Laïcité (Le Monde diplomatique, juillet 2000)

/2024

  • L’AfD tient désormais le haut du parking en Saxe-Anhalt. D’après le Diplo, ce serait la faute à la « réunification ». C’est vrai que passer d’une économie administrée à la mode soviétique à une économie en mode capitaliste dérégulé, c’est pas le genre truc qui se fait sans que les « derniers de cordée » s’en prennent plein la face ...

    Allemagne de l’Est, histoire d’une annexion, par Rachel Knaebel & Pierre Rimbert (Le Monde diplomatique, novembre 2019)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/11/KNAEBEL/60911

    Mythe fondateur de l’Union européenne, l’année 1989 est pourtant un symbole équivoque. Ainsi, en Allemagne de l’Est, l’accès aux libertés politiques et à la consommation de masse fut payé au prix fort — celui d’un effondrement social et d’une prédation économique souvent ignorés à l’Ouest.

    (article en accès libre)

    • https://www.monde-diplomatique.fr/2024/09/RIMBERT/67461

      Quelle gauche ? En Allemagne, un parti propose depuis janvier dernier une réponse à cette vieille question : l’Alliance Sahra Wagenknecht pour la raison et la justice (BSW). L’ancienne dirigeante de Die Linke (La Gauche) a finalement réglé par la scission le conflit d’orientation qui empoisonnait ce parti depuis des années (1). La nouvelle formation ampute Die Linke d’une dizaine de députés et défraie la chronique. Ancienne militante communiste, intellectuelle brillante, très populaire à l’Est, où elle est née, Mme Wagenknecht peut enfin donner corps à la ligne qu’elle incarne. Celle d’une « gauche conservatrice » qui prendrait le contrepied de l’électorat progressiste, urbain et diplômé des Verts : à gauche sur le plan social, conservatrice sur les questions de société et d’immigration, favorable à une forme de souverainisme au sein de l’Union européenne, critique de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) et du nouveau bellicisme allemand, intransigeante sur la défense de la liberté d’expression [des nazis].

      [...] Son refus de la vaccination obligatoire, ses critiques de la politique sanitaire pendant la pandémie de Covid-19 et sa défense de la liberté d’expression alimentent une polémique quasi permanente centrée sur sa personne. Au fil des ans, Mme Wagenknecht a composé une figure d’icône médiatique austère, élégante, cérébrale, incarnation moderne de Rosa Luxemburg, dont la notoriété interroge : le parti a-t-il vocation à la servir, ou lui sert-elle de rampe de lancement ?

      #Sahra_Wagenknecht #rouges_bruns #Pierre_Rimbert #gauche

    • D’après le Diplo, ce serait la faute à la « réunification ».

      Vaste blague... qui ferait retourner dans sa tombe le regretté Thomas Heise.

      « À quoi bon faire un film sur ces gens-là ? » : cette déclaration d’un de ses professeurs de cinéma, Thomas Heise la reprend et en fait le titre de ce qui n’était censé être qu’un exercice de réalisation documentaire pour sa deuxième année d’études. Ce film a été immédiatement interdit de toute projection publique jusqu’à sa première mondiale le 20 septembre 1989, soit presque dix ans après sa réalisation. Il est le premier volet d’une longue série de films de Heise autour de la marginalité sociale, de l’exclusion économique et de l’invisibilité cinématographique des pauvres, des petits voyous et des néonazis en RDA dans les années 80 puis en ex-RDA dans les années 90. Des œuvres simples dans leur fabrication, souvent réalisées dans des conditions précaires mais en rupture intégrale avec la violente hypocrisie de l’état et l’(auto)censure active dans le cinéma documentaire des studios publics de la DEFA.

      https://www.on-tenk.com/fr/documentaires/les-films-de-dok-leipzig/a-quoi-bon-faire-un-film-sur-ces-gens-la-

      Le terreau dans lequel s’enracine la résurgence des nazis dans l’ex-RDA, c’est le déni d’un état qui proclamait être issu des « seuls vrais antifascistes » mais qui a dénié durant quarante ans la persistance du phénomène en son sein, singeant par là même la RFA adversaire idéologique à accabler.

    • Intéressant comme témoignage. J’ai visité la RDA en 1980 exactement en pleine « ère Brejnev » en URSS. On ne nous a montré que les « belles choses » issues du « socialisme ». Pour y aller (sans trop de tracas), j’ai dû adhérer à une asso ramification du PCF de l’époque, en l’occurrence « Amitié France-RDA ». Bon, il va sans dire que dans le cadre officiel de ce « symposium pédagogique », la communication des encadrants (citoyens de la DDR) était extrêmement caricaturale. De plus, la comm’ était brouillée par l’enthousiasme surjoué d’une bande de lascars du PCF qui s’étaient inscrits au programme.

