux où on a envie de mourir » (sans dec’)

    source : https://piaille.fr/@Azen/116466130018878707

    #EHPAD

  • Sobres pour la révolution - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/?post/Sobres-pour-la-revolution

    Certainement mais la révolution ne se fera pas dans une telle dépendance à l’alcool, il semble donc qu’il faille dès maintenant en libérer les travailleurs pour ouvrir des horizons politiques. Mais là encore, la question n’est pas si simple car de quels outils collectifs se doter pour s’attaquer à un fait culturel aussi implanté dans la vie quotidienne ? Les anarchistes individualistes parient sur un changement culturel et réinventent les modes de vie mais ils peinent à convaincre leurs contemporains des mérites d’une vie végétarienne et sans alcool. C’est une autre question qui divise : modération ou sobriété complète, l’alcool est-il acceptable à petites doses ?

    Au-delà du contexte français, des expériences de prohibition ont été menées dans divers contextes (impérial, bourgeois, soviétique) et les anarchistes ont écrit dessus, la plupart étant sceptiques sur l’intervention de l’État, son efficacité douteuse et au fond son hypocrisie car l’alcool a toujours été disponible pour les classes dominantes. La Commune et la République espagnole ont été moins frontales pour divertir la classe ouvrière de l’alcool et la seconde s’est heurtée à l’importance du vignoble dans le paysage agricole et à la difficulté à se priver de cette production alors que l’aliment manquait. Dans les régions aujourd’hui tenues par les néo-zapatistes, ce sont les femmes qui défendent la prohibition (mise en œuvre avec sévérité mais sans coercition) dans l’objectif principal de se protéger des violences de genre dues à l’ébriété, une décision cohérente avec les objectifs militaires du mouvement. (On apprendra au passage que Pancho Villa était abstème et aimait beaucoup le milk-shake aux fraises.)

    #anarchisme #alcool #histoire #recension #livre #Mathieu_Léonard #Aude_Vidal

  • Des électeurs ordinaires - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/?post/Des-electeurs-ordinaires

    La détermination de Faury à comprendre les ressorts du vote RN et à donner la parole à des personnes racistes peut choquer mais préfère-t-on l’ignorance ? Depuis des années, ce qui me choque, c’est plutôt le mépris avec lequel sont traités les gens qui votent FN ou RN. Entendu, ce sont des idées moisies, violentes et bêtes, mais traiter comme des pestiférés les gens qui les soutiennent, est-ce si malin, quand on n’a pas la baguette magique pour les déporter en masse sur la Lune et vivre entre nous, entre gens bien ? Est-ce si malin de ne penser le dialogue avec elles et eux que sous la forme de leçons de morale impossibles à recevoir, surtout quand on considère les riantes perspectives qu’offre la gauche, les trahisons à intervalle régulier du PS, l’incapacité des écolos à envisager la question sociale et le grand-guignol de LFI ? Mépriser sans s’y intéresser l’électorat RN, c’est une bonne conscience en toc, qui interdit de comprendre le continuum qui va de la droite à l’extrême droite et de lutter contre les deux avec des armes un peu opérantes. Lire Faury, c’est comprendre que beaucoup de nos arguments ne marchent pas devant une personne qui vote RN. Et c’est nous obliger à en chercher d’autres.

    #livre #recension #Félicien_Faury #RN #racisme #sociologie #élection #Aude_Vidal

  • Du mépris de classe et de la moquerie en politique : peut-on rire de tout ? Oui, mais pas du fascisme ...

    Faut-il rire de l’extrême droite ? - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/?post/Faut-il-rire-de-l-extreme-droite

