• Je me suis toujours intéressé aux prix de l’immobilier (politiquement) je trouve que c’est un indice clair et fiable des tournants sociaux, des territoires, du vécu quotidien, de ce qui se profile. En plus, comme les maires ont eu des difficultés à masquer qu’ils devenaient les promoteurs immobiliers de leur ville (balkany ou moudenc à toulouse plus proche, ou muzeau à clichy etc). On peut reconstruire assez bien comment fonctionne leurs réseaux d’influence.

    Bon là, j’ai demandé à un site plutôt fiable en terme de recroisement des ventes, l’estimation d’une villa cossue à Reuil Malmaison de 900m2 avec piscine et un terrain de 1.600 m2. Oh ben tiens, c’est étonnant, c’est beaucoup plus élevé que le prix de vente annoncé.

    Résultat de votre estimation en ligne
    Rue Hortense, 92500 Rueil-Malmaison

    Maison 300 m² 9 pièces piscine

    Estimation basse 3 426 023 €
    Estimation moyenne 3 773 200 €
    Estimation haute 4 120 283 €

    Marine Le Pen vend la villa de son père au milliardaire catholique ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin pour 2,5 millions d’euros –
    https://www.liberation.fr/politique/marine-le-pen-vend-la-villa-de-son-pere-au-milliardaire-catholique-ultrac

    Marine Le Pen vend la villa de son père au milliardaire catholique ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin pour 2,5 millions d’euros
    D’après une information de « Challenges », la famille Le Pen a vendu sa villa de Rueil-Malmaison où habite Jean-Marie Le Pen à une société détenue par le milliardaire ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin et le gestionnaire de son fonds d’investissement.

    Oups, plus d’un million d’euros de différence.

    Sinon voila un vieil article du 28/02/2016, à l’époque où le JDD n’appartenait pas à l’extrême droite sur les soupçons de la justice lors de l’achat.
    https://www.lejdd.fr/Societe/Soupcons-sur-la-villa-des-Le-Pen-pere-et-fille-774921-3157730

    • Il faut quand même que tu saches que le nouveau propriétaire qui a acheté à si petit prix leur cahute aux Lepen est exilé fiscal en Belgique et grand ami de Bolloré et qu’il amasse sa fortune en investissements immobiliers.

      Qui est Pierre-Edouard Stérin, ce milliardaire catholique candidat au rachat de « Marianne » ?
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/05/02/pierre-edouard-sterin-milliardaire-catholique-pret-a-racheter-marianne_62311

      En ce début de 2023, Vincent Bolloré accueille à la Villa Montmorency, dans le 16e arrondissement de Paris, le timide et souriant Pierre-Edouard Stérin. Cet autre milliardaire, fervent catholique et désireux comme lui de « sauver la France », est venu lui parler de ses rêves du moment, dont l’offre de rachat du groupe Editis – avortée depuis. Face au Breton, qui se dit né avec une cuillère d’argent dans la bouche, lui, originaire d’Evreux, se vit en vilain petit canard qui a enchaîné les échecs et « bossé toute sa vie comme un chien » pour réussir. Vingt ans à faire fructifier les coffrets Smartbox, qu’il a créés et délocalisés en Irlande, pour se bâtir une fortune de 1,2 milliard d’euros, la 104e de France.

      Peu connu du public, exilé fiscal en Belgique, le quinquagénaire mû par l’envie de « give back » (« redonner » en français) entend, en outre, déshériter ses cinq enfants pour léguer ce milliard à son propre fonds de « philanthropie ». Et voudrait, chagrin que la France boude ses grandes fortunes, que cela se sache. Il n’en admire pas moins en Bolloré le « superentrepreneur » et son puissant groupe, dont la chaîne d’opinion ultra-conservatrice CNews grignote les parts de marché de BFM-TV. Que la rédaction du Journal du dimanche (JDD) ait été décimée ne le choque pas : un propriétaire « fait ce qu’il veut chez lui ». Les journaux n’y font pas exception.

