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  • « C’est le travail de la jeunesse modeste qui paie les retraites des riches et vieux Parisiens »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/04/08/c-est-le-travail-de-la-jeunesse-modeste-qui-paie-les-retraites-des-riches-et

    Il sera désormais impossible de réfléchir à ces questions sans avoir lu le livre de Gilles Postel-Vinay (EHESS-Ecole d’économie de Paris) et Jean-Laurent Rosenthal (California Institute of Technology) sur l’accumulation de la richesse privée à Paris depuis deux siècles (Le capital d’une capitale, 200 ans de richesses et d’inégalités à Paris, Seuil, 544 pages, 26 euros).

    Issu de vingt ans de recherche sur les successions des personnes décédées à #Paris tous les cinq ans de 1807 à 1977 – date après laquelle les sources ne sont plus accessibles –, à partir des archives fiscales (les #successions sont imposées continûment depuis 1798) et notariales, complétées par de nombreuses sources statistiques parisiennes, ce livre articule les vues statistiques globales et les exemples individuels. Il documente très concrètement les origines de la #richesse des #Parisiens (la faveur du prince, l’industrie ou la finance), les conditions genrées de son accumulation et les variations des inégalités de la société parisienne.

    Aux XVIIIe et XIXe siècles, l’accumulation incroyable de richesse à Paris a lieu au profit quasi exclusif des plus riches, tant parisiens d’origine que provinciaux ou étrangers. La proportion des #pauvres – qui meurent sans laisser aucun #héritage, alors que le fisc compte celui-ci au premier franc – reste constamment des deux tiers, tandis que le sommet de la distribution s’enrichit continuellement et plus vite que l’économie française. Ce constant ruissellement du bas vers le haut n’est pas étranger aux multiples révolutions parisiennes, de 1789 à 1870. (...)

    https://justpaste.it/nipyd

  • Municipales à Menton : Louis Sarkozy ou la stratégie du coup d’éclat

    Le fils de l’ancien chef de l’Etat mène une campagne tonitruante, sur le terrain comme sur les réseaux sociaux, pour tenter de s’implanter dans une ville très favorable au Rassemblement national.

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/12/28/municipales-a-menton-louis-sarkozy-ou-la-strategie-du-coup-d-eclat_6659604_8

    A l’évidence, Louis Sarkozy veut que l’on sache qu’il existe. Depuis qu’il est revenu en France, il ne se passe pas un jour ou presque sans qu’on entende parler de lui. Un jour, c’est une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux où il s’extasie sur une mangue ; un autre, une proposition iconoclaste sur la suppression des feux rouges et des panneaux de signalisation pour améliorer le trafic routier.

    « Avec cette idée, j’ai imposé un thème dans le débat public, se réjouit-il. Les chaînes d’info n’ont parlé que de ça pendant quarante-huit heures. » Comme son père du temps de sa conquête, il s’efforce de saturer l’espace médiatique, quitte à se prendre des coups et à mettre en scène son intimité, en posant avec son épouse dans Paris Match ou en parlant de son fils. Il se plaît aussi à montrer ses muscles et ses performances sportives. « Avec Jordan Bardella, il incarne la tendance Basic-Fit [chaîne de salles de fitness] de la politique », dit-on en souriant à l’Elysée.

    C’est simple, plus on parle de lui, plus Louis Sarkozy est content. A Menton, il applique la même méthode qu’à Paris : il multiplie les rendez-vous, les propositions et les coups d’éclat, comme la création d’une « toutou permanence » (un bol d’eau avec une pancarte) pour séduire les propriétaires d’animaux de compagnie. On le voit partout, sur le marché, au bingo, au club d’échecs, à la fête foraine. C’est que, arrivé cet été seulement dans la ville, il a du retard à rattraper. Si son nom est un indépassable accélérateur de notoriété, il lui reste à prouver aux électeurs qu’il peut les représenter.

    Disruptif, il n’hésite pas à se prononcer pour la dépénalisation de toutes les drogues, cocaïne, héroïne et crack compris. Autant de propositions qui font tousser ses soutiens. « C’est sûr, dépénaliser l’héroïne, ce n’est pas très Menton », admet-il.

    https://archive.is/XHTeT

  • Jean-Luc Mélenchon, avec la « nouvelle France », s’empare du terrain de l’identité pour contrer l’extrême droite
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/12/27/comment-jean-luc-melenchon-avec-la-nouvelle-france-s-empare-du-terrain-de-l-

    Pour Jean-Luc Mélenchon, c’est une manière de s’approprier le thème de l’identité nationale, dans une période où les droites ont accaparé la question en renouant avec l’idée barrésienne d’une France éternelle, attaquée et en déclin. L’ancien sénateur crée un récit en miroir – antiraciste, décolonial. De la même manière que le concept de créolisation, emprunté au penseur martiniquais Edouard Glissant (1928-2011), lui a permis de faire campagne contre Eric Zemmour et sa reprise, dans son discours, du « grand remplacement », en 2021 et 2022.

    [...]

    La nouvelle France n’est pas qu’un concept, c’est aussi une stratégie, si l’on pense aux propos du fondateur de #LFI en marge d’une manifestation, en septembre 2024 à Paris. A une militante, il lançait : « Il faut mobiliser la jeunesse et les quartiers populaires, tout le reste, laissez tomber, on perd notre temps. »

    https://justpaste.it/mmpbj

    #travail #famille #religion

  • Drogue : Emmanuel Macron annonce que l’amende forfaitaire pour les consommateurs « va passer à 500 euros », contre 200 euros aujourd’hui

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/12/16/emmanuel-macron-s-est-rendu-a-marseille-sur-la-tombe-de-mehdi-kessaci_665815

    « 500 euros, parce qu’il faut taper au portefeuille, parce que ça n’est pas festif de se droguer », a jugé le chef de l’Etat, lors d’une discussion avec des lecteurs de La Provence, à Marseille.

    « J’en ai ras le bol d’avoir des jeunes qu’on pleure et (…) d’avoir d’autres gens qui considèrent que c’est festif d’aller acheter de la drogue », a martelé le président de la République. Il a également annoncé la mise en place de « commissaires de la République pour aider les finances publiques et la justice » à recouvrir les amendes, « parce qu’on a des taux de recouvrement qui ne sont pas satisfaisants », a-t-il estimé.

    Moi, j’aurais direct décidé mille milliards d’euros. Parce que ça suffit comme ça les jeunes qui fument de la drogue festive.

  • Le FBI aux ordres de Donald Trump : « Nous ne sommes pas en train de tendre vers une force autoritaire. Nous y sommes »[Michael Feinberg, ex-agent du FBI]
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2025/12/12/nous-ne-sommes-pas-en-train-de-tendre-vers-une-force-autoritaire-nous-y-somm

    James Comey [ancien directeur du FBI] est l’homme qui a refusé de (...) prêter allégeance [à Trump] en 2017, lors d’un dîner en tête à tête à la Maison Blanche, digne de la mafia. « J’ai besoin de loyauté, j’attends de la loyauté », lui lançait ce soir-là le président américain. Donald Trump attendait notamment de son convive qu’il enterre une enquête du FBI portant sur les liens avec la #Russie de son conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn. Faute d’avoir donné la réponse escomptée, le directeur du Bureau était limogé quelques semaines plus tard.

    [...]

    ... on met sur la touche les agents ayant enquêté sur l’assaut du Capitole, le 6 janvier 2021, ou sur la rétention par Donald Trump de documents classifiés dans sa résidence floridienne de Mar-a-Lago. Un système où une enquête du FBI sur la corruption présumée du chef de la police de l’immigration – la désormais célèbre #ICE –, Tom Homan, est enterrée au motif qu’elle serait une manipulation de « l’Etat profond ». Où un agent peut être renvoyé pour avoir déployé un drapeau LGBT sur son bureau, quand 12 autres le sont pour avoir posé un genou à terre lors d’une manifestation d’hommage à George Floyd, cet Afro-Américain tué lors de son arrestation par la police, en 2020, à Minneapolis. Un système, enfin, qui a rompu sa collaboration avec l’Anti-Defamation League, une association de lutte contre l’antisémitisme et l’extrême droite violente. (...) près de la moitié des 56 special agents en charge à la tête des antennes locales du FBI auraient été remplacés dans le cadre du « nettoyage » conduit par l’administration Trump. Une perte d’expérience et de compétence colossale. Près d’un quart des 13 700 agents a par ailleurs été redéployé pour assister l’ICE dans sa traque des immigrés clandestins.

    [...]

