Le royaume scandinave « n’est pas un buffet pour tous les peuples du monde », a lancé Linda Lindberg, cheffe du groupe des Démocrates de Suède (SD) au Parlement, lors d’une conférence de presse à Stockholm, estimant que les mesures annoncées devraient mener à une baisse de l’immigration, « car ce ne sera plus aussi avantageux de venir » dans le pays nordique.
La réforme se compose de trois volets. Le premier prévoit une baisse de l’aide sociale et la mise en place d’un plafond pour les familles de plus de quatre enfants. Dans l’exemple donné par la ministre des affaires sociales, Anna Tenje, un couple avec cinq enfants peut aujourd’hui percevoir jusqu’à 46 500 couronnes suédoises par mois (4 220 euros), sous forme de diverses allocations, sans travailler ; 95 % de ceux qui se trouvent dans cette situation sont nés à l’étranger, a précisé Mme Tenje.
Les parents, selon elle, « pourraient travailler, mais ne le font pas pour diverses raisons », sachant qu’en l’état, il n’est « pas rentable de passer de l’aide sociale à l’emploi, même si les deux [adultes] commencent à travailler ». La droite et l’extrême droite proposent donc de réduire le montant des prestations sociales. Ainsi, à partir du 1er janvier 2027, le couple mentionné par la ministre ne touchera plus que 38 300 couronnes par mois, soit une réduction de 8 200 couronnes.
Le gouvernement estime que 145 000 ménages vont être affectés, dont 30 000 qui vont voir leurs revenus décroître fortement. A l’inverse, ceux qui percevaient des aides sociales mais décrocheront un emploi pourront bénéficier d’un bonus, pendant dix-huit mois, représentant 15 % de leur salaire brut.
« De plus en plus difficile d’obtenir une aide »
Le second volet de la réforme concerne les conditions pour toucher les minima sociaux. Leurs bénéficiaires vont devoir participer à des activités « à la hauteur de leurs capacités », y compris à plein temps, pour ceux qui seront jugés en mesure de le faire. Il pourra s’agir de cours de langue ou d’une formation professionnelle. Aux communes de faire des propositions.
Enfin, le gouvernement et les SD veulent limiter l’accès à toute une série de prestations sociales – notamment les allocations familiales et les aides au logement, ainsi que les indemnités de maladie et le minimum vieillesse. Pour y avoir droit, il faudra avoir vécu au moins cinq ans sur les quinze dernières années en Suède, avec une exception pour les ressortissants de l’Union européenne. Une « voie accélérée » est également prévue pour les étrangers percevant plus de 38 700 couronnes par mois et qui pourront en bénéficier au bout de six mois.