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  • « Un risque réel de traitement inhumain » : la Belgique refuse d’extrader des Belges à cause de la surpopulation carcérale en France
    https://www.lavoixdunord.fr/1708414/article/2026-06-02/un-risque-reel-de-traitement-inhumain-la-belgique-refuse-d-extrader-qua

    Le 28 mai dernier, le sous-comité de l’ONU alertait la France sur la « grave » surpopulation carcérale. Après s’être rendu dans le pays pour la première fois afin d’y évaluer les conditions de détention, il estimait qu’elle portait « atteinte aux droits fondamentaux des détenus » et qu’elle était susceptible de « constituer un traitement inhumain ou dégradant ».

    Le même jour et pour les mêmes raisons, la Belgique annonçait son refus de remettre quatre Bruxellois, âgés de 20 à 30 ans, faisant l’objet d’une demande d’extradition, révèlent des médias belges.

  • Recolonisation : la méthode Yarvin pour contrôler un État étranger
    https://legrandcontinent.eu/fr/2026/01/06/recolonisation-la-methode-curtis-yarvin-pour-occuper-et-gouverner-u

    Depuis 2016, les observateurs peinent à qualifier la politique étrangère de Trump.

    D’abord présentée comme isolationniste après une campagne menée en rupture avec le néoconservatisme, puis qualifiée de « transactionnelle », elle a longtemps semblé insaisissable. Depuis la publication de la National Security Strategy, et surtout au lendemain de l’opération militaire au Venezuela ayant conduit à l’enlèvement de Maduro, les choses apparaissent toutefois plus clairement : Trump assume désormais explicitement le caractère impérialiste de sa politique.

    Cet interventionnisme tranche nettement avec celui des néoconservateurs des années 2000.

    Il ne s’agit plus de justifier l’action extérieure au nom d’un idéal de diffusion des valeurs démocratiques occidentales. La grammaire politique de l’impérialisme américain a changé.

    Si l’on veut retracer les germes de cette grammaire nouvelle, il n’est pas inutile de se tourner vers la pensée néoréactionnaire, dont on sait qu’elle joue aujourd’hui un rôle décisif dans le renouvellement idéologique du trumpisme.

    En 2008, alors que l’interventionnisme néoconservateur s’était enlisé dans l’échec des guerres au Moyen-Orient, Curtis Yarvin en proposait une critique singulière.

    Dans un article au titre évocateur — « Comment occuper et gouverner un État étranger » — il ne se tournait pas vers l’isolationnisme — caractéristique des paléo-conservateurs ou, plus tard, de l’alt-right nationale-populiste.

    Yarvin affirmait au contraire que l’échec de l’Irak était le signe que l’armée américaine n’était pas allée assez loin, et proposait un « guide » destiné à garantir la réussite d’une intervention militaire à l’étranger.

    Sa recette ne surprendra pas les lecteurs familiers de ses thèses : faire un coup d’État, s’assurer d’une souveraineté absolue, puis transformer le régime en État-entreprise.

    Cette vision sera ensuite développée dans une série de textes intitulée Patchwork, dans lequel Yarvin défend ce qu’il appelle une « théorie réactionnaire de la paix », définie en ces termes :

    « Le monde pacifié et réactionnaire du Patchwork est composé exclusivement de souverains absolus rationnels : des États gérés de manière compétente et cohérente dans un but purement financier. Ce monde peut exister sur une partie de la planète, mais il doit alors prévoir sa défense face au reste du monde. Dans le système Patchwork, paix, sécurité et ordre sont strictement identiques. Un territoire est conçu pour maintenir un niveau absolu ou quasi absolu de sécurité et d’ordre. La société n’y connaît plus les plaies de l’ère démocratique : pas de bidonvilles, pas de rues sales, pas de gangs, pas de politique. […] Un souverain rationnel absolu est centralisé, administré avec compétence et guidé uniquement par la rentabilité.

    Il coopère si la coopération est profitable — devient prédateur si la prédation l’est davantage (le but étant bien sûr de rendre la coopération toujours plus rentable). »

    Cet extrait, comme le texte qui suit, résonne de manière frappante avec la justification prédatrice de l’intervention de Trump au Venezuela.

    Celle-ci a d’ailleurs été saluée par l’auteur qui, sur X (ex-Twitter) écrit : « Le Venezuela, en tant que bordel au potentiel énorme, est un laboratoire parfait pour la gouvernance du XXIe siècle. »

  • #Paix

    Netanyahu Announces Trump as First Foreign Leader to Receive ’Israel Prize for Peace’ - Israel News
    https://www.haaretz.com/israel-news/2025-12-30/ty-article/.premium/netanyahu-announces-trump-as-first-foreign-leader-to-receive-israel-prize-for-peace/0000019b-6fe7-d7b3-afff-7fe7d15b0000

    Prime Minister Benjamin Netanyahu announced U.S. President Trump would receive the prize at a press conference in Mar-a-Lago on Monday and invited him to celebrate Independence Day in Israel. Trump said he would consider attending the ceremony in Jerusalem

    • Israël va récompenser Donald Trump par un prix de la paix
      Le Monde avec AFP Publié le 30 décembre 2025
      https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/30/israel-va-recompenser-donald-trump-avec-un-prix-de-la-paix_6659777_3210.html

      Benyamin Nétanyahou a salué le soutien du président américain dans la lutte de l’Etat hébreu contre le Hamas, à Gaza. Pour la première fois, la plus haute distinction civile du pays sera donnée à un non-citoyen.

      A défaut du prix Nobel qu’il convoite ardemment et qu’il n’a pas encore réussi à décrocher, Donald Trump va recevoir un prix de la paix de la part d’Israël. C’est ce qu’a annoncé, lundi 29 décembre, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, lors d’une conférence de presse en Floride, aux côtés du président américain.

      Les Israéliens « apprécient ce que vous avez fait pour aider Israël et pour soutenir notre combat » contre le Hamas à Gaza, a déclaré M. Nétanyahou.
      En annonçant remettre à Donald Trump ce prix de la paix, la plus haute distinction civile israélienne, le chef du gouvernement rompt avec une tradition, vieille de plusieurs décennies, consistant à le décerner uniquement à un citoyen de l’Etat hébreu.

      Le président américain, visiblement ravi, s’est déclaré « très surpris » et « touché » de recevoir ce prix, laissant entendre qu’il pourrait se rendre en Israël en 2026 pour la cérémonie, qui se tient traditionnellement la veille de la fête nationale. (...)

