Allemagne : menace de grève, hausse des salaires - Contre Attaque
▻https://contre-attaque.net/2023/08/30/allemagne-menace-de-greve-hausse-des-salaires
Au pays de Macron, le salaire minimum a augmenté de 13%, mais en 5 ans, et il est désormais l’un des plus bas d’Europe de l’Ouest ! Même chez les anglais, le taux horaire brut est passé de 8,91 livres sterling, soit 10,63 euros, à 9,50 livres, soit 11,30 euros, selon le quotidien Le Monde, soit légèrement au-dessus du seuil français. Même dans le pays fondateur du libéralisme, les salaires montent pour éviter l’explosion sociale. Quant au salaire minimum allemand, il a été rehaussé à 1584 euros : il est désormais plus élevé qu’en France alors qu’il est historiquement bas et concerne assez peu de salarié-es quand il est la norme d’embauche en France.
Les travailleurs français s’appauvrissent plus vite que dans les pays voisins, alors que le nombre de millionnaires bat des records. Macron, c’est la guerre sociale totale, plus dure qu’ailleurs en Europe. Malheureusement, avec le forcené autoritaire qui squatte l’Élysée, il faudra bien plus que des « menaces » de grève pour le faire céder.
Comment le Raid, novice en maintien de l’ordre, a provoqué la mort de Mohamed Bendriss à Marseille | Gauche Police
▻https://www.mediapart.fr/journal/france/280823/comment-le-raid-novice-en-maintien-de-l-ordre-provoque-la-mort-de-mohamed-
L’enquête sur le tir de #LBD fatal à un jeune homme de 27 ans, à laquelle Mediapart et « Libération » ont eu accès, montre comment cette unité d’exception a été mise au service d’un rétablissement de l’ordre spectaculaire alors qu’elle n’avait ni l’équipement, ni les compétences, ni le raisonnement adaptés à cette situation d’émeute.
Camille Polloni
Le 2 juillet, à 00 h 58, au niveau du 73, rue de Rome à Marseille, #Mohamed_Bendriss, au guidon de son scooter, est atteint par deux tirs de lanceur de balles de défense (LBD). Il remonte alors le long d’une colonne de véhicules du #Raid, déployés pour « rétablir l’ordre » à #Marseille. Le jeune homme de 27 ans parvient à continuer sa route et s’effondre deux minutes plus tard devant chez sa mère, cours Lieutaud.
Mohamed Bendriss est le seul mort recensé lors de ces nuits d’émeutes qui ont suivi la mort de Nahel Merzouk, tué par un tir policier à Nanterre. L’un des deux impacts de #LBD, au thorax, a provoqué une crise cardiaque ayant entraîné sa mort. L’autre a laissé une marque sur l’intérieur de sa cuisse droite. Sous l’effet d’un troisième projectile, un « #bean_bag » tiré à trois ou quatre mètres, le phare de son scooter a éclaté.
Le 10 août, soit six semaines après les faits, trois policiers du Raid soupçonnés d’être à l’origine de ces tirs sont mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». L’information judiciaire, qui se poursuit, vise à déterminer s’ils ont agi dans les règles et de manière proportionnée. L’enquête confiée à l’Inspection générale de la #police nationale (IGPN) et à la police judiciaire (PJ), à laquelle Mediapart et Libération ont eu accès, permet d’éclaircir dans quelles conditions le Raid est intervenu ce soir-là à Marseille et pourquoi il a décidé d’ouvrir le feu.
Les dépositions des mis en cause et d’une trentaine de témoins (policiers ou non), ainsi que l’exploitation de nombreuses vidéos, révèlent que cette unité d’exception au sein de la police, particulièrement peu préparée à assurer des missions de maintien de l’ordre, obéit à des logiques à part. Elles montrent aussi que très tôt, le Raid a eu conscience de sa possible implication dans le décès de Mohamed Bendriss et a préféré en discuter collectivement, en interne, plutôt que d’en référer à la justice .
« Mohamed a été tué par une balle de LBD 40, tirée avec une arme non adaptée et illégale, par une unité spéciale inadaptée au #maintien_de_l’ordre, couverte par la hiérarchie du Raid qui a dissimulé le crime en connaissance de cause », affirme Arié Alimi, l’avocat de la veuve de Mohamed Bendriss.
Au soir du 1er juillet, comme les deux jours précédents, le Raid est déployé à Marseille pour faire face à des #émeutes et #pillages de magasins. Sur décision de #Gérald_Darmanin, c’est la première fois que cette unité d’élite, spécialisée dans les prises d’otages et les interventions antiterroristes, est ainsi employée à lutter contre des #violences_urbaines en métropole.
« On se demandait ce qu’on foutait là », résume en garde à vue Alexandre P., un des policiers mis en examen. « C’était ma toute première nuit d’émeute dans ma carrière, ajoute son collègue Jérémy P. Nous ne sommes pas du tout formés pour ce genre d’émeute, nous ne sommes pas habitués à cela. Nous n’avons même pas de protection adaptée. »
Dans les rues de Marseille, le Raid se déplace en convoi de sept véhicules. À sa tête, le « PVP » (« petit véhicule de protection »), un blindé très reconnaissable avec un opérateur du Raid juché sur une tourelle. Ce soir-là, c’est Alexandre P. qui s’y colle. Son rôle : « signaler aux autres des faits suspects » et « assurer la protection du convoi ». Pour ce faire, il dispose d’un #LBD_multicoups, approvisionné par six munitions.
« Nous devions suivre le PVP où qu’il aille, sans jamais nous séparer ni changer la position de la colonne », explique un opérateur assis dans un autre véhicule. Le convoi est là pour impressionner, mais aussi pour interpeller si nécessaire, ou disperser un attroupement.
Si les fonctionnaires du Raid sont novices en maintien de l’ordre, ce sont de bons tireurs : habilités à toutes les armes, ils s’entraînent plus souvent que les autres policiers. Signe qu’ils appartiennent à une unité à part, chacun d’entre eux peut choisir ses armes et les embarquer en mission sans formalités particulières. Au point que leur hiérarchie est incapable de déterminer, a posteriori, qui a pris quoi.
Au total, dans la nuit du 1er au 2 juillet, les 22 opérateurs composant la colonne ont tiré 107 « bean bags » (des projectiles en petits sacs compacts remplis de billes), 30 munitions de LBD, 10 #grenades lacrymogènes et 4 grenades de désencerclement . Ils n’ont rempli aucune « fiche TSUA » (traitement et suivi de l’usage des armes), obligatoire après chaque tir pour les policiers classiques, en gage de traçabilité. Ils ne sont pas non plus équipés de caméras-piétons et leurs échanges radio, en circuit fermé, ne font l’objet d’aucun enregistrement.
Un premier tir depuis la tourelle
Lors du « briefing », la hiérarchie du Raid a appelé ses troupes à faire preuve d’une vigilance particulière sur les deux-roues, qui pourraient leur tourner autour et s’attaquer à elles. « Nous avions la sensation que les scooters étaient les leaders d’une guérilla urbaine, explique l’un des policiers placés en garde à vue, puis relâché sans suite. Nous avions la crainte de recevoir des cocktails Molotov comme les collègues de Strasbourg, qui se sont même fait tirer dessus à la kalachnikov… Les collègues de Nîmes se sont fait tirer dessus au 9 mm. »
C’est dans ce contexte que les policiers assistent, peu avant 1 heure du matin, à une scène qui attire leur attention. Alors qu’ils sont requis en centre-ville, pour sécuriser un magasin Foot Locker pillé, ils voient un piéton courir vers eux, tenant à la main un sac de marchandises volées. À sa hauteur, un scooter semble le suivre et se livrer à un étrange manège : il pourrait être son complice ou essayer d’arracher son butin. Dans tous les cas, « il y a matière à interpeller », estime Alexandre P. depuis sa tourelle.
Alors que certains de ses collègues mettent pied à terre, le policier tire au LBD à deux reprises. Il vise d’abord le piéton, puis se retourne vers le scooter de Mohamed Bendriss, qui « continue d’avancer alors qu’on lui demande de s’arrêter ».
« J’ai considéré son geste d’accélérer en direction du convoi comme un geste d’agression », explique Alexandre P., estimant sa distance de tir à dix mètres. « Je n’ai pas visé la tête, je voulais arrêter ce putain de scooter », qui « fonce sur nous », « met en péril notre capacité opérationnelle » et pourrait représenter « une menace », ajoute-t-il. « Je me protégeais et je protégeais les personnels du convoi à terre. »
Le policier constate que le scooter continue sa route. Sur le moment, il n’aurait même pas été certain de toucher Mohamed Bendriss. Les images, qu’il a visionnées par la suite, le lui confirment : « On voit mon projectile sortir de la veste du scooter du conducteur. […] C’est ma balle de défense qui sort de sa veste et qui vient tomber par terre. » C’est probablement ce tir qui a atteint Mohamed Bendriss en pleine poitrine.
« J’ai toujours fait mon travail dans les règles de l’art ; je ne veux pas la mort des gens », a indiqué Alexandre P. aux enquêteurs. « J’ai jamais été aussi stressé alors que j’ai vécu l’Hyper Cacher. C’est le ciel qui me tombe sur la tête. » Contacté par Mediapart et Libération, son avocat, Dominique Mattei, n’a pas souhaité s’exprimer.
Un « bean bag » dans le phare
« Au départ, c’est le monsieur du fourgon qui était sur le toit qui tirait et ses collègues se sont mis à faire pareil », indique à l’IGPN une riveraine, témoin de la scène. Une fois le scooter hors de portée d’Alexandre P., d’autres fonctionnaires prennent effectivement le relais : ils sortent du deuxième véhicule de la colonne, un multivan Volkswagen.
Les agents « E » et « F » (désignés ainsi dans l’enquête pour préserver leur #anonymat) tirent chacun un « bean bag » en direction du piéton, touché dans le dos, et parviennent à l’interpeller. Nabil B. sera condamné à quatre mois de prison ferme pour le vol de deux paires de Nike .
Au même moment, Jérémy P., le passager arrière gauche du multivan, se retrouve face au scooter. Celui-ci n’est plus qu’à une dizaine de mètres et fait « des embardées de droite à gauche ». Depuis leur fenêtre, des riveraines en déduisent que « le conducteur a dû être touché » et tente de garder l’équilibre. « Je me suis senti clairement en danger […] car je ne parvenais pas à comprendre ses intentions », avance de son côté Jérémy P. Il crie « stop » et met en joue Mohamed Bendriss avec son fusil « bean bag ».
« Le scooter n’a jamais ralenti, j’ai vu qu’il n’avait pas les mains sur les freins car il se rapprochait de plus en plus. À trois mètres de moi, je me suis rendu compte qu’il était trop près pour que je lui tire dessus, alors j’ai visé la calandre. […] Je l’ai impacté au phare, qui était éclairé et qui a explosé. Il a volé en mille morceaux, il y avait des éclats au sol. »
Quatre jours après les faits, c’est bien une munition « bean bag », fichée dans le phare du scooter, qui met les enquêteurs sur la piste du Raid . « Je suis certain d’avoir tiré en direction de son scooter et non de sa personne », répète Jérémy P. face à la juge d’instruction qui le met en examen. Son avocate, Chantal Fortuné, n’a pas souhaité s’exprimer.
Le troisième mis en examen soupçonné du tir à la cuisse
Malgré ce nouveau tir, le scooter continue à remonter le convoi. Grâce aux #vidéos récoltées au fil de l’enquête, l’IGPN établit qu’en quelques secondes, six détonations – des tirs de LBD ou de « bean bags » – retentissent. Ils ont du mal à attribuer la dernière, mais considèrent qu’il pourrait s’agir du tir de LBD qui a touché Mohamed Bendriss à la cuisse.
Un fonctionnaire fait office de suspect privilégié : Sylvain S., conducteur de la Laguna en troisième position dans le convoi. Sur certaines images, le canon de son LBD dépasse de sa fenêtre. « Je n’ai pas fait usage de cette arme », faute de « fenêtre de tir » satisfaisante, assure pourtant ce policier. « Le tir éventuel qui m’est reproché, c’est une blessure au niveau de la cuisse et c’est improbable au niveau de l’angle de tir », ajoute-t-il. Il est tout de même mis en examen. Son avocat, Nicolas Branthomme, n’a pas souhaité s’exprimer.
Comment comprendre que le Raid ait vu Mohamed Bendriss comme une menace ? Par des réflexes propres à son fonctionnement, mais inconnus du grand public. « Tout ce qui s’approchait de notre bulle de protection était considéré comme dangereux », résume l’un des opérateurs lors de sa garde à vue. « Il faut vraiment être stupide pour forcer un barrage de convoi du Raid », complète un autre, pour lequel « on ne pouvait pas se retrouver avec des émeutiers au milieu [du] convoi ».
Tous le répètent : au sein de leur colonne, deux médecins sont là pour prendre en charge d’éventuels blessés. Ils ont d’ailleurs porté assistance à Nabil B., le voleur de baskets. S’ils ne se sont pas inquiétés du sort de Mohamed Bendriss, c’est parce qu’il a continué sa route sans encombre et paraissait en bonne santé.
Vingt-six jours pour envoyer une vidéo
Pour aboutir à la convocation de toute la colonne du Raid les 8 et 9 août, le placement en garde à vue de cinq fonctionnaires susceptibles d’avoir tiré et la mise en examen de trois d’entre eux, les juges d’instruction et les enquêteurs de l’IGPN ont mené un énorme travail de collecte et de recoupement d’indices pendant un mois.
La nuit des faits, le scooter de Mohamed Bendriss, abandonné devant chez sa mère et volé dans la foulée, est retrouvé par un équipage de la brigade anticriminalité (BAC) à 3 heures du matin. Coïncidence : deux des trois policiers qui contrôlent et interpellent le voleur seront mis en examen, trois semaines plus tard, pour des « violences aggravées » contre Hedi R. la même nuit.
À la recherche du deux-roues, l’IGPN apprend le 6 juillet qu’il est stocké dans un commissariat marseillais et découvre qu’un « bean bag » est resté encastré dans le phare. Comprenant alors que le Raid pourrait être impliqué, la « police des polices » envoie une série de réquisitions à cette unité pour connaître l’équipement de ses membres, la chronologie de ses interventions au cours de la nuit et la composition de ses équipages. Elle obtient des réponses rapides, mais pas toujours complètes.
En parallèle, la #géolocalisation téléphonique de Mohamed Bendriss montre qu’il se trouvait au 54, rue de Rome à 00 h 57, puis sur le cours Lieutaud une minute plus tard. L’IGPN lance aussitôt une enquête de voisinage, récupère les images issues de caméras de la ville et de plusieurs commerces. Certaines retracent le trajet de Mohamed Bendriss, d’autres la progression de la colonne du Raid dans le centre-ville.