    Les études sur l’électorat RN montrent que Marine Le Pen a été durablement humiliée par son débat contre Macron en 2017. Ne maîtrisant pas ses dossiers, elle a donné l’image d’une personne incompétente et donc laissé supposer que son électorat n’était qu’une bande d’abruti·es. Ce qui lui porte tort encore aujourd’hui car le souvenir de ce haut fait reste honteux pour celles et ceux qui l’ont vécu et ont malgré tout glissé le bulletin FN dans l’urne (on parle de dix millions de votes au second tour en 2017 puis treize en 2022). Bardella n’a pas cette histoire et c’est pour ça qu’il est plus apprécié des électeurs et électrices d’extrême droite. Est-ce que se moquer de lui pourra le démonétiser ou au contraire alimenter la rancœur de son électorat contre les pharmaciennes bien-pensantes et toutes les personnes qui à un titre ou un autre s’estiment supérieures à leur leader aussi fadasse que fasciste, et donc à son électorat ? C’est certes étrange de confondre avec son ego sa bagnole ou le candidat pour lequel on vote et de se sentir meurtri·e par la moindre frappe à poing ouvert qui n’égratigne pas le capot, comme si on avait été soi-même blessé·e. Mais le fait est qu’en se moquant des candidat·es on se moque aussi parfois des gens qui comptent dessus pour leur faire justice (dans ce cas, leur faire miroiter des mesures anti-constitutionnelles ou qui ne sont pas dans le programme du RN et soigner leurs petites failles narcissiques par une identité collective moisie). Je ne pense pas qu’on aille très loin par la moquerie.

    #extrême-droite #fascisation #entre-soi

  • Le Triomphe des égoïsmes - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/?post/Le-Triomphe-des-egoismes

    Peugny décrit bien les conditions matérielles de la lutte des places et l’importance des stratégies individuelles dans un monde social plus dur et compétitif mais ce n’est que dans le deuxième chapitre et la conclusion qu’il répond véritablement à Tiberj.

    Dans « Le virage à droite des classes moyennes supérieures » (allusion au « virage à gauche » qui s’était opéré dans les classes les plus aisées à la fin des années 1970), il analyse les attitudes des Français·es vis-à-vis des politiques de redistribution. Selon lui, les données manquent pour établir avec Tiberj que les demandes de redistribution se maintiennent dans le temps et si les conclusions de politiste sont crédibles, c’est seulement sur les questions sociétales. Et de fait, Peugny a lui aussi peu de matière, par exemple il exploite les questions sur le mérite individuel ou la redistribution directe (à travers des aides à la personne) et montre ainsi que la société s’est grandement droitisée. Enfin, le mouvement vient surtout des classes les plus prescriptrices, celles qui votent le plus, les CSP+. Pire, ce sont les cadres du secteur public qui se sont le plus vite (vingt points en vingt ans) converti·es aux idées moisies selon lesquelles l’État ne devrait pas entretenir la paresse des personnes sans emploi ou on doit sa position sociale avant tout à son mérite (alors que tant de travaux, comme ceux de Peugny, montrent que la position sociale des parents est déterminante dans la plupart des cas (3)). Mais j’aurais aimé que l’auteur abordât la question de la redistribution indirecte. Car si la redistribution directe coince (et encore, pas tout le temps, voir le consensus contre les réformes des retraites de 2019 et 2023), la demande de services publics me semble néanmoins toujours forte et il s’agit d’une forme de redistribution. Ces derniers temps les analyses sur l’électorat RN sont nombreuses et celles dont j’ai connaissance montrent que si la critique des « parasites » est assez commune en leur sein, elle ne se porte pas contre les services publics, qui restent toujours largement plébiscités hors des libertariens purs et durs. C’est un bon point de levier.

    […]

    Alors, Peugny ou Tiberj pour nous aider à penser cette situation ? Les deux, et on aimerait assister à leurs échanges.

    #politique #France #droitisation #Vincent_Tiberj #Camille_Peugny #débat #recension #livre #sociologie #gauche #droite #Aude_Vidal

  • Des lobbys au comptoir - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/?post/Des-lobbys-au-comptoir

