Ariane Lavrilleux : « La loi sur le secret des sources est utilisée aujourd’hui pour identifier, traquer ces sources » | France Inter
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« J’ai pu constater tous les actes qu’avait demandé la justice aux enquêteurs de la DGSI, donc des services de renseignement qui sont d’ordinaire chargés de déjouer des attentats. Là, ils ont été mobilisés pendant des mois pour traquer une journaliste, traquer ses moindres faits et gestes, ses rendez-vous privés, ses déplacements professionnels. J’ai été suivie dans le tramway, en train d’aller donner des cours de journalisme à Montpellier, à une conférence de journalistes en Belgique (...) Tout ça pour essayer de trouver qui avait informé Disclose, qui avait permis à Disclose de révéler des informations d’intérêt général. qui n’ont jamais porté atteinte à la sécurité française, à la sécurité de l’État, et jamais mis en danger des militaires », explique la journaliste d’investigation.
Cela signifie-t-il, selon elle, que le journalisme d’enquête est de plus en plus criminalisé ? « Oui, et pas seulement d’enquête. Vous pouvez être perquisitionné, placé en garde à vue (...) parce qu’un juge a décidé qu’il y avait un impératif prépondérant d’intérêt public (...) et qu’il cherche à identifier des sources », affirme-t-elle, rappelant que depuis 2010, 27 journalistes ont été convoqués par la DGSI ou placés en garde à vue. « C’est une loi qui en théorie sert à protéger les sources, les gens qui informent les journalistes, et aujourd’hui elle est utilisée pour essayer de les identifier, de traquer ces personnes courageuses. Cela montre qu’il faut réformer cette loi ».