  • « Qui a donné aux Israéliens le droit de nous surveiller constamment ? » : les drones israéliens empoisonnent la vie des habitants du sud du Liban
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/30/dans-le-sud-du-liban-les-drones-israeliens-empoisonnent-la-vie-des-habitants

    Des frappes ont lieu chaque semaine dans le sud du pays, l’armée israélienne affirmant viser des membres ou des sites de la milice armée, alliée de Téhéran. Pourtant, des civils ont aussi été tués.

    C’est fort tout de même ! Voici, dans ce long article de Laure Stephan, l’unique mention des victimes civiles au sud du Liban depuis le "cessez-le-feu" de novembre 24. Plus de 340 selon un décompte de l’AFP (https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/26/liban-l-armee-israelienne-affirme-avoir-bombarde-des-cibles-du-hezbollah_665)...

  • Braquage de banque en Allemagne : 30 millions d’euros de préjudice, selon une estimation de la police
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/30/braquage-de-banque-en-allemagne-30-millions-d-euros-de-prejudice-selon-une-e


    La banque Sparkasse, à Gelsenkirchen, dans l’ouest de l’Allemagne, le 29 décembre 2025. HANDOUT POLICE GELSENKIRCHEN / AFP

    Les suspects, encore non identifiés, ont fait irruption dans une succursale de la caisse d’épargne locale et vidé près de 3 000 coffres remplis d’argent, d’or et de bijoux, a déclaré la police. Plus de 95 % des coffres ont été pillés, a assuré un porte-parole de la banque.
    [...]

    La méthode employée pour le braquage a dérouté les enquêteurs : les voleurs ont foré un trou dans la salle des coffres à l’aide d’une immense perceuse. « C’est comme dans le film [américain] Ocean’s Eleven, résume la source policière, tout s’est déroulé de manière très professionnelle ». Les braqueurs ont aussi « profité du calme de Noël », précisait plus tôt un communiqué, la banque étant fermée à cette période.

  • Le Yémen décrète l’état d’urgence face à l’avancée des séparatistes
    https://www.franceinfo.fr/monde/proche-orient/yemen/la-coalition-menee-par-l-arabie-saoudite-annonce-avoir-cible-des-armes-po

    Soutenus par les Emirats arabes unis, les séparatistes entendent rétablir un Etat dans le sud du Yémen, où une République démocratique et populaire a été indépendante entre 1967 et 1990.

    L’Arabie saoudite a mené des frappes au Yémen pour détruire des livraisons d’armes destinées aux séparatistes
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/30/l-arabie-saoudite-a-mene-des-frappes-au-yemen-pour-detruire-des-livraisons-d

    Le ministère des affaires étrangères saoudien a appelé les Emirats arabes unis à retirer leurs forces du Yémen « dans les vingt-quatre heures » et à cesser tout soutien à des parties yéménites. Il a exprimé ses regrets face au fait que les Emirats aient « poussé » les séparatistes à mener des opérations militaires à « la frontière sud du royaume (…) constituant une menace pour la sécurité » de l’Arabie saoudite et de la région, et ajouté que « les mesures prises par l’Etat frère des Emirats arabes unis [étaient] extrêmement dangereuses ».

    • Précision :
      Yémen : Capitale Sanaa (de jure)
      Gouvernement(s)
      Sanaa (de facto, gouvernement houthi)
      Aden (gouvernement internationalement reconnu)
      (Après, pour la partie qui correspond en gros à l’ancien Yémen du sud, c’est plus compliqué avec, jusqu’à présent un partage implicite entre les Emirats et les Saoudiens.

    • Ryan Grim sur X : “The last time the UAE faced any significant counterattack at all in Yemen — they lost 45 Emirate soldiers in fall 2015 in one attack — they immediately withdrew and subbed in mercenaries only. Now they got hit again, this time by Saudi Arabia, and are retreating again.” / X
      https://x.com/ryangrim/status/2006041749064470699

      The last time the UAE faced any significant counterattack at all in Yemen — they lost 45 Emirate soldiers in fall 2015 in one attack — they immediately withdrew and subbed in mercenaries only.

      Now they got hit again, this time by Saudi Arabia, and are retreating again. Meanwhile they are using their proxies to kill hundreds of thousands in Sudan.

      They love to dish out death, destruction, and famine but only from the comfort of their gleaming towers in Abu Dhabi and Dubai.

  • #Syrie : une explosion « terroriste » fait au moins huit morts dans une mosquée [alaouite] à Homs - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20251226-syrie-une-explosion-terroriste-fait-au-moins-six-morts-dans-une-mosqu%C

    Une explosion a eu lieu à l’intérieur de la mosquée Imam Ali bin Abi Taleb, située dans le quartier de Wadi al-Dahab, une zone majoritairement alaouite de la ville de Homs, pendant les prières du vendredi ce 26 décembre. Les autorités syriennes ont rapidement bouclé le secteur et lancé une enquête, rapporte notre correspondant à Homs, Mohamed Errami.

    Sur place, les autorités ont autorisé l’accès à la mosquée pendant quelques minutes seulement. À l’intérieur, la salle de prière a été touchée par la déflagration. Des impacts sont visibles sur les murs, des vitres ont été soufflées, et des objets de culte, dont des exemplaires du Coran, ont été projetés au sol, témoignant d’une explosion survenue au cœur du lieu de culte.

    […] 

    Un groupuscule extrémiste sunnite, Saraya Ansar al-Sunna, a revendiqué l’attentat sur Telegram. Ses combattants « ont fait exploser plusieurs engins », a écrit le groupe dans un message publié sur Telegram, jurant de poursuivre les attaques ciblant « les infidèles et apostats ». Saraya Ansar al-Sunna avait déjà revendiqué un attentat-suicide contre une église de Damas en juin 2025.