    Les lobbys opèrent donc ce que les auteurs appellent un recadrage du débat, c’est à dire une translation des termes du débat de « est-ce que l’alcool est bon pour la santé ? non » à « le vin, c’est aussi une culture et des terroirs à défendre » et là d’autres acteurs (élu·es de régions viticoles, chercheurs en sciences sociales, médias plutôt marqués à droite) peuvent s’engouffrer dans le débat et conspuer le « lobby médical » (les auteurs notent le retournement du stigmate du lobbying alors que les agences et asso de santé publiques œuvrent pour le bien commun avec des budgets bien moindres que les associations de filières, Vin et Société, Brasseurs de France et autres). Benamouzig et Muñoz donnent deux exemples de recadrage dans le dernier chapitre, co-écrit avec Félix Viaud. En 2015, le lobby de l’alcool, avec à sa tête celui du vin, s’attaque à l’interdiction de publicité pour l’alcool dans certains espaces dont l’affichage public. Si la fiscalité est bien différente d’un type d’alcool à l’autre, plutôt aimable avec les vins tranquilles (non-mousseux) et sévère avec les spiritueux, l’activisme du lobby du vin permet d’ouvrir des portes pour le reste de l’industrie. Suite à la mobilisation d’élu·es de régions viticoles, du jeune-vieux ministre de l’économie et du président de la République, le lobby du vin obtient sous prétexte de promotion de l’œnotourisme et de défense d’une viticulture fragile, au cœur des territoires et de l’art de vivre français, une mesure transpartisane (alors que la gauche est majoritaire, rappelons cet énième sacrifice par François Hollande de nos vies au capital). Aujourd’hui les publicités pour l’alcool dans la rue ne sont pas spécialement patrimoniales (voir ci-dessus une pub qui moque cet angle, en théorie le seul autorisé) et de la loi Évin il ne reste que quelques lambeaux comme l’interdiction de représenter des personnes en train de consommer (les personnages des publicités sont barmen, sommelières ou vigneron·nes).

    #livre #recension #alcool #lobby #France #sociologie #Daniel_Benamouzig #Joan_Cortinas_Muñoz #Aude_Vidal

  • Faut-il rire de l’extrême droite ? - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/?post/Faut-il-rire-de-l-extreme-droite

    Ce qui m’interroge, c’est le temps que nous passons à réagir au spectacle affligeant des surenchères fascistes, c’est cette attention peut-être excessive à scruter leurs paroles et leurs prochaines sorties. Ne suis-je pas fascinée par l’« inondation de la zone » théorisée par Steve Bannon, inspiration de Trump lors de son premier mandat ? C’est la question que se posent toutes les personnes gourmandes d’actualité, qui aiment savoir ce qui se passe dans le monde. J’en fais partie, même si je m’intéresse moins à l’actualité chaude qu’à tout ce qui l’explique dans notre histoire très récente. Mais à quoi bon m’infliger tout ça ?

    […]

    Cela m’entraîne vers une deuxième objection devant l’idée de rire de l’extrême droite. Comme beaucoup de personnes sur les réseaux sociaux (la télé des gens pressés mais qui vont y perdre à peu près autant de temps chaque jour), j’ai rigolé en voyant Roselyne Bachelot moquer le manque de répartie de Jordan Bardella

    […]

    Hélas la scène entre Bachelot et Bardella ressemblait plutôt à une pharmacienne, ministre sous Chirac, Sarkozy et Macron dont elle a joué la caution humaniste, aujourd’hui abonnée des plateaux télé et radio où elle trimbale son aisance bourgeoise, qui se moquait (sans non plus faire preuve de trop d’esprit) d’un petit-fils de classe ouvrière exilée n’ayant pas brillé à la fac, représentant d’un parti qui piaffe aux portes du pouvoir depuis dix ans (4). Je n’ai aucune complaisance pour Bardella, je ne vais pas pleurer car il n’a pas de métier (dans tous les sens du terme) ou parce qu’il manque d’intelligence et de répartie. J’ai même bien ricané en me passant la vidéo une deuxième fois. Mais la scène m’interroge.

    […]

    On se le dit pourtant, qu’il faudrait aller vers les gens, ouvrir des espaces où on peut discuter sereinement, retisser des liens de voisinage abîmés, que c’est notre seule chance devant l’étau entre néolibéralisme et fascisme. Mais à la moindre occasion de prouver sa haute valeur en se moquant de l’autre, le sarcasme fuse là où on avait dit qu’on ferait de l’éduc pop, qu’on s’appuierait les un·es sur les autres pour comprendre et grandir.

