• Climat : les 1% les plus riches polluent plus que 5 milliards d’êtres humains – le rapport accablant d’OXFAM
    (publié en 2023, ici pour archivage)

    Les chiffres de l’étude d’Oxfam « Égalité climatique : une planète pour les 99% » sont implacables. Que ce soit les particuliers, les entreprises ou à l’échelle des pays, la conclusion est toujours la même : les principaux destructeurs de notre monde se trouvent en haut de la pyramide des revenus. Le constat est accablant : les 1% les plus riches émettent plus de #CO2 que les deux tiers les plus pauvres de la population mondiale, soit 5 milliards de personnes.

    Les riches polluent, les pauvres en paient le prix. En dépit de trente ans d’alertes des conférences internationales et des rapports scientifiques, les politiques économiques hégémoniques se suivent et se ressemblent pendant que l’effondrement climatique s’accélère. Notre article.

    Climat : le capitalisme récompense les fossoyeurs de l’humanité

    Le constat est aussi clair que le ciel sans nuages à Dubaï : les 1% les plus riches émettent plus de CO2 que les deux tiers les plus pauvres de la population mondiale, soit 5 milliards de personnes. Et pendant que les ultra riches se préparent des bunkers climatisés en Nouvelle-Zélande, les plus pauvres essuient les conséquences dévastatrices du dérèglement climatique.

    Les chiffres du rapport d’Oxfam font voler en éclat les prétentions au pragmatisme des éditorialistes payés grassement par les milliardaires. Plus on se rapproche du sommet de la pyramide, plus le sommet de l’injustice perce de nouveaux plafonds. Les 0,1% les plus fortunés, une poignée de 770 000 individus, recrachent plus de CO2 que 38% de la population mondiale. Si cela ne vous donne pas de haut-le-cœur, vous n’avez probablement pas de pouls.

    En France, les révélations d’Oxfam sont tout aussi choquantes. Chaque personne appartenant à la clique des 1% les plus riches déverse autant de CO2 en un an qu’une personne au sein des 50% les plus pauvres n’en émettra en dix ans. Les 1% les plus riches, produisent en moyenne dix fois plus de CO2 par an que la moitié la plus démunie. Les 10% les plus riches sont responsables d’un quart des émissions de la France.
    Pour donner une chance de survie au 99%, il y a urgence à désarmer les 1%

    Les mesures proposées par Oxfam résonnent fortement avec celles présentées dans l’Avenir en Commun, le programme porté par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle 2022 : Un impôt sur la fortune climatique, une taxe sur les dividendes pour les entreprises irrespectueuses de l’Accord de Paris, la fin des avantages fiscaux néfastes pour le climat, un conditionnement strict des financements publics aux objectifs climatiques, et une trajectoire contraignante de réduction des émissions pour les multinationales.

    Face à l’urgence, des solutions radicales s’imposent. Jusqu’au GIEC, le consensus scientifique est désormais à un programme pré-révolutionnaire. C’est pourquoi les médias du système ne parlent jamais des solutions. Quand ils finissent par parler climat, ils se cantonnent à du spectaculaire, souvent à côté de la réalité, parce qu’ils refusent par dessus tout de pointer les véritables responsables de la catastrophe.

    Pour aller plus loin : Climat : pourquoi les médias ne vous parlent jamais des solutions ?

    Et c’est pourquoi Oxfam a placé tout en haut le programme de Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle 2022. C’est le seul qui propose une rupture avec le dogme économique néolibérale dans tous les aspects.

    https://linsoumission.fr/2023/11/20/climat-riches-polluent-oxfam
    #pollution #riches #pauvres #statistiques #chiffres #rapport #oxfam #climat #changement_climatique #responsabilité

    voir aussi :
    Les 10% les plus riches sont responsables de plus de la moitié des émissions de CO2
    https://seenthis.net/messages/877228

    Le rapport de #oxfam déjà signalé ici par @socialisme_libertaire et @biggrizzly :


    https://seenthis.net/messages/1027600
    https://seenthis.net/messages/1027540

    • 50 milliardaires polluent plus que 1,3 milliard de personnes

      L’ONG Oxfam a calculé le bilan carbone moyen des cinquante personnes les plus riches du monde et le résultat, publié le 28 octobre, est spectaculaire : un ultrariche émet 7 746 tonnes de CO2e par an rien qu’avec sa consommation de jets et yachts, contre 9 tonnes annuelles pour un Français moyen.

      Dans le détail, les vingt-trois milliardaires dont Oxfam a pu répertorier les données de vols en jets privés ont effectué 184 trajets en moyenne en 2023, pour une distance équivalente à dix fois le tour du monde. Elon Musk, qui détient au moins deux jets privés, est responsable en un an de l’équivalent de 834 années d’émissions d’une personne moyenne dans le monde.

      L’ONG a fait une seconde série de calculs en considérant, cette fois, les conséquences des investissements de ces milliardaires dans des entreprises émettrices de CO2. Selon ses résultats, les cinquante personnes les plus riches du monde polluent plus que 1,3 milliard de personnes, compte tenu de leur patrimoine financier. « Si les ultrariches ont un rôle disproportionné dans la crise climatique, ce sont aussi eux qui ont le pouvoir d’agir », conclut Oxfam, qui pousse pour l’instauration d’un impôt sur la fortune climatique, d’une taxe sur les dividendes et de taxes sur les activités polluantes.

      https://reporterre.net/50-milliardaires-polluent-plus-que-1-3-milliard-de-personnes

    • Les inégalités carbone tuent

      Oxfam publie une nouvelle étude inédite à l’approche de la COP29, qui se tiendra à Bakou du 11 au 22 novembre prochain. En calculant pour la première fois les émissions des jets privés, yachts et investissements polluants des milliardaires, l’étude d’Oxfam démontre comment les super-riches alimentent abondamment les inégalités climatiques mondiales.

      Ainsi, si tout le monde avait le même mode de consommation que le milliardaire moyen de l’étude d’Oxfam, le budget carbone mondial (la quantité de CO2e qui peut encore être ajoutée à l’atmosphère sans que les températures mondiales n’augmentent de plus de 1,5°C) serait épuisé en moins de deux jours.

      Inégalités climatiques : les chiffres-clés

      - Les 50 milliardaires les plus riches du monde polluent plus que 1,3 milliard de personnes dans le monde, uniquement via leur patrimoine financier.
      - Le budget carbone mondial serait épuisé en seulement 2 jours si toute la population consommait comme les 50 personnes les plus riches du monde.
      - En moyenne, un milliardaire parmi les 50 personnes les plus riches du monde, émet 7 746 tonnes de CO2e par an rien qu’avec sa consommation de jets et yachts. En comparaison, une personne parmi les 50 % les plus pauvres de l’humanité émet 1,01 tonne de CO2e par an (via sa consommation).
      - Bernard Arnault émet 1 200 fois plus d’émissions de CO2 qu’un⸱e Français⸱e moyen⸱ne.
      - L’empreinte carbone de consommation d’Elon Musk (5 947 tonnes CO2e) équivaut à 834 années d’émissions pour une personne moyenne dans le monde, ou à 5 437 années pour une personne faisant partie des 50 % les plus pauvres de la planète.

      Entre investissements polluants, jets et yachts, les émissions démesurées des milliardaires mondiaux

      Alors que les impacts du changement climatique s’accélèrent partout dans le monde, les émissions des super-riches continuent d’atteindre des sommets. L’étude d’Oxfam révèle ainsi que le budget carbone mondial serait épuisé en seulement 2 jours si toute la population consommait comme les 50 personnes les plus riches du monde.

      Les ultra-riches polluent non seulement via leur consommation (jets privés, yatchs…) mais aussi via leur patrimoine financier. Au-delà de leur train de vie, c’est en effet leurs investissements dans des entreprises fortement émettrices qui représentent le poste le plus important de l’empreinte carbone totale de ces ultra-riches. Selon le rapport d’Oxfam, les 50 personnes les plus riches du monde émettent plus de CO2e que 1,3 milliard de personnes sur terre, via leur patrimoine financier.

      En France, le milliardaire Bernard Arnault a une empreinte carbone liée à son patrimoine financier 200 000 fois plus élevée que celle d’un Français⸱e moyen⸱ne ! Autrement dit, Bernard Arnault émet autant de CO2e en 200 minutes (3h20) qu’un Français durant toute sa vie, via le patrimoine financier.

      Si les ultra-riches ont un rôle disproportionné dans la crise climatique, ce sont aussi eux qui ont le pouvoir de réduire leurs émissions et d’agir pour lutter contre ces conséquences dramatiques.

      https://www.oxfamfrance.org/rapports/les-inegalites-carbone-tuent
      #rapport

  • THE OLD OAK DE KEN LOACH – La solidarité des exploités
    https://linsoumission.fr/2023/10/27/ken-loach-old-oak

    Ken Loach. L’Insoumission.fr publie un nouvel article de sa rubrique « Nos murs ont des oreilles – Arts et mouvement des idées ». Son but est de porter attention à la place de l’imaginaire et de son influence en politique avec l’idée que se relier aux artistes et aux intellectuels est un atout pour penser le présent et regarder le futur.

    L’histoire se déroule en 2016, 30 ans après la révolution libérale de Margaret Thatcher, celle là même qui cassa l’immense grève déclenchée en 1984 par le syndicat des mines, en les brimant, réprimant, et les qualifiant d’ « ennemis de l’intérieur ». Trente ans après « There is no alternative« , qui enfantera Reagan et Macron, l’histoire raconte le lien qui se noue entre une jeune réfugiée de 20 ans et le patron d’un bar rafraîchi.

    C’est l’histoire d’une solidarité concrète, immense, porteuse d’espoir entre ceux que les puissants aimeraient se voir s’entretuer plutôt que s’entraider. Une œuvre politique et universelle qui parle de la puissance du collectif et de la solidarité.

    « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux . » dit le renard au Petit prince de Saint-Exupéry. Il parait que Ken Loach, le réalisateur de The old oak, perd la vue. On ne doute pas que son cœur ne lui manquera jamais pour faire des films et regarder le monde. Et, après tout, Claude Monet a peint les Nympheas au bord de la cécité, Evgen Bavcar, photographe franco-slovène, est devenu aveugle enfant, Beethoven était sourd en composant sa 9e symphonie. Comme le rappeur Sean Forbes.

    Ken Loach, dans The old Oak, raconte quelques mois de l’histoire d’un village du nord de l’Angleterre, en 2016. Suite au relogement de réfugiés syriens.