      Ce serait long à raconter ces quelques deux semaines passés dans cette « belle république » comme l’affirmait péremptoirement une dame qui faisait partie du personnel technique d’une école primaire que nous avions visitée. J’ai surtout eu l’impression d’une jeunesse (dans mes âges à l’époque) qui s’ennuyait profondément et qui noyait son absence de perspective dans les alcools forts. Par contre, vu que je m’étais choppé une bronchite de malade (abus du tabac oblige et traitrise de la météo printanière de là-bas), j’ai eu l’avantage d’être conduit dans un dispensaire de soins où j’ai pu me faire prescrire des médicaments (fabriqués en Bulgarie) sans bourse délier.

      Des nazis, nous n’en vîmes pas la queue d’un. Mais en visitant Dresde, on nous a montré d’une façon ostentatoire les ruines laissées par les bombardements alliés (ce qui était complètement inenvisageable à l’Ouest) et c’est là que tu commençais à comprendre que c’est cette partie-là de l’Allemagne qui avait réellement perdu la guerre ...

    • Des nazis, nous n’en vîmes pas la queue d’un.

      Tu m’étonnes ! Dans le cadre d’un voyage organisé par « la patrie des travailleurs », tu avais peu de chance de croiser ceux qui auraient pu t’en dire plus sur les nazis du coin. Ceux-là étaient plutôt au ban de la société, dans des squats à Leipzig ou Berlin (et oui, des squats en DDR), essayant d’échapper à l’injonction productive, organisant des concerts punk jusqu’à la rafle de la Stasi*... ou l’attaque des néo-nazis, comme le « raid sur Zionskirche »

      https://de.wikipedia.org/wiki/%C3%9Cberfall_auf_die_Zionskirche

      L’attaque de la Zionskirche, le 17 octobre 1987, fut une agression perpétrée par des skinheads nazis contre les spectateurs d’un concert du groupe Element of Crime à la Zionskirche de Berlin-Est. Cette agression, les procès pénaux qui s’ensuivirent et le retentissement médiatique qui en découla ont conduit pour la première fois à un débat public sur les néonazis en RDA. Le ministère de la Sécurité d’État a ensuite mené une enquête secrète sur les skinheads en RDA. C’est dans le milieu de l’opposition est-allemande, qui avait également élu domicile à la Zionskirche, que se sont formés, fin 1987, les premiers groupes antifascistes. Cette agression a été perçue comme un tournant décisif : les courants d’extrême droite et nationalistes déjà présents en Allemagne de l’Est sont devenus visibles et ne pouvaient plus se dissimuler sous le couvert de l’« antifascisme » imposé par l’État.

      * La Stasi, elle, débarquait au petit matin, kidnappait un camarade dont on entendait plus parler. Ça incitait les autres à se faire réembaucher fissa.

    • Dans le chapeau qui accompagne l’article du Diplo republié sept ans après, il est écrit :

      Dans les Lander qui formaient naguère la République démocratique allemande, un ressentiment spécifique a pris corps, lié aux conditions de l’unification de 1990. Célébrée à l’Ouest comme une heureuse réunion de famille, elle fut parfois vécue à l’Est comme une annexion, voire comme une colonisation. Parti opportuniste, l’AfD exploite cette nostalgie d’un passé moins détesté qu’on le croit en Occident.

      C’est un mélange de constats fondés, de rapprochements qui ne le sont pas et d’extrapolations hallucinées.

      Oui, le ressentiment concernant les conditions de l’unification existe. Mais soyons plus précis : ce ne sont pas seulement les conditions, mais l’idée même de réunification qui a heurté (et continue de heurter) la population de l’ex-RDA. Ce n’était pas le fait de se faire manger à la sauce libérale, mais de se faire manger tout court qui est apparu comme une forme de colonisation. Cette nostalgie existe bien au delà des électeurs de l’AfD et induit des positionnements politiques radicalement opposés.

      Oui, l’AfD est un parti opportuniste qui exploite la nostalgie d’un passé. Mais penser que les électeurs de l’AfD ont la nostalgie d’un état providence et d’un socialisme qui aurait pu fonctionner, image repoussoir pour un Occident inféodé au libéralisme, est un vœu pieux. Ces électeurs sont nostalgiques d’un état fort qui avait su mettre sa population au travail et rendre invivable l’existence des superflus. C’est sur cette base qu’un régime surjouant la résistance au nazisme avait pu obtenir l’assentiment plus ou moins passif d’une population dans laquelle l’antifascisme était loin d’être acquis. Et c’est bien à ce titre que les dirigeants de l’AfD suggèrent un héritage dans un moment de crise où la superfluité est devenue un phénomène de masse, là où l’ex-RDA n’avait que quelques milliers de dissidents à mater.

  • Clémence Guetté ou l’impasse bureaucratique de LFI – Créteil Insoumise (janvier 2026)
    https://www.insoumisdecreteil.fr/2026/01/12/clemence-guette-ou-limpasse-bureaucratique-de-lfi

    Fin 2021, Clémence Guetté, après un début de carrière dans l’appareil politique LFI suite à des études notamment à Science Po, cherche à s’implanter politiquement après un échec aux élections régionales dans la région Aquitaine. Elle est alors en concurrence féroce avec David Guiraud qui lorgne également sur la circonscription qui selon les sondages est acquise à notre mouvement. Lors d’une rencontre à l’Assemblée nationale sous l’égide de Mathilde Panot, il est proposé à Thomas Dessalles, tête de liste LFI aux municipales 2020 à Créteil, d’être le suppléant sur la circonscription n° 2 du Val-de-Marne réunissant les villes de Créteil, Orly, Choisy-le-Roi.

