Causes biologiques du Covid long : le virus persiste des mois dans le cerveau
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cette infection discrète dérègle l’expression (niveau d’activation) de plusieurs centaines de gènes à la hausse ou à la baisse. Pour une centaine d’entre eux, la différence est de plus du double (ou, pour une minorité, de la moitié) du niveau normal. « La dérégulation de ces gènes indique un problème de communication des neurones », interprète Guilherme Dias de Melo.
Ces gènes sont en effet impliqués dans la production de deux neurotransmetteurs et récepteurs associés permettant la communication entre neurones, le glutamate et la dopamine, mais aussi dans la production d’énergie nécessaire au bon fonctionnement de ces neurones. Neurotransmetteur le plus abondant dans le cerveau, le glutamate lorsqu’il est déréglé est un signe de mauvaise santé cérébrale. Quant à la dopamine, elle est liée aux émotions, la mémoire et l’apprentissage, justement perturbés chez les malades atteints de Covid long.
Des points communs avec les maladies neurodégénératives
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« Ce qui est encore plus intéressant, c’est que les neurones qui produisent la dopamine sont peu nombreux et localisés dans une zone très spécifique du tronc cérébral. Ce sont précisément ceux qui sont détruits dans la maladie de Parkinson », explique Guilherme Dias de Melo. Ces travaux révèlent donc d’importants points communs entre le Covid long et la grande famille des maladies neurodégénératives. « Les neurones des animaux infectés ont une production d’énergie déficitaire, avec une inflammation et réponse immune innée très présente, et une dérégulation du métabolisme des neurotransmetteurs », énumère Guilherme Dias de Melo. « Energie, communication et inflammation sont trois points qui sont aussi à la base des maladies neurodégénératives. »
Bien sûr, cela ne signifie pas que le Covid long donne la maladie de Parkinson ni aucune maladie neurodégénérative, mais que ces deux pathologies sont liées à des mécanismes similaires. Partant de ce constat, d’autres liens pourraient exister. « L’infection virale pourrait-elle être un élément déclencheur d’un processus dans le cerveau qui peut aboutir à ces maladies ? Ou persister et de façon cumulative favoriser l’apparition d’une maladie neurodégénérative ? », s’interroge Guilherme Dias de Melo.