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  • A Dublin, nouveaux heurts violents autour d’un futur site d’accueil pour demandeurs d’asile
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/07/20/a-dublin-nouveaux-heurts-violents-autour-d-un-futur-site-d-accueil-pour-dema

    Contrairement à d’autres pays européens, l’Irlande ne connaît pas de percée électorale majeure de l’extrême droite, mais les sondages traduisent un durcissement dans l’opinion à l’égard de l’immigration. La crise du logement que traverse le pays est l’un des moteurs de cette hostilité, et plusieurs dizaines d’incendies volontaires ont visé depuis 2023 des bâtiments accueillant des demandeurs d’asile.

  • Haïti : au large de l’île, au moins 40 morts après l’incendie d’un bateau de migrants
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/07/19/haiti-au-large-de-l-ile-au-moins-40-morts-apres-l-incendie-d-un-bateau-de-mi

    Haïti : au large de l’île, au moins 40 morts après l’incendie d’un bateau de migrants
    Le Monde avec AFP
    Un incendie s’est déclaré à bord d’un bateau avec à son bord des migrants au large d’Haïti, faisant au moins 40 morts et plusieurs blessés, a annoncé vendredi 19 juillet une agence onusienne, un drame illustrant l’ampleur de la crise dans ce pays pauvre des Caraïbes. « Le navire, transportant plus de 80 personnes, a quitté Labadie [dans le nord d’Haïti] en direction des îles Turques-et-Caïques » avant de prendre feu au large, a rapporté l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans un communiqué. Quarante et un migrants ont été secourus par les gardes-côtes haïtiens et sont actuellement pris en charge par l’OIM, tandis que onze autres ont été transportés vers un hôpital pour être soignés, notamment pour des brûlures, précise l’agence.
    « La situation socio-économique d’Haïti est à l’agonie. L’extrême violence de ces derniers mois n’a fait qu’inciter les Haïtiens à recourir encore davantage à des mesures désespérées » pour fuir le pays, a réagi Grégoire Goodstein, chef de mission de l’OIM dans le pays.
    Depuis le 29 février, les gardes-côtes haïtiens du nord du pays ont observé une augmentation du nombre de tentatives et de départs par bateau de migrants, rapporte l’OIM. « Le manque d’opportunités économiques, l’effondrement du système de santé, les fermetures d’écoles et l’absence de perspectives poussent de nombreuses personnes à considérer la migration comme le seul moyen de survie », poursuit l’organisation. Haïti, qui vivait déjà une profonde crise politique et sécuritaire, est en proie à un regain de violences depuis le début de l’année, lorsque plusieurs gangs ont uni leurs forces, disant vouloir renverser le premier ministre contesté, Ariel Henry.
    Ce dernier a fini par démissionner et a été remplacé par des autorités transitoires qui doivent s’atteler à la tâche monumentale de rétablir la sécurité : la capitale est à 80 % aux mains des gangs, accusés de meurtres, de viols, de pillages et d’enlèvements contre rançon.

    #Covid-19#migrant#migration#haiti#crise#violence#securite#migrationirreguliere#sante#OIM

  • La gestation d’un système de sanctions contre les colons israéliens de Cisjordanie
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/07/20/la-gestation-d-un-systeme-de-sanctions-contre-les-colons-israeliens-de-cisjo


    Un enclos installé par des colons pour y planter des arbes, signe d’un projet de construction d’une nouvelle colonie illégale sur les terres du village bédouin de Mouarrajat (Cisjordanie), le 25 mai 2024.
    VIRGINIE NGUYEN HOANG/HUMA POUR « LE MONDE »

    Quelques dizaines de personnes et d’entités, qui contribuent à l’expulsion des Palestiniens en Cisjordanie, ont été sanctionnées depuis le début de l’année, à l’initiative des Etats-Unis, de l’Union européenne et de la France. D’une portée pour l’instant limitée, ces mesures enclenchent des mécanismes et établissent des précédents, qui inquiètent l’Etat hébreu.

    La décision rendue par la Cour internationale de justice, vendredi 19 juillet à La Haye, qui juge « illicite » l’occupation des territoires palestiniens, promet d’alimenter la réflexion de Washington, de l’Union européenne (UE) et de plusieurs Etats ayant commencé à imposer des sanctions contre des citoyens et des organisations israéliennes, impliqués dans les violences de la colonisation. Ces mesures punitives, dont les plus récentes ont été prises par l’Union européenne le 15 juillet ont été impulsées en décembre 2023 par l’administration américaine de Joe Biden.

    Encore symboliques et réversibles, touchant des dizaines d’individus sans grande autorité et une poignée d’entités, elles n’en brisent pas moins « un tabou » selon un diplomate européen, pour qui « en discuter sérieusement n’était pas même envisageable il y a deux ans ». Aussi fragiles soient-elles, elles enclenchent des mécanismes, posent des précédents juridiques et ouvrent un champ de possibles, qui préoccupent les autorités israéliennes. « Avec les avancées des cours de la justice internationale et ces vagues de sanctions, Israël risque de plus en plus concrètement de se voir assimilé à un Etat paria », résume un autre diplomate européen.

    #paywall

    • Un décret pris par le président Joe Biden en février permet à l’administration de sanctionner des individus et des entités en #Israël, sans passer par le Congrès, pour violences, mais aussi pour avoir contribué à déstabiliser la #Cisjordanie et accaparé de terres palestiniennes. Fort de ce levier juridique, son administration adopte un nouveau train de #sanctions régulièrement, à quelques mois d’intervalle, de manière planifiée et avec des conséquences concrètes : en raison de leurs transactions en dollars, les banques israéliennes, où les personnes et les entités mises sous sanctions disposent de comptes, sont obligées de geler ces avoirs.

      Un levier de pression

      En juin, deux patrons de fermes israéliennes, parmi des dizaines implantées depuis 2017 dans de vastes zones reculées de Cisjordanie, ont ainsi été visés. Ces #colonies_agricoles contribuent au déplacement forcé de Bédouins, à l’ombre de la guerre à Gaza. Ces hommes ont été sanctionnés pour des faits de violences, mais également pour #accaparement_de_terres.

      Une #jurisprudence se construit ainsi, ouvrant la voie à des sanctions contre des organisations plus importantes, voire des responsables politiques. Avant la présidentielle américaine de novembre, plusieurs nouvelles cibles sont évoquées par des sources diplomatiques et des experts : en premier lieu, Regavim, organisation impliquée dans l’implantation des fermes et la destruction de bâti palestinien, ainsi que d’infrastructures financées par l’UE (écoles, panneaux solaires).