    #rire #humour #sarcasme #éducation_populaire #mépris_de_classe #débat #Aude_Vidal

  • Contre la ville durable - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/?post/Contre-la-ville-durable

    La ville durable est opposée dans les discours de ses promoteurs (élu·es, technicien·nes et promoteurs immobiliers) aux grands ensembles, accusés d’être en soi peu écologiques (1) ou bien des ghettos (une contre-vérité communément acceptée). Mais la véritable différence entre les deux modèles est d’ordre économique. « Dans l’urbanisme (keynésien) de la demande, les collectivités territoriales étaient les clientes : elles mettaient en concurrence les groupements pour réaliser les opérations d’urbanisme ou d’architecture dont elles avaient établi le cahier des charges, en principe pour répondre aux besoins de leur population. Dans l’urbanisme (néolibéral) de l’offre, ce sont les territoires qui sont en concurrence pour attirer les investisseurs et les promoteurs en leur faisant miroiter les avantages de leur territoire ou de leur réserve foncière en leur expliquant comment il sera possible d’y générer un maximum de profits. »

    La ville durable est attractive ou n’est pas. Au fond c’est une suite de projets immobiliers qui s’inscrivent dans l’économie capitaliste et contribuent à l’image positive du territoire en déployant un imaginaire désirable pour les classes qui la conçoivent, la mettent en œuvre ou font le choix d’y habiter. Elle ainsi « devenue l’une des incarnations urbaines du néolibéralisme, entre partenariats public-privé, course à l’attractivité territoriale et gouvernement (plus ou moins à distance) des conduites ». Ces petites poches de vertu faciles à marketer cohabitent avec d’autres formes urbaines as usual (centres commerciaux, parkings, voies rapides encore en construction aujourd’hui) beaucoup moins soutenables. En vertu de quoi les habitant·es des écoquartiers ne sont pas moins motorisé·es que les autres, soit qu’ils et elles y soient contraint·es par l’organisation de l’espace urbain, dans le cas des plus pauvres, locataires du parc social, soit qu’ils et elles aient les moyens de se payer à la fois une place de parking et des véhicules électriques (subventionnés), l’un lourd, la voiture, et l’autre léger, le vélo-cargo. Les voitures n’ont pas disparu de l’espace public, leur place a simplement été mieux encadrée et le parking est privé et souterrain.

    #urbanisme #ville #urban_matters #ville_durable #recension #Aude_Vidal #Matthieu_Adam

  • Analyse comparative et retour d’expérience sur l’autodétermination :

    Peut-on autodéterminer sa race ? - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/?post/Peut-on-autodeterminer-sa-race

    Peut-on autodéterminer son genre ? - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/?post/Peut-on-autodeterminer-son-genre

    #Aude_Vidal #autodétermination #race #genre #fait_social #libéralisme

  • Le Désir de nouveautés - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/?post/Le-Desir-de-nouveautes

    La philosophe Jeanne Guien, engagée dans des mouvements écologistes et critiques du consumérisme, prend de nouveau au sérieux, après Le Consumérisme à travers ses objets et Une histoire des produits menstruels (tous deux publiés aux éditions Divergence), l’histoire des objets. Cette fois elle analyse la néophilie, ou culte de la nouveauté, appliquée aux objets et qui justifie leur production à grands coûts écologiques et humains. L’ouvrage est composé de cinq chapitres : le premier sur la circulation et la production de marchandises coloniales, le deuxième sur l’innovation technique, le troisième sur la mode vestimentaire, le quatrième sur l’invention du consumérisme et le dernier enfin sur les produits jetables. Dans chacun d’eux, la philosophe se fait historienne pour tenter de comprendre comment la nouveauté s’est imposée au monde. Je retiens de ces chapitres thématiques plusieurs idées.

    […]

    Guien montre la capacité de l’industrie à modifier notre environnement (matériel ou psychique) pour nous vendre du nouveau. Elle donne l’exemple de produits perçus comme « pratiques » et dont la production répondrait à une demande préexistante. Leur adoption est pourtant loin d’être garantie. L’industrie travaille alors à créer le contexte dans lequel cet objet pourrait être considéré comme pratique. Dans le cas des produits jetables : « Un produit jetable n’est "pratique" que là où il existe des structures et des modèles organisationnels permettant de jeter facilement à tout moment. » Des poubelles, par exemple, un système de collecte et de traitement des déchets… Sans ça, il est plus « pratique » d’entretenir les objets, de les laver, réutiliser, réparer, etc.

