• L’effondrement, de la civilisation industrielle, c’est la solution
    https://ricochets.cc/L-effondrement-de-la-civilisation-industrielle-c-est-la-solution-5283.html

    Alors que l’effondrement de la civilisation industrielle est souhaitable, les puissants et leurs valets ne songent qu’à la faire durer tandis que d’autres s’imaginent encore pouvoir rendre cette mégamachine « bio et éthique ». Par ailleurs, la nécessaire sobriété est impossible dans le cadre capitaliste, ayons le courage de le dire au lieu de noyer le problème dans des questions de morale, de « modes de vie » et d’« habitudes de consommation ». L’EFFONDREMENT, C’EST LA SOLUTION, du problème, qui est la (...) #Les_Articles

    / #La_civilisation,_la_civilisation_industrielle, #Le_monde_de_L'Economie

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/09/27/entre-deux-maux-le-recyclage-des-dechets-nucleaires-et-le-rechauffement-clim
    https://reporterre.net/Pour-le-climat-economiser-l-energie-est-indispensable

    • La civilisation industrielle est en train de s’écrouler toute seule en ce moment.
      Rien que la pénurie de puces électroniques qui « paralyse » les usines de bagnoles, le prouve.
      Beau spectacle, en ce moment !

  • Castex annonce 10 000 postes supplémentaires dans le secteur du grand âge d’ici à cinq ans : « Il faudrait dix [?] fois plus d’embauches pour assurer la dignité des fins de vie de nos âgés »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/09/29/marie-de-hennezel-il-faudrait-dix-fois-plus-d-embauches-pour-assurer-la-dign

    La psychologue et écrivaine Marie de Hennezel fustige, dans une tribune au « Monde », l’abandon du projet de loi grand âge par le gouvernement. Une décision qui relève, selon elle, du même « inconscient âgiste » que celui des partisans d’une loi sur le droit de mourir dans la dignité.

    Tribune. L’abandon récent du projet de loi « grand âge et autonomie », sur lequel comptaient fermement les personnes âgées en perte d’autonomie et leurs familles, les professionnels de santé, les associations et les acteurs engagés dans l’amélioration de leurs conditions de vie, est un choc. Ce ne sont pas les récentes annonces de Jean Castex (10 000 postes supplémentaires dans le secteur du grand âge d’ici à cinq ans) ni le tarif plancher pour mieux rémunérer les interventions à domicile qui peuvent les rassurer. Il faudrait dix fois plus d’embauches pour assurer la dignité des fins de vie de nos âgés.

    Si l’on rapproche cet abandon, dont les raisons restent opaques, du mouvement actuel en faveur d’une loi sur le droit de mourir dans la dignité, relancé par le film Tout s’est bien passé de François Ozon, le choc est encore plus percutant. Car il est le signe même de l’âgisme nauséabond de notre société. Comment expliquer que trois présidents de la République se soient engagés fermement sur cette loi grand âge et que trois fois de suite cette promesse ne soit pas tenue ?

    Qu’est-ce qui, dans l’inconscient de nos décideurs, explique ces promesses non tenues, sinon l’âgisme rampant qui vise en fin de compte à exclure les vieux et les vieilles de leurs arbitrages politiques, budgétaires, et même sociétaux.

    Conséquences paradoxales de l’âgisme

    On m’objectera que l’on a « sacrifié », depuis le début de la crise sanitaire, l’économie de notre pays, le travail et le bien-être des jeunes pour protéger les personnes âgées, et que les décisions sanitaires ont eu d’abord comme objectif d’empêcher un désastre dans les Ehpad. Un objectif louable, certes, car, au vu de la culpabilité collective à l’égard des âgés isolés et vulnérables, nos responsables ne pouvaient se permettre d’accepter un tsunami de décès chez nos anciens. Nous avions été marqués par la canicule de 2003. On a donc protégé nos vieux, mais on les a désespérés. Comme je l’ai dénoncé dans mon livre L’Adieu interdit (Plon, 2020), bon nombre d’entre eux, privés de ce qui leur donnait le goût de vivre, se sont laissés mourir dans la plus grande indignité. Car quoi de plus indigne que de mourir seul, sans un adieu, sans le visage, les mots, la présence d’un être aimé ?

    Le fait qu’en pleine pandémie plusieurs propositions de loi pour une aide médicalisée à mourir aient été discutées comme une urgence au Parlement doit nous interroger. Ne sommes-nous pas devant l’une des conséquences paradoxales de l’âgisme que je dénonce ici ? Il est paradoxal, en effet, de présenter aux Français une loi pour mourir dans la dignité par injection létale, au moment où plus de 100 000 familles vivent les affres d’un deuil impossible à faire, puisqu’on a privé leur proche du droit imprescriptible à l’accompagnement, à l’échange des adieux, à la présence humaine, au moment de la mort.

    Je me suis franchement demandé pourquoi les députés de tous bords qui défendent cette loi sur l’aide active à mourir n’avaient pas eu le courage, la dignité, de s’élever dans l’Hémicycle et de dénoncer le scandale de mesures sanitaires conduisant à une mort indigne. Pensent-ils vraiment qu’il est plus digne de proposer une ultime injection pour mourir que de garantir une mort douce, soulagée, respectueuse des ultimes besoins de la personne, une mort accompagnée, comme le garantit la loi Claeys-Leonetti de 2016, ce qui suppose la présence d’un être aimé ?

    Les priorités sont ailleurs

    Je me demande aussi pourquoi l’abandon de la loi grand âge a suscité de si molles réactions. Elle visait pourtant à offrir aux plus vulnérables de notre société une vie digne d’être vécue jusqu’au bout. La vérité n’est-elle pas que cela coûtera bien plus cher que de bricoler une vague amélioration des conditions de vie des âgés, avec le renforcement de la cinquième branche de la Sécurité sociale.
    Il semble bien que l’inconscient âgiste de nos décideurs politiques – j’ai bien dit « inconscient » – est à l’œuvre dans tous ces arbitrages. J’en ai, hélas, des échos quand j’entends dire que l’on a « assez fait pour les vieux » et que les priorités sont ailleurs.

    Que se passera-t-il lorsque la génération des boomeurs, plus consciente et réactive sans doute que la génération de leurs parents, arrivera dans quelques années dans les contrées fragiles de la grande vieillesse ? La plupart disent aujourd’hui qu’ils ne veulent pas terminer leur vie dans l’Ehpad tel qu’ils le connaissent. S’ils n’ont pas les moyens de vieillir dans des structures mieux adaptées, ou de rester chez eux, ils choisiront pour beaucoup de mettre un terme à leur vie. C’est ce que j’entends dans les groupes de seniors que j’anime, pour lesquels mourir dans la dignité, c’est d’abord vieillir dans la dignité. Et si cette dignité ne leur est pas possible – ce qui, je le rappelle, était un des objectifs de la loi « grand âge » –, s’ils ont le sentiment de peser sur leurs enfants et sur la société, s’ils se sentent de trop sur cette terre, ils préféreront quitter ce monde de manière anticipée. Ce sera leur dernier acte citoyen.