    Malgré le soutien réaffirmé de la Maison Blanche, le directeur [actuel] du FBI [proche de QAnon] paraît sur la sellette tant il accumule les bévues. Sa gestion de l’enquête sur l’assassinat de l’activiste trumpiste Charlie Kirk, en septembre, a été pointée du doigt en raison de sa lenteur et d’errances de communication. Kash Patel, utilisateur compulsif de X, avait hâtivement prévenu son 1,9 million d’abonnés de l’arrestation de « la personne impliquée dans la fusillade » dans les heures suivant la mort de son « ami » Charlie. Il était démenti, quelques minutes plus tard, par ses propres équipes.

    https://justpaste.it/mg1dv

    #FBI (en voie de démantèlement/soumission) #Qanon #complotisme

  • Le Rassemblement national veut rouvrir les maisons closes
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/12/08/le-rassemblement-national-veut-rouvrir-les-maisons-closes_6656480_823448.htm


    Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement national, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 22 novembre 2025. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

    La pénalisation des clients a aggravé la situation des prostituées, estime le député Jean-Philippe Tanguy. Il prépare une proposition de loi pour créer des lieux coopératifs tenus par les prostituées elles-mêmes.

    [...]

    Au Strass, marqué très à gauche, où l’on milite pourtant pour des coopératives, « des bordels sans patrons, comme en Nouvelle-Zélande et dans certains cantons suisses », on ne dissimule pas son embarras. « Hors de question de se retrouver alliés du RN et de ceux qui veulent chasser les étrangers », lance la porte-parole, Mylène Juste, travailleuse du sexe à Paris depuis vingt-trois ans.

    Je sais pas si le jeune député Tanguy habite chez sa mère mais un RN qui contourne travail indépendant et patrons en évoquant des « coopératives », c’est une première.

    #prostitution #prostituées #prostitués #travail_du_sexe

  • Le Rassemblement national veut rouvrir les maisons closes
    La pénalisation des clients a aggravé la situation des prostituées, estime le député Jean-Philippe Tanguy. Il prépare une proposition de loi pour créer des lieux coopératifs tenus par les prostituées elles-mêmes.
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/12/08/le-rassemblement-national-veut-rouvrir-les-maisons-closes_6656480_823448.htm

    Fermées par la loi Marthe Richard en 1946, les maisons closes vont-elles rouvrir si Marine Le Pen ou Jordan Bardella arrive au pouvoir ? Le Rassemblement national (RN) travaille en tous les cas sur le sujet. « Je vais proposer la réouverture des maisons closes, mais tenues par les prostituées elles-mêmes, en mode coopératif », a récemment glissé le député RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy aux membres un peu étonnés de la commission des finances. « Je prépare une proposition de loi en ce sens, précise-t-il au Monde. Une première version est prête, mais doit être améliorée. J’ai le soutien de Marine [Le Pen] pour cette initiative. »

    Ce projet inattendu est susceptible de relancer le débat sur la place de la prostitution dans la société, et le cadre juridique à lui donner. La France affiche de longue date sa volonté d’abolir la prostitution, une ligne critiquée par ceux qui jugent un tel objectif irréaliste et préfèrent encadrer cette pratique. En 2016, sous François Hollande, une loi a abrogé le délit de racolage public. Elle pénalise les clients, prévoit un parcours de sortie de la prostitution avec un dispositif d’accompagnement social et ouvre l’accès à un titre de séjour, ce qui...

    #prostitution #proxenetisme #RN #libertarianisme

  • Eric Zemmour définitivement condamné pour complicité de provocation à la haine pour ses propos sur les mineurs isolés
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/12/02/eric-zemmour-definitivement-condamne-pour-complicite-de-provocation-a-la-hai

    Eric Zemmour définitivement condamné pour complicité de provocation à la haine pour ses propos sur les mineurs isolés
    Le Monde avec AFP
    La Cour de cassation a rejeté, mardi 2 décembre, le pourvoi d’Eric Zemmour contre sa condamnation pour complicité d’injure publique et provocation à la haine pour ses propos sur les mineurs isolés tenus en 2020 sur la chaîne de télévision CNews, la rendant définitive. Les hauts magistrats ont rejeté un autre recours du président de Reconquête !, contre une condamnation pour diffamation envers l’avocat Patrick Klugman, qu’il avait accusé de vouloir « absolument étouffer l’affaire » Jeremie Cohen, du nom d’un jeune homme juif percuté mortellement par un tramway en février 2022 après avoir été frappé.
    A propos des mineurs isolés, Eric Zemmour avait soutenu en septembre 2020 : « Ils n’ont rien à faire ici, ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont, il faut les renvoyer et il ne faut même pas qu’ils viennent. » « C’est une invasion permanente », « c’est un problème de politique d’immigration », avait-il ajouté. C’est « à juste titre » que la cour d’appel de Paris l’a condamné, en septembre 2024, après avoir retenu « que les propos poursuivis excèdent les limites admissibles à la liberté d’expression en raison de leur violence et de leur généralité », a estimé la Cour de cassation, contestant toute « légitimité, serait-ce même au regard des débats actuels sur la politique migratoire de la France ».
    Eric Zemmour avait été condamné pour complicité à cent jours-amende de 100 euros, soit 10 000 euros, alors que, conformément au droit de la presse, c’est le directeur de la publication de CNews, Jean-Christophe Thiery de Bercegol du Moulin, qui avait été condamné aux infractions principales. Ce dernier avait reçu une amende de 3 000 euros. La chaîne CNews avait, de son côté, été condamnée à une amende de 200 000 euros par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA, devenu Arcom), une sanction confirmée par le Conseil d’Etat en 2022 et dont la contestation devant la Cour européenne des droits de l’homme avait été rejetée en janvier.
    Dans la seconde affaire, Eric Zemmour avait été condamné en première instance comme en appel à 1 000 euros d’amende pour diffamation. Le 5 avril 2022, cinq jours avant le premier tour de la présidentielle à laquelle il concourait, il avait affirmé sur France 2 que le père de Jeremie Cohen l’avait contacté et lui avait confié « que son avocat Klugman voulait absolument étouffer l’affaire » concernant la mort de son fils.
    Deux mois plus tôt, cet homme de 31 ans porteur d’un handicap léger avait été percuté par un tramway à Bobigny en traversant les voies ferrées, juste après avoir été frappé par des jeunes. Eric Zemmour s’était alors publiquement demandé s’il était « mort parce que juif ». Au terme de son enquête, le parquet avait pourtant assuré qu’aucun élément n’était venu accréditer le « motif religieux ».

    #Covid-19#migrant#migration#france#racisme#mineur#immigration#discrimination#droit#sante#extremedroite

  • Le ministre de l’éducation juge « profondément scandaleux » le message sur les « génocidaires » publié par un enseignant de Lyon-II
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/11/26/le-ministre-de-l-education-juge-profondement-scandaleux-le-message-sur-les-g

    L’enseignant [Julien Thery, qui a notamment publié Le Livre des sentences de l’Inquisiteur Bernard Gui, en 2022, ndc], vivement critiqué après la révélation de ce message, a affirmé lundi à l’Agence France-Presse (AFP) n’avoir « évidemment jamais dressé de liste de juifs » et assuré que sa publication « commentait » une tribune du Figaro, où vingt personnalités interpellaient Emmanuel Macron qui s’apprêtait alors à reconnaître au nom de la France l’Etat palestinien.

    Il a accusé la Licra d’avoir repris « une petite partie » de son texte pour lancer « une campagne de harcèlement » en représailles d’un article qu’il a récemment publié.

    l’enquête "sur l’antisémitisme" dans l’enseignement supérieur donne déjà des résultats !
    https://seenthis.net/messages/1147618

    • Pour préciser : la liste dénoncée comme insupportable est très exactement le copier-coller de la liste des signataires de la tribune « « Monsieur le président, vous ne pouvez pas reconnaître un État palestinien sans conditions préalables » : l’appel de 20 personnalités à Emmanuel Macron ». Pas une de plus, pas une de moins.
      https://archive.ph/mMNUC#selection-1479.0-1486.0

      Quant à la photo, c’est celle qui illustre la même tribune :
      https://www.lefigaro.fr/vox/monde/monsieur-le-president-vous-ne-pouvez-pas-reconnaitre-un-etat-palestinien-sa

      Théry n’a donc ni établit une liste spécifique en extrayant les personnalités juives parmi les signataires de la tribune, ni choisi spécifiquement les 4 personnes pour la photo : il a pris l’intégralité des signataires (avec les mêmes titres et dans le même ordre) de la tribune, et reproduit directement l’image qui l’illustre sur le site du Figaro.

      Toujours impressionné par ce talent des grand journaux pour réussir à ne surtout pas dire explicitement ce genre de choses : la liste de Théry est le copier-coller exhaustif des signataires de la tribune, et l’image qui a jointe à son message est celle qui illustre la tribune du Figaro.