      Autre objectif plus ambitieux : fin juin, le Canada a été le premier à sanctionner Amana, la principale entreprise israélienne de BTP en Cisjordanie, matrice du mouvement des #colons, dirigée par Ze’ev « Zambish » Hever. En avril, des fuites dans la presse américaine ont aussi évoqué la possibilité de sanctionner Bezalel Smotrich, le ministre des finances et ministre de tutelle de la Cisjordanie au sein du ministère de la défense, qui a fait de l’annexion pure et simple des territoires la politique officielle du gouvernement israélien.

      Washington a tenté d’user de ces sanctions, prises en parallèle à ses #livraisons_d’armes à Israël, comme d’un levier de pression sur la conduite de la guerre à Gaza. La manœuvre n’a guère eu de succès, mais elle ne se réduit pas à cet objectif, tout comme elle ne peut se résumer à un simple geste envers les électeurs d’origine arabe du Michigan, Etat-clé pour la présidentielle de novembre.

      L’élaboration de ces mécanismes de sanctions est aussi le fruit d’une réflexion sécuritaire, menée par l’armée et le département d’Etat, ce qui peut expliquer en partie pourquoi elle n’a suscité jusqu’ici que peu de critiques de la part des républicains. « Ils considèrent la colonisation comme le principal risque pesant sur la Cisjordanie, y compris pour Israël. Ils veulent renforcer les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne, qui sont perçues par leurs proches comme des collaborateurs avec Israël et sont humiliés chaque fois que les colons entrent dans leurs villages », résume une source diplomatique occidentale.

      Côté européen, la France a joué un rôle moteur, aux côtés des Pays-Bas et de la Belgique, pour faire adopter deux petits paquets de sanctions par le Conseil de l’Europe depuis avril. Forcément unanimes, ces initiatives font elles aussi jurisprudence. En juillet, la France avait proposé de sanctionner Regavim. L’Allemagne s’y est opposée. La Hongrie et la République tchèque, chevaux de Troie de la droite israélienne en Europe, freinent aussi les ambitions.

      Cependant, l’UE a sanctionné Tzav 9, un groupement de coupeurs de routes, qui assaillent en Cisjordanie les camions de nourriture destinée à Gaza. Le cas d’Amana est également discuté, sans faire l’unanimité. L’entreprise contesterait fermement sa désignation devant les tribunaux de l’UE. La France a sanctionné elle-même 28 colons violents, sans les nommer.

      Louis Imbert (Jérusalem, correspondant)

      #Palestiniens #CIJ #État_paria

    • En Israël, sur les traces de « Zambish », le colon bâtisseur
      https://www.lemonde.fr/international/article/2020/06/11/en-israel-sur-les-traces-de-zambish-le-colon-batisseur_6042441_3210.html

      Ze’ev Hever, entrepreneur au passé terroriste, est le principal constructeur des colonies dans les territoires palestiniens. L’Etat israélien s’apprête à légaliser son « œuvre », en annexant une partie de la Cisjordanie à partir du 1er juillet [2020].

      Toute sa vie, le « roi » des colons israéliens, Ze’ev Hever, a attendu ce jour. Voilà trente ans que le patron d’Amana, l’entreprise de bâtiment des colons, construit en Cisjordanie occupée, peuplant de centaines de milliers de juifs son empire de caravanes et de pavillons à tuiles rouges.

      https://justpaste.it/4b563

  • La Cour internationale de justice estime que l’occupation des territoires palestiniens par Israël depuis 1967 est « illégale »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/07/19/la-cour-internationale-de-justice-estime-que-l-occupation-des-territoires-pa

    La CIJ, la plus haute juridiction des Nations unies, a estimé vendredi 19 juillet que l’occupation par l’Etat hébreu des territoires palestiniens depuis 1967 était « illégale ». L’instance onusienne ajoute que cette occupation doit cesser « le plus rapidement possible ».

  • Un migrant meurt en tentant de traverser la Manche dans le Pas-de-Calais, troisième naufrage meurtrier en une semaine
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/07/19/un-migrant-meurt-en-tentant-de-traverser-la-manche-dans-le-pas-de-calais-tro

    Un migrant meurt en tentant de traverser la Manche dans le Pas-de-Calais, troisième naufrage meurtrier en une semaine
    Le Monde avec AFP
    Un migrant est mort dans la nuit de jeudi 18 à vendredi 19 juillet dans le naufrage de son embarcation dans la Manche, le troisième naufrage meurtrier dans cette zone en une semaine, a annoncé la préfecture maritime. Selon une source policière, il s’agirait d’un jeune homme d’origine soudanaise.
    Au cours de l’opération de sauvetage de ces migrants qui tentaient de gagner l’Angleterre, 85 personnes ont été secourues, selon le bilan de la préfecture maritime de la mer du Nord et de la Manche (Premar). Les passagers de l’embarcation clandestine sont notamment des personnes déclarant être éthiopiennes, érythréennes et soudanaises, d’après des éléments récoltés par les pompiers.
    Le naufrage s’est déroulé au large de Calais. Peu avant 1 heure du matin, « l’embarcation, très chargée, est en difficulté et les personnes à bord demandent assistance au patrouilleur de service public Cormoran », rapporte la Premar. Le Cormoran a alors récupéré cinq personnes tombées à l’eau avant de transférer à son bord les autres migrants et de constater qu’une personne était inanimée.
    Mercredi au large de Gravelines, une femme érythréenne avait trouvé la mort lors de la tentative de traversée d’un autre canot transportant 72 migrants. Vendredi, quatre migrants étaient morts et des dizaines avaient été repêchés par les secours alors qu’ils étaient déjà à l’eau, leur embarcation s’étant dégonflée dans la Manche. Ils avaient pris la mer depuis les côtes proches de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) vers 2 heures du matin dans l’espoir de rallier l’Angleterre.Lors du traditionnel discours du roi, cérémonie solennelle à la réouverture du Parlement britannique, le nouveau gouvernement travailliste s’est engagé mercredi à lutter contre l’immigration clandestine, qui s’est imposée dans le pays comme un thème majeur des dernières législatives. Il a annoncé la création d’une nouvelle force de sécurité dotée de « pouvoirs antiterroristes ». Ce nouveau « commandement pour la sécurité aux frontières » vise à « renforcer » la lutte contre les passeurs.
    Parmi les plus fréquentés au monde, le détroit du Pas-de-Calais a été le théâtre ces dernières années de nombreux naufrages, le pire ayant eu lieu en 2021 quand 27 migrants, majoritairement des Kurdes irakiens âgés de 7 à 46 ans, sont morts noyés. Cet été, plus de 1 000 policiers et gendarmes sont déployés sur le littoral pour lutter contre l’immigration illégale, a indiqué le préfet du Pas-de-Calais, rappelant que 344 tentatives de traversées maritimes ont été interceptées côté français depuis le début de l’année, et 314 interpellations opérées parmi des filières de passeurs.
    Plus de 12 000 personnes ont atteint les côtes anglaises clandestinement en 2024, surtout depuis la France, selon des chiffres officiels britanniques mi-juin. Cela représente une hausse de 18 % par rapport à la même période l’an dernier, malgré le durcissement opéré par les gouvernements conservateurs ces dernières années.
    Vendredi, après la mort des quatre migrants au large de Boulogne, le préfet du Pas-de-Calais Jacques Billant avait affirmé que depuis le début de l’année 2024, 20 migrants étaient morts en tentant de rejoindre le Royaume-Uni à bord d’une embarcation clandestine. Avec les deux nouveaux naufrages de la semaine, ce bilan monte donc à 22. Les migrants arrivés de manière irrégulière sont désormais interdits de demander l’asile au Royaume-Uni