    La loi sur le droit de mourir dans la dignité, si elle est votée un jour, et même si elle est conçue pour les grands malades, pourra être alors aisément détournée et offrir une réponse toute trouvée. Et nous qui avons voulu éviter une hécatombe dans les Ehpad, pendant la crise sanitaire, nous aurons alors une épidémie de suicides assistés. L’inconscient âgiste aura eu le dernier mot.

    elle dit " inconscient" #agiste, je penche plutôt pour une lecture qui pointe la valeur "positive" absolument cardinale dans l’idéologie dominante actuelle, le #jeunisme.

    #vieux

  • « Le médecin choisi par #Gérald-Bronner pour réfléchir sur la désinformation scientifique au sein de la mission que lui a confié le Président est Guy Vallancien.
    Ça montre à quel point les réseaux de pouvoir sont déconnectés des réalités. »

    https://www.la-croix.com/France/mission-contre-desinformation-conspirationnisme-2021-09-28-1201177842

    « Je rappelle que #Guy-Vallancien vient d’être condamné par l’Ordre des Médecins dans une affaire où il a désinformé et menti pour faire condamner injustement un confrère, et me nuire au passage parce que je le défendais. »

    https://www.lequotidiendumedecin.fr/actus-medicales/politique-de-sante/certificat-mensonger-le-pr-vallancien-ecope-dun-blame-ordinal-a

    « C’est un peu comme si on avait choisi Carlos Ghosn ou Vincent Bolloré pour une mission sur l’éthique entrepreneuriale !
    Quelqu’un pourrait-il éclairer Gérald Bronner ou alerter le Président ?
    Pour ceux qui veulent lire la décision ordinale, c’est là »

    https://atoute.org/n/breve96.html

    « Toujours dans le cadre de sa nomination par Gérald Bronner au sein de la Mission présidentielle de lutte contre la désinformation, voici les propos négationnistes de Vallancien sur les victimes du MEDIATOR.
    Depuis, plus de 2000 victimes ont été reconnues par le tribunal pénal. »

    https://twitter.com/DDupagne/status/1443118899009146882
    #mission-contre-desinformation-conspirationnisme

    • Merveilleux !

      On est sur un bon profil, c’est raccord avec le reste de la macronie.

      Et il préside un think tank pour accélérer les liens publics privés dans la santé, avec tous les lobbies en vogue.
      https://www.canalcham.fr (CHAM = Convention of Health Analysis and Management)

      Sa plus haute qualité, selon Marianne : « Le médecin qui soigna François Mitterrand, mais aussi tout ce que le Paris people compte de prostates… »

      #macronistan

    • « La pneumologue et lanceuse d’alerte de l’affaire du #Mediator regrette la nomination, au sein de la commission contre la #désinformation, de l’un des médecins qui, « depuis des années et sans vergogne », tente de nier le drame humain causé par le Mediator. » Anticor
      Irène Frachon : « La composition de la “commission Bronner” sur le complotisme laisse perplexe »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/09/30/irene-frachon-la-composition-de-la-commission-bronner-sur-le-complotisme-lai

      Le dévoilement de la composition de la « commission Bronner » du nom du sociologue très (trop ?) médiatique chargé, par l’Elysée, d’évaluer ce phénomène des fausses nouvelles laisse perplexe.

      La santé publique est au cœur de ces inquiétudes. A ce titre, le choix des personnalités médicales susceptibles d’éclairer cette question est particulièrement sensible. On ne peut qu’être surpris de la cooptation d’un professeur de médecine « médiatique » et impliqué publiquement dans plusieurs polémiques sensibles, notamment à propos du scandale du Mediator, la plus grave affaire de santé publique survenue en France au XXIe siècle et « marqueur » significatif de cette défiance.

      Le scandale du Mediator est la conséquence d’un délit industriel d’une gravité hors norme, récemment jugé devant le tribunal correctionnel de Paris et ayant donné lieu à des condamnations pénales, d’une part de la firme mise en cause (Servier), qui a fait appel, et d’autre part, de l’Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM) qui a renoncé, pour sa part, à un appel. Des experts de l’agence, compromis par des arrangements illégaux avec la firme délinquante, ont également été condamnés.

      Par ailleurs, le rapport pénal d’expertise scientifique a conclu que le Mediator, consommé par environ cinq millions de Français pendant trente-trois ans, est la cause directe de la mort ou de l’invalidité de milliers de personnes. Enfin, à ce jour, près de 4 000 victimes, en majorité des « survivants » du Mediator, ont vu leur procédure d’indemnisation aboutir après examen par un collège d’experts adossé à l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam).

    • Irène Frachon : « La composition de la “commission Bronner” sur le complotisme laisse perplexe », TRIBUNE, Irène Frachon, Pneumologue au CHU de Brest, lanceuse d’alerte de l’affaire du Mediator.

      S’il est incontestable que, parallèlement à la pandémie de Covid-19, se développe une « épidémie » de doutes profonds et de défiances multiples au sein de l’opinion publique avec un succès croissant de théories alternatives aux relents complotistes, les moyens mis en œuvre pour mieux appréhender et peut-être corriger, apaiser un tel phénomène de fond interrogent sérieusement.

      Le dévoilement de la composition de la « commission Bronner » [ le blabla élyséen : https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2021/09/29/les-lumieres-a-lere-numerique-lancement-de-la-commission-bronner]du nom du sociologue très (trop ?) médiatique chargé, par l’Elysée, d’évaluer ce phénomène des fausses nouvelles laisse perplexe.
      La santé publique est au cœur de ces inquiétudes. A ce titre, le choix des personnalités médicales susceptibles d’éclairer cette question est particulièrement sensible. On ne peut qu’être surpris de la cooptation d’un professeur de médecine « médiatique » et impliqué publiquement dans plusieurs polémiques sensibles, notamment à propos du scandale du Mediator, la plus grave affaire de santé publique survenue en France au XXIe siècle et « marqueur » significatif de cette défiance.

      Puisqu’il le faut, rappelons les faits.

      Le scandale du Mediator est la conséquence d’un délit industriel d’une gravité hors norme, récemment jugé devant le tribunal correctionnel de Paris et ayant donné lieu à des condamnations pénales, d’une part de la firme mise en cause (Servier), qui a fait appel, et d’autre part, de l’Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM) qui a renoncé, pour sa part, à un appel. Des experts de l’agence, compromis par des arrangements illégaux avec la firme délinquante, ont également été condamnés.

      Par ailleurs, le rapport pénal d’expertise scientifique a conclu que le Mediator, consommé par environ cinq millions de Français pendant trente-trois ans, est la cause directe de la mort ou de l’invalidité de milliers de personnes. Enfin, à ce jour, près de 4 000 victimes, en majorité des « survivants » du Mediator, ont vu leur procédure d’indemnisation aboutir après examen par un collège d’experts adossé à l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam).

