• #Productivisme et destruction de l’#environnement : #FNSEA et #gouvernement marchent sur la tête

    Répondre à la #détresse des #agriculteurs et agricultrices est compatible avec le respect de l’environnement et de la #santé_publique, expliquent, dans cette tribune à « l’Obs », les Scientifiques en rébellion, à condition de rejeter les mesures productivistes et rétrogrades du duo FNSEA-gouvernement.

    La #crise de l’agriculture brasse croyances, savoirs, opinions, émotions. Elle ne peut laisser quiconque insensible tant elle renvoie à l’un de nos #besoins_fondamentaux – se nourrir – et témoigne du #désarroi profond d’une partie de nos concitoyen·nes qui travaillent pour satisfaire ce besoin. Reconnaître la #souffrance et le désarroi du #monde_agricole n’empêche pas d’examiner les faits et de tenter de démêler les #responsabilités dans la situation actuelle. Une partie de son #traitement_médiatique tend à faire croire que les agriculteurs et agricultrices parleraient d’une seule voix, celle du président agro-businessman de la FNSEA #Arnaud_Rousseau. Ce directeur de multinationale, administrateur de holding, partage-t-il vraiment la vie de celles et ceux qui ne parviennent plus à gagner la leur par le travail de la terre ? Est-ce que les agriculteur·ices formeraient un corps uniforme, qui valoriserait le productivisme au mépris des #enjeux_environnementaux qu’ils et elles ne comprendraient soi-disant pas ? Tout cela est difficile à croire.

    Ce que la science documente et analyse invariablement, en complément des savoirs et des observations de nombre d’agriculteur·ices, c’est que le #modèle_agricole industriel et productiviste conduit à une #catastrophe sociale et environnementale. Que ce modèle concurrence dangereusement les #alternatives écologiquement et socialement viables. Que cette agriculture ne s’adaptera pas indéfiniment à un environnement profondément dégradé. Qu’elle ne s’adaptera pas à un #réchauffement_climatique de +4 °C pour la France et une ressource en #eau fortement diminuée, pas plus qu’à une disparition des #insectes_pollinisateurs.

    Actuellement, comme le rappelle le Haut Conseil pour le Climat (HCC), l’agriculture représente le deuxième secteur d’émissions de #gaz_à_effet_de_serre, avec 18 % du total français, derrière les transports. La moitié de ces émissions agricoles (en équivalent CO2) provient de l’#élevage_bovin à cause du #méthane produit par leur digestion, 14 % des #engrais_minéraux qui libèrent du #protoxyde_d’azote et 13 % de l’ensemble des #moteurs, #engins et #chaudières_agricoles. Le HCC rappelle aussi que la France s’est engagée lors de la COP26 à baisser de 30 % ses émissions de méthane d’ici à 2030, pour limiter le réchauffement climatique. L’agriculture, bien que répondant à un besoin fondamental, doit aussi revoir son modèle dominant pour répondre aux enjeux climatiques. De ce point de vue, ce qu’indique la science, c’est que, si l’on souhaite faire notre part dans le respect de l’accord de Paris, la consommation de #viande et de #produits_laitiers doit diminuer en France. Mais la solidarité avec nos agriculteur.ices ainsi que l’objectif légitime de souveraineté et #résilience_alimentaire nous indiquent que ce sont les importations et les élevages intensifs de ruminants qui devraient diminuer en premier.

    Côté #biodiversité, la littérature scientifique montre que l’usage des #pesticides est la deuxième cause de l’effondrement des populations d’#insectes, qui atteint 80 % dans certaines régions françaises. Les #oiseaux sont en déclin global de 25 % en quarante ans, mais ce chiffre bondit à 60 % en milieux agricoles intensifs : le printemps est devenu particulièrement silencieux dans certains champs…

    D’autres voies sont possibles

    Le paradoxe est que ces bouleversements environnementaux menacent particulièrement les agriculteur·ices, pour au moins trois raisons bien identifiées. Tout d’abord environnementale, à cause du manque d’eau, de la dégradation des sols, des événements météorologiques extrêmes (incendies ou grêles), ou du déclin des insectes pollinisateurs, qui se traduisent par une baisse de production. Sanitaires, ensuite : par leur exposition aux #produits_phytosanitaires, ils et elles ont plus de risque de développer des #cancers (myélome multiple, lymphome) et des #maladies_dégénératives. Financière enfin, avec l’interminable fuite en avant du #surendettement, provoqué par la nécessité d’actualiser un équipement toujours plus performant et d’acheter des #intrants pour pallier les baisses de production engendrées par la dégradation environnementale.