    Les insoumis.e.s de Créteil se réunissent et décident de refuser cette proposition car ils n’acceptent pas la méthode du parachutage alors qu’une implantation s’est construite progressivement, depuis la création du mouvement en 2016, de l’excellent résultat aux législatives de 2017 où nous passons devant le PS, et suite aux élections municipales de 2020. Le travail programmatique de Clémence Guetté était certes reconnu par toutes et tous mais son parachutage apparaissait comme une reproduction des réflexes des vieux partis de la Vème République qui entretiennent une classe politique professionnelle.

    Après une première assemblée générale de circonscription qui montrait les fortes réticences pour une telle opération, le comité électoral au service de la direction nationale décida d’accélérer la procédure. Sans aucune autre discussion collective, ils imposent Clémence Guetté comme candidate pour les législatives. Un insoumis de Choisy-le-Roi est désigné alors comme son suppléant car il ne voit rien à redire à ces méthodes et trouve son profit politique à accepter ce parachutage.

    De nombreus.e.s insoumis.e.s de Créteil, d’Orly et de Choisy s’éloignent alors du mouvement face à cette première brutalité politique qui méprise toute délibération collective sérieuse.

    Lors des présidentielles de 2022 et avant même que Clémence Guetté ne mette un pied à Créteil, le travail militant réalisé depuis de nombreuses années permet de constaterla progression la plus importante au sein du département du Val-de-Marne. Ainsi, Créteil apparaît comme la ville où la progression est la plus forte en voix et en pourcentage dans les 26 villes où Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête pour l’élection présidentielle de 2022. C’est sur cette dynamique populaire et militante que Clémence Guetté arrive et se fait élire sans problème.

    En responsabilité, les militant.e.s de base ont tendu immédiatement la main à Clémence Guetté suite à son élection pour tourner la page de ce coup de force et engager un travail en complémentarité, dans l’intérêt du mouvement LFI et de l’alternative politique que nous portons. Une assemblée générale est organisée avec les militant.e.s pour tenter de tirer les bilans de la séquence électorale qui a profondément divisé. Ce sera la première et la dernière réunion collective interne avec tous les insoumis.e.s de Créteil, où Clémence Guetté accepte d’être présente.

    Cette tribune a valu à son auteur d’être mis à pied par le parti. C’est dans Le Parisien : « Municipales à Créteil : après la tribune “Clémence Guetté ou l’impasse bureaucratique”, deux historiques de LFI suspendus » https://www.leparisien.fr/val-de-marne-94/municipales-a-creteil-apres-la-tribune-clemence-guette-ou-limpasse-bureau

    Est-ce l’insoumission de trop ? Jean-Louis Héricher et Thomas Dessalles - tête de liste de La France Insoumise (LFI) aux municipales 2020 à Créteil - ont été suspendus du mouvement le 23 janvier dernier. À l’origine de ce que certains présentent comme une purge : un long article, publié le 12 janvier sur le site Internet Créteil insoumise , au titre coup de poing : « Clémence Guetté ou l’impasse bureaucratique de LFI ».

    Les premiers mots mettent tout de suite dans le bain, celui des élections municipales dont le 1er tour aura lieu le 15 mars prochain : « Nous savons désormais que les investitures au sein du mouvement LFI sont le moment des règlements de compte », assènent les auteurs de cette déclaration, très critiques concernant la désignation d’Abdoulbar Djaffar, 28 ans, comme tête de liste LFI à Créteil pour ce scrutin.

    « À Créteil, jamais le candidat n’a milité avec nous sur le terrain, il est un inconnu pour les militants », écrivent-ils.

    Dénonçant une mise à l’écart des « militants historiques de Créteil de la direction de la campagne LFI des municipales 2026 », ils pointent comme responsable Clémence Guetté, la députée de la 2 du Val-de-Marne (Créteil, Choisy-le-Roi, Orly). S’il y a mise à l’écart, c’est selon eux parce que ces militants « ont contesté il y a quatre ans le parachutage de Clémence Guetté et n’ont eu de cesse depuis lors de défendre une voie plus démocratique pour le mouvement ».

    Contacté, Thomas Dessalles ne dira rien de plus sur le sujet, en nous renvoyant vers la déclaration publiée voilà près d’un mois. Même chose pour Jean-Louis Héricher, qui glisse tout de même : « Nous voulons que LFI appartienne à ses membres et que les candidats aux élections soient élus par la base. Ce qui n’empêche nullement une concertation avec le départemental. »

    Face à ces frondeurs, dans l’entourage de la députée Clémence Guetté, on oppose un processus de désignation qui « est connu de tous à la France insoumise » et qui « a été respecté à la lettre ». « Plusieurs candidats se sont manifestés pour devenir chef de file à Créteil », nous explique-t-on. Parmi eux : Abdoulbar Djaffar, Thomas Dessalles, « et d’autres ».