    • « Versailles Connection » : Pierre-Edouard Stérin place ses pions au Rassemblement national
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/06/26/versailles-connection-pierre-edouard-sterin-place-ses-pions-au-rassemblement

      Le #milliardaire catholique conservateur était déjà au cœur du dispositif de Marine Le Pen à travers son numéro deux, le financier François Durvye. Une place qu’il renforce avec plusieurs candidats issus de sa galaxie investis sous la bannière RN-LR.
      Par Clément Guillou, Alexandre Pedro et Ivanne Trippenbach

      Octobre 2023, à deux pas de la Bourse, à Paris. Jordan Bardella et Pierre-Edouard Stérin font connaissance à la table gastronomique du restaurant Fleur de pavé, dans le 2e arrondissement. Le jeune président du Rassemblement national (RN) s’enquiert auprès du milliardaire catholique, 104e fortune française, des ficelles des investisseurs pour repérer le « value for money ». Le fondateur de Smartbox, exilé fiscal en Belgique et opposé par ailleurs au droit des femmes à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), ne trouve pas Bardella exceptionnel mais voit en lui son poulain à l’extrême droite. Le « go between » entre les deux hommes ? Le polytechnicien François Durvye, barbe bien taillée et lunettes fines, numéro deux de Stérin au sein d’Otium Capital, son fonds d’investissement pesant 1,2 milliard d’euros, et conseiller de l’ombre du RN.

      Un mois plus tard, en novembre 2023, Marine et sa sœur Yann Le Pen signent avec François Durvye l’acte de vente de la propriété familiale de Rueil-Malmaison, où vivent Jean-Marie et Jany Le Pen, comme l’a révélé le magazine Challenges. Quand, début 2023, François Durvye découvre la maison à colonnes ouverte sur le jardin de 1 600 mètres carrés, en l’absence de Jean-Marie Le Pen, hospitalisé, il tope. Et débourse, à l’aide d’une société civile immobilière, qu’il créera durant l’été avec sa femme et Pierre-Edouard Stérin, 2,5 millions d’euros pour acquérir cette demeure de 300 mètres carrés, dotée de neuf pièces, d’une piscine et d’une dépendance pour le personnel. Les meubles, bibelots, maquettes de voiliers et estampes asiatiques sont laissés à l’écart de la vente. Mais les Le Pen en retirent une confortable rentrée financière.

      Le duo Durvye-Stérin possède donc la maison où vit toujours le cofondateur du Front national, qui vient de fêter ses 96 ans. Une villa où s’est rendu Jordan Bardella, il y a quelques mois, pour sa première longue entrevue avec Jean-Marie Le Pen, comme pour entretenir la continuité familiale. D’une génération à l’autre, le clan Le Pen s’entoure de l’une ou l’autre des tendances de l’extrême droite. Marine Le Pen a peu à peu troqué la « GUD Connection », trop encline à participer aux défilés néonazis et néofascistes en plein Paris, contre la « Versailles Connection », selon les mots d’un ancien du cercle mariniste.

      Comment François Durvye et la galaxie Stérin se sont-ils retrouvés au cœur du dispositif lepéniste ? C’est un autre #Versaillais, le « catho tradi » Renaud Labaye, formé à Saint-Cyr et bras droit de Marine Le Pen, qui l’introduit en 2021 auprès de la candidate à la présidentielle. Les deux quadras se sont rencontrés dans la cité royale, épicentre de la droite réactionnaire. « Une tête bien faite, un mec qui pense comme nous, c’était intéressant qu’il travaille pour Marine », confirme l’ex-secrétaire général du groupe RN à l’Assemblée nationale. Son profil évoque un autre financier, qui conseille Marine Le Pen depuis plus longtemps encore : l’investisseur catholique Alexis Rostand, diplômé de HEC et enseignant à Paris-Dauphine, qui travaille entre Londres et Paris à la tête d’une société de gestion d’actifs et du think tank Ora et Labora – « prière et travail », du nom de la devise des bénédictins. Son credo : la « finance éthique intégrale », qui cherche à harmoniser argent et doctrine sociale de l’Eglise.

      Vision économique libérale

      François Durvye se ménage rapidement une place. Comme l’avait dévoilé Libération, c’est à l’abri du manoir normand de Durvye, dans le village en pierre de Bellengreville (Calvados), que Marine Le Pen s’est exercée secrètement au débat d’entre-deux-tours de la présidentielle de 2022. Le même avait monté un rendez-vous avec Marine Le Pen dans sa demeure versaillaise, en présence de Pierre-Edouard Stérin, qui en était ressorti avec l’impression que « Marine n’y connaît rien en économie ». Un an plus tard, Marine Le Pen est retournée à Bellengreville, pour la fête d’anniversaire de François Durvye – mais d’autres cadres du RN avaient décliné l’invitation pour se rendre au pèlerinage de Chartres. Durvye est encore là, au soir du 9 juin, dans la salle « VIP » du premier étage d’un pavillon du Parc floral de Paris, autour de Jordan Bardella et Marine Le Pen, pour découvrir leur victoire aux européennes sur les coups de 20 heures.