    Depuis des décennies, les #traités_de_libre-échange et la compétition intra-européenne ont privé la grande majorité des agriculteur·ices de leur #autonomie, dans un cercle vicieux aux répercussions sociales tragiques pouvant mener au #suicide. Si la FNSEA, les #JA, ou la #Coordination_rurale réclament une forme de #protectionnisme_agricole, d’autres de leurs revendications portent en revanche sur une baisse des #contraintes_environnementales et sanitaires qui font porter le risque de la poursuite d’un modèle délétère sur le long terme. Ce sont justement ces revendications que le gouvernement a satisfaites avec, en particulier, la « suspension » du #plan_Ecophyto, accueilli par un satisfecit de ces trois organisations syndicales rappelant immédiatement « leurs » agriculteurs à la ferme. Seule la #Confédération_paysanne refuse ce compromis construit au détriment de l’#écologie.

    Pourtant, des pratiques et des modèles alternatifs existent, réduisant significativement les émissions de gaz à effet de serre et préservant la biodiversité ; ils sont déjà mis en œuvre par des agriculteur·ices qui prouvent chaque jour que d’autres voies sont possibles. Mais ces alternatives ont besoin d’une réorientation des #politiques_publiques (qui contribuent aujourd’hui pour 80 % au #revenu_agricole). Des propositions cohérentes de politiques publiques répondant à des enjeux clés (#rémunération digne des agriculteur·ices non soumis aux trusts’de la grande distribution, souveraineté alimentaire, considérations climatiques et protection de la biodiversité) existent, comme les propositions relevant de l’#agroécologie, qu’elles émanent du Haut Conseil pour le Climat, de la fédération associative Pour une autre PAC, de l’IDDRI, ou encore de la prospective INRAE de 2023 : baisse de l’#élevage_industriel et du cheptel notamment bovin avec soutien à l’#élevage_extensif à l’herbe, généralisation des pratiques agro-écologiques et biologiques basées sur la valorisation de la biodiversité (cultures associées, #agro-foresterie, restauration des #haies favorisant la maîtrise des bio-agresseurs) et arrêt des #pesticides_chimiques_de_synthèse. Ces changements de pratiques doivent être accompagnés de mesures économiques et politiques permettant d’assurer le #revenu des agriculteur·ices, leur #accès_à_la_terre et leur #formation, en cohérence avec ce que proposent des syndicats, des associations ou des réseaux (Confédération paysanne, Atelier paysan, Terre de liens, Fédérations nationale et régionales d’Agriculture biologique, Réseau salariat, …).

    Nous savons donc que les politiques qui maintiennent le #modèle_agro-industriel sous perfusion ne font qu’empirer les choses et qu’une réorientation complète est nécessaire et possible pour la #survie, la #dignité, la #santé et l’#emploi des agriculteur·ices. Nombre d’enquêtes sociologiques indiquent qu’une bonne partie d’entre elles et eux le savent très bien, et que leur détresse témoigne aussi de ce #conflit_interne entre le modèle productiviste qui les emprisonne et la nécessité de préserver l’environnement.

    Une #convention_citoyenne

    Si le gouvernement convient que « les premières victimes du dérèglement climatique sont les agriculteurs », les mesures prises démontrent que la priorité gouvernementale est de sanctuariser le modèle agro-industriel. La remise en cause du plan Ecophyto, et la reprise en main de l’#Anses notamment, sont en totale contradiction avec l’urgence de s’attaquer à la dégradation environnementale couplée à celle des #conditions_de_vie et de travail des agriculteur·ices. Nous appelons les citoyen·nes et les agriculteur·rices à soutenir les changements de politique qui iraient réellement dans l’intérêt général, du climat, de la biodiversité. Nous rappelons que le sujet de l’agriculture et de l’#alimentation est d’une redoutable complexité, et qu’identifier les mesures les plus pertinentes devrait être réalisé collectivement et démocratiquement. Ces mesures devraient privilégier l’intérêt général et à long-terme, par exemple dans le cadre de conventions citoyennes dont les conclusions seraient réellement traduites dans la législation, a contrario a contrario de la précédente convention citoyenne pour le climat.

    https://www.nouvelobs.com/opinions/20240203.OBS84041/tribune-productivisme-et-destruction-de-l-environnement-fnsea-et-gouverne
    #tribune #scientifiques_en_rébellion #agriculture #souveraineté_alimentaire #industrie_agro-alimentaire

  • Tribune : « Monsieur le président, nous vous demandons d’œuvrer avec détermination à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel à Gaza »

    Dans cette lettre ouverte à Emmanuel Macron, plus de 260 intellectuels et artistes, parmi lesquels Etienne Balibar, Nada Yafi ou Alain Lipietz, réclament des sanctions contre Israël et la reconnaissance d’un Etat palestinien démocra­tique.