    « Les têtes de liste de La France insoumise pour les élections municipales sont désignées par les insoumis réunis en assemblée municipale, avant validation par le Comité électoral de la France insoumise, qui tranche notamment en cas de désaccords locaux, nous explique un membre de ce comité électoral en charge du Val-de-Marne. À Créteil, cette procédure à conduit à la désignation d’Abdoulbar Djaffar comme tête de liste, à la suite de deux assemblées municipales et d’auditions par le comité électoral. »

    « Tous les militants de la ville ont été invités à venir et à participer à la discussion », ajoute ce proche de Clémence Guetté. Il précise au passage qu’« elle n’y a pas participé et n’a rien à voir dans tout cela, elle ne réside pas à Créteil ».

    Écartés « jusqu’au lendemain de l’élection municipale »

    Quant aux décisions sur ces suspensions, elles « relèvent du Comité de respect des principes de la France insoumise , selon les règles publiées en avril 2025 ». L’une d’entre elles prévoit que ce comité peut prononcer « la suspension ou l’exclusion des insoumis qui ne respectent pas les procédures d’investitures et d’organisation des assemblées municipales ».

    « En l’espèce, ce comité a été saisi par des militants locaux et a considéré que les éléments portés à sa connaissance visaient à dénigrer publiquement les candidatures désignées par la France insoumise et à faire explicitement campagne contre elles, ce qui justifiait une suspension des auteurs de cette publication jusqu’au lendemain de l’élection municipale », précise le membre du comité électoral.

    À moins de cinq semaines du 1er tour, Abdoulbar Djaffar et sa camarade tête de liste Flavie Lambelain ne dévient pas de leur route, malgré des attaques pas seulement en interne. « On reste focalisés sur le terrain et la défense du programme », assure cet enfant de Créteil.

    Lui voit « une preuve de légitimité » dans les retours que sa campagne provoque chez les habitants de Créteil rencontrés en campagne. « Il y a une formidable dynamique, apprécie celui qui espère l’emporter sur Laurent Cathala (PS), l’indéboulonnable maire de Créteil depuis près de 50 ans. Cet élan populaire, on va s’employer à l’entretenir. »

    La gauche autocannibale, épisode 2348, d’autant plus hilarant quand on sait qu’à la ville, Thomas Dessalles est inspecteur du travail et qu’en 2022, lorsqu’il « tendait la main » à Clémence Guetté, il était (hasard extraordinaire) l’inspecteur du travail du mensuel Le Monde diplomatique, alors en pleine crise. C’est lui qui, en janvier 2023, autorisa le licenciement du délégué syndical alors opposé à la direction du Diplo (premier licenciement subi de l’histoire de ce journal, créé en 1954).

  • L’art de la diffamation politique, par Serge Halimi & Pierre Rimbert (Le Monde diplomatique, octobre 2024)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2024/10/HALIMI/67664

    « Le rayon paralysant abusif de l’accusation d’antisémitisme est désormais sans effet », a estimé le 2 juin [2024] le fondateur de LFI sur son blog. Il s’illusionne. Un an après son lancement, l’assaut politico-médiatique a percuté sa cible. Fin août, M. Mélenchon acceptait lui-même l’idée que LFI, rendue radioactive, notamment par la campagne de diffamation dont elle a été l’objet, ne participe pas à un éventuel gouvernement de gauche. Le ressassement du mensonge a donc fait mouche. Et, chemin faisant, l’autre objectif a été également atteint. Tandis que les massacres se poursuivent en Palestine, L’Opinion (16 septembre [2024]) relève, presque étonné : « Malgré la guerre à Gaza, la relation stratégique entre la France et Israël n’a jamais été aussi bonne. »

  • La FNSEA a dicté la loi Duplomb, par Marc Laimé (Le Monde diplomatique, mai 2024)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2024/05/LAIME/66834

    Dès la généralisation des blocages, MM. Emmanuel Macron et Gabriel Attal ont cédé aux revendications du syndicat agricole majoritaire, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), mais pas aux demandes d’un revenu décent réclamé par d’autres organisations. Le gouvernement orchestre un grand bond en arrière sanitaire et environnemental, alors même que les agriculteurs sont les premières victimes d’un usage immodéré des pesticides et autres produits de synthèse, comme l’attestent de nombreuses publications scientifiques (1).

    La « révolte des tracteurs » exprime la crise interne d’un mode de développement qui a vu le jour à l’orée des années 1960, et se caractérise par de très fortes disparités (2). Alors que les 10 % des agriculteurs les plus riches vivent avec au moins 44 600 euros par an, les revenus des 10 % les plus pauvres n’excèdent pas 10 900 euros par an. Le taux de pauvreté dans cette profession s’élève ainsi à 16 %, contre 14 % dans la population générale. Entre 1970 et 2020, le nombre d’exploitations agricoles a été divisé par quatre, passant de près de 1,6 million à 390 000, tandis que leur taille ne cesse d’augmenter. Selon les projections de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), la France pourrait ne compter que 275 000 exploitations en 2035. Enfin, l’essentiel des emplois du secteur est assuré par 800 000 employés, techniciens et ouvriers agricoles, dont 120 000 saisonniers, le plus souvent étrangers, au statut précaire et qui sont les premiers exposés aux produits dangereux (3).