    La date et le lieu de l’action ne sont pas innocents. 2016, c’est 30 ans après la fermeture des mines et la grande grève déclenchée en 1984 par le syndicat minier contre Margaret Thatcher. Une génération. Les mineurs grévistes sont presque tous morts. Avant la retraite. Comme, à 57 ans, le père du tenancier du pub « The old oak », personnage principal du film. Les acteurs villageois sont presque tous leurs enfants et petits enfants. Enfermés par la crise dans leur village sinistré.

    (...) L’Angleterre et la calabre

    Ken Loach est un artiste anticapitaliste. Et d’engagement. Au sens où l’historien Howard Zinn le définit dans la préface de son Histoire populaire des Etats-Unis. « L’histoire de n’importe quel pays, présentée comme une histoire de famille, dissimule les plus âpres conflits d’intérêts (qui parfois éclatent au grand jour et sont le plus souvent réprimés) entre les conquérants et les populations soumises, les maîtres et les esclaves, les capitalistes et les travailleurs, les dominants et les dominés, qu’ils le soient pour des raisons de race ou de sexe. Dans un monde aussi conflictuel, où victimes et bourreaux s’affrontent, il est du devoir des intellectuels de ne pas se ranger aux côtés des bourreaux.« 

    Certains reprochent à Ken Loach une fiction utopique. La réalité rejoint la fiction. Et inversement. Le village du Old oaks ressemble à Riace. Riace, en Calabre se désertifiait suite à l’exil vers le nord italien et l’Europe de ses jeunes. L’hospitalité des réfugiés échoués sur ses côtes n’a pas seulement été un geste d’humanité mais efficace pour regagner une vie collective. Les réfugiés ont été logés dans les maisons vides réhabilitées.

    L’école, des services publics, des commerces ont réouverts. Contre la N’dranghetta, la maffia calabraise qui exploités les émigrés sans papiers et sans droits pour ramasser les olives des grands propriétaires. Contre les gouvernements italiens et particulièrement Matteo Salvini qui avait obtenu le bannissement du maire, Mimmo Lucano, et sa condamnation à 13 ans de prison pour délit de solidarité. Le mois dernier, en appel, après deux ans de combats, Mimmo est ressorti libre.

    Plusieurs films ont été réalisés sur Riace. Par Wim Wenders. Et d’autres cinéastes et documentalistes. Parmi eux, Un paese di Calabria de Shu Aiello et Catherine Catella. La dernière scène de la fiction de Ken Loach – visible dans la bande annonce – ressemble comme une jumelle à celle au cœur du documentaire. Sauf qu’en Angleterre les ballons et les bannières syndicales sont ressorties prenant la place des saints calabrais. Chez Shu aiello et Catherine Catella comme chez Ken Loach c’est tout un peuple qui se rassemble et qui éprouve à nouveau sa force pour devoir transformer le monde.

    Le cinéma de Ken Loach croit au pouvoir d’un film de changer le cours des choses. Ça fait du bien. Et nous savons tous que cela ne suffira pas si on ne s’y met pas aussi.

    • Riace resiste e chiede giustizia per Lucano

      Battuta dal vento Riace aspetta sulla collina. Un piccolo borgo immerso nella Locride calabrese che ha conquistato l’attenzione del mondo intero per ben due volte negli ultimi cinquant’anni, a vederlo oggi sembra davvero che dorma impassibile di fronte alla storia e in attesa di un destino già scritto. Come tanti altri borghi su queste stesse colline, come potrebbe dirsi di tanti altri luoghi delle cosiddette aree interne, Riace sa che in questo modello di sviluppo non ha futuro. Lo avrà forse la Marina del paese, che ambisce a trovare il suo posto almeno per qualche mese l’anno nell’industria del turismo. Qualche anziano nei bar, poche luci accese nel paese. Rimangono aperte le botteghe di un altro mondo possibile, il vasaio di Kabul, le sarte, gli artisti, e attendono, anche se non ci sono passeggiatori pronti a entrare. Un sonno inquieto dove non c’è pace e rassegnazione mista a rabbia si contendono il campo. Il 20 settembre Domenico Lucano, detto Mimmo, detto Mimì Capatosta, tornerà sul banco degli imputati per essere nuovamente giudicato sulla sua condotta da sindaco prima che una piccola restaurazione tornasse a conquistare questo piccolo borgo che ha tentato la rivoluzione. In questa estate torrida un mese di eventi e incontri ha animato il Villaggio globale di Riace sfidando il senso di sconfitta e la ragionevolezza. Un appuntamento per rinsaldare alleanze e rilanciare.

      (#paywall)
      https://left.it/2023/09/07/riace-resiste-e-chiede-giustizia-per-lucano-left

    • Scandale – Procès politique : Mimmo Lucano, jugé pour avoir accueilli des migrants

      Migrants. Au moment où Lampedusa reflète à la fois le durcissement de la politique migratoire de l’Europe et l’urgence de construire des réponses aux guerres, aux dictatures, à l’exploitation capitaliste, au dérèglement climatique qui conduisent à l’exode, qu’est-ce qui peut bien valoir 13 ans de prison aujourd’hui en Italie ? L’hospitalité, ce serait le crime de Domenico Mimmo Lucano, ex-maire de Riace en Calabre. Déjà condamné à 13 ans de prison en septembre 2021 en première instance, son procès en appel se tient ce 20 septembre. Notre article.
      Que reproche-t-on à Mimmo Lucano ?

      En 1998, 200 réfugiés kurdes échouent sur les plages de Riace. Le village, sous l’impulsion du prêtre et de Mimmo Lucano, installe les migrants dans les maisons du village abandonnées du fait de l’exode intérieur calabrais vers le nord de l’Italie ou vers l’Allemagne, voire l’Amérique. Avec l’emprunt contracté auprès d’une banque éthique et l’accord des propriétaires, les maisons du centre-ville sont rénovées. Mimmo Lucano s’engage dans les municipales autour des valeurs d’hospitalité, consubstantielles selon lui de la Calabre, en désignant les réfugiés non pas comme un problème, mais comme la solution à la désertification et à l’appauvrissement de son village. Et ça marche.

      De fait, l’école rouvre ainsi que les petits commerces, des coopératives et des entreprises artisanales, avec la mobilisation citoyenne et l’engagement de l’équipe municipale. Un exemple : le village dans sa partie haute est escarpé et les rues étroites. Le marché du ramassage des ordures ménagères a été attribué à une coopérative de carrioles conduites par des ânes, là où les appels d’offres conduisaient à l’allouer à des entreprises liées à la N’dranghetta, la mafia calabraise, pour une tâche non effectuée. Mimmo est réélu deux fois.

      Il devient regardé dans le monde, cité en exemple par de nombreuses ONGs et par l’ONU, désigné meilleur maire de la planète par ses pairs, de nombreux articles, reportages, films dont un signé par Wim Wenders relatent cette « utopie réalisée ».
      Riace : une zone à mettre en quarantaine pour l’extrême droite italienne

      Dès 2016, les aides économiques du Centre d’accueil extraordinaire sont coupées. En 2018, avec l’arrivée au ministère de l’Intérieur de Matteo Salvini en Italie, les aides du Système de protection pour demandeurs d’asile et réfugiés sont suspendues. Le ministre de l’Intérieur d’extrême droite, venant du parti la Ligue du Nord, le désigne comme un ennemi à abattre. Le 1er octobre 2018, il est arrêté.

      Une décision de justice le bannit de Riace. Le 5 septembre 2019, après 11 mois d’interdiction de séjour dans sa commune, l’ancien maire obtient la révocation de cette décision de justice contre l’avis du procureur, et retourne vivre dans son village après des municipales ayant donné la victoire à la Ligue du Nord. Son procès s’ouvre et en septembre 2021, il est condamné à 13 ans de prison et 500 000 euros d’amendes. Son crime ? Avoir considéré les migrants comme des frères et sœurs en humanité.

      Mimo dit souvent que c’est la réussite et la diffusion de l’exemple de Riace qui a mis le village dans la ligne de mire de la mafia calabraise puis des différents pouvoirs italiens et des néo-fascistes. Au-delà même du point de vue sur la politique migratoire, cette propagation mettait en cause un modèle de pouvoir politique et aussi économique, c’est-à-dire considérer les réfugiés sans-papiers comme de la main d’œuvre bon marché et corvéable pour ramasser les olives.
      L’Italie sous Meloni : la chasse aux migrants

      En Italie, sous Salvini puis Meloni, l’hospitalité est donc punie sous les motifs d’inculpation d’ « escroquerie », « détournement de fonds », » abus de pouvoir », « faux en écriture » et « association de malfaiteurs ». Comme un air des Soulèvements de la Terre qui plaine dans les plaines de Calabre. Autant de supposés délits et infractions attribués au maire, commis dans l’organisation de l’accueil et l’intégration de migrants dans son village de Riace.

      Mimmo Lucano a été condamné en première instance pour avoir favorisé l’immigration illégale et pour détournement de fonds. Il a été aussi condamné pour avoir conclu un contrat avec la coopérative de ramassage des ordures ménagères contre les entreprises mafieuses, décrété la gratuité pour tous – de la demande de certificats municipaux de toutes natures – et la prise en charge municipale du versement de 5 euros à la préfecture. On pourrait ainsi égrener les mille pages du délibéré.

      Le tribunal de Locri, ville siège de la N’dranghetta, reproche au maire d’avoir utilisé les fonds quotidiennement attribués à l’accueil des migrants pour des projets d’intégration à long terme. Plus simple pour le pouvoir italien de financer avec cet argent, des entreprises privées qui bricolent des prisons à migrants. L’ancien maire est aussi condamné pour ne pas avoir respecté les procédures d’attribution des marchés municipaux en favorisant les coopératives locales de migrants et d’habitants de Riace.

      La rumeur parcourt la ville et le tribunal d’une infamante accusation d’association de malfaiteurs. Et d’enrichissement personnel. Un théorème accusatoire auquel manque la pièce maîtresse : l’accusation a été incapable non seulement de démontrer, mais même de repérer quelque forme d’enrichissement personnel ou d’accumulation de patrimoine.

      Au bout de ces deux mandats comme maire à la Mairie de Riace, Mimmo Lucano est resté le même homme, aux revenus modestes et sans patrimoine personnel, qu’il était avant son élection. Et si aucune trace d’enrichissement personnel n’apparaît, la réussite du modèle d’accueil et d’intégration des migrants dans le village de Riace est bien une réalité établie sous les yeux de tous et saluée dans le monde entier. En effet, Mimmo Lucano n’a fait que « tordre » les règles de la bureaucratie pour réussir avec peu un pari contraire au dogme libéral et que d’autres définissent comme utopique.
      Face à l’infâmie, la solidarité s’organise

      Mimmo a plusieurs fois répété que l’exemple est venu de France.