    • ... concernant l’antisémitisme soviétique Julien Théry note : « Les cas d’antisémitisme repérables dans l’histoire des pays du bloc soviétique – par exemple de la part de Staline et de son entourage, entre autre lors du « complot des blouses blanches » – ne ressortissent évidemment pas à l’idéologie communiste propre à ces régimes, mais à une tradition enracinée de très longue date dans la culture des sociétés concernées ». Pourtant, l’antisémitisme soviétique ne se limite pas à quelques « cas », mais possède un caractère systémique en URSS et ses pays satellites sur plusieurs décennies. Il ne relève pas seulement d’une « tradition antisémite », mais s’inscrit dans une politique stalinienne visant à diffuser et instrumentaliser l’antisémitisme pour réprimer l’opposition politique avec une réadaptation de mythes antisémites spécifiquement ajustés aux besoins de cette politique, en particulier celui du Juif déraciné au service d’une puissance étrangère à la nation (les exemples les plus parlant étant le dit « complot des Blouses blanches » et les procès de Prague en 1952-53). Cette analyse de l’antisémitisme soviétique que Julien Théry semble ignorer n’est pas nouvelle, elle est formulée dès les années 1930, notamment en 1937 par Léon Trotsky, qui en fut la cible, dans son texte « Thermidor et l’antisémitisme » [1937].

      Cette utilisation politique de l’antisémitisme ne s’arrête pas avec la mort de Staline et continue pendant plusieurs décennies par le biais de la sionologie, une pseudo-science qui recycle les thèmes antijuifs en les présentant comme anti-impérialistes. Certaines thèses popularisées à cette époque ont encore cours aujourd’hui à gauche, avec une influence délétère : les « sionistes » auraient été les alliés objectifs du parti nazi, les Juif·ves profiteraient de la Shoah pour en tirer des bénéfices, le « sionisme » serait un projet de domination global du Moyen-Orient, voire du monde, les personnes et organisations juives en désaccord avec la ligne du parti seraient des « sionistes » qui agiraient en réalité pour le compte de l’État israélien, etc. Dire que l’antisémitisme soviétique ne serait qu’une manifestation de l’antisémitisme traditionnel des sociétés concernées revient ainsi à faire l’impasse sur la reconnaissance de la fonction que joue l’antisémitisme pour les régimes en question.

      [...]

      L’objectif du texte est en effet de conforter le déni, d’inciter le lecteur à ignorer, voire à revendiquer fièrement les accusations d’antisémitisme (Julien Théry l’avait d’ailleurs écrit sur les réseaux sociaux : « Si tu es un peu sérieusement de gauche et n’a jamais été traité d’antisémite, t’as raté ta life »), position catastrophique d’un point de vue antiraciste, mais partagée par des personnalités comme Houria Bouteldja et Jean-Luc Mélenchon, qui se sont d’ailleurs empressé·es de soutenir l’universitaire.

      https://juivesetjuifsrevolutionnaires.fr/2025/12/02/non-lantisemitisme-dou-quil-vienne-nest-ni-residuel-ni

      #Julien_Théry #confusionnisme #antisémitisme

    • Ce que l’affaire Julien Théry dit de l’antisémitisme chez les universitaires de gauche
      https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/ce-que-laffaire-julien-thery-dit-de-lantisemitisme-chez-les-universitaire

      Pour l’historien Julien Théry, mis en retrait par son université, l’antisémitisme de gauche n’est qu’une « fiction polémique stigmatisante ». Ce faisant, il sacrifie le vrai au nom du bien, fait valoir le spécialiste du socialisme et du judaïsme français Milo Lévy-Bruhl, pour qui l’antisémitisme de gauche est une tradition prégnante.
      Publié le 16/12/2025

      Julien Théry est professeur d’histoire médiévale à l’université de Lyon-II et producteur et animateur de la Grande H., émission d’histoire du Média, site et chaîne de télévision proche de La France insoumise. A ce titre, il est un membre éminent du groupe social des universitaires de gauche, au sein duquel il symbolise une tendance particulière. Ce groupe social se caractérise, en effet, par une tension entre son ethos universitaire et son inclination politique de gauche. Serviteur d’un idéal du vrai d’un côté, chevalier d’un idéal du bien de l’autre, les universitaires de gauche vivent structurellement une politisation contrariée.

      Bien que leur fonction sociale dépende de leur conformité à ce double idéal, chacun sait qu’il est difficile de servir deux maîtres. La tentation est grande de neutraliser la tension entre deux idéaux en renonçant au bien au nom du vrai, ou au vrai au nom du bien. C’est cette deuxième tendance dont Julien Théry constitue un modèle.

      Absurdité argumentative

      Pour s’en convaincre, il suffit de se plonger dans le premier acte de l’affaire Théry. A la fin du mois d’octobre, le médiéviste s’aventure sur un terrain dont il n’est absolument pas spécialiste, et commet un texte indigent sur l’antisémitisme de gauche. La thèse de l’article est simple : l’antisémitisme de gauche est une « fiction polémique stigmatisante » résultant d’une « manipulation néolibérale-sioniste ». Aucune enquête ne sous-tend cette théorie, seulement des notions obèses et un schéma explicatif simpliste, qui emprunte davantage au complotisme qu’à la recherche empirique. Selon Théry, les « forces politiques de gouvernement » auraient inventé cet antisémitisme pour disqualifier les « grands mouvements de gauche », qui représenteraient une menace à leur hégémonie. Les dirigeants israéliens s’associant à cette machination afin de jeter l’opprobre sur des forces antisionistes repeintes en antisémites.

      La thèse n’a rien de neuf, mais l’universitaire l’assoit ici sur une prétendue démonstration scientifique de l’inexistence d’un antisémitisme de gauche dans l’histoire. L’article commence ainsi par une synthèse démonstrative lapidaire, qui aligne les citations sélectives de figures de gauche, et les explications de texte orientées. Le sommet de l’absurdité argumentative est atteint dans les deux paragraphes consacrés au bloc soviétique.

      L’auteur y réfute que les politiques de discriminations, puis de persécutions des juifs d’URSS, aient pu résulter d’une politique de gauche par l’argument déshistoricisant selon lequel les cas d’antisémitisme repérables durant les soixante-dix ans d’histoire des pays du bloc « ne ressortissent évidemment pas à l’idéologie communiste propre à ces régimes, mais à une tradition enracinée de très longue date dans la culture des sociétés concernées ».

      Pétition de soutien

      Qu’importe que l’antisémitisme de gauche, distinct de l’antisémitisme de droite, soit une tradition prégnante et d’ailleurs protéiforme selon qu’elle s’inscrit, par exemple, dans une matrice chrétienne de communion, laïcisée en injonction à la fraternité, qui voit d’un mauvais œil le résidu de particularisme juif ; dans des critiques sociales insuffisamment réflexives ; ou encore dans des formes pathologiques de revendications de justice promptes à fantasmer un privilège juif qui serait à niveler. Qu’importe également que l’accusation d’antisémitisme de gauche soit chronologiquement bien plus facile à rapprocher de l’explosion de l’antisémitisme depuis deux décennies que de la prétendue crainte néolibérale d’une perte d’hégémonie, ou de « la radicalisation du projet de colonisation de la Palestine après l’abandon des accords d’Oslo ». Le vrai importe peu à Théry quand le bien est en jeu.

      Quelques semaines après la publication de cet article, le même Julien Théry est publiquement pris à partie par la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) en raison de sa publication d’une liste de noms de « génocidaires à boycotter » sur le groupe Facebook de son émission, la Grande H. Cette liste, rapprochée par la Licra d’une « liste de noms comme sous l’Occupation », reprend celle des signataires d’une tribune parue avant l’été demandant au Président de s’en tenir aux conditions qu’il avait lui-même posées, dans un premier temps, pour la reconnaissance de la Palestine.

      La mise en cause, relayée par certains médias nationaux, occasionnera une campagne de « diffamation et de harcèlement, d’insultes et de menaces de mort ». C’est en tout cas ce qu’affirme une pétition de soutien, signée par plusieurs centaines d’universitaires, titrée « Contre un maccarthysme à la française – pour tous les Julien Théry à venir ».

      Malheureusement, la pétition ne se place pas sur le strict terrain du bien en défendant un universitaire présenté comme injustement accusé d’antisémitisme, puisqu’elle endosse, elle aussi, les thèses de l’article de Julien Théry : il n’y a structurellement pas d’antisémitisme de gauche et l’invention de cet antisémitisme est une manipulation des sionistes – les néolibéraux ayant étrangement disparu de la machination. Collectivement, les universitaires de gauche sacrifient, à leur tour, le vrai au nom du bien.

      Publications antisémites

      Du bien apparent du moins, car quelques heures avant la publication de la tribune, plusieurs publications antisémites, partagées par Julien Théry lui-même, sont retrouvées sur le groupe Facebook de la Grande H. : l’image d’un juif au long nez, étoile de David en or autour du cou, qui pioche discrètement dans le sac à main d’une femme tenant un drapeau palestinien en s’exprimant « God promised me this wallet » ; une citation de Denis Olivennes (1) « Les Juifs sont présents en France depuis deux mille ans, bien avant les Francs et les Burgondes » assortie du commentaire « Ça commence comme ça et on se retrouve 65 millions enclavés à Gaza-sur-Brest au nom de Grand Israël » ; des textes euphémisant l’antisémitisme de Dieudonné, d’autres relayés depuis les comptes d’antisémites notoires comme Paul-Eric Blanrue ou Marc-Edouard Nabe…

      Au-delà de Julien Théry lui-même, on constate rapidement que ce groupe Facebook, dont il est l’administrateur, accueille des dizaines de posts antisémites jamais modérés, même quand ils étaient signalés par certains utilisateurs. Autant d’idées qui préparent depuis vingt ans les passages à l’acte violents, trop souvent meurtriers, que subissent les juifs de notre pays. Les universitaires avaient sacrifié le vrai au bien que représentait la défense d’une victime innocente du « maccarthysme », ils défendaient en fait un antisémite de gauche : plus de trace de bien non plus.