    Publié le 13 janvier 2024

    Pour ajouter vos signatures

    https://www.nouvelobs.com//opinions/20240113.OBS83232/tribune-monsieur-le-president-nous-vous-demandons-d-uvrer-avec-determinat

    Monsieur le président,

    Au-delà des 25 000 Gazaouis morts à ce jour, dont 75% de femmes et enfants.

    Au-delà des dizaines de milliers de blessés opérés à même le sol, amputés sans anesthésie, abîmés en leur chair, traumatisés et handicapés à vie.

    Au-delà des milliers de disparus dont les corps croupissent sans doute sous les décombres.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/01/16/tribune-monsieur-le-president-nous-vous-demand

    #international #palestine

  • Tribune | Disqualifier n’est pas penser : pour la libre expression des désaccords
    https://www.nouvelobs.com/opinions/20231220.OBS82330/tribune-disqualifier-n-est-pas-penser-pour-la-libre-expression-des-desacc

    Parmi les réponses au texte de Didier Fassin, celles qui entreprennent ouvertement de disqualifier la personne et le statut de son auteur, par des procès d’intention, des raccourcis, et même des insultes visent à réduire au silence cette pensée complexe et humaniste. Il s’agit là de la continuation d’un processus de mise sous surveillance et de censure de la recherche en sciences sociales en cours depuis 2015. Les propos du ministre de l’Intérieur Valls accusant les chercheurs de justifier le terrorisme en tentant d’en proposer des explications, les menaces inquisitoriales contre les universités prétendument islamo-gauchistes, ont réduit considérablement l’espace possible d’intervention publique pour les chercheurs.

    Nous sommes aujourd’hui, en France, face à un tournant, à la fois du fait de l’extension de ce phénomène de censure, de l’intensification de la violence et de la généralisation de l’autocensure qui en résulte.

    Les tentatives répétées de criminalisation des symboles et discours de solidarité à l’égard des Palestiniens en Allemagne ou en France, ou la pratique du doxing – une pratique malveillante visant à divulguer au public des informations plus ou moins vraies sur une personne ou un groupe sans leur consentement – sur les campus américains relèvent d’un même processus de transformation du débat démocratique en culture de l’auto-justice et du vigilantisme.

    D’après un sondage mené sur 936 universitaires spécialistes du Moyen-Orient, 82% des personnes interrogées et 98% des professeurs non titulaires affirment s’auto-censurer. Le caractère systématique, violent, et autoritaire de l’intimation au silence par l’accusation d’antisémitisme crée un climat délétère préjudiciable à la démocratie et à la construction intellectuelle et politique du monde d’après le conflit. Car il faudra bien un monde d’après. Et nous n’aurons d’autre choix que de le reconstruire, ensemble. La coupure intellectuelle et politique que ce climat de surveillance et d’autocensure risque de générer entre les pays occidentaux et une grande partie du reste du monde, pas seulement arabe et musulman, du fait de l’indifférence manifestée à l’égard du massacre de masse en cours à Gaza, rend chaque jour cet espoir de reconstruction et de paix globale plus précaire. Les intellectuel.le.s ont leur rôle à jouer dans ce futur. Nous refusons qu’elles et ils soient réduit.e.s au silence.

  • Violences faites aux enfants : 101 professionnels du droit, de la santé et du monde associatif répliquent à l’Ordre des Médecins
    https://www.nouvelobs.com/opinions/20231020.OBS79768/violences-faites-aux-enfants-101-professionnels-du-droit-de-la-sante-et-d

    - L’Ordre a condamné à de lourdes interdictions d’exercice des médecins qui n’avaient fait que signaler des enfants en danger. Ce faisant, il n’a pas respecté l’article 226-14 du Code pénal qui précise que dans ces cas la responsabilité civile, pénale ou disciplinaire du médecin ne peut être engagée.

    – L’Ordre interdit paradoxalement au médecin de mettre en cause dans ses écrits un parent maltraitant alors que plus de 80 % des violences faites aux enfants le sont dans le cadre de la famille.