      Le 17 novembre 2021, à l’initiative de deux collectifs citoyens, un meeting de solidarité réunissant 700 personnes se tenait à la Bourse du travail de Paris en présence notamment de Danièle Obono, députée insoumise. Plusieurs villes et villages dont Grabels, Marseille… faisaient du maire de Riace leur citoyen d’honneur.

      Le 21 mars 2022, Jean-Luc Mélenchon signait une lettre adressée au premier ministre Italien Draghi et au président Mattarella dans une coalition de personnalités mondiales dont Ada Colau, maire de Barcelone, Noam Chomsky, linguiste américain, Malin Bjork eurodéputée suédoise, Jeremy Corbyn, député anglais, Yara Hawari, écrivaine palestinienne, Oezlem Demirel députée européenne allemande, Carola Rackete, capitaine de navire en Méditerranée…

      Avec une simple demande : « Abandonnez toutes les charges contre Mimmo Lucano ». Un livre réunissant les contributions inédites de 40 auteurs et 20 graphistes – Terre d’humanité/un chœur pour Mimmo ed Manifestes ! – et le film Un paese di Calabria de Shu Aiello et Catherine Catella servaient d’activeurs à des dizaines de réunions dans des associations, des théâtres, cinémas et librairies.

      Dans un silence médiatique assourdissant.
      Ce 20 septembre, un procès hautement politique

      Aujourd’hui, Mimmo Lucano affronte son procès en appel. Les réquisitions du procureur intervenues en octobre 2022 sont de 10 ans et 5 mois d’emprisonnement. La possibilité de la condamnation de Mimmo est réelle, après l’expérience hospitalière de Riace saluée dans le monde entier, du Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU au Pape. Il serait ainsi « le premier prisonnier politique du gouvernement Meloni-Salvini ». Cela ne peut nous laisser indifférent.

      Mimmo ne se rendra pas à son procès. Autour de quelques amis et soutiens, il tient à profiter encore de sa terre, son village pour ce qui pourrait être ses derniers moments non d’homme libre mais de liberté de mouvement. Il assume la totalité de ses actes et déclare « J’assume d’être sorti de la légalité, mais la légalité et la justice sont deux choses différentes. La légalité est l’instrument du pouvoir et le pouvoir peut être injuste. »

      Il continue la bataille de Riace. Après une interdiction, le moulin à huile d’olive « free N’dranghetta » a été remis en circuit ainsi que des parcelles agricoles. L’association Citta futura réfléchit à comment reprendre le contrôle des maisons, certains propriétaires reprenant la jouissance de leurs biens abandonnés mais restaurés grâce à l’argent public et aux dons, avec l’accord du nouveau maire de la Ligue du nord, pour les louer via AIRbnB. La côte napolitaine étant saturée, les bétonneurs, spéculateurs et autres mafieux visent la Calabre.

      Pendant que des politiques français, de Darmanin à Le Pen pérorent en Italie et y prônent la chasse aux réfugiés comme ils font la chasse aux pauvres en France, de nombreux militants tentent de donner de la visibilité à ce procès. Très vite, on parlera de lui de nouveau à l’occasion de la publication du verdict fin septembre, soit pour fêter sa liberté et reprendre le cours de l’expérience de Riace, soit pour continuer le combat pour Mimmo. Pour un autre monde, fondé sur l’hospitalité et la fraternité.

      Laurent Klajnbaum
      Mise à jour de la rédaction du 20 septembre 2023, 14h07 : à la demande du procureur, la dernière audience du procès de Mimmo a été reportée au 11 octobre.

      https://linsoumission.fr/2023/09/20/scandale-mimmo-migrants

    • Processano Riace, vogliono altre carceri per innocenti

      Processano Riace e Mimmo Lucano, criminalizzano la buona accoglienza e la solidarietà. E puntano tutto su respingimenti, “guerra ai trafficanti” e nuovi e altri centri di detenzione. Il fatto è che il business non è l’accoglienza, come si affanna a strombazzare la destra peggiore. Il business sono i rimpatri e la detenzione.

      di Tiziana Barillà

      Sì, Italia e Unione Europea investono fior di miliardi per spostare oltre le frontiere la loro ferocia, con accordi consolidati come quelli con Libia e Turchia, e nuovi come quello con la Tunisia. Ma i lager e le carceri per innocenti non sono un’esclusiva della Libia, della Turchia o dei paesi terzi a cui appaltiamo la barbarie.

      Le prigioni per innocenti ci sono anche in Italia, e adesso vogliono farne altre 12.

      Torino, Milano, Bari, Brindisi, Macomer, Gradisca d’Isonzo, Roma, Caltanissetta, Palazzo San Gervasio e Trapani. In Italia ci sono 10 Centri di Permanenza per il Rimpatrio: carceri per innocenti dove – attraverso la misura di detenzione amministrativa – vengono trattenute centinaia di persone che hanno l’unica colpa di essere arrivati qui in cerca di un rifugio.

      Non hanno commesso nessun reato – se non quello di attraversare i confini senza documenti – ma vengono privati della libertà e rinchiusi in vere e proprie prigioni, in attesa di essere rimpatriati nei loro Paesi di origine.

      Centri gestiti da privati che sono un vero e proprio fulcro di affari per le multinazionali che gestiscono la detenzione dei migranti: quasi sempre multinazionali che si occupano di carceri.

      Eh sì, è questo il business. A farsi carico della loro gestione non è lo Stato ma cooperative o multinazionali, che hanno trovato nella detenzione amministrativa un business niente male: 44 milioni di euro nel triennio 2018-2021 per gestire circa 400 detenuti, le strutture e il personale di sorveglianza.

      E nel triennio 2021-2023 sono previsti 56 milioni di euro.

      Queste prigioni per innocenti – oltre a essere inaccettabili – non rispettano nemmeno gli standard minimi europei del comitato per la prevenzione della tortura.

      Stanze sovraffollate in condivisione con le blatte, finestre senza vetri, materassi ammuffiti, bagni senza porte

      Niente psicologo, niente mediatori, niente personale sanitario

      I governi, italiano ed europeo, consentono e alimentano il profitto sulla pelle di detenuti innocenti, sacrificano centinaia di vite umane sull’altare del capitalismo criminale e questo mentre chiudono e rendono impossibile la vita ai progetti di buona accoglienza e criminalizzano il suo simbolo, la Riace di Mimmo Lucano

      L’alternativa a questo schifo la conosciamo già: è il modello Riace. Quello infamato e assediato con ogni mezzo: mediatico, politico, giudiziario. Quello che da due anni toglie il sonno a Mimmo Lucano, in attesa di una sentenza che tarda ad arrivare.

      ps. l’udienza per conoscere la sentenza di appello nel processo Xenia – che vede coinvolti Lucano e altri 17 imputati – è stata fissata per l’11 ottobre 2023, alla Corte d’appello di Reggio Calabria.

      https://www.osservatoriorepressione.info/processano-riace-vogliono-carceri-innocenti

    • Che cosa succede al processo contro Mimmo Lucano? Al processo d’appello, la parola alla difesa

      Salvo sorprese, questo dovrebbe essere il mio ultimo report dalle udienze del processo su Riace e Lucano in corso presso la Corte d’Appello di Reggio Calabria. Il 20 settembre si è tenuta l’ultima udienza, dedicata alla difesa dell’ex-sindaco di Riace: gli avvocati difensori, Giuliano Pisapia e Andrea Daqua, che da anni lo difendono a titolo gratuito, hanno illustrato le loro valutazioni critiche della sentenza di primo grado emessa dal Tribunale di Locri ormai quasi due anni fa. Al prossimo appuntamento, fissato per l’11 ottobre, si aprirà la Camera di Consiglio per definire la sentenza di secondo grado.

      Con le parole dei difensori di Lucano è riapparso come per incanto il dibattimento. Quel dibattimento che la sentenza di Locri aveva ignorato, tutta schiacciata com’era sulle argomentazioni dell’accusa, al punto da non tener in nessun conto le vicissitudini che avevano subìto nel corso della discussione processuale. La logica della prova, della sua debolezza o della sua mancanza, vibrava di nuovo nell’aria, dopo che quella sentenza l’aveva relegata a indizio, supposizione, pre-giudizio, se non addirittura a gratuiti voli pindarici su intenzioni passate e future.

      Giuliano Pisapia ha voluto mettere a fuoco la figura di Lucano, perché in un processo penale, ha detto, l’elemento soggettivo è fondamentale: vi si giudica una persona, non solo degli atti. E lo ha fatto partendo dalla lettura di una sua lettera ai giudici. “Come tutti gli esseri umani posso aver commesso degli errori, ma ho sempre agito con l’obiettivo e la volontà di aiutare i più deboli e di contribuire all’accoglienza e all’integrazione di bambini, donne e uomini che fuggivano dalla fame, dalla guerra, dalle torture”. Lucano racconta di aver vissuto anni di grande amarezza non solo e non tanto per la limitazione della libertà personale, quanto per l’ingiusta campagna di denigrazione che si è abbattuta su di lui e sull’esperienza di Riace. Per questo ha continuato a dedicarsi, da privato cittadino, alla riapertura e alla gestione del Villaggio Globale di Riace che continua a ospitare persone con fragilità. “Non si è interrotta, dunque, quella che considero la missione della mia vita, a prescindere da incarichi pubblici e finanziamenti statali. Altro che associazione a delinquere!”.

      Ecco, dice Pisapia, “io non parlo di un santo. Mi interessa chi è colui che oggi è imputato e al momento ha una sentenza con una condanna esorbitante”. La sentenza di primo grado ha volutamente disconosciuto i valori che hanno ispirato tutta la sua azione pubblica e il carattere ideale di questa sua missione. A questo servono i giudizi morali, le derisioni, i veri e propri insulti che infarciscono la sentenza e che hanno scandalizzato tanti giuristi che vi hanno visto la negazione dell’imparzialità del giudice. Eppure costituiscono un pezzo importante della sentenza: la denigrazione di Lucano fa parte di una strategia di sospetto nei confronti di chiunque agisca in nome di valori, osserva Luigi Ferrajoli, perché dietro non può che esserci un secondo fine, una ricerca di vantaggi personali. Così anche per Lucano si è sostenuto che inseguisse un vantaggio economico. Dalla lettura degli atti processuali, però, risulta che non aveva un soldo sul proprio conto corrente, che ha messo tutto a disposizione degli altri, perfino i premi che ha ricevuto, che vive in condizioni di povertà. “Falcone diceva di seguire i soldi. Vi prego, seguite i soldi di Lucano, non li troverete”.