      Ainsi, alors que la justice a condamné une « tromperie » (de l’industriel), une « négligence » (des autorités de santé), des « prises illégales d’intérêts » (d’experts), l’addition de tous ces éléments permet d’employer le terme de « complot avéré », au sens où l’entend l’anthropologue #Didier_Fassin, auteur récent de remarquables leçons de santé publique données au sein du Collège de France en 2021 : « On peut donc parler de véritables conspirations conduites par des capitaines d’industrie sans scrupule, des politiciens corrompus et des chercheurs vénaux dont les actes ne sont pas seulement des violations de la loi mais aussi des pratiques criminelles puisqu’ils mettent cyniquement en jeu la vie d’individus. » Didier Fassin conclut : « Il faut donc nommer ces actes pour ce qu’ils sont : d’authentiques complots portant atteinte à la santé publique. » C’est sans aucun doute le cas du Mediator.
      L’affaire du Mediator a ainsi ébranlé profondément et, à juste titre, la confiance du grand public dans la capacité des autorités sanitaires, des laboratoires pharmaceutiques et du monde médical en général à garantir leur santé, y compris en s’opposant sans compromission à de rares mais possibles dérives criminelles autant que lucratives, des industries de santé. Cette défiance, d’essence complexe, participe à l’audience de plus en plus large de « théories du complot », truffées d’informations falsifiées, mais aussi plus simplement à l’expression d’inquiétudes légitimes.

      Mediator, devenu une métonymie du scandale sanitaire, a été détourné par de nombreux adeptes d’un complotisme délétère comme une sorte de caution les autorisant à rejeter sans nuance des propositions vitales pour la santé publique, comme c’est le cas de l’actuelle campagne de vaccination contre le Covid-19.

      Le professeur et urologue Guy Vallancien, dont la nomination est annoncée au sein d’une commission « resserrée », a été un des fers de lance d’une nébuleuse de médecins de haut rang, professeurs de médecine, parfois académiciens de médecine, qui, depuis des années et sans vergogne, tentent de discréditer, minimiser, voire nier la gravité du drame humain causé par le Mediator.

      Dans son ouvrage La Médecine sans médecin ? (Gallimard, 2015), le professeur Vallancien écrit ceci à propos du scandale du Mediator, tout en déplorant la défiance suscitée par l’affaire : « La violence de la charge unique contre l’industrie avait de quoi choquer (…). Rares sont les malades qui furent meurtris par les complications liées au produit (…). Parmi les dossiers de plaignants (…) seul un nombre infime est à ce jour reconnu comme en relation avec la prise du produit incriminé. » Plus tard, en 2016, Guy Vallancien s’insurgera publiquement contre le « Manifeste » de grands médecins et humanistes, Michel Serres, Axel Kahn, Rony Brauman, Claude Got et une trentaine d’autres signataires, alertant la communauté médicale du comportement ignominieux de la firme à l’égard de ses propres victimes.
      Il est à craindre qu’une telle commission, dont l’un des membres s’est abîmé, non seulement n’apporte aucune réponse raisonnable et raisonnée à la problématique soulevée, mais creuse un peu plus le fossé entre beaucoup de nos concitoyens et les élites qu’ils critiquent, à tort ou parfois à raison.

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/09/30/irene-frachon-la-composition-de-la-commission-bronner-sur-le-complotisme-lai

      le Vallencien, c’est bête, mais à sa tronche de houellebecozemourozombie, je lui demanderais surtout pas l’heure

      #complotisme (qu’il faudrait écrire au pluriel)

      #santé_publique #industrie #chercheurs #mediator #Irène_Frachon

    • Deux ans après le départ de Vallancien [de son poste de directeur du Centre du don des corps de l’université Paris-Descartes de 2004 à 2014], son successeur, le Pr Richard Douard, chirurgien digestif à l’hôpital européen Georges-Pompidou, fait état de la situation à Frédéric Dardel, alors président de Paris-Descartes et aujourd’hui conseiller de la ministre de la Recherche, Frédérique Vidal. Il lui présente un document édifiant de 27 pages, dont sont issues les photos décrites plus haut. Le mémo liste « des installations vétustes, inadaptées, ne respectant pas les obligations légales », « des chambres froides non hermétiques, avec des pannes à répétition [...] une absence de ventilation dans les différents espaces de travail, des canalisations d’évacuation des eaux bouchées ». Mais, ce qui semble le plus tracasser les autorités, c’est le « risque de scandale avec le non-respect de règles d’éthique dues aux corps qui [leur] sont confiés ». Oui, le plus embêtant, c’est la peur « que ça se sache », « que ça sorte », comme nous l’ont confié plusieurs sources ayant travaillé au CDC.

      Don de corps à la science : un charnier au coeur de Paris
      https://www.lexpress.fr/actualite/sciences/don-de-corps-a-la-science-un-charnier-au-coeur-de-paris_2108389.html

      La peur que ça se sache ? C’est connu, et c’est promu.

    • Le danger sociologique ? Un feu de paille
      Arnaud Saint-Martin.
      À propos de Gérald Bronner et Étienne Géhin, Le danger sociologique, Paris, Presses universitaires de France, 2017, 242 pages
      https://www.cairn.info/revue-zilsel-2018-1-page-411.htm

      L’opération a été méthodiquement préparée. À la veille de la sortie en librairie début octobre 2017 du Danger sociologique, cosigné par Gérald Bronner et Étienne Géhin, l’« hebdomadaire d’information » Le Point en publiait quelques « bonnes feuilles », ainsi que plusieurs réactions « à chaud »

      Dans l’ordre : Philippe Meyer, Alain Touraine, Edgar Morin et…. Sur la couverture du magazine, un titre choc annonçait la couleur, crépusculaire : « Le livre noir des imposteurs de la pensée ». La quatrième de couverture de l’essai en résume la raison d’être : secouer une « discipline à vocation scientifique […] prise en otage par ceux qui veulent en faire un “sport de combat” » et « qui peuvent nous égarer dans des récits idéologiques et outranciers ». Les auteurs invitent ces collègues en déshérence à « sortir de leur sommeil dogmatique et [à] s’astreindre aux règles qui régissent la cité des sciences ». Le ton est donné, le scandale attendu. On se doute que l’éditeur nourrit de grands espoirs : outre l’impulsion en coulisses du service de presse et la campagne de promotion, un bandeau rouge « LE LIVRE ÉVÉNEMENT » annonce qu’il risque de se passer quelque chose cet automne-là [2]
      [2]
      Organiser une polémique médiatique est une chose, faire son…. Que les esprits vont s’échauffer et entretenir les coulées d’encre et les tirages.

      (...) il est prolixe en matière d’intervention normative dans l’espace public, via les chroniques dans Le Point, ses interventions dans les médias, mais aussi ses essais de « sociologie analytique » sur l’état du monde au nom de la Raison ; par exemple, le diagnostic, martelé avec Géhin dans L’inquiétant principe de précaution , d’une insinuation angoissante et technophobe d’une « idéologie précautionniste » dans la société française, laquelle s’expliquerait ultimement par le _« fonctionnement même de l’esprit humain » [Gérald Bronner, « Perceptions du risque et précautionnisme »,….