    – L’Ordre quand il ne soutient pas des accusés applique aux médecins l’interdiction d’immixtion dans les affaires de famille. Et ce au lieu de privilégier la règle déontologique du devoir de protection des enfants. Récemment encore un médecin (appuyé par le Conseil départemental de l’Ordre) a poursuivi un confrère généraliste. Son seul tort ? Avoir voulu protéger la fille du plaignant. Une enfant de 12 ans qui se scarifiait, ne mangeait plus, ne dormait plus, souffrait de céphalées et de douleurs abdominales. Son père (déchu de son autorité parentale, sous le coup d’une interdiction de détention et de port d’armes, en cours de procédure pour viols sur plusieurs ex-conjointes) tentait de prendre contact avec elle.

    #inceste #ordre_des_médecins_dissolution

  • Pourquoi l’histoire est devenue la discipline la plus honnie des fanatiques religieux
    https://www.nouvelobs.com/opinions/20231016.OBS79595/pourquoi-l-histoire-est-devenue-la-discipline-la-plus-honnie-des-fanatiqu

    C’est que l’histoire inscrit l’homme dans le temps. Or, l’idée même de Dieu s’accommode très mal de toute temporalité. Où était Allah avant le VIIe siècle ? Qu’attendait #Dieu pour envoyer son fils sur Terre pendant les 3 000 ou les 300 000 ans qui l’ont précédé ? Pourquoi Yahvé ressemble-t-il autant à certaines divinités égyptiennes, sinon parce qu’il n’en était au départ qu’une déclinaison parmi d’autres ? En d’autres termes : pourquoi avoir autant tardé à se manifester, au lieu de s’imposer dès l’aube des temps, avec la force de l’évidence, à toute l’humanité ?

    Pourquoi Dieu tout-puissant aurait-il toléré ces siècles, ces millénaires de paganisme débridé, sinon parce qu’il n’avait pas encore été inventé. Et voilà le danger de l’#histoire. L’histoire révèle Dieu pour ce qu’il est : une création humaine, souvent même assez précisément datée dans le temps. L’histoire des religions recense des milliers, des dizaines de milliers de dieux divers et variés, parmi lesquels un nombre non négligeable de dieux uniques. Le Dieu de nos religions monothéistes est censé être absolu mais, justement, l’histoire relativise : il y a là une incompatibilité irréconciliable.

    Blasphème

    Quant aux dogmes, la remise en question est encore plus frontale : on sait, grâce aux recherches historiques les plus documentées, que les livres sacrés, loin d’avoir jailli d’une révélation fulgurante, se sont laborieusement constitués à l’issue d’une longue sélection au cours de laquelle ont été recalés, ici ou là, des évangiles « apocryphes » ou des versets « sataniques ». Là encore, c’est l’historicité avérée des textes qui ruine la fable de leur origine divine : ce n’est pas Dieu qui a décidé de ce qu’on gardait ou de ce qu’on jetait dans la Bible, mais tel ou tel pape, tel ou tel concile, au fil des siècles. (Certains apocryphes étaient d’ailleurs encore présents dans la Vulgate au Moyen Age. Ce qui était vrai pour le croyant d’hier ne l’est donc plus pour le croyant d’aujourd’hui. On n’est pas plus brouillon.)

    Bref, voilà ce que nous apprend l’histoire : les dieux sont mortels, et pour cause. Aucune parole n’est jamais tombée du ciel. Dieu est au mieux un symbole, une allégorie, l’expression d’un surmoi collectif fondé sur des mythes que l’anthropologie structurale nous a appris à repérer et à classer. Rien de plus. Pour le « vrai » croyant, celui pour qui toute remise en cause du dogme auquel il adhère constitue une offense impardonnable (une « blessure », disent certains), l’affaire est donc assez grave. On voit comment le #blasphème en l’état est constitutif de la discipline historique même : à trop fouiller dans le passé, on en vient vite à remettre en question l’éternité.

    tout cela est fondamentalement vrai si ce n’est que ce discours dénote d’un manque d’attention au présent. depuis 2015 les profs d’histoire sont (avec d’autres) chargés d’un #enseignement « moral et civique » qui instruit les élèves des « valeurs de la république » (ton père), dont une #laïcité qui a connu de dommageables inflexions légales (loi de 2004 sur les signes religieux dans les écoles publiques).