Une vidéo amateur de 25 secondes, tournée par une habitante de la rue de Rome depuis sa fenêtre, s’avère même cruciale. Elle montre l’interaction entre les policiers et le scooter, et permet aux enquêteurs de distinguer, à l’oreille, six détonations. Auditionnée par l’IGPN, la vidéaste prête un étrange serment sur procès-verbal : « Conformément à vos instructions, je m’engage à ne pas diffuser ce film à qui que ce soit ou à le montrer. Je prends acte qu’en cas de diffusion je pourrais être poursuivie par la justice. J’ai compris ce que vous me dites, je m’engage à respecter la loi. » La loi n’impose pourtant rien de tel.
Le 11 juillet, au détour d’un courrier sur la géolocalisation de ses véhicules, la patronne locale du Raid mentionne l’existence d’une caméra sur le « petit véhicule de protection », filmant en continu la progression du convoi. « Je vous précise que je tiens à votre disposition les enregistrements », indique la commissaire divisionnaire qui coordonne les antennes de l’échelon zonal sud du Raid (Marseille, Nice, Montpellier et Toulouse).
Cette vidéo n’est finalement transmise à l’IGPN que le 28 juillet, deux jours après une nouvelle réquisition formelle et presque un mois après les faits. Ce sont pourtant ces images de bonne qualité qui montrent, le plus clairement, le tir probablement fatal à Mohamed Bendriss.
Comme l’écrit l’IGPN dans son exploitation, « alors que le scooter progresse face au convoi, la veste de Mohamed Bendriss fait un mouvement soudain et s’étire de manière brusque du côté gauche. Au même instant, un objet rond et noir de petite taille se détache de la silhouette de Mohamed Bendriss semblant provenir du pan de la veste qui vient de sursauter et chute au sol ». Cet objet, qui tombe sur les rails du tram, « ressemble au projectile tiré par un LBD ».
Un visionnage collectif
Pourquoi le Raid n’a-t-il pas, de lui-même, transmis cette vidéo ? Si l’on se fie à leurs dépositions, les policiers de l’unité, dont le chef de l’antenne marseillaise et la coordinatrice zonale elle-même, craignaient pourtant depuis plusieurs semaines que le Raid soit impliqué dans le décès de Mohamed Bendriss.
Le 4 juillet, les premiers articles de presse évoquent le décès d’un conducteur de scooter touché par un tir de LBD à Marseille, dans des circonstances encore floues. A posteriori, les policiers du Raid expliquent s’être posé la question d’un lien avec leur intervention, mais l’adresse où a été retrouvé le jeune homme a tendance à les rassurer : ils ne se sont pas rendus cours Lieutaud. « L’adjoint au chef d’antenne a dit que nous n’étions pas concernés », affirme Alexandre P., pour qui « l’information était classée ».
Le doute persiste cependant, raconte leur chef d’antenne. « Des sources internes à la police semblent insister en pensant que le tir pourrait être celui d’une personne de la colonne. Avec mon adjoint, nous décidons par acquit de conscience de questionner les gars de manière globale. Certains nous font remonter qu’un scooter a traversé le dispositif au moment de l’interpellation rue de Rome et certains disaient qu’en traversant le dispositif, il a certainement essuyé des tirs. Ces déclarations ont motivé chez nous le souhait de visionner les images du PVP. »
Plusieurs opérateurs du Raid confirment qu’un débriefing ou une « réunion de crise » a eu lieu pour clarifier la position de chacun, regarder ensemble les images et identifier les potentiels tireurs. Si aucun ne donne la date de ce visionnage collectif, la coordinatrice zonale la situe « avant » la réception des réquisitions de l’IGPN, c’est-à-dire entre le 4 et le 6 juillet. Alexandre P., lui, estime qu’elle a eu lieu « suite aux réquisitions IGPN ». « Ça fait à peu près un mois qu’on sait qu’on est reliés à la mort de ce jeune homme », résume-t-il.
Selon ses dires, la coordinatrice a déjà connaissance des images lorsqu’elle rédige sa première réponse à l’IGPN , le 6 juillet, dans laquelle elle relate les événements marquants de la nuit du 1er au 2. Et semble s’appuyer dessus quand elle décrit, avec précision, « l’interpellation d’un individu sortant du magasin Foot Locker un sac à la main ».
« Un individu en scooter venait à sa rencontre. Les deux individus prenaient la fuite, le scooter forçait le passage de la colonne du Raid et parvenait à s’enfuir malgré l’usage de MFI [moyens de force intermédiaires – ndlr]. L’auteur du vol était interpellé rue de la Palud, en état d’ébriété et impacté par un tir de MFI. » Pour autant, dans son courrier, la #commissaire_divisionnaire ne propose pas à l’#IGPN de lui transmettre la vidéo du PVP.
D’après elle, plusieurs agents « se sont signalés rapidement » à leur hiérarchie, « beaucoup pensant avoir tiré, sans certitude cependant ». Mobilisés plusieurs nuits de suite sur les émeutes à Marseille, ils ne se souviennent pas de tous leurs faits et gestes et confondent parfois les scènes entre elles. Le 26 juillet, le Raid transmet finalement à l’IGPN une liste de cinq fonctionnaires « se trouvant sur le flanc gauche » du convoi – donc « susceptibles d’avoir utilisé » leurs armes contre Mohamed Bendriss. Au moment de se rendre à la convocation de l’IGPN, ils ont eu plus d’un mois pour préparer leurs réponses.
▻https://contre-attaque.net/2023/08/29/comment-le-raid-a-tue-mohamed-b
Si « l’élite » des forces anti-terroriste française est terrorisée par un scooter aperçu depuis une tourelle de blindé, alors il faut démissionner avant de commettre l’irréparable.
France / Affaire Hedi à Marseille : Le policier remis en liberté
▻https://www.aa.com.tr/fr/monde/france-affaire-hedi-%C3%A0-marseille-le-policier-remis-en-libert%C3%A9-/2981097
Le directeur de la police nationale peut enfin « dormir ».
▻https://contre-attaque.net/2023/09/01/le-policier-qui-a-tente-de-tuer-hedi-remis-en-liberte
Mayotte : pas d’eau mais des flics par centaines - Contre Attaque
▻https://contre-attaque.net/2023/08/27/mayotte-pas-deau-mais-des-flics-par-centaines
27 août 2023
De l’argent pour la répression, mais pas pour les besoins vitaux de la population : c’est désormais un classique macroniste
À Mayotte, depuis le printemps, l’État français a lancé l’opération « Wuambushu », qui signifie reconquête. Des centaines de forces de l’ordre appuyées par des bulldozers rasent des bidonvilles et arrêtent des centaines de personnes. L’objectif est d’expulser de cet archipel de l’Océan Indien, 101ème département français, les personnes nées sur l’île voisine, qui n’est pas française. Les moyens mis en œuvre sont colossaux : déploiement du RAID et de la CRS 8, qui a tiré à balles réelles, blindés, drones, grenades tirées par centaines, très nombreuses arrestations…
La situation est terrible, puisque certains habitants de bidonvilles doivent raser leurs propres maisons : le 22 mai, un ouvrier a fait un malaise cardiaque pour démolir la maison où il vivait avec sa famille. Il n’a pas pu être réanimé. Par ailleurs, des hôpitaux ont été bloqués pour empêcher les personnes « sans-papiers » d’accéder aux soins. Rappelons aussi que plus de 2000 enfants ont déjà été enfermés au Centre de Rétention de Mayotte en 2020, et plus de 3000 en 2019.
Pour mettre en place cette offensive coloniale militarisée, la France a débloqué des millions d’euros, déployé une logistique énorme pour déplacer des forces armées depuis la métropole à 10.000 kilomètres au nord, loué des hôtels… Pourtant, la France est littéralement en train de laisser son 101ème département mourir de soif.
Mayotte est frappée par une grave sécheresse et les autorités n’ont pas fait le nécessaire pour avoir des infrastructures à la hauteur. L’usine de dessalement est insuffisante, les retenues sont à sec. La crise de l’eau qui dure depuis des années s’aggrave. La préfecture vient d’annoncer que l’eau potable sera désormais coupée 2 jours sur 3, c’est à dire des coupures de 48 heures ! Rendez-vous compte : plus d’eau du robinet 4 jours par semaine dans un département français à partir du 4 septembre.
L’objectif de cette mesure est de faire “durer” les maigres réserves jusqu’à la prochaine saison des pluies en fin d’année. À Mamoudzou, Koungou, ainsi qu’en Petite-Terre, l’eau sera coupée toutes les nuits, de 16 à 8 heures.
Du reste, l’Agence régionale de Santé (ARS) de Mayotte a prévenu il y a quelques semaines que l’eau courante à Mayotte était désormais « impropre à la consommation » après les coupures. Des images montrent une eau boueuse, presque noire, sortir du robinet. Un scientifique local, Wirdani Toibibou, préconise de ne pas la boire du tout – peu importe l’heure de la journée. Des cas de maladies à cause de la consommation d’eau sale sont signalés. Et l’accès aux bouteilles d’eau en plastique est limité et inégalitaire.
De l’argent pour la répression, mais pas pour les besoins vitaux de la population : c’est désormais un classique macroniste
Une citerne d’eau potable pour les migrants retirée par la Ville de Calais
▻https://www.nordlittoral.fr/182673/article/2023-08-19/une-citerne-d-eaupotable-pour-les-migrants-retiree-par-la-ville-de-cala
Le 11 août, les services municipaux de la ville de Calais, menés par l’adjoint à la sécurité Philippe Mignonet, ont saisi une cuve d’eau potable installée quai de la Moselle par l’association Calais Food Collective (CFC). L’association a fini par récupérer son bien, tandis que l’élu assume pleinement.
Tags antisémites à Levallois : un suspect juif âgé de 74 ans jugé mi-décembre Afp - Le Figaro
Le suspect, un prothésiste dentaire de confession juive à la retraite et propriétaire du local visé par les tags, a invoqué de potentiels loyers impayés par le gérant du commerce pour expliquer son acte.
Le tribunal de Nanterre a renvoyé jeudi au 14 décembre le procès d’un homme de 74 ans interpellé après la découverte d’inscriptions à caractère antisémite samedi sur la devanture d’un commerce casher à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Placé en garde à vue, le suspect, un prothésiste dentaire de confession juive à la retraite et propriétaire du local visé par les tags, a comparu jeudi 24 août devant le tribunal correctionnel.
L’homme, qui comparaissait sous assistance respiratoire, a répondu de manière décousue aux questions de la présidente et invoqué de potentiels loyers impayés par le gérant de la sandwicherie pour expliquer son acte. Son avocat, Me Ian Knafou, a plaidé que son client, présenté comme « de confession juive et enfant de rescapé » de la Shoah, avait « pété un câble ».
Dans l’attente de son procès, il a été placé sous contrôle judiciaire et a reçu l’interdiction de paraître à Levallois-Perret, de rentrer en contact avec le gérant de la sandwicherie ou de se rendre à son domicile. Le tribunal a ordonné une expertise psychiatrique du prévenu, ainsi que le demandait son conseil.
Dans la foulée de la découverte des inscriptions, la municipalité de Levallois-Perret avait décidé d’entourer l’établissement d’une « palissade » pour cacher ces « tags immondes », dans l’attente du retour des gérants actuellement en vacances, selon la maire LR Agnès Pottier-Dumas. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, s’était dit sur X (ex-Twitter) « profondément choqué par ces inscriptions antisémites insupportables » et avait salué « la grande réactivité des policiers » ayant permis l’interpellation d’un autre suspect, relâché depuis. Les tags ont provoqué une vive indignation dans la classe politique.
#antisémitisme #religion #société #justice #police #enquête #tribunal #justice
Source : ▻https://www.lefigaro.fr/faits-divers/tags-antisemites-a-levallois-un-suspect-age-de-74-ans-juge-mi-decembre-2023
Jean Messiha ne devrait pas tarder à ouvrir une cagnotte.
▻https://contre-attaque.net/2023/08/25/tags-antisemites-et-intox-raciste
Médine : histoire d’un acharnement initié par l’extrême droite
▻https://contre-attaque.net/2023/08/23/medine-histoire-dun-acharnement-initie-par-lextreme-droite
Du rap, des paroles, des actes : démontage d’une opération diffamatoire
L’affaire est invraisemblable, et pourtant elle monopolise l’attention médiatique et politique depuis trois semaines. Alors que les agressions commises par l’extrême droite se multiplient partout, que des tags et des tracts néo-nazis apparaissent dans tout le pays, qu’un candidat ouvertement pétainiste, niant le caractère antisémite du régime de Vichy, a été massivement promu par les médias l’an dernier, c’est le rappeur Médine qui subit un acharnement délirant cet été.
Une polémique initiée par l’extrême droite
Tout part d’une invitation du rappeur aux Universités d’été de la France Insoumise et d’Europe Écologie les Verts. Lors de ce genre d’événement de la rentrée politique, des invités de différents courants sont invités à débattre. Mais c’est Médine, seule personnalité musulmane et issue des banlieues, qui est la cible d’une opération diffamatoire de grande envergure. Pour la droite et l’extrême droite, l’occasion est trop belle : taper sur la gauche et un artiste musulman, alimenter le fantasme de « l’islamo-gauchisme ».
Depuis des années, les fascistes veulent détruire Médine. Au sens littéral. En juin dernier, un groupuscule néo-nazi composé d’anciens gendarmes était jugé après avoir planifié, entre autres, l’exécution du rappeur. Régulièrement, la presse de droite et d’extrême-droite s’en prend à Médine, au point de faire annuler certains de ses concerts. Cet été, l’opération médiatique est plus puissante : elle vise à salir et exclure l’artiste, ses idées, son parcours. Tout, dans le moindre détail de sa vie, est ausculté, dans une sorte de procès à charge gigantesque. Pourtant, contrairement à Zemmour, Le Pen ou Sarkozy, Médine n’a jamais été condamné.
À la mi-août, Rachel Khan, une idéologue macroniste très médiatique, qui a notamment déjeuné gaiement avec Le Pen et milite dans des milieux très à droite, lance l’assaut. Elle traite le rappeur de « déchet », veut faire annuler son invitation aux Universités d’été. Elle interpelle sur Twitter l’élue de la France Insoumise Mathilde Panot à propos du mot « rescapé ». Mathilde Panot avait prononcée ce mot à l’Assemblée des mois plus tôt à propos de la Première Ministre Borne, qui avait été maintenue à son poste par Macron. Rachel Khan estimait que ce mot devait être « expliqué » par Médine. Un raisonnement particulièrement tortueux pour ne pas dire hors sujet.
Sur Twitter, le rappeur répond à la question de Rachel Khan, en la décrivant comme « Reskhanpé », car « jetée de la place du Hip Hop ». Un jeu de mots plutôt moyens, et obscur si l’on ne sait pas à quoi il fait référence, à savoir le parcours professionnel de l’intéressée.
Rachel Khan est connue par les rappeurs car elle avait dû démissionner du « centre culturel Hip-Hop de la Ville de Paris » après avoir publié un livre très à droite. Un brûlot contre les idées « décoloniales ». Un ouvrage félicité par le Rassemblement National. Après cette démission, Rachel Khan avait retrouvé un fauteuil confortable sur la chaîne d’extrême droite Cnews.