      Sociologue du Point, faire valoir académique de la dénonciation de la « culture de l’excuse », son dernier ouvrage paru se nomme « Apocalypse cognitive »

      Gérald Bronner : « L’avenir se joue dans nos cerveaux »
      https://www.lemonde.fr/livres/article/2021/01/24/gerald-bronner-l-avenir-se-joue-dans-nos-cerveaux_6067404_3260.html

      Notre « nature », qui est à la fois source de nos erreurs et des possibilités de les contrecarrer, Gérald Bronner la cherche principalement dans notre cerveau, dans les traits cognitifs qui nous sont communs, indépendamment de nos genre, milieu ou culture.

      [...] « Ce que je crains, confirme-t-il, c’est un affaissement de notre civilisation. Il se manifeste déjà, par exemple, par la mise entre parenthèses de la conquête spatiale, la mise en cause du progrès, les embarras des organisations internationales. Pour le surmonter, et parvenir à franchir le plafond de verre civilisationnel, il faut savoir nous regarder en face, prendre la mesure de nos addictions et de nos choix. En ce sens, l’avenir se joue dans nos cerveaux. C’est seulement en pouvant dire : “Voilà comme nous sommes” que nous pourrons construire le récit de nos prochaines aventures. »

      Le top en matière d’analyse du social : l’imagerie cérébrale.

      Autre penchant sympathique, après avoir larmoyé sur l’"abandon de la conquête spatiale" :

      « En quittant la Terre, il deviendrait évident que nous sommes humains avant d’être terriens. C’est là un rappel essentiel car l’idéologie précautionniste, en nous proposant un rapport empreint de sentimentalité à la planète qui a vu notre naissance, a tendance à rendre indissociable notre destin du sien. »
      https://seenthis.net/messages/820351#message902010
      #Gérald_Bronner #neuroscience #neutralité #cogniticien #contremaître_gradé

    • « Donc le responsable de la commission chargée de lutter contre les « fake news », Gérald Bronner, qualifie « d’esprits malveillants » des journalistes parce qu’ils font un papier sur les turpitudes d’un de ses membres (Guy Vallancien) … ça commence très fort cette commission. »
      https://twitter.com/l_peillon/status/1444762462486728714
      https://www.liberation.fr/checknews/quest-il-reproche-au-chirurgien-guy-vallancien-membre-de-la-commission-bronner-contre-les-fake-news-20211001_XDC2MA374NHGRLLFEM3VV3YAI4/?redirected=1&redirected=1

      Impliqué dans le scandale du charnier de l’université Paris-Descartes, l’urologue a aussi fait l’objet d’un blâme de la part de l’Ordre des médecins dans une autre affaire.

      Afin de lutter contre les fausses informations sur le web, Emmanuel Macron a mis en place, mercredi à l’Elysée, une commission chargée de « définir un consensus scientifique sur l’impact d’Internet », « formuler des propositions dans les champs de l’éducation, de la prévention, de la régulation, et de la judiciarisation des entrepreneurs de haine » ou encore de « développer une analyse historique et géopolitique de l’exposition de la France aux menaces internationales ». Intitulée « les lumières à l’heure du numérique », cette commission, présidée par le sociologue Gérald Bronner, devra rendre un rapport courant décembre.

      Outre Gérald Bronner, lui-même épinglé pour avoir véhiculé une fausse information dans l’un de ses ouvrages, un nom, au sein de cette commission, a particulièrement fait sursauter de nombreux internautes : Guy Vallancien. Agé de 75 ans, cet urologue renommé, membre de l’académie de médecine (comme Bronner), s’est en effet illustré, de façon polémique, dans différents dossiers au cours de sa carrière.

      « Charnier » de Descartes

      A commencer par son implication dans le « charnier » de l’université Paris Descartes...
      #paywall

    • Sachant par ailleurs que Bronner lui-même a été pris la main dans le sac en diffusant une fausse information dans l’un de ses bouquins :
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2014/10/13/le-chlore-au-temps-du-cholera_4505153_3244.html#xtor=AL-32280270-%5Bdefault%

      Guy Vallancien reste membre de la commission Bronner

      Ça promet cette commission fake news de la honte.

      La saison de la chasse aux sorcières est donc ouverte en macronie, sous les applaudissements du roi !

    • Guy Vallancien quitte la commission contre le complotisme en dénonçant un complot contre lui.
      Il apprend vite…

      « Je me retire de la commission Les lumières à l’ère numérique », a déclaré le Pr Vallancien, qui dénonce une « honteuse campagne de dénigrement ignoble et mensonger » après sa nomination à cette instance présidée par le sociologue Gérald Bronner #AFP

  • Fermeture des murs anti inondations à la Nouvelle-Orléans
    https://www.youtube.com/watch?v=eu3hEtCiUOU

    Lorsque l’on conduit vers l’est depuis La Nouvelle-Orléans, on arrive dans cette zone marécageuse traversée par l’autoroute, puis on tombe sur ce mur de métal spectaculaire. Il est équipé de portes qui se ferment quand la tempête arrive.
    C’est très dramatique, très médiéval : on annonce qu’à telle heure les portes se fermeront. Et derrière, il y a ces communautés qui sont du mauvais côté du mur. C’est une manifestation visible de ce qui nous attend avec le réchauffement climatique.
    ~~Nathaniel Rich

    • De ce que je comprends, c’est un système qui n’est pas destiné à bloquer les gens, mais à limiter l’impact des inondations pour éviter une nouvelle Katrina (c’est-à-dire une métropole de plusieurs millions d’habitants totalement inondée).

      Là j’ai l’impression que le gars s’indigne, avec la même logique de prétendre que les digues installées aux Pays-Bas ont pour but de condamner le reste de l’Europe en cas de montée des eaux, alors que pour les Hollandais ce serait les grand luxe.

    • « Le mur de béton de La Nouvelle-Orléans est une manifestation visible de ce qui nous attend avec le réchauffement climatique »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/09/14/nathaniel-rich-la-nouvelle-orleans-est-associee-a-l-histoire-mais-d-une-cert

      Deux semaines après que l’ouragan Ida a frappé La Nouvelle-Orléans, l’essayiste et journaliste Nathaniel Rich, spécialiste des questions environnementales, décrit une ville à l’avant-poste du réchauffement climatique.

      Nathaniel Rich a marqué l’histoire du journalisme américain en publiant en 2018 un reportage qui a occupé l’intégralité d’un numéro du New York Times Magazine : « Perdre la Terre : une histoire de notre temps » (en France, les éditions du Seuil en ont publié en 2019 une version française). Cette enquête revient sur une décennie d’inaction politique, entre 1979 et 1989, face à une crise climatique pourtant déjà avérée.

      Son deuxième livre, Second Nature (non traduit, Farrar, Straus and Giroux, 304 pages, 22 euros), raconte, en dix essais, un monde « postnaturel » dans lequel rien n’est proprement « sauvage », et où ce que nous appelons « nature » ne saurait désormais se passer de l’homme. Habitant de La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, Nathaniel Rich a répondu à nos questions depuis l’Alabama, où il s’était réfugié avec sa famille en attendant le rétablissement de l’électricité.