    […]

    La volonté de faire consommer plus pour assurer des débouchés à la surproduction industrielle s’est accomplie aux dépens d’un autre modèle de société où chacun·e pourrait travailler moins et garder du temps pour ses autres activités (politiques, de care, de subsistance, etc.). Elle a servi des intérêts particuliers à une époque où les ressources naturelles pouvaient être présentées comme illimitées : « Je ne vois pas du tout pourquoi des matériaux qui sont remplaçables à l’infini ne pourraient pas être "gaspillés" de manière créative », dit ainsi la publicitaire Christine Frederick dans les années 1930. Outre que les nuisances environnementales de l’industrie ont été combattues de longue date (voir L’Apocalypse joyeuse de Jean-Baptiste Fressoz) et n’ont pas été découvertes dans les années 1970, les impacts sociaux étaient encore moins mystérieux et on ne pouvait alors que feindre d’ignorer la souffrance des classes laborieuses qui produisaient ces objets, quand bien mêmes elles étaient éloignées et altérisées par le mépris de classe ou par le fait colonial.

    #Jeanne_Guien #recension #livre #Aude_Vidal #nouveauté #innovation #critique_techno #anti-industriel #capitalisme

  • Trois articles « phares » concernant notre temps où « de noirs tempêtes font rien qu’à agiter les airs » et c’est dans le Blog de l’écologie politique, par #Aude_Vidal :

    https://blog.ecologie-politique.eu/?post/Reductio-ad-generationem

    Les yeux de Chimène de la bourgeoisie pour « la nouvelle génération » ressemblent férocement à de la complaisance pour ses propres gosses. Au mépris parfois de la réalité. La « génération climat » est aussi celle qui s’est habituée à voir l’Europe à 50 € l’aller dans les publicités des avionneurs, elle n’a jamais vécu sans smartphone et c’est celle qui consomme le plus de viande (5). Des caractéristiques qui compliquent fortement la descente énergétique. Pourtant, l’optimisme est à son comble et des idées se sont imposées au sujet de cette génération comme le fait que grâce à elle le genre (ce rapport social entre classes d’hommes et des femmes) serait bientôt une notion dépassée car les garçons aujourd’hui se vernissent les ongles en violet. Et ça va tout changer. C’est bien une vue de l’esprit et une grande méconnaissance du reste de la société car pendant ce temps le sexisme progresse globalement dans les classes d’âge les plus jeunes, au point de normaliser les violences sexuelles et le travail domestique gratuit des femmes. On se regardait le nombril, on se félicitait de voir la fille d’Apolline assumer à 16 ans d’être lesbienne ou le·a gosse de Louise et Thomas être en trouple avec deux adelphes mais pendant ce temps, les gamines de prolos avaient pour modèle des femmes soumises aux diktats de la beauté, de la bonne tenue de leur ménage et/ou du registre de la sexualité pornographique. Surprise ! Et gueule de bois car ça pourrait nous retomber sur la gueule, le jour hypothétique où le Planning familial pourrait éventuellement voir dans certaines régions ses subventions rognées ou coupées, les gamines de classe populaire étant encore une fois au premier rang des personnes lésées.

    https://blog.ecologie-politique.eu/?post/Lessivee

    C’est dans les années 1990 que j’ai découvert Alison Bechdel et ses lesbiennes à suivre (dykes to watch out for) à la bibliothèque municipale, dans des petits recueils à l’italienne qui reprenaient ses strips pour des magazines états-uniens alternatifs. Depuis, Bechdel a connu le succès avec Fun Home, une autobiographie sur son enfance qui fait la part belle à son père, prof de lettres et entrepreneur de pompes funèbres (le funeral home du titre). Elle a enchaîné avec C’est toi ma maman ? qui explore cette fois la relation avec sa mère puis Le Secret de la force surhumaine qui rend compte de son addiction au sport, de l’enfance jusqu’à sa vie actuelle dans le Vermont rural (l’État très au nord et très à gauche de Bernie Sanders) avec sa compagne artiste Holly. C’est dans ce cadre-là qu’elle place un nouvel opus autobiographique qui a la volonté d’être aussi une réflexion politique en explorant les questions économiques.