  • Au Chili, l’angoisse des immigrés après la victoire de l’extrême droite à la présidentielle : « Tout le monde a peur »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/27/au-chili-l-angoisse-des-immigres-apres-la-victoire-de-l-extreme-droite-a-la-

    Au Chili, l’angoisse des immigrés après la victoire de l’extrême droite à la présidentielle : « Tout le monde a peur »
    Par Angeline Montoya (Antofagasta (Chili), envoyée spéciale)
    Le soir du dimanche 14 décembre, devant l’écran de télévision annonçant la victoire du candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle chilienne, José Antonio Kast, le mari d’Isarela (le prénom a été modifié à la demande du témoin) s’est effondré. « Il va falloir refaire nos valises », a-t-il soufflé. Le couple est péruvien, mais habite au Chili depuis onze ans, à Antofagasta, ville de 400 000 habitants à 1 300 kilomètres au nord de Santiago. Ici, 19,3 % de la population est étrangère.
    Depuis 2019, le permis de séjour temporaire d’Isarela, 51 ans, a expiré. Elle a demandé sa prolongation, sans succès. « On me dit que je dois attendre, mais, quand dans trois mois Kast sera au pouvoir, est-ce que je ne vais pas être arrêtée et expulsée ? », s’inquiète-t-elle. Son mari, lui, n’a aucun papier. « Il a fait de la prison au Pérou. Il a purgé sa peine, mais ils ne veulent rien savoir », explique-t-elle.
    José Antonio Kast a fait de la lutte contre l’immigration irrégulière le thème central de sa campagne. « Si vous ne partez pas de manière volontaire, nous vous expulserons avec ce que vous avez sur le dos, et vous ne pourrez plus jamais revenir au Chili », a-t-il lancé, avec des accents trumpiens, dans ses clips adressés aux 336 000 migrants en situation irrégulière. José Antonio Kast a asséné que les sans-papiers devaient quitter le pays avant sa prise de fonctions, le 11 mars 2026, puis demander un visa au consulat s’ils souhaitaient revenir. Il oublie que le Chili n’a plus de consulat au Venezuela, premier pays d’origine des migrants, et que beaucoup ont construit leur vie ici, eu des enfants chiliens, le droit du sol s’appliquant. Or un retour n’est possible qu’au bout de cinq ans, après un séjour irrégulier. Catholique et fervent défenseur de la famille, José Antonio Kast n’a pourtant pas hésité à affirmer que les parents étrangers sans papiers d’enfants chiliens seraient expulsés s’ils ne partaient pas volontairement, quitte à être séparés de leurs enfants, confiés à l’Etat. Dès les jours qui ont suivi sa victoire, il a pris langue avec ses homologues argentin, bolivien, péruvien, équatorien, panaméen, salvadorien (tous de droite) pour mettre en place un « corridor humanitaire » de retours forcés.
    Le président élu a aussi menacé : « A un moment ou à un autre, vous aurez affaire à l’autorité, lors d’un contrôle routier ou dans un établissement de santé ou d’éducation. » Alors ici, « tout le monde a peur, certains n’osent même plus se rendre à leur travail », confie Isarela. Son mari avait envisagé une régularisation, mais tout est désormais suspendu, de peur d’une arrestation.
    Jusqu’en 2021, Isarela travaillait dans un supermarché, de 8 heures à 23 heures. Mais la loi s’est durcie. Autrefois, un contrat pouvait être obtenu avec un visa touristique, puis transformé en titre de séjour. Depuis 2022, il faut avoir obtenu ce dernier en amont. Sans résidence valide, elle ne peut plus travailler légalement, elle garde des enfants ou fait des ménages. « J’ai toujours travaillé, je ne veux que ça », dit-elle dans un soupir. Le couple vit à Los Arenales, un immense campamento (bidonville) à 15 kilomètres au nord du centre-ville d’Antofagasta, au pied d’une colline aride. Ce quartier informel est né en 2015, lorsque des familles chiliennes et péruviennes ont occupé 11 hectares de terres publiques. Entre 2018 et 2021, avec l’arrivée massive de migrants, surtout vénézuéliens, la population a doublé, passant de 1 000 à 2 200 familles, dont plus de 85 % sont étrangères.
    Presque tous travaillent, mais ils ne peuvent assumer les loyers très élevés d’Antofagasta, « la perle du Nord », capitale minière du Chili, coincée entre l’océan Pacifique et le désert d’Atacama. Les très bons salaires de l’industrie minière (cuivre et lithium surtout) ont fait exploser les prix : au moins 420 euros pour un deux-pièces de 35 mètres carrés, quand le salaire minimum atteint à peine 500 euros. Alors, en 2015, Isarela et son mari ont planté une tente sur une petite parcelle et y ont bâti leur maison sur deux niveaux. « On est mieux ici que dans un studio minuscule », glisse-t-elle.
    Le paradoxe de cette région est qu’elle cumule le plus grand nombre de bidonvilles et l’un des taux de pauvreté les plus élevés du pays, tout en affichant le produit intérieur brut (PIB) par habitant le plus élevé du Chili, 41 000 euros, proche de celui de la France. Les travailleurs des mines font des rotations de sept jours de travail et sept de repos : ils ne vivent pas de manière permanente à Antofagasta, mais cela a suffi à tendre le marché immobilier.
    (...)Ces dernières années, plusieurs vagues de régularisations ont eu lieu, notamment sous le président Sebastian Piñera (droite) : 325 000 entre 2018 et 2022. En 2023, le gouvernement de Gabriel Boric (gauche) a lancé un processus de recensement volontaire des migrants irréguliers : 182 000 personnes s’y sont soumises. « Beaucoup pensaient être régularisés après ça, mais rien n’est venu, s’indigne Elizabeth Andrade, la dirigeante du bidonville. On avait pourtant prévenu que cette autodénonciation pouvait servir à des expulsions. Que va devenir cette liste avec Kast ? »
    De plus en plus de voix s’élèvent pour demander au président Boric de régulariser les migrants avant la fin de son mandat. Le 18 décembre, plus de 100 organisations de la société civile lui ont adressé une lettre en ce sens, invoquant un « devoir éthique ». Braulio Jatar Alonso, journaliste vénézuélien et ancien prisonnier politique du régime de Nicolas Maduro, l’a exhorté : « Président Boric, vous les avez enregistrés. C’est votre responsabilité historique de les régulariser. »
    Elizabeth Andrade, Péruvienne de 58 ans arrivée au Chili en 1996, vit à Los Arenales depuis sa création. Elle y a fondé Rompiendo Barreras (« Briser les barrières »), une organisation d’autogestion pour le logement digne. Avec d’autres femmes migrantes originaires d’autres pays du continent, elle a créé un jardin d’enfants, deux écoles, obtenu l’électricité, l’eau potable, l’extension d’une ligne de bus et la priorisation du quartier pour le logement social. « Quand je repense aux ordres d’expulsion du début… », glisse-t-elle en souriant. Rompiendo Barreras veut à présent construire ce qu’elle appelle « la première ville latino-américaine du Chili », en participant à toutes les étapes du projet, qui doit se faire sur place. Fin 2024, le ministère du logement a alloué plus de 700 millions de dollars (soit environ 594 millions d’euros) à l’élaboration d’un plan directeur d’urbanisation. « Mais si Kast fait des coupes budgétaires comme il l’a promis, ces projets ne peuvent-ils pas être remis en cause ? », s’interroge Elizabeth Andrade, lauréate du Prix national des droits humains en 2022. Le président élu a annoncé une réduction de 6 milliards de dollars des dépenses publiques, sans préciser les secteurs concernés.
    A l’annonce de la victoire de José Antonio Kast, Elizabeth Andrade a envisagé de quitter le pays, malgré ses papiers en règle. « Les migrants redoutent qu’il fasse comme Trump : passer des accords avec le président salvadorien, Nayib Bukele, pour envoyer les migrants dans ses geôles, dit-elle. Mais j’ai aussi peur des persécutions contre les organisations sociales. On cherche déjà à créer des réseaux d’entraide, au cas où il faudrait se cacher. » Selon une étude de la Fondation porCausa, la population migrante a contribué en 2024 à 10,3 % du PIB chilien, alors qu’elle représente 8,7 % de la population. Le rapport souligne aussi que la migration a été responsable de 50 % de la croissance économique du pays entre 2013 et 2023.