      L’ouragan Ida, de catégorie 5, la plus sévère, a frappé La Nouvelle-Orléans, le 29 août, soit seize ans, jour pour jour, après Katrina. Comment la ville a-t-elle changé entre-temps ?

      Des milliards de dollars ont été investis pour construire un système de barrière anti-inondation à la pointe de la technologie, qui se voit depuis l’espace. Un mur ceint désormais la ville. Lorsque l’on conduit vers l’est depuis La Nouvelle-Orléans, on arrive dans cette zone marécageuse traversée par l’autoroute, puis on tombe sur ce mur de béton spectaculaire. Il est équipé de portes qui se ferment quand la tempête arrive. C’est très dramatique, très médiéval : on annonce qu’à telle heure les portes se fermeront. Et derrière, il y a ces communautés qui sont du mauvais côté du mur. C’est une manifestation visible de ce qui nous attend avec le réchauffement climatique.

      Le gouvernement fédéral a dû tracer une ligne quelque part et a choisi, pour un certain nombre de raisons, de dire que c’est là qu’elle se trouverait. Et, bien sûr, après la tempête, les gens qui vivent derrière la porte ont été gravement affectés, et ceux de l’intérieur s’en sortent plutôt bien. Donc, il n’y a pratiquement pas eu d’inondation à La Nouvelle-Orléans, ce qui est assez incroyable.

      Au-delà de La Nouvelle-Orléans, toute la côte du golfe du Mexique concentre des installations industrielles à haut risque.

      Une grande partie des plates-formes pétrolières du pays sont dans le golfe du Mexique. Il y a une concentration énorme d’industries chimiques sur le Mississippi, connue sous le nom de Cancer Alley [la zone du cancer], qui est mise en danger par la montée du niveau de la mer et les ouragans. Donc, c’est un énorme problème de sécurité nationale.
      L’évaluation préliminaire des dégâts donne une idée de l’énorme quantité de dommages environnementaux que l’ouragan Ida va sûrement causer. Les gens signalent des flammes, de la fumée, des traînées de pétrole dans les cours d’eau, il y a des panaches de fumée noire provenant de ces horribles usines où l’on ignore ce qu’il se passe. On ne peut qu’imaginer l’horreur des dommages environnementaux causés par toutes ces installations industrielles situées sur la trajectoire d’ouragans majeurs.

      Après avoir longtemps vécu à New York, vous vous êtes récemment installé à La Nouvelle-Orléans. Pourquoi avoir fait ce choix ?

      C’est en partie par amour pour la ville : c’est un endroit unique, dont l’identité a été forgée à partir d’un sentiment de précarité, depuis sa fondation en tant que colonie française, il y a trois cents ans. Les ouragans ne sont qu’une partie des fléaux, il y a eu des pestes terribles, le terrain est extrêmement inhospitalier, le Mississippi débordait tout le temps, il y a eu des incendies dramatiques… La ville est depuis toujours sous la menace constante de l’anéantissement. Je pense qu’une grande partie de la culture, de la beauté et de l’émerveillement qu’elle suscite tient à cette conscience de vivre dans un monde fini.

      En même temps, sur un plan plus pratique, la ville est en fait assez bien protégée. Il y a eu plus de victimes d’Ida à New York qu’en Louisiane. Bien sûr, si vous vivez à l’extérieur du mur, c’est une autre histoire. Mais La Nouvelle-Orléans est dans cette forteresse maintenant. Et elle est très douée face aux catastrophes. Le terme de « résilience » est presque devenu une insulte tellement il a été utilisé pour embobiner les habitants, mais c’est vrai que, face aux tragédies, les communautés se rassemblent, elles savent se remettre. Les digues peuvent toujours céder à nouveau, j’ai confiance en eux. New York, à bien des égards, n’a pas les mêmes ressources.

      Vous évoquez dans votre livre la notion de « nature lag », en référence au « jet lag » : nous voyons partout des signes du désastre à venir, mais notre esprit n’est pas encore aligné.

      C’est un autre élément qui rend la ville intéressante : nous voyons les choses comme elles sont, nous n’avons pas à convaincre qui que ce soit du changement climatique. Tout le monde sait que chaque saison d’ouragans pourrait être la dernière. La Nouvelle-Orléans est associée au passé, à l’histoire mais, d’une certaine façon, c’est une ville du futur. Nous sommes déjà en paix avec le risque extrême et l’imprédictibilité du futur. Ce n’est pas vraiment le cas dans le reste du pays.

      Par ailleurs, vivre à La Nouvelle-Orléans, c’est vivre dans un environnement entièrement fait par l’homme [la ville a été construite sur des marais]. On a l’impression d’être dans la nature, mais on est aussi pleinement conscient que tout de ce qui paraît « naturel » a été mis là à dessein. Et donc, les habitants de La Nouvelle-Orléans n’ont aucune illusion sur ce sujet. D’une certaine manière, c’est aussi inhabituel, du moins en Amérique, où les gens ont des points de vue plus passéistes sur le « naturel » et le « non-naturel ».

      Depuis le XIXe siècle, la tradition environnementaliste américaine voit la nature comme un refuge à l’industrialisation. Une vision romantique qui a présidé à la création de réserves naturelles et de parcs nationaux, et qui s’est avérée contre-productive, écrivez-vous. Pourquoi ?

      Une des leçons fondamentales de l’écologie, c’est que des parcelles de nature sauvage isolées les unes des autres sont vouées à dépérir. Le monde entier est en quelque sorte à l’image de La Nouvelle-Orléans : il n’y a pas un centimètre cube d’atmosphère que nous n’avons pas reconfiguré par notre activité.

      Nous avons déterminé où nous devrions avoir des réserves, des champs ou des forêts. Nous arrivons seulement maintenant à un moment où nous reconnaissons collectivement qu’il n’y a rien de naturel dans ce que nous persistons à appeler le monde naturel. L’étape suivante est encore un peu difficile à envisager pour les gens, y compris les défenseurs de l’environnement : il nous faudra admettre qu’un écosystème menacé demande des soins intensifs continus, comme tout patient dans un état critique.

      La question n’est plus de savoir comment retrouver le monde que nous avons perdu, mais plutôt de savoir quel monde nous voulons créer à sa place. Il y a beaucoup d’exemples à La Nouvelle-Orléans. Nous sommes entourés de magnifiques marécages que l’on pourrait croire d’une nature virginale, qui ont en fait été créées par des ingénieurs au cours des dix dernières années. Pour penser sérieusement à comment aller de l’avant, nous devons nous détacher de ces vieux idéaux romantiques de la nature, et comprendre qu’ils étaient faux et autocentrés.

      « Dark Waters », l’un des essais qui figurent dans votre dernier livre, a été adapté en film. Les droits de votre premier livre ont été achetés par Apple pour en faire une série. Comment percevez-vous cet appétit des studios pour le sujet ?