À partir de ce jeu de mot, c’est l’emballement. Khan, le nom de famille du père Gambien de l’essayiste, est un nom musulman d’Afrique de l’Ouest. Mais Rachel Khan a aussi une mère juive, dont la famille a subi la déportation. Qu’importe si Médine est coutumier d’expressions autour de Khan, puisqu’il surnomme sa famille la « Khan family » depuis des années sur les réseaux, que sa compagne a écrit en 2021 un livre « Bienvenue à la Khantoche » ou que son fils se nomme Gengis, en référence au Khan mongol, ni que le tweet vise les mésaventures de l’essayiste de droite dans le milieu du Hip-Hop…
Les médias parlent immédiatement, sans doute possible, d’une attaque antisémite visant les origines de Rachel Khan. Le rappeur précise immédiatement qu’il visait « le parcours professionnel » de sa détractrice et s’excuse d’une formule « pas adaptée » qui « n’était pas dirigée vers sa famille ni vers les victimes du drame de la Shoah ». Cela ne suffit pas. Tous les médias et l’extrême droite, d’habitude si tolérants avec le racisme, accusent le rappeur d’antisémitisme et d’islamisme. Et dissèquent son passé, jusqu’à attaquer son nom d’artiste – Médine est une ville sainte de l’Islam –, alors que Médine est juste… son prénom de naissance.
Géométrie variable
La fachosphère déterre une photo de 2014 de Médine faisant une quenelle. Le présentateur télé Yann Barthès avait pourtant été photographié la même année faisant une quenelle sans être jamais inquiété. Il avait suffit qu’il déclare « ce n’était qu’un gimmick à la mode sur les photos et qui au fond ne représente plus grand chose aujourd’hui » pour être absout. On a vite oublié aussi les quenelles du basketteur Tony Parker, du judoka Teddy Riner, du chanteur Patrick Bruel, de Yannick Noah qui a pointé le doigt vers le soleil en compagnie de Dieudonné – un signe antisémite sans ambiguïté .. Les humoristes Jean-Marie Bigard ou Arnaud Tsamère, dont le dernier est un habitué des plateaux de France 2 et des studios de RTL, ont aussi été photographiés faisant une quenelle. Aucune de ces personnalités n’a jamais été inquiétée pour ces gestes. Toutes, même, ont pu continuer leurs carrières médiatiques.
Mais pas Médine ? Il est pourtant le seul de cette longue liste à avoir reconnu publiquement son erreur. Le 23 mai dernier, interrogé par Médiapart, il s’était excusé : « Je revendique le droit à l’erreur. J’ai regretté [ce geste] parce que des récupérateurs et la personne en question lui ont donné un autre sens. Avec le recul, ça fait partie des errances que j’ai pu avoir. Je me trompe parfois, et je n’ai surtout pas peur de le dire en public. »
Soyons clairs : la quenelle est un geste abject, malheureusement popularisé par Manuel Valls qui, en voulant l’interdire au début des années 2010, l’a paradoxalement mis sur le devant de la scène. Antisémite, la quenelle était alors devenue un symbole confus de détestation du ministre, largement repris. 10 ans plus tard, ce geste est heureusement passé de mode.
Aujourd’hui, lorsque Macron tente de réhabiliter Pétain et Maurras, figures de proue de l’antisémitisme français, lorsque Le Figaro fait l’apologie de l’antisémite Barrès, lorsque Darmanin publie un livre aux accents antisémites, il n’y a aucune polémique. Le problème n’est donc pas la quenelle. Il est ailleurs : Médine est musulman, rappeur et militant, il aura donc forcément tort aux yeux des dominants.
Venons en au fond. Car ce qui compte ce sont les paroles et les actes. Et nous n’avons pas trouvé, ces 10 dernières années, une parole ou un acte de Médine qui corresponde au portrait à charge délirant qui est fait cet été. Bien au contraire.
Des paroles
Pour Médine, « le rap n’est pas une machine à sous mais une machine à penser », il doit délivrer un message, éveiller les consciences. L’intégralité de l’œuvre de Médine se dresse contre l’intolérance religieuse, le racismes, le choc des civilisations. Et appelle à l’amitié entre les peuples.
Dès 2005, le titre de son album, systématiquement tronqué par les médias, est « Jihad : Le plus grand combat est contre soi-même ». Autrement dit, le vrai jihad est un combat intérieur, spirituel, un acte de sagesse et pas un acte de violence. Dans cet album, Médine compose notamment le superbe titre « Du Panshir à Harlem » qui retrace le parcours de Malcolm X, militant afro-américain, et de Massoud, commandant Afghan qui résistait à l’armée russe et aux fanatiques religieux. Le morceau dénonce les talibans qui comprennent le Coran « comme des ânes » et finiront par tuer Massoud, mais aussi les suprémacistes noirs qui vont abattre Malcolm X lors d’un meeting. Le héros de la cause noire finit « assassiné par ses frères ». À travers ce double portrait de figures émancipatrices, Médine attaque les sectarismes, religieux et politiques.
Même complexité dans “Alger pleure” où l’artiste parle de sa double origine, française et algérienne, « moitié colon moitié colonisé ». Il dénonce naturellement les exactions de l’armée française mais aussi les excès du FLN et souligne l’engagement de certains français « sympathisants de la cause indépendantiste ». Il conclut, en guise d’appel au dialogue : « Du pied noir au maquisard, on est tous en mal d’histoire ». Sur un sujet aussi sensible, Médine refuse les assignations identitaires et les conflits ethniques et religieux. Le terrain était pourtant miné, il esquive les pièges de façon magistrale.
Dans la même logique, le rappeur dénonce en 2022, dans le morceau « Perles d’Insta », les « muslims de chez Wish », qui n’ont « pas lu le livre » et lui donnent des leçons de religion ou de langue arabe, lui le métis marié avec « une belle laotienne ». Dans « Hotmail » en 2006, il dénonçait déjà les forums « Où l’on confond Massoud et Oussama Ben Laden » et se moque des obscurantistes voulant interdire sa musique, ceux qui « veulent être plus royalistes que les rois ». Traité d’islamiste par la droite, il est aussi attaqué par les dogmatiques.
Dans le titre Grand Médine en 2014, le rappeur chante : « je veux réconcilier les gens pas comme Soral mais Desmond Tutu », dénonçant ainsi l’essayiste antisémite proche de Dieudonné, et prend pour exemple l’archevêque sud africain qui luttait contre l’apartheid. En 2008, dans le titre RER D, il chante : « Que pensez-vous ici de l’antisémitisme ? Réponse : C’est un cancer tout comme l’islamophobie ».
Dès 2004, Médine livrait une analyse assez fine du conflit israélo-palestinien, avec les titres « David » et « Daoud ». Refusant les schémas manichéens, il racontait l’histoire de Daoud, palestinien dont le frère a été tué par l’armée Israélienne et qui veut se venger, et de David, adolescent israélien anti-colonialiste, en désaccord avec ses parents, militaires. David est tué dans un attentat, il « est mort et ses parents vont se venger ». Un récit croisé bouleversant dénonçant la spirale sans fin de la violence et de racisme au Proche-Orient.
Dans « Médine France » en 2022, le rappeur critique à la fois la précarité et le racisme qui règne en France mais aussi « l’Algérie des généraux » ou Dubaï est ses « exilés fiscaux » et la coupe du monde a Qatar « pleine de sang d’bosseurs ». Un texte fort qui s’en prend aux puissants de tous les pays, au capitalisme, sans tomber dans le schéma facile d’un « choc » entre monde musulman et occident.
La chanson « J’démine » sortie en 2015, après les attentats contre Charlie Hebdo est un appel à la paix. Il déplore : « ils me prennent pour un poseur de bombes », demande « Qui importe le conflit ? Qui complique les rapports ? Qui crée du repli et du communautarisme ? » et explique : « Nous étions vêtus de combinaisons marquées “co-exist”, C’est pas l’bruit des bottes qui effraie, mais le silence des pantoufles ».
Ses références sont régulièrement marquées à gauche, puisqu’il se décrit comme « Anti-colonial Jean Jaurès » dans un morceau de 2015, se réfère à Edwy Plenel ou aux grandes personnalités militantes et anti-colonialistes. Il va plus loin en 2023 dans une interview donnée au média Ballast en expliquant : « On veut la justice sociale, on veut combattre l’extrême droite, on veut en finir avec les mécanismes d’oppression qui frappent à la fois les populations LGBT, à la fois les racisés, à la fois les féministes. On doit aller dans le même sens, avoir un ennemi commun ».
Bref, les mots de Médine sont à l’opposé de ce qui en est dit dans les médias, et bien plus érudits et pertinents que ceux des dirigeants de la gauche française.
Des actes
Car Médine est aussi engagé dans le monde réel. Il y a 10 ans, le rappeur participait déjà à un concert pour la libération de Salah Hamouri, prisonnier politique palestinien. Quelques années plus tard, il était à la Fête de l’Humanité. En 2023, il était dans la rue contre la réforme des retraites, chose rare par les temps qui courent : une célébrité qui se met en jeu directement dans les manifestations.
Le 1er mai, Médine chantait au Havre contre la venue du RN dans sa ville. Depuis quelques années, il s’engage dans les combats contre le racisme et les LGBTQIphobies, participe volontiers aux concerts anti-racistes et antifascistes, s’engage dans le réseau associatif du Havre…
Combien de militants et de personnalités de gauche peuvent se vanter d’en avoir fait autant dans la lutte contre l’extrême droite et pour populariser nos mots d’ordres dans un contexte aussi défavorable ? Combien ont diffusé aussi largement une culture populaire et historique, touchant autant de monde ?
Certainement pas les élus du PS et des verts, qui ont accompagné tous les reculs politiques des dernières années, allant jusqu’à manifester avec le syndicat Alliance pour réclamer plus d’impunité policière. Plutôt que d’accabler un chanteur, ils devraient se cacher sous terre.
Et maintenant ?
L’opération de l’extrême droite est en train de gagner, au moins médiatiquement. Des élus EELV se décommandent de leur propre Université d’été. Une partie de la gauche qui n’en finit plus de se soumettre dans les médias. Des écologistes parlent de Médine avec paternalisme, comme s’il était un sauvage inculte qu’il faudrait éduquer. Oubliant que l’artiste est bien plus érudit et fin que la plupart des chefaillons des partis de gauche.
Les offensives contre le rap ne sont pas nouvelles. Avant Médine, les rappeurs du groupe Sniper, de La Rumeur, NTM et bien d’autres avaient été attaqués par la droite et les syndicats de police. Sauf qu’en 2023, une partie de la gauche hurle avec les loups.
Cette affaire aura au moins le mérite de poser une ligne de démarcation claire entre une gauche bourgeoise, prête à s’excuser face aux attaques de l’extrême droite, et celle qui reste fière, qui refuse d’étouffer la parole issue des quartiers.
La France : pays le plus fiché d’Europe - Contre Attaque
▻https://contre-attaque.net/2023/08/22/la-france-pays-le-plus-fiche-deurope
En 1987, l’État français crée un #fichier visant à répertorier les empreintes digitales des personnes suspectées de certains crimes. En 1998, un palier supplémentaire est franchi : suite à l’épouvantable affaire Guy Georges, un tueur et violeur en série, le gouvernement crée le #FNAEG. Le « Fichier national automatisé des #empreintes_génétiques ». Il s’agit à l’époque de prélever l’#ADN dans des cas très précis, dans le cadre d’affaires gravissimes : celui des personnes condamnées pour viol, corruption de mineur et « meurtre ou assassinat d’un mineur précédé ou accompagné d’un viol, de tortures ou d’actes de barbarie ».
En 2002, le FNAEG ne fichait que 2824 individus. Depuis, les lois sécuritaires et le contrôle de la population ont tellement augmenté qu’il suffit d’être interpellé pour un tag ou la moindre manifestation pour que la police réclame votre ADN. C’est désormais systématique et présenté comme obligatoire à la moindre arrestation. Avec l’objectif implicite de ficher génétiquement la totalité de la population.
Selon un document interne de l’Union Européenne de mai 2023, 6.5 millions d’ADN de français sont désormais fichés. Plus de 10% de la population de plus de 20 ans ! Et ces données sont conservées 10 à 40 ans, sans aucune transparence.
Les Soulèvements de la Terre
Visiblement, le ministre des golfs est assez hydraté en ce mois d’août infernal pour pleurer sur quelques mètre carrés de green généreusement arrosés, alors que 72% des nappes du pays sont en dessous des moyennes et 38 départements en alerte sécheresse (dont le 86) ?
"Voilà donc les moyens d’action « pacifiques » de ceux qui, prétendant défendre une « cause », dégradent, détruisent, saccagent le travail et l’outil de travail d’autrui. Il n’y aura jamais de dialogue possible avec ceux qui entendent imposer leur loi par la violence. Jamais." Marc Fesneau
Rappel du contexte : le convoi de l’eau contre les #mégabassines et pour le partage de l’eau était hier en pause de midi en plein soleil à côté d’un plan d’eau avec des cyanobactéries et où la baignade était donc interdite.
Hors du programme prévu par le convoi, quelques dizaines de personnes ont de toute évidence spontanément voulu aller se rafraîchir sur un des points d’arrosage du golf situé juste à côté et ont au passage arraché quelques mottes de green et laissé des messages revendicatifs.
Rappelons que la présence accrue de cyanobactéries qui interdit l’accès à un nombre toujours croissant de plans d’eau dans le pays est dûe notamment à la surprésence d’azote causée par l’épandage d’engrais de synthèse dans les sols.
▻https://www.leparisien.fr/environnement/quest-ce-que-les-cyanobacteries-responsables-de-la-fermeture-de-nombreux-
Rappelons aussi que les golfs sont une source considérable de gaspillage d’eau, qui fait l’objet de dérogations préfectorales d’arrosages l’été, contrairement à des usages domestiques (arroser son potager) et même parfois agricoles.
D’après un rapport de 2002 du Sénat, l’ensemble des golfs consommeraient 36 millions de m3 d’eau (équivalent à la ville de Lyon). Un rapport de la fédération de golf de 2019 avance le chiffre de 29 millions de m3. Un golf 18 trous (comme celui de Beaumont-Saint-Cyr) a besoin de 5000m3/jour, soit la consommation en eau de 12 000 habitant-es.
Les golfs sont aussi très goumands en pesticides : 18kg/ha en moyenne contre 2,5kg/ha en agriculture.
ℹ️ Source : ▻https://reporterre.net/Arrosage-des-g
Le golf de Beaumont-Saint-Cyr est d’ailleurs dans une zone d’alerte sécherresse renforcée ⤵️
Selon notre cartographie interactive @Mediapart, ce golf se situe en territoire Alerte renforcée sécheresse et à proximité d’un cours d’eau dont le débit a diminué de 86%. 👉▻https://mediapart.fr/journal/ecologie/270723/les-megabassines-l-epreuve-du-chaos-climatique-notre-carte-interactive
Le golf est un « sport » réservés aux classes sociales (très) supérieures : d’après l’INSEE, le golfeur type est un homme de 48 ans de catégorie aisée (21% des golfeurs gagnent +60k€/an).