      Allora, di fronte all’impossibilità di provare il vantaggio economico, si è preteso che Lucano abbia agito per vantaggi politici, per creare un sistema clientelare che gli garantisse una lunga carriera politica. Ma come si fa a dire che ha fatto quello che ha fatto per motivi politici se, come tutti sanno, ha ostinatamente rifiutato di candidarsi per un posto praticamente assicurato al Parlamento Europeo? “Questo dovrebbe già chiudere il processo”, osserva Pisapia, perché manca il dolo e manca la consapevolezza e la volontà di perseguire un vantaggio personale – due fattori essenziali per stabilire un reato penale.

      Lucano è una persona che ha sempre avuto come priorità il bene altrui. Come aveva detto Monsignor Bregantini al Tribunale di Locri, è qualcuno che ha anticipato lo spirito dell’Enciclica “Fratelli tutti” di Papa Francesco. Certo, anche chi agisce a fin di bene può arrivare a violare norme, ma questo comporta dei rilievi che vanno chiariti, non rinnega certo la finalità virtuosa dell’azione. Se il sistema di accoglienza a Riace era cresciuto in modo esponenziale, vuol dire che Riace si era messa a disposizione di istituzioni in difficoltà nell’affrontare un problema nazionale. Negare il valore di questo contributo, trasformare l’accoglienza a Riace in un’azione criminale di accaparramento, insinuare che la povertà di Lucano sia un’astuta menzogna, sono modalità proprie di quello che Ferrajoli ha indicato come il processo offensivo, dove il giudice si considera nemico del reo, non cerca prove certe, ma solo conferme di una colpevolezza presunta.

      Dopodiché Pisapia è entrato brevemente nella discussione di alcuni capi d’imputazione, in particolare quelli che riguardano i cosiddetti “lungo permanenti”, le verifiche su rendicontazioni e documentazione da parte delle associazioni, una carta d’identità considerata falsa. Su nessuno di questi capi d’imputazione, ha detto, il dibattimento ha provato in modo certo la responsabilità di Lucano; per questo ne ha chiesto l’assoluzione.

      Si è rivolto direttamente ai giudici: “La vostra sentenza sarà importante perché, specialmente in questo periodo in cui la situazione dei migranti è particolarmente difficile e complicata, avere tante Riace aiuterebbe a risolvere tanti problemi e a evitare situazioni drammatiche che un Paese come il nostro non dovrebbe guardare da lontano, ma dovrebbe essere capace di affrontare”. E ha concluso con una chiosa, evidentemente riferita alla sua esperienza di avvocato e di politico. “Quando la politica entra nelle aule di giustizia, la giustizia scappa inorridita dalla finestra. Per me è qualcosa di insuperabile: un conto è la giustizia e un conto è la politica. Devono avere ognuno i propri ruoli e non devono entrare nei ruoli altrui”.

      A questo punto ha preso la parola l’avvocato Andrea Daqua, per esaminare nel dettaglio i capi d’imputazione su cui la sentenza di primo grado ha costruito la condanna di Lucano a più di tredici anni di reclusione. Per mostrarne debolezze e contraddizioni, è ripartito dalle anomalie delle relazioni su Riace: dalla prima relazione prefettizia fortemente negativa, finita in mano a Il Giornale ancor prima di arrivare al sindaco; alla seconda relazione della Prefettura, sollecitata dallo stesso Lucano, che esprimeva un giudizio positivo dell’accoglienza, che però il Prefetto secretò per circa un anno. Fino all’ispezione congiunta di Prefettura e Sprar, affidata a Sergio Troilo e Enza Papa, con l’obiettivo di svalutare Riace e che portò all’improvvisa chiusura dello Sprar. Il ricorso di Lucano contro quella misura fu accolto, fino alla conferma definitiva da parte del Consiglio di Stato, che definì Riace un “modello encomiabile” e stabilì che lo Sprar doveva essere riaperto. Intanto però era stato chiuso.

      Daqua descrive la sentenza di primo grado come il punto di arrivo di un’indagine unidirezionale che, invece di accertare i fatti, ha eliminato ogni elemento in contrasto con l’impianto accusatorio precostituito da quelle ispezioni. Ne è prova quell’intercettazione a discarico che il tribunale di Locri si era rifiutato di prendere in considerazione e che i giudici d’appello hanno ammesso riaprendo l’istruttoria. In quell’intercettazione, l’ispettore Del Giglio rivelava a Lucano che “lo Stato non vuole il racconto della realtà di Riace [perché] l’obiettivo integrazione è soltanto una parola buttata là” e confessava di ritenere personalmente che “Riace, al di là delle disfunzioni eventuali o delle anomalie amministrative, quindi della burocrazia, abbia realizzato una realtà evidentemente ancora unica sul territorio nazionale. Dovete difenderla”.

      Così, il Tribunale di Locri si è appiattito sull’accusa, ha stravolto i fatti, ignorato la documentazione prodotta dalla difesa e i contributi dei suoi consulenti, travisato il contenuto di testimonianze, distorto il contenuto delle intercettazioni, fino ad assumere un linguaggio che trasuda un fumus denigratorio fuorviante. Daqua ha portato molti esempi per denunciare l’uso distorto delle intercettazioni, realizzato in modo chirurgico e tendenzioso. Frasi inesistenti inserite, errori di trascrizione che cambiano il senso delle parole, interpretazioni stravolte per confermare convinzioni precostituite.

      Esemplare il caso dell’intercettazione ambientale del 10/07/2017 in cui Lucano e Capone parlano del frantoio; il tribunale mette in evidenza il ruolo di Lucano nell’indicare “le false dichiarazioni che avrebbero dovuto rendere concordemente in merito a quelle spese effettuate”, e questo grazie alla frase “E’ per i rifugiati, gli devi dire”. Peccato che le parole “gli devi dire” non esistono nella registrazione audio, compaiono, sì, nella trascrizione della polizia giudiziaria che l’accusa aveva usato nel dibattimento, ma non ci sono nella trascrizione ufficiale fatta dal perito del tribunale. Questo rivela qualcosa di molto grave: l’appiattimento del giudice sulle argomentazioni dell’accusa, fino al punto di contraddire il tribunale stesso e di perdere la sua terzietà.

      Grave anche perché proprio questa intercettazione svolge nella sentenza di Locri un ruolo chiave: secondo il tribunale Lucano, non sapendo ancora di essere indagato, starebbe qui costruendo le false dichiarazioni da diffondere a proposito del frantoio, rivelando così che in realtà da quell’acquisto si aspettava un ritorno economico. Questa interpretazione distorta diventa uno spartiacque: perché per dare valore probatorio a questi elementi, la sentenza esclude tutte quelle intercettazioni da cui si desume invece che il frantoio va effettivamente a vantaggio dei rifugiati considerandole artefatte in quanto, essendo successive a quella data, ormai l’indagine era nota. Quell’intercettazione sarebbe insomma la prova della torsione della verità che Lucano avrebbe astutamente architettato… e non una ricostruzione preordinata che esiste solo nella mente del tribunale.

      In realtà, continua Daqua, il frantoio rappresenta un’attività conforme agli obiettivi e allo spirito dello Sprar, che promuove progetti speciali per l’integrazione e non c’è nessuna prova che si tratti di un’appropriazione privata. Il frantoio è al cuore dell’accusa di distrazione di fondi pubblici, ma il reato di distrazione richiede un uso improprio delle somme distratte e non c’è prova di uso improprio del frantoio. Come non c’è del resto per le altre case che pure rientrano nell’accura di peculato, di cui anzi la difesa ha fornito precisa documentazione, dimostrando che sono state usate per l’accoglienza dei migranti. D’altronde, tutti i fondi che arrivavano ai progetti di Riace confluivano in un unico conto corrente – pubblici, privati, anche rimborsi di progetti precedenti. Siccome il tribunale ha fatto i suoi accertamenti a livello di cassa, era difficile riuscire a distinguere analiticamente quali fondi venivano di volta in volta spesi. E’ stato questo il contributo della consulente Madaffari, che aveva portato il libro mastro contabile del Comune di Riace, dove invece risultava anche la fonte, ma il tribunale ha ignorato del tutto le consulenze prodotte dalla difesa.

      Quanto all’imputazione più grave, l’associazione a delinquere, di cui Lucano sarebbe il capo indiscusso, Daqua riprende dal dibattimento le testimonianze prodotte dalla stessa accusa che escludono il reato associativo. Più volte il Presidente Accurso aveva chiesto al colonnello Sportelli di precisare se c’era in gioco un rapporto collettivo, dei legami di concertazione, una consapevolezza di questi legami; sempre Sportelli aveva risposto negativamente. Enza Papa aveva dichiarato che gli uffici dello Sprar erano messi in difficoltà dalla frammentazione del sistema Riace, con tutte quelle associazioni che non comunicavano fra di loro, ognuna andava per conto proprio, non c’era organizzazione. Non ci sono insomma i presupposti per il reato associativo. Ma il tribunale ricorre come al solito ad un’intercettazione in cui si parla della necessità di coordinarsi e la porta come prova di quel legame, che gli stessi testimoni dell’accusa negano; peccato che il coordinamento di cui si sta parlando sia un coordinamento di tipo funzionale. Un’altra forzatura intollerabile.

      In conclusione, Daqua dichiara che si tratta di una “sentenza ingiusta ed errata per tutti i capi di imputazione”. Per questo, come Pisapia, chiede l’assoluzione di Lucano da tutti i reati a lui ascritti dalla sentenza di primo grado. E incalza i giudici: “Voi avete la possibilità di correggere un macroscopico errore”. Lo faranno?

      https://www.pressenza.com/it/2023/09/che-cosa-succede-al-processo-contro-mimmo-lucano-al-processo-dappello-la-

  • Emmanuel Macron punit les artistes du Niger, du Mali et du Burkina Faso et déclenche la colère des peuples

    Macron. Mercredi 13 septembre, les programmateurs et les dirigeants de salles de spectacles ont reçu un courrier peu commun. Le ministère de l’Europe et des affaires étrangères les a sommé de suspendre « toute coopération » avec les artistes du Niger, du Mali et du Burkina Faso. Le mot ressemblait plus à un ordre de l’Inquisition qu’à une correspondance officielle. L’ordre a été donné de : « suspendre, jusqu’à nouvel ordre, toute coopération avec les pays suivants : Mali, Niger, Burkina Faso ». Suspendre les liens, couper les coopérations, suspendre les visas des artistes de ces trois pays, voilà la feuille de route démentielle d’Emmanuel Macron.

    Du jamais vu. La raison ? Le monarque présidentiel décide de faire des artistes une variable d’ajustement dans les tensions géopolitiques que lui-même provoque. Non content d’avoir semé chaos, tueries et expéditions militaires, le va t-en guerre présidentiel s’en prend désormais aux artistes de ces pays. Pour lui, ils ne sont que des flux à gérer et des soldats à mettre au pas. Une situation internationale le gêne ? Hop, le monarque présidentiel sanctionne les artistes et les créateurs, pourtant souvent les premières victimes des conflits. Toujours en parfaite hypocrisie puisque jusqu’ici aucune « crise » internationale n’avait débouché sur une telle décision. Va-t-il interdire de territoire des sportifs russes, ukrainiens ou biélorusses ? L’hypocrisie est totale.