      La photo, publiée par Marine Le Pen sur ses réseaux sociaux, signe l’importance prise par ce quadragénaire. Le polytechnicien est l’un des plus productifs des « Horaces nouvelle génération », une poignée de conseillers qui ont supplanté les « Horaces », ces anciens hauts fonctionnaires retraités, passés de mode au RN. Formés dans les grandes écoles, âgés de 30 à 40 ans et jusqu’ici vierges d’engagement politique, ces hauts diplômés puisés dans les réseaux catholiques et nationalistes partagent une vision économique plus libérale que le souverainisme du Front national des années 2010.
      François Durvye calque ses conseils sur les intérêts des grands groupes industriels, qu’il se targue de bien connaître. « Je suis entendu », croit savoir celui qui pousse auprès de Jordan Bardella un paquet « productivité » pour les entreprises, incluant la baisse des impôts de production. « La ligne souverainiste a gagné contre la ligne national-réactionnaire dans les urnes, rétorque Jean-Philippe Tanguy, qui défend plutôt la taxe sur les surprofits et le rachat d’actions. On n’est pas très riche en talents disponibles. Alors quand Marine lui dit : “Tu fais”, eh bien il fait. »

      François Durvye est-il missionné par Pierre-Edouard Stérin pour influencer la ligne d’un parti à même de prendre le pouvoir ? Tous deux nient. Au RN, tout le monde a bien compris toutefois qu’il fallait compter avec le milliardaire anti-IVG, qui projette de racheter Marianne et s’inquiète d’un « grand remplacement », théorie raciste fantasmant la disparition de l’identité française à raison de l’immigration. Dernièrement, c’est le député sortant du Nord Sébastien Chenu, que Marine Le Pen imagine en futur président de l’Assemblée nationale, qui l’a sollicité pour un déjeuner. « Je m’attendais à voir quelqu’un de très raide, mais pas du tout : il est profondément attaché à œuvrer pour la France et met à son bénéfice ses réseaux, son argent, et ses collaborateurs », en a déduit Sébastien Chenu, qui avait fondé GayLib il y a une vingtaine d’années, et dont les convictions sociétales sont aux antipodes de la vision conservatrice de Stérin.

      Des petites mains à disposition

      Au sein du #RN, les porte-parole de la ligne dite « sociale » dénoncent, depuis les législatives de 2022, un noyautage progressif par des conservateurs, autrefois associés au courant de Marion Maréchal. Les catholiques versaillais, recrutés par Renaud Labaye, occupent des fonctions-clés du groupe à l’Assemblée, au plus près du bureau de Marine Le Pen. Et parmi les députés sortants, ils constituent une part non négligeable, après que l’ancien ministre de la défense Charles Millon, à l’influence encore certaine dans les milieux catholiques, a suggéré à Marine Le Pen d’offrir des circonscriptions favorables à une bonne poignée de conservateurs. Sous l’influence de l’entourage de Pierre-Edouard Stérin, ils reviennent plus nombreux encore dans ces élections législatives.

      « Si vous avez besoin de renfort… » Le 11 juin, jour de l’annonce de l’alliance entre Eric Ciotti et le RN, le message d’Alban du Rostu s’affiche sur le portable d’un proche collaborateur du président des Républicains (LR). Il le connaît un peu : Alban du Rostu est l’un des deux émissaires privilégiés de Pierre-Edouard Stérin. Si François Durvye dirige Otium, Alban du Rostu chapeaute le Fonds du bien commun, l’instrument de dotation « philanthropique » de Stérin. Ce mardi, Alban du Rostu vient opportunément proposer à Eric Ciotti les services de la galaxie réactionnaire Bien commun. Il tient à rester discret : il supprimera son message, apprenant qu’Eric Ciotti est lâché par ses troupes.

      Voilà plusieurs mois que le président de LR est courtisé par Pierre-Edouard Stérin. « Il est bizarre, ce mec », avait lâché Eric Ciotti à la sortie d’un premier rendez-vous, le 1er septembre 2023. Trois mois plus tard, le Niçois est invité à sa première « soirée des entrepreneurs patriotes », où Stérin fait se croiser élus, patrons, jeunes cadres des sphères libérales-conservatrices. Un grand drapeau tricolore orne le formulaire d’inscription en ligne pour cette soirée, qui se tient au cœur du très chic 8e arrondissement de Paris. Mais Eric Ciotti n’ira pas.