    #Covid-19#migrant#migration#france#royaumeuni#traversee#manche#routemigratoire#mortalite#sante#pasdecalais#migrationirreguliere

  • En Inde, les infrastructures s’effondrent une à une
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/07/18/en-inde-les-infrastructures-s-effondrent-une-a-une-et-jettent-le-discredit-s

    Cette série de catastrophes jette le discrédit sur les ambitions du gouvernement de Narendra Modi. Les nationalistes hindous, au pouvoir depuis 2014, bâtissent à un rythme effréné. Routes, aéroports, ponts, modernisation du réseau ferroviaire… Coûte que coûte, le gouvernement veut rattraper le retard de l’Inde en la matière. La cinquième puissance économique mondiale manque encore d’infrastructures pour assurer son développement et assouvir ses ambitions. Le premier ministre a promis qu’il ferait de l’Inde un pays développé à l’horizon 2047.

    Les dépenses annuelles moyennes du gouvernement en matière d’infrastructures se sont établies à 5,1 % du PIB entre 2020 et 2021 et entre 2023 et 2024. « Selon l’indice de performance logistique de la Banque mondiale, le classement de l’Inde en matière d’infrastructures est meilleur que celui de nombreux pays plus riches », précise Suyash Rai, chercheur et directeur adjoint de Carnegie India, un groupe de réflexion, soulignant les progrès réalisés sur ce front. L’Inde se classe ainsi devant la Hongrie ou la Croatie. « Au cours des dernières décennies, le pays a investi massivement, mais beaucoup d’infrastructures se trouvent déjà en piteux état, car il faut les maintenir, et le budget ne contient généralement pas de provision à cet effet », souligne M. Rai.

    Tunnel routier systématiquement inondé
    Depuis 2014, le budget consacré au transport routier et aux autoroutes « a augmenté de 500 % », affirment les autorités. En 2020-2021, le gouvernement a construit l’équivalent de 37 kilomètres d’autoroutes par jour. Le réseau de routes nationales est passé de 91 287 kilomètres en 2014 à 146 145 kilomètres en 2023. En dix ans, le nombre d’aéroports a plus que doublé, de 74 à 158. Le pays devrait en compter 300 d’ici à 2047.
    https://justpaste.it/2wl40

  • Le Bangladesh coupe internet dans tout le pays après des manifestations meurtrières
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/07/18/le-bangladesh-coupe-internet-dans-tout-le-pays-apres-des-manifestations-meur

    Six personnes ont été tuées mardi dans la capitale Dacca à Chittagong (sud-est) et à Rangpur (nord), où se déroulaient des affrontements, à coups de briques et de cannes en bambou, entre des étudiants exigeant la suppression des quotas et des contre-manifestants soutenant le parti au pouvoir. Les circonstances de leurs morts n’ont pas encore été clairement établies. La police les avait dispersés notamment à l’aide de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. (...)

    Les étudiants demandent au gouvernement d’abandonner le système de quotas pour les emplois de fonctionnaires et exigent un système basé sur le mérite. Ils estiment que ce système vise à favoriser les enfants des partisans de la première ministre, la ligue Awami. Le Bangladesh compte plus d’1,9 million de postes de fonctionnaires, selon un rapport publié en 2022 par le ministère de l’administration. Plus de la moitié des personnes recrutées pour ces postes ne sont pas sélectionnées en fonction de leur mérite, mais en vertu de règles de discrimination positive donnant la priorité aux femmes, aux personnes handicapées et aux habitants des régions les moins développées.
    L’aspect le plus controversé de ce système de quotas est le fait que 30 % des postes de fonctionnaires soient réservés aux enfants de ceux qui se sont battus pour obtenir l’indépendance du Bangladesh en 1971. Ces règles avaient été introduites l’année suivante par le premier ministre de l’époque, Sheikh Mujibur Rahman, qui avait mené vers l’indépendance le Bangladesh, auparavant partie du Pakistan. Il est le père de l’actuelle première ministre Sheikh Hasina.

    • Jeudi, des centaines de manifestants ont débordé la police antiémeute qui leur avait tiré dessus avec des balles en caoutchouc et ont pourchassé les policiers, qui se sont réfugiés au siège de la chaîne BTV à Dacca, la capitale. La foule en colère a ensuite incendié le bâtiment d’accueil de la chaîne et des dizaines de véhicules garés à l’extérieur, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) un responsable de BTV sous couvert d’anonymat.

      (article maj)

  • Elon Musk et Peter Thiel mettent leurs fortunes et leurs réseaux au service de Donald Trump et de J. D. Vance
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2024/07/16/elon-musk-et-peter-thiel-mettent-leurs-fortunes-et-leurs-reseaux-au-service-

    Depuis plusieurs jours, la presse américaine montre qu’une partie des figures de la #Silicon_Valley, dont la population vote très majoritairement démocrate, a lourdement investi dans la candidature de Donald Trump à la Maison Blanche. Elon Musk va ainsi financer la campagne de ce dernier à hauteur de 45 millions de dollars (41,3 millions d’euros) par mois, soit environ 180 millions de dollars d’ici à la présidentielle de novembre, a révélé le Wall Street Journal, lundi 15 juillet.

    [...]

    Elon Musk et Peter Thiel ont cofondé l’America PAC, un nouveau Super PAC (un « comité d’action politique », qui permet notamment de collecter des dons) destiné à soutenir Donald Trump. Les deux hommes ont pour cela largement puisé dans leur réseau : selon les informations du New York Times, l’un des directeurs du fonds est Joe Lonsdale, cofondateur avec Peter Thiel de la start-up spécialiste du traitement de données et du renseignement Palantir, qui a personnellement contribué au Super PAC à hauteur de 1 million de dollars.

    edit trouvaille : https://justpaste.it/g5ivd

    #bitcoins #surveillance #capitalisme_de_plateforme

  • Au Caire, une trentaine de Gazaouis végètent dans l’attente de leur visa pour la France : « On est dans les limbes, sans aucun droit »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/07/15/au-caire-une-trentaine-de-gazaouis-vegetent-dans-l-attente-de-leur-visa-pour

    Ces artistes, intellectuels et journalistes, qui ont réussi à fuir l’enclave côtière, ont obtenu une promesse d’emploi dans l’Hexagone. Mais bien qu’ils disposent du soutien du Quai d’Orsay, leur dossier est bloqué depuis des semaines au ministère de l’intérieur.