  • Annie Ernaux : « Les Soulèvements de la Terre sont un mouvement pour la vie »

    Dans cet entretien, Annie Ernaux, prix Nobel de littérature, affirme soutenir Les Soulèvements de la Terre. Les traiter de terroristes est une « aberration » dit celle qui « espère un mouvement de masse » contre ce gouvernement.

    https://reporterre.net/Annie-Ernaux-Les-Soulevements-de-la-Terre-sont-un-mouvement-pour-la-vie

    Comment définiriez-vous ce mouvement ?

    Il exprime la volonté de vivre autrement, de vivre avec la nature dont on est de plus en plus privés et qui est de plus en plus détruite. C’est une manière différente de vivre, mais aussi un changement du rapport humains, qu’ils ne soient plus dans la domination de ceux qui ont le pouvoir et la richesse sur le reste de la population. C’est cela qui fait peur. Tout ce qu’a fait le gouvernement depuis 2017, c’est de favoriser les grands groupes économiques, la FNSEA, les chasseurs.
    Le mot dissolution est absurde. Est-ce qu’on pouvait dissoudre le Larzac dans les années 70 ? Est- ce qu’on pouvait dissoudre les mouvements de femmes qui demandaient la liberté de la contraception et de l’avortement ? Non.

    Appartenez-vous aux Soulèvements de la Terre ?

    Maintenant, je considère que j’appartiens aux Soulèvements de la Terre.

    Que pensez-vous de l’argument du gouvernement selon lequel Les Soulèvements de la Terre incitent à la violence ?

    C’est la répression qui a été violente, on l’a bien vu au moment [du rassemblement contre les mégabassines] de Sainte-Soline ou lors de la dernière manifestation contre la ligne Lyon-Turin.

    Bien sûr, il y a toujours la tentation de se dire que si l’on n’obtient rien, alors peut-être qu’on obtiendra davantage par la violence. À mon avis, ce n’est pas une bonne méthode. Mais c’est quand même le dernier recours la plupart du temps.

    L’idée du gouvernement est de parler d’“écoterrorisme”, de faire passer les Soulèvements de la Terre pour des terroristes. C’est une aberration totale. On fait passer pour des terroristes tous ceux qui manifestent contre le gouvernement.

    • philippe.duke@instagram (Philippe Mangeot)

      J’ai beau me méfier de la référence (extensive, complaisante, grandiloquente) à la Résistance, je l’emploierai désormais. En interdisant les Soulèvements de la terre, en interpelant certain.e.s de ses militant.e.s sous l’égide de l’anti-terrorisme, le gouvernement m’y incite. Le versant activiste de l’engagement des SLT s’est limité jusqu’à présent à des dégradations matérielles et largement symboliques — contre un méga-cimentier, contre la préemption de l’eau par des particuliers, contre des méthodes d’agriculture intensives —, au prix d’affrontements avec la police. Ce n’est pas ce que j’ai appris à nommer « terrorisme », sauf à tout confondre pour le pire. Ce sont des actes de désobéissance civile assez sages, en regard du péril écologique, de la marche fossile du monde qui l’aggrave et de la perpétuation de pratiques écocidaires. La France et les autres pays signataires des accords de Paris ne sont pas en mesure d’honorer les engagements qu’ils ont pris de réduction de CO2 d’ici 2050. La fonte des glaciers de l’Himalaya, réservoir d’eau stratégique de la planète dont dépendent des millions de personnes, s’accélère à un rythme que même les scientifiques les plus alarmistes n’imaginaient pas. Les enfants qui naissent en Francé aujourd’hui vont subir une hausse continue des températures qui affectera tous les équilibres dont dépend la vie. Il en résultera, on le sait, un accroissement des inégalités, la précarisation de populations entières, une multiplication des conflits dans le monde, la mort de millions de personnes. Mais plutôt que de s’inquiéter des pratiques des avionneurs ou des bétonneurs qui annoncent des profits records au prix de l’habitabilité de la planète, plutôt que de s’en prendre à une agriculture intensive responsable de la disparition de milliers d’espèces, plutôt que... on dissout les Soulèvements de la Terre.

      Dans son dernier livre, co-écrit avec Nikolaj Schultz, Bruno Latour invitait à déclarer, pour faire face à l’urgence écologique où nous sommes et à l’illusion de paix dans laquelle nous nous entretenons, un « état de guerre généralisée ». Nous y voilà.