    Et n°3, à propos de #violences_politiques aux États-Unis.

    https://blog.ecologie-politique.eu/?post/Le-choix-de-ses-martyrs

    Les deux assassinats montrent l’ambiguïté de nos sociétés face à la violence politique, tantôt acceptable, tantôt inquiétante et condamnable, qu’elle touche des opposant·es ou des allié·es, que l’on soit minoritaire ou majoritaire. Vaste question, sur laquelle je suis moi aussi traversée d’idées et d’affects contradictoires. Pour nous en tenir à ces deux seuls actes, leur réception offre des contrastes inquiétants (2). Mais les deux ont en commun d’être le mode d’expression d’hommes blancs en échec, qui connaissent des difficultés sociales et/ou psychiques et agissent seuls.

  • Les Irresponsables - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/post/Les-Irresponsables

    « Comme on le sait, Hitler a été élu démocratiquement », lisais-je il y a quelques jours à peine dans un article par ailleurs très fin sur la montée du fascisme. Voilà un topos auquel on espère échapper maintenant que l’historien Johann Chapoutot, une référence sur la période nazie, s’est attaqué aux mois qui ont précédé l’accession au pouvoir de Hitler.

    #recension #livre #Johann_Chapoutot #Aude_Vidal #nazi #Hitler #démocratie #élection #Allemagne #Histoire

    • Merci d’attirer l’attention vers un livre qui en finit avec le mensonge qu’on nous a enseigné dès l’école primaire. On ne le répète jamais assez souvent : Hilter n’a pas été élu démocratiquement. Il n’a même pas été élu du tout mais nommé par le représentant de la fraction la plus réactionnaire des riches, les Junker propriétaires de grandes terres à l’Est de l’Elbe (ostelbiischer Adel). L’élection qui a consolidé son pouvoir n’a eu lieu qu"après le coup d’état nazi après l’incendie du Reichstag le 27 février 1933 deux moi après la nomination d’Hitler comme Reichskanzler par le président allemand, le général dément Hindenburg.

      A mon avis nos enseignants nous ont enseigné le mythe de l’élection légale d’Hitler afin de se disculper eux-mêmes et toute leur génération qui suivant ce récit n’a pu se rendre compte de ce qui se passait qu’une fois qu’il a été trop tard pour encore s’opposer aux hordes nazies désormais au pouvoir.

      Si ce mythe fait partie des « vérités » enseignées en France aussi c’est sans doute pour éviter de parler des classes sociales qui ont porté au pouvoir les nazis. Il faut bien donner une explication quelconque si on veut embrouiller les faits historiques.

      #Allemagne #nazis #histoire

    • Ici, ce n’est pas ce qui est dans les manuels où le fait qu’il soit nommé est souligné. Mais à simplifier abusivement, ou à régurgiter les cours suivis des décennies plus tôt, dire "Hitler élu" (on l’entend y compris de la part de profs d’histoire "de gauche") épargne pas mal d’efforts. (On peut aussi entendre dans un cours de 3ème sur la Guerre de 14 que la Révolution de 1905 était une sorte de révolution bourgeoise, un peu comme notre 1789).

      Sans être de gauche, on peut aller beaucoup plus loin.

      Non, François Bayrou, Hitler n’a pas vraiment été « élu » avec plus de 90% des voix (2017)
      https://www.liberation.fr/desintox/2017/02/06/non-francois-bayrou-hitler-n-a-pas-vraiment-ete-elu-avec-plus-de-90-des-v

      Sinon, Chapoutot est mentionné ici 19 fois depuis 2020, flux en crue depuis son dernier ouvrage.

      #au_pays_des_lumières_éteintes

    • J’ai souvent lu ou entendu ce mythe des nazis arrivés au pouvoir par les urnes utilisé comme un argument, en période électorale, pour encourager le vote contre le FN/RN. En mode : « allez voter pour faire barrage, souvenez vous qu’en Allemagne etc. »

    • Il serait presque tentant de faire un parallèle avec ce qui se passe actuellement en France et plus généralement en Europe. L’Histoire, la tragédie, la farce, toussa ... Toujours les mêmes enjeux (capitalistes) avec des dynasties de propriétaires (du foncier, de la finance ou de l’appareil de production) qui rechignent à lâcher le bout de gras et s’accrochent comme des morbacs à leurs prérogatives et à leurs « notoriétés ».

    • Je crois que l’intention de Chapoutot est de considérer l’histoire de la montée du nazisme du point de vue contemporain, c’est-à-dire depuis le monde d’aujourd’hui, il s’agit de parler du présent aussi et de ce qui pourrait être évité.