      Pourtant, comme si le bien ne les intéressait subitement plus, aucun signataire de la tribune ne s’est publiquement manifesté depuis pour retirer son soutien ou critiquer l’antisémitisme désormais tout à fait indéniable de Julien Théry. Nous voilà donc réduits à espérer que cette affaire puisse au moins avoir le mérite de rendre l’antisémitisme de gauche plus difficile à nier, à l’avenir, par les universitaires de gauche. Peut-être seront-ils moins nombreux, la prochaine fois, à renoncer à leur idéal du bien en volant au secours d’un antisémite, et à leur idéal du vrai en endossant des thèses tellement absurdes que les propres pratiques de celui qui les énonce les dénoncent dans la foulée. La crédibilité de leur prétention à assumer leur fonction sociale dépend de la leçon qu’ils sauront tirer, ou non, de cette affaire.

      #gauche (maquillages) #intellectuels (abrutisseurs) #antisémitisme_de_gauche #gauche #antisémitisme_à_gauche

    • Généralement les antisémites de « gauche » finissent par rejoindre tranquillement l’extrême droite (Dieudonné en est un bel exemple) et les anciens soutiens se taisent discrètement. Il faudra suivre la trajectoire politique de ce Théry dans les années qui viennent, cela peut être intéressant...

      Il y a trop d’automatismes idiots dans la critique d’Israël (cf le « nazi sans prépuce » de Meurice), qu’on retrouve d’ailleurs, dans un style assez similaire, dans la critique anti-américaine (sans oublier le prisme pro-russe encore parfois résiduel, cf l’indulgence partielle dont bénéficie encore Poutine à gauche). Il faudrait vraiment faire un gros ménage là dedans mais les partis institués ou même un peu à la marge (type NPA) n’aident pas vraiment...

    • Tsedek : Affaire Julien Théry : Nos réponses à Arrêt sur images
      https://tsedek.fr/2025/12/28/affaire-julien-thery-nos-reponses-a-arret-sur-images

      ASI : Plusieurs publications / partages sur les RS de Julien Thery ont été exhumés par des comptes malveillants et dangereux comme Sword of salomon. Certaines sont de simples critiques d’Israël, dénonciations du génocide à Gaza. D’autres, qui ont beaucoup circulé ces derniers jours, sont qualifiés d’ouvertement antisémites par certains, et considérées comme comportant des motifs antisémites clairs. Voici l’énumération des exemples que je vais évoquer dans l’article, si tu veux réagir à chacun d’eux plutôt que de faire une réponse générique car chaque cas est différent.

      Tsedek ! : Julien Théry s’est exprimé sur le premier meme, regrettant avoir partagé trop vite un post effectivement problématique. Nous constatons par ailleurs un défaut de modération évident sur le groupe Facebook de son émission. Soulignons la disproportion entre la gravité de l’accusation d’entretenir une « passion antisémite » et les éléments à charges censés la soutenir : de quoi rendre perplexe quiconque regarde l’affaire sans aucune connaissance du contexte d’énonciation ; une fois acquise cette connaissance, l’affaire tourne à la très mauvaise blague.

      Nous jugeons pour notre part que la lutte contre l’antisémitisme et le racisme en général ne consiste pas à faire du commentaire d’images ou à établir des chaines de responsabilité dans des publications de réseaux sociaux. Là encore, il nous semble essentiel de réaffirmer que l’exceptionalisation de l’antisémitisme, seul racisme à faire l’objet d’une telle instrumentalisation, participe en réalité à la montée de l’antisémitisme dans la société en produisant du ressentiment contre les Juifs et les Juives. Ce type de mécanisme est notamment à l’oeuvre lorsque sont considérés comme des interlocuteurs légitimes pour parler d’antisémitisme des personnalités ayant manifestés à de multiples reprises leur racisme anti-palestinien, affirmant par exemple plusieurs mois après le début des massacres qu’un cessez-le-feu constituerait une « faute morale », ou légitimant en août dernier l’assassinat du journaliste palestinien Anas Al-Sharif. Ainsi, de la même manière, le fait que les accusations d’antisémitisme ne soient mobilisées qu’en vue de légitimer la politique criminelle israélienne et de justifier la mise en place de politiques autoritaires et racistes, en particulier islamophobes, empêche en réalité toute lutte réelle contre l’antisémitisme.

      ASI : Émile Ackermann a publié une tribune dans Marianne, suite à notre entretien. […] Voulez-vous commenter ?

      Tsedek ! : Émile Ackermann n’a manifestement pas compris l’article de Théry, dans lequel il est question « d’antisémitisme de gauche » et non « d’antisémitisme à gauche » comme il l’écrit. Quiproquo malheureux, car le développement qui suit ne tient plus. Personne ne nie qu’une personne « de gauche » puisse adhérer à ou véhiculer des représentations antisémites. En revanche, y a-t-il de l’antisémitisme de gauche, au sens d’une gauche qui porterait un projet politique antisémite ? C’est à nos yeux la question centrale. De notre point de vue, à la différence de toutes les autres composantes du spectre politique, la gauche de rupture défend au contraire un programme antiraciste (bien qu’il demeure insuffisant sur un certain nombre de points). L’analyse d’Ackermann dépolitise la lutte contre l’antisémitisme et participe ainsi au désarmement de la gauche dans la lutte contre le racisme.

  • Alors tu vois, il y a le bon 49.3 et le mauvais 49.3. Le mauvais 49.3, il voit un député d’opposition, paf il passe en force. Mais le bon 49.3, il voit un député d’opposition, bon ben il passe en force, mais c’est un bon 49.3. Faut bien expliquer, parce qu’après les gens ils confondent.

    Budget 2026 : des députés socialistes cultivent la nostalgie du 49.3
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/11/20/budget-2026-des-deputes-socialistes-cultivent-la-nostalgie-du-49-3_6654162_8

    Dans ce contexte, l’adoption des lois de finances semble compliquée, si ce n’est impossible. L’ombre du 49.3 plane donc au-dessus des débats. Officiellement, pas question pour le PS d’aller réclamer à Sébastien Lecornu le retour de cet outil. Politiquement, un tel virage est trop périlleux. Mais certains députés du groupe n’en voudraient pas au gouvernement s’il revenait sur sa parole. « Ce n’est pas ce que l’on souhaite, mais cela peut être un 49.3 sur un texte de compromis », imagine Estelle Mercier (PS, Meurthe-et-Moselle). Pour Jérôme Guedj, il ne s’agirait pas de « passer en force », comme l’avait fait Elisabeth Borne en imposant la retraite à 64 ans à coups de 49.3, mais de « figer l’état du compromis, en épargnant à ceux qui y ont participé de le voter ».

    De fait, l’outil permettrait au gouvernement de toiletter une loi qui, en l’état, manque de cohérence. « Il y a le 49.3 à la [Elisabeth] Borne et le 49.3 à la [Michel] Rocard, qui prenait des amendements des communistes, etc., pour s’assurer une non-censure, et puis tout le monde était content. On peut en avoir un usage intelligent », assure le constitutionnaliste Benjamin Morel.

    Je dois tout de même avouer qu’« épargner à ceux qui y ont participé de le voter », je trouve que c’est une attention tout à fait charmante.

  • Le « magot » de 1,8 milliard d’euros du Sénat, qui sert notamment pour les retraites des anciens sénateurs (ft. DSK toujours dans les bons coups
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/11/12/le-precieux-magot-de-1-8-milliard-d-euros-du-senat_6653118_823448.html

    (...) Or, en 1997, le fisc s’intéresse aux revenus de Philippe de Canson, ancien député RPR du Var (1994-1997). N’ayant retrouvé aucune dépense liée au mandat, l’administration considère que l’indemnité de secrétariat n’est pas un remboursement de frais, mais un revenu imposable. L’Assemblée obtient alors du ministre de l’économie, Dominique Strauss-Kahn, et du secrétaire d’Etat chargé du budget, Christian Sautter, qu’ils désavouent leurs services. Datée du 4 novembre 1997, cette note au directeur général des impôts, que nous avons retrouvée, résout le problème en trois phrases : « A titre de règle pratique, il y a lieu de considérer que l’indemnité représentative de frais de mandat (…) est utilisée conformément à son objet. Cette indemnité est donc exonérée en totalité d’impôt sur le revenu sans qu’il soit nécessaire d’exiger des justifications. Les redressements en cours sur cette question seront abandonnés. » Cette note permet à l’IRFM d’être un véritable revenu parallèle en plus de l’indemnité. L’administration est priée de regarder ailleurs.

