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  • Deux-Sèvres : une enseignante condamnée pour atteinte sexuelle sur un élève
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    Une enseignante comparaissait jeudi 20 janvier 2022 à la barre du tribunal pour avoir entretenu une liaison pendant neuf ans avec l’un de ses élèves, âgé de 13 ans au début des faits.

    Une trentenaire, enseignante, mariée et mère de famille à l’époque des faits, comparaissait jeudi 20 janvier 2022 devant le tribunal correctionnel de Niort pour répondre d’atteinte sexuelle sur mineur en abusant de l’autorité de sa fonction, entre le 1er janvier 2002 et le 19 décembre 2007, dans les Deux-Sèvres. Il lui est reproché d’avoir eu une relation avec l’un de ses élèves, cette dernière ayant démarré alors que celui-ci était âgé de 13 ans. À l’âge de 22 ans, le jeune homme avait décidé de rompre, avant de déposer plainte à la gendarmerie.
    À la barre du tribunal, l’enseignante a avoué avoir eu une attirance pour son jeune élève et être passée à l’acte lors d’un camp de vacances organisé par une association. L’histoire avait commencé par un baiser sur la bouche. L’enseignante a expliqué au tribunal qu’après cinq années de thérapie avec un psychologue, elle commençait à comprendre son cheminement. « J’étais follement amoureuse. Je n’avais pas l’impression, à l’époque, de lui faire du mal. J’étais jeune encore, dans le souhait d’être une mère et une enseignante parfaites. Tout cela était trop lourd pour moi à porter. A travers cette relation, je pouvais enfin lâcher prise. »
    Des explications qui n’ont pas calmé la colère de la victime. À la barre, le jeune homme, ayant accepté de témoigner, a préféré abandonner ses notes pour crier sa douleur. « Je suis ici pour déposer plainte pour viol contre ma prof. Mon histoire, c’est celle d’un gosse qui a eu peur de l’autorité. À cet âge-là, on ne s’oppose pas. Ma tête m’appartient. Tout le reste aussi. Elle ne pourra plus se les accaparer ! » Puis celui-ci est revenu sur ces moments où l’enseignante lui demandait de répéter à voix haute son amour, plusieurs fois.
    « Un sentiment ne se commande pas, un passage à l’acte, si ! » Dans les intérêts de la victime, Me Gatien-Hugo Riposseau a estimé que l’enseignante n’avait pas respecté la candeur d’un jeune adolescent. « Il s’agit d’un acte contre-nature », a plaidé l’avocat. « Si une attirance ou un sentiment comme l’amour ne se commandent pas, il est toujours dans notre pouvoir de se maîtriser et de retenir ses actes. Elle a fait cela pour satisfaire ses désirs. Ce qui est très rare, parce que tabou dans nos sociétés, c’est que ce soit une femme qui soit l’auteure de ce qui s’appelle aussi un acte criminel. »
    Avant de requérir, la substitut du procureur de la République, Nina Blanchon, s’est adressée à la victime, en regrettant que la peine prononcée ne puisse, dans tous les cas, jamais compenser ce qui avait été vécu. En défense, Me Pauline Mézières est revenue sur les explications de sa cliente, tout en rappelant que cette dernière ne niait pas ce qui lui était reproché.
    Le tribunal a condamné l’enseignante à deux ans de prison totalement assortis d’un sursis. Il a constaté l’inscription de celle-ci au Fijais, le fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes. L’enseignante devra par ailleurs indemniser sa victime à hauteur de 10.000 € et s’acquitter de l’ensemble des frais d’avocats, soit 1.200 €.