une soixantaine de journalistes ont quitté le groupe Prisma après le rachat par Vivendi

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    Vivendi, piloté par Vincent Bolloré, a finalisé à la fin de mai l’acquisition de Prisma Media, suscitant des inquiétudes au sein des différentes rédactions du groupe.

    Le Monde avec AFP
    Publié le 14 janvier 2022 à 21h17

    Temps de Lecture 2 min.

    Depuis le printemps dernier, soixante et un journalistes ont quitté Prisma Media, détenteur des titres Télé-Loisirs, Voici, Femme actuelle, Capital ou Gala. Prisma Media, le premier groupe de presse magazine en France, a été racheté par le groupe Vivendi, propriété de Vincent Bolloré, à la fin de mai. Interrogé par l’Agence France-Presse, Prisma Media a confirmé, vendredi 14 janvier, cette information donnée plus tôt par le syndicat SNJ-CGT.

    « Quand vous changez d’actionnaire, quand vous êtes journaliste, vous avez la possibilité de prendre la “clause de cession”, c’est-à-dire de quitter l’entreprise avec vos indemnités conventionnelles. Résultat, à Prisma Media, nous avions quatre cents cartes de presse, là nous sommes déjà à soixante départs », a déclaré Emmanuel Vire, secrétaire général du syndicat SNJ-CGT et journaliste à Géo, publication du groupe, devant la commission d’enquête sénatoriale sur la concentration des médias en France.

    Selon M. Vire, la direction de Prisma Media évalue les départs de journalistes « à 140 à la fin de l’année ». « On aura à peu près 30 % des journalistes qui seront sûrement partis », a-t-il affirmé.
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    « Autocensure »

    Le géant français des médias Vivendi, piloté par le milliardaire conservateur Vincent Bolloré, avait finalisé à la fin de mai l’acquisition de Prisma Media, suscitant des inquiétudes au sein des différentes rédactions du groupe. « L’interventionnisme de M. Bolloré, de Vivendi, ou d’autres, peut prendre des formes différentes : il peut devenir brutal comme il l’a été à Canal+ et Europe 1. A Prisma Media, ce n’est pas le cas, parce que M. Bolloré n’en a pas besoin », a-t-il affirmé. Les journalistes « partent pour deux raisons », a-t-il poursuivi : « Ils partent moins par peur d’une “zemmourisation”, d’une droitisation, que d’une dégradation de leurs conditions de travail. »

    Huit mois après le rachat par Vivendi, il existe à Prisma Media un « renforcement des synergies », a expliqué le journaliste :

    « Par exemple, on va mettre plus de Canal+ dans les magazines télé de Prisma Media, on va demander aux journalistes de plus parler de Canal+, de ses émissions. »

    Et de poursuivre au sujet du magazine économique Capital. « Va-t-il continuer à parler des activités de Vivendi et de Bolloré ? Ce que l’on observe depuis le mois de juin, c’est qu’il n’y a plus rien dans Capital », a-t-il affirmé. « Je pense qu’il n’y a pas eu d’intervention de Vivendi ou de M. Bolloré, c’est de l’autocensure par peur, parce que les journalistes n’ont pas les moyens de résister derrière », a estimé M. Vire.