      En plein big-bang politique, toutefois, le rallié au RN a-t-il le luxe de dire non ? La droite tout entière l’a lâchée, jusqu’à ses propres collaborateurs, qui tiennent les réseaux sociaux ou le précieux fichier des adhérents. Bien vite, le mot se passe chez LR : Stérin aurait mis à disposition quelques petites mains pour aider Eric Ciotti à traverser la tempête médiatique et juridique. Mais ce n’est pas tout. L’ex-député des Alpes-Maritimes a négocié 80 circonscriptions avec le RN, mais n’a pas grand monde à investir. Le RN va lui fournir des contacts, des élus locaux venus de la droite déjà en rupture de ban et pas encore encartés à l’extrême droite ou des amis de Marion Maréchal. La chaîne CNews et ses chroniqueurs constituent un autre petit réservoir. La galaxie Sterin en est un autre, comme l’a découvert Le Monde.

      Profils sociologiques très différents

      Dans l’urgence, des candidats liés au Bien commun sont investis, aux profils sociologiques très différents de la masse des candidats lepénistes. Vincent Trébuchet, 35 ans, salarié dans « une entreprise de conseil, soutien et financement aux associations », candidat dans l’Ariège ? Cet ex-HEC est employé de la « start-up studio » de la Fondation du bien commun et travaille essentiellement à la mise en place d’un réseau de collèges et lycées catholiques soutenu par Stérin, des établissements non mixtes proposant « une authentique éducation intégrale ».
      Typhanie Degois, ex-députée de Savoie élue dans la majorité macroniste en 2017, va tenter de retrouver l’Assemblée nationale dans le groupe d’Eric Ciotti et Jordan Bardella. Depuis son départ du Palais-Bourbon, la jeune femme aux idées conservatrices a soutenu Marine Le Pen pour la présidentielle de 2022 et s’est reconvertie dans le lobbying. Son principal client, comme l’a révélé La Lettre ? Le fonds Otium de Stérin. Typhanie Degois est aussi active au sein du Fonds du bien commun.

      Dans le département voisin, en Haute-Savoie, Antoine Valentin, déjà maire de village, se présente, lui aussi, sous l’étiquette LR-RN. Depuis quelques mois, il porte le nouveau projet politique de Pierre-Edouard Stérin, Politicae : un institut de formation qui se fait fort d’aider des candidats sans étiquette à remporter des mairies en 2026. Comme le rappelle La Lettre, Politicae est la première émanation d’un think tank dont le milliardaire a confié la création à Philippe de Gestas, ancien sous-préfet, professeur à l’Institut de formation politique, le laboratoire parisien des droites conservatrices. A Politicae, Antoine Valentin a embauché Barthélémy Martin, lui-même propulsé candidat LR-RN en Charente. Pour lancer le projet Politicae, Antoine Valentin avait bénéficié d’un coup de pouce du Journal du dimanche de Vincent Bolloré, en mai : la publication d’une tribune d’un « collectif de 30 maires »… parmi lesquels deux autres candidats ciottistes aux législatives.

      Quant à Alexis Pany, candidat dans les Hauts-de-Seine et cadre de Bolloré Logistics, son épouse est l’une des dirigeantes du Fonds du bien commun. D’autres aspirants députés font partie de la galaxie versaillaise, comme le consultant Pierre Giry, diplômé de l’Essec et enseignant à Sciences Po en finances et stratégie, autrefois proche de François Xavier-Bellamy à Versailles, parachuté dans la Manche.
      Pour Eric Ciotti, ces candidats issus d’un même écosystème ne forment qu’une curieuse coïncidence et l’implication de Pierre-Edouard Stérin « relève du fantasme ». « Ces candidats n’ont absolument pas été trouvés par quiconque », répond-il, en insistant sur le rôle des « prestataires extérieurs et des bénévoles » dans la campagne. Au RN, on minimise aussi le poids du milliardaire. « On n’a plus besoin d’aide financière. Vu le nombre de députés qu’on nous promet [le financement public des partis dépend de leurs résultats aux législatives], le sujet financier fera partie du passé », prédit Renaud Labaye.