    #Covid-19#migrant#migration#chili#politiquemigratoire#immigration#extremedroite#economie#maindoeuvre#sante

  • Après la fusillade à l’université Brown, les Etats-Unis suspendent les « visas diversité »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/19/apres-la-fusillade-a-l-universite-brown-les-etats-unis-suspendent-les-visas-

    Après la fusillade à l’université Brown, les Etats-Unis suspendent les « visas diversité »
    Le Monde avec AFP
    La ministre de la sécurité intérieure américaine, Kristi Noem, a annoncé, vendredi 19 décembre, « une pause » dans la délivrance de « visas diversité » par tirage au sort, un programme dont le suspect des tirs à l’université Brown avait bénéficié.
    « Claudio Manuel Neves Valente, l’auteur de la fusillade de l’université Brown, est entré aux Etats-Unis en 2017 grâce au programme de visa diversité (DV1) et a obtenu une “carte verte”. Cet individu odieux n’aurait jamais dû être autorisé à entrer dans notre pays », a écrit la ministre sur X en ordonnant la suspension de ce programme. « J’ordonne immédiatement à l’USCIS [le service de citoyenneté et d’immigration] de suspendre ce programme afin d’éviter que d’autres Américains ne soient les victimes de ce programme désastreux », a affirmé Mme Noem.
    Depuis le début de son second mandat, le président américain, Donald Trump, ne cesse de durcir la politique migratoire de son administration. Au début de novembre, le département d’Etat a donné pour consigne aux agents consulaires de considérer plusieurs pathologies comme des critères pour refuser des visas aux étrangers souhaitant entrer aux Etats-Unis. Le même mois, après l’attaque survenue à Washington lors de laquelle une militaire est morte, l’administration Trump avait annoncé le gel de toute décision sur l’octroi de l’asile aux Etats-Unis, ainsi que d’autres mesures visant à durcir sa politique migratoire.
    Le système de visas par loterie a été instauré en 1990 et permet la délivrance de cartes de résident aux Etats-Unis à quelque 50 000 personnes chaque année, à condition qu’elles remplissent les critères d’éligibilité requis, notamment qu’elles possèdent un diplôme d’études secondaires ou une expérience professionnelle. Un examen et un entretien sont par ailleurs nécessaires avant de se voir délivrer un visa. Chaque année, des dizaines de millions de personnes tentent leur chance à cette loterie.
    Claudio Manuel Neves Valente, ressortissant portugais âgé de 48 ans, suspecté d’avoir tué deux étudiants à l’université Brown et d’avoir abattu un professeur du Massachusetts Institute of Technology (MIT), a été retrouvé mort, a annoncé jeudi soir la police de Providence, la ville du nord-est des Etats-Unis où se trouve la prestigieuse institution. Le Portugais « s’est donné la mort », a précisé le chef de la police de la ville, Oscar Perez, lors d’une conférence de presse. Son corps a été retrouvé dans un conteneur de stockage du New Hampshire avec deux armes à feu. Il semble avoir agi seul. L’homme avait ouvert le feu dans le bâtiment d’ingénierie et de physique de Brown, où des examens se déroulaient. Deux étudiants, Ella Cook et Mukhammad Aziz Umurzokov, sont morts et neuf autres ont été blessés. Il est également soupçonné d’avoir tiré lundi soir, à quelque 70 kilomètres de là, sur Nuno Loureiro, professeur depuis 2016 au MIT, où il enseignait les sciences et le génie nucléaire. Ce dernier a été retrouvé blessé par balle lundi soir à son domicile de Brookline, dans l’Etat du Massachusetts. Agé de 47 ans, il a été déclaré mort à l’hôpital le lendemain. Aucun motif n’a encore été avancé pour expliquer ces événements, survenus dans deux des universités les plus prestigieuses du pays.
    Le suspect a lui-même étudié à l’université Brown au début des années 2000. Entre 1995 et 2000, il avait suivi les mêmes études de physique que Nuno Loureiro dans une université de Lisbonne, rapporte le New York Times. Il est venu aux Etats-Unis en 2000 avec un visa d’étudiant avant d’obtenir une carte verte de résident permanent en 2017. Selon la procureure du Massachusetts, Leah Foley, il est probable que Valente et Loureiro se connaissaient, mais elle n’a pas précisé quelle pouvait être la nature de leur relation.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#visadiversité#greencard#politiquemmigratoire#sante

  • Bande de Gaza : la presse étrangère salue l’ultimatum de la justice israélienne sur l’accès dans l’enclave
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/21/bande-de-gaza-la-presse-etrangere-salue-l-ultimatum-de-la-justice-israelienn

    La Cour suprême israélienne a fixé au 4 janvier la date limite pour qu’Israël réponde à sa requête demandant l’accès des médias à Gaza, accordé au cas par cas par l’Etat hébreu à seulement quelques reporters et toujours sous son contrôle.

    Les orgas de journaliste ont attendu un an avant d’ester, et la Cour suprême a longtemps temporisé.