    • Dissolution des Soulèvements de la Terre : « Le gouvernement s’en prend à ceux qui refusent de demeurer passifs face à la catastrophe » TRIBUNE Collectif

      https://www.nouvelobs.com/opinions/20230624.OBS74918/dissolution-des-soulevements-de-la-terre-le-gouvernement-s-en-prend-a-ceu

      Après le lancement d’une procédure de dissolution visant le collectif écologiste, de très nombreux chercheurs et intellectuels dénoncent dans une tribune à « l’Obs » le tournant autoritaire du gouvernement, et la poursuite d’une politique écocidaire.

    • Des figures de l’activisme climatique mondial et du syndicalisme réagissent à la dissolution du mouvement.

      Vanessa Nakate, Rise Up Climate Movement ;
      Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT ;
      Clémence Dubois, directrice de campagnes, 350.org ;
      Léna Lazare, Youth for Climate, membre des Soulèvements de la Terre.

      Diana Nabiruma, Africa Institute for Energy Governance, défenseuse des droits humains et de l’environnement en Ouganda ;
      Youlie Yamamoto, porte-parole d’Attac ;
      Simon Duteil, co-délegué général du syndicat Solidaires ;
      Benoît Teste, secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire ;
      Disha Ravi, Fridays For Future MAPA (Most Affected People and Areas) ;
      Luisa Neubauer, Fridays for Future Allemagne.

      https://twitter.com/i/status/1672275365035929603
      Montage de 6 minutes d’une émission de Mediapart de 2h

    • marioncotillard@instagram

      Ce qui se passe dans notre pays est extrêmement grave et je pense que l’on doit se poser les questions suivantes : Où se situe la véritable violence ? Qui sont les véritables criminels ?

      Des arrestations d’une brutalité sans nom aux gazages lors de manifestations pacifistes blessant parfois grièvement de nombreuses personnes, en passant par des assignations à résidénce de celles et ceux qui se battent pour l’intérêt commun... la liste des violences policières et, de ce fait, gouvernementales contre les mouvements écologistes donne le vertige et la nausée.

      Celles et ceux qui alertent sur la dérive éminemment dangereuse de notre monde et de notre humanité, les activistes qui demandent une action du gouvernement à la hauteur de l’urgence, sont aujourd’hui qualifiés de criminels ou d’écoterroristes.

      Pendant ce temps, de grandes multinationales, de grandes banques, continuent à investir massiveñient dans les énergies fossiles, à construire des infrastructures qui contribuent à réchauffer le climat et à provoquer des morts, des catastrophes à travers le monde, à mettre en péril les conditions de vie sur notre planète. Est-ce que ces actes ne sont pas infiniment plus violents, plus graves, plus criminels ? Pourtant ces entreprises ne sont jamais inquiétées.

      La dérive sécuritaire de ce gouvernement, couplée à son incapacité à nous protéger des conséquences du changement climatique, est effrayante. Mais ces intimidations n’arriveront pas à nous faire taire.

      Aujourd’hui, dans notre pays, la liberté est en danger. Cela provoque naturellement l’indignation.

      Soutien absolu au @soulevements.de.la.terre

  • « Pourtant, j’avais fait barrage » : lettre au président de la République, par Coralie Miller
    https://www.nouvelobs.com/opinions/20230412.OBS72062/pourtant-j-avais-fait-barrage-lettre-au-president-de-la-republique.html


    Perso, je n’ai marché qu’une fois dans la combine, puis j’ai compris la manœuvre.

    Depuis mes 18 ans, sur cinq élections présidentielles, j’ai participé à trois barrages. A trois reprises, j’ai dû, comme des millions d’électrices et d’électeurs de gauche, taire mes convictions culturelles, mes inquiétudes économiques, mes colères sociales, parce que seule comptait face à l’urne l’impérieuse nécessité d’empêcher l’extrême droite de prendre le pouvoir. Protéger la République, réaffirmer la démocratie, laisser tomber les clivages et les idéologies pour que jamais le pire n’arrive.

  • « Pourtant, j’avais fait barrage » : lettre au président de la République
    https://www.nouvelobs.com/opinions/20230412.OBS72062/pourtant-j-avais-fait-barrage-lettre-au-president-de-la-republique.html

    Animée d’une froide colère, la documentariste Coralie Miller s’adresse, dans cette tribune pour « l’Obs », à Emmanuel Macron. Elle a voté pour lui aux deux dernières présidentielles, motivée par le besoin de faire barrage à l’extrême droite, mais elle l’accuse aujourd’hui de trahison et de tenter d’expulser la gauche de l’arc républicain.