    Rien d’étonnant pour le monarque isolé et sans une once de légitimité dont l’objectif suprême est de museler toutes les oppositions. L’activité artistique en est une et pas des moindres. En ce qu’elle transforme notre perception du réel et constitue ainsi une activité critique et émancipatrice, elle dérange l’Elysée et ses amis fascistes. Plus le savoir, les arts, la pratique de la culture sont partagés, plus un autre monde voit le jour débarrassé d’eux. Les censeurs macronistes ne peuvent le supporter.

    Casser toute production artiste est l’une de leurs priorités. C’est tout le sens de la récente décision du monarque présidentiel. Elle est une triple peine : pour les artistes de ces pays, pour tout le monde des arts et sa richesse, pour toute la francophonie. Donner la citoyenneté à des milliardaires sans fondement ? Macron l’a déjà fait. Laisser les flux du CAC 40 et les chars Leclerc circuler sans visas ? Le monarque présidentiel ne jure que par ça.

    Une chose est sûre : Total n’a pas besoin de visa pour opérer pillage et déplacement de populations en Ouganda et construire ses pipelines sur le sang. Areva circule librement au Niger pour puiser sans retenue les carburants qui font le profit des parasites d’en haut. aux parasites d’en haut. Mais faire circuler les arts et les créateurs ? Hors de question pour Macron et ses laquais. Tout ce qui n’est pas « essentiel » pour eux doit revenir à l’état de poussières. Face au tollé, la résistance s’organise. Les insoumis montent au créneau et une pétition a été lancée par le média Africultures contre le boycott des artistes burkinabés, maliens et nigériens. L’Insoumission.fr vous invite à la signer et à la relayer massivement. Notre article.

    « Foutage de gueule » : les artistes et le monde des arts vent debout contre Emmanuel Macron

    « Cette décision n’est rien d’autre qu’un foutage de gueule et un nouveau coup terrible porté à la francophonie » dénonce l’écrivain Abdourahman Waberi auprès des journalistes de l’Insoumission.fr. L’écrivain et l’universitaire ne mâche pas ses mots. Il a raison. Cette décision a « surpris tout le monde » et « même un grand nombre de gens plutôt de centre droit n’y comprennent rien » poursuit-il. D’un trait de plume, le monarque présidentiel détruit la programmation de centaines d’établissements culturels. D’un trait de plume, le monarque présidentiel prononce un divorce unilatéral avec les peuples du Burkina Faso, du Mali et du Niger et plus largement le Maghreb et tout le continent africain.

    Le degré d’intelligence de cette décision est le même que pour l’interdiction de l’abaya. Que vont-ils faire des artistes bi-nationaux ? Pourquoi se priver de toute la richesse apportée par des artistes censés venir dès cet autonome et qui, n’ayant pas encore formulés de demande de visa, seront tout bonnement exclus ? Que vont-ils faire de ceux déjà présents sur place ? Annuler le contrat de Hassane Kassi Kouyaté, l’artiste binational burkinabé à la tête du Festival des francophonies de Limoges ? Organiser une vaste chasse comme ils le font déjà pour les sans-papiers ?

    Les contre-feux ratés de Rima Abdul Malak et d’Emmanuel Macron

    Les contre-feux envoyés par les émetteurs-récepteurs du camp présidentiel sont aussi pitoyables que l’ordre initial. La ministre de la Culture Rima Abdul Malak ose déclarer « il y a eu trop de confusion ». Vraiment ? L’ordre de mission du quai d’Orsay était pourtant clair et sans détours. Pour Abdourahman Waberi, ce « démenti » est « scandaleux et reflète la méthode macronienne : tenir tête malgré tout et s’enfermer dans le déni ». Le scandale est clair lorsqu’on entend la ministre évoquer des dysfonctionnements des « services de visa » dans ces trois pays, alors que les prestataires sont toujours ouverts.

    Tout est faux. Le déni et le mensonge sont aussi au rendez-vous lorsqu’elle ose déclarer que « ceux qui ont déjà des visas vont pouvoir venir comme prévu ». C’est oublier la réalité du monde des arts qu’elle ne connait pas. Sébastien Lagrave, directeur du festival de musiques Africolor l’a recadré aujourd’hui par voie de presse : « On sait très bien que la plupart des artistes se voient accorder des visas de courte durée, ceux qui ont déjà un visa sont une minorité, pour un festival comme nous en novembre, on demande des visas à partir de septembre, là, c’est impossible qu’ils viennent. »

    Une nouvelle attaque d’Emmanuel Macron pour détruire toute production artistique

    L’Insoumission.fr vous racontait dans un précédent article pourquoi les capitalistes détestent l’art et les artistes. La réponse est simple : ils ne supportent pas la modification du réel qu’ils ont modelé à leurs goûts. Au total, le Quai d’Orsay est devenu l’instrument personnel d’Emmanuel Macron pour régler des tensions géopolitiques à coup de baïonnettes et de censure insupportable. Cette décision absurde est une nouvelle jurisprudence. Une décision qui condamne les artistes, les peuples, et nous prive d’une richesse et d’une diversité irremplaçable.

    Emmanuel Macron et les siens le font sans gêne car ils préfèrent la leçon et les punitions à l’art et à ses créateurs. Ils se prétendent intellectuels, écrivent des bouquins de plages comme celui de Bruno Le Maire, mais ne le sont en aucune façon. Ils détruisent et saccagent tout ce qui fait le lien entre les peuples, entre les gens, et crée du collectif : l’art, les biens communs, les services publics, le partage, l’entraide. Tout idée de collectif est passé à la broyeuse néolibérale.

    Au lieu de faire la leçon aux peuples, Emmanuel Macron ferait mieux de faire quelques révisions, et pourquoi pas lire la charte du Manden, magnifique œuvre du peuple mandingue (Mali) datant du 13ème siècle.

    Dans son préambule, on y lit :

    « Une vie est une vie »

    « Le tort demande réparation »

    « Veille sur la patrie »

    « Que nul ne s’en prenne gratuitement à son voisin, que nul ne cause du tort à son prochain, que nul ne martyrise son semblable »

    « La faim n’est pas une bonne chose »

    « La guerre ne détruira plus jamais de village pour y prélever des esclaves »

    Autant de principes dont Macron ferait mieux de s’inspirer au lieu de faire la guerre à ceux et celles qui en sont les héritiers.

    Par Sylvain NOEL

    https://linsoumission.fr/2023/09/15/macron-visas-artistes

  • Je comprends pas. En janvier, coup de théâtre, le président du COR annonce devant l’assemblée nationale que les dépenses de retraite sont maîtrisées, et même à terme devraient diminuer :
    https://linsoumission.fr/2023/01/20/retraite-macron-recadre-cor

    Hier à l’Assemblée nationale, alors que 2 millions de personnes s’étaient mobilisées contre la réforme des retraites du gouvernement, le président du COR était auditionné à l’Assemblée nationale. « Les dépenses de retraites sont relativement maîtrisées, dans la plupart des hypothèses, elles diminuent à terme » : le propos est clair. Contrairement à ce que crie le camp présidentiel sur tous les plateaux, il n’y a pas de justification économique à réformer notre système de retraite.

    Mais aujourd’hui, le même COR annonce que :
    https://www.huffingtonpost.fr/politique/video/reforme-des-retraites-ce-nouveau-rapport-publie-par-le-cor-remet-de-l

    Le COR estime qu’en dépit de la réforme, le système de retraite restera déficitaire d’ici 2030, ce qui met à mal l’argumentation du gouvernement. Mais chacun, opposants ou majorité, voit midi à sa porte.

    […]

    Au cœur des tensions, cette fois encore, un rapport de l’institution selon qui le système de retraite sera « durablement en déficit » en dépit de la réforme.

    […]

    La situation serait cependant plus dégradée sans la réforme, qui va limiter le nombre de retraités et donc freiner les dépenses.

    Je vois pas trop comment la gauche parvient à tourner ça en argument contre la réforme, puisque ça revient à admettre les conclusions du COR la première fois, puis admettre des conclusions contraires la fois suivante, alors que la droite va simplement appuyer sur l’idée que vous voyez bien qu’il faut réformer encore plus…

    • Effectivement @arno, ce retournement discrédite totalement l’utilisation hasardeuse des projections du COR pour contester les différentes réformes des retraites.

      On a souvent trouvé cet argument dans des publications syndicales ou politiques, quand les dites projections confortaient la contestation de la réforme des retraites.

      Il est totalement incohérent de continuer à s’appuyer dessus quand elles indiquent des prévisions inverses !

      Voilà qui devrait faire réfléchir pour ne plus y avoir recours.

      Macron se vante auprès des investisseurs étrangers d’avoir réduit le « coût du travail » en France (sous-entendu, d’être venu à bout de la contestation sociale et accessoirement, d’avoir maté la classe ouvrière).

      Pour réduire le coût du travail, il a eu recours massivement aux exonérations sociales et fiscales, tout en bloquant les hausses de salaires. Pour mater la contestation sociale, rien ne vaut la bonne vieille méthode répressive, agrémentée des dernières innovations technologiques. Le tour est joué ; il peut faire le beau auprès de Musk et consort.

      Cette politique d’exonération sociale et fiscale ne peut que provoquer un déficit de la sécu ! Quelles que soient les projection du COR.

      La problématique de l’âge de départ en retraite n’est qu’une question de choix politique. Elle se résume à décider comment on va garnir ou dégarnir les ressources financières du financement de la sécu pour atteindre cet objectif. Point barre. Le projections ne sont que pur pipeau.

      Les richesses dégagées sur le travail existent. On pourrait les employer pour garnir le pot commun permettant de financer la retraite, ne serait-ce qu’en arrêtant les exonérations sociales, en égalisant les salaires des femmes sur celui des hommes et en augmentant les salaires de façon générale. C’est tout le contraire qui est fait.

      Depuis les années 90, on a une succession de gouvernements qui mettent à chaque fois en œuvre des réformes pour faire crever le système par répartition : on recule toujours plus l’âge de départ en argumentant que la sécu est en déficit et que la démographie blabla, etc. alors qu’on fait tout pour rendre le système déficitaire et surtout pour éviter de permettre de le financer dans un sens plus avantageux du point de vue des intérêts des salariés.

      Pour moi, quelque soient les projections, le projet politique de ce gouvernement est de faire crever le principe même de la retraite par répartition, en le discréditant.

