La prise en compte des risques côtiers par les marchés fonciers et immobiliers du littoral français métropolitain : ambivalence de la mer et tentatives de régulation publique du « désir de rivage » à l’aube du changement climatique

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  • Recul du trait de côte et considérations méthodologiques de l’évaluation immobilière, la valeur résiduelle d’utilisation – Quentin Lagallarde, SNPI, juin 2026

    Publication par le SNPI, Syndicat national des professionnels de l’immobilier de ce petit ouvrage dont le pdf est téléchargeable ici :
    https://media.licdn.com/dms/document/media/v2/D4E1FAQHG01rsOqnsdQ/feedshare-document-sanitized-pdf/B4EZ84HfDQKQA8-/0/1783352916404?e=1784185200&v=beta&t=3bD7EnW0ENceW_lgjqgMtHXAFdLzBwpGgjD

    Ouvrage très clair et bien structuré sur le sujet.

    Lecture recommandée, notamment la partie 1 qui présente la problématique et les textes légaux, réglementaires et jurisprudentiels relatifs au sujet. En une trentaine de pages une excellente introduction au sujet.

    La partie 2 constate la faillite des méthodes acceptées pour évaluer les biens concernés par le recul du trait de côte. En particulier la non prise en compte absolue du phénomène par le marché immobilier. Cette partie s’appuye, notamment, sur le travail d’Eugénie Cazaux
    https://theses.hal.science/tel-03952883
    déjà pointé ici.

    La partie 3 présente la méthode d’évaluation fondée « classiquement » sur une actualisation des flux de revenus futurs et la partie 4 les conditions d’application et des recommandations.

    ping @freakonometrics

  • Immobilier : le changement climatique plombe-t-il le prix des maisons en bord de mer ? - Habitat - Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/economie/habitat/immobilier-le-changement-climatique-plombe-t-il-le-prix-des-maisons-en-


    Des maisons en bord de mer à Carnac, dans le Morbihan.
    (Xavier Dubois/Le Télégramme)

    Eugénie Cazaux, géographe à l’Université de Bretagne occidentale, a cherché à savoir si le changement climatique avait un impact sur le prix des maisons en bord de mer, dans le cadre de sa thèse soutenue en octobre 2022.

    À ce jour, le changement climatique n’aurait pas d’impact sur le prix des maisons en bord de mer, selon une chercheuse, qui estime que l’attrait pour le littoral reste plus fort que le risque de submersion, même pour des biens immobiliers menacés à court terme.

    Géographe à l’Université de Bretagne occidentale (UBO), Eugénie Cazaux a commencé à s’intéresser au sujet en 2015-2016, lors d’une mission au Bureau des risques inondation et littoraux au ministère de l’Écologie. La problématique de l’érosion côtière prend alors un caractère imminent avec le cas de l’immeuble Le Signal à Soulac-sur-Mer (Gironde), menacé par l’avancée de la mer. « J’avais appris que des gens avaient continué à acheter au prix du marché dans cette résidence jusqu’en 2011-2012 », raconte-t-elle à l’AFP.

    L’immeuble sera évacué quelques années plus tard, en janvier 2014, par arrêté de péril imminent, avant d’être détruit en février 2023. « Les atouts offerts par la mer sont tellement grands qu’il y a des gens qui trouveront toujours un intérêt à faire l’acquisition de ces biens, quel que soit le degré d’exposition aux risques côtiers », assure Eugénie Cazaux.

    « Un travail sans précédent à l’échelle nationale »
    Pour vérifier cette intuition, la géographe a exploité la base de données nationale des transactions foncières immobilières entre 2010 et 2016, dans le cadre de sa thèse, soutenue en octobre 2022. Elle a ensuite comparé ces données aux cartes de risques d’érosion et de submersion marine, avant de compléter ses recherches par des entretiens avec des agents immobiliers, élus et responsables de collectivités locales. « Un travail sans précédent à l’échelle nationale », salue Didier Vye, maître de conférences en géographie à l’Université de La Rochelle.

    La chercheuse a ainsi découvert toute une série de « profils d’acquéreurs » prêts à acheter « des biens immobiliers menacés à très court terme par l’érosion ». Cela va des investisseurs qui font de la location saisonnière et « savent qu’ils vont rentabiliser le coût d’acquisition de leur bien sur des temps très courts », en passant par les retraités soucieux de réaliser leur rêve d’une vie en bord de mer, sans oublier les acheteurs plus aisés « qui fonctionnent à l’achat coup de cœur », décrit-elle.

    « Aujourd’hui, il y a un très fort décalage entre l’offre et la demande sur le littoral. Si un acheteur se rétracte, il y en a dix derrière prêts à acheter au prix », raconte-t-elle en décrivant le « biais d’optimisme » d’acheteurs qui « mettent à distance le risque ».

    Agent immobilier à La Trinité-sur-Mer (Morbihan), Hervé Pinson (Côtes West Immobilier) ne dit pas autre chose : « Aujourd’hui, le problème, ce n’est pas de vendre, c’est de trouver le produit . « On a une bonne partie de la clientèle qui achète en connaissance de cause. Ils disent : ça sera inondé dans 30 ou 40 ans, on s’en fiche, on prend quand même », observe-t-il à l’AFP, en parlant « d’achat plaisir » pour des maisons dont le prix peut atteindre 3 millions d’euros.

    « Les prix n’ont jamais baissé »
    Même après le passage de Xynthia en février 2010 (53 morts), Eugénie Cazaux n’a pas réussi à trouver d’influence de la tempête sur les prix de l’immobilier dans les zones touchées de Charente-Maritime. « Les prix n’ont jamais baissé », dit-elle. « Le désir de rivage reste plus fort . Certains quartiers frappés par la tempête ont même gagné en attractivité depuis la catastrophe, grâce aux travaux de reconstruction.

    La persistance de prix immobiliers élevés dans des zones menacées à terme par le réchauffement climatique pose la question des éventuelles indemnisations futures. En cas de submersion marine, le régime « Catastrophe naturelle », payé par chaque Français sur son assurance habitation, prend en charge les réparations.

    Dans d’autres cas, des fonds publics peuvent être engagés. Ainsi, les copropriétaires du Signal ont été indemnisés par l’État à hauteur de 70 % de la valeur de leur logement, pourtant devenue négative. « On a créé une forme de précédent », pointe la chercheuse, qui estime que cela peut empêcher l’émergence d’une « culture de la responsabilité » chez les résidents du littoral.

    • l’abstract n’est pas très explicite sur ce point et l’exemple (les exemples) utilisé(s)

      Abstract
      Natural disasters offer a specific case study of the mix of public and private insurance. Indeed, the experience accumulated over the past decades has made it possible to transform poorly-known hazards like flood losses, long considered uninsurable, into risks that can be assessed with some precision. They exemplify, however, the affordability issue associated with risk-based premiums. The French scheme reflects such ideas and offers wide coverage for moderate premiums to all, but is questioned in its principle by climate change: we show that some wealthier areas that were not perceived as ‘at risk’ in the past have now become exposed to submersion risk. This singularly makes some well-off properties the potential main beneficiaries of a scheme that was historically thought to protect the worst-off. Acknowledging that some segmentation may become desirable, we examine several models for flood risk and the disparity in premiums they entail.

      (appel discret…)