    Monsieur le président,

    J’ai voté pour vous. Et toujours malgré moi. Je ne voulais pas de vous comme président, mais j’ai serré les dents. Deux fois. J’ai regardé mes enfants, j’ai regardé mon pays, j’ai regardé notre histoire. Et j’ai fait ce que je considérais être mon devoir.

    Depuis mes 18 ans, sur cinq élections présidentielles, j’ai participé à trois barrages. A trois reprises, j’ai dû, comme des millions d’électrices et d’électeurs de gauche, taire mes convictions culturelles, mes inquiétudes économiques, mes colères sociales, parce que seule comptait face à l’urne l’impérieuse nécessité d’empêcher l’extrême droite de prendre le pouvoir. Protéger la République, réaffirmer la démocratie, laisser tomber les clivages et les idéologies pour que jamais le pire n’arrive.

    « Plus jamais ça », me disait-on dans mon enfance, alors que l’on me racontait l’histoire de ma famille, juive, déportée, exterminée, parce que l’extrême droite, un jour de 1933, dans un pays voisin, [le 30 janvier 1933, Hitler était nommé chancelier en Allemagne, NDLR] était arrivée au pouvoir démocratiquement. Moi, le front républicain, j’y croyais. Comme des millions d’électrices et d’électeurs de gauche, je suis faite de ce bois que vous ne semblez pas connaître : je me suis effacée pour l’intérêt général. Je me suis effacée parce qu’il était alors entendu qu’entre la droite et l’extrême droite, il valait mieux toujours la droite. Oui, monsieur le président, vous avez beau nous jouer du « en même temps », pour moi comme pour des millions d’électrices et électeurs de gauche, vous êtes de droite. Mais j’ai répondu présente et j’ai voté pour vous. Deux fois. En 2017, j’ai fait barrage. En 2022, j’ai fait barrage.

    « Ce vote m’oblige pour les années à venir », avez-vous dit à notre intention, le soir de votre deuxième victoire. L’avez-vous pensé seulement une seconde ? Permettez-moi d’en douter. Car un mois après ce discours, vous commenciez votre travail de sape contre nous. Piétinant une grande partie de vos propres électrices et électeurs, vous aviez choisi votre plan de bataille : renvoyer dos à dos « les extrêmes ». Ainsi, ceux-là mêmes à qui vous promettiez la concorde pour avoir battu l’extrême droite à vos côtés, étaient brutalement mis sur le même pied… que l’extrême droite.

    Ce n’était que le début. La gauche est rapidement devenue votre bouc émissaire, votre ennemie publique numéro 1. Jusqu’à ce que soit commis l’irréparable : deux vice-présidents RN élus à 280 voix. C’est-à-dire avec celles de votre majorité. Pourtant, j’avais fait barrage.

    Depuis près d’un an, avec l’aide de vos ministres et de vos députés, vous avez continué, patiemment, méticuleusement, expulsant de l’arc républicain celles et ceux qui trois fois l’ont forgé. Aujourd’hui, vous criminalisez la moindre de nos contestations. Vous nous accusez de menacer les institutions. Aujourd’hui, vous laissez votre ministre de l’Intérieur parler du « terrorisme intellectuel de l’extrême gauche » pour désigner l’opposition, traiter toute personne issue de la gauche et des écologistes comme un ennemi intérieur potentiel tout en niant la violence d’extrême droite qui sévit dans vos villes et villages, et – ça vient de tomber – menacer le financement de la Ligue des droits de l’Homme parce qu’elle documente l’usage de la force par la police en manifestations. Pourtant j’avais fait barrage.

    Votre trahison, je l’ai ressentie dans ma chair le soir du 17 février dernier, quelques minutes après minuit, alors que les débats portant sur la réforme des retraites venaient de s’achever à la faveur de l’article 47.1, sous les huées de la Nupes. Il se trouve, monsieur le président, que je suis documentariste et que ce jour-là, j’étais avec ma caméra à suivre les débats, installée au Guignol – joli nom désignant un des espaces réservés à la presse, qui raconte le spectacle qu’offrent les tribuns du palais Bourbon. Joli nom. Sale moment.

    Je ne pensais pas qu’un jour je pleurerais de rage dans l’hémicycle en entendant « la Marseillaise ». Je ne pensais pas ce soir-là qu’en tournant mon regard et mon objectif vers le chant qui s’élevait contre la gauche quittant ses bancs, j’allais assister au spectacle de la honte : la majorité présidentielle – ministres, députés, présidente de l’Assemblée nationale – votre majorité dans sa totalité, debout, chantant notre « Marseillaise » à l’unisson avec l’extrême droite. RN et Renaissance, accompagnés de la droite supposée républicaine, main dans la main contre la Nupes, clamant le chant de la République. Puis applaudissant. Comme un seul homme.