De l’eau pour les loisirs des riches, des restrictions pour les potagers des pauvres.
Face à cette injustice en pleine sécheresse, de nombreux golfs avaient été d’ailleurs été dégradés par des groupes de « sangliers radicalisé-es » ou autres collectifs l’an dernier.
En réaction à ces quelques mottes de green arrachées, le préfet Girier de la Vienne a dénoncé une « dégradation intolérable »
Nous ce qu’on trouve intolérable, c’est qu’un préfet puisse signer en scred un protocole pour 30 bassines, dire 2 mois après « y’aura pas assez d’eau pour les remplir » et enfin torpiller une étude (HMUC) critique des bassines sans subir de conséquences.
Que dire sur Marc Fesneau, ministre des golfs de son État, si ce n’est qu’il s’émeut d’un golf quand 1/3 des eaux du pays sont polluées avec un fongicides interdits (entre autres exemples) ou que 120 communes sont privées d’eau potable.
Et c’est bien là la raison pour laquelle on a tardé à réagir : on préférait pédaler que de répondre à cette tentative de panique morale nulle – qui s’est d’ailleurs retournée contre M.Fesneau et la Préfète du 86.
Si on devait répondre à chaque tentative de diversion, on ne ferait que ça, et c’est ce qu’ils veulent, parce que sur les sujets de fond (mégabassines, protocole antidémocratique, fermes usines, dérogations préfectorales pour les golfs, plan eau, etc.), ils n’ont rien à dire.
ps : y’a aussi Arnaud Rousseau (@rousseautrocy) qui s’indigne de « de l’atteinte aux biens et aux personnes » et de la « violence », mais devons nous rappeler les pratiques de la FNSEA ? M.Fesneau et lui pourront-ils continuer à discuter ?
▻https://basta.media/chronologie-60-ans-d-actions-violentes-faut-il-pour-autant-dissoudre-la-FNS
▻https://twitter.com/lessoulevements/status/1693540958715986244
Convoi de l’eau : un golf désarmé dans le Poitou
▻https://contre-attaque.net/2023/08/20/convoi-de-leau-un-golf-desarme-dans-le-poitou
Le golf est loisir onéreux pratiqué par les élites. C’est aussi l’un des sports les plus polluants au monde. Et probablement le plus consommateur en eau. Un golf haut de gamme de 18 trous peut avoir une consommation moyenne de 5000 mètres cube d’eau par jour, ce qui correspond à la production nécessaire aux besoins d’une collectivité de 12.000 habitants. Au niveau mondial on estime que 9,5 milliards de litres d’eau sont utilisés chaque jour pour arroser les pelouses des golfs : presque autant que ce que boit l’ensemble de l’humanité ! Pour qu’une poignée de bourgeois mettent leurs petites balles dans des trous.
Le golf est aussi destructeur des sols. Les parcours doivent présenter un gazon impeccable, sans aspérité, sans vie : les mauvaises herbes, les fleurs, petites bêtes et mottes doivent disparaître. Une étude estime que 18 kilos de pesticides sont utilisés par hectare et par an pour le golf. L’agriculture productiviste en utilise en moyenne 2,5 kg par hectare et par an. Et c’est déjà trop.
Polluant, ultra-gourmand en eau et réservé aux nantis, le golf est pourtant soutenu par les autorités, qui adoptent des restrictions d’eau pour les particuliers mais privilégient généralement les golfs. Alors qu’une canicule frappe de nouveau la France, la poursuite de ces loisirs irresponsables est un scandale.
Ce dimanche 20 août, le « convoi de l’eau » parti de Sainte-Soline en direction de Paris entamait sa troisième journée de voyage, drainant 700 cyclistes et des dizaines de tracteurs. En chemin, vers midi, le golf de Beaumont-Saint-Cyr dans le Poitou a été désarmé. Ce golf de 18 trous, dont l’abonnement annuel coûte un SMIC, a été envahi par des dizaines de personnes qui ont fait tomber le grillage, avant de dégrader le gazon, de taguer le slogan « 100 jours pour les sécher » et de saboter le système d’irrigation.
La gendarmerie a stoppé le convoi et contrôlé des personnes, mais aucune interpellation n’a été effectuée. Le ministre de l’agriculture, ami des lobby les plus destructeurs de l’environnement, s’est excité contre ceux qui, selon lui, « dégradent, détruisent, saccagent le travail et l’outil de travail d’autrui » ajoutant « Il n’y aura jamais de dialogue possible avec ceux qui entendent imposer leur loi par la violence. Jamais ». La préfecture a aussi dénoncé un acte « intolérable ».
On parle de trous dans une pelouse. Le ministre Fesneau ne connaît même pas les bases du droit, une dégradation pacifique ne sera jamais une « violence ». En revanche, lorsque des milliers de gendarmes ont fait de vrais trous dans les corps d’êtres humains venus manifester à Sainte-Soline, Marc Fesneau a totalement assumé et encouragé ces violences. Leur « dialogue » ne se fait qu’à coups de grenades.
L’action réalisée ce dimanche n’est pas isolée. L’année dernière le golf de Saint-Cloud avait été attaqué par des “Sanglier-es radicalisé-es”. L’été dernier, le golf municipal de Limoges et le Golf de Panazol avait été envahis et des légumes avaient été plantés dans les trous des greens. Quelques jours plus tôt, des golfs de l’agglomération toulousaine avaient aussi désarmés : les trous bouchés avec du ciment, des pancartes laissées çà et là sur les parcours, et le terrain abîmé. Dans l’Oise en septembre, un autre golf avait été saboté.
Les végétaux qui nous nourrissent et l’eau qui nous maintient en vie sont plus essentiels que les gazons entretenus pour le plaisir d’une infime minorité de privilégiés.
La FNSEA s’insurge de l’extrême-violence qui consiste à arracher quelques brins d’herbe bien verte sur un green de golf au milieu d’un département en restriction d’eau.
La FNSEA, c’est ça ⬇️
🎥@CharliB97783485
▻https://video.twimg.com/ext_tw_video/1671636559051849730/pu/vid/540x540/DjkqfGUxdReDg7pi.mp4?tag=12
Pour aller dans le sens du slogan sur le mur dans l’article ►https://basta.media/chronologie-60-ans-d-actions-violentes-faut-il-pour-autant-dissoudre-la-FNS
►https://basta.media/local/cache-gd2/27/abb889a48a02bc2a836235b6a07916.jpg?1687934775
cité plus haut :
►https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-1385
777 voix, il en faut au moins 10.000 avant le 4 octobre, sinon poubelle.
Faites péter le compteur 😝
Je vais quand même pas annuler ma signature pour avoir le plaisir de la signer à nouveau, non ?
@sombre tu peux effectivement « dé-signer » et re-signer, ça peut même devenir compulsif :-) ceci-dit, le mieux est de partager le plaisir et de trouver deux ou trois autres personnes pour faire monter le compteur ; si en sus ces personnes font l’effort de faire signer d’autres fans, autant ça démarre une « mobilisation » exponentielle de raison 2 ou 3 ?
« Après l’Allemagne, le Portugal lance un abonnement mensuel à 49€ pour prendre le train à volonté.
Pendant ce temps, en France, la SNCF lance un paiement en 3 fois avec frais pour couvrir les hausses de tarif.
La macronie, c’est l’Histoire en sens inverse. »
▻https://www.lefigaro.fr/voyages/au-portugal-vous-pouvez-desormais-prendre-le-train-a-volonte-pour-49-euros-
S’inspirant de l’initiative allemande, le Portugal propose depuis le 1er août un abonnement mensuel permettant d’emprunter l’ensemble des trains régionaux. Mais attention, de nombreuses restrictions s’appliquent.
Voilà un sésame très intéressant pour les amateurs de train. Après l’Allemagne, le Portugal vient de lancer un abonnement mensuel permettant d’emprunter son réseau ferré à volonté. Depuis le 1er août, le National Train Pass permet de se déplacer dans tout le pays pour 49 € par mois. Et bonne nouvelle, cet abonnement est ouvert à tous les Européens, y compris aux simples touristes, comme le confirme le portail d’information de l’espace Schengen.
En France pour beaucoup de trajets courts/moyens ça revient juste moins cher de louer une bagnole.
La France a un train de retard
▻https://contre-attaque.net/2023/08/21/la-france-a-un-train-de-retard
➡️ Depuis le 1er mai 2023, l’Allemagne propose aux voyageurs un nouvel abonnement mensuel à 49 euros. Le “D-Ticket” permet d’utiliser les bus, métros, tramways et trains de manière illimitée pour faire le tour du pays. Sont exclus de l’offre les trains de longue distance soit l’équivalent des TGV français. Durant l’été 2022, la Deutsche Bahn, l’entreprise ferroviaire publique allemande avait mis à disposition des forfaits à 9 euros pour voyager dans tout le pays sans restrictions.
➡️ Août 2023, le Portugal met en vente un pass à 49 euros par mois. Celui-ci permet aux usagers du rails de voyager à volonté sur tout le réseau de trains régionaux Portugais.
➡️ Août 2023 toujours : La SNCF propose de payer à partir de 150 euros des billets de trains en trois fois… avec des intérêts de 1,5% à 1,6%. Ce n’est pas une blague. Une offre censée inciter la population à utiliser les transports ferroviaires. Pourquoi pas vendre des organes en échange de billets de TER ?
➡️ Le train émet 11 fois moins de gaz à effet de serre que la voiture et jusqu’à 130 fois moins qu’en avion. La France possède le deuxième réseau ferré le plus dense d’Europe mais elle investit moins que ses voisins européens dans les infrastructures ferroviaires, notamment 3 fois moins que les Allemands.
➡️ Les néo-libéraux français sacrifient le train tandis que l’État subventionne l’aviation. Il n’y a pas de taxe sur le kérosène et la TVA est réduite. L’argent public sert massivement à soutenir l’industrie aéroportuaire. Le train est délaissé au profit d’un moyen de transport extrêmement polluant. On marche sur la tête.
➡️ Les prix pour se déplacer en train explosent. Le réseau fait payer aux voyageurs des « péages ferroviaires », une redevance qui représente entre 35 et 40 % du prix des billets pour les TGV et 15% de ceux d’un TER. Cette taxe est l’une des plus élevées d’Europe. 5 fois plus qu’en Italie ou en Suède !
À l’heure de la catastrophe environnementale et en période inflationniste, le gouvernement français avance à contre courant. Au moment où il faudrait penser la gratuité du train pour toutes et tous et développer massivement le réseau ferroviaire, les macronistes au pouvoir font exactement l’inverse. Au détriment du climat et de la population.
Le travail tue - Contre Attaque
▻https://contre-attaque.net/2023/08/17/le-travail-tue
Un intérimaire de 70 ans. Un double scandale : celui de la précarité au travail qui expose davantage aux accidents, et l’âge avancé du défunt, qui aurait dû bénéficier d’une retraite méritée. Cette mort injuste ne tournera pas en boucle sur les chaînes d’informations en continu, qui préfèrent commenter les blessures imaginaires des forces de l’ordre, et aucun ministre ne rendra hommage à cet homme.
Marseille : le gouvernement brise la grève des nettoyeurs - Contre Attaque
▻https://contre-attaque.net/2023/08/12/marseille-le-gouvernement-brise-la-greve-des-nettoyeurs
La gare de Saint-Charles à #Marseille est l’une des plus importantes de France et connaît un important afflux de voyageurs en été. Depuis 10 jours, les #agents_de_nettoyage de la gare sont en grève pour dénoncer le non-paiement de leurs salaires par l’entreprise Laser propreté. Et les déchets se sont accumulés dans la gare.
Cette histoire est un condensé du monde macroniste : la précarité des travailleurs, la privatisation du service public ferroviaire qui utilise des sous-traitants privées pour le nettoyage des gares, l’exploitation brutale qui va jusqu’à arrêter de verser les salaires…
Qu’ont fait les autorités ? Ont-elle sommé le patron voleur de payer les agents volés ? Non, elles ont brisé la grève, purement et simplement.
Le 10 août, le maire « socialiste » de Marseille Benoit Payan prenait un arrêté « enjoignant la SNCF à nettoyer la gare ». Le soir même, des forces de l’ordre intervenaient pour escorter d’autres employés du nettoyages pour briser la grève. Plutôt que de régler les causes du mouvement, on efface ses traces. Le Ministre des transports Clément Beaune se félicite sur Twitter que « la gare Saint-Charles a été nettoyée cette nuit. C’était indispensable, face à une situation indigne. Merci aux agents qui sont intervenus et aux services de l’État pour leur action ». Tout fier de piétiner la dignité de grévistes.
Un précédent article de Tiphaine Guéret dans CQFD sur cette même entreprise (de merde).
▻http://2020.cqfd-journal.org/Agent-es-de-nettoyage-en-greve-Si
#nettoyage #syndicalisme
🛑 🛑 LA DISSOLUTION DES SOULÈVEMENTS DE LA TERRE EST SUSPENDUE ! Contre Attaque
« Une bonne nouvelle dans la morosité ambiante. Le 21 juin dernier, après avoir réprimé dans le sang la mobilisation de Sainte-Soline, le gouvernement enfonçait le clou en prononçant la dissolution des Soulèvements de la Terre. C’était une offensive inédite : pour la première fois, les autorités utilisaient cette procédure d’exception contre une immense coalition écologiste réunissant des centaines de collectifs et des dizaines de milliers de membres (...) »
🌍 #soulevementsdelaterre #écologie #anticapitalisme
⚡️ #Darmanin #macronie #dissolution #répression #autoritarisme
✊ #onnedissoutpasunsoulèvement #solidarité
⏩ Lire l’article complet...
►https://contre-attaque.net/2023/08/11/la-dissolution-des-soulevements-de-la-terre-est-suspendue
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« Gigantesque revers pour la politique répressive de G.Darmanin et E.Macron contre les mouvements écologistes !
Le Conseil d’État suspend en référé la dissolution des Soulèvements de la Terre et dénonce l’atteinte à la liberté d’association ! »
Le juge des référés du Conseil d’État, statuant dans une formation composée de trois conseillers d’État, suspend aujourd’hui la dissolution des Soulèvements de la Terre prononcée par un décret en conseil des ministres du 21 juin dernier. Saisis par ce collectif et par plusieurs associations, partis politiques et particuliers, les juges des référés estiment qu’il existe un doute sérieux quant à la qualification de provocation à des agissements violents à l’encontre des personnes et des biens retenue par le décret de dissolution.
Le 21 juin 2023, le Gouvernement a prononcé la dissolution du collectif « Les Soulèvements de la Terre » constitué fin janvier 20211. Ce décret a été attaqué par ce collectif et par plusieurs associations, partis politiques et particuliers qui ont également demandé au Conseil d’État de suspendre en référé cette dissolution.
Pour qu’il soit fait droit à la demande de suspension en référé, deux conditions doivent être remplies : que la mesure en cause caractérise une situation d’urgence et qu’il y ait un doute sérieux sur sa légalité. Les juges des référés du Conseil d’État estiment que ces deux conditions sont remplies.