    […]

    « Malgré nos nombreuses sollicitations, nous ne savons pas ce qui bloque, personne ne comprend. On parle pourtant d’un tout petit nombre de personnes. Sur d’autres crises, comme en Syrie ou en Afghanistan, le processus administratif était beaucoup plus rapide », regrette Laura Lohéac, la directrice du programme Pause, qui se charge de nouer des partenariats avec des universités ou des institutions culturelles afin de garantir à ces exilés un emploi, un salaire et un logement en France. « Même en ayant les dossiers les plus solides possibles, ça coince. Tout est pourtant prêt pour accueillir ceux qui sont au Caire », poursuit-elle.

    Selon plusieurs sources, les dossiers sont actuellement bloqués au ministère de l’intérieur. Sollicité par Le Monde, le bureau du ministre, Gérald Darmanin, indique « ne pas en avoir connaissance ». Le Quai d’Orsay, de son côté, n’a pas donné suite aux demandes de réaction du Monde.

    (Pas) bienvenue au Darmanistan autoritaire.

  • Irlande : quinze arrestations après des violences anti-immigration
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/07/16/irlande-quinze-arrestations-apres-des-violences-anti-immigration_6250510_321

    Irlande : quinze arrestations après des violences anti-immigration
    Le Monde avec AFP
    Quinze personnes ont été arrêtées lundi 15 juillet à Dublin (Irlande) lors d’affrontements entre la police et des manifestants anti-immigration sur un chantier de construction d’un centre d’hébergement pour demandeurs d’asile. « Personne n’a le droit de brûler des voitures, d’endommager des biens », a fait valoir le premier ministre, Simon Harris. « Ces actes sont criminels et visent à semer la peur et la division », a-t-il ajouté. « Nous ne devrions pas accepter qu’ils soient légitimés de quelque manière que ce soit en les qualifiant de “manifestations”. »
    « Un certain nombre de véhicules de la Garda ont été endommagés », a souligné la police dans un communiqué, en référence à la police nationale irlandaise. Ces affrontements sont les derniers en date sur des sites destinés à accueillir les demandeurs d’asile, où des incendies criminels se multiplient aussi depuis 2022. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des machines et des matériaux de construction en feu sur le site, une ancienne usine située dans le nord de la capitale.
    Les manifestants ont jeté des briques et lancé des feux d’artifice en direction de la police, qui a de son côté fait usage de gaz poivré pour disperser la foule, composée de plus d’une centaine de personnes, essentiellement des hommes. Une vidéo a montré une personne, probablement un travailleur du site, qui devrait être transformé en centre d’hébergement pour 500 demandeurs d’asile, quittant les lieux sur une civière.Les manifestations à l’entrée du site ont retardé le début des travaux « depuis plusieurs mois », a déclaré le ministère de l’intégration. Les violences ont commencé après qu’un « prestataire a tenté de commencer les travaux » tôt lundi, a déclaré le ministère, responsable de l’hébergement des demandeurs d’asile. Le ministère « condamne tout acte de criminalité et d’intimidation à l’encontre des prestataires et de leurs employés ».
    La violence a également été dénoncée par la ministre irlandaise de la justice, Helen McEntee, qui s’est déclarée « consternée » par ces événements. Les personnes impliquées dans ces troubles devront faire face aux « rigueurs de la loi », a-t-elle déclaré au journal Irish Times. L’hébergement des migrants est devenu en Irlande un sujet particulièrement sensible, le manque de logements abordables et la crise du pouvoir d’achat ayant alimenté un fort ressentiment à l’encontre des nouveaux arrivants. Lors de violentes émeutes à Dublin en novembre, déclenchées par une attaque au couteau devant une école, les émeutiers ont également pris pour cible des sites utilisés pour héberger des demandeurs d’asile.

    #Covid-19#migrant#migration#irlande#asile#integration#immigration#logement#hebergement#sante#violence

  • En Espagne, la répartition des mineurs non accompagnés brise les coalitions de la droite avec Vox
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/07/13/en-espagne-la-repartition-des-mineurs-non-accompagnes-brise-les-coalitions-d