      Un jour on ne voudra plus continuer à cotiser pour que dalle – car l’âge de la retraite aura tellement reculé pour des pensions minables que plus personne ne voudra continuer le truc. Et on aura raison. Là le système sera mort pour de bon.

    • Oui mais mon souci n’est pas que le COR ponde des études critiquables : mon problème (comme l’a bien souligné @cabou) c’est que la gauche utilise une de ses études qui va dans un sens la première fois, et trouve encore le moyen d’utiliser cette nouvelle étude qui va littéralement dans l’autre sens.

      Ça me rappelle aussi quand la gauche a trouvé intelligent d’utiliser la baisse de la note de la France par l’agence Fitch, alors même que Fitch regrettait que Macron se retrouve en difficulté pour faire passer encore plus de ses réformes de merde.

      Je comprends bien l’intérêt d’utiliser les données de l’ennemi (Chomsky fait ça tout le temps), mais là ça devient pathologique de donner du crédit à des études qui, explicitement, vont dans le sens contraire de ce qu’on défend.

  • 10 #conseils que j’aurais aimé lire avant de commencer à militer (contre le #burnout_militant)

    Militer. Le « burnout militant », un phénomène encore très peu connu. « #Grosse_fatigue », « gros #coups_de_mou », « gros moment de #découragement », des périodes de #doutes plus ou moins longues dures à affronter quand l’énergie pour changer le monde vient à manquer. Un phénomène étudié notamment par le sociologue du monde du travail Simon Cottin-Marx, dans un récent article Cairn (note : l’article est paru dans la revue Militants, Cairn n’est pas une revue : https://www.cairn.info/revue-mouvements-2023-1-page-156.htm). Difficile de ne pas pas s’enfermer dans une #bulle_militante quand on n’est pas averti des dangers. Peut-on se protéger du burnout militant ? 10 conseils que j’aurais aimé lire avant de commencer à militer, par Hellogrise.

    1) Avant de militer, choisis tes combats

    Une association, un parti, un syndicat ? La lutte des classes, le féminisme, l’écologie, l’antiracisme ?

    Une chose est sûre, ne fais PAS tout d’un coup. Malheureusement, la société déconne sur pas mal de sujets et il faudra choisir ceux sur lesquels tu veux agir directement, car tu ne pourras pas sauver le monde d’un coup. Aussi, militer n’est pas toujours facile et demande de l’énergie, veille donc à « choisir » un axe, un cadre qui te motive un minimum et avec lequel tu es à l’aise.

    2) Il n’y a pas à se mettre la pression

    Il y aura toujours des militants, tu ne sais pas d’où ils viennent, ce qu’ils font dans leur vie, mais ils sont MÉGA MILITANTS. Plus que toi. Tu aimerais être aussi « présent·e » qu’eux. Ne culpabilise pas. Personne n’a les mêmes ressources, et si à gauche, on dit « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins », ce n’est pas pour rien. On ne dénonce pas la pression que met le monde du travail, pour se la foutre à nous-mêmes.

    3) Trouve ton propre style

    Tu n’es pas prolo mais tu es de gauche ? Ne « joue » pas au prolo, assume qui tu es et les idées que tu défends. Tu n’aimes pas le tractage, tu es plus à l’aise en organisation d’Assemblées générales (AG) ? Organise des AG.

    Il n’y a pas de « militant étalon » auquel tout le monde devrait se conformer. Reste toi-même, que ce soit dans ton rapport au militantisme ou dans la façon que tu as de militer. Beaucoup de personnes m’ont dit que faire des memes ce n’était pas du militantisme (« vrai militant va tracter à 8 h du matin ») alors que j’ai reçu de nombreux messages de gens qui m’ont dit que ça les avait sensibilisées. Si tu as envie de tester une stratégie pour sensibiliser, convaincre, vas-y. C’est en étant complémentaire qu’on réussira à porter nos idées au plus grand nombre, et c’est en étant original que l’on interpellera le plus de gens.

    4) N’oublie pas tes amis non-militants

    À force de rencontrer des gens sur les divers événements, et même en ligne, on devient vite entouré uniquement de militant·e·s. Or, il est plus difficile de garder un pied dans le réel lorsque l’on reste entre « convaincus ». Il est plus difficile de sensibiliser les gens qui ne sont pas dans les combats que l’on mène lorsqu’on ne les côtoie plus vraiment. Et surtout, les « camarades » ne sont pas forcément des amis : ils sont un mélange entre des amis et des collègues, certains deviennent des amis, mais ils ne gèrent pas forcément leurs relations interpersonnelles comme toi tu l’as toujours fait. Il est important de cultiver les relations que l’on avait déjà avant de militer.

    5) Faire une pause n’est PAS abandonner

    Il l’a dit Jean-Luc (en citant peut-être quelqu’un d’autre ?), « lorsque l’on retire ses mains du fleuve, il continue à couler ». Si tu en as marre, si tu es fatigué·e, si tu as des problèmes personnels à gérer qui te prennent la tête, ne te précipite pas dans le burn-out militant. Déjà, tu lutteras forcément moins bien (moins de patience pour convaincre, pour se mettre d’accord avec les camarades, pour intégrer les infos, etc.), et en plus, l’effet boomerang sera deux fois plus violent. Tu n’es pas l’unique militant·e sur le terrain, si tu fais une pause, quelqu’un d’autre prendra le relais. Quelqu’un de la France insoumise me disait « c’est une course de fond, un combat long ». Un long chemin.
    6) Si l’ambiance ne te correspond pas, trouve d’autres camarades

    « Vraiment, les gens me dégoûtent, ils pensent tous qu’à briller socialement par le militantisme et instrumentalisent les luttes pour leur besoin d’attention et leur conscience morale ». Je ne sais pas combien de fois j’ai entendu ou prononcé ce genre de phrase. Tout groupe social a forcément des dramas et des tensions, ce n’est pas pour autant que tout est foutu « à cause de la nature humaine ». Ton groupe te saoule, l’ambiance pue du slip ? Change de groupe, ou trouve le moyen de prendre une forme de distance.

    7) Bolosse le syndrome de l’imposteur

    C’est fou tous ces gens incollables en histoire, en géopolitique, en socio, et même en bricolage, n’est-ce pas ? Qu’est-ce qu’ils sont efficaces pour la lutte ces gens… eh bah toi aussi, à ton échelle. Et dis-toi que justement, c’est toi qui – pour d’autres gens – est « cette personne militante super douée ». De toute façon, c’est en côtoyant des gens doués que l’on progresse. Essaie de faire taire cette insécurité que plus de militant·e·s ont que tu ne penses.
    8) Prends du temps pour toi

    C’est très difficile. Une fois qu’on est à fond dedans, qu’on se sent utile, un gros risque d’addiction au « sentiment d’utilité » pointe le bout de son nez. En plus, on est rajouté dans des boucles militantes qui ont TOUJOURS des infos sur des actions à faire, des événements auxquels participer… et puis les semaines passent, on annule des concerts, des rdv médicaux, des soirées entre potes… « Oui, mais l’actu fait que c’est urgent, là ». Plot twist, au moment où j’écris, ça fait PLUS DE TROIS MOIS qu’on est en plein mouvement social.

    J’ai arrêté de reporter mes soirées solos, rendez-vous, prestations (et même le ménage) parce que je n’avais plus une seule minute pour laisser à mon cerveau le temps de digérer les événements. J’ai dû me faire violence et refuser certaines AG, réunions, etc. Juste pour me reposer, dessiner… Faire les trucs que je disais que je ferais « après la révolution ». La révolution ne se fera pas en un soir, et passer son temps à la guetter n’est pas une vie. C’est une façon passagère. Cela ne vaut pas toujours le coup de prendre des risques vis-à-vis de tes relations avec les gens.

    9) Soigne tes relations avec les camarades

    Le milieu militant est très très petit. Touuuuut petit. Je pensais être immunisée à Paris, parce que la densité de population fait que, mais c’est un milieu de consanguins, faut qu’on se le dise. On croise toujours les mêmes visages, et quand c’en est de nouveaux, ce sont des proches de ceux qu’on connaît déjà. Engueulez-vous avec les gens en interne quand vous n’êtes pas d’accord, mais réfléchissez bien avant de le faire, et de la façon dont vous allez le faire ; et n’hésitez surtout pas à vous excuser ou à prendre les mains tendues en cas de conflit (sauf cas d’extrêmes de violence évidemment).

    La chose est aussi valable pour les « rapprochements » avec des camarades qui vous plaisent de façon passagère. Cela ne vaut pas toujours le coup de prendre des risques vis-à-vis de relations avec les gens. Le fameux « mettre son ego de côté », il faut parfois se l’appliquer d’abord.

    10) Amuse-toi quand même

    Ce n’est pas parce que le monde pue du slip qu’on doit être un doomer sérieux H24 pour le sauver. Beaucoup de personnes refusent de s’engager, et même de s’informer, car elles ne veulent pas déprimer ou avoir la rage. C’est compréhensible (même si, pour nous, c’est de plus en plus dur à comprendre). Après les manifs, va boire des coups avec les camarades. Moque-toi des adversaires. Fais des blagues. On s’accorde à dire que tout est politique, mais ce n’est pas pour autant que tous les aspects de notre vie ont à être sérieux pour autant.

    Si votre kiff, c’est de danser en manif, ou bien de chanter des slogans dégagistes, faites-le, ça fait du bien. L’important, c’est déjà d’être en manif.

    N’oubliez pas que Les Guignols de l’Info dénonçaient de façon très radicale en faisant des vannes. C’est justement parce que les gens savaient qu’ils allaient se marrer qu’ils regardaient.

    Perso, je ne fais pas de memes pour « convaincre » (je communiquerais de façon bien plus soft sinon) mais pour me marrer et me défouler. Je n’ai jamais monté de plan stratégique ultra sérieux sur ma ligne éditoriale. Et c’est cette authenticité qui peut plaire à une partie des gens qui me suivent, même s’ils ne sont pas d’accord avec moi (GG les gens quand même).

    Voilà ! N’oubliez pas, la lutte continue !

    https://linsoumission.fr/2023/06/16/10-conseils-militer

    #militantisme #burn-out #burnout

  • Retraites : coup de force contre la démocratie, le Parlement humilié, l’opposition prépare la riposte dans la rue
    https://linsoumission.fr/2023/05/31/retraites-scandale-assemblee-2

    Retraite. Ce 31 mai 2023, le camp présidentiel et Les Républicains (LR) ont réalisé un coup de force contre la démocratie : réduire la possibilité d’examen d’une proposition de loi destinée à abroger la retraite à 64 ans. Nous vous en parlions hier dans nos colonnes. Le texte de loi en question doit être débattu le 8 juin prochain, jour de la niche parlementaire du groupe LIOT (Libertés, Indépendants, Libertés et Territoires). Ce matin, la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale s’est réunie pour en discuter. Par des manœuvres politiciennes, le camp présidentiel et LR ont fait supprimer l’article 1 de ce texte de loi, le plus important. Il prévoyait un retour à l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans. Durant la suite des débats, la présidente de la commission s’est arrogée le droit de supprimer les sous-amendements déposés par l’opposition.