  • « Toute la Santé était sous euphorie quand Nicolas Sarkozy est arrivé » : les détenus accusés d’avoir menacé l’ex-président relaxés
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/12/19/toute-la-sante-etait-sous-euphorie-quand-nicolas-sarkozy-est-arrive-les-dete


    Un véhicule transportant vraisemblablement l’ancien président Nicolas Sarkozy quitte la prison de Santé, à Paris, le 10 novembre 2025. BENOIT TESSIER/REUTERS

    Le tribunal correctionnel de Paris a jugé que les propos tenus dans une vidéo publiée lors de l’entrée de Nicolas Sarkozy en détention ne constituaient pas des « menaces de mort ».
    Par Pascale Robert-Diard

    Vendredi 19 décembre, comme chaque jour, la 23e chambre du tribunal correctionnel de Paris croule sous les affaires de comparution immédiate. Au banc de la défense, des avocats trentenaires, commis d’office pour la plupart, consultent fiévreusement les quelques pages de procédure sur lesquelles ils vont plaider pour un prévenu dont ils ont fait la connaissance quelques minutes plus tôt dans les geôles du tribunal. Dans le box, un type paumé de 46 ans avec dix-neuf mentions au casier judiciaire sourit béatement à la présidente qui lui demande ce qui l’a poussé à appeler le 15 pour une fausse alerte à la bombe. Il est très désolé, avait bu trop de vodka et ne se souvient de rien.

    Au banc des parties civiles, un avocat élégant et grisonnant attend le dossier suivant. Me Christophe Ingrain observe avec étonnement le fonctionnement de cette justice d’abattage qui ne lui est pas familière. Son client, l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, est concerné par le dossier suivant.

    Deux hommes de 24 et 28 ans, allure juvénile, cheveux bouclés, entrent dans le box. Iliès B. et Ange O. comparaissent pour « menaces de mort » après avoir diffusé sur TikTok une vidéo prise de leur cellule, le 21 octobre, jour de l’entrée de Nicolas Sarkozy à la prison de la Santé, accompagnée du commentaire suivant : « Il va passer une mauvaise détention. On va venger Kadhafi. Rends les milliards, on est au courant de tout, Sarko. »

    « Prélèvements de voix »

    L’affaire avait été prise très au sérieux, la cellule et ses occupants rapidement identifiés. Ils étaient trois à se la partager, dont un dormait sur un matelas posé à même le sol. Deux téléphones avaient été retrouvés, Iliès B., plus expérimenté – il purge une peine criminelle de huit ans pour vol avec arme et extorsion – avait eu le temps de jeter le sien par la fenêtre. « Il y a un barreau scié », explique-t-il. Désigné par les « prélèvements de voix » effectués sur la vidéo, il s’est résolu à plaider seul coupable à l’audience.

    — Pour être franc, madame la juge, je trouve que M. Sarkozy, il a eu plus d’avantages que nous. Il a eu des parloirs et tout.
    -- Mais pourquoi dîtes-vous : « On va venger Kadhafi » ?
    -- C’était des propos de manifestants. Vous imaginez bien qu’avec deux policiers devant sa cellule on ne peut pas faire grand-chose.
    -- Et « rends les milliards » ?
    -- J’avais vu un reportage où ça parlait d’argent. Moi, je m’ennuyais en cellule et je voulais faire le buzz.

    Son coprévenu, Ange O., en détention provisoire pour trafic de stupéfiants, confirme :
    — Toute la Santé était sous euphorie quand Nicolas Sarkozy est arrivé.

    La parole est à la partie civile. Me Ingrain laisse plaider un jeune confrère, lequel tient à rappeler que ce n’est pas leur client, mais le parquet, qui est à l’origine de cette procédure. « Je ne nie pas les conditions difficiles des détenus en France, mais la prison n’est pas une zone de non-droit », dit-il. Soulignant que Nicolas Sarkozy « traversait une épreuve difficile, loin de son épouse et de ses enfants », il demande 100 euros de préjudice.

    Le procureur justifie ses poursuites au motif que la personnalité de la victime faisait d’elle un « détenu particulièrement vulnérable » et requiert un an ferme contre Iliès B., pour menaces de mort, et quatre mois contre Ange O., pour le seul délit de détention illégale d’un téléphone. « Les insultes sont la vie quotidienne des détenus », plaide la défense, en citant le… Journal d’un prisonnier, de Nicolas Sarkozy (Fayard, 219 pages, 20,90 euros).

    Après vingt minutes de délibéré [pour couper la poire parquetière en deux], la présidente annonce à Iliès B qu’il est relaxé. « Le tribunal considère que les propos incriminés ne constituent pas des menaces de mort », dit-elle. Les deux prévenus retournent en détention, lestés d’ une peine de six et quatre mois pour détention illégale de portable. Dix autres dossiers attendent d’être jugés. On entend hurler dans les couloirs menant aux geôles. « On en a au moins jusqu’à 22 heures », souffle la présidente.

    #prison #justice

  • Donald Trump impose des restrictions d’entrée à sept nouveaux pays, ainsi qu’aux Palestiniens
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/16/donald-trump-impose-des-restrictions-d-entree-a-sept-nouveaux-pays-ainsi-qu-

