L’IA, une machine à dégrader le travail

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  • L’IA, une machine à dégrader le travail | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/010925/l-ia-une-machine-degrader-le-travail

    « La perspective défendue ici est une invitation à repolitiser la technologie », résume d’emblée Juan Sebastián Carbonell. Si la technologie est politique, c’est parce qu’elle n’est pas que le simple produit d’un « progrès » irréductible de la science. Elle est le fruit de choix sociaux qui sont, eux-mêmes, le produit d’une organisation sociale. En conséquence, il y a des gagnants et des perdants dans toute révolution technologique.
    Comment les technologies s’imposent

    Et cette répartition reproduit la structure de domination de la société. Si une technologie est présentée comme un « progrès » pour la « société », c’est qu’elle est, d’abord et avant tout un progrès pour la « société » telle qu’elle est, c’est-à-dire pour ceux qui dominent ladite société. Tous les autres arguments servent à couvrir cette réalité.

    « Une technologie ne s’impose pas inéluctablement parce qu’elle est plus “efficiente”, mais parce que des acteurs qui contrôlent les ressources économiques, considérant qu’elle correspond mieux à leurs intérêts, décident de lui donner réalité », résume l’auteur. Autrement dit, le changement technologique est toujours construit et il est toujours construit à dessein. C’est précisément ici que l’aspect politique est central.

    La question n’est plus la « disparition du travail », mais bien davantage une « dégradation du travail entre les mains des entreprises ».

    Les technologies en général, et l’IA en particulier, sont donc des phénomènes socialement construits. « Les voies du changement technologique sont multiples », rappelle l’auteur, qui décrit de façon très précise le mécanisme médiatique, économique et politique qui conduit l’IA à devenir incontournable.

    Des « attentes technologiques » se mettent alors en place, lancées par l’industrie et relayées par des médias. Ces attentes forgent un « rêve » et permettent de diriger les financements et les recherches dans un sens très précis. « Les prédictions de l’IA se réalisent, non pas parce que les prédictions sont vraies, mais parce que les bons acteurs se saisissent des bonnes promesses au bon moment », résume Juan Sebastián Carbonell.

    • Pour mémoire (la mienne surtout), un peu de « théorie »

      https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-inedit/kmcapI-6-2C.htm

      Un chapitre inédit du Capital
      Karl MARX

      Ces particularités du procès capitaliste de valorisation ne sont pas sans entraîner, dans le procès de production, certains changements de la forme réelle du capital, de sa forme de valeur d’usage. Premièrement, les moyens de production doivent être disponibles en une quantité assez grande pour absorber, non seulement le travail nécessaire, mais encore le surtravail. Deuxièmement, l’intensité et l’extension du procès de travail réel s’en trouvent modifiées.

      Les moyens de production utilisés par l’ouvrier sont certes la propriété du capitaliste et, comme nous l’avons déjà montré, ils s’opposent, en tant que capital, au travail, qui est l’expression même de la vie de l’ouvrier. Mais, il n’en reste pas moins que c’est l’ouvrier qui les utilise dans son travail. Dans le procès réel, il use des moyens de travail comme d’un support de son travail, et de l’objet du travail comme d’une matière dans laquelle son travail se manifeste. Ce faisant, il transforme les moyens de production en la forme appropriée du produit.

      Mais, tout change, lorsqu’on examine le procès de valorisation. Ici, ce n’est pas l’ouvrier qui utilise les moyens de production, mais les moyens de production qui utilisent l’ouvrier. Ce n’est pas le travail vivant qui se réalise dans le travail matériel comme en son organe objectif, mais le travail matériel qui se conserve et s’accroît, en absorbant du travail vivant, si bien qu’il devient valeur créant de la valeur, capital en mouvement.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_de_la_valeur_(marxisme)

      La théorie de la valeur est un concept marxiste d’analyse et de critique de l’économie. Karl Marx reprend partiellement l’idée de la valeur-travail développée par David Ricardo, mais la complète par une critique radicale (en utilisant la notion de travail abstrait) : la valeur d’un bien dépend de la quantité de travail direct et indirect nécessaire à sa fabrication. Marx utilisera le terme de « quantité de travail socialement nécessaire », la quantité de travail moyenne, changeante au fil du temps et qui explique les fluctuations des prix, une distinction fondamentale avec les théories de la valeur précédentes. Mais alors que Ricardo considère le travail comme une marchandise ordinaire[1], Marx juge impropre l’expression « valeur du travail », puisque le travail est à l’origine de toute valeur d’échange. Pour autant, Marx précise que « Le travail n’est pas la source de toute richesse. La nature est tout autant la source des valeurs d’usage (qui sont bien, tout de même, la richesse réelle !) que le travail, qui n’est lui-même que l’expression d’une force naturelle, la force de travail de l’homme »[2].

      Pour Marx, les salaires ne représentent pas la valeur du travail mais la location de la force de travail du salarié (Arbeitskraft). Il propose d’expliquer l’origine du profit de la façon suivante : de la valeur nouvellement créée, le salaire du travailleur ne représente que la part nécessaire à sa propre survie, le reste constituant la plus-value qui est empochée par les capitalistes.

      Egalement, selon l’économiste marxiste Isaak Roubine, la théorie de la valeur selon Marx doit être comprise en lien avec le concept de fétichisme de la marchandise : la « théorie du fétichisme est, per se, la base de tout le système économique de Marx, et en particulier de sa théorie de la valeur »[3].

      #théories_de_la_valeur #travail_mort #capitalisme #libéralisme #plus-value