Les juges des référés du Conseil d’État observent tout d’abord que la dissolution des Soulèvements de la Terre porte atteinte à la liberté d’association et crée pour les requérants une situation d’urgence. Ils estiment donc que la première condition nécessaire pour ordonner la suspension est remplie.
Les juges des référés du Conseil d’État relèvent ensuite que, au stade du référé, les éléments apportés par le ministre de l’intérieur et des outre-mer pour justifier la légalité du décret de dissolution des Soulèvements de la Terre n’apparaissent pas suffisants au regard des conditions posées par l’article L. 212-1 du code de la sécurité intérieure2. En effet, ni les pièces versées au dossier, ni les échanges lors de l’audience, ne permettent de considérer que le collectif cautionne d’une quelconque façon des agissements violents envers des personnes. Par ailleurs, les actions promues par les Soulèvements de la Terre ayant conduit à des atteintes à des biens, qui se sont inscrites dans les prises de position de ce collectif en faveur d’initiatives de désobéissance civile, dont il revendique le caractère symbolique, ont été en nombre limité. Eu égard au caractère circonscrit, à la nature et à l’importance des dommages résultant de ces atteintes, les juges des référés considèrent que la qualification de ces actions comme des agissements troublant gravement l’ordre public au sens du 1° de l’article L. 212-1 du code de la sécurité intérieure soulève un doute sérieux.
Pour ces raisons, le Conseil d’État, statuant en référé, suspend la dissolution des Soulèvements de la Terre. Après cette décision provisoire, le Conseil d’État rendra une décision définitive ultérieurement (jugement « au fond »), dont l’ordonnance rendue ce jour précise qu’elle devrait pouvoir intervenir rapidement, vraisemblablement à l’automne.
▻https://reporterre.net/Le-Conseil-d-Etat-suspend-en-refere-la-dissolution-des-Soulevements-de-l
Doute sérieux
Ainsi, les juges des référés considèrent que la qualification de ces actions comme des agissements troublant gravement l’ordre public au sens du 1° de l’article L. 212-1 du Code de la sécurité intérieure soulève un doute sérieux.
Pour ces raisons, le Conseil d’État, statuant en référé, suspend la dissolution des Soulèvements de la Terre.
Après cette décision provisoire, le Conseil d’État rendra une décision définitive ultérieurement (jugement « au fond »), dont l’ordonnance rendue ce jour précise qu’elle devrait pouvoir intervenir rapidement, vraisemblablement à l’automne.
VICTOIRE 🏆 Le Conseil d’Etat suspend le décret de #dissolution des Soulèvements de la Terre !
Bravo à nous tout•es, individus et organisations, qui nous sommes opposé•es à cette dissolution injuste ✊ Ensemble, nous sommes une force tellurique !
▻https://twitter.com/lessoulevements/status/1689990527775571968
La dissolution des Soulèvements de la Terre est suspendue !
►https://contre-attaque.net/2023/08/11/la-dissolution-des-soulevements-de-la-terre-est-suspendue
Riposte collective au Conseil d’État et nouvelle gifle pour Darmanin
Une bonne nouvelle dans la morosité ambiante. Le 21 juin dernier, après avoir réprimé dans le sang la mobilisation de Sainte-Soline, le gouvernement enfonçait le clou en prononçant la dissolution des Soulèvements de la Terre. C’était une offensive inédite : pour la première fois, les autorités utilisaient cette procédure d’exception contre une immense coalition écologiste réunissant des centaines de collectifs et des dizaines de milliers de membres.
La riposte s’est organisée au Conseil d’État. Les Soulèvements de la Terre ont déposé un recours, invitant leurs soutiens à faire de même. Plus de 4000 personnes ont ainsi déposé des requêtes. L’audience avait lieu le 8 août dernier.
Ce vendredi 11 août, le Conseil d’État suspend la dissolution des Soulèvements de la Terre. Pour les magistrats, il existe des « doutes sérieux » quant à la légalité de la procédure. Il faut dire que le dossier de dissolution utilisait le livre du chercheur Suédois Andreas Malm « Comment saboter un Pipeline » ou encore les articles de Contre Attaque comme éléments à charge censés justifier la procédure. Un peu léger.
« Ni les pièces versées au dossier, ni les échanges lors de l’audience, ne permettent de considérer que le collectif cautionne d’une quelconque façon des agissements violents envers des personnes » écrivent les juges du Conseil d’État, ou encore que qualifier les actions comme « troublant gravement l’ordre public soulève un doute sérieux »… Lors de l’audience Pascale Léglise, la patronne du service juridique du Ministère, avait bien du mal à justifier l’accusation « d’éco-terrorisme » lancée par Darmanin.
C’est une nouvelle gifle pour Darmanin et le gouvernement… Mais attention, cette suspension n’est pas définitive. Le Conseil d’État doit statuer sur le fond « vraisemblablement à l’automne ». Mais la décision rendue aujourd’hui donne toute les clés aux écologistes pour se défendre, le Ministère devra impérativement revoir sa copie pour justifier cette dissolution que nous dénonçons avec force depuis des semaines.
En attendant, les Soulèvements de la Terre peuvent faire leur grand retour, avec d’autres actions pour l’eau dès la fin août !
Les Soulèvements de la Terre
Et toc Darmanin et Macron ! 😇
📣 Communiqué sur la suspension du décret de dissolution : une première victoire pour les Soulèvements de la Terre !
🔗 À lire sur le site web : ▻https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/suspension-du-decret-de-dissolution-par-le-conseil
Suite à l’audience en référé du 8 août 2023 et après délibération, le Conseil d’État suspend le décret de dissolution des Soulèvements de la Terre pris par décret en conseil des ministres le 21 juin.
Cette première décision du Conseil d’État confirme le caractère profondément inadapté, injustifiable et présomptueux de la procédure de dissolution à notre encontre. Le ministère de l’intérieur a bel et bien voulu tordre - une fois de plus ! - les droits et libertés fondamentales censées être garanties par la constitution et il n’a pas été suivi. Bien que cette décision soit de bonne augure, elle sera rejouée lors d’une audience pour le recours au fond, qui devrait survenir à l’automne selon le Conseil d’État.
Ce gouvernement, minoritaire à l’Assemblée Nationale, conspué par l’opinion, sourd aux mises en garde syndicales et associatives, ne tient plus que par la répression policière. Du mouvement des retraites aux révoltes pour Nahel, de Sainte-Soline au soulèvement de Nanterre, la séquence politique de ces derniers mois a démontré ce dont il était capable pour défendre les intérêts privés, l’ordre raciste et les lobbys qui ravagent la planète. Le régime macronien est résolument autoritaire. En témoigne l’autonomisation d’un appareil policier qui réprime impunément et se place au dessus de toute justice. En témoigne la doctrine française du maintien de l’ordre qui consiste à tirer à vue sur la foule, en assumant de mutiler et de tuer.
Dans ce régime qui écrase tout ce qui se soulève, nous avons le droit et le devoir de désobéir. Les Soulèvements de la Terre incarnent cette possibilité face au bouleversement climatique, à l’effondrement de la biodiversité, à l’artificialisation des sols et l’accaparement de ce qui devrait être commun. En partant de la terre et en s’alliant pour la défendre par une suite d’actions concrètes, les Soulèvements contribuent à un basculement du rapport de force dans le champ de l’écologie politique.
La décision du conseil d’État est un camouflet pour le ministère de l’Intérieur et plus largement pour Macron, qui a hâté la publication du décret. Il nous appartient de leur infliger d’autres défaites, de renouer avec la capacité des mouvements populaires à peser dans le rapport de force. Ne pas baisser les bras, marcher sur la tête des rois ! Impossible de laisser Macron poursuivre pendant quatre ans son entreprise de destruction écologique et sociale sans entrave.
Nous ne les laisserons pas instaurer un dangereux précédent pour l’ensemble de celles et ceux qui luttent contre la politique du gouvernement.
Nous remercions avec force et émotion tout.es les personnes, comités, organisations, luttes locales, juristes qui se sont battues sur tous les plans aux côtés des soulèvements ces derniers mois. L’aventure continue !
➡️ Prochaines étapes :
Pour les Soulèvements de la terre, la prochain étape est le départ du convoi de l’eau contre les méga-bassines à sainte-soline à 12h vendredi 18 août prochain avec 900 vélos et 20 tracteurs. Nous y tiendrons un point presse sur la suite du mouvement pour la défense des terres et de l’eau aux côtés des différentes organisations qui ont lancé cette nouvelle mobilisation avec en ligne de mire l’obtention d’un moratoire sur les projets de bassines.
Nous appelerons aussi à un rassemblement massif devant le conseil d’État lors de l’audience au fond pour réaffirmer : « ce qui repousse partout ne peut être dissout. On ne dissout pas un soulèvement ! », ensemble nous sommes une force tellurique !
▻https://seenthis.net/messages/1013127
La situation ressemble de plus en plus aux Etats-Unis : ce sont souvent les cours, le Conseil d’Etat ou même parfois la Cour de cassation – les juges – qui vont éclairer une décision politique. Ce sont eux, désormais, qui sont des sortes de derniers garants de la démocratie ou des principes de droit.
Les juges qui éclairent des décisions politiques, on en connait bien quelques uns dans mon coin : ▻https://seenthis.net/messages/1008917
Une députée Renaissance suggère la dissolution de LFI, des mélenchonistes et Olivier Faure s’indignent
▻https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/une-deputee-renaissance-suggere-la-dissolution-de-lfi-des-melenchonis
Après la décision de Gérald Darmanin d’engager la dissolution de Civitas, la députée de Paris Caroline Yadan suggère d’en faire de même avec LFI « pour lutter contre l’antisémitisme ».
Le parti au pouvoir met sur le même plan un groupuscule néo-nazi et la première force d’opposition au Parlement
▻https://contre-attaque.net/2023/08/08/une-deputee-macroniste-veut-dissoudre-la-france-insoumise
Rappelons d’abord que Caroline Yadan n’a pas été élue : elle était suppléante de Stanislas Guérini, bras droit de Macron qui a depuis été nommé ministre. Elle a donc récupéré un siège de député.
Cette représentante du parti au pouvoir réclame ainsi la suppression du premier parti d’opposition en France, une force politique qui compte 74 députés au Parlement et qui a obtenu 22% des voix aux dernières présidentielles. Jamais aucun Macroniste n’a demandé la dissolution du RN.
Cette demande est un symptôme du totalitarisme qui s’installe et un signe de plus de l’alliance de fait du bloc bourgeois et du bloc fasciste contre la gauche. En clair : une partie du macronisme souhaite désormais un parti unique et un État policier. Le clan qui gouverne à coup de grenades et de 49-3 veut en finir avec ce qui reste de démocratie.
En juin, Caroline Yadan avait déjà attaqué le journaliste Taha Bouhafs, qu’elle a accusé à tort de s’être présenté sur une liste électorale de l’antisémite Alain Soral. Cette liste datait de 2009, quand Taha Bouhafs n’avait que 12 ans… Le journaliste a d’ailleurs toujours dénoncé l’extrême droite et l’antisémitisme. Plus c’est gros, plus ça passe.
Le 1er août, la même Caroline Yadan, accusait le rappeur Médine, invité par Europe Écologie, d’adhérer « à des thèses favorisant la haine de la République, l’antisémitisme, l’homophobie et le séparatisme islamiste ». Encore une salve de diffamations. Le tort de ces deux hommes, Médine comme Taha Nouhafs, est d’être d’origine maghrébine, donc forcément « islamistes » et « antisémites » aux yeux de cette [suppléante]…
Caroline Yadan est elle-même liée à l’extrême droite israélienne. Juste après la victoire d’une coalition raciste, intégriste et fasciste en Israël en janvier dernier, elle tweetait depuis un avion : « En route pour Tel-Aviv ! Avec la délégation parlementaire nous partons visiter Israël, ce beau pays démocratique au cœur du Moyen-Orient. »
La stratégie du pouvoir est claire : pour liquider l’opposition de gauche, il faut l’assimiler au nazisme et la diffamer sans relâche. Les macronistes mettent ainsi sur le même pied Civitas, groupuscule pétainiste qui ne cache pas son désir d’éliminer les juifs, et la France Insoumise, qui dénonce occasionnellement les crimes coloniaux en Israël. Aurore Bergé avait déjà réclamé la dissolution d’Amnesty International pour avoir parlé « d’apartheid » en Israël.
Il s’agit d’une stratégie de confusion délibérée, malsaine et extrêmement dangereuse qui ne bénéficiera qu’aux fascistes.
🛑 VIOLENCES D’ÉTAT RACISTES DES DEUX CÔTÉS DE L’ATLANTIQUE
🛑 L’HORREUR ABSOLUE DANS LE MISSISSIPI. À BRAXTON LE 24 JANVIER DERNIER, SIX POLICIERS BLANCS DÉBARQUAIENT SANS MANDAT NI RAISON DANS LE DOMICILE DE DEUX HOMMES AFRO-AMÉRICAINS POUR LES TORTURER EN PROFÉRANT DES INSULTES RACISTES...
⚡ #police #ViolencesPolicieres #LaPoliceMent #LaPoliceTue #ChiensdeGarde #racisme... #EtatsUnis #France
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▶️ ▻https://contre-attaque.net/2023/08/05/violences-detat-racistes-des-deux-cotes-de-latlantique
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White Rankin Deputies ‘Tortured’ Handcuffed Black Men, Shot One, Lawyers Allege
▻https://www.mississippifreepress.org/31239/white-rankin-deputies-tortured-handcuffed-black-men-shot-one-l
🛑 Crimes racistes, crimes d’État : la police protège les siens ! - UCL
Le sentiment d’impunité dans la police s’approfondit encore : alors qu’elle a récemment tué et mutilé pour maintenir l’ordre social et raciste, l’institution protège ses agents et réclame l’exception pour les criminels dans ses rangs.
Alors que le meurtre de Nahel reste présent dans toutes les têtes, la violence de la police s’est à nouveau illustrée dans une affaire sordide. Cette fois, un jeune homme, Hedi, s’est retrouvé gravement handicapé suite à un tabassage en règle par 4 policiers dans la nuit du 1er juillet dernier, lors du déchaînement de violence de la police pour mater les révoltes (...)
