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  • Alain Damasio : « Et si l’on battait le capitalisme sur le terrain du désir ? »

    Joseph Confavreux | 21 août 2022 à 16h04 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/210822/alain-damasio-et-si-l-battait-le-capitalisme-sur-le-terrain-du-desir

    « Nous autres humains modernes ne naissons pas vivants : on le devient. Nous avons désormais à le devenir. Ça se conquiert et ça se construit », écrit Alain Damasio dans le texte d’ouverture du dernier numéro de la Revue du Crieur.

    Pour mettre en pratique ses intuitions, il a cofondé une « école des vivants », qui n’en est encore qu’à ses balbutiements, mais entend œuvrer pour la construction d’une « polytique » du vivant, à même d’articuler luttes sociales et écologistes.

    Battre le capitalisme, ce « sac pratique où jeter tout ce qui merde », suppose en effet de s’aventurer aussi sur le terrain du désir, de l’intimité, de l’attention… Et de ne pas demeurer figé dans la mauvaise alternative qui opposerait une approche « latourienne », attentive aux terrestres mais peu soucieuse du capitalisme, et une vision « lordonienne » qui reproche aux disciples de Bruno Latour de « pleurnicher le vivant ».

    https://festival-avignon.com/fr/audiovisuel/transmettre-le-vivant-grand-entretien-avec-alain-damasio-227550

    https://seenthis.net/messages/961450

  • Ah, chez Lundi Matin, on en est encore aux élucubrations les plus crasses en matière de Covid, et que je t’enrobe ça dans un vocabulaire délirant et des paragraphes numérotés.

    Décoloniser la médecine ?
    https://lundi.am/Decoloniser-la-medecine

    Maintenir l’état d’exception théorique qui conduit à penser le covid comme un phénomène absolu, un virus qui existerait, simplement, en dehors de toute cosmologie, c’est fermer la porte à toutes les manières alternatives de le comprendre et donc, potentiellement, d’y faire face.

    […]

    l y a bien entendu des mauvaises conceptions des maladies : par exemple celles qui, empruntant tout au vocabulaire du nationalisme ambiant à l’époque de leur élaboration, font du corps une citadelle et du virus un étranger auquel il faut déclarer la guerre, cette métaphore dégénérant systématiquement en pensée du corps social national à préserver des étrangers. Leurs conséquences politiques sont bien connues. Reste à savoir ce que « nous », nous considérons comme des visions acceptables des maux qui nous affligent et surtout, comment imaginer la coexistence de différentes manières parfois antagonistes de concevoir ce mal selon les régions, les appartenances (ethniques, religieuses, politiques), le lieu et la forme de vie.

    […]

    Mais ce refus, qui s’agrégeait en Guadeloupe à une contestation sociale vivace, était aussi motivé sur la base de raisons religieuses et à partir de savoirs indigènes, certains acteurs affirmant être en mesure de combattre le covid par différentes méthodes locales (notamment les plantes médicinales, comme cela a également été le cas en Chine). Seule une perspective proprement coloniale nous permettrait de réduire ces motifs au rang de croyances insignifiantes.

    • C’est cependant un débat qu’il faudra avoir, dans les milieux de gauche/émancipation/décoloniaux, même en étant totalement opposé avec ce point de vue.

      On pense notamment au rôle de la Miviludes et de l’ordre des médecins dans la répression des médecines dites « alternatives » ou « parallèles » aujourd’hui.

      #médecine #santé #religion #anthropologie #relativisme #science #décolonial #Foucault #Bruno_Latour #vaccination #antivax #Guadeloupe #Paracelse

    • La Revue du Crieur aussi : Et si l’on battait le capitalisme sur le terrain du désir ? Alain Damasio, Revue du Crieur 2022/1 (N° 20)
      https://seenthis.net/messages/933520#message955946

      L’époque a un problème avec l’altérité. Elle ne sait plus vraiment comment l’accueillir, l’accepter, nouer avec elle, s’y articuler. Elle ne sait plus faire avec.

      Les migrants, les virus, les pas-comme-nous, les pas-de-chez-nous, les autres espèces, les autres genres ou les autres règnes : au mieux indifférence, angle mort, tache aveugle. Au pire conjuration et rejet. Expulsion. Exil. L’affect dominant est de fuir et chasser tout ce qui ne nous ressemble pas.

    • Bon, pas d’auteur et beaucoup de post-posts ou encore un travers du constructivisme que j’appelle le déconstructionnisme. Dire que quelque chose est le fruit d’une construction sociale, d’histoire, de rapports de force etc., ça ne veut pas dire que le processus que l’on mets en évidence abouti à des objets qui n’existent pas.

      Par ex, qu’il y ait tout un appareillage politique et de luttes sociales qui accompagne la « victoire » de l’approche de Pasteur contre les explications de type génération spontanée, ça ne veut pas dire que l’approche pastorienne n’est pas opérante du point de vue biologique ou médical.

      C’est un raccourci qui est assez fréquent chez certain·e·s lecteur·ice·s de Latour, Foucault etc...