    Pourtant j’avais fait barrage.

    Monsieur le président, jusqu’où irez-vous ? Si réellement c’est la France que vous souhaitez protéger, est-ce que vous arrêterez un jour de faire de l’extrême droite votre marchepied ? A ce jeu, vous perdrez. Et nous tous avec vous. Est-ce que c’est là votre projet ?

    Et vous, marcheurs et marcheuses « de gauche », parmi lesquels une partie de ma famille et de mes amis… où êtes-vous, exactement ? Vous avec qui j’ai partagé un idéal et des valeurs, vous qui m’avez appelée à la rescousse pour faire front contre front, je vous en conjure : ne vous rendez pas complices par votre silence gêné. J’ai fait barrage. Maintenant c’est à vous.

    Par Coralie Miller
    autrice et documentariste

  • « Quelques proches de Jadot et de l’aile très droitières d’#EELV, comme Hélène Flautre ou Agnès Langevine (proche de #Delga), après avoir lamentablement échoué aux présidentielles sur leur ligne, font une tribune pour tacler FI et revenir à un libéralisme inavoué. »
    https://www.nouvelobs.com/opinions/20230306.OBS70389/pour-construire-l-alternance-a-gauche-sortons-du-leadership-insoumis.html


    On a le signataire Mickaël Marie qui s’est allié aux municipales de 2019 à Mondeville avec Hélène Burgat, soutien de la première heure de Emmanuel Macron et signatrice du manifeste de Cazeneuve en 2022.

    Andrée Buchmann, qui a quitté EELV en 2015 avec De Rugy et Pompiili pour fonder Écologistes, pour la loi El Khomri (puis macronisme), dont elle devient la secrétaire nationale Elle essaye de se placer aux sénatoriales avec le soutien d’EELV Alain Golea aussi issu de ce parti.

    « Le plus beau succès des écologistes, C’est bien l’élection de François De Rugy comme président de l’assemblée. Je suis ravie . » C’est signé Françoise Diehlmann en 2018. De Rugy est un succès écologiste à l’image de cette tribune Appelait Hamon à discuter avec Macron en 2017.

    Patrick Franjou, qui n’a cessé de défendre Pompiili, De Rugy, Baupin et Emmanuelle Cosse sous Hollande, critiqué à EELV pour leur soutien au néolibéralisme d’Hollande et maintien au gouvernement de Valls Saluait le bilan Renzi, qui a eu le courage de « réformer », obsédé par l’islam.

    Mireille Alphonse, Thierry Brochot, Yannick Brohard, Anna Maillard, Jacqueline Markovic, Gil Mettai, soutiens de Jadot lors des primaires d’EELV. Agnès Langevine, qui a préféré soutenir sa très proche Delga, dont elle est vice-présidente, que son propre parti aux régionales.

    François Thomazeau, soutiens de #Jadot lors des primaires d’EELV, Thierry Salomon, en plus c’est un proche de Delga. Ou Adrien Saumier, lui qui défend ouvertement le mandat d’Hollande Ou Petelet-Valero qui disait en 2021 avec indignation « Jadot à 5% ?! », ce ne fut même pas 5%...

    Jean de Beir, autre soutien de Jadot, qui signait une tribune en 2021, qui disait : « Yannick Jadot est capable de réussir une forme plus ou moins aboutie de l’union de la gauche autour de lui ». Si déjà il avait su réunir son parti, avec des départs à foison...

    Cette tribune contre LFI compte la droite d’EELV qui a quitté ce parti, après le départ de Cecile Duflot, rejoignant Pompiili De Rugy, la ligne Jadot, proches de Delga/Cazeneuve Au Congrès EELV, ces gens ne représentaient rien, souvent ex-EELV, et la ligne Jadot a été anéantie. Ces signataires représentent les déçus du #jadoisme, largement rejetés aux présidentielles, puis au Congrès EELV, et les zombies des départs de 2015 d’EELV, à la recherche de postes, en plein mouvement de #grevedu7mars et #ReformedesRetraite . Est-ce cela l’alternance à gauche ?
    https://twitter.com/Antoine_Herm/status/1633175146780323843?cxt=HHwWhsCz_ZOJmqotAAAA
    #nupes

    #arrivistes #ToutSaufDeGauche