      Reste que le mode de fonctionnement de Pierre-Edouard Stérin, dans les affaires, est le suivant : étudier et amender le business plan d’entrepreneurs, mettre à disposition ses moyens financiers et ses jeunes cerveaux, en échange de parts substantielles dans l’entreprise. A l’approche du premier tour, depuis son domicile près de Waterloo, le milliardaire catholique souhaite aux candidats de l’union de l’extrême droite « beaucoup de succès face à la menace principale que me semble être l’union de la gauche, de l’extrême gauche et de l’ultragauche ».

  • #SOP : Structure des Opportunités Politiques, par Denis Colombi sur Bluesky
    https://bsky.app/profile/uneheuredepeine.bsky.social/post/3kuujfmmwey2z

    Il y a une notion de science politique que l’on voit en première et qui peut être utile à tout le monde en ce moment :

    La notion de Structure des Opportunités Politiques

    C’est une notion qui vise à rendre compte de pourquoi des mouvements sociaux et des actions collectives émergent à certains moments et pas à d’autres. Elle indique qu’il faut faire attention à l’état des rapports de force politique, des alliances, des relations internationales, etc.

    Regardez ça ressemble à ça (tiré du manuel de terminales Magnard de 2020 - en fait je me suis planté c’est en term qu’on voit ça pas en première)


    Structure des opportunités politiques
    Degré d’ouverture ou de fermeture des institutions politiques (nombre de partis, coopération entre partis politiques et mouvements sociaux) Degré de stabilité des alignements politiques (durée des gouvernements, stabilité des résultats électoraux) Existence de conflits et divisions entre élites politiques Présence ou absence d’alliés influents apportant leur soutien au mouvement D’après Sidney TARROW (1994) et Hanspeter KRIESI (1995).

    Par exemple, les grandes grèves de 1936 qui débouchent sur les avancées sociales que l’on sait s’expliquent en partie par une structure des opportunités politiques particulièrement favorables : une coalition de gauche nouvelle et un peu fragile, fraîchement arrivée au pouvoir par alternance…

    Dans ce contexte, les actions collectives ont pu apparaître comme ayant de bonnes chances de réussir et les gens se sont engagés dedans - et ça a marché.

    Maintenant, posons nous la question :

    Quelle sera la structure des opportunités politiques après les législatives ?

    Certains se disent « le RN, c’est pas grave, on le fera plier par la rue »…

    Un parti parvenu au pouvoir avec très peu d’alliances (Ciotti qui se jette à plat ventre en demandant à ce qu’on lui marche dessus…), comptant sur ses appuis internationaux (russes), coupé des mouvements sociaux…

    La SOP ne sera pas favorable à des actions collectives, encore moins à leur réussite.

    Certains se disent « mais dans le Front Populaire, il y a X que j’aime pas ».

    Une alliance récente, contrainte au compromis, ouverte sur les mouvements sociaux, obligée de composer sans le soutien de nombreux médias et d’une partie des élites sécessionnistes…

    La SOP vous permettra de peser dessus.

    • Y’a une analyse des Gilets Jaunes avec ce prisme ?

      Ou une du « mouvement pour les retraites » ?

      Ou une de l’avènement de Jupiter en 2017 ?

  • L’inacceptable stratégie israélienne du chaos à Gaza
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/03/01/l-inacceptable-strategie-israelienne-du-chaos-a-gaza_6219469_3232.html

    L’inacceptable stratégie israélienne du chaos à Gaza
    Éditorial

    Le Monde

    Les dizaines de morts lors d’une distribution d’aide alimentaire ne doivent pas être considéré comme un incident isolé. Elles sont la conséquence du broyage méthodique de l’enclave, transformée par une armée en roue libre en champ de ruines au prix d’un terrible bilan humain.

    Chaque jour qui passe à Gaza en révèle autant sur le calvaire enduré par les civils palestiniens que sur ce qu’est devenu Israël. Le 29 février, le jour même où le nombre de Palestiniens tués a dépassé le chiffre effarant de 30 000 personnes, selon une estimation de ce qui reste des services de santé contrôlés par le Hamas, une nouvelle tragédie s’est ajoutée aux horreurs de la guerre lancée en riposte aux massacres de civils israéliens perpétrés par la milice islamiste le 7 octobre 2023.