    En Espagne, la répartition des mineurs non accompagnés brise les coalitions de la droite avec Vox
    Par Sandrine Morel (Madrid, correspondante)
    Il y a tout juste un an, quatre régions espagnoles viraient à droite à la faveur d’accords de coalition généralisés entre le Parti populaire (PP) et l’extrême droite Vox. La communauté de Valence, l’Estrémadure, l’Aragon et la Murcie suivaient ainsi le chemin tracé en 2022 par le gouvernement de Castille-et-Léon. S’y ajoutaient les Baléares, gouvernées en solitaire par le PP, mais soutenu au Parlement par un accord de législature avec Vox. Seules trois régions autonomes restaient aux mains du parti socialiste.
    Jeudi 11 juillet dans la soirée, l’expérience a tourné court. Le président du parti d’extrême droite, Santiago Abascal, a mis à exécution la menace qu’il brandissait depuis des jours : « sortir des gouvernements » de coalition avec le PP et leur « retirer leur soutien parlementaire ». « Nous ne serons pas les complices de l’immigration massive », s’est-il justifié, mettant en cause la décision du PP d’accepter la répartition de près de 350 mineurs étrangers non accompagnés (Menas) dans les régions qu’il gouverne. Une initiative destinée à décharger – légèrement – les centres d’accueil spécialisés des Canaries, débordés par l’afflux de migrants.
    Dans la nuit, tous les ministres régionaux de Vox ont démissionné, – ou ont été limogés de manière préventive par le PP –, à l’exception de l’unique représentant de l’extrême droite en Estrémadure, Ignacio Higuero de Juan, qui a préféré abandonner son parti. « Vox ne représente pas en ce moment mes idéaux », a déclaré ce ministre régional chargé de la gestion forestière et du monde rural. Ailleurs, la décision de Vox risque de plonger ces régions dans la paralysie et l’instabilité politique.
    En perte de vitesse depuis plus d’un an, Vox se trouve sous pression du fait de la montée d’un nouveau mouvement antisystème d’ultradroite mené par le youtubeur et commentateur politique Alvise Perez, La fête est terminée. Ce dernier a créé la surprise en obtenant 4,6 % des voix et trois sièges au Parlement européen en juin – deux fois moins que Vox – après avoir renchéri sur les thèmes fétiches de l’extrême droite. M. Perez qualifie Vox d’« extrême droite aisée ».Son irruption sur la scène politique n’est sans doute pas étrangère à la décision de Vox de redevenir un parti tribunitien, misant sur le durcissement d’un discours xénophobe et sécuritaire. « Nous ne serons pas complices des viols, des vols et des coups de machettes [des Menas] », avait déclaré M. Abascal le 8 juillet, n’hésitant pas à stigmatiser les mineurs isolés, l’une des cibles préférées de Vox, pour mieux menacer le PP de rupture. « Je n’accepterai le chantage de personne, avait répondu Alberto Nuñez Feijoo, le président du PP. Nous allons respecter nos obligations et nos engagements, et nous serons cohérents et solidaires avec la situation exceptionnelle que traversent les Canaries. » L’archipel espagnol situé au large des côtes du Sud marocain est la principale porte d’entrée des migrants en Espagne. Or, durant le premier semestre 2024, le nombre d’arrivées de migrants par mer a presque triplé par rapport au premier semestre 2023, passant de quelque 7 000 à plus de 19 000.
    « Nous sommes incapables de préserver les droits des enfants », a déploré Fernando Clavijo Batlle, le président du gouvernement des Canaries, le 10 juillet, lors de la réunion entre le gouvernement et les régions qui a permis de sceller le système de « répartition volontaire » des mineurs isolés. Selon le gouvernement canarien, les îles accueillent actuellement 5 600 enfants et adolescents non accompagnés, alors que leur capacité d’accueil se limite à 2000 places. Il demande donc le transfert sur la péninsule de 3 000 mineurs isolés.
    Cependant, le système espagnol ne permet pas au gouvernement de contraindre les régions autonomes, responsables des politiques sociales, à les accueillir. Le gouvernement indépendantiste de Catalogne a ainsi refusé tout transfert, alléguant que son système d’accueil des Menas est lui aussi débordé, avec plus de 2 300 mineurs isolés et anciens jeunes sous tutelle de moins de 23 ans. Le PP n’a lui accepté que 350 mineurs au total pour les dix régions qu’il gouverne, accusant le gouvernement de manquer de « politique migratoire ».L’exécutif, dirigé par le socialiste Pedro Sanchez, espère néanmoins convaincre le PP de soutenir une réforme des lois d’immigration, afin que la répartition des mineurs au sein des différentes régions du royaume devienne obligatoire dès que les capacités d’accueil sur un territoire dépassent les 150 %. C’est le cas aux Canaries, mais aussi dans les villes autonomes de Ceuta et Melilla, enclavées sur la côte marocaine et confrontées elles aussi à la saturation de leurs structures d’accueil.

    #Covid-19#migration#migrant#espagne#MNA#canaries#maroc#immigration#migrationirreguliere#politiquemigratoire#sante

  • Quatre migrants meurent en tentant de traverser la Manche au large du Pas-de-Calais
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/07/12/quatre-migrants-meurent-en-tentant-de-traverser-la-manche-dans-le-pas-de-cal

    Quatre migrants meurent en tentant de traverser la Manche au large du Pas-de-Calais
    Le Monde avec AFP
    Nouvelle tragédie dans la Manche. Quatre migrants ont péri au large de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) vendredi 12 juillet alors qu’ils tentaient de traverser la mer à bord d’un bateau pneumatique contenant près de 70 personnes. Selon la préfecture maritime, leur embarcation s’est retrouvée en difficulté à l’aube, un des boudins s’étant dégonflé.
    Le navire de sauvetage Minck et un bateau de pêche qui se trouvaient à proximité du naufrage ont pu intervenir rapidement, et ont passé une heure à récupérer les passagers, parmi lesquels beaucoup étaient tombés à l’eau. Le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) a mobilisé le patrouilleur Cormoran de la Marine nationale française et un hélicoptère basé au Touquet pour orienter les opérations de secours, toujours selon la préfecture maritime.Lors d’un survol, l’hélicoptère a repéré quatre personnes inanimées, qui ont été rapatriées sur le patrouilleur. Une équipe médicale dépêchée sur place n’a pas pu les ranimer et a constaté leur mort. Ces décès portent à au moins 19 le nombre de personnes mortes en tentant de rallier le Royaume-Uni clandestinement à partir des côtes françaises, depuis le début de l’année.
    Cela fait de 2024 l’année la plus meurtrière depuis 2021, lorsque 27 migrants, majoritairement des Kurdes irakiens, âgés de 7 à 46 ans étaient morts noyés dans le pire drame migratoire jamais enregistré dans la Manche. Après l’hélicoptère, un survol par drone se poursuivait vendredi matin sur les lieux du drame, pour vérifier qu’aucun autre naufragé ne s’y trouvait.Les rescapés ont été ramenés à terre au port de Boulogne-sur-Mer où pompiers et protection civile étaient déployés, a constaté un correspondant de l’Agence France-Presse (AFP). Le 23 avril déjà, cinq migrants étaient morts au large de Wimereux en tentant de traverser la Manche sur une embarcation surchargée.
    Plus de 12 000 personnes ont atteint les côtes anglaises clandestinement en 2024, surtout en provenance de la France, selon des chiffres officiels britanniques mi-juin. Cela représente une hausse de 18 % par rapport à la même période l’an dernier, malgré le durcissement opéré par les gouvernements conservateurs ces dernières années. Les migrants arrivés de manière irrégulière sont désormais interdits de demander l’asile au Royaume-Uni. Ils étaient également susceptibles d’être expulsés vers le Rwanda sans possibilité de retour, mais le nouveau premier ministre britannique, le travailliste Keir Starmer, a annoncé samedi que ce dispositif, jugé par son parti onéreux, cruel et inefficace, était « mort et enterré ». Les travaillistes comptent néanmoins renforcer le contrôle de la Manche.

    #Covid-19#migrant#migration#traversee#manche#mortalite#migrationirreguliere#royaumeuni#france#pasdecalais#sante#politiquemigratoire

  • Mustafa Barghouti Mustafa_Barghouti sur X :
    https://x.com/MustafaBarghou1/status/1812048000086082038

    The Israeli army committed this morning one of the worst massacres in Gaza Strip killing more than100 Civilian Palestinians including children and injuring hundreds. The army bombarded a densly populated area in Mawasi Khan Younes which the army claimed was a safe area for tens if thousands of refugees deported by bombardment from Rafah and other districts. Netanyahu is using massacres against Palestinians to undermine negotiations.