    Une humiliation de plus pour le Parlement, après le 49.3, le « vote bloqué » au Sénat ou le 47-1 pour réduire le temps des débats sur la réforme des retraites. En signe de protestation, les représentants des groupes parlementaires de la NUPES ont quitté la commission. La niche parlementaire LIOT du 8 juin se tiendra malgré tout. Plusieurs questions : le camp présidentiel va-t-il aller au bout de son coup de force ? Va-t-il empêcher les débats et le vote de la proposition de loi ? La présidente Renaissance (ex-LREM) de l’Assemblée nationale va-t-elle déclarer recevable un nouvel article 1, similaire à celui supprimé en commission ?

    Emmanuel Macron, plus seul que jamais, continue de vouloir imposer sa réforme des retraites, contre la volonté de 93% des actifs. L’opposition prépare la riposte dans la rue. Prochain rendez-vous donné : la mobilisation nationale à l’appel de l’intersyndicale le 6 juin prochain, deux jours avant la niche parlementaire LIOT. La pression populaire doit avoir raison de ce coup de force démocratique. Notre article...

  • Retraites : loi promulguée samedi matin [très tôt] | AFP | 15.04.23

    https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/150423/france-la-loi-sur-la-reforme-des-retraites-officiellement-promulguee

    Agence France-Presse
    15 avril 2023 à 04h21

    promulguée samedi matin au Journal officiel [...] les syndicats avaient demandé « solennellement » au président français de « ne pas promulguer la loi ». Une demande restée lettre morte [...].

    « Le code de la sécurité sociale est ainsi modifié (...) Au premier alinéa, le mot : "soixante-deux+ est remplacé par le mot : + soixante-quatre" », énonce le texte.

    • Une réponse brutale et ravageuse.

      Et puis il y aura ceux, politiques, journalistes qui vanteront ( ils vantent déjà) la force de caractère et le courage de #Macron. Mais il n’y a aucune force de caractère, aucun courage à promulguer, seul dans la nuit, une loi qui déchire son propre pays. Il n’y a aucune force, aucun courage à s’enfermer dans l’idée directrice qu’on est supérieur en tout point à la masse. Il n’y a aucune force, aucun courage à tordre les institutions à sa main, à être dur avec les petits et tellement faible avec les « grands » ( cf Trump , Xi etc…) Il n’y a aucune force et aucun courage à ne pas savoir s’amender reculer, dialoguer. Il y a simplement une arrogance et un orgueil que plus rien ne semble pouvoir arrêter. Le flatter, commenter sa geste avec cette fascination mystérieuse qu’il exerce encore sur une poignée d’influenceurs, c’est l’encourager dans une attitude qui nous mène collectivement au désastre démocratique.

      Françoise Degois

    • En pleine nuit, Macron promulgue la retraite à 64 ans : à nous de faire bloc

      Retraite. La rage au cœur. Des larmes de rage quand on pense aux camarades en grèves reconductibles depuis 3 mois. Malgré le plus fort mouvement social dans le pays depuis mai 68, le président a promulgué la retraite à 64 ans cette nuit. Comme un voleur. Comme un forcené radicalisé, retranché, seul, au sommet des lambeaux d’une Ve République, qu’il est en train d’achever.

      Cette promulgation dans la nuit au Journal officiel constitue une nouvelle provocation, un nouveau bras d’honneur à la démocratie. Ce mépris présidentiel est insupportable. Que la Première ministre ose claironner : « ce soir, il n’y a ni vainqueur, ni vaincu », en dit long sur la dégueulasserie de ces gens-là. Ils n’ont même pas le courage d’assumer leur acte. De nous regarder en face. Pas de vaincus ? Et les millions de travailleuses et travailleurs qui viennent de prendre deux ans ferme ? Ils ne peuvent plus faire un déplacement sur le territoire sans qu’on leur rappelle leur 49.3.

      Car en 3 mois, Emmanuel Macron a tout perdu. La bataille des idées : 93% des actifs contre la retraite à 64 ans, 82% des Français sont toujours pour la suspension de la réforme. La bataille parlementaire : « vote bloqué » au Sénat, 49.3 à l’Assemblée nationale. La bataille de la mobilisation : même le ministère de l’Intérieur reconnaît le plus fort mouvement social du XXIe siècle. La bataille de l’horizon : la Ve République est agonisante, le néolibéralisme ne fait plus rêver personne, Emmanuel Macron ne peut plus mettre un pied dehors.

      La bataille qui s’ouvre, comme on l’annonce depuis des années, se jouera entre eux et nous. Le « eux », c’est le Rassemblement National (RN), le bloc d’extrême droite qui profite de l’effondrement du bloc bourgeois libéral. Le RN profite de cet effondrement pour mieux séduire le capital et préparer la candidature du système en 2027. À cet égard, la déclaration de Geoffroy Roux de Bézieux, le patron du MEDEF, le 27 mars 2023 sur France Info, a le mérite d’être clair. Le RN au pouvoir ? « C’est un risque nécessaire ».

      Mais pourquoi la bourgeoisie préfère Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon ? Car le camp du capital sait où sont ses intérêts. La bourgeoisie n’est pas folle, et Marine Le Pen ne cesse de lui faire des appels du pied : vote contre le rétablissement de l’impôt sur la fortune (ISF) à de multiples reprises à l’Assemblée nationale, vote contre la taxe super-profits au Parlement européen, et en même temps, vote contre la hausse du SMIC, le gel des loyer et le blocage des prix de produits de première nécessité. Derrière son discours électoraliste sur le « pouvoir d’achat », qui parvient à séduire une partie croissante des classes populaires, le Rassemblement National ne cesse de faire des appels du pied au bloc bourgeois libéral. L’urgence absolue est de démasquer l’arnaque sociale que constitue le Rassemblement national.

      Depuis de longues années maintenant, l’insoumission.fr avertit : entre le capital et le travail, le RN a choisi son camp, et le capital le lui rend bien. Vincent Bolloré monte un empire médiatique pour propulser Éric Zemmour, et dédiabolise ainsi Marine Le Pen. Durant toute la fin du quinquennat précédent, ministres macronistes et éditorialistes de plateaux tapent main dans la main sur l’« islamo-gauchisme » plutôt que sur l’extrême droite. La bourgeoisie a le mérite de la constance : dans l’histoire, à choisir, elle a toujours préféré l’alliance capital-fasciste plutôt que la gauche. Combien de fois l’avons-nous écrit dans ces colonnes : plutôt Hitler que le Front Populaire hier, plutôt Le Pen que Mélenchon aujourd’hui.

      Le bloc de gauche, représenté par la NUPES, doit être à la hauteur de la gravité de la situation : concentrer nos coups pour démasquer l’arnaque sociale et raciste que constitue le RN. Plutôt que de se regarder le nombril et de nous diviser entre nous, faire bloc pour concentrer nos coups sur l’alliance du bloc d’extrême droite et du bloc bourgeois, la perspective d’un ticket Marine Geoffroy Le Pen de Bézieux en 2027.

      La VIe République, le partage des richesses, pouvoir enfin vivre de son travail, face à l’explosion des prix due aux super-profits, la révolution écologique, qui passe par cibler et s’attaquer aux responsables de la catastrophe climatique et sociale : les 63 milliardaires qui polluent plus que la moitié des Français réunis, les 5 milliardaires qui possèdent autant que 27 millions de personnes.

      Et pour reconquérir les classes populaires, la dernière des bonnes idées serait de tendre la main à Bernard Cazeneuve et François Hollande, à ceux ont trahi les classes populaires, à ceux qui ont dégoûté de la gauche dans les grandes largeurs, à ceux qui ont théorisé cet abandon des classes populaires (note Terra Nova de 2011), aux fossoyeurs de la gauche, idiots utiles de l’extrême droite, qui font élire 15 députés RN en Occitanie.

      Le mouvement ouvrier, les syndicats, associations et le bloc de gauche, la NUPES, doivent faire bloc. La situation est trop grave. Le pouvoir ne mesure pas quelle réserve de rage il vient de libérer. Jean-Luc Mélenchon a lancé un appel hier soir : « La violence exceptionnelle des décisions du Conseil Constitutionnel nécessite une étroite coordination entre la NUPES et les syndicats pour continuer la lutte et maîtriser la riposte. Alerte aux colères de désespoirs ». Le combat continue, tous ensemble, soudés, contre leur monde à bout de souffle. Le fascisme est le capitalisme en décomposition, le fascisme n’est rien d’autre que la réaction du capitalisme.

      Pierre Joigneaux.

      https://linsoumission.fr/2023/04/15/macron-retraite-faire-bloc

    • @marielle , on est foutus, même wikipédia est re-ecrite !!!

      Pierre Joigneaux (Ruffey-lès-Beaune, 23 décembre 1815 - Asnières, 26 janvier 1892) était un journaliste puis homme politique d’extrême gauche.

    • Vous vous souvenez qu’en 2020, il avait déjà joué avec l’idée qu’il pourrait être obligé de « faire des choses dures » qui le rendraient trop impopulaire pour être candidat à sa réelection :
      https://www.lefigaro.fr/politique/presidentielle-2022-peut-etre-que-je-ne-pourrai-pas-etre-candidat-imagine-m

      À l’image du choix inédit de son prédécesseur, le président de la République imagine l’hypothèse d’un fort rejet de son action par les Français, à la fin de son quinquennat. « Parce que les circonstances l’exigeront », songe-t-il, « peut-être que je devrai faire des choses dures dans la dernière année (...), qui rendront impossible le fait que je sois candidat ».

    • perso, j’attends une attestation de Mélenchon, Bompard, Panot et Ruffin - pour appel à la sédition p.ex. - avant de valider le diagnostic dictature.

      Pour l’instant, ils ont seulement matraqué un député en écharpe jeudi soir et gazé une dizaine d’autres qui protégeait des blessés dans un champ de maïs y’a un mois ; pas encore de vraie arrestations politiques :-)

      Pour les députés de l’opposition, s’entend ; pour les gueux, ça fait un moment que ça roule leur affaire de chasse aux récalcitrants.

    • « peut-être que je devrai faire des choses dures dans la dernière année (...), qui rendront impossible le fait que je sois candidat ».

      bien sûr, il mentait. Pas con, il attend le tour suivant, là où il sait qu’il sera pas réélu ; moins de risques, meilleur timing.