    Un convoi d’aide alimentaire a été pris d’assaut par des civils privés de tout près de la ville de Gaza, à proximité de positions israéliennes. Cette émeute de la faim et la bousculade qu’elle a déclenchée ont entraîné des tirs israéliens que l’armée a reconnus. Des dizaines de Palestiniens sont morts. Il s’agit de la conséquence des obstacles opposés par Israël à l’acheminement d’une aide devenue vitale, qui poussent inexorablement ce territoire surpeuplé vers une famine fabriquée de toutes pièces.

    Ce drame ne doit pas être considéré comme un incident isolé. Il est au contraire le révélateur de ce que l’Etat hébreu entend faire de Gaza après des combats auxquels il n’a d’ailleurs fixé pour l’instant aucun terme en dépit de l’absence de résultats concernant leur double objectif : la libération des otages israéliens kidnappés le 7 octobre et l’éradication totale du Hamas.
    Refus obstiné

    Après le broyage méthodique de l’étroite bande de terre, transformée par une armée en roue libre en champ de ruines au prix d’un terrible bilan humain, ce projet passe désormais par la destruction de la moindre forme d’administration. Il ne s’agit pas seulement de celle du Hamas. La tentative de mise à mort de l’UNRWA, l’agence onusienne chargée des réfugiés palestiniens dont le travail est crucial à Gaza, s’inscrit dans cette perspective.
    Écouter aussi Crise à l’UNRWA : pourquoi l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens est dans la tourmente

    Ce dessein israélien est confirmé par le refus obstiné du premier ministre, Benyamin Nétanyahou, de permettre le retour d’une Autorité palestinienne « revitalisée » selon le souhait du président des Etats-Unis, Joe Biden, pour supplanter le Hamas. Israël veut que règne le chaos. Le convoi pris d’assaut le 29 février n’avait d’ailleurs pas été organisé en coordination avec les agences onusiennes encore présentes sur place.

    Les alliés de l’Etat hébreu, à commencer par les Etats-Unis qui arment son bras sans s’émouvoir des crimes de guerre qu’ils permettent, comme les Européens, ont le choix. Ils peuvent s’accommoder par faiblesse de cette stratégie qui vise un retour, en bien pire, à la situation qui prévalait avant le 7 octobre 2023, soit l’étranglement de la bande de Gaza par un blocus terrestre et maritime impitoyable. Ils en seront de fait les complices s’ils continuent de financer sans rien exiger en retour la survie désormais en question de ce territoire, comme l’apparence de statu quo qui prévaut dans une Cisjordanie gangrenée par la colonisation israélienne.

    Ils peuvent au contraire décider d’instaurer le début d’un rapport de force s’ils sont convaincus que la protection des civils sur une terre pour laquelle Israël ne peut se prévaloir d’aucun droit reconnu internationalement est le préalable à la moindre perspective politique, refusée par ailleurs obstinément par Benyamin Nétanyahou. Il s’agit d’un choix difficile, surtout après des années de lâche désintérêt, mais il n’y a pas d’alternative à la honte.

    Se déciderait-on à se bouger un peu ?

  • Julien Gossa : « [#VeilleESR] 904 M€ de crédits supprimés pour la MIRES (Mission Interministérielle Recherche et Enseignement Supérieur) www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORF... » — Bluesky
    https://bsky.app
    https://bsky.app/profile/michelbessiere.cpesr.fr/post/3klym4gm7cs2d

    Plus de 20% des annulations de crédit (2,2Md€) portent sur le programme Écologie, développement et mobilité durables.

    500M€ d’annulations portent sur les dépenses de personnel de l’enseignement scolaire.

    Tout un programme politique.

    Les 15 programmes les plus touchés.

    Le programme 172 (Recherche = CNRS, etc.) arrive en 6e position avec 383M€ annulés.

    Commentaire de Michel Bessière
    https://bsky.app/profile/michelbessiere.cpesr.fr/post/3klym4gm7cs2d

    Dormez braves gens ac la LPR plein de moyens et on va atteindre 3% du PIB pour la recherche
    – 80M€ sur pgm 150 (enseignement supérieur et recherche universitaire)
    – 383M€ sur pgm 172 (recherche)
    – 125M€ sur pgm 231 (vie étudiante)
    – 192M€ sur pgm 193 (recherche spatiale)

  • https://bsky.app/profile/lonestartallboi.bsky.social/post/3kiib4qnjt324

    20 years ago we were suing teenagers for millions of dollars because they were torrenting a single Metallica album and now billionaires are demanding the free right to every work in history, so that they can re-sell it.

