Magdalena Andersson, la nouvelle première ministre de Suède, contrainte de démissionner le jour de son élection

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  • Magdalena Andersson, la nouvelle première ministre de Suède, contrainte de démissionner le jour de son élection
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    Magdalena Andersson, élue chef des sociaux-démocrates, à Göteborg, en Suède, le 4 novembre 2021.
    JOSHUA ROBERTS / REUTERS

    La chef de file des sociaux-démocrates a dû abandonner son poste après la mise en minorité de son budget et le départ de ses alliés écologistes de sa coalition gouvernementale.

    Magdalena Andersson n’aura passé que huit heures à la tête du gouvernement. Après son élection par le Parlement, mercredi 24 novembre, la nouvelle première ministre suédoise a été contrainte de démissionner après la mise en minorité de son budget et le départ de ses alliés écologistes du gouvernement.

    « Il y a une pratique constitutionnelle voulant qu’un gouvernement de coalition démissionne lorsqu’un parti le quitte. Je ne veux pas diriger un gouvernement dont la légitimité est remise en cause », a déclaré la dirigeante sociale-démocrate lors d’une conférence de presse, où elle a dit espérer être réélue à son poste lors d’un vote ultérieur.

    Seulement durant quelques heures la première femme à ce poste, après plusieurs jours de négociations délicates, elle a été finalement victime d’un douloureux jeu de domino politique.

    Usé par sept ans au pouvoir et par une crise politique au début de l’été, Stefan Löfven avait annoncé en août qu’il démissionnerait en novembre. Ancienne nageuse de haut niveau, connue pour son style direct qui lui vaut d’être surnommée « le Bulldozer », Magdalena Andersson lui avait déjà succédé à la tête du parti social-démocrate début novembre.

    Equilibres politiques serrés
    Les équilibres politiques serrés du Parlement suédois, qui avaient entraîné un délai de quatre mois pour former un gouvernement après les dernières élections de 2018, ont compliqué la donne. Magdalena Andersson a été élue grâce à un vote de députés à 117 voix pour, 57 abstentions, 174 contre et une absence. En Suède, un gouvernement est « passé » tant qu’une majorité absolue de 175 députés sur 349 ne vote pas sa censure.

    Mardi soir, cette économiste de 54 ans s’était assuré in extremis les soutiens nécessaires pour arriver au pouvoir, grâce à un accord de la dernière heure avec le Parti de gauche pour augmenter les petites retraites. Mais un autre parti-clé, le Parti du centre, mécontent des concessions faites à l’aile gauche, lui a retiré son soutien pour le budget, sans pour autant bloquer son accession au pouvoir.
    Conséquence : le même Parlement qui l’avait élue dans la matinée a mis son budget en minorité dans l’après-midi et adopté celui de l’opposition de droite, préparé pour la première fois avec l’extrême droite des Démocrates de Suède (SD).

    Mme Andersson avait dit pouvoir s’en accommoder. Mais pour son allié écologiste, seul autre parti de la coalition gouvernementale minoritaire, il était inacceptable de gouverner avec une loi de finances portant le sceau de l’extrême droite. Peu après la défaite budgétaire, le parti écologiste a donc annoncé son départ du gouvernement, contraignant Mme Andersson à rendre son tablier à peine acquis.