    (...) Les parlementaires suppriment progressivement leurs avantages : les frais de mandat sont contrôlés à partir de 2017, les prêts à taux zéro disparaissent, et le régime de retraite des députés s’aligne sur le droit commun : depuis 2018, un député ne peut plus espérer que 700 euros de retraite par mandat de cinq ans. Mais si les avantages ont disparu, l’image de « privilégié » reste gravée dans l’opinion.

    D’autant que, grâce à ses réserves, le Sénat a, lui, gardé un régime de retraite très généreux. Jusqu’en 2023, un sénateur obtenait 2 200 euros net mensuel de retraite par mandat de six ans, voire plus pour certains dignitaires. En 2023, au moment de la réforme des retraites, outre le passage aux 64 ans, le Sénat a décidé de réduire les pensions futures de 20 %, promettant qu’elles ne pourront dorénavant plus être supérieures à l’indemnité parlementaire.

  • A Hénin-Beaumont, les syndicats dénoncent les attaques de la mairie : « Les gens ont peur de parler »
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/11/17/a-henin-beaumont-les-syndicats-denoncent-les-attaques-de-la-mairie-les-gens-

    Avec sa haute stature, Djelloul Kheris est une figure connue à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). Secrétaire d’un club de foot local et membre du conseil d’administration de L’Escapade, une association culturelle qui a été contrainte de quitter ses locaux et a été remplacée par une structure municipale désormais maîtresse de la programmation, il est aussi employé de la ville pour qui il intervient comme animateur en garderie.

    Mais, surtout, Djelloul Kheris est secrétaire de la section SUD-Collectivités territoriales. Lundi 17 novembre, il comparaissait en conseil de discipline devant lequel la municipalité Rassemblement national (#RN) d’#Hénin-Beaumont devait demander sa révocation pure et simple. Elle finalement a souhaité un nouveau report de cette audience. « Sans doute parce qu’ils veulent voir le documentaire sur la bataille qu’a menée L’Escapade et dans lequel Djelloul Kheris est interviewé, ce qu’il dit exactement, pour corser son dossier contre lui », avance ce soutien au syndicaliste héninois qui a répondu à l’appel lancé à manifester, lundi matin, devant l’hôtel de ville d’Hénin-Beaumont.

    Que reproche exactement la mairie d’Hénin-Beaumont à ce syndicaliste ? Interrogé par Le Monde, Steeve Briois, le maire, a répondu, par écrit, que « M. Kheris ne peut pas cumuler au même moment des casquettes qui poursuivent, par définition, des intérêts contradictoires (…) qui perturbaient le bon fonctionnement du service public ».

    « Intimidation »

    L’édile évoque également son témoignage « dans un documentaire politisé et violant allégrement ses devoirs de réserve et de neutralité ». Selon nos informations, figure même dans le dossier constitué par les équipes de la ville, un mail envoyé depuis sa boîte professionnelle et concernant le club de foot où il assure des fonctions bénévoles. On lui reproche également d’avoir évoqué avec des agents municipaux mis à disposition de L’Escapade, alors en plein conflit avec la ville, des faits de harcèlement reprochés à son directeur.

    De « simples prétextes », balayent les soutiens de M. Kheris, pour qui « ce qui se joue, c’est la liberté syndicale et d’expression dans une municipalité dirigée par le RN où il vaut mieux se taire si on ne veut pas avoir d’histoires », assure Olivier Treneul, responsable SUD pour les agents du département du Nord. « Je dérange parce que je refuse d’être un syndicaliste silencieux ou décoratif. Ce qui gêne, ce n’est pas mes engagements associatifs mais d’être syndicaliste SUD. Ma convocation devant le conseil de discipline, c’est un message envoyé à tous les autres mais je ne me tairai pas !  », assure Djelloul Kheris qui a pris la parole devant quelque 200 personnes, principalement des syndicalistes, certains venus de toute la France manifester dans cette ville, conquise par le Rassemblement national en 2014 et où Marine Le Pen fut élue municipale.

    Au milieu des drapeaux aux couleurs des syndicats et des silhouettes enveloppées de gilets floqués, quelques manifestants se font plus discrets. Ceux-là sont Héninois et n’ont pas envie d’être la cible des attaques de la majorité municipalité. « Elles sont d’une violence incroyable », glisse l’un d’eux, qui renvoie à « des publications dans le bulletin municipal et à certaines sur le compte Facebook du maire ». Il fait notamment référence à l’une d’entre elles remontant au mois d’avril où Steeve Briois qualifie des manifestants de « cloportes » et cite notamment, parmi eux, plusieurs personnes dont Djelloul Kheris « du syndicat SUD qui, entre quatre grèves, a dû trouver pénible et fatiguant de devoir porter un drapeau ».

    « Omerta »

    Parmi ceux qui préfèrent rester discrets, cet homme qui se fait appeler Henry, un ancien employé municipal qui « a réussi à partir dans une autre collectivité. C’était franchement irrespirable. L’impression d’être toujours dans des règlements de comptes. » Aujourd’hui retraité, il dit avoir gardé des contacts parmi le personnel municipal « mais c’est l’omerta, pour être tranquille ». « Et, franchement, je peux comprendre », commente-t-il.

    Présente à la manifestation, la secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, qui siège dans l’opposition à Hénin-Beaumont, estime que « les méthodes d’intimidation, ici, c’est un vrai sujet et ce n’est pas une nouveauté. Des cadres ont réussi à partir mais pour des employés de catégorie C, c’est plus difficile. » Egalement élue d’opposition, et à la tête d’une liste divers gauche pour les élections municipales de 2026, Inès Taourit confie que « refuser le dialogue social fait partie de l’identité politique de cette municipalité ». Elle aussi parle d’« omerta qui s’est abattue sur cette ville. Les gens ont peur de parler. Dans le monde de fonctionnement de la majorité municipale, ou on est avec eux, ou on est contre eux. »

  • Accord franco-algérien : la droite et les macronistes offrent au RN une victoire historique
    https://www.mediapart.fr/journal/politique/301025/accord-franco-algerien-la-droite-et-les-macronistes-offrent-au-rn-une-vict

    Et soudain, l’extrême droite jubile. Les député·es du Rassemblement national (RN) et leurs alliés se sont levés en hurlant, jeudi 30 octobre, dans l’enceinte de l’Assemblée nationale, pour célébrer une victoire symbolique et un tournant majeur de l’histoire parlementaire. Grâce aux voix des groupes Horizons et de la droite Les Républicains (LR), mais aussi grâce à l’absence de nombreux députés macronistes, l’Assemblée a adopté à une voix près la proposition de résolution du RN visant à dénoncer l’accord franco-algérien de 1968.

    Scrutin public n°3260 sur la proposition de résolution visant à dénoncer les accords franco-algériens du 27 décembre 1968 (article 34-1 de la Constitution).
    https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/scrutins/3260
    https://seenthis.net/messages/1125419

    L’accord franco-algérien de 1968, un fantasme de la droite
    https://orientxxi.info/magazine/en-finir-avec-l-accord-franco-algerien-de-1968-une-obsession-de-la-droit

    Conçu pour faciliter l’immigration économique et pallier le besoin de main d’œuvre des Trente Glorieuses, l’accord prévoyait la libre circulation entre les deux pays pour les ressortissants algériens. Vidé de son contenu au cours des ans, le texte n’a aucune influence sur les flux migratoires ; pourtant la droite se mobilise pour l’abroger, ce qui lui permet d’agiter ses fantasmes sur l’invasion du pays.

    https://histoirecoloniale.net/tag/traite-franco-algerien-de-1968

    #France_Algérie #Paris #Alger #accord_de_1968

  • A l’Assemblée, Horizons soutient le retour du délit de séjour irrégulier défendu par le RN
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/10/24/a-l-assemblee-horizons-soutient-le-retour-du-delit-de-sejour-irregulier-defe