      Il est lié au fait que personne à Hollywood n’a vraiment compris comment faire un bon film sur le changement climatique. C’est un problème auquel sont également confrontés les romanciers et, dans une certaine mesure, les journalistes : tout ce qui s’écrit sur le sujet tend à l’être avec le désir de motiver les gens à agir. Ce genre d’écriture est important, et certainement nécessaire sur le plan politique, mais il ne permet pas de raconter de bonnes histoires. Le message est prédéterminé – « vous devriez vous intéresser à ce sujet », « vous devriez voter de cette façon » – , et donc il n’y a pas la tension dramatique d’une histoire classique.

      Avec Second Nature, je voulais raconter des histoires sur des problèmes liés au changement climatique et à l’environnement avec une certaine tension dramatique et morale, et où qui sont les gentils et les méchants n’est pas forcément clair. Mon livre Perdre la Terre a reçu beaucoup d’attention à Hollywood parce que c’était une nouvelle façon d’aborder le sujet. Ce n’est pas une pure histoire de désastre dystopique.

      Ce n’est pas la fin du monde. Et ce n’est pas non plus le sauvetage de la planète. C’était plutôt l’histoire de personnes confrontées à des problèmes majeurs qui les obligeaient à reconsidérer leur façon de voir le monde et les mettaient en difficulté non seulement sur le plan professionnel, mais aussi sur le plan personnel. Et je pense qu’il y a un énorme désir de la part du public d’essayer de réfléchir à ces questions d’une manière plus profonde et personnelle.
      Il ne s’agit pas seulement de parler du traité de Paris. Il s’agit de réfléchir à comment on fait des enfants dans un tel contexte. Comment choisir l’endroit où nous devrions vivre ? Comment tout cela affecte-t-il notre vie quotidienne ? Ce sont ces questions avec lesquelles nous devons nous débattre. Et je pense que la littérature permet cette introspection et cette réflexion plus profonde.

      #écologie #climat

    • Oui, mais de ce que j’en comprends, c’est la multiplication des ouragans qui préfigure le réchauffement climatique lui-même. Les digues et les systèmes de « flood control » sont bien plus anciens.

      La ville est construite sous le niveau de la mer, et entourée par le fleuve Mississippi et le lac pontchartrain. Katrina a provoqué la rupture de digues géantes, d’où l’inondation dramatique de la ville.

      Du coup, je vois évidemment bien le rapport de l’inondation suite à Katrina avec le dérèglement climatique. Mais les digues qui ceinturent la ville sont antérieures, elles ne sont pas en elles-mêmes une conséquence du réchauffement climatique. Si j’ai bien compris, les premiers grands travaux liés aux « flood control acts » successifs démarrent à la fin des années 1930. Alors que l’entretien du Monde commence en évoquant un mur qui ceinture la ville depuis après Katrina, comme s’il n’y avait pas déjà des digues immenses auparavant.

      Et donc, les portes des digues, très dramatiques, très médiévales, qui séparent les communautés, qui préfigurent ce que sera le réchauffement climatique, je vois le rapport, mais je trouve que c’est tiré par les cheveux.

  • Immobilier : la France souffre d’une grave pénurie de logements abordables
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/09/10/immobilier-la-france-souffre-d-une-grave-penurie-de-logements-abordables_609

    Alors que l’UE incite les Etats à intervenir pour favoriser le logement social, le gouvernement persiste à compter sur le marché pour satisfaire les besoins.

    Le logement devient une charge intolérable pour les ménages français : les 10 % les plus modestes lui consacrent 40 % de leur budget. L’évolution des prix immobiliers (+ 154 % depuis 2000 en moyenne) n’a plus rien à voir avec celle des revenus, qui, selon l’Organisation de coordination et de développement économiques (OCDE), a plafonné à + 18 % pendant la même période. Le phénomène est exacerbé en Ile-de-France, où l’inflation immobilière atteint 300 % depuis 2000, et touche toutes les grandes villes occidentales. Il est même amplifié par la crise sanitaire, comme le relève l’OCDE, qui mesure une hausse record des prix immobiliers d’en moyenne 9,4 % au premier trimestre 2021, dans les pays riches comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, la Nouvelle-Zélande ou la Corée du Sud. Un même mouvement, encouragé par l’abondance du crédit, creuse les écarts entre ceux qui ont accès à la propriété et les autres, entre les anciens, qui avaient acheté à un prix raisonnable, et les jeunes, entre les urbains, qui paient le prix fort, et les ruraux.

    Jusqu’en 2008, la plupart des économistes libéraux considéraient cette inflation comme une aubaine, un « effet richesse » pour les ménages. En 2004, l’OCDE tenait un colloque sur ce thème triomphant, alors que la France était alors plutôt à la traîne, mais pas l’Espagne, alors atteinte de frénésie immobilière et qui se voyait devenir la plus riche d’Europe. La crise des subprimes a vite anéanti tout « effet richesse » et les pouvoirs publics ont commencé à prendre conscience des dégâts sociaux de la cherté des logements.

    Elle se traduit, aujourd’hui, par le développement fulgurant du « sans-abrisme », l’endettement massif des ménages qui les oblige à arbitrer entre logement et éducation, culture, loisirs ou transports, et la difficulté des entreprises à recruter, dans les villes, les fameux travailleurs-clés qui font tourner la machine économique mais ne peuvent plus habiter sur place. Les habitants de villes touristiques comme Paris, Amsterdam, Barcelone ou Berlin sont, en outre, mis en concurrence déloyale avec les touristes, prêts à débourser des loyers astronomiques sur les plates-formes de type Airbnb. A Paris, les touristes paient trois fois plus cher que les habitants… Pour transporter ces travailleurs-clés depuis leurs lointaines banlieues, le Grand Paris doit investir 35 milliards d’euros dans un supermétro.

    « Effet pauvreté »

    Les classes moyennes, coincées entre prix prohibitifs des logements et stagnation des revenus, sont atteintes au moral et ressentent un net « effet pauvreté », un déclassement. L’OCDE l’a perçu en 2019 et, dans un spectaculaire revirement, exhorte désormais les Etats à maîtriser les prix des logements pour aider ce public.

    La Commission européenne, qui, elle aussi, vers 2003, obligeait la Suède et les Pays-Bas à vendre une partie de leurs logements sociaux jugés anticoncurrentiels vis-à-vis du privé, encourage aujourd’hui les Etats à créer du « logement abordable », en se servant d’ailleurs de l’argent du plan de relance européen. Les Pays-Bas montrent l’exemple en autorisant les villes à interdire, dans un premier temps, l’achat des appartements bon marché par des investisseurs, afin de donner une chance aux habitants de les acquérir.

    La France est, hélas, à rebours de ce mouvement et persiste dans sa logique libérale : le plan de relance national ne prévoit qu’à peine 500 millions d’euros (sur 100 milliards) à consacrer à la rénovation énergétique, pas à la création de logements abordables. Le gouvernement compte encore sur le marché pour pourvoir aux besoins, obstinément confiant dans un « choc de construction » promis par Emmanuel Macron mais qui n’est pas là. Il se refuse également à taxer la spéculation et n’accepte qu’à titre expérimental un encadrement des loyers privés si minimal qu’il en perd toute efficacité.