  • Mardi 22 juillet 2025,

    Plus d’un million de personnes ont signé la pétition contre la loi dite « Duplomb ». La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) a dicté ce texte, au mépris de l’environnement et de la santé, notamment celle des agriculteurs. Pourtant, la « révolte des tracteurs » à laquelle la proposition de loi du sénateur Laurent Duplomb prétendait répondre avait pour causes la disparité des revenus et le libre-échange. En particulier la concurrence déloyale des céréales ukrainiennes.

    https://www.monde-diplomatique.fr/2024/05/LAIME/66834

    • L’omniprésence de ce sinistre individu sur les « chaines d’infox en continu » ...

      https://www.monde-diplomatique.fr/2024/05/GRESH/66828

      « Tsahal » dans votre salon

      Pour défendre ses intérêts, imposer son récit et faire taire ses contempteurs en se présentant le plus souvent comme victime de ses ennemis arabes, Israël dispose d’un vaste réseau d’ambassadeurs et de propagandistes en tout genre. Sa stratégie est d’autant plus efficace que Tel-Aviv bénéficie de la sympathie de nombreux médias occidentaux.

    • je découvre au passage https://www.caminteresse.fr/societe/pour-quelle-raison-dit-on-mon-quand-on-sadresse-a-un-general-1176702 qui revient sur l’utilisation du terme « mon colonel »

      Comme le relate l’Académie française sur son site, il pourrait s’agir de l’abréviation de « monsieur le général », et non pas de l’adjectif possessif « mon » ! Cette formule de politesse doit être utilisée par les militaires subalternes lorsqu’ils s’adressent à un supérieur. Ils doivent donc dire : « mon général », « mon colonel », « mon commandant », « mon capitaine », « mon lieutenant », « mon adjudant ». Cependant, à partir de ce grade, le « mon » disparaît et les soldats n’utilisent plus que le grade : sergent ou caporal. Toutefois, l’usage de l’abréviation « mon » ne s’applique pas quand un soldat s’adresse à des femmes gradées, il suffit de leur donner leur grade. Les civils sont bien évidemment exemptés de ces traditions militaires (...) le dictionnaire de l’Académie française, qui stipule qu’un civil peut simplement dire « Général », « Capitaine », « Lieutenant », etc. La formulation « Monsieur le général », plus soutenue, peut en revanche être employée dans le cadre d’une correspondance, en formule d’appel ou de courtoisie. (...) les marins de la Marine nationale ne disent pas « mon » quand ils s’adressent à un lieutenant ou à un général. Ces derniers disent simplement « lieutenant », ou « général ».

  • Sans titre
    https://anarchism.space/@gorekhaa/113635786110143362

    Et M. Trump prit sa revanchehttps://www.monde-diplomatique.fr/2024/12/HALIMI/67828"M. Donald Trump ne revient pas à la Maison Blanche tel un homme seul débarquant sur la scène politique sans trop savoir où il va. Huit ans après sa première victoire, sa base électorale est plus large, sa majorité parlementaire plus assurée. Et il s’est entouré d’une équipe de fidèles qui ne chercheront (...) / États-Unis, Élections, Personnalités, Politique - 2024/12"

  • Sans titre
    https://anarchism.space/@gorekhaa/113623831235810266

    Par-delà l’inégalité hommes-femmeshttps://www.monde-diplomatique.fr/2024/12/RICHARD/67840"En 1957, le traité de Rome posait les bases d’une conception élargie de l’égalité salariale. Levier majeur pour les salaires féminins, ce principe est combattu par le patronat. Pour les syndicats, la bataille se mène alors calculette à la main. / Inégalités, Travail, Droits des femmes - (...) / Inégalités, Travail, Droits des femmes - 2024/12"

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    https://anarchism.space/@gorekhaa/113607071688840946

    La foi des reconvertishttps://www.monde-diplomatique.fr/2024/12/JOURDAIN/67836"Échapper au salariat — qui épuise, abrutit, ennuie — en créant sa propre activité ? L’idée séduit, notamment chez les cadres, dont une partie se reconvertissent… dans la « reconversion professionnelle ». Un marché porteur, mais fragile. / Travail, Idées - (...) / Travail, Idées - 2024/12"

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    https://anarchism.space/@gorekhaa/113606789275772326

    Écrire, malgré touthttps://www.monde-diplomatique.fr/2024/12/BELKEDDAR/67849"« Princesse et saltimbanque… sorcière ? Voyante ? » Anna Akhmatova (1889-1966), figure majeure de la poésie russe, grande novatrice, aura connu un destin traversé par les tragédies de l’époque stalinienne, et créé une œuvre unique. Le portrait littéraire qu’en offre la romancière Geneviève Brisac est une (...) / Russie, Art, Littérature, Fiction, Personnalités - 2024/12"