  • Au Royaume-Uni, le gouvernement va libérer des milliers de détenus pour désengorger les prisons
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/07/12/au-royaume-uni-le-gouvernement-va-liberer-des-milliers-de-detenus-pour-desen

    Le nouveau gouvernement britannique a annoncé, vendredi 12 juillet, la libération anticipée de milliers de détenus, pour alléger la pression sur des prisons au bord de l’asphyxie. Une semaine à peine après leur arrivée au pouvoir, les travaillistes sont contraints d’agir face à cette crise dans les établissements pénitentiaires qui pourraient ne plus avoir de places disponibles dans les semaines à venir.
    Les prisons sont régulièrement remplies à 99 % de leur capacité depuis début 2023 et il ne restait plus, le 8 juillet, qu’environ 700 places libres pour les hommes, sur un total d’environ 84 000. « Nos prisons sont au bord de l’effondrement », a déclaré la nouvelle ministre de la justice, Shabana Mahmood, en annonçant ce plan d’action d’urgence.
    « Si nous n’agissons pas maintenant, nous risquons l’effondrement du système de justice criminelle et des troubles à l’ordre public », a-t-elle ajouté, depuis la prison HMP Five Wells, dans le centre de l’Angleterre. « Les criminels pourraient faire ce qu’ils veulent, sans conséquence. On pourrait voir des pillards se déchaîner, briser des vitrines, braquer des magasins et mettre le feu à des quartiers », a poursuivi la ministre. L’inspecteur en chef des prisons, Charlie Taylor, a affirmé que la situation était « à un point de rupture absolu ».

    #prison #surpopulation_carcérale

  • En direct, guerre en Ukraine : la Chine demande à l’OTAN d’arrêter « d’inciter à la confrontation » entre blocs
    https://www.lemonde.fr/international/live/2024/07/11/en-direct-guerre-en-ukraine-la-chine-demande-a-l-otan-d-arreter-d-inciter-a-

    Les dirigeants de l’Alliance atlantique ont accusé Pékin de jouer « un rôle déterminant dans la guerre menée par la Russie en Ukraine ». Ils se sont également engagés sur une aide de 40 milliards d’euros à Kiev « pour l’année à venir ».

    Vivement la guerre totale, qu’on leur montre à ces Mao et autres Staline, combien nous, les alliés, on veut un monde en paix.

  • Guerre Israël-Hamas, jour 275 : des milliers d’habitants fuient la ville de Gaza, après de nouveaux appels à évacuer
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/07/08/guerre-israel-hamas-jour-275-des-milliers-d-habitants-fuient-la-ville-de-gaz

    […] l’armée [de l’état terroriste sioniste] a été confrontée à une résurgence du mouvement islamiste dans le nord du territoire palestinien, faisant planer le spectre d’une longue confrontation. Elle avait pourtant annoncé début janvier avoir « achevé le démantèlement de la structure militaire » du Hamas dans le nord de la bande de Gaza.

    #menteurs_depuis_1948

  • Sur le flanc est de l’OTAN, à la frontière avec la Russie, « l’ère de l’avant-guerre » a commencé
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/07/07/sur-le-flanc-est-de-l-otan-a-la-frontiere-avec-la-russie-l-ere-de-l-avant-gu

    La conviction que la Russie tentera, à terme, de pousser son expansionnisme à l’ouest de l’#Ukraine est désormais partagée au sein de l’#OTAN. « Pour l’instant, il n’y a pas vraiment de face-à-face avec les Russes. Presque toutes leurs forces terrestres sont mobilisées en Ukraine », explique Joris Van Bladel, spécialiste des affaires militaires russes et associé senior à l’Institut Egmont, l’Institut royal des relations internationales, en Belgique. « Mais dès que Moscou en aura les moyens, possiblement d’ici deux à cinq ans, le temps que son industrie de défense se réorganise, il poussera l’offensive. Ce à quoi l’on assiste actuellement, sur le flanc est, c’est en réalité une course contre la montre », ajoute M. Van Bladel.

    « Une nouvelle ère a commencé : l’ère de l’avant-guerre. Je n’exagère pas », avait confié, en mars, lors d’une interview, le premier ministre polonais, Donald Tusk.

    [...]

    Que ce soit au sein des pays baltes, de la Finlande ou de la Pologne, le renforcement des frontières avec la Russie et la Biélorussie constitue une grande préoccupation depuis plusieurs mois. Une frontière de plus en plus instrumentalisée par Moscou, qui, selon les autorités de ces Etats, réoriente certains flux migratoires vers leur territoire. Tous ces pays ont ainsi des projets de #barrières_antimigrants. Tous redoutent, par ailleurs, à plus ou moins long terme, une offensive militaire terrestre russe. En janvier, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont ainsi fait savoir qu’elles souhaitaient bâtir, dès 2025, une « #ligne_de_défense_baltique » avec la construction de nombreux #bunkers – 600 rien qu’en Estonie – le long de leur frontière avec la Russie. Depuis septembre 2023, près d’une vingtaine de sites de stockage de matériel antifranchissement – destiné à entraver l’éventuelle avancée de forces russes – ont aussi commencé à être installés en Lettonie. Projet qui sera suivi, dans ce pays, de la construction de quelque 3 000 abris antiaériens à partir de 2025.

    [...]

    Tous ces renforts de troupes et d’installations militaires sur le flanc est percutent les derniers traités, qui permettaient un semblant de maîtrise des armements en Europe. A commencer par l’Acte fondateur, signé par l’OTAN et la Russie, en 1997. A la sortie de la guerre froide, ce texte avait été conçu comme un premier geste de coopération entre les deux blocs. Il visait à empêcher, notamment, le renforcement de troupes « permanentes » en Europe, en limitant tout déploiement militaire au-dessus de la brigade – soit environ 3 000 à 5 000 hommes. Un engagement respecté jusqu’à l’annexion de la Crimée, en 2014.

    Depuis, les Occidentaux s’en détachent progressivement. « Il a fallu deux ans pour faire émerger une réponse militaire qui soit acceptée par les alliés comme conforme à l’esprit de l’Acte fondateur », rappelle Elie Tenenbaum, chercheur à l’Institut français des relations internationales (IFRI) et auteur d’une note sur la défense du flanc est de l’Europe, publiée début juin. Tout a volé en éclats avec l’offensive russe lancée sur l’Ukraine en février 2022. « Aujourd’hui, il n’y a plus personne qui s’accroche trop fort à ce traité, même si la France fait partie des pays qui n’ont pas acté, officiellement, le fait qu’il était caduc », relève M. Tenenbaum.

    [...]

    Plus largement, en réponse à la pression russe, les Américains multiplient les accords bilatéraux de coopération et de défense avec des pays du flanc est. En 2023, l’Estonie, la Suède, la Finlande et le Danemark ont tous signé des accords qui doivent permettre aux Etats-Unis d’accéder à un vaste réseau de #bases_militaires dans ces pays. L’armée américaine pourra notamment y stocker des équipements, des armes et des munitions.