    En dépit des incitations européennes, la politique d’Emmanuel Macron préfère frapper le secteur HLM, pourtant seul à offrir des solutions pour le logement des ménages modestes et moyens, en siphonnant sa trésorerie pour le pousser à vendre une partie de son patrimoine et à chercher d’autres sources de financement. Les organismes HLM ont été contraints de réduire les loyers de leurs locataires, ce qui les a privés de 8 % de recettes, afin que l’Etat fasse la même économie en allocations logement. Ainsi, entre 2018 et 2022, l’Etat aura privé de 6 milliards d’euros les caisses des organismes HLM et d’Action Logement (l’ancien « 1 % patronal »), sans que la mesure ait été annoncée dans le programme du candidat Macron, sans concertation ni débat public. Les bailleurs privés, dont les locataires bénéficient tout autant des aides au logement, n’ont pas été mis à contribution.

    Année noire pour les HLM

    Le secteur des #HLM, qui n’a donc plus la latitude d’investissement nécessaire, est saturé de locataires qui ne partent jamais, ne pouvant s’offrir de logements ailleurs. L’année 2020 aura été une année noire en matière de création de logements sociaux, comme pour étudiants et jeunes travailleurs, en baisse de 29 % par rapport à 2016.
    L’Etat ne soutient pas plus la centaine de villes qui tentent de développer une offre accessible à travers des programmes coopératifs non spéculatifs où l’acquéreur revendra sans plus-value ou presque. Ainsi, la situation globale se dégrade et prépare une crise du logement que rien n’explique sauf un aveuglement libéral.

    Malgré l’urgence, le thème du logement et de l’intervention publique peine à s’inviter dans le débat d’avant l’élection présidentielle : « C’est un sujet technique, enchevêtré entre différents acteurs publics et privés, analyse William Le Goff, professeur associé en urbanisme à l’université Paris-Sorbonne. Il y a une certaine passion française pour l’accession à la propriété, projet d’une vie, et il est politiquement presque impossible d’annoncer la moindre mesure qui irait contre elle ou encadrerait la plus-value espérée lors de la revente. »

    #logement #rente_foncière #immobilier

  • « Bolsonaro est en train de faire adopter un arsenal législatif qui démantèlera les droits des Indiens sur leurs terres »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/09/08/bolsonaro-est-en-train-de-faire-adopter-un-arsenal-legislatif-qui-demanteler

    La France ne doit pas se rendre complice de l’ethnocide et de l’écocide en cours au Brésil, affirme un collectif d’anthropologues et d’historiens, parmi lesquels Philippe Descola et Anaïs Fléchet, plaidant pour l’application de sanctions de la part de l’UE.

    Tribune. Depuis le 22 août, 6 000 Indiens du Brésil, issus de 170 peuples différents, ont planté leurs tentes sur l’esplanade des ministères à Brasilia pour s’élever contre une menace inédite sur leurs droits et leurs terres. Ils entendent peser sur une décision de la Cour suprême concernant une demande de l’Etat de Santa Catarina de reprendre possession d’une partie de la terre indigène Ibirama-Laklano revendiquée par le peuple Xokleng. L’enjeu est d’importance puisque cette décision confirmera la doctrine en vigueur ou la remplacera par une autre, très défavorable aux droits des Indiens.

    (...) A titre d’exemple, le territoire des Yanomami fait déjà l’objet de cinq cents demandes formelles d’extraction minière. Une fois les lois votées, on voit mal comment ces demandes pourraient ne pas être acceptées. Ce serait alors, dans cette seule terre, 30 000 kilomètres carrés de forêt qui seraient ouverts à l’exploitation, soit la superficie de la Belgique.

    #ethnocide #écocide #déforestation #droits_originaires

    (rare absence de paywall pour une tribune)

  • Crise climatique : « Nous devons apprendre à désinnover »

    Plaidant pour une écologie du démantèlement, les chercheurs Emmanuel Bonnet, Diego Landivar et Alexandre Monnin préviennent, dans une tribune au « Monde », que l’humanité doit se préparer à « fermer » ce qui la détruit.

    Tribune. Il va falloir s’habituer à ce que, désormais, chaque nouveau rapport du Groupe d’experts intergouvernemental (GIEC) sur l’évolution du climat génère un sentiment de lassitude supplémentaire. Pourquoi n’arrivons-nous pas à enclencher cette satanée « transition » ? Nous voudrions défendre ici une hypothèse relativement naïve, mais qui pourtant semble peu évoquée : si nous ne parvenons pas à traduire les alertes climatiques et écologiques en actes concrets à la hauteur de ces enjeux, c’est parce que nous n’arrivons pas à « fermer les choses ». En clair, plus que d’un renversement théorique ou d’une réforme impossible du capitalisme, nous avons besoin de le fermer concrètement.

    Nous le voyons tous les jours. On mettra sûrement plus de trente ans à nous débarrasser du glyphosate depuis les premières études sur son écotoxicité. La fermeture ne serait-ce que d’une centrale nucléaire a pris à la France une dizaine d’années ; son démantèlement va s’étaler pendant plusieurs décennies. Dans l’Alberta, ni les pouvoirs publics ni les entreprises privées ne sont encore prêts à assumer la gestion des 95 000 puits de pétrole délaissés. A Detroit, la démolition de milliers de mètres carrés de bâtiments abandonnés est prise en charge par une poignée d’associations de riverains armés d’outils improvisés pour répondre à des besoins de subsistance critiques. Alors que les liaisons aériennes locales pourraient être rapidement abandonnées pour des raisons écologiques évidentes, une grande partie des élus locaux s’accrochent à la promotion de « l’attractivité » de leur territoire. Après six ans de travail, 24 milliards d’euros investis, 16 000 personnes impliquées et 20 millions de mètres cubes de déchets, seul un tiers du territoire autour de la centrale de Fukushima a été correctement dépollué…

    Conquête cosmologique

    Pourquoi n’arrivons-nous pas à bien fermer les choses ? D’abord parce qu’un des traits anthropologiques majeurs des modernes est celui de « l’ouverture ». Héritage de notre front de modernisation, il sous-tend notre modèle de développement et nous conduit à penser le monde et ses situations écologiques critiques uniquement sous le mode du projet (administratif, économique, social ou technologique), de la gestion et de l’ingénierie. L’innovation, la création, la production seraient encore une fois les armes les plus évidentes pour dépasser la situation climatique et nous permettre de conserver notre modèle de développement. Cet élan de conquête cosmologique est quelque chose que l’on ne retrouve pas forcément dans d’autres sociétés où, parfois, une certaine sobriété, voire des peurs ou des interdits, empêche de penser le monde comme un champ naturellement fait de possibles à explorer et exploiter.

    Mais aussi parce que l’enquête scientifique met un temps beaucoup plus long à fermer les choses qu’à les ouvrir. La gestion sanitaire de la cigarette, du glyphosate ou des nitrates en sont un exemple parfait. Nous avons construit un mode de gestion de la question sanitaire et écologique où la technologie et l’économie précédent l’enquête.