      Aussi, c’est intéressant de démontrer - ou de rappeller car la thèse n’est pas nouvelle - que le nazisme résulte d’un choix de la bourgeosie mais le parti nazi n’était pas rien sur le plan électoral et il me semble, mais je ne suis pas spécialiste, que la gauche - parti communiste stalinisé et soc-dems penchant vers le centre - peinait à s’unir.

      Les travaux de Chapoutot sont brillants. Mais je me demande quelle utilité cela peut avoir face à l’extrême droite, ses moyens, ses soutiens, son électorat, sa façon de falsifier, détourner, inverser, récupérer, ignorer, moquer les faits.

      L’histoire consiste à établir un récit en interrogeant, critiquant et croisant archives, objets, témoignages, sources etc. C’est une méthode d’investigation critique. Mais son usage est souvent politique, en un sens l’histoire est celle de l’État.

      En 1988, Debord commentait :

      On croyait savoir que l’histoire était apparue, en Grèce, avec la démocratie. On peut vérifier qu’elle disparaît du monde avec elle.

      Il faut pourtant ajouter, à cette liste des triomphes du pouvoir, un résultat pour lui négatif : un État, dans la gestion duquel s’installe durablement un grand déficit de connaissances historiques, ne peut plus être conduit stratégiquement.

      Un article du Monde s’alarme des lacunes de l’enseignement de l’histoire de la guerre civile et de la dictature franquiste en Espagne :

      https://www.lemonde.fr/international/article/2025/04/02/en-espagne-l-ecole-fait-l-impasse-sur-franco_6589695_3210.html

      En France, l’histoire de la guerre d’Algérie est un sujet de grands débats.

      Hier Macron laissait le soin aux historiens de dire si c’était bien un génocide qui se déroulait à Gaza. Il s’indignait mais ne proposait ni sanction contre Israël ni reconnaissance de la Palestine :

      https://www.humanite.fr/monde/bande-de-gaza/sur-la-situation-a-gaza-macron-laisse-aux-historiens-le-soin-de-parler-de-g

  • Questions de classe en milieu militant
    https://blog.ecologie-politique.eu/post/Questions-de-classe-en-milieu-militant

    Aude quelque peu agacée, entre autre, de la recension de son dernier livre par La Décroissance, qui la traite de bourgeoise pour ses voyages alors que au moment de ceux-ci, elle avait 200 par mois de revenus… et que c’est seulement maintenant, des années plus tard, qu’elle vit plus décemment.

    Si on arrête de se mentir, on observera que, dans les milieux militants qui ne s’attachent pas explicitement à faire bouger les quartiers populaires, tout le monde ou presque a du capital, économique ou culturel, que les classes populaires y sont rares et que la bourgeoisie et la petite bourgeoisie y sont surreprésentées. Cette appartenance sociale est peut-être indispensable pour avoir la motivation, le temps, la vision critique du monde nécessaires pour militer (et surtout l’illusion très bourgeoise que sa parole et ses actes ont de l’importance et vont changer la société). Ces formes de capital sont souvent transmises par la famille et les personnes qui ont dû les acquérir sont rares. Les quelques fil·les d’ouvriers ou de femmes de ménage de ces milieux sont de plus invisibilisé·es par les tentatives des autres de faire croire qu’ils et elles viennent de la plèbe. Cela ne les empêche pas de vite se reconnaître entre elles et eux, comme dit un camarade, et de facilement renifler l’imposture des autres.

    […]

    C’est important de parler des privilèges de classe des personnes qui constituent le milieu militant ou ont une parole publique politisée, j’ai déjà fait plusieurs allusions ici à l’auto-détermination de la classe sociale et je suis contente d’enfin faire le point sur cette question. Mais il faudrait faire attention à ne pas tomber dans quelques écueils. Le premier, c’est la démagogie. Une ex-députée me racontait qu’un député de gauche avait réclamé pour les parlementaires une rémunération au Smic alors que nous répétons partout que cette somme ne permet pas de vivre décemment et qui lui-même était propriétaire de son logement (surprise, il avait fait le fameux lycée catho amiénois avec Macron et J’aurais). Elle, divorcée avec trois gosses à charge, qui payait un loyer, trouvait la mesure un brin démago.