#police #ViolencesPolicieres #LaPoliceMent #LaPoliceTue #ChiensdeGarde #racisme
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▶️ ▻https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Crimes-racistes-crimes-d-Etat-la-police-protege-les-sien
Outre l’extrême violence et la profonde injustice contenues dans ce passage à tabac d’une personne pour la seule raison qu’elle est identifiée comme arabe, ce qui nous indigne et nous alarme aussi c’est le soutien sans faille apporté aux agresseurs par leurs collègues policiers, comme lorsque les prévenus ont été applaudis à leur sortie de garde à vue. Et ce malgré les preuves accablantes. Plus encore, c’est la complaisance de la hiérarchie, du préfet au ministre en passant par le Directeur Général de la Police Nationale (DGPN), face à des méthodes pourtant manifestement illégales comme le recours à des arrêts maladie factices. Loin de recadrer ses troupes, Darmanin leur a même concédé des avantages supplémentaires : garantie de l’anonymat des policiers, maintien des primes lors de la suspension d’un agent, et surtout exemption de la détention provisoire. Le régime d’impunité déjà bien installé de la police se trouve renforcé de façon éclatante. La NUPES (à l’exception notable du PCF) a exprimé son inquiétude devant la dégradation de l’État de droit et de la démocratie, ainsi que son souhait de voir rétabli « l’ordre républicain dans la police ». Si cette réaction témoigne d’une évolution positive de la question des violences policières dans la gauche institutionnelle - et le souvenir cuisant du soutien apporté par plusieurs dirigeants et partis de gauche à la manifestation factieuse du 20 mai 2021 dit combien on partait de loin sur ces sujets - la formulation reste trompeuse. Car souhaiter rétablir « l’ordre dans la police » c’est prétendre que ce genre de violence n’est pas intrinsèque à l’institution policière. Et c’est oublier que la violence policière fait partie intégrante de ce qu’ils appellent « l’ordre républicain ».
Au contraire, nous affirmons qu’une institution se juge à ce qu’elle produit et non à ce qu’elle prétend être. Or, lorsque depuis des décennies, les soi-disant « erreurs » et « bavures » se multiplient, lorsque loin de donner lieu à des excuses, remises en question et condamnations elles ne produisent qu’une solidarité inconditionnelle envers ceux qui les commettent et le renforcement de l’impunité, il faut en déduire que l’institution fonctionne précisément comme il est prévu. Si les policiers prennent comme une trahison le fait que la justice puisse les mettre en cause, c’est que pour eux ces faits s’inscrivent dans la mission qu’ils prétendent accomplir, dans les consignes de leur hiérarchie : parquer les populations des quartiers populaires, traquer les jeunes perçu·es comme issu·es de ces quartiers, maintenir un ordre raciste et colonial. Les meurtres et les passages à tabac ne sont que les manifestations les plus extrêmes de ce continuum de violence.
L’Union Communiste Libertaire affirme son plein soutien à Hedi et sa famille et à toutes les autres victimes des institutions policière, judiciaire et carcérale. Nous revendiquons la dissolution des syndicats de police factieux, la fin de l’impunité policière, la dissolution de la BAC et de la BRAV-M. Ces mesures d’urgence nécessaires ne peuvent être que le début d’une lutte effective contre le système policier et judiciaire. Seule la construction d’un véritable rapport de force populaire, par le biais d’une auto-organisation dans les quartiers populaires et au-delà permettra de combattre les violences et la domination étatiques et policières.
Pas de justice, pas de paix !
« J’espère que la hiérarchie sera sommée de s’expliquer sur les instructions données cette nuit-là. Comment cela peut-il se terminer quand des chefs disent à des policiers : n’interpellez plus mais nettoyez moi les rues ? »
⚡️ #police #ViolencesPolicieres #LaPoliceMent #LaPoliceTue #ChiensdeGarde...
✏️ via Babouse > ▻https://babouse.fr
la police vous parle H24
▻https://seenthis.net/messages/1011792#message1012008
Lynchage de Hedi : le policier a tiré parce qu’il « portait une capuche »▻https://contre-attaque.net/2023/08/04/lynchage-de-hedi-le-policier-a-tire-parce-quil-portait-une-capuche
Délit vestimentaire ? La défense scandaleuse et raciste du policier qui a mutilé Hedi
Un représentant du syndicat fasciste Alliance osait même sur BFM TV jeudi soir : « La police est sous le choc, un peu abasourdie ». Il ne parlait pas de l’état de la victime, mais du maintien en détention du policier criminel. Le même syndicaliste policier déclarait : « certains détails sont apparus, la victime est arrivée capuchée ». Salir la victime, encore et toujours. Comme Hedi est irréprochable, il ne reste que l’invention d’un délit vestimentaire pour y parvenir. Le port d’une capuche mériterait donc un tir en pleine tête. L’avocat du tireur, lui aussi, plaidé au tribunal que comme Hedi avait une capuche, « il avait le profil de l’émeutier ». Cela n’a pas convaincu les juges.
À quel moment la loi permet-elle de tirer à 3 mètres dans le crâne d’un porteur de capuche, même s’il est « émeutier » ? La peine de mort pour une capuche aurait été réhabilitée en France ? En réalité, Hedi est le survivant d’un crime policier raciste. Les policiers se sont sentis autorisés à le tuer parce que leur victime est d’origine maghrébine. Rappelons que des milliers de policiers ont posé des arrêts maladie illégaux pour soutenir les mis en cause, qui ont été acclamés et bénéficient d’une cagnotte…
Notre pays ressemble à ce qu’il se fait de pire aux États-Unis. L’argument de la capuche avait déjà été utilisé par un vigile, George Zimmerman, qui avait assassiné un adolescent noir non armé en Floride, Trayvon Martin. Lors du procès, le tueur avait déclaré qu’il trouvait Trayvon Martin « suspect » car il avait une capuche. En réalité, le jeune homme était sorti acheter des bonbons. Zimmerman avait été acquitté en 2013. Comble de l’horreur, il avait ensuite mis en enchères son arme à feu, qui avait atteint le prix de plusieurs centaines de milliers de dollars… Racisme et violence armée impunie, et même récompensée, des deux côtés de l’Atlantique.
La Une de Libération sur Geoffrey Lejeune. – Pensez BiBi
▻https://www.pensezbibi.com/categories/divers/la-une-de-liberation-sur-geoffrey-lejeune-22551
Veste bleue et cravate assortie, chemise blanche fripée (à l’inverse de celle toujours bien repassée de BHL). Un petit ventre légèrement bedonnant et deux mains avec pouces accrochant les deux poches de son jean. Important l’increvable jean : « le jean Lejeune » dirait mon pote pour faire un calembour façon Libé).
Un visage indifférent au lecteur même si Lejeune nous regarde droit dans les yeux (on le sait, tout est calculé). Une bouche de garçon renfrogné qui laisse deviner une intention sournoise avec un air quelque peu j’men foutiste qui semble dire « Allez, dépêchez-toi, connard de photographe, j’ai autre chose à faire ».
Au fond, Lejeune n’est pas très beau, pas très avenant malgré sa chevelure choisie, coiffée à l’arrière façon Johnny Depp et sa barbe naissante de puceau adolescent. Bref, une dégaine plutôt à la Pete Doherty pour nous montrer probablement que les grands Rebelles du XXIème siècle sont désormais des extrémistes de Droite. Ici ses copains-rebelles.
outre l’icono et sa signification, ce que pointe le billet c’est que sous couvert de se déprendre de l’esprit de sérieux, on pratique partout, Ration a été précurseur avec sa manière de titrer calambourdesque systématique, une dérision généralisée où le sérieux (remember Kierkegaard) devient une lubie de marginaux et de toqués, lubie jugée comique, admirable mais non reproductible, et le plus souvent insupportable (be funny ! merde alors !). entre une manière d’"être philosophe" qui oscille entre l’acceptation de tout et le tragique anti-totalitaire - vous voyez ce que ça donne les révolutions ! - et une rhétorique de comptoir sans inventivité populaire, le gauchisme (trop sérieux et ) repenti a fourni une matrice « universelle ».
Ces jeux de mots dans les titres, m’ont fait lâcher mon abonnement aux Jours. J’avais envie d’une info différente. Et en fait, les titres ne me donnaient jamais l’envie de lire, parce que le titre me masquait systématiquement de quoi l’article allait parler. Alors, j’ai lâché l’abonnement.
Dans les médias dominants : le grand remplacement fasciste
▻https://contre-attaque.net/2023/08/02/dans-les-medias-dominants-le-grand-remplacement-fasciste
À partir de cette semaine, le Journal du Dimanche, hebdomadaire à grand tirage, est officiellement dirigé par un fasciste. Le JDD c’est un journal diffusé à 130.000 exemplaires chaque dimanche, avec une ligne macroniste, pro-police, pro-patronale, et toujours servile. Le JDD, c’est une propriété du milliardaire Lagardère, héritier d’une fortune bâtie sur les ventes d’armes, au sein d’un consortium appartenant à un autre milliardaire : Bolloré. À la demande de ces grandes fortunes, le journal évolue d’une ligne macroniste extrême à une ligne d’extrême droite. C’est une continuité plutôt qu’un virage, c’est un changement de nuance mais pas de nature. Explications.
Qui est Geoffroy Lejeune, le nouveau directeur du JDD ? Cet homme est l’exemple vivant qu’en France, même si vous êtes médiocre, arriviste et incompétent, il suffit d’être d’extrême droite pour réussir. Ces dernières années, ce jeune joufflu raciste est propulsé au sommet du monde médiatique par ses amis milliardaires.
Bilan provisoire d’une répression sanguinaire
▻https://contre-attaque.net/2023/08/01/bilan-provisoire-dune-repression-sanguinaire
Pendant que les policiers se mettent en arrêt maladie pour obtenir les pleins pouvoirs, le bilan de la répression qui a frappé les banlieues entre le 27 juin et le 2 juillet dernier ne cesse de s’alourdir. En voici un aperçu provisoire :
???? Aimène, a reçu un tir en pleine tête du RAID à Mont Saint-Martin, en Lorraine, le 30 juin. Il sortait du travail, et était avec des amis en voiture. Aimène est plongé dans le coma suite à ce tir.
???? Hedi, est laissé pour mort 1er juillet à Marseille après avoir reçu un tir puis passé à tabac par une équipe de la BAC. Il sombre dans le coma et frôle la mort.
???? Jalil est âgé de15 ans. À Chilly-Mazarin dans l’Essone, dans la nuit du 1er au 2 juillet, il est éborgné par le tir d’un CRS. L’adolescent a eu l’impression de mourir.
???? Nathaniel est éborgné dans la nuit du 28 au 29 juin à Montreuil, alors qu’il sortait de soirée. Il subit une rupture du globe oculaire et de multiples fractures.
???? Abdelkarim a perdu son œil la nuit du 30 juin au 1er juillet à Marseille, suite à un tir policier.
???? Virgil, ancien militaire, est éborgné dans la nuit du 29 au 30 juin 2023, à Nanterre, après la marche blanche pour Nahel.
???? Dès le 27 juin, un autre jeune homme est éborgné à Nanterre. Une vidéo montre un très jeune garçon évacué sur un fauteuil avec une blessure saignante à l’œil. Son nom n’est pas connu.
???? Mehdi a été éborgné par LBD à Saint-Denis. C’était le mercredi 28 juin au soir. L’impact du tir l’a gravement blessé à l’œil et à la tempe droite. Il est laissé au sol, se réfugie dans une école et appelle les secours seul.
???? À Angers le 3 juillet, un homme de 32 ans est éborgné par un tir de LBD dans le centre-ville, alors que la police protégeait un local d’extrême droite. Au même moment, un autre homme est gravement blessé par un autre tir de LBD qui lui fracture le visage.
???? Aux Ulis, en région parisienne, une femme qui rentrait du travail, dans sa voiture, a reçu un tir du RAID en pleine tête.
???? Le 30 juin à Villejuif, des morceaux de main sont retrouvés dans la rue. Un journaliste de Cnews, informé par la police, parle d’un « morceau de phalange et les restes de grenade » qui « ont été prélevés » par la police pour retrouver la victime, qui ne s’est pas manifestée.
???? Dans la nuit du 1er au 2 juillet : Mohamed, livreur de 27 ans, père d’un fils de deux ans et qui attendait un autre enfant, est tué par un tir de LBD. Alors qu’il circulait à scooter ce soir là, il est retrouvé mort, avec le choc d’une balle en caoutchouc dans le thorax. Les dernières images retrouvées dans son téléphone sont une vidéo de policiers arrêtant un homme, filmées quelques minutes avant qu’il ne soit retrouvé.
Et ce ne sont que les cas CONNUS. Ceux qui ont osé parler, dont les proches ont déposé une plainte ou qui se sont montré dans les médias. Certains blessés viennent seulement de se faire connaître, quatre semaines après les faits. Ce ne sont probablement qu’une infime partie des vies brisées par la police lors de ces nuits de révolte, l’immense majorité des victimes préférant rester discrètes par peur de représailles ou de poursuites.
En quatre nuits seulement, la police française a fait couler le sang de dizaines de personnes dans les banlieues françaises. Contre les corps non-blancs, les habitant-es des périphéries ou les révolté-es face à l’exécution d’un adolescent, c’est une sauvagerie totale qui a été déployée par le pouvoir.
Appel à une marche unitaire le 23 septembre de nombreux mouvements de quartiers populaires, associatifs, syndicaux, politiques.
Pour mettre à bas le racisme systémique et les violences policières. Pour les libertés.
Pas de justice, pas de paix.
Avec la France Insoumise nous en sommes !
https://pbs.twimg.com/media/F2c2pFVboAADN0i?format=jpg&name=large#.jpg
https://pbs.twimg.com/media/F2c2ppLaoAIZeCR?format=jpg&name=large#.jpg ▻https://twitter.com/TrouveAurelie/status/1686376682582876163
« La lutte continue : ce nouvel élan, à l’échelle nationale, à l’appel d’un front uni, populaire, syndical et politique est signe d’espoir et soutien pour celles et ceux qui croit qu’un autre monde est possible !
Rendez-vous dans la rue les camarades. »
« La gauche est là, mais le PS n’a pas signé. Parce que la marche demande l’abrogation du permis de tuer aux policiers voulu par Cazeneuve ? Si le changement de ligne d’ Olivier Faure est sincère, il faut de la clarté sur ce point décisif.
[Le PCF n’est pas là non plus, mais bon 🙄] »
Marche unitaire le 23 septembre 2023
▻https://www.gisti.org/article7063
Pour la fin du racisme systémique, des violences policières, pour la justice sociale et les libertés publiques.
▻https://visa-isa.org/article/tract-visa-fascisation-de-syndicats-policiers-non-ces-syndicalistes-ne-son
Le Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré·e·s) milite pour l’égal accès aux droits et à la citoyenneté sans considération de nationalité et pour la liberté de circulation.
L’association se veut un trait d’union entre les spécialistes du droit et les militant⋅e⋅s : la présence en son sein de nombreux juristes, praticien⋅ne⋅s ou universitaires, place le Gisti dans la position revendiquée de l’« expert militant », alliant de façon étroite l’analyse juridique et le travail de terrain, l’usage du droit comme arme ou levier et la participation au débat public.
L’activité du Gisti se décline autour de plusieurs pôles : conseil juridique, formation, publications, actions en justice, à quoi s’ajoute le travail au sein de collectifs ou réseaux interassociatifs.
a priori beaucoup de gens ici connaissent le Gisti depuis belle pâquerette, mais toi, @marielle, personne ne connait ton avis sur le chauvinisme, les variantes françaises du nationalisme, ni à quel point tu tolères le confusionnisme (grosso merdo : « dynamique de recoupements de récits issus de traditions politiques différentes, souvent antagoniques ») puisqu’à toute question à ce sujet tu sembles te garder de répondre autrement qu’en parlant d’autre chose. c’est dommage. mais réparable.