    A l’Assemblée, Horizons soutient le retour du délit de séjour irrégulier défendu par le RN
    Par Marie Pouzadoux
    Publié le 24 octobre 2025 à 10h00
    Les niches du Rassemblement national (RN) à l’Assemblée nationale sont souvent truffées de pièges pour ses adversaires. La prochaine journée d’initiative parlementaire réservée au parti d’extrême droite, qui doit se tenir jeudi 30 octobre dans l’Hémicycle, ne fera pas exception. L’un des six textes portés par le parti lepéniste, la proposition de loi visant à rétablir le délit de séjour irrégulier, examinée mercredi 22 octobre en commission des lois, en est une démonstration.
    Ce délit visant à lutter contre l’immigration illégale avait été supprimé par François Hollande en 2012, en application d’une directive européenne qui interdisait qu’il soit assorti d’une peine de prison. Le rétablissement de la mesure avait failli voir le jour en 2024, après avoir été entériné par le Sénat lors de l’examen de la loi sur l’immigration, sur avis favorable du ministre de l’intérieur d’alors, Gérald Darmanin. Mais le texte, qui prévoyait le retour d’une amende de 3 750 euros, avait finalement été censuré par le Conseil constitutionnel, car considéré comme un cavalier législatif.
    Le groupe de Marine Le Pen a fait le choix opportun de reprendre la disposition de 2024 à son compte, pour pousser la droite à soutenir son texte. Les Républicains, qui ont de moins en moins de complexes à voter des propositions venues de l’extrême droite à l’Assemblée, ont sans surprise appuyé le dispositif. Mais, fait rare, les députés Horizons ont eux aussi apporté leur soutien à la mesure.
    « Notre groupe soutenait déjà largement ce rétablissement en 2024. Il nous a paru conforme de voter en faveur de la même chose, par constance et cohérence », résume le porte-parole du groupe Horizons, le député Xavier Albertini (Marne), qui a défendu cette position lors de l’examen en commission.
    Edouard Philippe comme ses députés s’étaient en effet déclarés en faveur du rétablissement d’un tel délit en 2023, au moment des débats sur la loi sur l’immigration. « On fait passer l’intérêt de la France avant », appuie M. Albertini.Pour Horizons, peu importe, donc, que le texte soit aujourd’hui remis sur la table par l’extrême droite et qu’il faille additionner ses voix avec elle. Il n’est pas question d’un quelconque « cordon sanitaire ». Plusieurs députés philippistes vont jusqu’à dénoncer « l’hypocrisie » des députés de centre et de gauche qui critiquent leur position. Estimant que dans une Assemblée sans majorité, où l’extrême droite compte près de 140 députés, une grande partie des textes adoptés le sont fréquemment avec les voix du RN.
    « Mais, en votant une telle disposition portée par le RN, Horizons prend le risque de valider le discours de l’extrême droite en matière d’immigration et de lui accorder le point », regrette le député Renaissance Guillaume Gouffier Valente, comme d’autres alliés d’Horizons au sein de l’ancienne majorité présidentielle. Conscient de la stratégie du parti lepéniste, Xavier Albertini rétorque qu’« il serait erroné de croire qu’Horizons court après l’extrême droite, alors que c’est le coucou du RN qui reprend les dispositions des autres à son compte ».
    En commission, mercredi, les députés Renaissance comme ceux du MoDem se sont de leur côté opposés au rétablissement du délit, argumentant sur le fond. « Le dispositif n’apporterait aucune efficacité supplémentaire, pire, créerait des lourdeurs [administratives] inutiles », a fait valoir le député de Gironde Thomas Cazenave (Renaissance). Le président de la commission, son collègue Florent Boudié, a fait de même, en rappelant l’opposition de leur parti à la mesure lors des débats houleux sur la loi sur l’immigration, malgré l’aval du gouvernement.
    Si le texte a pour l’instant été rejeté en commission après l’adoption de plusieurs amendements de suppression soutenus par la gauche, Renaissance et le MoDem, les députés Horizons ne comptent pas changer leur position. Ils soutiendront à nouveau la mesure portée par le RN dans sa niche jeudi 30 octobre, si elle arrive dans l’Hémicycle.

    #Covid-19#migration#migrant#france#politiquemigratoire#immigration#sante#droit

  • Nicolas Sarkozy reçu à l’Elysée avant son incarcération
    https://www.liberation.fr/politique/nicolas-sarkozy-recu-a-lelysee-avant-son-incarceration-20251020_LSLREQSLX

    Nicolas Sarkozy, qui doit être incarcéré mardi 21 octobre à la prison parisienne de la Santé, a été reçu vendredi par Emmanuel Macron à l’Elysée, a appris Libération. « Cela a bien été le cas », confirme l’Elysée, joint par notre journal, sans préciser dans l’immédiat les circonstances et le contenu de cet entretien.

    • S. Hé, Aldo, mon petit Geraldo, tu es venu, ça me fait chaud au cœur. Et tu m’as amené la guanciale per la cucina… viens que je t’embrasse. Et comment va la mamma ? Et les gars, ça va, ils te respectent, ou bien tout le monde est déjà en train de vouloir devenir il padrino à la place du padrino ?

      G. Don Sarko, les gars en bas parlent beaucoup, vous savez. Certains pensent que les temps changent.

      S. Les temps changent… mais les règles, elles, ne changent jamais. Tant que les gens mangent, prient, et paient… le monde tourne. [Lui tendant un café.] Bois. Le café, c’est sacré. Comme la parole d’un homme. Ça c’est Kadhafi qui me l’a appris. (Ah ah.)

    • En lisant l’article de libé à l’envers tu devines la pensée complexe de macron où plutôt ses contradictions.

      Celle-ci s’était déjà manifestée au printemps, après une autre condamnation de Nicolas Sarkozy – trois ans dont un ferme dans l’affaire Bismuth – susceptible d’entraîner son exclusion de l’ordre de la Légion d’honneur. Emmanuel Macron s’était alors déclaré opposé à cette mesure : « De mon point de vue, de là où je suis, je pense que ce ne serait pas une bonne décision. […] Je pense que c’est très important que […] les anciens présidents soient respectés », avait-il plaidé.

      Garant de l’indépendance de la justice, le chef de l’Etat n’a pas commenté la condamnation de son prédécesseur, sauf pour dénoncer les menaces dont les magistrats ont ensuite fait l’objet.

      Ils se contentaient donc de ménager la chèvre républicaine et le chou réactionnaire avec une délicatesse, un doigté qu’eût pu leur envier tel politicien de plus grande envergure ; député, sénateur, voire sous-secrétaire d’État ou ministre.
      Nico&Manu https://w.wiki/FkUB

    • Gérald Darmanin invité à 7h50 par B. Duhamel sur fRance-inter
      Incarcération de Nicolas Sarkozy : « J’irai le voir en prison », promet Gérald Darmanin . Qu’ils y aillent tous les deux, lui et le fils de Saint-Cricq et qu’ils y restent.
      https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-lundi-20-octobre-2025-4174730
      https://www.youtube.com/watch?v=3dzBKzO98Aw

      Vers un recours à la généalogie génétique

      Le ministre de la Justice annonce ce lundi vouloir inscrire dans la loi la possibilité d’avoir recours à la généalogie génétique. Jusqu’ici interdite en France mais très utilisée aux États-Unis par exemple, la généalogie génétique permet d’accéder à une immense base de données d’ADN enregistrées par des sociétés privés. L’objectif visé par le ministre de la Justice est de permettre d’élucider des « cold cases », ces crimes non résolus après des années d’enquête. "Il y a plus de 50 000 traces ADN dans le fichier du FNAEG, le fichier des délinquants sexuels et des auteurs d’homicide [Fichier national automatisé des empreintes génétiques], qui ne trouvent pas preneurs. Si nous autorisons dans la loi la généalogie génétique, alors nous pourrions résoudre une partie de ces crimes", estime #Gérald_Darmanin.

      L’ADN du sinistre et de l’ancien présipotent devrait aussi être dans ce fichier #FNAEG, celui du violeur en tout cas.

    • Visite de Gérald Darmanin à Nicolas Sarkozy en prison : les syndicats de magistrats dénoncent « une confusion des rôles »
      https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/visite-de-gerald-darmanin-a-nicolas-sarkozy-en-prison-les-syndi

      https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/10/20/emmanuel-macron-a-recu-nicolas-sarkozy-a-l-elysee-avant-son-incarceration_66

      A la Santé, M. #Sarkozy devrait être installé seul dans l’une des 15 cellules de 9 mètres carrés du quartier de l’isolement. C’est le seul moyen d’éviter toute interaction avec d’autres détenus et d’assurer sa sécurité. Ses avocats déposeront immédiatement une demande de mise en liberté. La cour d’appel aura deux mois pour statuer, mais l’audience devrait intervenir plus rapidement.

      Nul doute que les juges auront à coeur de faire cesser le trouble à l’ordre public que constitue cette incarcération.

      edit

    • Ce qui attend Nicolas Sarkozy à la Santé : des VIP témoignent
      https://www.mediapart.fr/journal/france/201025/ce-qui-attend-nicolas-sarkozy-la-sante-des-vip-temoignent

      Choc carcéral, bruit incessant, règles ultra-contraignantes… Didier Schuller et Pierre Botton, qui ont été emprisonnés à la prison de la Santé, décrivent des conditions de détention difficiles à vivre pour les cols blancs, malgré leur statut privilégié.

      Les « cols blancs » semblent s’être très fortement raréfiés avec la disparition des ouvriers.

    • Sarkozy reçu à l’Élysée, le Syndicat de la magistrature s’insurge
      https://www.mediapart.fr/journal/france/211025/nicolas-sarkozy-incarcere-la-journee-en-direct

      « Une atteinte à l’indépendance de la justice ne vient donc jamais seule », déplore le #Syndicat_de_la_magistrature (SM), après la réception de Nicolas Sarkozy par Emmanuel Macron à l’Élysée, et avant la visite de #Gérald_Darmanin au détenu Sarkozy à la Santé. « Peu de détenus peuvent compter sur de tels soutiens. »

      « Ces deux prises de position publiques témoignent d’une confusion des rôles inacceptable dans un #État_de_droit. En effet, ni le président de la République, garant de l’indépendance de la justice, ni le garde des Sceaux ne peuvent ignorer le poids de leur soutien dans une procédure en cours et les pressions qu’ils font peser sur celles et ceux chargé·es de rendre la justice dans un contexte d’ores et déjà hostile », tance le SM.