    L’autre écueil, c’est d’en faire une question de vertu individuelle. C’est bien de faire son « check ton privilège » comme nous y invite ce journal par ailleurs anti-« woke », mais qu’en fait-on après ? Puisque l’impact écologique est assez lié au revenu, on invite chacun·e à léguer la part au-dessus du Smic de sa rémunération et à imposer à ses gosses des conditions de vie que par ailleurs on dénonce ?

    […]

    Je pense aussi qu’un préalable pour cette discussion est de cultiver la franchise sur notre position sociale et économique. À la sortie d’Égologie, j’ai souvent fait passer ma critique de la petite bourgeoisie écolo-alternative en disant que moi aussi, je me sentais visée, et je pratique la même franchise en présentant Dévorer le monde. J’invite en conséquence à ne pas projeter ses fantasmes sur moi ni produire d’erreurs factuelles. Et j’exige la même franchise de ceux qui dénoncent la bourgeoisie des autres, surtout si (je n’en sais rien) ils sont familiers des cousinades en Cyrillus dans le parc familial chez bonne maman. Un peu de lucidité pourrait nous aider à faire des espaces militants plus accueillants et inclusifs.

    #Aude_Vidal #classes_sociales #privilèges #bourgeoisie #honnêteté #militantisme

  • La Constitution au XXIe siècle - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/post/La-Constitution-au-XXIe-siecle

    Le constitutionnalisme, c’est cette idée, forgée au XVIIIe siècle et inspirée de la pensée libérale, selon laquelle une constitution peut et doit poser des limites au pouvoir absolu. Des projets constitutionnels sont alors écrits mais jamais mis en œuvre, des constitutions sont adoptées (en 1789 aux États-Unis, en 1791 en France) et depuis lors le modèle ne cesse de s’étendre, en Europe et en Amérique latine au XIXe siècle, dans les pays décolonisés dans la deuxième partie du XXe siècle et encore aujourd’hui. Ces textes garantissent généralement des droits humains, droits dont il est aisé de constater qu’ils ne sont pas respectés. L’ouvrage de Fontaine interroge donc cette « inefficacité constitutionnelle » et les raisons de cette impuissance. Elles sont nombreuses.

  • Leur justice à deux vitesses - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/post/Leur-justice-a-deux-vitesses

    Depuis qu’elle a été condamnée à inéligibilité, Marine Le Pen se répand partout en prétendant subir une justice à deux vitesses, aussi douce avec les puissants qu’elle est dure avec les petits. Dans un sens elle n’a pas tort puisque, dans la même situation qu’elle, François Bayrou a prétendu tout ignorer de l’entreprise de détournement des budgets du Parlement européen organisée par son parti à lui pour financer ses postes et il est aujourd’hui premier ministre. L’ampleur du détournement et l’adresse des deux partis à compartimenter assez bien entre le Parlement européen et le siège du parti pour éviter la mise en cause du chef varient certainement mais sur le fond il faut constater qu’il s’agit du même délit et que la réponse judiciaire n’a pas été la même. Les autres arguments utilisés par le RN pour dénoncer cette « justice à deux vitesses » peuvent étonner, parce que justement ils promeuvent… une justice à deux vitesses, douce avec les élus et dure avec les petits.

  • Confinement : refaire le match - Mon blog sur l’écologie politique
    https://blog.ecologie-politique.eu/post/Confinement-refaire-le-match

    Une petite musique commence à s’imposer à propos de la période : franchement, on a été cons de se laisser confiner. Et de refaire le match en oubliant des petits détails. Le système hospitalier « risquait » la saturation ? Non, il était bien saturé, des tris ont été effectués entre patient·es et des personnes sont mortes chez elles sans soins. Le Monde diplomatique sort une carte des pires pays où passer mars-mai 2020 ? Aucun lien de cause à effet n’est esquissé entre la surmortalité importante et la dureté du confinement, il semble que ce soient simplement deux trucs pénibles alors que le deuxième a dans certains pays été une conséquence du premier. Le confinement ressemble à les entendre à un exercice parfaitement arbitraire de manipulation des foules.

    On a été cons de se laisser confiner ? Parlez pour vous et parlez au présent.

    #santé #confinement #covid #Aude_Vidal #solidarité