Ah ben me voilà soumise à la Question maintenant ! ( La tolérance du confusionnisme à gauche : un fait nouveau selon Philippe Marlière Prendre au sérieux le « confusionnisme politique » )
▻https://seenthis.net/messages/1011569 (Du fascisme en France par Alexis Poulin)
Et bien l’essentiel est de ne pas perdre ses repères politiques !
Remettre en cause le capitalisme c’est bien sûr s’attaquer aux structures sociales de domination et d’exploitation (critique sociale Marxiste, propriété collective des moyens de production...)
Et ne jamais se désintéresser des discriminations raciales du racisme et de l’islamophobie, des migrants qui meurent par centaines...
Faire le pari du Nous, comme le résume Houria Bouteldja dans Beauf et barbares
« Je l’avoue, c’est un bien curieux mot que ce “nous”. À la fois diabolique et improbable. Au moment où d’un côté, les “je” et les “moi” plastronnent, et où de l’autre, le “nous” de la suprématie blanche s’épanouit, il est même presque incongru. Surtout quand on sait que les différentes composantes et sous-composantes de ce grand “nous” – fanonien – sont aussi incertaines les unes que les autres. Le “nous” des classes populaires blanches ? Improbable. Celui des indigènes ? Encore plus. La rencontre de ces deux “nous” : une douce naïveté. Leur union au sein d’un bloc historique ? Une utopie. Mais si j’ai grand-peine à me convaincre qu’une telle unité soit possible, je ne me résous pas à l’idée que tout n’aura pas été tenté. Aussi, faut-il commencer par ce qui l’empêche. » C’est peu dire que le terrain est miné : un État-nation bâti sur l’esclavage et la colonisation, des organisations politiques fidèles au pacte national-racial, un chauvinisme de gauche qui a progressivement éteint l’internationalisme ouvrier, une société civile indifférente aux ravages de l’impérialisme, et la profonde « asymétrie des affects » entre petits Blancs et sujets postcoloniaux. Telles sont quelques- unes des manifestations de « l’État racial intégral » disséqué dans la première partie de ce livre. La seconde partie propose une réflexion stratégique sur son dépassement car, on l’a vu encore récemment, l’État racial intégral comporte des brèches, colmatées faute d’avoir été consciemment élargies. C’est là qu’il faut « enfoncer le clou et aller à la recherche de l’intérêt commun », construire une politique décoloniale, inventer une dignité blanche concurrente de celle de l’extrême droite, défendre l’autonomie indigène et accepter de se salir les mains en ferraillant contre le consensus raciste. Alors, face au bloc bourgeois occidental ébranlé par les crises qu’il a lui-même provoquées, pourra se nouer l’alliance inédite des beaufs et des barbares.
Mais il faut savoir raison garder, par exemple se revendiquer d’un souverainisme de Gauche, critiquer l’Union européenne et la mondialisation néolibérale comme Lordon, Ruffin, Poulin... n’implique pas de glissements progressifs à l’extrême-droite, tout au moins pour ces personnes en particulier...
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Ce qui est irréparable c’est de porter des jugements malveillants sur des personnes dont on ne connaît rien d’elles qui in fine contribuent à jeter le discrédit sur sa propre personne !
Et pour rire un peu bientôt en une du JDD ?
une défense du souverainisme avec du HB identitaire et antisémite dedans, voilà qui est clair.
Non rien est clair !
Définition du souverainisme de gauche par Lordon.
La souveraineté vue de gauche, elle, n’a pas d’autre sens que la souveraineté du peuple, c’est-à-dire l’association aussi large que possible de tous les intéressés à la prise des décisions qui les intéressent. Le souverainisme de droite n’est donc rien d’autre que le désir d’une restauration (légitime) des moyens de gouverner mais exclusivement rendus à des gouvernants qualifiés en lesquels « la nation » est invitée à se reconnaître – et à s’abandonner. Le souverainisme de gauche est l’autre nom de la démocratie – mais enfin comprise en un sens tant soit peu exigeant.
Faute de ces élémentaires distinctions, une partie de la gauche en est venue à ostraciser l’idée de souveraineté quand elle prétend par ailleurs lutter pour une extension de la démocratie… qui n’en est que le synonyme ! Démocratie, souveraineté populaire : une seule et même idée, qui est celle de la maîtrise par une communauté de son propre destin. On mesure donc les effets de captation et de terrorisme intellectuels de l’extrême droite, et les effets de tétanie de la gauche critique, à cette aberration d’auto-censure et d’intoxication qui a conduit cette dernière à abandonner l’idée de souveraineté, faute d’être simplement capable de se souvenir que, sous l’espèce de la souveraineté populaire, elle est l’une de ses propres boussoles idéologiques depuis la Révolution française !
►https://blog.mondediplo.net/2013-07-08-Ce-que-l-extreme-droite-ne-nous-prendra-pas
Passage pointé aussi par BigGrizzli ! déjà en juillet 2013 !
Et pour un peu plus de Clarté !
►https://blog.mondediplo.net/2015-08-26-Clarte
Des signifiants disputés
Le drame politique se noue véritablement quand la confusion n’est plus seulement alimentée par ce qu’on appellera la droite générale – où le PS se trouve évidemment inclus – mais depuis la gauche également, et sous deux formes diamétralement opposées : l’entêtement de la gauche alter-européiste à « changer l’euro », la perdition d’une autre gauche dans la tentation, pour le coup, oui, monstrueuse, de l’alliance avec le Front national.
À sa manière à elle, la gauche alter-européiste aura ajouté foi au discours eurolibéral de la droite générale en rabattant, exactement comme cette dernière, tout projet de sortie de l’euro sur le fléau du « nationalisme ». C’est qu’en des temps de vacillation intellectuelle, la catastrophe idéologique était vouée à se nouer autour de deux signifiants disputés : « nation » et « souveraineté ». Disputés en effet puisque, pour chacun de ces termes, l’unicité nominale masque une dualité de lectures possibles qui soutiennent des mondes politiques radicalement antinomiques. Entre la nation substantielle, confite en ses mythes identitaires et éternitaires, et la nation politique, rassemblant les individus dans l’adhésion à des principes, sans égard pour leurs origines, bref entre la nation de Maurras et celle de Robespierre, il n’y a pas qu’un gouffre : il y a une lutte inexpiable. Et de même entre la souveraineté comprise comme apanage exclusif des élites gouvernementales et la souveraineté conçue comme idéal de l’auto-gouvernement du peuple. « Nation » et « souveraineté » ne disent rien par eux-mêmes, ils ne sont que des points de bifurcation. Ils ne parlent que d’avoir été dûment qualifiés, et alors seulement on sait vers quoi ils emmènent.
Dans ces conditions, la faute intellectuelle de l’alter-européisme est triple : il a manqué à voir la dualité du signifiant « nation souveraine », abandonné à la droite d’en imposer sa lecture, et par cet abandon même trahi son propre legs historique : car en France la nation souveraine naît en 1789, elle se constitue comme universalité citoyenne, elle exprime le désir de l’autonomie politique, désir d’un peuple en corps de se rendre maître de son destin, bref elle est de gauche.
Et par l’effet d’une incompréhensible démission intellectuelle, elle n’est désormais plus que de droite... Il est vrai qu’un internationalisme mal réfléchi n’a pas peu contribué à faire méconnaître (1), en réalité à faire oublier, que la souveraineté comme auto-gouvernement suppose nécessairement la clôture relative – relative, car toujours ouverte à quelque degré sur son dehors – d’une communauté sur un ressort fini. Le genre humain unifié n’existe pas, il ne soutient aucune politique possible, ou bien à un terme (hypothétique) bien fait pour éternellement différer tout retour de la politique – essence du jacquattalisme et de ses rassurants messages : la mondialisation est notre horizon indépassable, certes elle nous a un peu débordés, mais le gouvernement mondial nous permettra d’en reprendre le contrôle… dès qu’il sera advenu ; en attendant : patience… et courage.
On dira que l’Europe se présente précisément comme une solution accessible de régulation de la mondialisation néolibérale. Sans même discuter qu’en cette matière l’Union européenne n’est pas faite pour réguler, mais pour relayer et amplifier, il faut avoir l’étroitesse de vue de l’européisme le plus béat, mais aussi bien de l’alter-européisme le plus angoissé, pour ne pas voir ce paradoxe élémentaire que le projet européen est national-souverainiste dans son essence ! Ne se propose-t-il pas de fonder sur un périmètre fini – car « l’Europe » s’arrêtera bien quelque part – une communauté politique souveraine, et par là une citoyenneté d’appartenance – européenne ? Soit, non pas du tout le « dépassement de l’Etat-nation », comme le bredouillent Habermas et ses épigones français, mais le simple redéploiement, éventuellement sous une autre forme, de son principe à une échelle étendue… Et les Etats-Unis d’Europe ne seront que le reflet transatlantique des Etats-Unis d’Amérique, dont on aura du mal à dire qu’ils dépassent quoi que ce soit en cette matière : ne sont-ils pas connus comme l’une des réalisations les plus agressives du souverainisme statonational ? – on mesurera par là le degré de confusion conceptuelle qui, de tous bords, afflige la question européenne.
Et pour mieux connaître la pensée politique d’Houria Bouteldja
« Classe, race et genre sont des modalités du même système d’exploitation au service de la bourgeoisie »
▻https://www.jeuneafrique.com/1444955/culture/houria-bouteldja-classe-race-et-genre-sont-des-modalites-du-meme-syste
La militante vient de publier un nouvel essai, véritable succès de librairie : « Beaufs et Barbares, le pari du nous ». La cofondatrice du parti des Indigènes de la République, qu’elle a quitté en 2020, détaille ici quelques éléments de sa pensée politique.
Depuis l’appel des indigènes de la République en 2005, Houria Bouteldja ne laisse personne indifférent. « Indigéniste » et provocatrice pour ses détracteurs, militante décoloniale pour des intellectuels et militants marxistes anti-impérialistes, sa pensée se décline à travers des tribunes, des débats, des interventions publiques en France et à l’étranger. Et dans des livres : en 2016, elle avait publié Les Blancs, les Juifs et nous : vers une politique de l’amour révolutionnaire, traduit en plusieurs langues et qui avait suscité de vives polémiques. Début 2023, elle a sorti Beaufs et Barbares, le pari du nous.
L’essai à la fois analytique et programmatique est un succès en librairie. Dans sa première partie, Bouteldja définit les conditions historiques ayant permis de mettre en place ce qu’elle appelle « L’État racial intégral ». Puis, reprenant à son compte la formule d’Antonio Gramsci sur le pessimisme de la raison, elle forme le pari d’unir dans une convergence des luttes les « beaufs » et les « barbares », c’est-à-dire les prolétariats blancs et non-blancs.
Houria Bouteldja, franco-algérienne, se situe elle-même comme objet de la construction socio-historique de la race. « Je suis une blanchie, dit-elle. En tant qu’ancienne colonisée, une part de moi appartient à l’histoire coloniale. Mais une autre partie appartient à l’histoire impériale, c’est-à-dire qu’en tant que Française, je suis de ceux qui profitent des rapports Nord-Sud. Par conséquent, je ne peux pas me permettre de dire ‘ mes frères et mes sœurs africains’. » Tout en admettant ce déterminisme, elle se veut aussi sujet, en tant que militante : « Mon combat consiste, en ciblant l’impérialisme, de pouvoir redire un jour que je suis leur sœur, mais je dois payer le prix de cette fraternité. » C’est à la fois sa vision et son projet qu’elle nous détaille en interview.
Jeune Afrique : Vous avez été invitée par Le Média, vous êtes en pleine tournée des libraires, vous revenez de l’université américaine de Yale… Bénéficiez-vous de relais que vous n’aviez pas jadis ?
Houria Bouteldja : Je suis depuis longtemps invitée dans des universités en Europe, en Amérique, en Australie… Le problème, c’est la France. Cela dit, j’ai le sentiment que l’accueil a en partie changé. Mon précédent livre, Les Blancs, les Juifs et nous : vers une politique de l’amour révolutionnaire, a été boycotté par les libraires. Ce n’est plus le cas avec le dernier, qui ne souffre pas des mêmes attaques outrancières. Je rencontre un public très nombreux, divers, intéressé par la problématique du livre. Pour autant, aucun média de presse écrite de gauche n’a fait de recension. S’y sont seulement intéressés des journaux de droite et d’extrême-droite, avec la mauvaise foi qui les caractérise, et des médias dits communautaires. Seul Le Média m’a invitée. J’interprète cette ostracisation comme une lâcheté.
Pourquoi avez-vous choisi le titre Beaufs et Barbares ?
Ce sont avant tout des catégories qui ont été construites par le mépris de classe et par le mépris de race. « Beaufs », regroupe les petits blancs. « Barbares », les non-blancs. Les deux catégories constituent le prolétariat français. Ce ne sont pas des caractérisations officielles, mais tout le monde sait instinctivement ce que ces termes signifient. Ils recouvrent une réalité sociale dans notre territoire mental.
Quand vous est venue cette idée du « pari du nous » entre beaufs et barbares ?
Ce n’est pas nouveau. L’appel des indigènes de la République faisait déjà ce pari. Nous écrivions dès 2005 qu’il fallait aller vers la convergence des luttes. Le constat de départ était que l’« indigénat » n’était pas organisé politiquement et qu’il était nécessaire de créer un rapport de force. Comme l’affirmait le sociologue algérien Abdelmalek Sayad, « exister, c’est exister politiquement ». Tant que l’on n’existe pas politiquement, on ne peut pas prétendre à la convergence vers le prolétariat français. C’est un préalable à l’alliance pour constituer ce que nous appelons une « majorité décoloniale ».
Vous écrivez que c’est Alain Soral qui a vu la possibilité de l’alliance des beaufs et des barbares…
Soral a su capter les affects négatifs des petits blancs et des indigènes, des hommes en particulier. Il est le premier à avoir fait converger deux catégories antagonistes, au sens où elles ne sont pas politiquement unies. Beaufs et barbares sont socialement en bas de l’échelle sociale mais ne sont pas alliés dans la lutte. Si l’on n’est pas capable de capter les affects, on ne peut pas faire de politique et, en cela, l’extrême-droite a hélas une avance sur l’extrême-gauche.
Vous commencez votre livre en citant un hadith rapporté par Mouslim et l’Apocalypse selon Saint-Jean. Votre analyse est marxiste. N’est-ce pas contradictoire, puisque Karl Marx qualifiait la religion d’« opium du peuple » ?
Des synthèses ont été faites en Amérique latine entre marxisme et théologie de la libération. Je ne vois aucun problème à la fusion des deux. La séparation entre le matériel et le spirituel est une idée très moderne, très occidentale et particulièrement française. Il est possible de construire un projet politique avec des références religieuses et spirituelles. La modernité occidentale nous assèche moralement et spirituellement, elle a combattu toutes les formes de transcendance concurrentielle. On a une seule divinité légitime, le capitalisme.
Vous évoquez la trahison de la Troisième Internationale par le PCF et la CGT à part deux épisodes, la guerre du Rif et l’Étoile nord-africaine. Pourquoi alors faire confiance à la gauche ?