      On a une situation - une épidémie par exemple - dont l’étendue est le fruit de différentes opérations humaines, de rapports de forces (impériaux ou coloniaux par exemple, mais aussi de classe ou industriels dans d’autres cas) et le fait qu’il y ait une accumulation d’erreurs humaines, d’intérêts particuliers et de rapports de force, voudrait presque dire que la maladie qui cause l’épidémie n’existe pas. A classer dans la catégorie #raccourcisexpéditifs

      Ps : Après, c’est aussi à mon avis un contre-coup de l’exploitation sans reconnaissance financière, notamment, de nombreux savoirs vernaculaires en phytothérapie par l’industrie pharmaceutique sous forme de molecules propriétaires qui renforce ce type de discours. De manière générale, le fait de balayer toute connaissance populaire (ex : la connaissance des patients sur leur propre maladie, celles de femmes sur les naissances etc...) d’un revers, ouvre la porte au charlatanisme et aux amalgames.

  • L’école des vivants – élaborer une politique du vivant
    https://www.ecoledesvivants.org

    L’école des vivants est une école buissonnière, créée et portée par des artistes, des scientifiques et des militant’es habitées par une conviction : on ne changera pas cette société sans apprendre, ni explorer ni expérimenter.

    On ne la changera pas sans nourrir une culture du vivant qui nous manque aujourd’hui pour faire pousser ce monde, que nous voulons voir advenir, au beau milieu des tarmacs glacés du capital. Toute l’année, l’école propose des ateliers immersifs couvrant le triple champ de la création artistique (œuvrer), de la polytique (tisser) et de l’écologie (incarner).
    Avec, à l’intersection de ces trois champs, comme un cœur battant qui irrigue nos désirs, l’attention au vivant — dont il s’agit de prendre soin en nous, hors de nous et à travers nous, sous toutes ses formes et de toutes nos forces.

    [...]
    Le cosmos est ton campement
    Bâtissez les mondes dont vos fictions ont besoin !
    Du mardi 2 au samedi 6 novembre 2021
    Qui anime ?
    Norbert Merjagnan – écrivain et scénariste
    Alain Damasio – écrivain et scénariste

    Combien ça coûte ?
    780€ pour 50 heures de formation
    190€ la nourriture pour 6 petits-déjeuners, 5 déjeuners, 5 dîners en bio, local et frais.
    210€ l’hébergement pour 6 nuits en chambre individuelle de charme (35€ la nuit)
    Soit 1180€ tout compris

    #vivant_vendu ah... le charme buissonnier des #vacances_apprenantes chez #Alain_Damasio

    • "Les migrants, le virus, ..." : Immunité partout, humanité nulle part
      Et si l’on battait le capitalisme sur le terrain du désir ?
      Alain Damasio, Revue du Crieur 2022/1 (N° 20)

      L’époque a un problème avec l’altérité. Elle ne sait plus vraiment comment l’accueillir, l’accepter, nouer avec elle, s’y articuler. Elle ne sait plus faire avec.

      Les migrants, les virus, les pas-comme-nous, les pas-de-chez-nous, les autres espèces, les autres genres ou les autres règnes : au mieux indifférence, angle mort, tache aveugle. Au pire conjuration et rejet. Expulsion. Exil. L’affect dominant est de fuir et chasser tout ce qui ne nous ressemble pas.

      L’époque a un problème d’étoffe. Le tissu social se troue et il défibre. Il ne se déchire pourtant pas, retenu qu’il est par l’intensité du maillage numérique et la laine synthétique des couvertures réseaux. Disons qu’il espace sa trame, ce tissu, ou qu’il fait dans la distanciation sociale, que la crise du covid n’a pas inventée – qu’elle a juste hystérisée.

      Vous allez lire ici le texte d’un auteur de science-fiction. À savoir, fondamentalement, quelqu’un qui n’est expert en rien : ni philosophe, ni sociologue, pas plus scientifique qu’architecte ou psy, et dont les aptitudes de pensée et d’écriture tiennent avant tout à l’extrapolation de noyaux de sens, arrachés au flux du vécu quotidien ou détournés de leurs champs de savoir et replantés ailleurs.

      Aujourd’hui, la surabondance des savoirs publiés est telle qu’elle oblige à s’inventer des techniques de bricolage pour arriver à remettre de la vie dans la pensée plutôt que d’en subir l’infobésité paralysante et coagulée. La mienne consiste à tronquer pour greffer…

      si tu aime pas l’altérité, tu panique devant le virus, et peut-être même que c’est ta peur qui te rend malade, tout comme c’est par solidarité avec les malades que tu as un covid long (cf. Manifeste conspirationniste)

      dommage que ces gens passent pas leur vie à manger du placenta comme le veut leur amour du « vivant », la bouche pleine et une fourchette à la main, ce serait ni blabla, ni article.

      #péage #vitalisme_réactionnaire

      davantage de citations et de bons commentaires sur le compte de Cabrioles
      https://twitter.com/CabriolesDouze/status/1511716543335436288