    • « Et sinon, les rares mesures que Macron a proposé pour adoucir la réforme des retraites étaient vouées à être censurées par ses complices du Conseil constitutionnel
      Il fait la guerre totale à l’intérêt général, il se surpasse dans la tyrannie 🔥
      #PasDeRetraitPasDeJO »

      L’entourloupe du Gouvernement est trop grossière : il savait depuis le début que plusieurs articles n’avaient pas leur place dans la réforme et qu’ils seraient censurés.

      Le Conseil constitutionnel a en effet invalidé 6 articles (dont le contrat senior introduit par le Sénat et donc pas dans le projet initial soumis à l’avis du Conseil d’Etat).

      Or ces articles, c’était le « sucré » de la réforme, les mesures présentées comme favorables

      Pour compenser le « salé », la dureté du report à 64 ans. L’index senior, les mesures pour les fonctionnaires dit actifs ou super actifs (comme les policiers), la visite médicale ou l’entretien de prévention pour les salariés exposés à la pénibilité… tout cela est annulé

      Ce qui déséquilibre encore plus une réforme déjà foncièrement injuste (et que ces mesurettes ne faisaient qu’édulcorer). Surtout cela souligne l’hypocrisie du Gouvernement qui le savait pertinemment mais faisait comme si…

      En s’asseyant délibérément sur l’avis du Cons.d’Etat, le Gouvernement a joué à 3 bandes : j’offre des motifs d’inconstitutionnalité au CC,pour faire diversion ; je sais que mon texte va être promulgué durci ; je proposerai de mettre les mesures « sucrées » dans un nouveau texte.

      Voilà un haut niveau de cynisme. Qui plaide d’ailleurs pour que les avis du Conseil d’Etat, obligatoirement rendus publics pour les lois ordinaires, le soient aussi pour les lois de finances (tout ceci a été décidé par une simple circulaire de Hollande mais jamais codifié)

      https://twitter.com/JeromeGuedj/status/1647144760048590848

      « #LR avait conditionné son soutien à l’#indexsenior et au #cddsenior
      ➡️ 2 hypothèses
      1️⃣ les génies #ciotti et #marleix se sont faits enfumés par #Macron
      2️⃣ ils nous ont enfumés, sachant que ça ne passerait pas constitutionnellement.
      Dans les 2 cas le parlement est floué. » Aurélie Trouvé

    • et maintenant qu’ils se sont tous bien fait rouler sur la gueule et dans la farine, les députés de l’opposition - et une partie de la Macronie - ils « dégainent » l’article 68, ou ils ont les jetons ?

      Ça doit pas qualifier comme haute trahison ce que fait Macron depuis 6 ans. Pas assez haut, j’imagine, comme trahison [de la République, de l’intérêt général]. Ça se plaide, ou c’est juste dans tes rêves ?

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Haute_trahison

      Jusqu’en 2007, la haute trahison était mentionnée dans la Constitution de la Ve République (art. 68) comme la seule cause permettant de mettre en jeu la responsabilité du président de la République française qui était alors passible de la Haute Cour de justice.
      [...]
      Depuis 2007, la nouvelle rédaction de l’article 68 supprime la référence explicite à la haute trahison et élargit le champ de cette responsabilité présidentielle aux « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat » comme une cause de destitution par la Haute Cour (nouvelle appellation). Cette formulation qui reste encore vague peut néanmoins très bien comprendre la haute trahison au sens traditionnel et elle correspond, à vrai dire, à ce que l’on supposait pouvoir y mettre aussi par une interprétation moderne, à savoir, notamment, tous comportements violant la constitution et ses principes ou tous manquements en contravention grave avec les valeurs démocratiques et républicaines, la morale politique ou la dignité de la charge, ainsi que la forfaiture et la prévarication.

    • « Le fait que des ministres aient délivré, lors de leurs interventions, des estimations initialement erronées sur le montant des pensions de retraite est sans incidence sur la procédure d’adoption de la loi... »

      Conseil constitutionnel, 14 avril 2023


      Traduction : tu peux mentir, ça passe. Où est la sincérité du texte ?
      https://twitter.com/CJuridiques/status/1647161381538652161?cxt=HHwWgoDTpZWj8tstAAAA

      https://video.twimg.com/amplify_video/1647220584084910080/vid/1280x720/-zL2iVF-TUKq0XgS.mp4?tag=16

      En fait, Dominique Rousseau n’est pas vraiment surpris, il est, comme beaucoup de constitutionnalistes et de politistes, scandalisé ! #ConseilConstitutionnel

  • « Macron est tellement aux fraises sur les retraites, que dans sa lettre aux syndicats, il parle d’un organisme qui n’existe pas. Le conseil supérieur des retraites. Et lui fait dire ce qui l’arrange. Ce qui n’empêche pas le gouvernement de passer en force au Sénat et Macron d’écrire une lettre lunaire aux syndicats. »
    https://rapportsdeforce.fr/pouvoir-et-contre-pouvoir/retraites-la-brute-et-le-truand-031017216
    https://pbs.twimg.com/card_img/1634221296753033216/PKmtyzfN?format=png&name=small

    Ce vendredi matin, Olivier Dussopt a actionné l’article 44-3 de la Constitution pour mettre fin aux débats sur la réforme des retraites au Sénat. Un nouveau coup de force, qui intervient le même matin que la réponse écrite d’Emmanuel Macron à l’intersyndicale.
     
    Quel sens du timing ! « Le débat sur la réforme des retraites est nourri et continue de l’être dans nos instances démocratiques », répondait ce matin le président de la République au courrier de l’intersyndicale, qui lui demandait de prendre la mesure de l’opposition à la réforme des retraites et de recevoir tous les syndicats. Au même moment, au Sénat, son ministre du Travail, Olivier Dussopt, mettait fin aux travaux parlementaires qui auraient dû se terminer dimanche soir : « le gouvernement demande à votre assemblée de se prononcer par un vote unique sur l’ensemble du texte ».

    Olivier Dussopt venait d’actionner l’article 44-3 de la Constitution, qui permet de demander un « vote bloqué » sur une partie, voire sur la totalité d’un texte de loi. Le gouvernement n’a pas fait dans la dentelle et requis un seul vote sur l’ensemble du projet. Concrètement, le texte présenté au vote sera conforme à la version initiale du gouvernement, incluant les seuls amendements retenus par ce même gouvernement. Pas tout à fait ce qu’on appelle « un débat nourri ». Et assurément un bras d’honneur au mouvement social en cours, à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation ce samedi 11 mars.

     Passage en force un jour, passage en force toujours

    Emmanuel Macron et son gouvernement n’en sont pas à leur coup d’essai en matière de passage en force sur le dossier des retraites. Dès la mi-septembre, le chef de l’État laissait planer la menace d’une réforme expédiée en deux mois, à l’occasion des discussions budgétaires de l’automne. S’il s’était ravisé, alors que des mouvements sociaux sur les salaires se multipliaient, c’était pour lancer des concertations, dont l’objet était de donner l’illusion d’une co-construction de la réforme. Et gagner du temps.

    La manière dont se sont déroulées les concertations a révélé le peu de sérieux que l’exécutif accordait à cette séquence. Olivier Dussopt n’ayant rien d’autre à présenter ce jour-là qu’un PowerPoint expliquant le contenu du rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) à des syndicats qui siègent pourtant dans cette instance. Les deux mois de discussions qui ont suivi ont été sensiblement du même niveau. Les propositions des syndicats sont, pour l’essentiel, restées lettre morte et, du côté du ministère, les intentions étaient souvent vagues ou annoncées préalablement dans la presse.

    Finalement, en janvier, nouveau coup de force : le gouvernement décide de ne pas présenter un projet de loi classique. À la place : un projet de loi de finances rectificatif de la Sécurité sociale et l’utilisation de l’article 47-1 de la Constitution. Soit la modification d’un texte budgétaire adopté seulement deux mois plus tôt. Mais surtout, un texte qui présente l’avantage de pouvoir être adopté en 50 jours à peine, de pouvoir utiliser l’article 49-3 de la Constitution sans limite et même de le mettre en œuvre par ordonnances, si d’aventure le Parlement ne le votait pas.

     Gouverner c’est mentir

     Ainsi, tous les moyens sont bons pour faire passer la réforme. Passer en force au Parlement, certes, mais aussi passer outre l’avis de l’ensemble des syndicats de salariés et de l’opinion publique, très majoritairement hostile au recul de l’âge de départ à la retraite, et d’un mouvement social qui a produit les plus grandes manifestations successives vues depuis l’après-guerre.

    C’est encore cet exercice auquel s’adonne Emmanuel Macron dans sa réponse écrite aux syndicats ce matin. Outre qu’il ne dit mot de leur demande de rencontre, le chef de l’État enchaîne les petits arrangements avec la vérité, voire les mensonges éhontés. « Le gouvernement est, comme il l’a toujours été, à votre écoute pour avancer par le dialogue, trouver des solutions innovantes, sans transiger sur la nécessité de restaurer un équilibre durable de notre régime de retraite… », ose Emmanuel Macron. Des propos quelque peu orwelliens au regard de la façon dont se sont déroulées les concertations, du refus catégorique de prendre en compte les propositions de financement des syndicats et de l’absence de contact avec les représentants des salariés depuis début janvier. Son rappel : « il est de mon devoir de préserver ce temps parlementaire qui se déroule actuellement et qui est l’essence même de notre démocratie » au moment où son gouvernement met fin aux travaux du Sénat, est tout aussi lunaire.

    Le président de la République tient même des propos mensongers, lorsqu’il fait dire au Conseil d’orientation des retraites (COR) ce qu’il ne dit pas, et même son contraire. « De même, le conseil supérieur des retraites a également rappelé la nécessité d’une réforme pour assurer la pérennité [du système], » affirme-t-il par écrit. Nous lui passerons le fait de parler d’un Conseil supérieur des retraites, qui n’existe pas. Il fait soit référence au COR, soit au Comité de suivi des retraites. Mais aucun des deux ne dit réellement ce que prétend le président. Le COR expliquant de son côté qu’il n’avait pas à se prononcer sur les choix politiques à tirer de ses projections financières, tout en alertant sur le fait que les discours alarmistes sur les dépenses de retraites étaient infondés.

    Mais il est vrai qu’après avoir osé présenter la réforme comme « juste » le 10 janvier, ou comme étant « de gauche », selon Olivier Dussopt début mars, tout est possible pour le gouvernement et le chef de l’État. Et tant pis si tant de mensonges, comme la pension minimale à 1200 euros, ou le fait que la réforme favoriserait les femmes, sont déjà apparus au grand jour.