Contrairement à ce que préconise l’idée communiste, le communisme réel s’est laissé nationaliser. Il a perdu son horizon internationaliste. Cette nationalisation s’est faite sur le dos des peuples sous domination impérialiste. Ce qui est négocié entre la bourgeoisie et la société politique, c’est le partage de la rente impérialiste, ce qui signifie que le monde ouvrier blanc n’est pas innocent. Mais nous avons en commun avec l’idée communiste d’être anticapitaliste. Si on veut combattre la modernité occidentale, qui est à l’origine de la disparition de peuples entiers, de massacres génocidaires, de la dévastation de la Terre, des guerres, de la colonisation, de l’esclavage, on doit s’opposer radicalement à la base de son système économique qui est le capitalisme. Maintenant, il ne s’agit pas de faire confiance à la gauche, il s’agit de la transformer.
Je vous cite : « Avec les blancs, petits et grands, au travers de leurs organisations ou de leurs représentations diverses, il faut toujours rester aux aguets. Ni complaisance, ni paranoïa. » Le pari du nous est-il un acte de foi ?
C’est absolument un acte de foi. À partir du moment où on se dit militant, on cherche l’espoir. Une idée est au fondement de ma pensée : les choses ne sont pas figées. Même s’il y a un État racial intégral qui fait peser d’énormes déterminismes sur nous, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’espace de liberté et de choix. À partir du moment où les catégories raciales sont construites, cela veut dire aussi qu’on peut les déconstruire. Qu’est-ce qui peut le permettre ? La lutte.
Vous parlez de l’asymétrie des affects entre « Beaufs et Barbares », les blancs étant chargés de négativité. Cela est-il de nature à vous inquiéter ?
Les signaux indiquant que nous avons raison de croire existent, comme le mouvement des « gilets jaunes ». L’opinion française subit une offensive islamophobe incroyable depuis 25 ans. On aurait pu croire que la priorité des petits blancs serait de militer contre les Musulmans. Mais pas du tout, les manifestants avaient des griefs contre l’État et la vie chère. Ils visaient le gouvernement. Cela ne signifie pas qu’ils n’étaient pas du tout islamophobes mais que leur priorité n’était pas là. C’est ce qui me rend optimiste. Je pense qu’une part du peuple peut être transformée positivement si tant est que l’on soit capable de lui proposer un projet.
Vous écrivez : « Voter dans une démocratie occidentale, c’est voter blanc ». Est-ce toujours le cas ?
Oui. Telles que les élections sont organisées et tel que le champ politique est constitué, lorsqu’on vote, on vote blanc. Dans mon livre, j’ai aussi précisé que « voter extrême-gauche, c’est rare ». Quand on vote pour l’extrême-gauche, on vote moins blanc que le reste car elle est censée être internationaliste, même si elle a ses angles morts eurocentrés. C’est néanmoins le camp politique qui permet le plus de s’arracher à la blanchité.
Pouvez-vous nous expliquer ce que vous appelez « blanchité » ?
Noir ou blanc, tout est construction. Ce sont des catégories produites par l’Histoire, en l’occurrence l’histoire de l’esclavage et de la colonisation. Elles ne sont pas figées. Les Irlandais n’ont pas toujours été blancs, ils le sont devenus quand ils sont allés en Amérique. Pour acquérir un statut social aux États-Unis, il fallait avoir des esclaves noirs et c’est pour cela que les Irlandais sont devenus blancs. Ils auraient pu rester des esclaves blancs, le processus de racialisation a transformé le critère de peau en critère social.
Vous vous inscrivez d’ailleurs en faux contre l’idée que l’on vous prête parfois de hiérarchiser entre classe, race et genre…
En effet, il n’y a pas de hiérarchie : classe, race et genre sont des modalités du même système d’exploitation au service de la bourgeoisie. Parfois, cela prend le visage de la classe, parfois de la race, parfois du genre, mais tout est imbriqué. Le but est que la classe dirigeante tire profit des différentes formes d’exploitation, qu’elle met en opposition par ailleurs.
Comment pourrait-on ne plus voter blanc ?
Il faudrait qu’émerge une proposition décoloniale anti-impérialiste, qui remette en cause les structures de l’État-nation, le racisme structurel de l’État français et son hétérosexisme.
Vous avez appelé à voter pour Jean-Luc Mélenchon. Est-ce aussi voter blanc ?
Voter Mélenchon, c’est toujours voter blanc, cela ne fait aucun doute. Il reste dans le champ politique blanc, au sens où il ne fait pas pour l’instant de proposition anti-impérialiste, ne remet pas en cause la domination française, la Françafrique. Toutefois, Mélenchon, représentant la gauche radicale la plus puissante, est celui qui va le plus loin dans une proposition antiraciste, lorsqu’il dénonce les violences policières et l’islamophobie. C’est lui qui fait la proposition politique la plus intéressante aux non-blancs aujourd’hui. Dont acte.
Selon vous, le défaut dans la cuirasse de l’État racial intégral est l’Union européenne. Pourquoi souhaitez-vous un Frexit ?
Ce que le Frexit apporte dans un premier temps, c’est la fragilisation du bloc au pouvoir. Au sortir de la guerre en 1945, parce que les nations coloniales perdaient leurs colonies et donc leur avantage économique, elles ont décidé de rassembler leurs forces autour de l’Union européenne pour maintenir leur domination sur le Sud. Le projet européen est d’abord un projet impérialiste et capitaliste. Je suis une anti-impérialiste, donc je suis contre l’Europe par principe, qui continue d’imposer des traités parfaitement inégaux aux pays du Sud. On les exploite et on les vole, quand on n’envoie pas directement nos armées et nos bombes.
La deuxième chose est qu’à partir du moment où j’identifie l’Europe comme le lieu de la solidarité des nations capitalistes, je sais que le refus de cette Europe et le retour à l’échelle nationale est une manière de fragiliser les élites au pouvoir, qui ont un désir d’Europe. En revanche, les classes populaires, qu’elles soient de sensibilité d’extrême-droite ou de gauche, ont voté ensemble contre le traité constitutionnel de 2005. Une conscience de classe pousse les classes populaires à être contre l’Europe. Il y a un désir de retourner à la nation. L’Europe, anti-démocratique, est une entrave à la puissance populaire. Dans les banlieues périphériques ou dans les campagnes, les directives européennes libérales nous obligent à fermer nos services publics, comme nos hôpitaux, nos crèches… Revenir à l’échelle nationale, c’est une manière de rapatrier le pouvoir et de le garder à vue. Mais revenir à l’échelle de la nation, c’est aussi pour mieux la combattre.
Quelle est la différence avec d’autres partis qui proposent un Frexit ?
L’extrême-droite propose un Frexit d’extrême-droite, on doit lui proposer un Frexit décolonial. À l’origine du désespoir, notamment chez les petits blancs, il y a la perte de puissance, la prise de conscience que plus personne n’a de pouvoir sur la transformation sociale. Il faut reconnaître le désir de nation et ne pas le laisser dans les mains de l’extrême-droite qui sait le mieux en tirer parti en flattant les tendances nationalistes du petit peuple. [ Tiens, une référence à Lordon : Ce que l’extrême droite ne nous prendra pas ] Ce qui compte dans le Frexit, ce n’est pas tant le nom mais le contenu politique. Pour le moment, nous n’avons que des exemples de droite, comme le Brexit qui est une catastrophe, mais cela ne veut pas dire que nous pouvons pas penser d’autres projets.
Vous êtes pour le panafricanisme. Comment doit-il se constituer ?
Le panafricanisme est l’affaire des Africains, je n’ai pas à le définir. Nous avons rompu avec cette espèce de paternalisme qui consiste à donner des leçons au Sud. Le Sud mène ses révolutions avec son propre agenda. Je vis en Europe, ma priorité est l’impérialisme de mon État. Quand je dis que je lutte contre l’Europe impérialiste, ça veut dire que je veux desserrer l’étau européen sur l’Afrique. Mais je le ferai à partir d’ici, c’est ma meilleure manière d’être anti-impérialiste.
Beaufs et barbares. Le pari du nous , d’Houria Bouteldja, La fabrique éditions, essai, 262 pages, 13 euros
Je remercie les jeunes sympathisants du NPA de Grenoble, B., Mathis... qui m’ont permis la découverte de cet essai qui mérite un certain regard.
@marielle : merci pour ton partage de l’article de Contre-Attaque. C’est très utile d’avoir sous les yeux tous les (mé)faits commis par cette police, ne serait-ce que pour remettre les pendules à l’heure auprès de certaines petites crapules qui se cachent derrière le masque « syndicaliste » (policier) pour instiller le chaos social dans ce pays.
Impossible à défendre ! Même sans avoir vu l’entretien. Il est vrai que cette annonce d’ interview a provoqué chez moi un certain malaise car je n’apprécie point le personnage Raoult. D’autant plus qu’elle était annoncée sans concessions ! Mais visiblement ce n’était pas le cas selon Gaston Lefranc :
▻https://twitter.com/GastonLefranc/status/1688790359827185664
On a connu mieux comme interview « sans concession »...
▻https://video.twimg.com/ext_tw_video/1688551474421198849/pu/vid/320x320/2HYU7O3o7Ga1RsMW.mp4?tag=12
Sinon, j’aime bien le profil sur l’ex oiseau bleu de Gaston Lefranc
🛑 ☠️ ☢️ « LE NUCLÉAIRE, C’EST L’INDÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE »...
L’uranium qui sert de combustible aux centrales nucléaires ne pousse pas dans les arbres. La France est totalement dépendante des pays qui possèdent ce minerais dans leur sol. C’est le premier mensonge des nucléocrates : « l’indépendance énergétique » n’a jamais existé. La totalité de l’uranium servant aux 56 réacteurs nucléaires françaises vient de l’étranger, importé du Niger, du Kazakhstan, d’Australie… ou de la Russie. Macron, qui veut relancer la filière nucléaire, rendrait donc la France encore toujours plus tributaire des aléas géopolitiques (...)
🛑 ☠️ ☢️ 🌍 #Niger #néocolonialisme #écologie #environnement #contamination #pollution #uranium #radioactivité #nucléaire #nucléocratie #capitalisme #danger... #antinucléaire !
🏴 ★ #Anticapitalisme #antiproductivisme #décroissance #anarchisme
⏩ Lire l’article complet...
▶️ ▻https://contre-attaque.net/2023/08/01/le-nucleaire-cest-lindependance-energetique
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Révoltes après la mort de Nahel : la tentation milicienne de l’extrême droite
▻https://www.blast-info.fr/articles/2023/revoltes-apres-la-mort-nahel-la-tentation-milicienne-de-lextreme-droite-c
Sur les réseaux sociaux, des militants d’extrême droite ont appelé à sortir « à 10 000 » pour réprimer les émeutiers qui ont commis pillages et dégradations suite à la mort du jeune Nahel à Nanterre. Cette exhortation n’a pas été massivement suivie au niveau national, mais à Lyon et Chambéry, des nervis ont défilé, entonnant slogans et chants nationalistes. A Angers, vendredi et samedi soir, des nervis ont agressé à coups de batte de baseball des manifestants qui défilaient contre les violences policières. Une perquisition a eu lieu dans les locaux de l’ex Alvarium, un groupe néofasciste aujourd’hui dissout. A Lorient, de mystérieux individus cagoulés se présentant comme une « brigade anti casseurs » a prêté main forte à la police en interpellant, et parfois en frappant, des émeutiers avant de les remettre aux forces de l’ordre.
Des membres de l’Alvarium, un groupuscule identitaire dissout, étaient poursuivis pour participation à « un groupement en vue de préparer des violences » lors des émeutes de juin et juillet. Le tribunal a estimé qu’ils étaient en « état de nécessité ».
@colporteur : merci pour la « libération » de cette page. Non parce que hier soir, d’après Fouette Rance, le jugement était mis en délibéré.
Que s’est-il passé auprès de la procureure qui avait pourtant l’air d’être assez peu complaisante envers ces petits nazillons d’opérette ?
« Je ne vois pas bien comment on peut se préparer à la légitime défense », s’est questionnée la procureure, Béatrice Nectoux. Celle-ci a requis une peine de douze mois de prison (dont six de sursis) pour un, de huit mois (quatre de sursis) pour deux d’entre eux et de six mois de sursis simple pour le dernier. S’y ajoute des amendes de 800 à 1 500 € et l’interdiction de paraître à Angers pendant deux ans.
J’ai réalisé une compilation des articles que j’ai vu passer ces derniers jours. J’y ai incorporé le tien et j’ai ajouté la revue de presse (Google) de ce jour.
"l’état de nécessité" déjà c’est douteux mais que le tribunal justifie la relaxe en estimant que l’agression subie n’ait pas entraîné une agression supérieure « à ce qui était nécessaire » ??
▻https://contre-attaque.net/2023/08/11/angers-impunite-totale-pour-lextreme-droite
la collusion entre les flics et les fachos à Angers est de notoriété publique mais apparemment ils font ménage à trois avec la magistrature locale.
Le procureur réclame finalement des condamnations à des peines avec sursis assorties de quelques mois ferme et des amendes. Et une interdiction de la ville d’Angers pour les quatre prévenus. Mais le juge Guillaume Bocobza-Berlaud décide une relaxe générale et même une « exemption d’amende », sauf pour le quatrième qui écope de sursis.
J’ai un peu « googlé » pour voir les référencement du bonhomme.
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SG HambrosSG Hambros juil. 2006 - oct. 2006 · 4 moisjuil. 2006 - oct. 2006 · 4 mois
Assistant service juridiqueAssistant service juridique
BNP Paribas AMBNP Paribas AM août 2005 - déc. 2005 · 5 mois
Au Journal Officiel : ▻https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=ik_naH_b1TrZipZeApUQfvZqGObdZtWNluz-2a3juEc=
Dirige aussi une société d’immobilier sur paris :
▻https://www.societe.com/societe/s-c-i-lyr-790062178.html
la mère de madame détenait la majorité des parts de cette SCI avant qu’une modification des statuts donne à monsieur autant de parts qu’à sa belle-mère. la SCI, c’est souvent un moyen de défiscaliser, faciliter des successions au sein d’une famille, louer à un ou des enfants étudiants (en obtenant ainsi l’APL il me semble). pas fichu de trouver ce que cette SCI possède... si ils ont du fric, et puisqu’il connait le secteur bancaire, il peut tout aussi bien être aux Iles Caïman
il a aussi signé un manuel de dortoir commercial (Lamy)
sinon, la mise en délibéré annonce une décision le jour même contrairement à une formule du style « le délibéré sera rendu le tant »
bizarrerie, en mars 2023, il est qualifié de « juge d’application de peines au Tribunal judiciaire d’Angers » (ENM). il a pu faire fonction en raison des vacances judiciaires ?
De là à dire que les prochains « émigrés » seront en grande majorité des exilés fiscaux ... ^ ^
Sinon, pour avoir des chiffres concernant cette SCI, il faut passer à la caisse :
▻https://www.societe.com/documents-officiels/sci-lyr-399351832.html