    Donald Trump impose des restrictions d’entrée à sept nouveaux pays, ainsi qu’aux Palestiniens
    Le Monde avec AFP
    Donald Trump a annoncé, mardi 16 décembre, étendre les interdictions d’entrée aux Etats-Unis aux ressortissants de sept autres pays dont la Syrie, ainsi que les Palestiniens. Le président américain « vient de signer une proclamation restreignant et limitant davantage l’entrée des ressortissants étrangers afin de protéger la sécurité des Etats-Unis », a annoncé la Maison Blanche dans un de ses comptes sur les réseaux sociaux. Les nouveaux pays concernés par cette mesure sont le Burkina Faso, le Niger, le Mali, le Soudan du Sud et la Syrie, tandis que deux autres pays, le Laos et la Sierra Leone, se voient passer de restrictions partielles à totales, selon la proclamation du président américain. Les Palestiniens disposant de documents de voyage émis par l’Autorité palestinienne sont également visés.
    L’administration Trump avait déjà imposé des restrictions totales visant une douzaine de pays et des dizaines d’autres pays se sont vus imposer des restrictions partielles. S’agissant de la Syrie, la mesure intervient quelques jours après une attaque meurtrière contre des soldats américains dans le centre du pays.
    L’administration Trump dit avoir identifié des pays où les vérifications sont « tellement insuffisantes qu’elles justifiaient une suspension totale ou partielle de l’admission des ressortissants de ces pays ». La proclamation prévoit cependant des exceptions pour les résidents permanents légaux, les titulaires de visas existants, certaines catégories de visas comme les athlètes et les diplomates, et les personnes dont « l’entrée sert les intérêts nationaux des Etats-Unis ».
    Depuis son retour au pouvoir en janvier, Donald Trump mène une vaste campagne contre l’immigration illégale et a considérablement durci les conditions d’entrée aux Etats-Unis et l’octroi de visas, arguant de la protection de la sécurité nationale. Ces mesures visent ainsi à interdire l’entrée sur le territoire américain aux étrangers qui « ont l’intention de menacer » les Américains, selon la Maison Blanche. De même, pour les étrangers qui « pourraient nuire à la culture, au gouvernement, aux institutions ou aux principes fondateurs » des Etats-Unis.
    Le président américain s’en est récemment pris avec virulence aux Somaliens, disant qu’il « ne voulait pas d’eux chez nous ». En juin, il avait annoncé des interdictions d’entrée sur le territoire américain aux ressortissants de douze pays, principalement en Afrique et au Moyen-Orient (Afghanistan, Birmanie, Tchad, Congo-Brazzaville, Guinée équatoriale, Erythrée, Haïti, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Yémen). En revanche, le Turkménistan, pays qui figure parmi les plus reclus au monde, se voit accorder un satisfecit, la Maison Blanche évoquant mardi des « progrès significatifs » dans cet Etat d’Asie centrale. Les ressortissants de ce pays pourront à nouveau obtenir des visas américains, mais uniquement en tant que non-immigrants.
    Lors de son premier mandat (2017-2021), Donald Trump s’en était pris de façon similaire à certains pays, ciblant principalement des pays musulmans.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#politiquemigratoire#visas#immigration

  • Le Parlement européen valide deux textes qui durcissent la politique migratoire, grâce à une alliance de la droite et de l’extrême droite
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/17/le-parlement-europeen-valide-deux-textes-qui-durcissent-la-politique-migrato

    Le Parlement européen valide deux textes qui durcissent la politique migratoire, grâce à une alliance de la droite et de l’extrême droite
    Le Monde avec AFP
    Le Parlement européen a validé, mercredi 17 décembre, deux textes phares pour durcir la politique migratoire du continent, grâce à une alliance de la droite et de l’extrême droite. Les mesures adoptées par les eurodéputés permettraient notamment de renvoyer des demandeurs d’asile vers des pays dont ils ne sont pas originaires, mais que l’Europe considère comme « sûrs ». « Un cadeau de Noël à Giorgia Meloni », a fustigé l’élu de gauche radicale Damien Carême. Car ce texte fait écho aux centres lancés par la première ministre italienne en Albanie, mais qui se sont jusqu’ici heurtés à des obstacles juridiques. Ce concept est vivement dénoncé par les ONG, qui s’inquiètent du traitement des demandeurs d’asile dans ces pays tiers.
    La Commission européenne réfute ces critiques, assurant que les pays dans lesquels ils seront envoyés devront avant tout respecter les droits fondamentaux. « Soyons clairs : ce texte ne vise pas à améliorer notre système d’asile, nous allons renvoyer des personnes vers des pays avec lesquels elles n’ont aucun lien, sans examiner leurs demandes », a regretté l’eurodéputée centriste Fabienne Keller.
    Autre mesure phare contenue dans les textes validés au Parlement : la création d’une liste de pays que l’UE considère comme « sûrs », limitant de fait les possibilités d’asile pour leurs ressortissants. L’idée de cette liste, qui comprend le Kosovo, le Bangladesh, la Colombie, l’Egypte, l’Inde, le Maroc et la Tunisie, est d’accélérer le traitement de leurs demandes d’asile et de hâter éventuellement leurs rapatriements.
    Autant de mesures nécessaires pour « réduire la pression insupportable des demandes d’asiles infondées qui pèsent sur nos Etats membres », a plaidé l’eurodéputé d’extrême droite Fabrice Leggeri dans l’hémicycle. Sa famille politique a allié mercredi ses voix à celles de la droite pour valider ces textes, qui avaient déjà été approuvés la semaine dernière par les Etats membres. Leur adoption finale pourrait être décidée dans la soirée lors de négociations entre eurodéputés et Etats membres, ont fait savoir plusieurs sources à l’Agence France-Presse. La baisse des arrivées − environ 20 % d’entrées irrégulières en moins par rapport à l’an dernier − n’a pas fait retomber la pression sur les responsables politiques du Vieux Continent. Sous pression de la droite et de l’extrême droite, ils multiplient les mesures pour muscler leur politique migratoire.

    #Covid-19#migrant#migration#UE#politiquemigratoire#asile#payssur#rapatriement#droit#sante

  • Israël signe un accord historique de 30 milliards d’euros pour exporter du gaz vers l’Egypte
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/17/israel-signe-un-accord-historique-de-30-milliards-d-euros-pour-exporter-du-g

    « L’accord est avec la société américaine Chevron et des partenaires israéliens qui fourniront du gaz à l’Egypte », a ajouté le premier ministre. « C’est le plus gros accord d’exportations de l’histoire de l’Etat » d’Israël, a ajouté le ministre de l’énergie israélien, Eli Cohen, présent à ses côtés.

    « Cet accord renforce considérablement la position d’Israël en tant que puissance énergétique régionale et contribue à la stabilité de notre région. Il encourage d’autres entreprises à investir dans la recherche de gaz dans les eaux économiques d’Israël, riches en gisements gaziers »

    Un projet de gazoduc terrestre de 65 kilomètres reliant Israël à l’Egypte avait été approuvé en mai 2023 par le gouvernement israélien, mais il accuse un important retard. Sa construction, destinée à renforcer l’approvisionnement de gaz à l’Egypte, devrait être achevée en 2029, avait déclaré en août NewMed Energy.

  • La #Hongrie vote une loi pouvant conduire le maire de #Budapest, écologiste, en prison

    La mesure, qui concerne une bouée de sauvetage financière pour la municipalité de la capitale hongroise, a été adoptée quelques semaines après que le maire, Gergely Karacsony, écologiste, a averti que la municipalité risquait l’insolvabilité, particulièrement en raison des prélèvements imposés par le gouvernement.