      « Rappelons que, dès demain, Nicolas Sarkozy pourra faire des demandes de mise en liberté et que celles-ci seront notamment traitées par des magistrat·es du parquet, placé·es sous l’autorité hiérarchique du garde des Sceaux. Nul besoin d’instructions individuelles lorsque celui-ci évoque l’emprisonnement de son “mentor” avec “beaucoup de tristesse” », poursuit le syndicat classé à gauche.

      « Rappelons que ces demandes de mise en liberté ainsi que l’affaire en appel seront tranchées par des juges sans cesse attaqué·es dans leur office. Compte tenu des menaces qui pèsent contre les magistrat·es jusque dans leur intégrité physique, en particulier dans les affaires politico-financières, ce soutien à l’une des parties au procès est à l’opposé de ce que nous sommes en droit d’attendre du président de la République et du garde des Sceaux. »

      « Enfin, rappelle le syndicat, dans un État de droit, la loi doit être la même pour toutes et tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. 83 516 détenus sont incarcérés au 1er octobre 2025, pour beaucoup dans des conditions indignes. »

    • Maison d’arrêt de Paris – La Santé. DISP Paris - Ile de France
      pour un parloir avec le nouveau VIP incarcéré : Téléphone (standard & parloirs) : 01 86 21 80 20
      https://oip.org/etablissement/maison-darret-de-paris-la-sante
      L’univers carcéral d’un prisonnier lambda, ce qui ne sera pas le cas de Nagy-Bocsa - 6ème président de la Ve République française -incarcéré ce jour à la maison d’arrêt de LA Santé à Paris.
      https://oip.org/temoignage/fresnes-dans-les-coulisses-dune-visite-extra-ordinaire

      Détenu à Fresnes entre 2015 et 2017, M. T. a fait condamner l’établissement pour ses cours de promenade indignes. Afin de prendre la mesure de la situation et des travaux qu’il convient de réaliser, les magistrats ont décidé de se rendre sur place. L’ancien détenu repasse avec eux les portes de la prison, cette fois en homme libre, et en position de demander des comptes à l’administration pénitentiaire. Récit d’une visite exceptionnelle.

      #OIP #prison #Fresnes

  • Dépassements [d’]honoraires : alerte pour les patients handicapés [ou pas]
    https://informations.handicap.fr/a-depassements-honoraires-alerte-pour-les-patients-handicapes-

    De plus en plus fréquents chez les jeunes spécialistes, les #dépassements_d'honoraires médicaux inquiètent les associations, en particulier celles qui représentent les personnes handicapées, souvent confrontées à un reste à charge élevé.

    Les trois quarts des jeunes spécialistes qui s’installent aujourd’hui pratiquent des dépassements d’honoraires, contre deux tiers en 2017, pointe un rapport du Haut conseil de l’Assurance maladie (HCAAM) qui s’inquiète de l’inflation de ces suppléments non remboursés par l’#Assurance_maladie.

    Selon cette instance consultative, qui regroupe de multiples parties prenantes du système de santé, « le montant total des dépassements d’honoraires des médecins spécialistes atteint 4,3 milliards d’euros en 2024, en forte accélération depuis 2019 (+5 % par an en valeur réelle, hors inflation) ». Cette accélération s’explique notamment par la hausse du nombre de #spécialistes pratiquant ces suppléments : ainsi en 2024 « 56 % des spécialistes sont en secteur 2 » (pratiquant des dépassements d’honoraires), « contre 37 % en 2000 ».

    Un risque de renoncement aux soins

    La croissance est alimentée aussi par la « hausse des taux de dépassements » pratiqués, et par une tendance des praticiens du secteur 2 à diminuer le nombre d’actes maintenus aux tarifs opposables, note le HCAAM. Pour ce dernier, ces évolutions imposent des réformes « face à un système (…) qui présente un risque réel de renoncement aux soins ou de charge financière excessive ».

    Des restes à charge parfois très élevés

    En effet ces dépassements d’honoraires « peuvent induire un reste à charge élevé pour les patients », poursuit-il. « Par exemple, pour une intervention de prothèse totale de la hanche, près de la moitié des patients s’acquittent de dépassements (630 euros en moyenne et plus de 1 000 euros dans 10 % des cas) », indique-t-il.

    #santé #tarifs_opposables #dépassements_d'honoraires #secteur_2 #accès_aux_soins #médecine #médecins #médecine_de_classe #esprit_de_lucre

  • Les modalités du nouvel « examen civique » pour les étrangers fixées par Bruno Retailleau juste avant son départ
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/10/15/les-modalites-du-nouvel-examen-civique-pour-les-etrangers-fixees-par-bruno-r

    Les modalités du nouvel « examen civique » pour les étrangers fixées par Bruno Retailleau juste avant son départ
    Par Aurélie Blondel
    Quarante questions, un point par bonne réponse et un score de 80 % requis pour réussir. A compter du 1er janvier 2026, les candidats à la naturalisation passeront un « examen civique » de trois quarts d’heure au maximum, destiné à vérifier leur niveau de connaissance de l’histoire, de la culture et de la société françaises. Ce sera aussi le cas des étrangers demandant une carte de résident ou une carte de séjour pluriannuelle.
    Cet examen se matérialisera par un questionnaire à choix multiples (QCM), dont les détails ont été actés par un arrêté du vendredi 10 octobre, publié au journal officiel du 12 octobre, mais passé relativement inaperçu dans le contexte politique rocambolesque du week-end. En signant ce texte in extremis – deux jours avant son départ du gouvernement –, le ministre de l’intérieur démissionnaire Bruno Retailleau a posé la dernière pierre d’un édifice législatif et réglementaire qu’avait lancé, dès la rentrée 2022, son prédécesseur, Gérald Darmanin, avec l’annonce d’une loi sur l’immigration. Adoptée dans la douleur par le Parlement en fin 2023 avec les voix du Rassemblement national, puis en partie censurée par le Conseil constitutionnel, cette loi polémique avait ébranlé le gouvernement d’Elisabeth Borne, avant d’être promulguée en janvier 2024.
    « L’arrêté du 10 octobre était la dernière mesure réglementaire attendue dans le sillon de cette loi, qui visait à renforcer les exigences à toutes les étapes de l’intégration des étrangers », explique Jules Lepoutre, professeur de droit public à l’université Côte-d’Azur. Publié par un ministre démissionnaire chargé d’expédier les affaires courantes, ce texte pourrait-il être contesté ? A priori non, estiment Jules Lepoutre et Julien Boudon, professeur de droit public à l’université Paris-Saclay. Car la publication d’un tel arrêté était prévue dans un décret du 15 juillet, signé, lui, par des ministres de plein exercice. « Je reste toutefois prudent », précise M. Boudon, les affaires courantes constituant une zone grise, dans la mesure où elles ne sont cadrées ni par la Constitution, ni par la loi.
    Laïcité, fleuves, gastronomie…
    Dans le détail, les candidats à la naturalisation seront soumis, au cours de ce nouvel examen, à 40 questions de connaissances ou de mises en situation, relevant de cinq thématiques :
    les principes et valeurs de la République (onze questions) ;
    les droits et devoirs (onze questions) ;
    l’histoire, la géographie et la culture (huit questions) ;
    le système institutionnel et politique (six questions) ;
    la vie dans la société française (quatre questions).
    Parmi les très nombreux sujets de connaissances qui seront vérifiés, listés dans l’arrêté du 10 octobre : connaître et comprendre l’article 1er de la Constitution, le sens du mot égalité dans la devise française, l’histoire et le principe de la laïcité, le principe d’Etat de droit, le rôle des trois pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire), identifier les préfectures de régions et de départements, connaître la durée des principaux mandats électifs, les principales étapes de la construction européenne, les principaux textes garants des droits fondamentaux, les fleuves, les principaux plats de la gastronomie, etc.
    « Quand on lit l’arrêté, on se demande quel Français n’ayant pas un bac + 5 serait capable de répondre aux questions, même s’il faut bien sûr attendre de voir les questions qui seront précisément posées », réagit Danièle Lochak, professeure émérite de droit public et membre du Gisti, Groupe d’informations et de soutien des immigrés. « Qui connaît, par exemple, la charte de l’environnement [citée dans l’arrêté] ? », s’interroge-t-elle.
    Certes, le système actuel est « très subjectif et inégal », estime la juriste, évoquant les questions de connaissances sur la France aujourd’hui posées à l’oral par l’agent de la préfecture durant l’entretien que passent les candidats à la naturalisation. L’entourage de M. Retailleau s’était déjà félicité d’avoir fait baisser de 28 % les naturalisations par décret entre octobre 2024 et août 2025, sous le seul effet d’instructions restrictives données aux préfets.
    « Mais le nouvel examen sera une machine à exclure, étant donné la quantité de connaissances exigées et le seuil de réussite fixé », estime Mme Lochak, qui se dit par ailleurs « très étonnée » de lire que les exigences pour les cartes de résident et les cartes de séjour pluriannuelles, demandées par des immigrés qui n’ont pas forcément vocation à devenir Français, « seront les mêmes que celles fixées pour la naturalisation ».
    De son côté, Jules Lepoutre est plus nuancé sur les effets de l’instauration de l’examen : « Je ne suis pas certain qu’il puisse substantiellement diminuer le nombre de personnes naturalisées, puisque des questions sur ces sujets étaient déjà au programme de l’entretien d’assimilation et que les candidats pourront repasser le QCM sans limite. »
    A ses yeux, d’autres mesures issues de la loi immigration de 2024 sont susceptibles d’avoir un effet plus important sur les statistiques des naturalisations, au premier rang desquelles une nouvelle exigence qui doit aussi entrer en vigueur en janvier 2026 : le relèvement du niveau de français exigé à l’oral comme à l’écrit de B1 à B2 pour la procédure de naturalisation. C’est-à-dire un niveau avancé. « Ce sera très difficile pour certains. Il faudra trouver du temps pour apprendre. C’est beaucoup plus que le niveau requis pour s’exprimer dans la vie quotidienne », souligne-t-il.
    « On ne devient pas Français en répondant à un QCM ! », lançait Manuel Valls, le 19 octobre 2012, à Toulouse. Alors ministre de l’intérieur du gouvernement Ayrault, il rompait, par cette petite phrase restée dans les esprits, avec la politique de durcissement des conditions d’accueil des étrangers menée par son prédécesseur, Claude Guéant, sous la houlette du président Sarkozy.
    M. Valls renoncera ainsi à soumettre les candidats à la nationalité française au questionnaire à choix multiples qu’avait instauré le gouvernement Fillon quelques mois auparavant, avant son départ, par décret. Pour vérifier leur niveau de connaissance de l’histoire, de la culture et de la société françaises, Manuel Valls expliquera, dans une circulaire d’octobre 2012, préférer que le sujet soit abordé « dans le cours naturel de la conversation », avec l’agent chargé de l’entretien d’assimilation – principe toujours appliqué aujourd’hui.
    Treize ans plus tard presque jour pour jour, par cet arrêté du 10 octobre 2025 permettant l’entrée en vigueur prochaine de l’« examen civique », la boucle est bouclée par un gouvernement démissionnaire auquel, ironie de l’histoire politique, participait M. Valls : les étrangers demandant la naturalisation devront bien, à partir de janvier 2026, répondre à un QCM.

