En finir avec les mythes autour du défaut de paiement

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  • En finir avec les mythes autour du défaut de paiement - L’Orient-Le Jour par Michel Acad
    https://www.lorientlejour.com/article/1342805/en-finir-avec-les-mythes-autour-du-defaut-de-paiement.html
    #Liban

    le défaut de paiement pouvait-il réellement être évité ? Est-il à l’origine de l’effondrement du système bancaire ? Et que ce serait-il passé si le Liban n’avait pas fait défaut ?

    Chronologie implacable

    Un simple retour sur la chronologie des événements suffit à fournir une partie de la réponse. Dès les premiers jours de la contestation contre la classe et le système politique, les établissements ont fermé leurs portes (le 18 octobre 2019) pour faire face à ce qui allait devenir une véritable ruée bancaire (« bank run »). Pendant les deux semaines de cette fermeture, les transactions se sont généralement arrêtées, à l’exception, inévitablement, de certains transferts sortants potentiellement suspects. Et lorsque les restrictions informelles ont été mises en place dès la réouverture des banques, ces dernières étaient déjà en défaut de facto, se retrouvant dans l’impossibilité de répondre aux demandes de retrait de leurs déposants, ce qui est toujours le cas aujourd’hui.

    L’effondrement du système bancaire s’est donc produit fin octobre 2019. À cette époque, les réserves liquides brutes immédiatement disponibles de la banque centrale (BDL) s’élevaient à environ 28 milliards de dollars. Après de nombreux débats, tergiversations et hésitations, le gouvernement Diab et la BDL, soutenus par des politiciens influents, ont décidé de faire défaut sur le paiement de 1,2 milliard de dollars de dette souveraine, exigibles le 9 mars 2020 – près de 6 mois après le début de la crise. Et à la fin de ce même mois, les réserves liquides brutes de la BDL étaient tombées à environ 22 milliards de dollars (soit une baisse de 6 milliards en 6 mois).

    La chronologie est donc implacable : c’est bien la crise financière qui a conduit au défaut de paiement, et non l’inverse.

    Le financier souligne que la stratégie de défaut de paiement dure choisie par le gouvernement était loin d’être la pire, vue l’incapacité de trouver un accord sur les réformes nécessaires. Il fustige aussi les spéculateurs sur ou contre le défaut, qui étaient et restent clairement des vautours.
    3 ans après, rien ou presque n’a été fait, sauf que la spoliation des déposants est quasiment arrivée à son terme.