    « Toute décision de l’OTAN peut prendre beaucoup de temps et il n’y a finalement aucune garantie que l’article 5 fonctionne. Avec cet accord, nous devrions être en mesure d’obtenir rapidement des renforts des Etats-Unis dans notre région », justifie Joakim Paasikivi, expert auprès de l’Université suédoise de la défense, en référence à l’article du traité de l’OTAN, qui définit la solidarité entre alliés en cas d’attaque contre l’un d’entre eux. « Les Américains construisent une force de déploiement rapide, pour se laisser la possibilité d’intervenir seuls », précise Elie Tenenbaum, de l’IFRI, en rappelant que le commandant des forces des Etats-Unis en Europe (United States European Command ou Eucom, en anglais) est aussi le commandant des forces de l’OTAN en Europe (Saceur).

    [...]

    Pour garder ses frontières, l’Alliance ne compte toutefois pas uniquement sur cette présence terrestre de plus en plus visible. Elle a aussi complété son dispositif de patrouilles maritimes, avec quatre groupements permanents : deux dans l’Atlantique nord et la #Baltique, deux en Méditerranée. Chacun est composé de plusieurs frégates et destroyers, issus des différentes marines européennes. L’OTAN a également renforcé ses patrouilles aériennes le long de la frontière avec la Russie. Alors qu’avant la guerre en Ukraine, les alliés ne se précipitaient pas toujours pour assurer leur tour de garde, le roulement est désormais méthodiquement organisé.

    Tous ces renforcements militaires n’empêchent pas la Russie d’intensifier, depuis de longs mois, une forme de guerre hybride envers les Occidentaux, que ce soit par le biais d’incendies ciblés contre des sites commerciaux et des entrepôts utilisés à des fins militaires ou d’opérations de désinformation afin de réveiller la fibre patriote chez la population russophone ou les opinions russophiles au sein de l’Europe. « Ces opérations sont plutôt le signe d’une faiblesse dans le champ conventionnel, une façon pour Moscou d’occuper le terrain pendant que ses efforts sont concentrés sur l’Ukraine, reprend M. Van Bladel. Ce n’est pas encore une guerre de destruction, mais c’est très clairement une phase de préparation de celle-ci. »

    • Alert Level Raised at U.S. Bases in Europe Over Russian Threats
      https://www.nytimes.com/2024/07/01/us/politics/us-bases-alert-level-russia.html

      Officials said that no specific intelligence about possible Russian attacks on American bases had been collected. Any such attack by Russia, whether overt or covert, would be a significant escalation of its war in Ukraine.

      Russia has been stepping up acts of #sabotage in Europe, hoping to disrupt the flow of matériel to Ukraine. So far, no American bases have been targeted in those attacks, but U.S. officials said raising the alert level would help ensure that service members were keeping watch.

      Throughout the war, U.S. officials have assessed that President Vladimir V. Putin is loath to expand the war beyond Ukraine’s borders.

      But stepped-up U.S. and European aid — and the easing of restrictions on how that matériel is used — has caused consternation in Moscow, according to American officials. Russia’s recent statements have made some American and European officials wary.

  • Keir Starmer, le nouveau premier ministre britannique, confirme vouloir abandonner le projet d’expulsion de migrants au Rwanda
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/07/06/keir-starmer-le-nouveau-premier-ministre-britannique-confirme-vouloir-abando

    Keir Starmer, le nouveau premier ministre britannique, confirme vouloir abandonner le projet d’expulsion de migrants au Rwanda
    Le Monde avec AP et AFP
    Le nouveau premier ministre britannique, Keir Starmer, a confirmé samedi 6 juillet qu’il n’était « pas prêt » à poursuivre le projet du précédent gouvernement conservateur d’expulser des migrants au Rwanda. Ce projet « était mort et enterré avant même de commencer. Il n’a jamais été dissuasif (…), je ne suis pas prêt à continuer avec des mesures gadget », a affirmé Keir Starmer lors d’une conférence de presse organisée après le premier conseil des ministres du gouvernement travailliste.
    Fin juin, lors du dernier débat qui avait opposé M. Starmer à son prédécesseur, Rishi Sunak, le sujet avait provoqué un vif échange. M. Sunak avait défendu son projet et vivement attaqué Keir Starmer sur le manque de précision de son programme.Lorsqu’il était dans l’opposition, Keir Starmer avait déjà annoncé son intention de mettre fin à ce projet controversé des conservateurs, lancé en 2022 mais jamais mis à exécution. Il consistait à envoyer des migrants ou demandeurs d’asile au Rwanda, sans possibilité de revenir au Royaume-Uni.
    Rishi Sunak comptait faire démarrer les expulsions cet été et les autorités avaient commencé début mai à arrêter des migrants susceptibles d’être envoyés au Rwanda. Mais, avec l’incertitude que faisait peser le scrutin législatif, la justice avait ordonné la libération de dizaines d’entre eux.Le sujet de l’immigration a été un des principaux thèmes de la campagne électorale qui vient de s’achever au Royaume-Uni et qui a vu le Labour remporter une très large majorité à la Chambre des communes. Le nouveau gouvernement prévoit notamment de déployer des moyens inspirés de la lutte antiterroriste pour contrer les groupes de passeurs, ou encore de renforcer la coopération avec l’Europe, notamment la France.
    Il s’est aussi engagé à augmenter les moyens de traitement des demandes d’asile au Royaume-Uni, alors que le système est engorgé depuis plusieurs années. Depuis le début de l’année, plus de 13 500 migrants ont traversé la Manche pour arriver au Royaume-Uni.Lors d’un discours prononcé vendredi, M. Starmer avait par ailleurs mis l’accent sur plusieurs points, comme la remise en état du National Health Service, le service public de santé, la pauvreté ainsi que la sécheresse, les vagues de chaleur et les inondations imputées au changement climatique.

