Incapables de faire face à l’afflux de demandeurs, les Restos du cœur appellent à l’aide
L’association a annoncé qu’elle allait devoir éconduire 150 000 personnes. Le gouvernement a promis 100 balles par tête (15 millions d’€), mais pas de Mars.
« Nous demandons des réponses concrètes, précises, immédiates, et le lancement d’un plan d’urgence alimentaire. » Le président des #Restos_du_cœur, Patrice Douret, a adressé un appel à l’aide aux « forces politiques et aux forces économiques » lors du « 13 heures » de TF1, dimanche 3 septembre. Il décrit une « situation inédite » : jamais, depuis leur création en 1985 par Coluche, les Restos du cœur n’avaient aidé autant de monde – ils ont déjà accueilli 1,3 million de personnes cette année, contre 1,1 million en 2022. Et jamais l’association n’avait autant dépensé, du fait de ces besoins accrus et de l’inflation : elle doit acheter plus du tiers de la nourriture qu’elle distribue et faire face aux surcoûts d’électricité, de transports…
« A ce rythme-là, si on ne fait rien, les Restos du cœur pourraient [comme l’école et l’hôpital] mettre la clé sous la porte d’ici trois ans ». Ils vont « réduire fortement » le nombre de personnes accueillies pour se concentrer sur ceux qui ont les plus faibles « restes à vivre ». « On devra aussi réduire les quantités pour tous ceux qu’on pourra accueillir ».
(...) Avec les trois autres associations bénéficiant de l’#aide_alimentaire européenne – les banques alimentaires, le Secours populaire et la Croix-Rouge –, il a demandé au printemps à rencontrer Maquereau. Il a aussi appelé, dans une tribune au Monde, à renforcer le Soutien européen à l’aide alimentaire. Sans résultat.
Cette fois, des élus de nombreux partis (HellFI, RN, Pécéèfe, EELV, Répoublicains, P$) se sont émus de la situation, plusieurs ont soutenu l’idée du « plan d’urgence alimentaire ». Les Mousquetaires et Carrefour ont promis d’effectuer des dons et d’organiser des #collectes.
La ministre des solidarités, Aurore Bergé a indiqué que l’aide alimentaire du gouvernement avait été portée à 156 millions d’euros cette année et que, « dans les prochains jours, 15 millions d’euros » seront « mis sur la table » pour aider les Restos du cœur à « passer cette période », et 6 millions d’euros débloqués en faveur des associations d’aide aux tout-petits. Elle a elle-aussi lancé « un appel solennel aux grandes entreprises », qui avaient su se mobiliser pour la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, et compte les recevoir rapidement, en même temps que les présidents des grandes associations de solidarité.
Cette annonce « ne répond pas à l’urgence », puisque « même en réduisant le nombre de personnes accueillies et les quantités données, nous avons besoin de 35 millions d’euros pour terminer notre exercice à l’équilibre en mars, réagit le pédégé des Restos. De plus, arnaque classique, les 15 millions annoncés englobent une dizaine de millions d’euros déjà budgétés dans le cadre du plan “Mieux manger pour tous”.
Les autres grands acteurs de l’aide alimentaire soulignent l’urgence à agir. « Nous recevons moins de dons de nourriture de la #grande_distribution et de l’#industrie_agroalimentaire, et nous avons moins d’aides européennes que durant la crise sanitaire, tandis que les besoins augmentent fortement, résume Laurence Champier, D.G. des B.A.. Nous sommes obligés de rationner les associations que nous aidons et de limiter leur nombre. Notre secteur a besoin de crédits suffisants et pérennes, d’autant plus que les particuliers risquent de moins pouvoir donner ! »
Côté du Secours pop : « Nous accompagnons désormais 3,5 millions de personnes, y compris de plus en plus d’étudiants, de retraités et des personnes qui travaillent. Nous essayons de partager plutôt que de refuser des gens, car il y en a déjà beaucoup trop qui sont en dehors des radars, explique le D.G. de l’association, Thierry Robert. Il faut plus de soutien, et aussi plus d’accompagnement humain de la part de l’Etat. Nos bénévoles constatent combien la dématérialisation des services publics prive de nombreuses personnes de leurs droits. »
▻https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/09/04/l-appel-a-l-aide-des-restos-du-c-ur-confrontes-a-une-situation-inedite_61876
#Alimentation #EDF#carburant J’ai un abonnement Tempo chez EDF augmentation 13 euros ce mois d’août où je consomme très peu et pas cher !!! Je tremble pour les mois à venir !
Restos du Cœur : la famille de Bernardjepaye14%d’impôtArnault annonce verser une aide de 10 millions d’euros (BFM) dont 70% seront déductibles fiscalement.
edit : la déduction fiscale est de 66% dans la limite de 20% des revenus imposables.
Avec une fortune de 214 000 000 000 €,
Bernard Arnault donne 10 millions aux Restos du Cœur.
Avec votre patrimoine de €, c’est comme si vous donniez 5,47 €
Ce qui équivaut à un kebab [au moins chers du pas cher]
Pour faire mieux que Bernard à votre échelle, faites un don.
▻https://threadreaderapp.com/thread/1699101664286761003.html
Pourquoi le don de Bernard Arnault aux Restos du cœur suscite l’indignation.
Thread. 🧶
[Pour les célibataires on a l’habitude mais] « Ce sera très dur humainement de refuser la demande de certaines familles » : l’inquiétude des Restos du cœur
▻https://www.leprogres.fr/social/2023/09/05/ce-sera-tres-dur-humainement-de-refuser-la-demande-de-certaines-familles-l
Aide alimentaire : la faillite d’une société
▻https://journal.lutte-ouvriere.org/2023/09/06/aide-alimentaire-la-faillite-dune-societe_726397.html
Cela rend particulièrement cynique la réaction des « forces économiques », c’est-à-dire des entreprises qui sous-payent leurs salariés pour mieux gaver leurs actionnaires. Ainsi la famille de Bernard Arnault, roi du luxe et première fortune mondiale, a annoncé un don de 10 millions d’euros. Ramenée à la fortune familiale, cette somme équivaut à un don de 50 centimes pour quelqu’un qui aurait économisé 10 000 euros sur son livret A… Aurore Bergé, ministre des Solidarités, s’est pourtant empressée de remercier le milliardaire, avant de promettre 15 millions d’euros aux Restos du cœur. Du côté des enseignes de la #grande_distribution, Carrefour et Intermarché annoncent un doublement des jours de collectes et des dons supplémentaires de produits. À tous égards, cette annonce est plus un coup publicitaire qu’un élan de générosité. Depuis une loi de 2016, les magasins alimentaires sont obligés de donner leurs invendus à des associations caritatives.
Mais, surtout, ces géants de la grande distribution, en rivalité avec les industriels, qui fabriquent l’inflation en augmentant leurs prix et qui rackettent la population. « Voler en grand et restituer en petit, voilà la philanthropie » : cette formule du socialiste Paul Lafargue n’a pas pris une ride.