    #Covid-19#migrant#migration#france#QCM#naturalisation#politiquemigratoire#integration#immigration

    • article 4 du dernier arrêté du 10 octobre du Taïeau de sa mère
      https://seenthis.net/messages/1140882

      L’épreuve est réalisée sur support numérique et sa durée ne peut excéder 45 minutes, sauf pour les candidats bénéficiant d’un aménagement spécifique.
      Conformément aux articles R. 433-5 et R. 413-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et au 10° de l’article 37-1 du décret du 30 décembre 1993 susvisé dans sa rédaction issue de l’article 6 du décret n° 2025-648 du 15 juillet 2025, les personnes qui présentent un handicap ou un état de santé déficient chronique incompatible peuvent bénéficier d’aménagements d’épreuve.

  • CDI seniors : l’Assemblée nationale approuve définitivement le « contrat de valorisation d e l’expérience » pour l’emploi des plus de 60 ans
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/10/15/cdi-seniors-l-assemblee-nationale-approuve-le-contrat-de-valorisation-d-e-l-

    Le texte prévoit la création d’un CDI seniors baptisé « contrat de valorisation de l’expérience » (CVE), à titre expérimental les cinq prochaines années suivant la promulgation de la loi. Destiné à faciliter l’embauche des demandeurs d’emploi d’au moins 60 ans, voire dès 57 ans en cas d’accord de branche, ce contrat donnera de la latitude aux employeurs, qui pourront décider d’une mise à la retraite lorsque le salarié a droit à un taux plein, et bénéficieront d’exonérations sur l’indemnité de mise à la retraite. Actuellement, les employeurs ne peuvent mettre à la retraite d’office les salariés qu’à l’âge de 70 ans.
    (...) Il prévoit également l’entrée en vigueur d’une petite évolution dans l’assurance-chômage : les primo-accédants devront avoir travaillé cinq mois, au lieu de six, pour pouvoir avoir droit à leur allocation chômage.

    Un accord supprimant la limite de trois mandats successifs pour les élus du comité social et économique (CSE), répondant à une revendication syndicale, a également été approuvé.

    Ah ben ça alors, la segmentation des emplois-vieux continue.

    #travail #seniors #emplois_vieux

    • Retraites : pas de revalorisation des pensions complémentaires en novembre, faute d’accord entre syndicats et patronat
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/10/17/retraites-pas-de-revalorisation-des-pensions-complementaires-en-novembre-fau

      Le calcul des partenaires sociaux doit garantir, sur les quinze prochaines années, l’équilibre financier de l’Agirc-Arcco. Selon sa règle d’or, le régime doit avoir « à tout moment, au moins six mois de versements des pensions ». Les réserves de l’Agirc-Arrco s’élèvent aujourd’hui à plus de 85 milliards d’euros.

      En vertu d’un accord paritaire signé en 2023 pour la période 2024-2026, le conseil d’administration est supposé sous-indexer la revalorisation, en retranchant à l’inflation 0,4 point. Mais il a une certaine latitude : en fonction de la santé du régime, il peut élever ce taux jusqu’à hauteur de l’inflation.
      Avec une inflation estimée à 1 % pour 2025 par l’Insee, les partenaires sociaux pouvaient ainsi choisir cette année un taux d’évolution compris entre 0,2 % et 1 %. Arguant de la bonne santé du régime et d’un choc qui s’annonce pour les retraités, avec le projet du gouvernement de « geler » les pensions de #retraite de base en 2026 pour faire des économies, les syndicats espéraient s’approcher au maximum de 1 %.

      la bouée de sauvetage des « contrat de valorisation de l’expérience » tombe à pic.

  • ARTICLE 79 : Suppression de la prise en compte de l’allocation aux adultes handicapés en revenu professionnel dans le calcul de la prime d’activité - Projet de loi, n° 1906 - 17e législature - Assemblée nationale
    https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b1906_projet-loi

    Exposé des motifs

    Dans le calcul de la prime d’activité (#PA), seuls les revenus d’activité font l’objet d’un abattement, fixé à 59,85 % en 2025. Les autres revenus sont pris en compte à 100 %. Or depuis sa création en 2016, le calcul de la PA fait l’objet d’une mesure spécifique pour les bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés (#AAH). À partir d’un revenu d’activité supérieur à un quart de salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) à temps plein, l’intégralité de l’AAH est considérée comme un #revenu professionnel et bénéficie donc de l’abattement de 59,85 %. Cette disposition constitue une dérogation au principe général selon lequel les ressources hors revenus d’activité sont intégralement pris en compte dans l’établissement du droit à la prime d’activité, sans abattement. Initialement, les pensions d’invalidité et les rentes accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP) étaient également assimilées à des revenus professionnels mais le dispositif dérogatoire a été restreint à l’AAH par la loi n° 2017-1837 du 30 décembre 2017 de finances pour 2018.

    La PA est une prestation conçue initialement pour garantir un gain au travail aux personnes modestes qui, en cas de ressources trop faibles, perçoivent le revenu de solidarité active (RSA), et non l’AAH. Or, contrairement au RSA, qui est une prestation purement différentielle, le barème de l’AAH intègre cette dimension d’intéressement au travail via des abattements, si bien que le cumul de la prime d’activité et de l’AAH fait dans son principe double emploi. De plus, passé un tiers temps, la dégressivité de la prime d’activité avec les revenus du travail vient s’ajouter à celles de l’AAH et des aides au logement. Cela conduit à ce que le revenu disponible ne progresse pas, et, dans certains cas, diminue lorsque les revenus du travail augmentent, que ce soit en milieu ordinaire ou en milieu protégé.
    Cette prise en compte spécifique de l’AAH pour le calcul de la prime d’activité présente ainsi des effets négatifs, en matière de ciblage de la prestation par niveau de revenu et d’incitation à l’augmentation de la quotité de travail.
    Le présent article supprime la prise en compte de l’AAH en tant que revenu professionnel dans le calcul de la prime d’activité. Cette mesure non paramétrique permettrait de réaliser une économie pour le budget général de 95 M€ en 2026 puis de 130 M€ supplémentaires en 2027, soit en effet année pleine, un total de 225 M€. L’entrée en vigueur, qui nécessite des adaptations préalables, interviendra à compter du 1er avril 2026 pour les droits d’avril 2026 versés en mai 2026.