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    https://anarchism.space/@gorekhaa/113589510545047343

    Frantz Fanon, paradoxeshttps://www.monde-diplomatique.fr/2024/12/MATHIEU/67871"Le parcours de l’intellectuel martiniquais Frantz Fanon (1925-1961) est multiple. Psychiatre, il fut aussi essayiste, anticolonialiste, tiers-mondiste, et épousa la cause indépendantiste algérienne aux côtés du Front de libération nationale (FLN). L’ouvrage du journaliste américain Adam Shatz vient (...) / Personnalités - 2024/12"

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    https://anarchism.space/@gorekhaa/113584178623011042

    Vingt Dieux !https://www.monde-diplomatique.fr/2024/12/PLANTET/67868"Les brumes jurassiennes des petits matins glauques renvoient Anthony, alias Totone, à ses frasques de la veille, bières, danses et bagarres de bal. Mais le jeune homme, 18 ans, se cogne au réel : alors, pour trouver un moyen de subsistance honorable, pourquoi ne pas utiliser les ressources locales (...) / Cinéma - 2024/12"

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    https://anarchism.space/@gorekhaa/113578571304156359

    Une joie méconnuehttps://www.monde-diplomatique.fr/2024/12/BURDEAU/67867"Boris Barnet, né à Moscou en 1902, a été boxeur, acteur et cinéaste. Il réalise une poignée de chefs-d’œuvre — La Jeune fille au carton à chapeau (1927), Okraïna (1933), Au bord de la mer bleue (1936)… —, traverse tant bien que mal la guerre et l’après-guerre, et offre encore des merveilles — Le Lutteur et (...) / Art, Cinéma - 2024/12"

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    https://anarchism.space/@gorekhaa/113572828619652367

    Le nu, le taoïsme et le marchéhttps://www.monde-diplomatique.fr/2024/12/LAMBERT/67874"Et si les inquiétudes de l’Occident concernant la Chine découlaient de son incapacité à comprendre le géant asiatique ? C’est le pari que formulent deux ouvrages récents, aux objectifs pourtant opposés. Pour David Daokui Li, chercheur chinois aussi bien introduit dans les milieux néolibéraux de Pékin (...) / Chine, Relations internationales - 2024/12"

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    https://anarchism.space/@gorekhaa/113567482565072867

    Au boulot…https://www.monde-diplomatique.fr/2024/12/A/67880"Le succès en salles de « L’Histoire de Souleymane », de Boris Lojkine ou « Au boulot ! », de Gilles Perret et François Ruffin suggère une attention nouvelle aux réalités du travail, sa précarité ou ses dangers. Quand le pouvoir en France exige plus d’efforts pour combler les déficits, quand le secteur (...) / Capitalisme, Inégalités, Travail, Politique - 2024/12"

  • Sans titre
    https://anarchism.space/@gorekhaa/113567176399532294

    Autant en emporte le vent jaunehttps://www.monde-diplomatique.fr/2024/12/LAPIDOT/67876"Mettre en accusation le gouvernement Netanyahou ne suffit pas à comprendre la catastrophe actuelle. Il faut aussi considérer la faiblesse de son opposition et l’impuissance de ce qu’on appelle la « gauche » : démocratique, libérale, bonne. Or, dans son pays et au-delà, il n’y a guère de figure qui (...) / Littérature - 2024/12"

  • #Plastique, l’#escroquerie du #recyclage

    La fin de l’âge du fer ? Au début des années 1960, scientifiques et plasturgistes prédisent que les progrès fulgurants dans la fabrication des #polymères permettront aux plastiques de détrôner métaux, verres et bois sur le podium des matériaux dominants. Chacun s’extasie. Le sémiologue Roland Barthes qualifie en 1957 le produit de la distillation du pétrole de « substance alchimique », de « matière miraculeuse ». Un an plus tard, le poète Raymond Queneau succombe au chant du styrène et à l’esthétique des « innombrables objets au but utilitaire » appelés à surgir du naphta, ce liquide provenant du raffinage à partir duquel se fabriquent l’essentiel des plastiques (1). Au XXIe siècle, les plastiques écrasent effectivement la concurrence. Entre 1950 et 2015, le secteur pétrochimique en a produit plus de 8 milliards de tonnes, surtout au cours des vingt dernières années, et l’accélération se poursuit (2).

    Après l’extase, l’effroi : soixante-dix ans plus tard, 350 millions de tonnes de déchets plastiques se déversent chaque année sur le monde. La pollution qu’ils engendrent fait peser sur les vivants et non-vivants une menace aussi lourde que documentée (3). On boit, on mange, on respire du plastique. Pour faire face à ce cataclysme synthétique, les industries pétrochimiques promeuvent sans relâche une solution selon elles miraculeuse : le recyclage, avec son ruban de Möbius - une flèche circulaire conçue par les lobbies à la fin des années 1980 -, symbole d’une économie où rien ne se perd et tout se transforme. Une économie qui continue donc à produire ce poison environnemental, mais sous une forme partiellement réutilisable.