    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/17/la-hongrie-vote-une-loi-pouvant-conduire-le-maire-de-budapest-ecologiste-en-

    #Orbán

  • Automobile : l’UE renonce au tout-électrique pour 2035, et autorise une part limitée de voitures thermiques

    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/16/automobile-l-ue-renonce-au-tout-electrique-pour-2035-et-autorise-une-part-li

    A la place de l’interdiction des voitures neuves à moteur thermique qui était prévue, les constructeurs devront réduire de 90 % les émissions de CO2 de leurs ventes par rapport aux niveaux de 2021, et compenser les 10 % d’émissions restantes. Bruxelles assure ainsi que le secteur sera bien décarboné à 100 % à cet horizon.

  • Filippo Grandi, Haut-commissaire pour les réfugiés : « Nous vivons dans un monde incapable de faire la paix »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/13/filippo-grandi-haut-commissaire-pour-les-refugies-nous-vivons-dans-un-monde-

    Filippo Grandi, Haut-commissaire pour les réfugiés : « Nous vivons dans un monde incapable de faire la paix »
    Propos recueillis par Julia Pascual
    Au cours de la décennie écoulée, le nombre de déplacés à cause des guerres, de la violence et des persécutions dans le monde a presque doublé pour atteindre aujourd’hui 117 millions de personnes. Le Haut-commissaire aux réfugiés, Filippo Grandi, dont le mandat touche à sa fin, alerte sur la remise en cause de l’asile, héritage selon lui de la « crise des réfugiés » qui a touché l’Europe en 2015.
    Vous quittez le HCR au terme d’une décennie qui a vu l’Europe ébranlée par ce que l’on a appelé « crise des réfugiés ». Quel est l’héritage de cette période ?
    – Votre question est déjà symptomatique d’une certaine vue du sujet. Quand j’ai pris mon poste en 2016, la Syrie était la plus grande crise humanitaire. L’exode des Syriens était dû à la baisse des contributions humanitaires dans le pays mais aussi à la perspective du maintien au pouvoir de Bachar Al-Assad. A l’époque, tout le monde parlait de la crise des réfugiés comme si c’était la première et la dernière. En réalité, la majorité des déplacements ont lieu au sud du monde. Depuis dix ans, il y a eu des coups d’Etat et des offensives de groupes terroristes au Sahel, une guerre civile au Tigré, en Ethiopie, une guerre civile au Myanmar qui a provoqué la fuite au Bangladesh d’un million de Rohingyas, le retour des talibans au pouvoir en Afghanistan en 2021, des crises qui ont perduré comme au Congo, l’implosion du Venezuela et bien sûr l’atrocité de la guerre à Gaza, qui a provoqué des dizaines de milliers de morts et beaucoup de déplacements à l’intérieur d’une zone devenue une prison à ciel ouvert. Les cinq millions de réfugiés ukrainiens ont rappelé en 2022 à l’Europe qu’elle n’était pas immunisée. Reste que pour leur majorité, les réfugiés vont dans les pays les plus voisins du leur pour pouvoir un jour rentrer chez eux. On a perdu de vue cela.
    L’asile est néanmoins devenu un enjeu politique central en Europe. Comment l’analyser ?
    – C’est un héritage, négatif, de 2015 et 2016. La perception de l’asile comme une menace est le résultat d’une manipulation des populistes, même si l’Europe n’était pas prête en 2015 et que la mauvaise gestion de l’accueil a fourni des munitions à ce narratif négatif. Un des moments les plus tristes de ces dix dernières années a été celui du spectacle de chefs de gouvernement qui s’appelaient la nuit et se bagarraient pour savoir qui prendrait le moins de réfugiés arrivés par bateau en Italie ou en Espagne.
    L’Europe doit avoir un système d’asile plus efficace, plus solidaire. Ce système existe dans le pacte européen sur l’asile et la migration, même s’il n’est pas parfait. Il faut dire à la population qui est inquiète que l’accueil est possible, il est même un devoir juridique. On perd de vue que des gens risquent d’être tués, emprisonnés, torturés s’ils sont renvoyés chez eux. Je suis inquiet face à ces pays qui remettent en cause la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés ou face aux propositions comme celle du Royaume-Uni d’externaliser la demande d’asile au Rwanda [abandonnée depuis par le gouvernement travailliste]. Il y a par ailleurs des propositions sur lesquelles on peut travailler, à l’image des discussions en Europe sur le transfert de l’examen des demandes d’asile vers des pays tiers sûrs. En 2016, j’ai effectué une visite de courtoisie au chef du gouvernement italien, Matteo Renzi. Je me souviens qu’il m’a dit : « Une des plus grandes faiblesses de notre système, c’est le manque de solution pour les gens qui ne sont pas réfugiés. » Je pense qu’il faut aussi travailler là-dessus.
    Que dire de la remise en cause de l’asile par l’administration de Donald Trump ?
    – Ce n’est pas nouveau. L’administration Trump n’est pas celle qui expulse le plus [c’est sous le mandat de Barack Obama qu’il y a eu le plus d’expulsions ces trente dernières années]. Mais elle a été la plus dure en déclarant vouloir déporter tous les migrants irréguliers parmi lesquels des demandeurs d’asile et en procédant à des expulsions indiscriminées vers des pays où les gens risquent la prison. Les Etats-Unis ont en outre abandonné leur programme de réinstallation de réfugiés. On était à 20 000 réfugiés réinstallés chaque année sous le premier mandat de Trump, puis le chiffre est remonté à 125 000 sous Biden. On est presque à zéro aujourd’hui. Je suis inquiet de cette rhétorique très dure envers tous les étrangers. Cela rend notre travail difficile dans d’autres pays. Si les pays riches arrêtent d’accueillir, qu’est ce qui empêche les autres d’arrêter aussi ?
    Les Etats-Unis se sont désengagés financièrement de l’aide humanitaire internationale. Quelles sont les conséquences de ce retrait ?
    – Le HCR a les mêmes fonds cette année qu’en 2015, alors que le nombre de réfugiés a presque doublé pour s’établir à 117 millions, du fait notamment des crises en Ukraine, au Soudan, au Venezuela. Nos recettes en provenance des Etats-Unis sont passées de 2,1 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) en 2024 à 840 millions de dollars en 2025. C’est un désengagement inédit. L’Europe contribue moins elle aussi. Et les deux pays qui ont le plus baissé leurs dotations sont l’Allemagne et la France. La contribution de cette dernière est passée de 120 millions d’euros en 2024 à 50 millions en 2025. Je comprends que l’Europe a des problèmes budgétaires et des dépenses de sécurité en hausse. Mais toutes les agences humanitaires souffrent et ce n’est pas très intelligent stratégiquement. Cela va provoquer des mouvements de population. En 2024, le HCR a distribué 700 millions de dollars en cash à des personnes déplacées. En 2025, cette somme est tombée à moins de 300 millions de dollars. C’est de l’argent qui sert à payer la nourriture, des médicaments, les frais d’école ou des loyers.
    Vous l’avez dit, en dix ans, le nombre de déplacés a doublé. Qu’est-ce que cela dit sur l’état du monde ?
    – Nous vivons dans un monde incapable de faire la paix. Le Conseil de sécurité créé après la seconde guerre mondiale est un organisme devenu inutile. Il ne trouve presque jamais de consensus, même sur des questions humanitaires. Certains membres permanents comme la Chine, la Russie et les Etats-Unis, sont en désaccord sur chaque dossier, alors que les crises se multiplient. Faire la paix suppose de la négocier. C’est un travail exténuant, qui nécessite patience et alliance. Au Soudan, qui abrite la plus grande crise humanitaire en ce moment avec une douzaine de millions de déplacés internes et de réfugiés, la situation empire. Les gens qui fuient les zones sous le contrôle des miliciens des Forces de soutien rapide racontent des viols, des meurtres, le recrutement forcé des garçons. Je n’ai jamais vu ça. Il faut que les efforts de paix se poursuivent. L’exemple de la Syrie montre que les mouvements peuvent s’inverser. En un an, trois millions de déplacés et de réfugiés sont rentrés chez eux. C’est important, même si c’est fragile.