    The law only ever serves capital.

    The Guardian (World)
    https://bsky.app/profile/guardian-world-rss.bsky.social/post/3kihz6ainqr2c

    ‘Impossible’ to create AI tools like ChatGPT without copyrighted material, OpenAI says

    • Alors dans le même temps, j’ai vraiment l’impression que cette façon systématique d’aborder les LLMs et l’IA sous l’angle exclusif des droits d’auteur, ça permet de faire totalement accepter une version très restrictive des droits d’auteur aux jeunes générations.

      Ce qui fait qu’ici, l’opposition entre Metallica qui poursuivait des ados (c’est mal) et les ayants-droits qui poursuivent OpenAI (c’est bien), je la trouve largement factice.

    • @monolecte : quel rapport avec Matzneff ?

      Si c’est rapport à « des ados » : c’est une image. C’est en poursuivant la startup Napster que la RIAA, Metallica, Dr. Dre… ont fait fermer le réseau d’échange. Et Sean Parker, ce n’est pas exactement « un ado ».

      Pour être clair : je considère que c’était « mal » à l’époque, parce que ça véhiculait déjà une vision ultra-restrictive et merdique de la propriété intellectuelle, qui s’est tellement bien imposée depuis qu’on arrive à banaliser cette même version ultra-restrictive de la propriété intellectuelle, désormais, pour attaquer les LLMs. (Ici, l’expression « the free right to every work in history » est censée te scandaliser.)

      Aujourd’hui tu discutes avec des jeunes adultes, grosso modo ils ont intégré cette lecture de la propriété intellectuelle, et face aux IA ils n’ont pas un discours « néo-luddite », juste ils te causent de droits d’auteurs, et il faudrait pleurer pour Marvel et Star Wars (que, d’ailleurs, les jeunes appellent désormais par la terrifiante dénomination « licence » – de notre temps Star Wars on appelait ça « des films », maintenant c’est « une licence », et en anglais « an IP »).

      Dit autrement : on en est arrivé au stade où il semble naturel de croire que défendre la vision la plus restrictive des droits d’auteurs patrimoniaux, ça revient à défendre « les auteur·ices ». Défendre la « propriété intellectuelle » de Disney, Marvel et des maisons de disque, ça reviendrait à te défendre, toi, jeune créateur·ice…

    • Le point de vue énoncé est intéressant en ce qu’il confirme un autre champ de bataille de l’IA, celui de la propriété intellectuelle et des ayants droits. Pour ce qui est de la partie morale, à savoir, est-ce que c’est bien ou mal, on est bien d’accord que ça ne fait pas avancer le schmilblick, les #ayants_tous_les_droits sont toujours aux manettes bien qu’ils puissent donner l’impression d’avoir des intérêts divergents :
      – droit de moissonner toutes les données, partout, tout le temps, et le RGPD n’est plus que le lointain souvenir d’une illusion perdue
      – droit de moissonner toutes les créations, partout, tout le temps, et les consommateurs sont priés de passer au tiroir caisse, même quand plus aucun service n’est rendu par ceux qui se présentent en tant que producteurs de contenus, du fait d’une rareté perpétuellement régénérée ex-nihilo (à moins que ce soit ex-abrupto).

    • – droit de moissonner toutes les données, partout, tout le temps, et le RGPD n’est plus que le lointain souvenir d’une illusion perdue

      Oui mais on n’a pas attendu les LLM’s pour que toutes les données soient moissonnées. (Je suppose que tu ne parles que de moissonner les données personnelles, rapport au RGPD. Parce que sinon, moissonner les données disponibles publiquement sur le Web, même sous droits d’auteur, c’est le principe même des moteurs de recherche).

      Mais là encore, se focaliser sur les « droits d’auteur » fait qu’on passe de l’essentiel du problème. Parce que le danger « nouveau » des IA là-dedans, c’est pas les droits d’auteur sur nos propres données : c’est le fait que le croisement de données devient dangereusement efficace. Et que les premiers à mettre en place des IA qui croisent les données, ce sont nos propres gouvernements « démocratiques », à chaque fois pour d’excellentes raisons « non-commerciales » (notre « sécurité », ainsi que la lutte contre les méchants fainéants qui profitent de nos largesses sociales…). En se focalisant sur la question de la propriété des données, autant fusionner la CNIL avec l’INPI… (ça fait belle lurette que le CSA, l’Arcom et toutes les vélléités de « régulation », c’est avant tout destiné à protéger la gourmandise des gros « ayant-droits »).

