Assemblée nationale : « Après le 7 juillet, le risque de paralysie est réel »

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    Tant le RN que la majorité présidentielle auront du mal à décrocher la majorité absolue le 7 juillet, à l’issue des législatives, estime le politologue breton Romain Pasquier.

    Le RN en tête dans notre région aux élections européennes, est-ce la fin de l’exception bretonne ?
    Oui et non. Bien sûr, c’est un score historique pour le Rassemblement national. Jamais il n’avait été, en Bretagne, la première formation politique dans une élection de ce type, qui plus est assez loin devant. Mais l’exception bretonne perdure. Dans notre région, le RN reste tout de même six points en dessous de son score national.

    Le RN qui s’impose à Lorient, est-ce un camouflet pour Jean-Yves Le Drian, qui était à la tête du comité de soutien de Valérie Hayer ?
    C’est surtout le signe que le Lorient qui élisait Jean-Yves Le Drian en 1977 (date de son premier mandat de conseiller municipal, NDLR) a bien changé. En Bretagne, le Rassemblement national s’est implanté par le milieu rural. On le voit aujourd’hui progresser dans les anciens bastions ouvriers, comme cela s’est passé dans les Hauts-de-France. Ce sont des signaux puissants sur le fait que la société bretonne a évolué. Les motivations des électeurs en Bretagne, même si c’est sans doute moins fort qu’ailleurs, sont aujourd’hui le pouvoir d’achat et l’immigration. Autant de sujets dont une certaine gauche bretonne, tout comme d’ailleurs une certaine droite, n’a pas voulu s’emparer.

    La particularité de cette séquence politique, c’est que nous avons déjà basculé vers les législatives. En Bretagne, le RN peut-il obtenir un ou plusieurs sièges ?
    Je sais que tout le monde n’est pas de mon avis, mais je pense que cela sera quand même difficile pour le RN. Parce qu’il va y avoir un sursaut en Bretagne. Cela va voter davantage. Et il y aura un jeu d’alliances pour lui faire barrage au second tour. Le RN peut, bien entendu, espérer s’imposer dans certaines circonscriptions du Centre-Bretagne. Mais il lui faudra compter sur une vague nationale très forte pour y arriver.

    Les partis politiques sont incapables de dialoguer entre eux, y compris au sein du même camp politique.

    Sur le plan national, quel scénario vous semble le plus probable ?
    Voir le RN obtenir la majorité absolue à l’Assemblée, le 7 juillet, serait quand même une surprise. Mais voir la majorité présidentielle la décrocher le serait aussi ! Le scénario d’une Assemblée nationale encore plus fragmentée est peut-être le plus probable. Avec un risque réel de paralysie. La Ve République n’a pas été conçue comme un régime de coalition. La France n’a pas cette culture. Les partis politiques sont incapables de dialoguer entre eux, y compris au sein du même camp politique.

    N’oublions pas l’échelon européen. Emmanuel Macron va-t-il encore pouvoir peser ? Ou est-il désormais contraint de se concentrer sur la situation politique intérieure ?
    Il va essayer de jouer sur les deux tableaux. Mais il est très affaibli en Europe. Voir la France envoyer le plus gros bataillon de députés eurosceptiques au Parlement européen, voilà qui fait tache sur le bilan européen d’Emmanuel Macron. Il va sans nul doute vouloir continuer à jouer un rôle au niveau européen, mais il n’aura plus l’autorité politique qu’il avait il y a encore quelques semaines.