    Célébré comme plus intelligent et respectueux de la nature que l’incinération ou la mise en décharge, ce procédé a fini par s’imposer au nombre des priorités politiques mondiales. Le résultat laisse perplexe : après quatre décennies de propagande, moins de 10 % des 6,3 milliards de tonnes de plastique produit et jeté entre 1950 et 2017 a fait l’objet d’un recyclage (4). Pourtant, l’Europe et, singulièrement, la France ont adopté ce mot d’ordre avec un enthousiasme déconcertant.

    En 2019, Matignon fixe un objectif stratosphérique : 100 % des déchets plastiques nationaux recyclés en 2025. La méthode ? Rendre les industriels responsables du destin des objets polymères qu’ils produisent. L’approche française s’inscrit dans la droite ligne de celle impulsée par la Commission européenne : obligation faite aux États membres depuis 2021 d’interdire les plastiques à #usage_unique et d’utiliser au moins 30 % de matériaux recyclés dans les #bouteilles plastifiées ; recyclage en 2030 de 55 % des déchets d’#emballages plastiques (5).

    Alléchés, les industriels européens ne tardent pas à communiquer sur des #technologies « novatrices » ajustées à la nouvelle législation européenne. En 2022, les chimistes #BASF et #Borealis, l’emballeur #Südpack et le laitier bavarois #Zott claironnaient la mise au point d’un prototype d’emballage multicouche de mozzarella entièrement réalisé en nylon et polyéthylène recyclés. Mais ces « projets-pilotes » largement médiatisés représentent une goutte d’eau dans l’océan des ambitions politiques. D’autant qu’en période d’#austérité les #investissements d’infrastructure nécessaires à la collecte et au #tri des #déchets plastiques se trouvent rarement en tête des priorités, tant en Europe qu’aux États-Unis. D’où ces révélations aussi spectaculaires que banales, comme celle qui épouvanta l’été dernier Mme #Brandy_Deason, habitante de Houston, au Texas : quelques jours après avoir placé un traceur dans ses déchets plastiques destinés au conteneur recyclage, elle les géolocalisa non pas dans un centre de traitement dernier cri, mais dans une décharge géante à ciel ouvert (6).

    Ce cas extrême met en évidence le poids des considérations économiques dans l’#échec du recyclage. Du fait d’une production surabondante d’#éthylène, produit à partir du #pétrole ou du gaz, le prix du plastique « vierge » s’effondre et mine la #rentabilité des recycleurs européens, dont l’activité consiste en grande partie à retraiter le #polyéthylène (polymère de l’éthylène). Dans un monde guidé par la boussole du calcul coût-avantage, pourquoi les industriels et les distributeurs européens privilégieraient-ils des produits recyclés plus chers que le neuf ? En Allemagne, l’usine #Veolia de Rostock recyclait annuellement environ 36 000 tonnes de #polyéthylène_téréphtalate usagé (#PET). Elle a fermé ses portes car, selon la direction, l’#industrie_agro-alimentaire rechignait à soutenir ce produit plus vert mais plus cher. Non loin de là, un tribunal néerlandais a déclaré en faillite l’usine de recyclage de plastique d’#Umincorp, à Amsterdam (7). À moins que l’Union européenne n’édicte de nouvelles #réglementations plus contraignantes, le recyclage occidental ne pourra concurrencer l’orgie d’éthylène. D’autant que de nouveaux sites de production de ce composé chimique s’apprêtent à sortir de terre en Chine, aux États-Unis et en Arabie saoudite, ce qui, à demande constante, orienterait les #prix à la baisse.

    Mais la grande escroquerie du recyclage réside ailleurs : le procédé n’a jamais été viable, ni techniquement ni économiquement ; les industriels le savent de longue date, mais jouent avec succès sur la corruptibilité des pouvoirs et la crédulité du public. Un rapport du Center for Climate Integrity (CCI) publié en février 2024 a détaillé un secret que nul au fond ne voulait exhumer (8). Pendant des décennies, les grandes compagnies pétrochimiques ont sciemment provoqué la crise des #déchets_plastiques. « Ils ont menti, affirme M. Richard Wiles, un responsable du CCI. Voici venu le temps de rendre des comptes pour les dégâts qu’ils ont commis. »

    Sur les milliers de variétés produites, seules deux présentent des propriétés qui rendent le recyclage viable à ce jour : les PET et les #polyéthylènes_à_haute_densité (#PEHD). Le procédé nécessite donc un tri méticuleux qui renchérit le coût et conduit à écarter les éléments composés d’alliages de plastiques ou de plusieurs matériaux que l’on trouve dans de nombreux objets jetables. Un flacon et un bocal tous deux en PET devront être séparés s’ils comportent des additifs ou des colorants différents, de même que les bouteilles en PET vertes et transparentes. Autre difficulté de taille : les plastiques se dégradent à chaque #réutilisation et ne peuvent donc être réemployés qu’une fois ou, plus rarement, deux fois. Faute de quoi non seulement leurs propriétés se dénaturent, mais leur #toxicité peut s’accroître.