      À la rigueur, j’aurais même tendance qu’on réintroduit la question des droits d’auteur dans cette histoire de moisson des données, ici, parce que la promesse du Web 3, qui promettait qu’on allait ouvertement et volontairement monétiser nos données personnelles (youpi !), ben c’est en train de crever (youpi !).

      Même plus largement, le Web 3 fantasmait sur des micro-paiements sur absolument tous les niveaux de droits d’auteurs, avec NFTs à tous les étages.

      – droit de moissonner toutes les créations, partout, tout le temps, et les consommateurs sont priés de passer au tiroir caisse, même quand plus aucun service n’est rendu par ceux qui se présentent en tant que producteurs de contenus, du fait d’une rareté perpétuellement régénérée ex-nihilo.

      Et à nouveau : traiter ça sous l’angle de la propriété intellectuelle, c’est pas idéal. Là on précise « les consommateurs sont priés de passer au tiroir caisse », sauf que Stable Diffusion ça s’installe gratuitement en local.

      Et sinon, « moissonner toutes les créations », pour les mettre à disposition du plus grand nombre, quitte à faire payer ce service, c’est un peu l’idéal d’une médiathèque ou d’un musée. Si on attaque ça avec une vision purement « droits d’auteurs », en se scandalisant du « free right to every work in history », je trouve ça très problématique.

    • Oui mais on n’a pas attendu les LLM’s pour que toutes les données soient moissonnées.

      Oui, mais. On a gravi quelques échelons ces derniers mois, où on ne prend même plus la peine de masquer les dark patterns qui font que tout est moissoné sans en avoir l’air.

      J’évoque en particulier le nouvel Outlook de Microsoft qui détourne ton flux de messagerie indépendante sur ses serveurs, sans même te l’expliquer d’une quelconque façon, avec à peine un message d’alerte t’indiquant qu’il partage tes informations avec 1500 tiers.

      Les CGU de tous les hébergeurs de fichiers les uns après les autres, qui évoluent subrepticement, et que tu découvres que tes données entraînent des IA dont tu n’as aucune idée de qui quoi quand.

      Jusqu’alors, tu savais qu’en étant hébergé chez les GAFAM, tes données pouvaient être exploitées, mais qu’en utilisant des outils indépendants, tu avais une chance d’être épargné. Mais désormais, les GAFAM font le nécessaire pour aller moissonner tes données, même si tu n’es pas chez eux. Gmail le faisait depuis longtemps, et à ta propre initiative, en ajoutant les coordonnées de tes comptes de messagerie dans ton compte Gmail pour tous les relever en un seul endroit. Désormais, Microsoft le fait, sans te l’annoncer vraiment et depuis un outil installé par défaut sur ton Windows.

      Tu évoques les gouvernements. Qu’on l’apprécie ou pas, ma foi, pourquoi pas. Cela peut faire partie des conditions d’une sécurité collective acceptée. Bien qu’on ne soit pas dupe de la porosité potentielle en matière d’intelligence économique par exemple.

      Je voulais donc juste dire qu’avec la ruée vers l’IA, les digues supposément et laborieusement mises en œuvre pour protéger nos données ont sauté à un point que personne n’avait imaginé, à part peut-être toujours le même Orwell, à la limite. Car quand Microsoft décide de détourner nos emails, le message c’est : l’objectif n’est pas de vous rendre un meilleur service, l’objectif est de lire vos emails.

    • Oui, je pense qu’on est d’accord. Juste ce n’est pas une question de droits d’auteurs (thème du message initial), quand je vois tous les messages qui hurlent au viol des droits d’auteur via les LLMs, ou quand OpenAI dit qu’il ne peut pas fonctionner sans moissonner des œuvres encore sous copyright, ça n’est jamais au sujet de tes mails ni du croisement des données par les gouvernements.

  • Laurent Potelle (bsky)
    https://bsky.app/profile/laurentpotelle.bsky.social/post/3kfszghz3pc2y

    La police passe son salon au peigne fin ?

    edit je viens de piger que c’est pour feinter les keufs qu’actuellement tant de coiffeurs s’annoncent aussi barbiers, mais je pas sûr à 100%, ça me mélange comme on trouve la coke : coupée à fond.
    #Paris