    La difficulté de la fermeture vient aussi de notre incompétence technique. Le capitalisme a investi des efforts considérables pour structurer les compétences de l’ouverture : ingénierie, design, conception, process industriels, entrepreneuriat… Pourtant, les peuples de la fermeture (démolisseurs, dépollueurs, liquidateurs, éboueurs, gestionnaires du tri industriel et du décommissionnement…) sont nombreux et travaillent, dans l’ombre (souvent la nuit, d’ailleurs), à ce que nos sociétés ne croulent pas sous ses décombres.

    Enfin, une difficulté majeure tient au fait que des millions de personnes sont aujourd’hui prises dans les ligatures de secteurs économiques condamnés par leur insoutenabilité matérielle ou leur incompatibilité écologique. Le problème central de l’écologie politique devrait être de sauver ces personnes. Aujourd’hui en France, un hypermarché fait vivre directement plus de 1 500 familles. Que proposer à ces 1 500 familles ? Nous pouvons attendre tous les rapports du monde, la réponse à cette question n’y sera jamais écrite, pas plus que le GIEC ne prend aujourd’hui position entre géo-ingénierie, transition ou décroissance.

    Horizon optimiste

    La question climatique est donc bien une affaire politique et technique, mais dans une orientation totalement nouvelle. Nos institutions démocratiques, nos systèmes assurantiels et mutualistes, nos services publics devront désormais être reconfigurés pour cette nouvelle ère climatique.

    Il nous faut des assemblées pour statuer sur ce que nous gardons et sur ce à quoi nous sommes prêts à renoncer. Nous devons y négocier nos acquis sacrés et clarifier les privilèges écologiques ou climatiques à abolir. Nous devons aussi assumer que la question écologique n’est pas naïvement coopérative, et que c’est bien pour cela qu’il faut l’encastrer dans des formes démocratiques, voire constitutionnelles.

    Nous devons actualiser nos régimes de protection sociale, non pas pour les « moderniser » mais au contraire pour en faire le socle fondamental qui permettra aux personnes de sortir de ces dépendances condamnées. Cela exige bien plus qu’un simple revenu universel !

    Cela veut dire aussi de nouvelles institutions de formation, de nouveaux savoirs et de nouvelles compétences assurant cette redirection complète du monde.

    Nous devons apprendre à désinnover, à décommissionner et démanteler les infrastructures incompatibles avec la situation écologique, à détricoter nos applications technologiques, à reterritorialiser nos systèmes de production et de distribution. La fermeture est l’horizon politique le plus optimiste du nouveau régime climatique.

    Emmanuel Bonnet, Diego Landivar et Alexandre Monnin sont enseignants-chercheurs au Groupe ESC Clermont et membres d’Origens Media Lab. Ils ont notamment écrit « Héritage et Fermeture. Une écologie du démantèlement » (Divergences, 168 pages, 14 euros)

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/09/03/crise-climatique-nous-devons-apprendre-a-desinnover_6093287_3232.html

    #écologie #climat

  • « Le “sifflet à chiens” ou la rhétorique du racisme ordinaire », Pauline Grosjean, prof d’éco à l’université de Nouvelle-Galles-du-Sud, à Sydney (Australie).

    Lors d’un déplacement dans les Hauts-de-France, le 9 avril, pour soutenir le candidat de son parti aux élections régionales, la présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, a qualifié le candidat Les Républicains, Xavier Bertrand, de « mondialiste ». D’après le dictionnaire du Petit Robert, « mondialiste » signifie « politique économique et sociale visant une perspective mondiale ». Cela peut paraître étrange dans le contexte d’élections régionales. Mais ne nous y trompons pas, la façon dont ce mot résonne aux oreilles de certains est bien différente. L’usage d’un vocabulaire qui paraît innocent mais qui active les stéréotypes négatifs et généralement racistes de certains segments de la société est un phénomène que les chercheurs en sciences politiques appellent « dog whistles », que l’on peut traduire littéralement par « sifflets à chiens ».

    Bien sûr, Marine Le Pen n’est pas la seule à siffler les chiens. On peut ainsi s’interroger sur la véritable signification de la question apparemment rhétorique « Mais qui ? » brandie lors des manifestations contre le passe sanitaire, ou encore sur la résonance des références d’Emmanuel Macron aux « problèmes civilisationnels de l’Afrique » le 8 juillet 2017 lors du G20 de Hambourg.

    Un effet pas anodin

    Mais l’usage politique des sifflets à chiens peut avoir des effets dévastateurs. Lors de sa première campagne présidentielle, bien que Donald Trump se soit livré à un discours explicitement xénophobe contre les immigrants (Mexicains et musulmans en particulier), il n’a jamais tenu un discours ouvertement raciste contre la population noire.

    Pourtant, l’analyse statistique de près de 12 millions de contrôles routiers par la police dans 142 comtés où Donald Trump a tenu un meeting pendant la campagne électorale de 2016 montre une augmentation de 5,1 % en moyenne du nombre de contrôles routiers de conducteurs noirs par la police (« Whistle the Racist Dogs : Political Campaigns and Police Stops », Pauline Grosjean, Federico Masera et Hasin Yousaf, 17 octobre 2020, _UNSW Business School Research Paper).

    Cet effet se matérialise dès le lendemain du meeting et dure pendant près de deux mois. Au total, la première campagne présidentielle de Donald Trump est estimée avoir été responsable de plus de 15 000 contrôles supplémentaires de conducteurs noirs, ces contrôles ne tenant en rien à des justifications objectives d’intervention de la police – collision, excès de vitesse, absence de ceinture ou plaques d’immatriculation défectueuses. Etant donné qu’un quart des homicides commis par la police ont lieu après un contrôle routier qui dégénère, cet effet n’est pas anodin.

    Semblant de décence

    En revanche, on n’observe aucun effet sur les conducteurs latinos (ni asiatiques, ni blancs d’ailleurs) alors que, répétons-le, Donald Trump attaquait directement dans ses meetings les Latinos et non les Noirs. Tel est l’effet des « sifflets à chiens » : l’évocation de dangers active les stéréotypes racistes des policiers, qui se mettent à arrêter plus de conducteurs contre lesquels ils ont ces stéréotypes, les Noirs. Cet effet est d’ailleurs beaucoup plus prononcé dans les comtés où l’esclavage était plus présent et où il y a eu historiquement le plus de lynchages. Un échantillon représentatif d’individus lisant l’extrait d’un discours de Trump où il affirme que « le Mexique envoie des criminels et des violeurs » sont plus susceptibles de déclarer que « les Noirs sont violents », mais cela n’a aucun effet sur le racisme contre les Latinos !

    Les « sifflets à chiens » permettent aux politiciens de maintenir un semblant de décence, de ne pas se mettre à dos une partie de l’électorat qui serait outrée d’un message explicitement raciste, ou de ne pas contrevenir aux lois qui régissent la liberté d’expression, mais ils ont la même efficacité qu’un message ouvertement raciste. Ils permettent aux partis et aux leaders politiques de nier toute position raciste tout en ralliant et encourageant leur électorat le plus intolérant.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/09/01/le-sifflet-a-chiens-ou-la-rhetorique-du-racisme-ordinaire_6092964_3232.html

    #racisme