    La filière pétrochimique n’a jamais rien ignoré de ces obstacles structurels. Pour désarmer la mobilisation qui enfle contre les décharges à ciel ouvert ou la mode du jetable, et éviter le risque d’une réglementation trop contraignante, elle adopte au milieu des années 1980 l’idée du recyclage. En 1984 naît une fondation réunissant la pétrochimie et les embouteilleurs axée sur un engagement en faveur de ce procédé. L’année suivante, le secteur lance en grande pompe un centre de recherche à l’université Rutgers, dans le New Jersey, puis un projet-pilote de recyclage à Saint Paul, dans le Minnesota, alors que le conseil municipal de la ville venait juste d’interdire le polystyrène. Derrière les portes closes, personne n’y croit. « Il se peut qu’un jour cela puisse devenir une réalité, observait en 1994 un représentant d’#Eastman_Chemical lors d’une conférence sur le sujet. Il est plus probable que nous nous réveillerons et comprendrons que nous n’allons pas nous sortir de la question du recyclage des déchets solides. » Peu importait au fond puisque, comme le déclarait un employé d’Exxon au personnel de l’American Plastics Council (APC) : « Nous sommes engagés dans les activités de recyclage des plastiques, mais nous ne sommes pas tenus à des résultats. »

    Depuis quarante ans, l’« #engagement » consiste en une série de #campagnes de #désinformation et d’#enfumage sur les #mirages du recyclage. Elles mobilisent tantôt les #multinationales de la #pétrochimie, leurs associations professionnelles, leurs fondations, tantôt leurs multiples groupes de façade. À la fin de la décennie 1990, l’interdiction du polystyrène et du #polychlorure_de_vinyle (#PVC) dans plusieurs États accélère le mouvement. « Nous devons agir à la base et mener une guerre de guérilla comme nos adversaires », note un participant lors d’une réunion de l’Association européenne des producteurs de plastiques (Plastics Europe) le 2 janvier 1994. Des millions de dollars gonflent les caisses des agences de communication pour vendre la « solution » et riveter dans les consciences les mots : « modernité », « #innovation_technologique », « #efficacité », « engagement », « approche intégrée pour la gestion des plastiques », « avantage économique », etc. L’industrie chante désormais les vertus du « #recyclage_avancé », un procédé d’#incinération ou de #dégradation_chimique, plus polluant que la méthode classique, et qui ne produit que 1 à 14 % de matière réutilisable.

    Les pétrochimistes ont gagné leur bataille : en 2021, les États-Unis ne recyclaient que 5 à 6 % de leurs déchets plastiques (9) ; et l’industrie produisait toujours plus de #polymères. En 2022, le procureur général de Californie a lancé, sur la base du rapport du CCI, une enquête ciblant les fabricants « pour leur rôle dans la crise globale de la #pollution_plastique ». Mais quel tribunal international mettra l’humanité à l’abri de leur conduite criminelle ?

    Note(s) :

    (1) Roland Barthes, Mythologies, Seuil, Paris, 2010 (1re éd. : 1957) ; Raymond Queneau dans Le Chant du styrène, 1958, film commandé à Alain Resnais par le groupe de pétrochimie Péchiney.

    (2) Roland Geyer, Jenna R. Jambeck et Kara Lavender Law, « Production, use, and fate of all plastics ever made », Science Advances, vol. 3, n° 7, 2017.

    (3) Lire Mickaël Correia, « Le plastique, c’est fantastique », Le Monde diplomatique, février 2022.

    (4) Atlas du plastique. Faits et chiffres sur le monde des polymères synthétiques, Fondation Heinrich Böll - La Fabrique écologique - Break Free From Plastic, 2020.

    (5) Alex Scott, « Europe hardens stance on plastic recycling », Chemical and Engineering News, vol. 97, n° 29, Washington, DC, 2019.

    (6) Rachel Dobkin, « Woman drops AirTag in recycling to see if plastics are actually recycled », Newsweek, New York, 2 septembre 2024.

    (7) Alex Scott, « Global plastics glut and weak regulations hurt European recyclers », Chemical and Engineering News, vol. 102, n° 4, 2024.

    (8) Davis Allen, Alyssa Johl, Chelsea Linsley et Naomi Spoelman, « The fraud of plastic recycling. How big oil and the plastics industry deceived the public for decades and caused the plastic waste crisis » (PDF), Center for Climate Integrity, février 2024, dont sont tirées les citations suivantes. Cf. également Dharma Noor, « "They lied" : Plastics producers deceived public about recycling report reveals », The Guardian, Londres, 15 février 2024.

    (9) « The real truth about US plastic recycling rate », Beyond plastics, mai 2022.

    https://www.monde-diplomatique.fr/2024/11/LARBI_BOUGUERRA/67771
    #green-washing #coût #mensonge #dégradation #réemploi

  • Sans titre
    https://anarchism.space/@gorekhaa/113482829626767106

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