    #Covid-19#migrant#migration#royaumeuni#rwanda#pactemigratoire#election#sante#asile#politiquemigratoire

  • A Chypre, des migrants tentant leur chance vers le sud de l’île se retrouvent coincés dans la « ligne verte »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/07/07/a-chypre-des-migrants-tentant-leur-chance-vers-le-sud-de-l-ile-se-retrouvent

    A Chypre, des migrants tentant leur chance vers le sud de l’île se retrouvent coincés dans la « ligne verte »
    Par Nicolas Bourcier (Nicosie - envoyé spécial)
    Une simple barrière, un casque bleu d’origine britannique devant son véhicule climatisé et une demi-douzaine de tentes éparpillées là, tapies à l’abri dérisoire des arbres, sous un soleil de feu à dix minutes à peine du centre de Nicosie. Ils sont quatorze migrants demandeurs d’asile à se retrouver bloqués, depuis la mi-mai, dans cette zone tampon des Nations unies qui serpente sur 180 kilomètres de long et divise d’est en ouest l’île de Chypre, entre la République de Chypre au sud, membre de l’Union européenne (UE) depuis 2004, et la République turque de Chypre du Nord, reconnue uniquement par la Turquie.
    Deux policiers et des voitures de patrouille font respecter l’interdiction d’approcher. Au loin, de petits groupes de personnes sont assis autour de tables, tuant le temps. Hommes, femmes et enfants, ils sont soudanais, syriens, iraniens et camerounais, selon les informations fournies par l’antenne locale du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) qui, par la voix de sa porte-parole, Emilia Strovolidou, se dit « extrêmement inquiet pour leur sécurité » et du caractère « inédit de la situation ».
    De fait, à moins d’une demi-heure de là, plus à l’ouest, de l’autre côté de la capitale chypriote, près de la petite localité d’Akaki, la même scène se répète à l’identique : onze migrants, tous syriens cette fois, se retrouvent eux aussi empêchés de sortir de la zone depuis plus d’un mois par la police chypriote. « Jamais autant de demandeurs d’asile n’ont été ainsi interceptés et repoussés dans cette zone tampon, souligne la responsable. C’est même la première fois que la police chypriote grecque arrête ainsi des groupes de personnes venant à pied du Nord en tentant de passer par une voie irrégulière au sud. »
    Des migrants avaient déjà été piégés dans la zone tampon au cours des années précédentes, mais pas en si grand nombre. En 2021, la police avait repoussé deux Camerounais qui étaient ainsi restés coincés dans cette zone, connue sous le nom de « ligne verte », pendant sept mois jusqu’à ce qu’ils soient transférés en Italie après une visite du pape François à Chypre. Peu après, la police avait empêché un Turc d’origine kurde de passer au sud avant d’obtenir l’autorisation de s’enregistrer dans un camp de transit de l’île.
    Selon Emilia Strovolidou, « l’imbroglio dans lequel sont pris, aujourd’hui, ces groupes de personnes procède des mesures supplémentaires mises en place récemment par le gouvernement pour dissuader toute demande de droit d’asile ». A la mi-avril, le président conservateur, Nikos Christodoulides, à la tête du pays depuis février 2023, a déclaré que son administration gelait le traitement des demandes d’asile des Syriens sur une période de vingt et un mois, soulignant un contexte de forte augmentation des arrivées en provenance du Liban depuis début 2024.
    Près de 2 500 migrants sans papiers ont atteint le pays par la mer au cours du premier trimestre, contre 78 pour la même période en 2023, selon le HCR. Cinquante et une embarcations ont été recensées par les gardes-côtes et les ONG durant cette période.
    Ce gel des procédures d’asile a laissé dans l’incertitude plus de quatorze mille Syriens, dont beaucoup attendent une réponse à leur demande d’asile depuis souvent plus d’un an. Sur l’ensemble de ces dernières années, les dossiers non traités par les services chypriotes, largement débordés, se sont accumulés : 24 725 demandes étaient toujours pendantes en mai, tandis que 5 545 requérants attendaient une décision en appel.
    A Chypre, les demandeurs d’asile ont droit à de la nourriture et à un abri. Au bout de neuf mois, une autorisation de travail leur est accordée dans certains secteurs sous tension. Selon les sources, ils représenteraient aujourd’hui un peu moins de 6 % du million d’habitants de la République de Chypre, le deuxième plus haut taux de demandeurs d’asile de l’UE par rapport à sa population, juste derrière l’Autriche.
    Durant le mois de juin, les autorités ont également envoyé davantage de navires pour patrouiller dans la zone située entre Chypre et le Liban. Lors d’une visite à Beyrouth début mai, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, accompagnée par M. Christodoulides, a d’ailleurs promis une aide d’un milliard d’euros, pour soutenir l’économie libanaise et lutter contre l’immigration.« Toutes ces actions ont singulièrement contribué à freiner les arrivées à Chypre par la route maritime », observe un diplomate européen en poste à Nicosie. Aucune embarcation n’a accosté dans le Sud récemment. Autant de facteurs qui semblent avoir entraîné une recrudescence d’activités à travers cette « ligne verte », poussant les autorités chypriotes à déployer davantage de gardes-frontières le long de la zone tampon.
    Si les deux groupes de migrants actuellement bloqués décident de retourner en République turque de Chypre du Nord, ils risquent l’expulsion. Les autorités nord-chypriotes, non reconnues par la communauté internationale, ne disposent d’aucune infrastructure juridique pour accorder l’asile. Et s’ils venaient à franchir la zone tampon au sud, ils commettraient, en l’état, un délit d’intrusion, une infraction qui conduirait, là aussi, à leur expulsion.
    Devant cet imbroglio, le président Christodoulides, a affirmé, le 4 juin, que les autorités chypriotes fourniraient une aide humanitaire aux migrants se trouvant dans la zone tampon, mais qu’elles ne leur permettraient pas d’entrer dans le pays, afin d’éviter tout précédent : « Nous n’autoriserons pas la création d’une nouvelle route pour l’immigration clandestine », a-t-il martelé.L’affaire est remontée à Bruxelles, jusqu’à la Commission européenne qui a déclaré suivre « la situation de près et être en contact avec les autorités chypriotes, ainsi qu’avec le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme à Chypre ». Un de ses porte-parole a même cru bon de devoir rappeler que « la possibilité pour toute personne de demander une protection internationale sur le territoire d’un Etat membre, y compris à sa frontière ou dans une zone de transit, est établie dans le droit de l’UE ». Soit l’obligation pour les Etats d’assurer l’accès à une procédure de protection internationale.
    Pour l’heure, les vingt-cinq migrants reçoivent nourriture, eau, vêtements et équipements de base par l’intermédiaire de la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre, avec le soutien du HCR. « Leurs conditions sont précaires, ils sont exposés à des températures extrêmes dépassant les 40 degrés comme ces derniers jours. Cette situation exige une action urgente », insiste Mme Strovolidou. Déjà en 2021, les autorités chypriotes, inquiètes de la porosité de la « ligne verte », avaient déployé plusieurs dizaines de kilomètres de barbelés dans les champs autour de Nicosie. Le gouvernement avait justifié cette mesure par l’afflux, alors de plus en plus important, de migrants par le nord, et mécontenté, par là même, les agriculteurs locaux et les formations politiques du Nord et du Sud en faveur d’un rapprochement entre les deux parties de l’île.

    #Covid-19#migrant#migration#chypre#migrationirreguliere#liban#sante#HCR#asile#protection#UE