    #Covid-19#migration#migrant#HCR#asile#refugie#droit#sante#crise

  • Un Palestinien de Cisjordanie obtient en France le statut de réfugié en raison de la situation de violence dans le territoire occupé
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/12/un-palestinien-de-cisjordanie-obtient-en-france-le-statut-de-refugie-en-rais

    Un Palestinien de Cisjordanie obtient en France le statut de réfugié en raison de la situation de violence dans le territoire occupé
    Par Julia Pascual
    M. R. est né en 1983 dans un camp de réfugiés en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par l’Etat d’Israël depuis 1967. Arrivé en France en 2021, il a d’abord échoué à obtenir l’asile. Mais lundi 8 décembre, par une décision qui fait jurisprudence, la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) a reconsidéré sa situation et lui a octroyé le statut de réfugié. Pour justifier sa décision, la cour s’appuie sur les conditions sécuritaires en Cisjordanie et l’incapacité de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (désigné sous l’acronyme anglais UNRWA) à effectuer son mandat de protection. Selon la cour, les forces armées israéliennes ont placé la Cisjordanie dans une « situation de confinement et de siège ». Raids aériens, arrestations massives, expulsions et démolitions d’habitations, notamment, ont piégé les quelque 2,8 millions de civils de ce territoire de moins de 6 000 kilomètres carrés. Plus de 40 000 Palestiniens ont été évacués, en février, des camps de réfugiés, sans possibilité de retour ; près de 1 000 civils ont été tués ; et plus de 10 000 personnes ont été blessées entre le 7 octobre 2023 – jour de l’attaque terroriste du Hamas ayant provoqué une contre-offensive israélienne – et la fin de septembre 2025, selon le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires.
    Le territoire est, en outre, confronté à une « colonisation qui s’est accentuée », souligne la CNDA, accompagnée d’une « violence inégalée » à l’encontre de civils, principalement des agriculteurs et des Bédouins. Le mois d’octobre a été, selon les Nations unies, celui recensant le plus d’attaques par des colons depuis 2006, avec huit incidents par jour en moyenne.
    Approvisionnement en nourriture et en médicaments, accès aux centres de santé et aux établissements scolaires : la situation humanitaire en Cisjordanie est aussi décrite comme dramatique par la cour : en janvier, sont entrées en vigueur « deux lois israéliennes interdisant à l’UNRWA d’opérer sur son territoire, alors que [l’office des Nation unies] est le principal fournisseur de l’aide humanitaire dans les territoires palestiniens, et interdisant à toute autorité israélienne d’entrer en contact avec cette organisation ».
    Ainsi, l’UNRWA ne pouvant plus offrir des « conditions de vie dignes ou des conditions minimales de sécurité » aux Palestiniens de Cisjordanie, les personnes relevant de son mandat peuvent demander le statut de réfugié en France et l’obtenir au titre de la convention de Genève de 1951. Dans une précédente décision du 13 septembre 2024, la CNDA avait déjà conclu à l’ineffectivité de la protection de l’UNRWA dans la bande de Gaza et considéré que l’impossibilité pour l’UNRWA de remplir sa mission permettant ipso facto aux personnes enregistrées auprès d’elle d’être reconnues comme réfugiées. La décision du 8 décembre est la transposition de cette position aux Palestiniens de Cisjordanie. « C’est aussi une transposition de la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne du 13 juin 2024 », souligne l’avocate du requérant, Kimiko Michel. La cour avait considéré, dans le cas d’une mère palestinienne et sa fille cherchant refuge en Bulgarie que la protection de l’UNRWA dans la bande de Gaza ayant cessé, ces dernières devraient se voir attribuer de plein droit le statut de réfugiées.
    L’avocate fait remarquer que les conséquences en France de la décision restent limitées dans les faits, compte tenu du peu de Palestiniens parvenant à quitter leurs territoires. Selon les derniers chiffres publiés, 230 ressortissants des territoires palestiniens ont demandé l’asile en 2024 auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), et 37 ont porté un recours devant la CNDA.

    #Covid-19#migrant#migration#france#cisjordanie#asile#sante#droit#UNRWA#palestine#gaza#israel

  • Attentat en Australie : Israël exige des gouvernements occidentaux qu’ils luttent contre l’antisémitisme
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/16/attentat-en-australie-israel-exige-des-gouvernements-occidentaux-qu-ils-lutt

    En bon français (dans le texte), il s’agit même de menaces à peine voilées...

    « J’exige des gouvernements occidentaux qu’ils fassent ce qui est nécessaire pour lutter contre l’antisémitisme et qu’ils assurent la sécurité et la protection nécessaires aux communautés juives dans le monde », a déclaré le premier ministre israélien dans un bref message vidéo en hébreu transmis par son bureau. « Ils seraient bien avisés de prêter attention à nos avertissements. J’exige qu’ils agissent, maintenant », a-t-il ajouté.